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Les Sentiers des Astres Tome 3, Meijo – Stefan Platteau

Résumé : Pour avoir mis à mort la Croque-Carcasse, l’ourse sacrée du Lempio, la jeune Nisu s’est vue bannie de son île natale, il y a près de dix ans. Pourchassée par une ombre, hantée par l’Outre-songe, elle s’embarquait vers l’Héritage, en compagnie de son amant Meijo.
Par quels caprices du destin l’apprentie chamane est-elle devenue la Courtisane Shakti ? Pour le savoir, le Barde Fintan et ses compagnons devront patienter un peu. Car le répit offert par les Teules, propice aux bons récits, aura bientôt vécu : déjà les flammes rugissent, la forêt boréale résonne d’abois fauves et de cors démoniaques. Il est temps de reprendre la quête du Roi-diseur, de marcher dans les pas des géants ! Et puisqu’il faut déjouer la traque, l’heure est peut-être venue d’emprunter enfin les Sentiers des Astres…

Edition : Les Moutons Électriques

 

Mon Avis : Il y a quatre ans maintenant je me suis lancé dans la lecture du premier tome de ce cycle : Manesh. Je me suis alors retrouvé rapidement envouté et emporté par ce roman, que ce soit aussi bien par l’univers que construisait l’auteur, mais aussi par les différents personnages humains et captivants. Shakti, le second tome m’avait lui aussi offert un très bon moment de lecture à la fois à travers la fuite de nos héros traqué, mais aussi par le fait que ce roman nous permettait d’en apprendre plus sur la Courtisane (Chronique Tome 1, Tome 2). Il était donc logique que je me laisse facilement et très rapidement tenter par ce troisième tome au moment de sa publication. J’ai même profité des dernières Imaginales pour le faire entrer dans ma PAL avec une petite dédicace et une discussion avec l’auteur en prime. Concernant la couverture, illustrée par Melchior Ascaride, je la trouve très jolie et l’objet en lui-même, comme souvent avec Les Moutons, est superbe.

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Les Sentiers des Astres Tome 2, Shakti – Stefan Platteau

le sentier des astres 2 shaktiRésumé : Sept hommes, une femme et une enfant.
Ce sont les derniers compagnons qu’il reste au barde Fintan Calathynn pour mener à bien la quête du Roi-diseur, à travers une forêt boréale plus menaçante que jamais. Neuf survivants aux abois, retranchés dans la grotte des Teules, encerclés par l’ennemi. À l’heure où la gabarre livre ses derniers secrets, et où les arbres tremblent de la colère des géants, les fugitifs devront jouer cartes sur table et révéler les ombres issues de leur passé. À commencer par l’énigmatique Shakti…

Edition : Les Moutons Electriques

 

Mon Avis : Ah, ce livre je l’attendais avec impatience. Il faut dire que le premier tome de ce cycle, Manesh, m’avait offert un excellent moment de lecture offrant un récit dense, magnifique et foisonnant, avec des personnages captivants (ma chronique ici). Ensuite l’auteur a publié, toujours dans le même univers, une sympathique et agréable mise en bouche avec Le Dévoreur (ma chronique ), histoire de patienter, mais j’avais clairement hâte de voir ce que l’auteur allait nous proposer avec ce second tome. A noter de nouveau une très belle couverture, illustrée par Melchior Ascaride, ainsi que, comme toujours avec l’éditeur, un très bel objet.

On avait ainsi laissé nos héros en bien fâcheuse posture à la fin du tome précédent, encerclé et poursuivi par l’ennemi, les enfants de l’hermine et leurs géants, ils avaient dû quitter le fleuve pour se cacher dans une grotte de la forêt du Vyanthryr. Ils vont alors devoir trouver un plan pour s’enfuir. Je dois bien avouer qu’on replonge finalement facilement dans le récit, surtout que la première partie va se révéler furieusement entraînante. En effet, on va se retrouver véritablement happé par cette course poursuite entre nos héros et leurs ennemis, cette traque sanglante qui va offrir son lot d’action et de bataille épiques. Un démarrage énergique qui nous plonge aussi dans cette forêt mystérieuse et vient rapidement répondre au cliffangher de la fin du tome précédent concernant Manesh. Le danger est présent, la tension monte au fil des pages pour ainsi offrir une première partie percutante et vivante, avec pour point d’orgue le barde Fintan qui va se dévoiler pour aider les siens d’une façon vraiment surprenante et envoûtante. La seconde partie va se révéler plus calme, plus lente mais tout aussi prenante, reprenant la construction du tome précédent avec un personnage qui va conter sa vie, et son histoire : Shakti la courtisane.

On se retrouve ainsi de nouveau plongé dans ce qui apparaît comme un conte dans le conte, qui va ainsi offrir un dépaysement complet au lecteur. On se retrouve à quitter la forêt du Vyanthryr pour la forêt de l’enfance de Shakti, tout aussi luxuriante et mystérieuse, mais totalement différente dans sa beauté et dans sa représentation. On plonge dans un pays ou la forêt possède ses lois et ses traditions, ses guerres souterraines et mystiques et dont la courtisane en est une chamane. Elle en connaît ainsi les clés, les paroles de passage, d’hommages et d’apaisement. Ici, contrairement à Manesh ou notre héros était à la recherche de son identité et de la vérité sur son côté féérique, le récit de Shakti va tourner plus sur son enfance, la difficulté de l’adolescence, la faute, le rejet face aux traditions qui ont détruit sa famille, mais aussi face à l’amour aveugle. Un récit tout en nuance, où l’héroïne va devoir faire face à ses peurs, ses failles, ses forces et le tout conté par le regard adulte qu’est maintenant la Courtisane, avec ce ton de désillusion. Le passage ainsi d’une adolescente vers l’âge adulte qui ne se fera pas sans sacrifices, sans souffrances ni sans difficultés. L’auteur nous offre aussi quelques réflexions intéressantes sur le fond que ce soit sur la position de la femme, le respect des traditions anciennes ou encore de la famille.

L’univers que développe l’auteur autour de son récit se révèle toujours aussi fascinant et prenant. Il possède toujours cette beauté sauvage qui rend ce monde attirant, tout en conservant cette part sombre, angoissante, cette part mystérieuse, ce qui lui offre quelque chose de magique. On quitte par contre le fleuve pour en découvrir plus sur la forêt qui en devient alors la toile de fond du récit. Que ce soit Vyanthryr ou la forêt de la courtisane, chacune va ainsi se révéler plus qu’une simple forêt, que ce soit à travers la magie, êtres mystiques ou encore par son aspect, on va dire, « surnaturel », féérique. Chacune d’entre elle va ainsi s’imposer dans la lecture. On traverse ainsi des lieux à la fois luxuriants, mais qui cachent une zone d’ombre, une zone d’angoisse. L’auteur continue aussi au fil du récit à travailler sa mythologie que ce soit, dans un premier temps concernant les anciens, les solaires et tout ce qui tourne autour de notre héros, puis ensuite à travers le peuple de Teules qui va se révéler un peuple fascinant, original dont je ne dévoilerai rien pour éviter de spoiler et qui m’a offert de très belles surprises et ouvre pas mal de questionnements, et enfin dans cette nouvelle mythologie liée à la courtisane qui devrait prendre de l’ampleur dans le prochain tome et se rattacher, je pense, à l’intrigue principal. De nouveau on sent tout le soin qu’apporte l’auteur à travailler sur cet univers, où le moindre détail va se révéler avoir son importance et offrant ainsi quelque chose de dense, de complexe et d’envoutant qui donne envie d’y plonger à nouveau et d’en découvrir encore plus.

Le travail sur les personnages n’est pas non plus en reste, outre la courtisane dont j’ai déjà pas mal parler et qui captive, on retrouve avec plaisir les autres protagonistes qui continuent à se densifier au fil des pages. Certains sortent ainsi du lot, comme Fintan la barde qui va nous révéler pas mal de surprises, mais aussi d’autres héros comme Brun dont on va nous dévoiler une partie de son passé des plus divertissant, offrant une légère dose d’humour au milieu du récit épique. Dans tous les cas on découvre des personnages humains, denses, complexes et touchants, avec leurs envies, leurs quêtes, entre trahisons, solidarité, mensonges et passions ils vont facilement nous happer dans leurs aventures, leurs quêtes de survie. On est aussi loin des grands héros aux grandes destinées, plus des hommes lancés dans une mission dont ils n’imaginaient pas les tenants et les aboutissants, ce qui, je trouve, les rends encore plus attachants. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste, comme principalement les Teules qui nous offrent une vision de société complètement différente.

Alors après je dois bien avouer un point m’a tout de même légèrement frustré, le fait de me sentir dans ce que j’appellerai un tome de transition, avec simplement une introduction à la vie de Shakti. J’avoue, je ne m’étais pas renseigné ni vraiment suivi la communication sur le cycle, je n’ai pas non plus tilté en remarquant que ce second tome faisait une centaine de page de moins que le premier, mais une fois la dernière page tournée et quelques recherches effectuées j’ai appris que la trilogie était devenue tétralogie. Ce second tome est ainsi coupé en deux ce qui crée ainsi, je trouve, un léger décalage au niveau du récit de vie de la courtisane qui parait légèrement séparé de l’intrigue principal. Attention, cela n’enlève en rien les qualités du récit, mais me laisse un sentiment de trop peu devant le cliffangher dévoilé et l’esquisse de vie de la courtisane qui va devoir plonger dans des villes qui vont, selon moi, la transformer. Dans tous les cas ce second tome se révèle réussi, toujours porté par une plume aussi soignée, dense, poétique et captivante, qui plonge facilement le lecteur dans cette histoire pleine d’aventures et de surprises. Je lirai la suite avec plaisir.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec le second tome de ce cycle qui offre une première partie captivante, suite direct de la fin du premier tome avec cette traque. Une course poursuite entraînante, prenante, pleine de tension qui happe rapidement le lecteur pour connaître un point d’orgue vraiment surprenant et envoutant avec le barde Fintan. La seconde partie va se révéler plus calme avec Shakti qui va conter sa vie, se révélant tout aussi fascinante, nous dévoilant de nouvelles contrées dépaysantes et nous montre une héroïne adolescente qui va découvrir que tout n’es pas blanc ou noir et va difficilement entrer dans l’âge adulte. L’auteur n’hésite pas non plus a offrir quelques réflexions sur l’amour, la famille ou encore la position de la femme. L’univers construit se révèle toujours aussi fascinant et magique, avec cette fois comme image de fond la forêt qui va se révéler bien plus qu’un décor à la fois accueillante et sombre. Les personnages, outre la courtisane, se révèlent toujours aussi soignés, complexes et attachants, offrant au fil des pages des héros humains, face à leurs envies et leurs doutes. Mon seul regret et que finalement le découpage de la trilogie en tétralogie fait que ce tome m’a paru un peu de transition, n’offrant finalement que l’introduction de la vie de la courtisane. Cela n’enlève rien à la qualité du texte, mais m’a paru légèrement frustré. L’ensemble est toujours porté par une plume travaillée, dense, poétique et captivante et je lirai la suite sans soucis et avec grand plaisir.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : joyeux drille, …

Dévoreur – Stefan Platteau

le devoreurRésumé : Sommes-nous les jouets des astres ? Qu’est-ce que ces choses lointaines éveillent en nous, qui nous anime et nous pousse à agir d’une façon qui nous étonne nous-mêmes ?
Au-dessus de la demeure de Vidal, l’éleveur d’ânes, une planète brille trop fort ; le comportement de cet homme paisible s’en ressent. Son amie Aube assiste, impuissante, à sa transformation. Parviendra-t-elle à l’arracher à cette influence néfaste, ou faudra-t-il attendre l’aide de Peyr Romo, le magicien des Monts de Soufre ?
Dans la vallée de Pélagis, de vieux instincts s’éveillent, prêts à dévorer toute humanité dans le cœur des êtres…

Edition : Moutons Electriques

 

Mon Avis : Pour ceux qui ne connaîtraient pas Stefan Platteau, il est l’auteur de Manesh, premier tome du cycle Les Sentiers des Astres, dont je ne peux que vous conseiller la découverte tant je l’ai trouvé dense, passionnant et abouti (ma chronique ici). Dévoreur est ainsi une courte novella qui se situe dans le même univers que son cycle, mais qui peut se lire indépendamment. Il est à noter que l’objet en lui-même se révèle vraiment réussi et magnifique, avec couverture cartonnée et plusieurs illustrations intérieures et extérieures de Melchior Ascaride. Les Moutons Electriques ont vraiment bien fait les choses. Après reste le prix, mais là je laisse chacun faire son propre choix.

L’histoire que va nous proposer ici l’auteur se dirige plus vers le conte, certes un conte pour adulte voir grands enfants tant l’ensemble peut se révéler assez sombre et violent. On découvre ainsi le destin tragique de Vidal qui va se retrouver emporter par des influences néfastes qui vont le transformer et dont ses amis, Aube et Peyr, vont tout faire pour l’aider. Une fois la dernière page tournée je dois bien avouer que j’ai passé un moment de lecture assez sympathique et agréable avec ce court récit même si certains aspects m’ont moins accroché. On peut ainsi séparer ce roman en deux grandes parties, une tournant autour de Aube et Vidal et l’autre sur Peyr et Vidal auquel vient s’ajouter une conclusion apportant des explications à la tragédie. Concernant les deux parties, je dois bien admettre qu’elles ne m’ont pas autant accroché l’une de l’autre. J’ai ainsi trouvé le passage sur Aube moins captivant que celui sur Peyr. Pourtant la première partie possède ce côté vraiment intéressant, permettant de faire monter lentement la tension face à la transformation de Vidal, la peur qui commence sournoisement à se dégager du récit devant ce que va affronter l’héroïne ; sauf que voila Aube est le genre de personnage qui dès qu’il ne faut pas faire une action, elle le fait quand même, ce qui m’a légèrement frustré. Au contraire de la Partie sur Peyr, qui peut paraitre plus classique dans sa construction, mais m’a plus facilement accroché par sa nervosité et tant les actes des uns et des autres paraissent plus cohérents. Ce ressenti n’empêche par contre nullement l’ensemble de se révéler fluide et un minimum entrainant ce qui fait qu’on tourne les pages assez facilement, bien porté par un côté court, qui finalement colle parfaitement bien au récit, et une intrigue simple et efficace.

 Concernant l’univers, j’avoue que c’est pour moi l’un des gros points forts de ce récit. Tout en restant indépendant de Manesh, il vient clairement développer un système de magie et aussi de « façon de vivre » liés aux étoiles. J’avoue avoir trouver l’idée vraiment originale, plusieurs étoiles représentant notre moi profond où chacun peut y puiser ses émotions et voir bien plus, ça donne clairement envie d’en apprendre plus, qui sait, par la suite dans d’autres écrits. Concernant le monde, certes il n’a rien de non plus très original, mais cela ne l’empêche pas de pleinement remplir son rôle et d’offrir un décor vraiment intéressant, solide et efficace aux aventures de nos héros. J’avoue même avoir plus accroché à la grandeur et l’immensité de la montagne de la première partie, là où le donjon parait plus classique dans la seconde partie, mais là je chipote un peu. La variation donné par l’auteur sur le mythe de l’ogre ne manque pas d’attrait je trouve.  Dans tous les cas un univers où j’ai hâte d’y retourner. Les personnages remplissent parfaitement leurs rôles, que ce soit dans les aventures comme dans les aspects plus émotionnels, et on s’attache ainsi très rapidement à eux, à leurs souffrances et leurs envies? Même le personnage de Vidal possède un petit quelque chose d’accrocheur.

Concernant la plume de l’auteur elle se révèle toujours aussi soignée, poétique, entrainante même si c’est vrai l’auteur en fait parfois trop, mais bon on lui pardonne assez facilement tant l’ensemble se révèle envouteur. Au final on a là un conte qui se révèle vraiment sympathique, agréable et entrainant, certes j’ai senti certaines imperfections ici ou là, mais franchement pas non plus de quoi se révéler bloquant ou frustrant. Une petite « mise en bouche » efficace et dont maintenant j’attends la suite de Manesh avec impatience.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture agréable et sympathique avec cette novelle en forme de conte qui nous fait replonger dans l’univers de l’auteur tout en restant indépendant. L’intrigue se révèle solide et efficace, revisitant de façon intéressante l’idée de l’ogre et même si je n’ai pas autant accroché aux deux parties du récit, l’ensemble se révèle fluide, efficace et entrainant. L’univers est l’un des gros points forts du récit, nous proposant un système de magie vraiment original et qui donne envie d’en apprendre plus. L’ambiance sombre et légèrement dérangeante colle parfaitement au récit. Les personnages remplissent parfaitement leurs rôles entre sentiments, émotions et nervosités et on s’atache finalement assez rapidement à eux. La plume de l’auteur se révèle toujours aussi soignée, poétique, travaillée et entrainante et, même si parfois il cherche à un peu trop en faire, on se laisse ainsi facilement emporter par ce petit conte fort sympathique. De quoi patienter dans de bonnes conditions, dans l’attente de la suite de Manesh.

 

Ma Note : 7/10

 

Autres avis : Lune, Lorhkan, Julien, Xapur, Boudicca, Dup, …

CRAAA

Challenge CRAAA 7ème lecture

Les Sentiers des Astres Tome 1, Manesh – Stefan Platteau

les sentiers des astres 1 maneshRésumé : Quelque part dans la nordique forêt du Vyanthryr, les gabarres du capitaine Rana remontent le fleuve vers les sources sacrées où réside le Roi-diseur, l’oracle dont le savoir pourrait inverser le cours de la guerre civile. À bord, une poignée de guerriers prêts à tout pour sauver leur patrie. Mais qui, parmi eux, connaît vraiment le dessein du capitaine ? Même le Barde, son homme de confiance, n’a pas exploré tous les replis de son âme. Et lorsque les bateliers recueillent un moribond qui dérive au fil de l’eau, à des milles et des milles de toute civilisation, de nouvelles questions surgissent. Qui est Le Bâtard ? Que faisait-il dans la forêt ? Est-il un danger potentiel, ou au contraire le formidable allié qui pourrait sauver l’expédition de l’anéantissement pur et simple ?

Editeur : Les Moutons Electriques

 

Mon Avis : Ce livre me fait envie depuis que Les Moutons Électriques ont décidé d’en faire la promotion. Outre l’aspect promotionnel, que je laisse toujours de côté avec ses superlatifs, j’ai été en fait rapidement accroché par le quatrième de couverture qui annonçait clairement une Fantasy nordique pleine de magie et de mystères ainsi que par la couverture, illustrée par Melchior Ascaride, que je trouve très sympathique. Une fois le livre en main il faut aussi dire qu’il se révèle être un très bel objet avec couverture reliée, papier épais et jaquette. Il n’a donc pas mis longtemps à rejoindre ma PAL.

J’avoue, pourtant, j’ai eu un tout petit peu de mal à vraiment rentrer dans ce livre, le début se révélant, selon moi, un peu verbeux, comme si l’auteur avait peur de se lâcher et faisait trop patienter le lecteur. Mais une fois les 50 premières pages passées je n’ai plus réussi à quitter ce roman. Franchement ne vous laissait pas bloquer par cette introduction un peu « longue », ce serait passer à côté d’une histoire qui se révèle véritablement riche et dense que ce soit au niveau des surprises, des rebondissements, mais aussi des personnages et de l’univers. Alors certes, on est loin du roman épique explosif, mais cette histoire mélange habilement l’aspect conte, avec le naufragé qu’est Manesh et l’aspect aventure, avec l’expédition menée par le capitaine Rana. Très vite on se rend compte que les deux histoires sont liées, mais l’auteur sait garder ses mystères par devers-lui et les dévoiler pour mieux nous tenir, nous surprendre, nous toucher. Une intrigue qui se révèle soignée et complexe qui se déroule de façon passionnante, même si parfois un soupçon supplémentaire d’action aurait apporté par moments un petit plus. On se retrouve avec un roman qui avance à  un rythme plutôt calme, sans jamais tomber dans la frénésie, qui surtout sait faire monter la tension, lentement, au fil des pages et des révélations de plus en plus sombres, de plus en plus tortueuses qui tombent sur les héros.

L’univers que construit l’auteur à travers ces deux histoires se révèle clairement fascinant et entrainant. Il possède ce mélange de beauté, à travers des descriptions et des lieux qui se révèlent vraiment magnifiques. Ce nord empli de forêts, qui enferment des secrets et des mystères fascinants et aussi par moment sombres, se révèle à la fois sauvage et accueillant. On  a parfois envie de plonger avec les héros entre ces arbres accueillant. Par comparaison la remontée du fleuve se révèle, elle, plus angoissante, plus mystique, pleine de secrets qu’il ne vaut mieux pas dévoiler et découvrir. Un univers rempli de magie, de dieux, de géants, de bardes et de conteurs à la voix douce et attrayante qui se révèle enchanteur. On sent bien que l’auteur s’est fortement documenté pour construire une mythologie aussi riche et entrainante, on y retrouve par exemple des éléments Celtes, des pays du nord voir même j’ai l’impression de l’Hindou. Le tout se mélange alors pour offrir quelque chose de logique et d’homogène. Il n’oublie pas pourtant le monde des hommes et, même si l’histoire se révèle plutôt intimiste, les quêtes qu’elle divulgue, tel un nectar, lentement au fil des pages nous dévoile un pays en proie à la guerre, qui se déchire sur fond de trahisons, de batailles et de violences. Un univers au final au combien complexe, féérique avec ses zones d’ombres et de lumières qui donne envie d’en apprendre plus.

Les personnages sont aussi un des gros points forts du récit, se révélant complexes, denses et soignés. L’auteur nous dessine des héros loin de tout manichéisme, alternant le bon et le mauvais et véritablement humains, qui se retrouvent influencés, finalement, par les choix qu’ils font. Les deux qui sortent bien entendu du lot sont Manesh et Fintan, les héros ; entre le conteur à la voix et à l’histoire entrainante et le barde porteur des traditions et des chants se lie un lien que le lecteur découvre au fil du récit ce qui permet, pour peu qu’ils nous intéressent, à s’attacher à eux. On se retrouve alors emporter par leurs joutes. Cela n’empêche pas non plus d’offrir des personnages secondaires tout aussi intéressant, que ce soit ceux qu’on découvre à travers la vie de Manesh ou encore les compagnons d’aventure du barde, chaque protagoniste rencontré possède sa propre voie, ses propres envies et ses émotions, gardant parfois aussi leurs mystères qu’on espère découvrir par la suite. Des personnages à la fois simple dans leurs envies qui ne cherchent qu’à faire les bons choix , et qui se révèlent plus que convaincants.

Après ce roman possède tout de même quelques défauts, comme je l’ai déjà dit j’ai eu un peu de mal à rentrer complètement dedans, l’introduction me paraissant un peu trop bavarde comme si l’auteur voulait mettre en avant le maximum d’information, mais ce fût vite oublié une fois plongé dans le récit. Ensuite j’ai aussi eu l’effet inverse concernant la conclusion qui, elle, m’a paru mettre un peu trop de temps à arriver, comme si l’auteur voulait rester le plus possible dans son monde. Cela n’empêche pas cette fin de se révéler vraiment réussie, avec son cliffangher qui appelle à lire la suite, mais voilà quelques pages en moins ne m’aurait pas dérangé. Au final ces quelques défauts se révèlent vraiment mineurs tant l’ensemble de ce livre est efficace et passionnant à découvrir, pour peu qu’on aime les histoires qui avancent sur un rythme lent construisant un monde  et des personnages saisissants et où les intrigues et les sous-intrigues se dévoilent lentement au fil du récit.

Un récit qui se révèle d’ailleurs bien porté par la plume de l’auteur que j’ai trouvé travaillée, fine, possédant son propre rythme, sa propre poésie et se révélant clairement imagée, plongeant avec facilité le lecteur dans tout ce qu’elle construit. Par moment il en fait peut-être un peu trop, cherchant la phrase un peu trop parfaite, mais franchement rien de bien dérangeant tant je me suis retrouvé happé par l’ensemble. Au final un premier roman plus que réussi qui m’a fait passer un excellent moment de lecture. Je lirai la suite sans problème.

En Résumé : Malgré un démarrage que j’ai trouvé un peu trop verbeux, j’ai rapidement été happé par ce roman qui m’a fait passer un excellent moment de lecture. L’intrigue qui se dévoile lentement, au fil des pages, se révèle complexe, riche et passionnante avec son lot de surprises. Le tout est surtout porté par un univers qui se révèle clairement maîtrisé, sublime et attrayant, qui donne envie d’en savoir plus, ainsi que par des personnages travaillés et humains, guidés par leurs choix et leurs décisions. Un roman où, certes, l’action est peu présente, mais qui se révèle efficace avec toute sa mythologie, ses dieux, ses géants mais aussi tout ce qui fait le monde des hommes tel que les trahisons, le pouvoir ou les guerres. Je reprocherai juste, en plus d’une introduction un peu bavarde, une conclusion qui prend peut-être légèrement trop son temps alors que toutes les pièces sont misent en place, mais franchement rien de dérangeant. La plume de l’auteur se révèle riche, fine et soignée avec un aspect visuel fascinant qui plonge le lecteur dans ce monde. Au final un premier roman que j’ai trouvé clairement réussi et qui me donne envie de lire la suite.

 

Ma Note : 8,5/10

 

Autres avis : Boudicca, …

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