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Les Papillons Géomètres – Christine Luce

Résumé : Eve a disparu il y a cinq ans, sans laisser ni corps ni trace.
Enfuie avec un amant, d’après la police londonienne, mais morte selon l’époux inconsolable. En dépit de sa défiance, ce dernier a fait appel à une médium ; contre toute attente, Mademoiselle LaFay possède un réel talent pour joindre l’au-delà et réunit chaque année le couple pour un jour de félicité… sauf cette fois-ci : Eve n’apparaît pas.
En ces temps de misère et de richesse insolente dans la société victorienne, la vie après la mort attise les espoirs des scientifiques. Mary-Gaëtane LaFay et son amie Maisy, deux femmes audacieuses, affrontent leurs frayeurs pour résoudre un mystère entre deux mondes crépusculaires. De l’autre côté, l’Enquêteur poursuit le même dessein. La frontière qui les sépare est plus ténue qu’ils ne l’imaginaient, ce qui les unit, infiniment supérieur. L’affaire Blake révélera une énigme de la taille des univers.

Edition : Les Moutons Electriques

 

Mon Avis : Ce livre est un peu entré dans ma PAL sur un coup de tête, n’ayant jamais rien lu de l’auteur avant ce récit. Les éditions des Moutons Electriques ayant fait une campagne de communication soutenue concernant ce roman, je me suis rapidement intéressé à celui-ci, principalement par son résumé intriguant. En effet il propose une bonne dose de fantastique, ce qui a toujours le don de titiller ma curiosité. Ajouter à cela une couverture, illustrée par Melchior Ascaride, que je trouve franchement superbe, c’est donc sans surprise qu’il ait rapidement rejoint ma PAL.

On découvre John Blake qui a perdu son épouse, Eve, il y a cinq ans et a perdu goût à la vie. Il décide en dernier recours de se tourner vers la médium Mary-Gaëtane LaFay, qui arrive alors à créer un contact avec son épouse. Il décide ainsi de se retrouver tous les ans pour lui permettre de garder contact avec sa femme. Sauf qu’au cinquième anniversaire, quelque chose d’improbable survient, Eve ne se présente pas au rendez-vous. La peine immense de John Blake va alors toucher l’enquêteur, un fantôme, qui décide de tout faire pour savoir ce qui s’est passé. Franchement j’aurai aimé pouvoir apprécier, ce roman, il avait des qualités, principalement au niveau de son univers, qui avait tout pour me plaire. Il y avait clairement ce petit côté étrange et fantastique, qui repose beaucoup sur l’ambiance mise en place ce qui a le don de titiller ma curiosité. Pourtant, une fois la dernière page tournée, je dois bien avouer que je n’ai jamais réussi à complètement entrer dans ce récit, je dirai même que je suis en grande parti passé à côté.

Commençons déjà par ce que je considère le gros point fort du récit, il s’agit de l’univers et de l’ambiance que construit l’auteur. La toile de fond a ainsi de quoi me fasciner. On est en pleine époque Victorienne, qui plus est à Londres ; rien qu’avec ces deux éléments, si c’est bien maîtrisé, peut offrir un joli cachet à ce monde. Et je dois bien avouer que l’auteur le maîtrise plutôt bien, arrivant à construire quelque chose d’étrange, de déroutant, pleine de magie et de mystères et le tout dans une ambiance onirique, sombre et fantastique qui a eu le don de me captiver et de me donner envie d’en apprendre plus. Un côté angoissant, oppressant se ressent aussi, bien porté par cette ville de Londres aux multiples visages. Alors, j’aurai peut-être préféré que la ville prenne plus d’ampleur pour en devenir limite un point central du récit, mais rien de dérangeant, n’étant qu’une attente personnelle. L’auteur arrive clairement par moment à rendre son monde palpable, vivant et plaisant. Le point original vient d’ailleurs du travail sur les fantômes, les interactions qu’ils peuvent avoir avec nous, l’étrangeté de leurs vies, ainsi que cette sous-intrigue qui se dégage dans la quête de l’Enquêteur et de ses camarades. On se laisse même assez facilement emporter par quelques scènes étranges, irréelles et déroutantes qui collent parfaitement au récit. L’auteur construit ainsi une image de fond franchement complexe et un minimum captivant qui, s’il avait été mieux porté, aurait au final proposé une histoire qui aurait pu facilement m’emballer. Dommage que le reste n’ait pas rempli mes attentes.

Ce qui m’a en premier lieu perturbé dans ce roman c’est son intrigue. Je ne vais pas dire qu’elle n’existe pas, il y a bien un fil rouge, sauf que normalement pour qu’elle me captive il faut qu’elle soit un minimum consistante, ce qui ne m’a jamais paru être le cas ici. J’avais l’impression de suivre une bande d’aventuriers qui tournent en rond, pour qui les indices se révèlent au petit bonheur la chance selon les besoins du récit et qui arrivent à offrir une conclusion qui ne répond en rien aux questions que l’on aurait pu un tant soit peu se poser. C’est frustrant, limite on se dit tout ça pour ça. Alors oui, on découvre bien la vérité sur ce qu’est advenu de Eve, mais que ce soit concernant les motivations, le mobile, la quête ou un minimum d’informations sur celui qui est derrière tout cela, le lecteur ne connaitra rien. Cela aurait pu permettre à l’auteur de développer sa sous-intrigue, concernant la fameuse quête de l’enquêteur dont j’ai déjà parlé, mais même là ce n’est pas le cas, car elle reste finalement complètement ouverte, complexe, sans aucune informations, comme si l’auteur comptait y revenir dans un autre roman. Surtout au final l’impression qui s’est dégagé de ce livre c’est que pour moi ce n’était pas un roman, j’avais plus l’impression de plonger dans une nouvelle ou au pire une novella que l’auteur a étiré en remplissant pour en faire un roman, comme si c’était une contrainte. Clairement, plus court je pense que le récit aurait gagné en intérêt et en rythme.

Concernant les personnages là aussi je dois bien admettre que je n’ai pas été accroché plus que cela. Pourtant il y a du potentiel, principalement avec ce fantôme, l’Enquêteur , qui ne manque pas de complexité et se révèle mystérieux. Il y a aussi la médium Mary-Gaëtane LaFay qui pouvait offrir un contrepoint intéressant, avec par exemple cette malédiction qui plane au-dessus d’elle comme une épée de Damoclès. Chaque personnage possède finalement, je trouve, un minimum de potentiel, sauf que voilà on reste en permanence en surface ce qui est rapidement frustrant. L’auteur ne cherche jamais à les approfondir, les densifier ou à essayer de travailler l’aspect émotionnel de chacun d’entre eux. Par conséquent on n’a jamais l’impression de les voir changer, évoluer au fil de l’intrigue. Certains personnages tendent même vers une caricature qui, si elle est souhaitée, n’a pas fonctionné avec moi. Autre point qui n’aide pas ce sont les dialogues qui sont clairement surjoués. Alors, surjouer des dialogues peut être intéressant, permettant d’accentuer certains aspects, ou d’offrir un contrepoint à l’aspect dramatique de l’intrigue, sauf qu’ici ça n’a jamais fonctionné avec moi vu que je n’ai jamais réussi à m’attacher aux différents protagonistes.

Concernant la plume de l’auteur cela dépendra franchement de chacun je pense, on ne peut pas nier que l’auteur possède un style unique, qu’elle aime les mots et jouer avec pour tenter d’offrir une lecture unique. J’avoue, j’apprécie une plume dense qui peut s’avérer poétique, sauf que concernant Les Papillons Géomètres j’ai surtout eu l’impression que l’auteur cherchait à trop en faire. Comme si elle cherchait à chaque fois le mot ou l’expression de trop qui transforme une phrase qui pourrait se révéler envoutante en une phrase un peu lourde et pompeuse. Comme si elle n’arrivait pas à trouver le juste milieu. De plus, certains passages m’ont paru mal construits. Certains accrocheront peut-être, moi je suis clairement passé à côté. Au final je dois bien avouer que je ne ressors pas complètement captivé par ce roman qui certes possède un potentiel non négligeable, mais qui aurait mérité je pense d’être encore un peu plus travaillé et approfondi. On reste en surface de trop nombreuses choses, pour entièrement m’emporter dans ma lecture.

En Résumé : Je dois bien admettre que je suis passé à côté de ce roman, Les Papillons Géomètres n’ayant pas réussi à complètement me captiver. Le roman possède pourtant un certain potentiel ainsi qu’un univers qui ne manque pas d’intérêt se révélant étrange, envoutant et plutôt bien porté par la ville de Londres qui offre un côté sombre et légèrement angoissant à l’ambiance. Le travail sur les fantômes ne manque pas non plus d’attrait, s’avérant pour moi original et efficace offrant une ou deux scènes déroutantes et pourtant captivantes. Le soucis c’est que le reste du roman ne suit pas, selon moi. L’intrigue manque ainsi de consistance, les indices tombant un peu au bonheur la chance et la conclusion ne répondant a aucune des questions que le lecteur pourrait se poser. L’auteur aurait pu développer ses sous-intrigue pour compenser, mais même pas tant l’ensemble reste ouvert comme si elle comptait revenir dans ce monde. Autre point, pour moi j’avais l’impression d’avoir entre les mains une nouvelle ou une novella qu’on avait étiré et rempli pour répondre au format roman. Concernant les personnages ils possèdent tous un certains potentiel, mais vu qu’ils ne sont jamais un tant soit peu développé ou travaillé, je n’ai jamais réussi à m’intéresser à eux. Il faut dire aussi que je n’ai pas accroché aux dialogues qui m’ont paru surjoués. Concernant la plume de l’auteur, ça dépendra de chacun, on ne peut nier qu’elle possède un style unique, mais de mon côté il m’a paru trop en faire perdant le côté poétique et onirique recherche pour une légère impression pompeuse et de lourdeur. Au final je suis en grande partie passé à côté de ce récit, même si je pense qu’il pourra plaire à certains.

 

Ma Note : 4/10

 

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