Auteur/autrice : BlackWolf Page 54 of 202

Les Rhéteurs Tome 1, Anasterry – Isabelle Bauthian

anasterryRésumé : Rien ne saurait ébranler Anasterry, la plus riche et intellectuelle baronnie de Civilisation. Rien… sauf peut-être un défi de gamins.
Quand Renaldo, fils du baron de Montès, et son meilleur ami entreprennent de trouver la faille de cette utopie pour séduire une jeune fille, ils ignorent qu’ils vont déterrer de sombres secrets…
Quels sont ces monstres découverts dans les marais ? Sont-ils liés à la tolérance d’Anasterry pour les mi-hommes qu’on opprime partout ailleurs ? Après trente ans de paix, Civilisation risque-t-elle d’être si facilement bouleversée ?
Pour réparer ses erreurs, Renaldo devra choisir entre son patriotisme, ses idéaux et ses responsabilités d’homme libre. Il apprendra surtout qu’on ne pardonne rien aux donneurs de leçons, surtout quand ils ont raison…

Edition : Bad Wolf / Actu SF

 

Mon Avis : On rentre en pleine semaine de la rentrée littéraire dans le monde littéraire en général mais aussi de l’imaginaire. Les indés de l’imaginaire ont donc décidé, comme depuis quelques années, de proposer chacun une grosse sortie pour cette rentrée. Actu SF nous présente donc ainsi un roman de Fantasy avec Anasterry d’Isabelle Bauthian. Il est à noter que ce livre n’est pas clairement une « nouveauté », puisqu’il est paru il y a quelques mois aux éditions Bad Wolf. Concernant la couverture, je la trouve assez sympathique, même si elle a un côté un peu convenu à mon goût.

Ce roman nous fait ainsi suivre les pas de Renaldo, fils du Baron de Montès, et son meilleur ami Thélban, héritier de la guilde des Epiciers, qui ont été envoyés un peu contre leurs gré espionner la célèbre baronnie d’Anasterry qui prône l’art, la culture et l’égalité. En voulant trouver une faille, ils vont alors réveiller de nombreux secrets. Je dois bien admettre qu’une fois la dernière page tournée, j’ai passé un bon moment avec ce livre, même si j’ai trouvé que certains aspects l’empêchent de révéler complètement son potentiel. Clairement le résumé paraît pourtant très classique, avec cette quête de vérité de deux adolescents, mais voilà là où l’auteur réussi son coup c’est justement de laisser un peu l’intrigue au second plan pour se servir de son récit pour nous faire réfléchir.

En effet elle soulève au fil des pages de nombreux thèmes, que ce soit sur la position de la femme, sur l’égalité des uns et des autres, sur la notion de paix et la façon de l’obtenir, notre vision vis-à-vis des autres et des étrangers, notre façon de les traiter et de les accepter, ou bien encore la façon dont on gère le pouvoir. L’auteur essaie ainsi de montrer que la Fantasy peut être autre chose qu’une simple quête. Certes elle n’est pas la première, mais c’est plutôt rare pour être souligné et elle s’en sort franchement bien, ne cherchant jamais à nous imposer son point de vue tant les personnages sont différents et ont des visions et des idées complètement différentes. Elle laisse ainsi au lecteur le soin de faire ses propres choix, ses propres avis, tout comme les personnages qui sont obligés d’évoluer au fil des pages. Alors c’est vrai, parfois, l’ensemble se révèle un peu binaire dans son argumentation, et certains argument paraissent tourner en rob et se révéler un peu répétitifs, mais rien de trop dérangeant non plus. Par contre si vous êtes fan d’action passez votre chemin, car même si le roman en possède, ce n’est pas non plus son point central.

Sauf que voilà là où, je trouve, le roman pêche c’est dans son intrigue. Pas tant dans son côté classique, loin de là, je considère qu’on peut offrir de très bon récit sans révolutionner le genre. Non là où j’ai été légèrement frustré par Anasterry c’est plus dans sa prévisibilité. C’est bien simple au bout d’à peine une grosse centaine de pages j’avais déjà deviné la conclusion, ce qui est quand même dommage. Alors certes, je maintiens que l’intérêt premier du roman vient de sa réflexion et de son travail de fond, mais voilà l’auteur joue aussi pas mal sur ce mystère et ses révélations qui quand on le voit venir perdent un peu de leur côté entrainant. Après je regretterai aussi une ou deux facilités ici ou là ainsi que cette fameuse faille qui doit faire tomber Anasterry n’en soit finalement pas tout à fait une. Après pas non plus de quoi me bloquer, l’ensemble reste fluide et assez efficace pour m’avoir fait assez rapidement tourner les pages et offre même quelques scènes bien nerveuses et quelques retournements de situation efficaces.

Concernant l’univers développé tout le long du récit, il s’avère solide et intéressant à découvrir. Pourtant, j’ai eu un peu peur au début, un pays divisé en régions, avec une d’entre elle qui doit défendre un mur pour empêcher des créatures de pénétrer, cela annonçait une forte impression de déjà-vu. Heureusement au final il ne s’agit que d’un petit élément de l’intrigue, l’auteur développant tout autre chose. Ce monde joue un grand rôle dans le travail de réflexion mis en avant par l’auteur, venant confronter, d’une certaine façon, un système plus « féodal » à un système qui prône l’égalité de tous dans une sorte d’utopie imparfaite. Certes cela peut paraître un peu réducteur, mais cela n’empêche pas d’être intéressant. Surtout que l’un et l’autre des pouvoirs ont leurs avantages et leurs inconvénients selon ce que l’on cherche. Alors parfois l’auteur tombe un peu dans une légère caricature, je ne le nie pas, mais ça ne m’a pas dérangé tant il ne laisse pas indifférent. J’aurai peut-être aimé que les « dilués », ces croisement entre humains et être féeriques, aient un peu plus d’importance, mais je ne m’en fais pas, ils devraient trouver leur place par la suite. Dans le dernier tiers l’intrigue ouvre aussi une nouvelle voie, que je ne développerai pas pour ne pas spoiler, mais qui laisse planer un léger mystère qui donne envie de découvrir la suite.

Pour les personnages, une chose est sûre ils sont loin d’être figés. En effet, chaque dialogue, chaque débat, chaque rencontre les pousse continuellement à se remettre en question, à réfléchir, ce qui les oblige à avancer et évoluer au fil des pages. Certes parfois l’évolution est un peu « grossière » et facile, mais ça marche. De plus l’auteur nous offre des personnages un minimum soignés et intéressants à suivre, même si j’avoue ils m’ont paru avoir un petit côté « jeunesse » parfois frustrant. J’ai bien aimé le personnage de Thélban, tout en finesse, en retenu et en intelligence, mais qui doit faire face à des attentes et des évènements qui l’éloigne de ses rêves, mais aussi Constance dans son rôle d’héroïne obligée de lutter pour qu’on la reconnaisse à sa juste valeur. Par contre, j’avoue, j’ai eu un peu de mal avec Renaldo. Il n’est pas un mauvais personnage en soit, mais il m’a légèrement bloqué sur son décalage entre son passé et le présent. L’auteur nous présente ainsi un héros qui a une histoire déjà assez chargé, le rendant ainsi d’une certaine faon plus « mature » par rapport à ce qu’il a vu et vécu, pourtant le Renaldo du présent donne l’impression de l’adolescent, joueur, bougon, qui râle pour un rien et à la finesse politique d’un éléphant, comme s’il avait oublié une grande partie de ce qui l’a forgé. Alors rien de non plus trop dérangeant, mais voilà c’est dommage. Les personnages secondaires se révèlent efficaces, même si parfois leur façon de faire avancer l’intrigue est un peu facile.

La plume de l’auteur est entraînante, fluide et nous plonge finalement assez facilement dans son récit qui cherche à offrir une Fantasy différente. Au final je dois bien admettre que le récit se révèle agréable à lire et offre quelques bonnes réflexions, même si tout n’est pas non plus parfait. De plus il est à noter qu’il s’agit, si je ne me trompe pas, d’un premier roman. L’intrigue secondaire maintenue ouverte me donne bien envie de découvrir la suite et de savoir comment elle va la développer.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture très sympathique avec ce roman dont l’intrigue peut, aux premiers abords, être classique mais dont l’auteur ne fait finalement que se servir pour nous faire réfléchir. En effet elle soulève ainsi au fil des pages de nombreuses réflexions que ce soit sur notre façon de traiter les autres, les étrangers, le pouvoir, la position de la femme ou bien encore, même si c’est un peu binaire, le parallèle entre un pouvoir plus « féodal » et un autre qui cherche l’égalité. Alors parfois ça manque de finesse, certains arguments donnent l’impression de tourner en rond ou d’être répétitifs, mais dans l’ensemble j’ai trouvé que ça fonctionnait plutôt bien. Dommage que j’ai trouvé l’intrigue de fond facilement devinable, ce qui joue obligatoirement sur le rythme et les surprises. L’univers s’avère solide et intéressant à découvrir, gardant tout de même quelques mystères pour les suites, comme principalement cette révélation sur la fin qui me donne envie d’en savoir plus. Les personnages sont intéressant à suivre que ce soit dans leurs idéologies comme dans leurs façon d’évoluer. Seul Renaldo m’a un peu moins accroché tant le décalage entre son passé et son présent me laisse perplexe. La plume de l’auteur est entraînante, fluide et efficace et je me laisserai assez facilement tenter par la suite.

 

Ma Note : 7/10

Fées & Automates – Anthologie 2016 des Imaginales dirigée par Jean-Claude Vantroyen

fees & automatesRésumé : Le thème de l’anthologie des Imaginales 2016 ose le face à face entre deux personnages archétypaux provenant de mondes différents. La fée, figure principale de la rêverie médiévale, du fantastique, de la fantasy, et l’automate, un produit de la culture quasi industrielle, de la pensée scientifique, de la science-fiction. Deux univers qui s’opposent sans doute, mais dont la rencontre est propice à l’imagination et fait jaillir des étincelles. Cette anthologie va vous étonner et vous passionner.

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Si vous suivez régulièrement mon blog, vous commencez sûrement à connaître la musique. Chaque année je vais au festival des Imaginales et je repars avec son anthologie que je lis en Lecture Commune avec d’autres lecteurs. Sauf que cette année on a décidé de faire les choses en grands, puisqu’en plus de Snow, et Mariejuliet nous ont aussi rejoint PetiteTrolle et Rose. Concernant la couverture, illustrée par Hélène Larbaigt, je la trouve superbe donnant envie de la découvrir. Cette anthologie comporte treize nouvelles, ainsi qu’une préface qui, j’avoue, ne m’a pas accroché plus que cela ne retrouvant pas obligatoirement ce que j’espère et j’attends dans une préface.

Smoke et miroirs d’Estelle Faye : Cette nouvelle se décompose en trois scénettes. Trois héroïnes qui ont comme ambition de réussir dans le show-business. J’ai bien aimé cette nouvelle, toujours bien porté par une plume efficace et poétique, elle nous happe ainsi facilement. L’histoire ne manque pas d’intérêt avec cette notion, selon moi, de l’oubli du merveilleux pour un monde plus terre-à-terre voir égoïste dans cette chute assez cynique et percutante. Le récit est aussi très typé cinéma que ce soit dans sa construction, comme dans certains clin d’œil comme, je pense, l’automate qui me fait penser à celui du film Big avec Tom Hanks. Pas obligatoirement la meilleure nouvelle de l’auteur, mais un texte réussi et efficace qui ouvre bien l’anthologie.

Le Rouet Noir de Charlotte Bousquet : Cette seconde nouvelle nous plonge dans l’univers de Jadis que je n’ai pas encore lu et qui m’attend dans ma PAL. La plume de l’auteur est toujours aussi dense et soignée et l’univers construit autour donne vraiment envie d’être découvert, mais, je ne sais pas trop, je n’ai jamais réussi à rentrer complètement dans le texte. Je ne sais pas si c’est le fait de ne pas avoir lu Jadis ou pas, mais j’avais l’impression d’être spectateur d’une histoire dont il me manquait certaines clés. Chronique peut-être à rediscuter une fois lu Jadis.

Le crépuscule et l’Aube de Fabien Cerutti : Cette nouvelle nous plonge dans l’univers du Bâtard de Kosigan et nous fait découvrir le destin des fées. J’ai bien aimé cette nouvelle, on sent bien la maîtrise de l’auteur nous proposant un texte pleine de rebondissements et de surprises qui nous happe facilement. L’ensemble se lit vite et avec un minimum de plaisir et d’envie d’en apprendre plus. Je regretterai juste une présence de trop de personnages, principalement chez les antagonistes, ce qui fait qu’ils ont du mal à vraiment « exister », ainsi qu’une ou deux facilités. Rien de bien bloquant tant l’ensemble s’avère divertissant et plutôt efficace.

Le comte et l’horloger de Benoit Renneson : Cette nouvelle nous fait suivre un horloger qui va être mandaté par un comte de venir réparer son automate. Il va alors découvrir quelque-chose de surprenant. Bon, j’avoue, ce récit ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. L’ensemble m’a paru vraiment trop convenu et manquer de surprises pour vraiment arriver à me captiver. L’ensemble manque je trouve d’émotions et de peps, même si sur l’ensemble elle n’est pas non plus mauvaise. Le récit est ainsi plutôt bien maîtrisé et la plume de l’auteur simple et efficace. Au final un texte qui me laisse sur ma faim avec une fin un peu trop happy-end à mon goût.

L’énergie du désespoir d’Adrien Tomas : On suit ici Kimba, chasseuse professionnelle, avec son automate et un apprenti. Leur quête est simple, chasser et ramener des fées pour pouvoir nourrir en énergie la ville qui a subi un attentat. L’auteur nous offre une histoire efficace, bien rythmé, offrant rebondissements et surprises qui possède même le luxe de nous proposer quelques réflexions intéressantes. L’ensemble se révèle fluide et entraînant, bien porté par des personnages hauts en couleurs et percutants, même si parfois il en fait un peu trop. Par contre je regrette une certaine linéarité dans le récit, ainsi que certains rebondissements facilement devinables, mais rien de non plus trop bloquant. Au final une nouvelle agréable et plus que sympathique.

L’étalon de Paul Béorn : Une nouvelle qui nous fait suivre notre héros, enfermé par une fée depuis tout petit et qui va se rebeller. Bon j’avoue ce texte, en soit, n’est pas mauvais, il se laisse lire facilement, l’histoire s’enchaîne bien et ne manque ni de fluidité, ni de rythme . Les idées sont là, mais voilà il lui manque un petit quelque-chose pour se révéler marquant. L’ensemble m’a paru trop classique et manque de surprises, la conclusion je l’ai vu venir assez rapidement et un des rebondissements m’a paru trop facile. Au final une nouvelle que je classe dans le vite lu, apprécié, vite oublié.

Magie de Noel de Gabriel Katz : Cette nouvelle nous fait suivre un père de famille qui décide de braver la loi pour ramener une fée automate interdite de vente. Concernant ce texte il y a pour moi du bon et du moins bon. J’ai beaucoup aimé l’univers avec tout ce no man’s land du seize à la fois étrange, sombre, angoissant, mais aussi un peu le quartier où on trouve de tout. Le principe de la fée automate interdite par la loi apporte aussi quelques réflexions intéressantes et l’ensemble repose sur un rythme vraiment entrainant et haletant. Mais voilà, la conclusion ne m’a pas accroché, trop bordélique, voulant trop en faire et donnant l’impression de contredire les propres bases de son univers. La chute ainsi que le choix final du héros m’ont aussi surpris par une certaine facilité et une non remise en question. Au final une nouvelle avec du potentiel qui aurait, je trouve, mérité un traitement plus long.

Al’Ankabût de Nabil Ouali : De nouveau une nouvelle qui me laisse un sentiment légèrement mitigé. Franchement, l’auteur nous plonge clairement dans un récit à forte connotation sur notre monde actuel, suivant le destin d’une jeune fille qui va voir sa ville se retrouver plonger d’un coup en pleine guerre et va se retrouver à fuir. On ne reste pas indifférent devant ce destin, le tout porté par une plume efficace et poétique, malgré, j’avoue quelques lignes au début qui ne m’ont pas plus accroché que cela. Sauf que, pour moi, là où l’auteur a manqué le coche c’est dans la tentative de son parallèle entre l’art et la guerre, qu’on retrouve régulièrement, mais qui ici n’a pas la force nécessaire pour marquer vraiment et parait même un peu déconnecté du récit. L’ensemble manque aussi d’explication, de liant, ce qui donne une impression à la fin de manquer de cohérence. Par contre l’auteur offre une conclusion complètement ouverte qui s’avère marquante dans son aspect visuel je trouve.

Le tour de Vanderville de Pierre Gaulon : Cette nouvelle nous fait suivre un inventeur qui va, pour la première fois, dévoiler sa dernière trouvaille dans une foire. Il va alors rencontrer un autre forain. J’avoue cette nouvelle démarrait bien, se dirigeant vers le fantastique jouant sur l’étrangeté des foires même si cela manquait de Freak Show. Mais voilà plus j’avançais dans le récit, plus je trouvais que l’auteur avait peur de vraiment se lancer, restant dans un aspect un peu trop classique. Cela a pour conséquence de rendre finalement l’ensemble facilement devinable et linéaire, le tout dans un univers où il manque un petit truc pour vraiment captiver. Dommage, car l’ensemble avait du potentiel. Là je ressors avec le sentiment d’une nouvelle vite lue, un minimum apprécié, mais vite oublié.

AuTOMate de Pierre Bordage : Cette nouvelle nous fait découvrir une fée qui est tombée amoureuse d’un homme, mais dont le couple va très vite tomberdans la routine. De nouveau une nouvelle qui me laisse un petit sentiment mitigé, les idées sont là dans la tentative de dénonciation sur la dérive de l’Homme concernant la nature, ou encore une dépendance accrue à la technologie, mais voilà j’ai trouvé que l’ensemble manquait de finesse et paraissait mal amené. Le récit va trop vite et cherche trop à imposer ses idées j’ai trouvé. De plus, l’auteur tombe un peu dans des clichés caricaturaux. Dommage, car l’ensemble possédait du potentiel.

Son dernier coup d’échec de Jean-Claude Dunyach & Mike Resnick : Cette nouvelle nous fait suivre un automate champion d’échec qui se lie d’amitié avec une humaine et va se retrouver au milieu d’un conflit d’échec que je vous laisse découvrir. J’ai bien aimé cette nouvelle, la construction est efficace, le message se veut simple et percutant et les personnages sont intéressants à suivre dans leurs aventures. La conclusion offre une surprise efficace tout en ayant en fond une légère pointe de mélancolie. Je ne dirai pas que cette nouvelle est révolutionnaire, mais elle est réussie et offre un bon moment de lecture dont, finalement le seul point qu’on pourrait lui reprocher et la très faible présence de la fée.

Tsimoka de Cindy Van Wilder : Comme toujours avec l’auteur on se retrouve avec un texte bien construit, dense et avec des héroïnes et des personnages secondaires qui ne manquent pas d’attrait et marquent assez facilement le lecteur dans leurs quêtes. L’ensemble se situe ainsi dans l’univers des Outrepasseurs, mais voilà j’ai trouvé l’intrigue un peu convenu et manquant d’un peu de force pour franchement nous offrir plus qu’un simple récit très sympathique et agréable. Par contre, j’ai bien aimé la mythologie que construit l’auteur derrière, avec en message sous-jacent l’esclavage, mais il aurait, je pense, mérité d’être encore plus présent.

Le plateau des chimères de Lionel Davoust : On termine cette anthologie avec un auteur habitué, puisqu’il s’agit de la nouvelle Lionel Davoust qui nous revient dans son univers Evanégyre. J’ai bien aimé cette nouvelle, que ce soit dans sa construction comme dans la confrontation des deux personnages qui se révèlent bien plus que de simples protagonistes, avec, en fond, une confrontation entre la Nature et la Technologie. L’ensemble est ainsi très bien maitrisé, j’ai très vite été happé par ce texte offrant de nombreux rebondissements et quelques surprises tout en nous faisant réfléchir sur nos actes. je regretterai peut-être juste que le retournement de situation sur le fin se révèle facilement devinable. Au final un dernier texte qui conclut de très bonne façon cette anthologie.

En Résumé : J’avoue je ressors moins enthousiasme que les années précédentes avec ma lecture de cette anthologie. L’ensemble n’est pas non plus mauvais, mais j’ai trouvé que, mis à part quelques exceptions, les textes sont moins marquant que les années précédentes, avec des hauts et des bas. Après il faut aussi bien admettre que le thème n’était pas non plus des plus facile, l’association automates et fées tombant au final ici facilement dans le convenu ou dans le mal amené. L’anthologie reste tout de même sympathique à découvrir et à lire et quelques textes sortent assez du lot pour donner envie, mais voilà rien de vraiment mémorable, elle ne dépasse pas le sympathique et divertissant à lire. Cela ne m’empêchera pas pour autant de faire rentrer la version 2017 dans ma PAL.

 

Ma Note : 6/10

Avis de mes collègues de LC : Snow, Mariejuliet, PtiteTrolle, Rose

Autres avis : Boudicca (Bibliocosme), Celindanaé, …

Les Compagnons du Foudre – Denis Hamon

les compagnons du foudreRésumé : Plusieurs décennies après l’apocalypse, le monde est noyé sous la brume.
Tombée du ciel à travers la carlingue du Foudre, un vaisseau de pirates, une jeune femme s’éveille sans aucun souvenir.
Bien décidé à l’aider à retrouver la mémoire, l’hétéroclite équipage se heurte très vite aux dirigeants fanatiques de ce sombre futur, guidés par une religion basée sur le tarot.
Et tandis qu’au-dessus d’eux plane l’ombre terrifiante des Taromanciens, les compagnons du Foudre partiront en quête de vérité et iront, si nécessaire, jusqu’à la mort.
Pirates, oui, mais avec un sacré code de l’honneur !

Edition : Ad Astra

 

Mon Avis : Ce roman me tentait depuis un bon moment déjà, quasiment depuis sa publication d’ailleurs. Il faut dire que je n’ai jamais été déçu par les publications de la maison d’édition Ad Astra et, qui plus est, un roman sur des pirates de l’air ne pouvait que donner envie de le découvrir. Concernant la couverture, illustrée par Arnaud Boutle, elle se révèle simple mais franchement efficace. Après, comme cela arrive parfois, il a mis un peu de temps à rejoindre ma PAL, pour différentes raisons, et il a fallu attendre les dernières Imaginales pour que je me laisse enfin tenter.

On va ainsi se retrouver à suivre ici le quotidien d’une bande de pirates qui vont voir leurs vies basculer après qu’une jeune fille ait décidé de leur rendre une petite visite en traversant le cockpit de leur vaisseau. C’est à partir de là que les ennuis commencent. Clairement, si je devais trouver une accroche pour caractérise ce roman je dirais fun, sans prise de tête et nerveux. En effet l’auteur nous offre une intrigue qui, certes, n’a rien de révolutionnaire avec cette bande de pirate qui vont se trouver par erreur au milieu de grands secrets, mais qui est mené tambour battant et offre de nombreux rebondissements et retournements de situations. L’histoire se révèle ainsi efficace et offre de nombreuses révélations, alternant entre des vues plus politiques avec des phases d’aventure et d’action trépidantes. Denis Hamon construit son récit en deux parties, chacune proposant un récit qui pourrait être lu indépendamment, mais dont l’ensemble est lié et dont je ne dirai pas grand chose pour éviter de trop en dévoiler. Elles sont construites de telle façon que la tension monte au fil des pages pour aboutir à une conclusion explosive. J’ai ainsi plongé facilement dans ce roman d’aventures où chaque épreuve va pousser nos héros à tout donner et à parfois y perdre beaucoup.

L’univers mis en place tout au long du récit n’a rien de révolutionnaire, mais s’avère solide, efficace et surtout cohérent. On est ainsi plonger dans un lointain avenir, où la société s’est effondrée et où des brumes toxiques ont envahi la surface. Les technologies ont été en partie oubliées, se maintenant debout plus par rafistolage que par une véritable connaissance de celle-ci. On découvre ainsi un monde coloré et captivant dans son aspect aérien, sombre et légèrement angoissant une fois plongé dans les brumes avec nos héros à la recherche de trésor où rôde des bêtes menaçantes et violentes et où la prudence est de mise. On se retrouver happer assez facilement dans ce monde qui, certes, reste un peu en surface, mais donne envie justement d’en apprendre plus. L’ordre « religieux » qui s’est imposé depuis ne manque pas non plus d’intérêt, reposant sur la taromancie qui, je trouve, apporte un vrai plus à l’ensemble dans la façon dont il s’inscrit dans le récit et les révélations qu’il apporte. En tout cas, on sent bien avec cet univers une influence très visuelle de l’auteur, que ce soit cinéma, série ou jeux vidéos. Je ne me permettrai pas de citer de noms, mais j’ai eu l’impression de trouver quelques clins d’oeil ici ou là et qui offre un sentiment familier au lecteur.

Concernant les personnages, Denis Hamon nous offre un panel de héros haut en couleurs à la verve facile et percutante qui, je l’avoue, développe rapidement avec le lecteur un sympathie efficace et contagieuse. Certes ils sont clairement archétypaux dans leurs constructions et sont loin de révolutionner ce genre de protagonistes, mais cela ne les empêche pas de s’avérer entrainant et de nous plonger facilement dans leurs aventures. D’ailleurs l’auteur joue clairement là-dessus puisque chaque héros possède comme nom un élément révélateur de leur tempérament. On ressent aussi un véritable cohésion de groupe, une véritable amitié qui s’en dégage, même si parfois elle est un peu facile. Alors après c’est vrai qu’ils manquent peut-être un peu de profondeur, mais franchement rien de très dérangeant dans ce genre de roman qui se veut court et percutant. Le point intéressant par contre, avec ce roman, c’est que les protagonistes ne tombent pas, comme souvent avec le récit d’aventure, dans un manichéisme un peu frustrant, même si c’est vrai parfois certains antagonistes sont un peu caricaturaux.

Au final, je le redis, ce roman ne cherche qu’à divertir en offrant une histoire percutante, sans temps morts et pleine de rebondissements. Le format court du roman joue aussi beaucoup dans cet état de fait et, je trouve, est un avantage. Mais voilà cela a aussi un inconvénient, certains rebondissements paraissent un peu trait de façon simplistes, voir certains aspects m’ont paru traité un peu rapidement. De plus, autre point qui m’a frustré, c’est la sorte de Deus Ex Machina à la fin qui permet  nos héros de s’en tirer qui m’a paru, sur le coup, un peu trop facile. La plume de l’auteur se révèle fluide, efficace, percutante et entraînante, happant assez facilement le lecteur dans cette histoire nerveuse, divertissante et qui se lit vite. Un livre qui, je trouve, se case facilement entre deux romans plus denses. Je lirai avec plaisir d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un sympathique moment de lecture avec ce roman qui se veut sans prise de tête, nerveux et efficace et qui remplit plutôt bien son rôle. L’intrigue sans révolutionner le genre,offre de nombreux rebondissements et quelques scènes très explosives, ce qui fait qu’on se retrouve à tourner rapidement les pages. Le choix d’un roman court, moins de 260 pages, joue aussi sur le côté très percutant et fluide du récit, même si cela apporte quelques inconvénients. Je pense par exemple a des rebondissements qui sont, à mon goût résolu trop rapidement voir trop facilement même. L’univers post-apocalyptique développé ici possède un côté très visuel, influence je pense par le cinéma, les séries, voir le jeu-vidéo, et s’avère solide et efficace. J’aurai aimé en découvrir plus, mais qui sait, une suite est possible. Les personnages proposés sont hauts en couleurs, et possède une gouaille facile et incisive. Leur amitié et leurs liens font qu’on s’attache finalement assez rapidement à eux, suivant leurs aventures avec un minimum de plaisir. Mon seul petit regret vient de cette facilité dans la conclusion, comme si l’auteur était un peu obligé de terminer. Mais bon rien de bien méchant. L’ensemble est porté par une plume simple, efficace et entraînante. Au final un roman divertissant qui remplit plutôt bien son rôle entre deux romans plus denses.

 

Ma Note : 6,5/10

Terre de Héros Tome 3, Jusqu’à l’Âme – Richard Morgan

jusqu'a l'ameRésumé : Cap vers les lointaines îles du Nord, à la recherche de la légendaire cité d’An-Kirilnar, réputée pour flotter au-dessus des eaux. Mais cette quête impossible en vaut-elle la peine ? Est-elle digne des trois parias héroïques, Ringil, Egar et Archeth, bien décidés à se réapproprier leur destin ? Dans les îles grises et désolées, le mystère s’épaissit : on murmure que la tombe du changeling est partout et nulle part. Tout comme la fantomatique ville d’An-Kirilnar…

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Il y a maintenant quelques années, je me suis lancé dans cette trilogie de Fantasy. Richard Morgan n’est pas un inconnu car, avant de se lancer dans ce cycle, il a écrit la trilogie sur Takeshi Kovacs (qui devrait d’ailleurs être adapté à la TV) ainsi que Black Man, qui m’avaient offert de très bons moments de lecture. Son lancement dans la Fantasy avec  ce Terre de Héros, ne m’a pour l’instant pas autant convaincu. L’ensemble reste assez bon, mais je n’y retrouve pas le succès que je lui ai trouvé en SF tant l’auteur cherchait à trop en faire (ma chronique du Tome 1, du Tome 2). Concernant la couverture, toujours illustrée par Jon Sullivan, elle reste dans les mêmes tons que les précédentes et s’avère sympathique.

Ce troisième tome nous plonge ainsi quelques mois après la fin du précédent, nos héros s’étant lancé dans une grande quête pour trouver la tombe du Changeling ainsi que la cité Kiriath. Sauf que voilà, rien ne se passe comme prévues tant les reliques paraissent introuvables et les relations entre l’Empire et Le Ligue sont en train de se refroidir. Déjà, premier point, replonger dans cet univers longtemps après ma lecture des deux premiers tomes c’est finalement révélé assez facile. Ceci est en grande partie dû à la capacité de l’auteur a nous immerger aisément dans son récit, tout en offrant des rappels des tomes précédents qui sont les bienvenus et sont très bien amenés restant brefs et ne se révélant pas trop lourd ou trop long, surtout pour ceux qui liraient les trois romans à la suite. Ensuite, pour situer l’ensemble pour ceux qui n’auraient pas lu ce cycle, l’auteur nous propose un roman de Fantasy très sombre, violente, épique et dont l’auteur cherche à casser les codes pour proposer quelque chose de différent. Le cycle étant maintenant terminé on peut donc faire le bilan de cette envie de changement et, je dois bien avouer, j’ai trouvé cette trilogie plutôt bonne.

Alors clairement, elle n’est pas non plus parfaite possédant tout de même quelques défauts, comme la proportion de l’auteur dans les premiers tomes à trop vouloir en faire, à tomber dans quelques longueurs voir dans des scènes inutiles. Concernant ce troisième tome, je l’ai trouvé encore un chouïa plus abouti que le précédent tant il faut dire que toutes les pièces se mettent maintenant en place, les révélations se font et dévoilent le puzzle sur cet univers et les manipulations qui s’y organisent. La narration mise en place permet ainsi de suivre deux « quêtes » celle de Ringil, mais aussi celle de Egar le tueur de Dragon et Archeth permettant ainsi de croiser les récits évitant, je trouve, les « trous d’air ». De cette façon quand les passages sont plus explicatifs pour l’une, l’autre offre des moments plus nerveux, ce qui fait, je trouve, qu’on tourne assez facilement les pages pour en apprendre plus sans jamais s’ennuyer. Attention, ce roman n’est en rien non plus un récit totalement épique et bourré de combats, il sait prendre son temps quand il faut pour poser son intrigue, son  univers et ses héros, mais il possède un rythme que j’ai trouvé entraînant. L’auteur donne clairement l’impression sur sa trilogie de prendre les « clichés » de la Fantasy (dragons, sorciers, épées magiques, élus, …) et de vouloir leur offrir une voie complètement différente. J’avoue qu’il le réussie en grande partie, je ne dis pas qu’il nous offre que des idées révolutionnaires et originales, d’autres ont déjà offerts ce genre d’idées, mais voilà ce cycle est clairement différent de ce qui se fait, je trouve, en Fantasy actuellement. Je répète, il n’est pas le seul, ne vous lancez pas dans ce cycle en vous disant que ça va complètement bouleverser votre vision du genre non plus, mais avec tout de même de bonnes idées.

Pour l’univers on retrouve ce qui faisait la force des deux premiers tome, ce monde sombre, brutal, sauvage, violent, où il faut se battre pour gagner sa place. L’auteur continue aussi à tenter de nous offrir quelque-chose qui mélange les genres entre Fantasy, fantastique, SF, on découvre ainsi un monde qui surprend, dérange et ne se laisse pas appréhender si facilement, l’auteur s’amusant à nous en offrir les clés au compte goutte. Surtout que c’est dans ce troisième tome qu’il se dévoile enfin, qu’on en apprend alors plus sur les dieux de la cour sombre, sur la source, sur les Dwendas ou bien aussi sur les Kiriath qui ont perdu de leur superbe, se révélant eux aussi ambigu dans les choix qu’ils ont fait. Les terres grises deviennent aussi plus familières au fil des pages. Ce mélange est, pour moi, l’un des gros points fort du roman, lui permettant d’offrir quelque chose de captivant et, d’une certaine façon, accrocheur. Alors après il n’est pas l’univers le plus novateur qui soit dans le genre, même s’il possède de quelques concepts que j’ai trouvé originaux, mais voilà l’auteur nous propose tellement d’idées et les rend tellement percutantes que j’ai rapidement accroché. Le tout aboutissant à un final explosif, aux réponses surprenantes. Les enjeux politiques de chacun prennent aussi de l’ampleur, dévoilant des schémas complexes, denses et intrigants, où chacun possède sa propre vision et surtout ses propres convictions. Après on pourrait reprocher à l’auteur un aspect un peu minimaliste dans la « peinture » de son monde, le travail de description est assez minimaliste, posant le décor souvent sombre et angoissant, mais n’allant pas obligatoirement plus loin. Si vous aimez la Fantasy pour ses cartes et ses descriptions, ici vous risquez d’être déçu.

Concernant les personnages, on y retrouve là aussi la patte de l’auteur, principalement dans la construction de héros où y voit toujours autant cette grandeur et cette décadence. Chacun d’entre eux marque le lecteur par leurs ambivalences, leurs nostalgies, leurs mélancolies, leurs charismes, leurs forces, leurs faiblesses. Il est très difficile de les caractériser, tant ils savent à la fois s’imposer et se faire haïr par leurs actes, allant de l’héroïque aux actes les plus excessifs possibles, le tout poussé très loin. Que ce soit Ringil, notre héros blasé qui sait qu’il ne sera jamais rien d’autre qu’un guerrier, ne sachant rien faire d’autre et qui se plonge à corps et à cris dans cette quête où il est manipulé par tous, Egar le tueur de Dragon qui ne reconnait plus ce monde où les traditions et l’honneur se perd, ou bien encore Archeth, moitié Kiriath, abandonnée par eux qui se morfond sur elle-même mais qui va trouver ici une quête et une échappatoire. Chacun cherche la meilleure conclusion à son histoire et ils risquent de la trouver. Que ce soit les personnages principaux ou secondaires il est impossible de complètement les détester, tant on peut comprendre leurs motivations, ne tombant ainsi jamais dans le héros immaculé ou le méchant très méchant. Je suis par contre légèrement frustré que certains personnages découverts dans les tomes précédent ne soient que très peu présents dans ce dernier tome, ou que certains ne soient pas plus développés, mais bon rien de bien gênant.

Après avoir lu tout ça vous pourriez croire que ce roman est excellent, pourtant des points m’ont tout de même dérangé. Déjà, si vous avez lu mes chroniques des tomes précédents, vous savez que l’auteur cherchait par moment à trop en faire laissant de côté son intrigue pour le côté rude et percutant. Je ne sais pas si l’auteur s’en est rendu compte ou si c’était prévu comme cela initialement, mais ce troisième tome a l’effet inverse, l’auteur offre beaucoup trop de révélations sur son intrigue. J’ai eu parfois l’impression que cette densité offrait à l’ensemble un côté un peu brouillon et surtout certaines paraissent ne pas aboutir. Ce n’est pas bloquant mais une gestion des révélations sur la durée des trois tomes aurait franchement rendu l’ensemble plus fluide. Ensuite, comme je l’ai dit, l’auteur sépare son intrigue en deux qui forment deux « histoires » qui ne se rejoignent pas vraiment et même si les deux sont intéressantes j’ai trouvé que celle sur Ringil accroche plus et éclipse même parfois l’autre fil rouge. Surtout que la fin concernant Archetch reste très ouverte, c’est à chacun de se faire sa propre conclusion. J’adore les fins ouvertes, je considère qu’une conclusion ne peut jamais en être une, mais cela pourra en surprendre plus d’un. Autre point, le récit possède quelques longueurs qui se font ressentir et il use parfois de simplicité. Enfin, aspect qui se retrouve dans les trois tomes et dont je n’avais pas encore parlé, la proportion parfois un peu exagéré de l’auteur de tomber dans le « graveleux ». Je ne parle pas des scènes de sexe directes, dont l’auteur c’est un peu calmé ici, mais plus des dialogues ou les insultes qui fusent un peu trop facilement. Rien de non plus trop dérangeant je dirais, mais il faut le savoir. Je vais quand même m’arrêter là dans ma chronique, sinon on n’est pas sorti.

La plume de l’auteur est toujours aussi brutale, incisive, captivante et nous emporte aisément dans ce troisième tome. Alors je pense clairement que ma lecture des trois tomes sur plus de trois ans (j’avais relu le premier à la sortie du second), fait que j’ai pu passer à côté de certains points tant ce dernier tome vient remettre en perspective les deux premiers. Il faudrait sûrement un jour que je relise les trois d’affilés. Maintenant, concernant le cycle, est-ce que Richard Morgan a réussi son pari d’offrir quelque chose de différent? Je dirai oui et non, oui car les idées sont là, l’auteur les développe de façon très intéressantes et efficaces même si parfois mal amenés et que les personnages sont plus que convaincants dans leurs rôles désabusés, en partie non car l’auteur en fait trop, ayant sûrement cette idée en tête que la Fantasy est trop « gentille » et que donc il fallait aller à l’inverse, tombant un peu trop dans la facilité et le gratuit. Au final j’ai bien aimé ce troisième tome ainsi que le cycle dans son ensemble, mais selon moi il aurait pu être encore plus que cela.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce troisième qui, je trouve, est le plus abouti de la trilogie. On y retrouve cette intrigue sombre, violente, qui dévoile enfin toutes ses manipulations et ses trahisons et nous happe assez facilement. L’ensemble est bien porté par un rythme plutôt efficace qui, sans non plus se diriger vers l’action à tout va, offre quelques passages héroïques et flamboyants tout en développant une histoire pleine de surprises. L’auteur continue à développer son univers s’avérant toujours aussi noir et percutant et surtout mélange de genres qui le rend différent. Les personnages sont franchement fascinants à découvrir, loin de tout manichéismes, oscillant entre héros charismatiques et enfoirés de premières, bien porté par des personnages secondaires intéressants. Chacun cherche ainsi à se retrouver, se découvrir. Je regrette par contre que certains ne soient pas plus développés. Alors après tout n’est pas parfait, l’auteur en fait peut-être un peu trop dans les révélations ce qui rend parfois certains passages brouillons ou tombant à plat, les deux histoires n’ont pas, je trouve, le même impact sur le lecteur et en plus gardent une fin très ouverte qui pourrait en déranger plus d’un. De plus quelques longueurs se font ressentir et l’auteur abuse parfois un peu du langage familier. Rien de non plus complètement bloquant, mais qui empêche la lecture d’offrir tout son potentiel. La plume de l’auteur est incisive; fluide et prenante et happe assez facilement le lecteur. Au final un bon troisième tome qui vient clôturer ce cycle de façon efficace j’ai trouvé.

 

Ma Note : 7,5/10

Smog of Germania – Marianne Stern

smog of germaniaRésumé : Germania, début des années 1900, capitale du Reich.
À sa tête, le Kaiser Wilhem, qui se préoccupe davantage de transformer sa cité en quelque chose de grandiose plutôt que de se pencher sur la guerre grondant le long de la frontière française – et pour cause : on dit qu’il n’a plus tous ses esprits. Un smog noir a envahi les rues suite à une industrialisation massive, au sein duquel les assassins sont à l’oeuvre.
Une poursuite infernale s’engage dans les rues et les cieux de Germania le jour où la fille du Kaiser échappe de peu à une tentative de meurtre. Objectif : retrouver les commanditaires. La chose serait bien plus aisée s’il ne s’agissait pas en réalité d’un gigantesque complot, qui se développe dans l’ombre depuis trop longtemps.

Edition : Editions du Chat Noir

 

Mon Avis : Ce roman est entré dans ma PAL un peu sur un coup de tête lors du festival des Imaginales de 2015. La première chose qui a attiré mon regard c’est sa couverture, dont l’illustration est réalisée par Miesis, et que je trouve franchement réussie et accrocheuse. Ajouter à cela une intrigue percutante, mais aussi un univers Steampunk il n’a donc pas fallu longtemps avant que je craque. Bon après comme souvent il a un peu traîné dans ma PAL. Heureusement, vacances aidant, j’ai décidé de lui offrir sa chance.

On se retrouve ainsi plongé au début du 20ème siècle, en Germania. Le monde a suivi le modèle de la vapeur et de l’industrialisation, amenant ainsi l’apparition de zeppelins, mais aussi l’apparition de fortes pollutions. On se retrouve à suivre Viktoria, la fille du Kaiser, qui va se retrouver embarquer dans une histoire qui la dépasse complètement, pleine de trahisons et de mensonges. Pour clarifier un peu les choses, j’ai pris ce livre pour mes vacances, un peu comme un roman de plage. Je ne m’attendais pas obligatoirement à un roman génial et novateur, mais plus à un récit divertissant et efficace et je dois bien avouer qu’il remplit plutôt bien ce rôle. Certes, l’ensemble n’est pas parfait, j’y reviendrai, mais il s’est révélé entraînant, nerveux et j’ai tourné les pages avec un minimum de plaisir et d’envie d’en apprendre plus. L’intérêt principal du roman vient ainsi de l’énergie que met l’auteur dans son récit, on est ainsi assez rapidement happé par cette intrigue pleine de rebondissements, d’actions et de retournements de situations. Tout va vite, très vite pour la pauvre Viktoria qui va se retrouver balancer dans ce complot dont elle ne comprend pas grand-chose. Le rythme est haletant de bout en bout, le tout dans une ambiance assez sombre et efficace.

Concernant l’intrigue, sans non plus se révéler révolutionnaire, elle est solide offrant de nombreux complots, de trahisons et de jeux de pouvoirs. Je ne vais pas dire que la politique est le point fort du récit, car ce n’est pas le cas tant elle reste assez sommaire, principalement dans ses aspects géopolitiques, mais l’auteur arrive à la développer assez efficacement pour qu’elle colle parfaitement à l’ensemble de son récit et nous donne envie de découvrir ce qui se trame. Par contre ce que je trouve dommage, c’est la gestion des révélations pour faire avancer l’intrigue. L’auteur joue une grande partie de son récit sur le mystère, notre héroïne étant balloté d’un endroit à l’autre sans trop comprendre ce qui lui arrive et sans que personne ne veuille trop lui expliquer le pourquoi du comment. C’est un peu lassant, mais surtout ça amène énormément d’explications et de découvertes sur la fin ce qui la rend, je trouve, un peu « bordélique ». Surtout que trop d’informations tue l’information, je pense principalement à celle concernant la femme du Kaiser qui parait ne pas apporter beaucoup d’intérêt à ce moment du récit. Ensuite certaines m’ont aussi paru trop facilement devinables, comme par exemple le « méchant » qu’on découvre à la fin qui est juste prévisible quasiment depuis le début du roman. Ce point n’est pas trop gênant en soit, l’auteur ne jouait pas tout sur cette révélation, mais voilà elle tombe tout de même un peu à plat. Enfin l’auteur en fait parfois un peu trop avec certaines scènes qui m’ont paru pas très utiles. Cela ne bloque en rien le dynamisme du livre, mais empêche tout de même l’ensemble de montrer tout son potentiel.

Concernant l’univers il s’agit, je trouve, du point fort du roman. L’auteur nous offre ainsi un univers Steampunk, assez classique dans sa présentation, mais qui ne manque pas de se révéler efficace, solide, soigné et entrainant avec quelques bonnes idées principalement liées aux « créateurs » qui sont des personnages rares, mais avec un génie hors norme. L’ambiance est clairement sombre, poisseuse, le smog jouant beaucoup a cela, ce qui offre a cet univers un aspect légèrement angoissant, crasseux et étouffant qui lui va comme un gant. La politique est en pleine décadence et même si l’auteur offre de ce point de vue quelques stéréotypes faciles, ça se révèle plutôt efficace. L’industrialisation accélérée liée à la vapeur offre aussi de nouvelles technologies intéressantes bien porté par l’imagination de l’auteur, pleines de rouages et de vapeur. Par contre je suis légèrement déçu par la ville Germania, elle ne sert que vaguement d’image de fond et n’offre pas l’impact d’autres villes comme par exemple Londres ou Paris dans d’autres romans du même genre. L’auteur cherchait sûrement à innover, mais n’a pas voulu trop s’aventurer, je trouve, ce qui est dommage. Autre point qui m’a aussi légèrement frustré, l’apparition tardive de certaines technologies  existantes qui aurait pu avantager nos héros plus tôt, mais bon là je chipote un peu. Dans l’ensemble un univers intéressant qui mériterait d’être plus développé et donne envie d’en apprendre plus je trouve. Sinon ne vous lancez pas dans ce récit si vous cherchez une réécriture uchronique de l’histoire, car ce n’est en rien le cas.

Concernant les personnages je dois bien admettre que j’ai bien accroché aux deux héros que sont Maxwell et Jeremiah, chacun possédant un but à atteindre et dont leurs histoires se dévoilent au fil des pages, les rendant de plus en plus complexe. Tous les deux sont des héros qui peuvent paraître froid, l’un dans sa souffrance et sa douleur, l’autre dans son génie, mais qui ne manquent pas non plus de s’avérer humains. Alors parfois l’auteur cherche à un peu trop en faire, mais dans l’ensemble deux héros assez charismatiques et entrainants. J’ai eu par contre beaucoup plus de mal avec Viktoria, dont le seul rôle du début à la fin est de courir pour mieux se faire secourir. Elle ne comprend jamais rien, s’enfonce dans des théories qui ne tiennent jamais debout et joue sa têtue sur des points tellement peu compréhensibles que cela en inquiétant quand on sait qu’il s’agit d’une des héritières du Kaiser. Alors oui, je pourrais comprendre un côté hautain et cassant, une vision différentes des autres, mais là c’est à se demander ce qu’elle a connue comme éducation. Ou alors c’était cours d’habillement, de maquillage et de « je me promène dans les rues mal-famés pour montrer que je suis une princesse badass ». Alors attention elle n’est pas inintéressante en soit, mais voilà elle m’a paru peu crédible et m’a parfois donné envie de la secouer pour la réveiller. Je ne parlerai pas de l’histoire d’amour qui, je trouve, n’apporte pas grand-chose au récit, se révélant assez archétype, mais qui reste assez en retrait pour ne pas déranger le récit. Le seul intérêt de celle-ci serait dans son message sur l’acceptation des différences des autres, mais même là le message reste convenu. Les personnages secondaires remplissent eux parfaitement leurs rôles avec, je trouve une mention spéciale à Gadoue et Charogne dans leurs rôles complètement décalés, morbides et cyniques.

La plume de l’auteur s’avère simple, efficace, très visuelle et prenante, nous plongeant très facilement dans son récit percutant. Seul petit bémol vient, je trouve, de l’envie de mettre des expressions allemandes régulièrement, ça fait un peu trop. Au final ce roman a bien rempli son rôle de divertissement, offrant une lecture agréable et sympathique qui, certes, ne révolutionnera pas le genre, mais qui s’est lu rapidement à la plage. Je pourrai un de ces jours me laisser tenter par un autre récit de l’auteur dans l’optique d’un roman « détente » entre deux lectures plus denses.

En Résumé : J’ai passé un assez sympathique moment de lecture avec ce roman qui certes, n’a rien de révolutionnaire, mais offre un divertissement efficace et percutant. Le rythme s’avère nerveux et offre de nombreux rebondissements. L’intrigue reste classique, mais malgré certains aspects simplistes s’avère solide, même si parfois elle en fait trop sur le côté mystérieux ou encore que certaines révélations sont un peu trop prévisibles. L’univers est l’un des points forts du roman, offrant un aspect steampunk clairement intéressant et soigné, le tout dans une ambiance sombre, crasseuse et légèrement angoissante qui lui va bien. Je regrette juste que la ville de Germania ne s’impose pas plus. Concernant les personnages j’ai bien accroché à Maxwell et Jeremiah, qui sont travaillés et intéressants à suivre, ainsi qu’aux personnages secondaires avec une mention spéciale à Charogne et Gadoue pour leurs côté dérangeants et cyniques. Par contre, je n’ai pas trop accroché à Viktoria. Certes on suit ses aventures avec envie d’en apprendre plus, mais le personnage en lu même m’a paru un peu trop caricatural. De plus l’histoire d’amour que construit l’auteur ne parait pas apporter grand-chose au roman et s’avère un peu trop convenu à mon goût. La plume de l’auteur est simple, très visuelle et entraînante, je regretterai juste l’envie de l’auteur de vouloir mettre des expressions allemandes. Au final ce roman, même s’il est loin de s’avérer très marquant, a rempli son rôle de me divertir sans que je me prenne trop la tête.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autres avis : if is dead, Zazezizozu, Chess, …

Nous Sommes Là – Michael Marshall

nous sommes laRésumé : NOUS SOMMES LÀ. DANS L’OMBRE.
Lorsque David bouscule un parfait inconnu à New York, il entend quatre mots qui vont changer sa vie pour toujours : Souviens-toi de moi. Depuis, des phénomènes étranges et inexplicables se produisent autour de lui, et David a l’impression que quelqu’un l’observe.
NOUS AVONS PASSÉ NOTRE VIE À VOS CÔTÉS.
À New York comme ailleurs, d’autres personnes se sentent suivies, épiées par des silhouettes aux contours de plus en plus nets. Il existe des êtres cachés dans le noir, qui nous regardent, à l’affût.
Qui sont-ils, que veulent-ils… et pourquoi nous semblent-ils parfois si familiers ?
NOUS SAVONS QUI VOUS ÊTES.
NOUS SAVONS OÙ VOUS VIVEZ.
VOUS NE POUVEZ PAS NOUS VOIR,
MAIS SOYEZ-EN SÛRS : NOUS SOMMES LÀ.

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : De l’auteur, j’ai déjà lu son roman Avance Rapide (ma chronique ici), son recueil de nouvelles L’Homme qui Dessinait des Chats (ma chronique ) ainsi que différentes nouvelles parue dans différentes anthologies. À chaque fois j’ai passé un très bon moment de lecture, ne manquant pas d’idées et offrant des univers intéressants. C’est donc sans surprise que je me suis rapidement laissé tenter par son dernier roman publié en VF. Concernant la couverture, je trouve l’illustration accrocheuse, efficace et qui nous met directement dans l’ambiance.

Ce roman nous propose de suivre ainsi deux lignes d’intrigues, celle de John dont sa copine va lui demander d’aider une de ses amies qui se sent suivie et harcelée depuis près de 10 ans, tandis qu’en parallèle on découvre David, jeune écrivain, qui va voir sa vie bouleverser après avoir été bousculé à New York. Ce que j’apprécie avec l’auteur c’est sa facilité à jouer avec les plans classiques que l’on peut considérer comme la réalité pour surprendre, tout en collant parfaitement à son récit et en restant cohérent. De nouveau j’ai trouvé qu’il faisait mouche ici, jouant ainsi sur une idée, certes déjà vue, mais qui ne manque pas de se révéler solide et intéressante : les Ombres, et ce qui peut s’y cacher. Dis comme ça ce n’est pas sans rappeler différents films, épisodes de séries ou autres, mais voilà là grande force du récit est, cela risque d’en surprendre plus d’un je pense, de n’offrir que peu réponse. Il amène les idées et le lecteur en fait ainsi ce qu’il en veut.

Cela pourra franchement en bloquer certains, mais, oui, l’auteur ne cherche pas à offrir de réponse nette et précise à ces gens de l’ombres, ces fantômes, car finalement personne ne sait qui ils sont. Que ce soit des anges, des spectres, des gens oubliés voir d’autres points encore le récit joue clairement le mystère du début à la fin et, j’avoue, se révèle intéressant au point de me faire tourner les pages avec envie d’en apprendre plus. Surtout que l’ensemble ne laisse pas non plus indifférent, l’auteur s’amusant à soulever des réflexions efficaces tout du long. Les thèmes abordés sont ainsi vastes, allant de la perte que ce soit d’une amitié ou d’un être cher, c’est aussi un récit de regret et de mélancolie, de souffrances, mais aussi une histoire de renouveau, de reconstruction. C’est un peu le roman qui, d’une certaine façon, nous montre que la vie est faite de coups, de déceptions mais qu’elle peut aussi offrir des choses sublimes, comme une nouvelle chance d’aimer, la possibilité d’être père ou encore une possibilité d’être apprécié pour ce que l’on est. Il nous propose aussi, selon moi d’un point de vue métaphorique, de réfléchir sur ces gens sur qui on détourne le regard, qu’on « oublie » d’une certaine façon car ils sont « rejetés » par cette société qu’ils soient vagabonds, sdf ou autres. J’avoue ce que peut soulever le récit, ou ce que moi j’en ai tiré comme réflexion peut-être vu que cela repose énormément sur des non-dits et des émotions, se révèle franchement passionnant.

Le soucis vient par contre de la construction du récit qui, je trouve, est loin de permettre à l’intrigue et aux idées de s’épanouir comme il faut. Concernant l’ambiance l’auteur arrive à offrir à son récit quelque chose d’efficace jouant avec le fantastique de façon réussi et intrigante pour amener une légère tension et une angoisse bienvenue pour ce genre de récit qui joue sur les apparitions, tout en restant « réel ». J’entends par là que ce que met en place l’auteur pourrait exister. L’auteur ne cherche pas à faire peur, ou à jouer sur la surprise à tout va, mais plus à légèrement déranger le lecteur pour le happer dans les questions qui apparaissent au fil des pages ainsi que sur ces « fantômes ». Le récit est aussi construit sur une base de thriller jouant ainsi sur deux enquêtes, celle de John sur le harceleur et celle de David qui, après être bousculé, va entrer dans un monde qu’il ne comprend pas. Et c’est là que pour moi, l’auteur se perd un peu. En effet il a un peu de mal à construire ce récit sur cette forme, ce qui joue obligatoirement sur le rythme, principalement dans la première moitié. Il oscille ainsi un peu trop, l’auteur ayant la mauvaise habitude de tomber dans quelques longueurs voir des passages un peu trop verbeux, ce qui est dommage, car empêche l’ensemble d’être encore plus efficace. Cela s’améliore clairement vers la moitié du roman quand tout est mis en place et le dernier tiers se révèle assez haletant et percutant, mais voilà je pense que cette première moitié, malgré le fait que l’auteur cherche à proposer quelque-chose de différent, pourra en bloquer certains tant parfois elle prend son temps.

Concernant les personnages, ils se révèlent clairement intéressants à suivre, humains et attachants. Ils se dévoilent lentement au fil des pages, nous en apprenant plus sur eux et sur leur passé, leurs forces et leurs faiblesses, leurs secrets. Que ce soit John au passé trouble et douloureux qui cherche à se refaire une vie, Kristina sa compagne solitaire qui a toujours eue du mal à s’engager, David jeune écrivain qui se voit la chance de pouvoir publier son premier livre mais qui a connu une enfance compliquée, ou bien encore sa compagne Catherine le roc de sa vie sur laquelle il se repose. Chacun des personnages ne manque pas de s’avérer soigné, dense et offrir des héros complexes et captivants à découvrir. Les « ombres » personnages secondaires ne sont pas non plus en restes se révélant intéressant à suivre avec leurs mystères et surtout leurs motivations à la fois étranges et, d’une certaine façon, mélancoliques dans leurs besoins d’exister, de ne pas disparaitre. Les personnages antagonistes sont peut-être un peu caricaturaux, mais remplissent pleinement leurs rôles avec quelques petites surprises. Par contre, et l’auteur n’est pas le premier a user de ce genre de procédés, les chapitres qui dévoilent un personnage unique ne servant qu’à dévoiler des informations, j’ai trouvé que cela donnait une impression de remplissage plus qu’autre chose. Rien de gênant, car il n’y en a pas énormément, mais voilà j’accroche rarement.

La plume de l’auteur est efficace, entraînante et plonge le lecteur plutôt facilement dans son récit étrange aux nombreuses résonances selon moi. Au final j’ai passé un bon moment avec ce livre qui offre de nombreuses bonnes idées, mais qui aurait tout de même mérité un travail d’édition à mon goût, principalement dans la première moitié qui aurait pu être plus allégée pour la rendre plus entrainante. Cela n’empêche pas ce roman de se révéler plus que divertissant et intelligent pour autant, mais ce roman pourrait en bloquer plus d’un que ce soit sur ce que j’ai dis plus haut mais aussi sur la conclusion qui reste ouverte laissant quelques questions importantes en suspend. Pour moi ce n’est peut-être pas le meilleur livre de l’auteur, mais je suis content de l’avoir découvert et je continuerai à lire de ses écrits.

En résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui, malgré une première partie en dent de scie, offre une intrigue intelligente et plutôt intéressante. L’auteur nous offre ainsi de nombreuses réflexions que ce soit sur nous-même comme sur notre regard sur les autres, principalement le tout dans une ambiance fantastique qui se révèle efficace, légèrement angoissante sans non plus trop en faire. Le principal intérêt du récit vient, je trouve, que l’auteur laisse le lecteur se poser ses propres questions, il apporte ainsi simplement les éléments et c’est à lui d’en faire ce qu’il veut ce qui peut surprendre voir déranger même si moi j’ai apprécié. Les personnages s’avèrent très intéressants, entrainants et humains, que ce soit les héros comme les personnages secondaires ils ne manquent pas d’attrait. Je regretterai peut-être des personnages antagonistes un peu caricaturaux, mais finalement ils remplissent bien leur rôle. Au final le principal soucis de ce roman vient de ses longueurs dans la première moitié qui l’empêche de vraiment déployer tout son potentiel, même si l’ensemble reste réussi à mon goût. La conclusion est aussi ouverte, laissant quelques questions importantes en suspend cela pourrait en surprendre plus d’un.  La plume de l’auteur s’avère efficace, entraînante et je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 7,5/10

Autres avis : Lune, …

Page 54 of 202

© 2010 - 2026 Blog-o-Livre