Auteur/autrice : BlackWolf Page 56 of 202

Le Village – Emmanuel Chastellière

le villageRésumé : Une jeune fille se réveille un matin dans une demeure inconnue.
Livrée à elle-même au cœur d’un village aussi étrange que désert, privée de ses souvenirs, elle va bien vite se rendre compte que les secrets de son passé sont liés à ceux des anciens habitants des lieux.
Pour se défaire de ces liens invisibles et espérer quitter ce village aux allures de prison hors du temps, elle va devoir raviver les cendres d’un bûcher centenaire…

Edition : Les Editions de l’instant

 

Mon Avis : Les Editions de l’Instant m’ont fait découvrir il y a quelques mois un roman de Fantasy assez atypique et vraiment fascinant : Un Étranger en Olondre. Je suis donc avec intérêt les nouvelles publications de cet éditeur, espérant réitérer quelques belles découvertes, et j’avoue avoir rapidement été tenté par ce nouveau roman proposé. Il faut dire que la couverture, illustrée par Marc Simonetti, est vraiment superbe et le résumé possède un petit côté étrange qui m’attire. Alors pour ceux qui ne connaitraient pas Emmanuel Chastellière il est connu pour être le fondateur d’Elbakin, mais aussi pour son métier de traducteur.

 On se retrouve ainsi avec ce roman, à suivre deux lignes d’intrigue. La première  concernant une jeune fille qui se réveille dans un village, qui a perdu la mémoire et qui va rapidement découvrir qu’elle est coincée et que d’étrange phénomènes surviennent et la traque. La seconde, nommée Interlude, est celle d’un village où sévit une terrible maladie. J’avoue, une fois la dernière page du livre tournée, j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce livre. L’histoire, mélange de fantastique, de fantasy et avec une légère pointe d’historique qui vient exacerber cette ambiance légèrement angoissante, se révèle vraiment accrocheuse et, la tension montant au fil du récit, on se retrouve à tourner les pages avec envie d’en apprendre plus. On se rend rapidement compte que l’auteur ne laisse rien au hasard, qu’il parait avoir peaufiné son récit jusque dans les moindres détails, alternant efficacement phases d’angoisse, d’action, de sentiments et de réflexions, de façon à ne jamais nous perdre ou nous ennuyer. Alors après, c’est vrai, le démarrage m’a paru un peu austère, la faute a, je trouve, un peu trop de description. L’auteur m’a paru chercher un peu trop vouloir en faire, à trop aller dans le détail, mais par la suite cela se calme et une fois emporté on l’oublie, cherchant à en apprendre plus sur les aventures de nos héros se laissant captiver au fil d’une intrigue qui se ressert jusqu’à une conclusion percutante, explosive et pleine de surprises.

Le gros point fort pour moi de ce roman vient de son ambiance. Cette étrangeté qui flotte du début à la fin, ce malaise, que ce soit concernant ce fameux village étrange où atterrit la jeune fille, comme dans ce qui tourne autour de cet interlude, de ces villageois, de leurs tensions, de leurs souffrances et de leurs choix. J’avoue aussi, cela peut jouer, je suis un fan de ce genre de fantastique, qui ne cherche pas à offrir toutes les réponses mais plutôt à clairement jouer sur l’atmosphère, à surprendre tout en gardant une certaine logique. Là, j’avoue, j’ai tout de suite été captivé par les nombreux mystères qui sont soulevés, par la façon dont l’auteur les amène, les fait évoluer et leur offre une réponse, voir laisse le lecteur se faire ses propres réponses. Ajouter à cela un sentiment de traque, où chaque personnage va se retrouver à lutter pour survivre, pour continuer à avancer et à exister, on obtient alors quelque chose de vraiment envoûtant, stressant et limite fascinant.

Autre point intéressant c’est l’univers que construit l’auteur, que ce soit aussi bien dans l’aspect historique, qui sans être non plus le gros point du roman, se révèle efficace, comme dans l’aspect fantastique, mais aussi sur le village en lui-même. En effet au fil du récit il en devient un véritable personnage avec, on peut dire, sa propre vie, se révélant dense et travaillé offrant quelques pièges. Il ne donne franchement pas envie de le visiter, mais il a ce côté intrigant qui fait qu’on se laisse captiver par son histoire. Mais surtout malgré cette densité, l’auteur arrive à rester cohérent et offre ainsi un univers qui, je trouve, ne laisse pas indifférent que ce soit dans ces passages angoissants, intimistes ou entraînants.

Concernant les personnages, ils se révèlent soignés et captivants à découvrir. Il y a finalement que peu de personnages, mais cela permet d’offrir à chacun d’entre eux une profondeur, une histoire et surtout une évolution au fil du récit qui font qu’on s’attache rapidement à eux. Certes leurs vies ne sont pas faciles, devant fuir pour ne pas mourir, mais voilà chacun d’entre eux se révèlent unique. Principalement dans la partie avec les enfants et les adolescents qui n’est pas sans rappeler les « enfants perdus » de Peter Pan, mais avec une bonne dose de Sa Majesté des Mouches (dont la citation en quatrième de couverture n’est pas illogique), leur offrant ainsi un voyage initiatique qui va les marquer. Une jeunesse poussée à devenir adulte trop vite sous la faute de leurs ancêtres. Il y a d’ailleurs, je trouve, une certaine réflexion derrière tout cela. Concernant l’interlude on est plus dans une autre phase d’accroche, jouant sur la découverte, happé par les conflits et les choix de chacun. Alors après certains personnages secondaires usent peut-être un peu trop de stéréotypes, je pense par exemple au bourgmestre, mais cela ne se ressent qu’à peine et ne dérange en rien la lecture.

Je trouve par contre légèrement dommage le traitement qui est au fait au niveau des « relations amoureuses ». En effet les histoires entre les uns et les autres paraissent amenés trop rapidement et de façon un peu brusque, ce qui fait que j’ai trouvé que cela manquait d’un peu de cohérence et d’émotion, même si rien de vraiment bloquant. D’autres points m’ont aussi un peu dérangé. Premièrement l’auteur monte en tension et en rythme au fil des pages pour offrir une conclusion efficace et percutante, mais voilà j’ai trouvé que l’auteur offrait un peu trop d’informations et d’éléments d’un coup sur la fin, ce qui fait qu’on est parfois un peu submergé. Ensuite j’ai trouvé que certaines résolution se faisait un peu trop rapidement, comme s’il était pressé et qu’il fallait rapidement débloquer la situation. Alors après ce ne sont que des défauts mineurs, tant l’ensemble a réussi à me captiver. La plume de l’auteur se révèle efficace, soignée et entrainante et je lirai sans soucis et avec plaisir d’autre de ses écrits.

 En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman mélange des genres qui offre un récit fantastique étrange, efficace et captivant. Le démarrage m’a paru un peu austère, se révélant trop descriptif, mais très vite par la suite je me suis retrouvé facilement happé, à tourner les pages avec envie d’en apprendre plus sur les aventures de nos héros. Le gros point fort du récit, vient, je trouve, de l’ambiance légèrement dérangeante, mystérieuse et angoissante qui est mise en place ainsi que de l’univers qui est construit autour. L’auteur arrive vraiment à offrir un ensemble qui est cohérent, logique et donne envie d’en apprendre plus. Concernant les personnages ils se révèlent soignés et efficaces. On s’attache à eux au fil des pages devant leurs choix et leurs développements, même si certains personnages secondaires usent un peu trop des stéréotypes. Rien de non plus trop gênant. Je trouve par contre légèrement dommage le traitement fait aux relations amoureuses qui m’a paru trop brusque et manquant d’émotion, l’accumulation d’information sur la fin qui donne l’impression d’être submergé ou bien encore certaines résolutions un peu trop rapide et facile. Après rien de dérangeant tant j’ai été emporté par l’ensemble, bien porté par une plume efficace, soignée et entraînante. Je lirai sans soucis d’autres des écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis :

Rédemption – Bérengère Rousseau

redemptionRésumé : Quand un vieux médaillon et quelques documents anciens révèlent à Noâm les soupçons de collaboration qui pèsent sur son arrière-grand-père, son monde bascule. Comment accepter et vivre avec cette honte ? Il veut comprendre. Avec son meilleur ami, il se rend au Château de Noisy, là où son aïeul fut aperçu pour la dernière fois.
Sur place, ils sont victimes d’un éboulement. Ils se réveillent en 1944 à la veille de la Bataille des Ardennes. Noâm voit là l’occasion de restaurer l’honneur de sa famille, au risque de changer le cours de l’Histoire. Et si, justement, celle-ci avait déjà changé ?

Edition : Editions du Riez

 

Mon avis : Bon, je dois bien l’admettre, le premier élément qui m’a attiré vers ce roman c’est sa couverture, illustrée par Aurélien Police, que je trouve vraiment superbe et qui met directement dans l’ambiance. Ajouter à cela un résumé que je trouvais accrocheur, parlant de voyage dans le temps et de seconde guerre mondial, il est donc logique que ce roman ait rejoint ma PAL. Bon après, comme souvent, il a un peu traîné, mais ayant envie d’un peu d’imaginaire historique je me suis laissé tenter à enfin le lire et le découvrir.

On se retrouve ainsi à suivre Noâm, jeune étudiant en psychologie féru d’histoire, qui va apprendre que son arrière grand-père a joué un rôle lors de la bataille des Ardennes, pire que cela il est soupçonné de collaboration ce qui va le bouleverser. Pour en apprendre plus il va aller avec son meilleur ami au Château de Noisy, mais là tout va basculer et ils vont se retrouver envoyé dans le passé. Sauf que voilà, l’Histoire ne serait pas la bonne. Bon autant être franc, je n’ai jamais vraiment accroché à ce roman, pas tant la faute du livre, que plutôt de ce qui me parait être un rendez-vous manqué. Déjà premier point, quand j’ai lu le résumé et vu la couverture je m’attendais à un roman adulte, pourtant dès le premier chapitre je vais être surpris. Il ressemble plus à un roman jeunesse. Ce que la suite va me confirmer au fil des pages et je ne m’y attendais pas du tout. Je n’ai rien contre les livres jeunesses, j’en lis, mais ils ne traitent pas de l’intrigue de la même façon et donc je n’avais pas obligatoirement les mêmes attentes. Encore plus quand il s’agit d’un roman mélangeant imaginaire et historique. Cela va ainsi se ressentir directement ici puisque le fil des évènements va se révéler assez simpliste et manichéen, ce qui a provoqué au cours de ma lecture une certaine frustration. Cela n’a clairement rien à voir avec l’auteur, par contre je trouve dommage que l’éditeur ne l’ait jamais mis en avant. Après, d’autres points sont aussi venus me déranger  au fil de ma lecture.

Le point fort du récit vient ainsi de son rythme, une chose qu’on ne peut pas enlever à ce livre c’est sa façon d’offrir un récit percutant, sans temps mort, avec de nombreux rebondissements et des surprises. On ne peut pas nier que si on se laisse happer, on se retrouve alors à tourner les pages avec un minimum d’envie d’en apprendre plus. Les scènes de batailles et de violences liées à la période ne manquent pas de se révéler percutantes et très visuelles, même si l’auteur s’en sert de façon un peu trop répétitive voir incohérente par moment. Après le premier point qui m’a dérangé vient de l’intrigue, elle est finalement assez simple, linéaire au possible et surtout manquant de profondeur. Tout tourne vraiment trop autour de Noâm qui va à travers ce voyage initiatique découvrir que dans la vie tout n’est pas toujours blanc ou noir mais que parfois c’est beaucoup plus complexe que cela. Mais je reviendrai là-dessus un peu plus tard car je n’ai pas complètement accroché au traitement de l’auteur.

Concernant l’univers, je suis sorti frustré. Certes on sent que l’auteur aime son pays, la Belgique, qu’elle offre des descriptions intéressantes et efficace, mais écrire un roman sur la seconde guerre mondiale sans développer un peu l’image de fond qui reste trop superficielle me dérange. Je suis peut-être un peu exigeant, je n’en doute pas, mais voilà ici clairement cela manque d’explication. C’est bien simple nos héros se retrouvent ainsi dans le passé et dans un monde parallèle en effet on se situe en 1944, juste avant la bataille des Ardennes et Staline et Hitler sont de nouveau alliés. Comment? J’avoue ne pas avoir bien compris, le sont-ils depuis le début de la guerre vu qu’il s’agit d’un monde parallèle? Se sont-ils de nouveau alliés? Si oui, il va vraiment falloir me dire comment tant, si on se remet dans le contexte et malgré quelques tentatives, cela parait improbable sans une explication solide. Et justement d’explication il n’y en a pas, l’auteur met en place les esquisses de son univers et le lecteur n’a d’autres choix que de faire avec. J’ai eu ma période où j’ai vraiment étudié l’époque, sur laquelle j’ai beaucoup lu, de plus pour moi la mise en place d’un univers ne doit pas être qu’une simple image de fond, elle doit avoir une crédibilité et une cohérence, là rien ne le permet. C’est dommage. Ensuite, l’auteur considère le conflit comme quelque-chose d’assez binaire avec les méchants d’un côté et les gentils de l’autre sans aucune véritable nuance. C’est frustrant, car il y a tout de même du potentiel dans ce que met en avant l’auteur et elle arrive vraiment à mettre en place une ambiance un minimum angoissante et stressante.

Concernant les personnages, ils se révèlent entraînants dans leurs aventures, leurs péripéties et la façon dont ils gèrent ce qui leur arrive. Sauf que voilà, n’espérant pas un roman jeunesse je suis sorti frustré par leur manque de profondeur, mais aussi leur manque de nuance. L’exemple qui, pour moi, retranscrit le mieux ce que je viens de dire c’est Noâm. Il ne va jamais accepter que son arrière grand-père, membre de la résistance, arrêté par les Allemands ait pu lâcher des informations, comme si la torture ne pouvait pas faire parler les gens. Il lui faudra remonter le passé et se rendre compte que tout n’est pas toujours comme on peut l’imaginer, que parfois des choix doivent être faits, pour qu’il ouvre les yeux. Vraiment. Si encore le héros avait 12 ans ce serait plus que compréhensible, mais là il est quand même sur la vingtaine. L’auteur a aussi du mal à rentrer dans l’émotion, pourtant elle offre quelques scènes intenses avec violence et mort qui vont marquer les héros, mais voilà je ne sais pas ça a du mal à fonctionner. Comme s’il manquait un petit quelque-chose pour se rendre compte qu’ils souffrent. Ajouter à cela des personnages un peu trop caricaturaux à mon goût et d’autres n’ayant que peu d’utilités et j’avoue, même s’ils ne manquent pas d’offrir rythme et révélations, ils m’ont plutôt laissé froid.

Je regrette aussi que l’ensemble soit parfois traité un peu trop rapidement et facilement, les évènements s’enchainent trop vite ce qui fait que, parfois, leurs résolutions sont soit trop simplistes, soit reposent sur des Deus Ex Machina trop faciles. La plume de l’auteur ne manque pas de se révéler vive, entraînante et vivante ce qui fait que le lecteur se laisse un minimum porter par le rythme et l’ambiance. Au final certes je suis passé à côté de ce roman, la faute à un rendez-vous manqué la faute à une incompréhension, ce roman se classant plus dans le jeunesse, mais je pense qu’il pourra peut-être plaire à d’autres, principalement à un public plus jeune.

En Résumé : Au final je dois bien admettre que je suis passé à coté de ma lecture dont, j’avoue, rien n’indiquait qu’il s’agisse d’un roman jeunesse. Vu que je ne m’y attendais pas, je n’ai jamais pu rentrer dedans et j’ai commencé à tilter sur les autres petits points. Pourtant le rythme du récit se révèle prenant, offrant de nombreux rebondissements et retournements de situations. Sauf que voilà, le côté simpliste ainsi que le fait que le roman soit traité trop rapidement ce qui offre de nombreuses facilités ou des deus ex machina font que je me suis senti frustré. L’univers a du potentiel mais voilà l’auteur ne fait que l’esquisser et n’offre parfois que peu de réponses aux questions qu’on se pose. Comme si le seule intérêt du récit était la quête de Noâm, ce qui est dommage. Concernant les protagonistes il m’ont paru clairement manqué de profondeur et de nuance, un héros qui a la vingtaine et qui a du mal à imaginer que la vie est plus complexe que l’on croit, cela a un côté regrettable. Ajouté à cela quelques personnages secondaires stéréotypés, voir inutiles et j’avoue ils ont eu du mal à me marquer. La plume de l’auteur se révèle pourtant plutôt vive, entrainante et vivante, mais voilà ce roman et moi c’est l’histoire d’un rendez-vous manqué.

 

Ma Note : 4/10

Mes Achats du mois de Juin 2016

Pour ce mois de juin, j’avoue j’ai tenté de rester calme niveau achats. Il faut dire que les Imaginales du mois dernier ont fortement fait gonfler ma PAL. Puis la Grosse Opé de l’éditeur Bragelonne et quelques promos sur des ebooks ont fait que ma PAL numérique, elle, s’est accrue.

Juin-16

Voilà donc ce qui a rejoint ma bibliothèque pour ce mois de juin 2016 :

  • Le Seigneur des Ténèbres de Robert Silverberg aux éditions Anne Carrière. Un livre acheté sur un coup de tête.
  • Lankhmar, L’Intégrale 2 de Fritz Lieber aux éditions Bragelonne. J’ai l’intégrale un dans ma PAL, je n’allais pas manquer la suite en espérant que la fin soit publiée.
  • Les Continents Perdus, Anthologie aux éditions Denoël Lunes d’Encre. Je me suis laissé tenter par un sommaire plus qu’intéressant.
  • Arca de Romain Benassaya aux éditions Critic. Un space-opera a la couverture plus qu’attirante.
  • Les Annales du Disque Monde Tome 7, Pyramides de Terry Pratchett aux éditions Pocket. Je continue ma découverte du cycle de l’auteur.
  • Le Village d’Emmanuel Chastellière aux éditions de L’Instant. Un roman dont j’entends beaucoup de bien et donc l’intrigue me tentait énormément.

Et voilà donc mes achats d’e-books :

  • Les Pirates de l’Escroc-Griffe Tome 1, Les Terres Interdites de Jean-Sébastien Guillermou.
  • Féelure de Silène Edgar.
  • Philoséries : Buffy Tueuse de Vampires de Sylvie Allouche & Sandra Laugier.
  • Visions de Feu de Gillian Anderson & Jeff Rovin.
  • Homonculus de James P. Blaylock.
  • Doctor Who. Shada : L’aventure Perdue de Douglas Adams de Gareth Roberts.
  • Les Sables de Mars de Arthur C. Clarke.
  • Le Monde de la Fin de Ofir Touché Gafla
  • Autobiographie d’un Machine Ktistèque de R.A. Lafferty.
  • Zombie Nostalgie de Øystein Stene

Voilà donc pour ce mois de Juin, de quoi ne pas manquer de lecture sur la place cet été.

Sale Temps – Lou Jan

sale tempsRésumé : Tous mes biens pour un peu de temps » disait la reine Elisabeth I à la veille de sa mort. Le temps est notre ressource la plus précieuse. Qui n’a jamais rêvé de pouvoir l’arrêter ?
Olgann, le champion de ski, le peut, lui. Il stoppe les chronomètres en course pour gagner. Le premier cas de dopage par le temps. Une mécanique bien huilée jusqu’à ce que d’autres se mettent à l’imiter. Si chacun arrête le temps à sa guise, le monde ne risque-t-il pas de sombrer dans le chaos ?
Le temps nous instruit, nous soigne parfois, mais il finit toujours par nous tuer. Sale temps.

Edition : Rivière Blanche

 

Mon Avis : Bon, j’avoue je ne me suis pas laissé tenter par ce roman un peu sur un coup de tête. Quelques critiques sur le net ont commencé à me donner envie de le découvrir, puis ma rencontre avec l’auteur lors du dernier Salon Fantastique de Paris a fini de me convaincre de tenter ma chance avec ce livre. Concernant la couverture, illustrée par Jean-Félix Lyon, j’avoue elle ne me laisse pas un souvenir marquant, un peu trop 3D de synthèse à mon goût.

Ce roman va nous amener à suivre la quête de Céraline, jeune femme vivant dans un monde parallèle, qui se voit plonger dans des phases de sommeils inexpliquées de plus en plus longues ce qui lui gâche sa vie. Elle va alors apprendre qu’on lui vole son temps, que sur une autre planète quelqu’un peut figer le temps et gagner des heures supplémentaires. Sauf que voilà, durant son enquête rien ne va se passer comme prévu. Une fois la dernière page tournée, je dois pourtant avouer que je ne suis pas complètement convaincu par ce roman. Il n’est pas non plus mauvais, loin de là, mais il m’a paru ne pas remplir les attentes que je pouvais avoir le concernant. Je ressors donc de ma lecture avec un sentiment légèrement mitigé, certes l’ensemble possède du potentiel, mais je dirais qu’il manque au final de profondeur et densité pour franchement me happer. Trop court me vient directement en tête pour le définir.

Déjà commençons pas les points forts du livre. Ce qui surprend dès la première page c’est le style de l’auteur, il tend vers la Blanche (ce n’est pas un a priori juste une constatation) offrant une écriture épurée, hachée, qui va direct à l’essentiel par des phrases courtes, percutantes. Sauf que voilà j’ai trouvé que cela permettait au récit de gagner en intensité, en tension, on se retrouve ainsi rapidement happé par les évènements qui s’enchaînent de façon rapide et marquantes et joue aussi de façon intéressante sur cette ambiance parfois dérangeant et tendue. Après cela a aussi un effet frustrant sur un point en particulier, mais j’y reviendrai un peu plus tard dans ma chronique.

L’autre point que j’ai trouvé très intéressant vient des nombreuses idées que propose l’auteur tout le long de son récit. On sent clairement que  d’une, l’auteur possède une imagination débordante, et de deux qu’elle souhaite à travers ce roman à nous faire réfléchir. Que ce soit sur la notion du temps, notre façon de le gérer, de vouloir aller trop vite sans prendre le temps de pleinement profiter de la vie, voir de se poser. En effet, à travers trois univers parallèle elle nous offre ainsi plusieurs visions tournant autour de la gestion du « temps » et j’avoue qu’il y a de quoi se poser des questions et réfléchir, principalement sur les défauts et les perversités de notre société, de notre façon de vivre et de consommer sans se soucier de rien ni des autres. Comme si on brûlait notre vie par tous les bouts. Elle soulève aussi des réflexions sur le pouvoir, la notion de bonheur, de famille, d’argent, sur la vision qu’on a des autres, sur la position de la femme, ou bien encore sur l’égoïsme. L’auteur a des choses à dire, et même si parfois c’est fait de façon très simpliste ils ne laissent pas indifférent. La conclusion se révèle efficace aussi, principalement dans ses révélations et ses surprises.

Malgré ces points positifs, j’attendais plus de ce roman qui me parait manquer de complexité, de densité et d’explications sur certains points. Si je prends par exemple l’univers, il y a là aussi quelque-chose de foisonnant que ce soit dans la notion temporelle, de multivers, mythologique ou bien encore technologique. Sauf que, en contrepartie, il y a aussi quelque chose de frustrant, car les idées développées reposent régulièrement sur une absence d’explications et parfois de facilité. Je pense à l’exemple des anciens qui paraissent savoir énormément de choses, sans qu’on ne comprenne vraiment comment ni pourquoi, ou bien encore le passage où tout le monde découvre la possibilité de figer le temps sans trop savoir comment cela a pu fuiter et sur quoi repose cela, malgré quelques tentatives d’explications abscons en fin de roman. Et ce genre de passage se retrouve assez souvent. C’est finalement là le soucis pour moi, il a du potentiel, mais est trop survolé à mon goût pour arriver à me captiver complètement. Alors après si cela ne vous dérange pas, vous devriez plus accrocher que moi, mais de mon côté cela a le don de me laisser perplexe.

Concernant les personnages, on se retrouve un peu dans les mêmes défauts et les mêmes qualités que ce dont j’ai parlé précédemment. Les héros ne manquent pas de profondeur, il y a un bon travail de l’auteur pour les rendre consistants et crédibles, chacun ayant une personnalité propre. Que ce soit Céraline dans son amour et sa quête d’avoir une vie, Olgann antihéros complètement ambigu qui abuse de son pouvoir ou bien encore Mira femme de son époque, obligée de tout gérer entre la famille et le travail, mais qui manque de temps. Franchement j’ai un vrai intérêt pour les personnages, sauf que voilà le roman va trop vite, ce qui fait que leurs actions ont des conséquences qui sont, soit à peine survolées, soit traité trop rapidement à mon goût. Je vais prendre l’exemple de ce qui arrive dans le monde de Céraline j’ai trouvé que ça manquait de puissance pour me toucher, ou bien encore les actes d’Olgann qui paraissent mal amenés et qui manquent de répercussions. Ensuite la plume de l’auteur, comme j’en ai parlé plus haut, par son côté haché a le contrecoup de jouer sur l’émotion des protagonistes. En effet j’ai eu l’impression de suivre leurs aventures avec un voile, ce qui fait que je n’ai jamais réussi à complètement m’attacher à eux.

Au final je ne nie pas les qualités de Sale Temps qui possède un fort potentiel que ce soit dans ses héros, son univers et ses réflexions, mais voilà j’aurai aimé que l’ensemble soit plus dense, plus travaillé, un peu moins survolé sur certains aspects, car là je n’ai pas été totalement convaincu, même si l’ensemble à des qualités. A voir avec un prochain roman, pourquoi pas.

En Résumé : Au final je ressors de ma lecture pas complètement convaincu. Le roman possède un certain potentiel, il offre aussi une intrigue qui se révèle efficace et haletante, bien porté par un style court, haché et percutant. L’univers ne manque ni d’imagination ni de réflexions que ce soit sur notre façon de gérer le « temps », sur notre société, notre façon de vivre, notre égoïsme, sur la position de la femme ou bien encore sur notre vision des autres. Certes c’est parfois un peu simpliste, mais ça ne laisse pas indifférent. Le soucis c’est que certains points de l’univers ou encore d’éléments moteurs de l’intrigue ne sont pas ou peu développé ce qui est frustrant. Concernant les personnages, l’auteur nous offre des héros soignés, intéressants à suivre, mais de nouveau ils sont traité trop rapidement que ce soit dans les conséquences de leurs actes comme dans leurs évolutions. De plus le style donne aussi l’impression qu’on suit l’ensemble à travers un voile, ce qui fait qu’on a du mal à complètement s’attacher à eux. Au final un roman à fort potentiel, avec des aspects intéressantsv mais qui m’a paru trop court, ce qui fait que certains points sont traites trop rapidement à mon goût. A voir avec un prochain roman, pourquoi pas.

Ma Note : 5,5/10

 

Autres avis :

The Expanse Tome 1, L’Eveil du Leviathan – James S.A. Corey

The expanse t1 l'eveil du leviathanRésumé : L’humanité a colonisé le système solaire (Mars, la Lune rebaptisée Luna, la Ceinture d’astéroïdes et au-delà), mais les étoiles restent toujours hors de sa portée.
Jim Holden est second sur un transport de glace qui effectue la navette entre les anneaux de Saturne et les stations installées dans la Ceinture. Quand son équipage et lui croisent la route du Scopuli, un appareil à l’abandon, ils se retrouvent en possession d’un secret qu’ils auraient souhaité ne jamais connaître. Un secret pour lequel certains sont prêts à tuer, et à une échelle impensable pour Jim et son équipage. La guerre dans tout le système solaire devient inévitable, à moins qu’il ne découvre qui a abandonné ce vaisseau, et pourquoi.
L’inspecteur Miller recherche une jeune femme. Elle n’est qu’une personne parmi des milliards, mais ses parents ont les moyens, et l’argent peut beaucoup. Quand l’enquête le mène au Scopuli et à Holden, devenu sympathisant des rebelles, Miller comprend que cette jeune femme est peut-être la réponse à tout.
Holden et Miller doivent désormais jouer la partie en finesse, entre le gouvernement de la Terre, les révolutionnaires des Planètes extérieures et certaines firmes aux visées obscures. Leurs chances sont minces mais au coeur de la Ceinture les règles sont différentes, et un petit vaisseau peut changer le destin de l’univers.

Edition : Actes Sud
Poche : Babel

 

Mon Avis : Ce roman, il traîne depuis un petit moment déjà dans ma PAL. Pourtant, les nombreux retours que j’ai lu sur ce cycle se révèlent dans l’ensemble plutôt positifs et une série TV en a même été produite. Sauf que voilà vu la taille du roman, ainsi que la grandeur du cycle, j’ai eu un peu peur de me lancer (surtout que l’un des auteurs de ce livre écrit a quatre mains est connu pour avoir du mal à voir ses séries achevées en France). Sauf que voilà, j’avais envie d’un peu de Space-Opera et j’ai donc décidé d’offrir une chance à ce livre. The Expanse est ainsi un cycle prévu en 9 tomes (5  déjà publiés à ce jour en VO et 2 en VF et le troisième normalement annoncé à la rentrée si je ne me trompe pas) écrit sous pseudo par Daniel Abraham (connu pour ses romans de Fantasy) et Ty Franck assistant de George R.R. Martin. Concernant l’illustration de la couverture, elle est, je trouve, plutôt classique.

Une fois la dernière page tournée, si je devais résumer ma lecture, je dirai plutôt sympa, mais pas non plus complètement emballé. Je classerai ce livre dans ces lectures détentes, qu’on lit pour ne pas trop se prendre la tête, qui se découvrent assez rapidement bien porté par un rythme efficace, mais sans non plus se révéler des plus originales ou donnant envie de se jeter sur la suite. Pourtant, les nombreux rebondissements et retournements de situation font que le lecteur se retrouve à tourner les pages avec un minimum d’envie et de plaisir d’en apprendre plus. Le mélange entre policier et SF fonctionne plutôt bien, même si le démarrage, tout de même assez confus, fait que les deux ont un peu de mal à se lier. La tension distillée tout le long se révèle plutôt efficace et un minimum entraînante, amenant révélations, actions, scènes nerveuses et réponses de façon plutôt maîtrisé pour ne jamais perdre ou ennuyer le lecteur. Mais voilà, pourtant quelques points frustrants ont fait que ce roman n’a jamais non plus complètement réussi à me convaincre.

Déjà commençons par ce qui est je trouve le point fort du récit, il s’agit de son univers. Les auteurs ont décidé de nous offrir un monde loin de ce qu’on peut retrouver souvent depuis quelques temps dans les Space-Opera avec des voyages supraluminiques et un extension de l’Homme au-delà de notre Univers. Non ici seul deux planètes sont colonisées, la Terre et Mars, avec entre les deux une ceinture de station dépendante d’une ou de l’autre planète pour l’air, l’eau ou encore la nourriture. On y retrouve ainsi un aspect politique intéressant, avec de nombreux désaccords que ce soit entre Mars et la Terre comme au niveau de la Ceinture, chacun cherchant son indépendance et une sorte de liberté, même si parfois c’est peut-être un peu simpliste. Les tensions sont présentes et aussi une forme de racisme s’est mis en place, principalement entre ceux qui viennent d’une planète et ceux qui ont toujours vécus sur des stations à la gravité différente. C’est d’ailleurs une réflexion intéressante, comment un tel rejet a pu apparaître au fil des années. Il y a ainsi une vraie question de fond sur l’acceptation de l’autre. La vie est aussi devenue une prise de risque tant les technologies sont devenues puissantes et un simple « caillou » peut amener à la fin d’une planète, surtout que les frictions entre ces trois grands axes sont à son paroxysme et que les évènements qui arrivent ne vont pas aider.  On plonge ainsi dans un univers de space-opera qui ne manque pas de cohérence et de logique. L’aspect technologique sans se révéler révolutionnaire est solide et efficace, proposant ainsi quelques batailles épiques et flamboyantes. Autre point intéressant, sans non plus trop spoiler, la façon dont est traitée cette idée de contact alien, la façon dont elle va être utilisée et ce qu’elle apporte comme rebondissements. Au final il a certes un petit air de déjà-vu, mais qui donne envie d’en apprendre plus.

Concernant les personnages je dois bien avouer que là je suis plutôt circonspect. Je ne dirai pas qu’ils soient complètement mauvais, juste qu’ils m’ont paru tellement extrême et tellement figé dans leurs idées que je n’ai jamais réussi à complètement accrocher aux héros, ce qui joue ainsi fortement sur le ressort émotionnel. On a ainsi d’un côté Holden personnage optimiste au possible, manichéen dans sa vision du monde qui pense que l’Homme prendra toujours la bonne décision s’il découvre la vérité et de l’autre Miller flic désabusé, divorcé avec une légère tendance à la bouteille, pragmatique au possible qui pense que l’Homme est incapable de faire le bon choix et qu’il suivra toujours la meilleure offre. Clairement on est dans l’archétype et je ne le nie pas, il tombe même parfois dans la caricature et les grosses ficelles.

Holden est ainsi le personnage qui m’a le plus frustré, le mec qui balance deux informations qui ont amené à la plus grande guerre jamais connue, avec des milliers de morts, mais qui vient te faire une crise »d’ado » dès qu’un personnage abat de sang-froid pour sauver sa vie. Je ne dis pas qu’il n’a pas le droit d’avoir des principes, loin de là et je sais qu’il est parfois difficile d’évoluer, juste que là ce n’est plus pour moi un principe mais limite un commandement. C’est à croire qu’il n’a jamais vécu avant. Miller est plus nuancé, j’ai plus accroché au personnage, dans sa vision peut-être plus ambigüe, même si lui aussi en fait parfois un peu trop et a du mal à quitter certains stéréotypes. Après, les deux apportent un débat pas inintéressant concernant l’utilisation de la vérité, mais il tombe un peu trop dans la simplicité, manquant d’argument percutant et tournant un peu en rond. Concernant les personnages secondaires, ils ne sont pas mauvais, mais eux aussi tombent facilement dans certains stéréotypes voir même parfois trop cliché comme par exemple Dresden qui est franchement le cliché ambulant du méchant riche et scientifique qui parle de trop.

Alors qu’est ce qui m’a dérangé dans ce récit, outre Holden, le premier point vient pour moi des longueurs. Ce récit aurait pu être allégée facilement de 150 à 200 pages, tant l’ensemble aurait, je pense, gagné en intensité et en fluidité. Certes l’ensemble se lit tout de même bien, mais les auteurs vont trop dans le détail, ce qui fait que, parfois, bah on a l’impression que le récit prend trop son temps. Le récit abuse aussi un peu trop de coïncidence chanceuse, comme par exemple le collègue de Miller qui pile-poil peut amener l’info qu’il faut au moment qu’il faut. It’s magic ! Ensuite certaines scènes m’ont clairement paru inutiles, voir peu compréhensibles comme par exemple la scène de la fusillade sur Eros dont je n’en comprends pas encore l’intérêt et qui parait juste là pour mettre quelques explosions. La plume se révèle simple, efficace, malgré parfois certaines lourdeurs ici ou là, alternant de façon réussie scènes d’actions et scènes plus de réflexion. Au final ce livre offre un mélange de Space-Opera classique et de policier, qui se lit sans déplaisir, mais qui n’a rien de marquant. La suite ne fait donc pas parti de mes priorités, même si un jour je pourrai, pourquoi pas, me laisser tenter.

En Résumé : Au final ce premier tome de ce cycle de Space-Opera m’a offert un moment de lecture assez divertissant, mais qui est loin de se révéler marquant ou franchement original pour me donner envie de lire la suite, surtout que ce tome possède, d’une certaine façon sa propre conclusion. Certes le récit se révèle plutôt efficace, alternant efficacement scènes d’actions, d’enquête et de réflexion le tout sur un rythme un minimum entraînant. L’univers, sans se révéler non plus révolutionnaire, est un point fort du récit, évitant de surfer sur la vague de la grande expansion pour nous offrir une humanité cloisonnée dans le système solaire avec un aspect politique qui ne manque ni d’intérêt ni de frictions. L’aspect technologie remplis parfaitement son rôle et offre quelques scènes épiques. Là où j’ai commencé à bloquer c’est concernant les personnages, ils se révèlent stéréotypés et plongent même dans une certaine caricature, mais Holden touche le gros lot tant il est tellement figé dans des principes qu’il contredit qu’il m’a lassé. Les personnages secondaires ne sont pas mauvais, même si certains font clichés. Autres points qui m’ont frustrés, j’ai trouvé le roman trop long de 150-200 pages allant trop dans le détail, mais aussi l’abus de coïncidence chanceuse ou bien encore des scènes qui m’ont paru mal amenés ou n’ayant pas de but véritable. La plume des auteurs se révèle fluide, efficace et percutante malgré quelques lourdeurs. Au final un livre divertissant, pop-corn, mais dont je ne me jetterai pas sur le tome 2.

 

Ma Note : 6/10

 

Autres avis : Herbefol, ElessarLune, RSF blog, Lorhkan, Apophis, …

Rempart Sud Tome 1, Annihilation – Jeff Vandermeer

annihilationRésumé : La Zone X, mystérieuse, mortelle. Et en expansion. Onze expéditions soldées par des suicides, meurtres, cancers foudroyants et troubles mentaux. Douzième expédition. Quatre femmes. Quatre scientifiques seules dans une nature sauvage. Leur but : ne pas se laisser contaminer, survivre et cartographier la Zone X.

Edition : Au Diable Vauvert

 

 

Mon Avis : J’avoue l’auteur de ce roman ne m’est pas inconnu. J’en ai énormément entendu parler que ce soit à travers ses travaux d’éditeur, d’anthologiste ou bien aussi d’écrivain, mais à ce jour je n’avais encore jamais lu un de ses écrits. Il me fallait donc remédier à cela et c’est pourquoi je me suis lancé dans ce roman, premier d’une trilogie. Il faut aussi admettre que la couverture, illustrée par Eric Nyquist, a de quoi aussi attirer le regard et que le résumé se révèle plus qu’accrocheur.

Ce roman nous propose ainsi de plonger dans la découverte un journal. Pas n’importe quel journal, puisqu’il s’agit du journal d’une biologiste appartenant à une expédition qui est envoyée à l’intérieur de la Zone X. Une zone dont personne ne sait rien, ne respectant que peu les principes scientifiques, étrange et qui a déjà décimé onze expéditions avant celle-ci. Celle que l’ont va suivre en est donc la douzième. J’avoue, ce roman m’a fait passé un très bon moment de lecture, offrant un récit dont le premier mot qui me vient à l’esprit est : étrange. Clairement il n’est pas du genre à complètement se dévoiler d’un coup, c’est ce qui, je trouve, fait partie de sa force, mais pourrait aussi en surprendre plus d’un. En effet une fois la dernière page tournée, on est toujours autant perdu que l’on ne l’était quand on a plongé dedans. On a certes quelques pièces du puzzle qui s’imbriquent, mais on est loin d’en avoir la vision d’ensemble, le recul nécessaire et surtout peut-on vraiment y croire? C’est, je trouve, ce qui m’a vraiment fait tourner les pages de ce roman, ce jeu avec l’auteur qui donne un peu l’impression de me manipuler pour mieux me dérouter, me surprendre et me captiver. J’ai ainsi plongé dans cette zone X avec une certaine curiosité, une certaine envie d’en apprendre plus. Surtout que de nombreuses questions vont ainsi apparaître au fil du récit. Car oui, même si on est dans un récit de l’imaginaire, l’auteur en profite, pour poser de nombreuses questions sur nous-mêmes.  Que ce soit sur l’adaptation de l’Homme, la communication, notre façon de gérer la nature ou bien encore de façon plus globale comment l’humanité a perdue la capacité à vivre en harmonie avec son monde, le détruisant à petit feu, plusieurs réflexions sont soulevés avec plus ou moins d’intérêt.

Le point fort du roman vient aussi justement de cette Zone X, de son côté luxuriant, fascinant, étrange, déroutant et envoûtant. Cette zone où, d’une certaine façon une nature a repris ses droits, tout en remettant en cause de nombreux aspects scientifiques. Il se dégage ainsi une vraie fascination de cette richesse de faune et de flore qui tend clairement vers l’étrange, mais aussi un certain sentiment d’oppression, de malaise et de peur. Elle ne répond pas a ce que l’on connaît et surtout cette zone X peut se révéler hostile, comme elle l’a déjà montré avec les expéditions précédentes. Cela se ressent aussi franchement dans l’ambiance qui est mise en place que ce soit dans les crises qui apparaissent dans le groupe d’expédition, comme dans les révélations qui sont faites amenant ainsi une sorte de tension angoissante et dérangeante. Quand je disais que le mot étrange caractérisait ce roman, on le ressent clairement dans la découverte de cette zone X et le format assez court du roman (moins de 250 pages) rend l’ensemble je trouve encore plus percutant, plus marquant. Autre point intéressant ce sont les révélations que va soulever la Biologiste, tous les mensonges qui se dévoilent sur ces fameuses expéditions, mais je vous laisserai le découvrir pour ne pas spoiler.

Concernant les personnages, comme l’on suit le journal de la biologiste, c’est surtout elle qui se dégage de l’histoire, nous proposant une héroïne que j’ai trouvée vraiment intéressante à découvrir et à suivre. Au début elle parait distante, mais plus on avance dans le récit, plus la tension monte, plus elle se dévoile et se révèle attachante que ce soit dans ses buts comme dans ses objectifs à travers des passages mélange de descriptions de cette zone X qui la fascine et de scènes plus intimistes qui font qu’elle ne laisse pas le lecteur indifférent. Mais surtout, je trouve, l’un des point intéressant vient clairement de la véracité de ses propos. Je m’explique. C’est elle qui écrit le journal, elle écrit donc ce qu’elle veut bien mettre en avant, de plus quelques évènements de l’intrigue montre qu’elle ne posséderait pas obligatoirement toutes ses capacités de perception, ce qui fait qu’on peut douter en partie de ce qu’elle veut bien nous montrer. J’avoue j’apprécie ce genre de récit, mais je comprends que cela puisse déranger. Concernant les personnages secondaires ils remplissent parfaitement leur rôle d’amener une certaine tension, une certaine angoisse et des conflit, même si c’est vrai ils manquent un peu de profondeur. Je me suis retrouvé ainsi à suivre les aventures de l’héroïne avec plaisir, avec en point d’orgue cette rencontre, vers la fin du livre, à la fois perturbante et captivante.

Alors après tout n’est pas non plus parfait, l’auteur m’a paru parfois un peu tourner en rond dans certains passages ou des répétitions se font parfois ressentir ici ou là, ou bien encore un démarrage qui peut se révéler âpre, mais franchement rien qui ne m’ait vraiment dérangé ou bloqué tant l’ensemble compense largement ces points. La plume de l’auteur se révèle fluide, efficace, entraînante et a réussi à me happer rapidement et facilement dans son récit. Je lirai la suite sans soucis, tant ce premier tome laisse le récit complètement ouvert et tant j’ai envie d’en apprendre plus sur cette Zone X. Au final pour résumer si vous n’aimez pas les romans étranges, qui vous laissent dans le flou exprès passez votre chemin, pour les autres à vous de voir si vous tentez votre chance ou pas.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment avec ce roman qui nous plonge dans une histoire que je caractériserai en un mot : étrange. L’intrigue se révèle accrocheuse, mais a ce don de jouer avec le lecteur du début à la fin, ce qui fait qu’une fois la dernière page tournée on a l’impression d’être toujours autant dans le flou, même si certaines pièces du puzzle commencent à se dévoiler. Cela peut en déranger certains, mais , je trouve, c’est ce qui fait aussi sa force. L’auteur ne manque pas non plus de soulever de nombreuses réflexions que ce soit sur la communication, notre adaptation, notre façon de gérer l’équilibre de notre éco-système. Au milieu de tout cela se situe la Zone X, à la fois fascinante et envoûtante, mais aussi étrange, angoissante et perturbante. Un mélange de faune et de flore qui ne respectent pas les lois scientifiques élémentaires et qui donne envie d’en apprendre plus, tout en nous glaçant. L’ensemble est aussi accentué par l’ambiance mise en place que ce soit dans les tensions du groupe comme dans les révélations. Concernant les personnages, la biologiste se révèle être une héroïne vraiment attachante et intéressante à suivre, nous plongeant avec plaisir dans cette zone étrange, tout en nous offrant des moments plus intimistes qui la rende touchante. Les personnages secondaires remplissent parfaitement leurs rôles, même si c’est vrai ils manquent un peu de profondeur. Alors après tout n’est pas non plus parfait, le début est un peu austère, certaines répétitions se font ressentir et parfois certains passages donnent une légère impression de tourner en rond, mais franchement rien de vraiment dérangeant. La plume de l’auteur se révèle efficace, entraînante et prenante, montant en tension au fil des pages avec en point d’orgue cette rencontre vers la fin à la fois étrange et fascinante. Je lirai la suite sans soucis et avec plaisir.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Nymeria, Xapur, Lorhkan, Lune, Vert, …

Page 56 of 202

© 2010 - 2026 Blog-o-Livre