Auteur/autrice : BlackWolf Page 65 of 202

Le Nexus du Docteur Erdmann – Nancy Kress

le nexus du docteur erdmannRésumé : Henry Erdmann est un physicien de haut vol, l’un des pères de l’Opération Ivy et de la puissance nucléaire américaine. Était, plutôt, car aujourd’hui, vieux et perclus, Henry Erdmann n’est que le triste reflet de celui qu’il fut, quand bien même il continue de donner quelques cours à l’université pour des étudiants qu’il ne comprend plus depuis bien longtemps… Aussi, lorsque cette douleur impensable lui vrille le cerveau, c’est presque avec soulagement qu’il accueille ce qu’il croit être une attaque cérébrale. Sauf qu’il ne s’agit pas de cela… De nombreux pensionnaires de la maison de retraite dans laquelle il réside semblent avoir subi le même sort. Et tous, bientôt, commencent à voir des choses… Des choses impossibles…

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : Après Dragon, premier livre de la collection, Une Heure Lumière, j’ai décidé de sortir de ma PAL ce livre de Nancy Kress qui fût Prix Hugo du roman court 2009. De l’auteur je n’ai au final lu que deux textes, une nouvelle, La Finale, dans l’Anthologie des Utopiales 2012 (ma chronique ici) que j’avais bien apprécié et Après La Chute (ma chronique ) qui m’avait laissé un sentiment légèrement mitigé même si positif. Mais voilà avec une couverture, illustrée par Aurélien Police, que je trouve magnifique et un résumé intriguant j’ai rapidement décidé de me faire mon avis sur ce texte.

Le récit nous propose ainsi de découvrir Henry Erdmann, physicien connu et reconnu, qui a travaillé sur le projet nucléaire Ivy. Toute sa vie il s’est toujours reposé sur son cerveau et qui, aujourd’hui à plus de 90 ans, vit dans une maison de retraite tout en continuant à offrir quelques cours à l’université. Un jour il va ressentir de fortes activités cérébrales qui vont le laisser désorienté voir épuisé. Lui qui a toujours compté sur son esprit, redoute une attaque cérébrale, sauf que voilà d’autres membres de  l’hospice ont connu au même instant de tels incidents. Bon, autant le dire tout de suite, le texte de Nancy Kress, sans se révéler complètement mauvais, n’a pas non plus répondu à toutes mes attentes. Un peu comme l’avait fait Après la Chute, il y a du potentiel, mais selon moi le format court n’est pas obligatoirement le meilleur.

J’ai eu ainsi l’impression d’avoir un récit sans grande originalité qui se lit avec un minimum de plaisir, mais sans non plus se révéler marquant. Pourtant l’ensemble possède tout de même des points positifs, le mélange entre fantastique, une légère pointe de Hard SF et une touche de policier ne manque pas d’attrait, offrant ainsi un rythme un minimum entrainant. Les nombreuses questions que soulève l’auteur, font que le lecteur tourne un minimum les pages pour essayer d’en apprendre plus, offrant aussi quelques rebondissements et quelques surprises efficaces. L’autre intérêt du roman vient aussi des réflexions que développe l’auteur en fond de son récit, comme la reconnaissance de nos personnes âgées qui se retrouve « abandonnée » dans des hospices, oubliées, ou encore les violences conjugales qui se révèlent sobres et efficaces, ne cherchant pas à s’imposer au lecteur. On ne peut pas dire que ça se lise mal.

Le personnages ne sont pas non plus en reste, ce qui ressortait déjà des précédents écrits de l’auteur, cherchant à construire des héros humains et complexes avec leurs sentiments, leurs envies, leurs souffrances et leurs faiblesses. Cela les rend ainsi assez facilement attachants, allant du Docteur Erdmann scientifique légèrement arrogant, qui ne croit qu’en des explications théoriques réalistes mais qui va remettre en cause pas mal de choses, Gina  qui est l’inverse du Docteur Erdmann, ouverte à toutes les possibilités même les plus mystiques, Carrie la jeune femme qui a du mal à se poser sentimentalement, ou bien encore Evelyn la commère de service à la recherche de sensations et surtout d’existences dans les potins qu’elle transmet aux autres. Chacun d’entre eux est ainsi proche, d’une certaine façon, de nous, offrant aussi un panel assez large de notre société, et vont devoir des choix parfois surprenant, principalement à la fin. Certains points m’ont tout de même dérangé, mais j’y reviendrai plus tard. Par contre, j’ai un peu moins accroché aux personnages secondaires, principalement au policier qui tombe un peu trop dans la caricature ou encore le jeune médecin qui manque quand même de profondeur alors qu’il a un rôle à jouer.

Sauf que voilà malgré ces qualités, certains points ont eu du mal à m’accrocher. Déjà, l’intrigue en soit n’avait rien de révolutionnaire, offrant une impression de déjà-vu, ce qui fait que quand l’auteur nous fait sa révélation finale, bah elle n’a rien de vraiment surprenant, manquant ainsi l’effet escompté, et parait même, selon moi, amené un peu trop rapidement, limite comme s’ils avaient une illumination. Ensuite tous les passages concernant le vaisseau spatial m’ont paru sans intérêt, même si les descriptions scientifiques de sa propulsion se révèlent intéressantes, ce qui crée, je trouve, quelques légères longueurs. Autre point, comme je l’avais dit, certains aspects concernant les personnages m’ont légèrement frustrés, je pense principalement au fait d’avoir de nombreux personnages humains et intéressants, mais qui parfois ne paraissent pas obligatoirement servir l’intrigue, ou encore traités un peu trop rapidement comme Carrie et son histoire anxiogène avec son ex-copain alors qu’elle aurait pu apporter tellement plus, principalement dans sa relation avec le Docteur Erdmann.

La plume de l’auteur ne manque pas de se révéler simple, efficace, entraînante et finalement nous plonge assez facilement dans son récit. Sauf que voilà, sans se révéler non plus mauvaise, pour moi cette novella rentre plus dans la catégorie vite lue, divertissante et un minimum plaisante, mais loin de se révéler marquante. Je me demande si dans un format un peu plus long le récit n’y aurait pas gagné.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture assez agréable avec cette novella, même si dans l’ensemble elle n’a pas répondu totalement à mes attentes. L’histoire en soit n’est pas mauvais offrant un récit de SF légèrement teinté de Hard science et de policier qui se laisse lire de façon plaisante et offre des réflexions intéressantes comme par exemple sur les personnes agées ou les violences conjugales. Les personnes se révèlent attrayants à découvrir, des héros humains, complexes qui offrent un panel assez large de notre société, sauf que voilà j’ai trouvé que parfois ils ne servent pas obligatoirement l’intrigue et surtout auraient mérité plus de présence. J’ai trouvé aussi les personnages secondaires plutôt caricaturaux. Autres points qui m’a dérangé, l’intrigue m’a ainsi paru classique ce qui la rend prévisible et enfin les passages sur le vaisseau spatial m’ont paru pas vraiment utiles. La plume de l’auteur est simple, efficace et entraînante offrant ainsi une histoire sympathique, mais que je classe dans le vite lu, minimum apprécié, mais rien de marquant.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autres avis : L’Ours inculte, Just A World, …

CRAAA

Challenge CRAAA 10ème lecture

Dragon – Thomas Day

dragonRésumé : Bangkok. Demain.
Le régime politique vient de changer.
Le dérèglement climatique global a enfanté une mousson qui n’en finit plus.
Dans la mégapole thaïlandaise pour partie inondée, un assassin implacable s’attaque à la facette la plus sordide du tourisme sexuel. Pour le lieutenant Tannhäuser Ruedpokanon, chargé de mettre fin aux agissements de ce qui semble bien être un tueur en série, la chasse à l’homme peut commencer. Mais celui que la presse appelle Dragon, en référence à la carte de visite qu’il laisse sur chacune de ses victimes, est-il seulement un homme ?

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : Les éditions du Bélial’ ont décidé, en ce début d’année 2016, de mettre en avant le récit court à travers une nouvelle collection : Une Heure-Lumière. Ce format faisant partie des lectures que j’affectionne, comme vous vous en doutez si vous suivez ce blog, j’avoue avoir été rapidement intrigué par les premiers textes qui ont été annoncés par la maison d’édition. Ajouter à cela un aspect maquette et graphisme que je trouve franchement superbe, et un résumé accrocheur, il n’a donc pas fallu longtemps pour que ce petit livre termine sa course dans ma PAL.

On plonge ainsi avec ce court récit dans la ville de Bangkok, où un tueur en série c’est lancé dans l’élimination du tourisme sexuel sur enfant. Pour éviter une mauvaise publicité de son pays, le Général Wongkrachang décider de mettre le lieutenant Tann Ruedpokanon sur la traque de cet assassin qui fait un peu trop parler de lui. L’intrigue parait aux premiers abords  classique, ce que je ne nie pas, mais il ne faut pas s’arrêter au résumé, car là n’est pas le point central du récit, même si l’aspect polar noir se suffit à lui-même pour offrir un récit tendu et efficace. Dragon est un texte qui a surtout pour but de prendre aux tripes, de réveiller le lecteur à grands coup, lui ouvrir les yeux sur un problème : la prostitution enfantine. L’auteur nous offre ainsi ici un texte qui se révèle percutant que ce soit, comme je l’ai dit, sur le fond, mais aussi dans la forme que ce soit dans la construction du récit monté dans le désordre, ce qui permet ainsi d’offrir un rythme accrocheur et une narration énergique, mais aussi dans l’utilisation de la violence, d’une certaine brutalité, qui lui évite de tomber dans une certaine consensualité et bien mettre le lecteur devant la réalité des faits. Surtout que l’auteur cherche nullement la violence gratuite, il ne veut pas choquer ou vouloir plonger son récit dans l’extrême, car même si l’ensemble pourra se révéler dur pour certains lecteurs, il a son utilité dans la fureur qui est dévoilée et montrée. La traque en elle-même se révèle aussi intéressante, bien menée, offrant de nombreux rebondissements et de nombreuses surprises, porté par un duel qui ne manque pas d’intérêt et de charisme.

Le format court apporte aussi un véritable plus au récit, en effet je pense que dans un format plus long le récit aurai clairement perdu en intensité et dans son côté incisif et marquant. Ce Bangkok futuriste que nous dévoile l’auteur en image de fond ne manque pas non plus d’attrait, offrant ainsi une ville poisseuse, humide, clivée, où tout est fait pour contenter le touriste, oubliant un peu les autres au point de limite noyer une partie de la ville. Une ville mélange d’ombre et de lumière. C’est aussi un endroit où l’ont peut tout trouver dès qu’on cherche un peu, sans aucune limite. Entre corruption, jeux de pouvoir, trahisons et mensonge cette cité offre ainsi une ambiance sombre, déroutante, limite sauvage dès qu’on sort des sentiers battus, qui colle dès les premières pages au lecteur, bien porta par un travail de description visuel terriblement efficace. L’autre aspect intéressant vient de la légère notion de fantastique qui commence à se développer au fil des pages et dont je ne dirai rien, de peur de trop en dévoiler, mais qui ajoute une dose de mystère intéressante à l’ensemble du récit. Une touche de fantastique qui, selon moi, colle d’ailleurs parfaitement bien à ce pays et à l’intrigue.

Comme je l’ai dit le duel entre Tann et le Dragon se révèle prenant, il faut bien l’admettre, principalement grâce à des personnages qui ne manquent pas de se révéler captivants. Je ne dirai pas que je me suis obligatoirement attaché à eux, mais cela ne les a pas empêché d’être passionnants à découvrir dans leurs complexités, leurs humanités et leurs besoins. Ils ne sont pas là que pour faire avancer l’intrigue, ils possèdent ainsi une voix propre, principalement l’inspecteur Trann qui vient nous faire réfléchir sur la notion de genre, lui qui est attiré par les « Ladyboys » à la recherche de l’amour parfait, mais aussi dans sa quête d’une place dans ce mode, de liberté. Il offre ainsi un protagoniste proche de chacun, avec ses doutes, ses soucis, qui a du mal à reconnaitre le monde qui l’entoure, à s’y imposer tel qu’il est vraiment, mais qui va trouver finalement sa voix dans cette quête. Dragon n’est pas en reste non plus, offrant un tueur, certes classique, mais qui soulève une question de moralité concernant sa quête : Faut-il arrêter un assassin de monstres? Chacun y fera son propre avis. Les personnages secondaires se révèlent efficaces, même si le format court, forcément, empêche de les développer complètement, offrant rebondissements et surprises.

Alors après on pourrait regretter une certaine linéarité dans l’ensemble qui fait que la fin devient finalement prévisible, mais franchement ce n’est qu’un détail tant l’ensemble réussi son coup de nous secouer et de nous faire poser de nombreuses questions, pas toujours aisées. La plume de l’auteur se révèle ainsi vive, entrainante, incisive et nous happe dès le début du texte pour ne plus nous lâcher avant la fin, laissant le lecteur en parti lessivé, chamboulé. Une très bonne nouvelle pour ouvrir une collection qui me tente énormément.

En Résumé : Dragon est au final un court récit qui ne m’a pas laissé indifférent. Au-delà de son intrigue qui peut paraitre classique, il offre un récit percutant, tentant de secouer le lecteur sur un sujet bien particulier qu’est la prostitution d’enfants. L’auteur nous offre un récit tendu, entrainant ou la violence sourde sans no plus chercher à trop en faire ou à tomber dans l’extrême. Chaque scène, chaque passage se révèle ainsi avoir son importance dans le message qui est mis en avant. Cette  ville de Bangkok futuriste se révèle ainsi un décor parfait, se révélant ambigu, entre ombre et lumière, offrant ainsi une ambiance sombre et poisseuse. Les personnages sont captivants à découvrir, principalement dans le duel qui oppose l’inspecteur Tann, héros ambigu, et le Dragon où chacun va se révéler. Alors après on pourrait regretter une certaine linéarité dans le récit, ce qui rend la fin prévisible, mais rien de très marquant ou dérangeant tant l’ensemble a réussi à me captiver et à me lessiver, porté par une plume vive, entrainante et incisive.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : L’ours inculte, Cornwall, Efelle, Boudicca, Just A World, …

CRAAA

Challenge CRAAA 9ème lecture

Etoiles Mortes – Jean-Claude Dunyach

etoiles mortesRésumé : Vingt-sept AnimauxVilles, dont les rues, les dômes et les beffrois sont faits de chair, ont offert à l’humanité le voyage instantané vers les étoiles. À condition bien sûr de payer le tarif exorbitant exigé par le Cartel. Pour les autres, il ne reste qu’à devenir un Astral : un être désincarné qui attend des années que son corps le rejoigne à bord d’un vaisseau d’émigrants.
Closter, artiste en mal de création, traîne au bar des Étoiles Mortes, accompagné de son chat. Il croise Marika, l’Astrale qui se sert du corps des autres pour sauter de ville en ville. L’un court après sa mémoire, l’autre après sa chair. Ensemble, ils vont changer le monde.
Cinq ans plus tard, dans le musée de chair de l’AnimalVille, Closter hante les galeries où sont exposées ses dernières créations. Vorst, l’ancien milicien reconverti en terroriste, est là pour tout faire sauter… Échappera-t-il au piège des œuvres cannibales ?

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : J’ai découvert les AnimauxVilles, il y a maintenant un peu plus d’un an de cela, avec ma lecture d’Étoiles Mourantes, le roman écrit à quatre mains entre Ayerdhal et Jean-Claude Dunyach, qui m’avait offert un très bon moment de lecture, se révélant intelligent et efficace (ma chronique ici). C’est donc sans surprise que ce roman, qui se situe dans le même univers mais bien des années avant chronologiquement et qui peut être lu indépendamment sans soucis, a terminé sa course dans ma PAL au moment de sa sortie. La couverture, illustré par Gilles Francescano, se révèle, selon moi, magnifique. À noter que ce livre est composé de deux récits : Étoiles Mortes et Voleurs de Silence, deux récits qui sont liés par les personnages.

Le récit nous conte l’histoire de Closter, artiste, qui traîne son malêtre et son incapacité à créer de ville en ville, qui va voir sa vie bousculer lorsqu’il va rencontrer Marika, une astrale à la recherche de son corps, qui va se servir de lui comme moyen de transport lors de ses transferts instantanés d’un AnimalVille à l’autre. Je dois bien avouer qu’il m’est difficile de faire ma chronique, j’ai passé un très bon moment avec ce livre, mais il risque d’en surprendre certains. Il s’agit clairement d’un récit complexe, à la fois poétique et magique, mais dont chaque lecteur risque de ne pas avoir le même ressenti, la même compréhension tant le récit joue à demi-mot avec le lecteur, se révélant parfois légèrement labyrinthique, le laissant ainsi se faire sa propre image, son propre entendement. J’avoue avoir plongé avec plaisir dans cette intrigue où les aventures du héros sont ainsi le prétexte à des réflexions philosophiques que j’ai trouvé clairement fascinantes et soignées. Que ce soit d’un point de vue plus intimiste comme sur le statut de l’artiste, la peur de la page blanche, la compréhension de chacun face à l’art, mais aussi sur des sujets plus globaux qui restent encore d’actualité comme l’influence du pouvoir quand il est entre les mains que d’une poignée de personne, le rejet des minorités, la surpopulation, la capacité de l’Homme à exploiter plus qu’à comprendre, la liberté, la capacité de chacun à gérer les relations ou bien encore le parallèle entre ce qui est considéré comme harmonie et chaos. Vous le comprenez ce livre est riche en idées que chacun soulèvera ou pas sans que l’auteur force la main, laissant le lecteur se faire ses propres conclusions, le tout sur un rythme posé, efficace et entrainant. par conséquent si vous cherchez un récit nerveux, sans temps morts, je ne peux que vous conseillez de passer votre chemin.

L’univers mis en avant par l’auteur se révèle toujours aussi soigné, dense et fascinant à découvrir. J’ai retrouvé avec plaisir les AnimauxVilles et leurs descriptions organiques, vivantes, travaillée, et superbes, surtout que vu que le héros se transfert régulièrement de villes en villes cela nous permet de les découvrir plus en détail. Le travail d’imagination de l’auteur est ainsi captivant, offrant au récit un cadre fort, sensuel et qui donne envie d’en découvrir plus, voir même de voyager avec ces AnimauxVilles. Le grand intérêt aussi vient de la découverte plus en profondeur de l’esprit de ses villes, en effet ce récit se déroule bien avant Étoiles Mourantes, si je ne me trompe pas, la relation entre l’homme et cet animal gigantesque n’est pas la même. Elle va ici se retrouver à évoluer au fil des pages, on va ainsi mieux les comprendre ainsi que leurs histoires, leurs passés. L’aspect « politique » se révèle lui aussi intéressant à découvrir, à la fois dans les problématiques qu’il soulève, mais aussi dans ses jeux de pouvoirs qui se dévoilent par à coups et de façon subtils et surprenants, principalement par des extraits de transition entre les chapitres. La condition de chacun offre aussi une certaine complexité supplémentaire à l’ensemble, entre ceux qui sont figés sur leur planète, ceux qui transitent de ville en ville grâce au transfert ou encore les astraux, fantômes qui attendent leurs corps en hibernation dans un vaisseau de transport on découvre ainsi plusieurs classes et par conséquent différents privilèges. Je regrette par contre de ne pas en apprendre plus, principal sur les astraux qui, je pense, aurait mérité plus d’explications, mais rien de bien méchant.

Concernant les personnages, je me suis rapidement attaché aux « trio » de héros dont on suite les aventures. Que ce soit Closter, personnage intriguant, aux nombreuses zones d’ombres, qui va se dévoiler peu à peu au fil des pages et révéler son importance. Un personnage humain, aux sentiments complexes, principalement dans sa relation avec Marika, pleine de non-dits, de retrouvailles manqués, de sensualité et de rejet. L’héroïne se révèle elle aussi très intéressante à découvrir, par son rôle, son importance, son histoire, son charisme, même si parfois je l’ai trouvé légèrement caricatural et j’aurai aimé en savoir plus sur certains points. Alors j’ai parlé de trois héros, il manque ainsi le chat, Ombre, offrant une mignonitude attachante, même si parfois un peu étrange, mais là, après, pas sûr d’être vraiment objectif, je me fais facilement avoir pas un animal mignon. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste, offrant ainsi une vision diversifiée de l’univers et apportant sont lot de surprises.

Alors après certains points m’ont tout de même légèrement dérangés, je pense par exemple au fait que l’auteur joue parfois sur le mystère, l’absence d’explications pour offrir, je pense, plus de liberté aux lecteurs, mais qui, une ou deux fois m’ont légèrement frustrés. Ensuite, je dois bien avouer que Voleurs de Silence m’a un peu moins accroché qu’Etoiles Mortes, l’auteur jouant plus sur son talent de novelliste, principalement dans ces cauchemars qui viennent rompre le duel entre Closter et Vorst, mais dont parfois j’ai eu du mal à en comprendre totalement le lien. Après, je ne nie pas être aussi passé à côté. Cela n’empêche pas non plus ce texte de se révéler intéressant, dans sa dualités, ces deux visions différentes et aussi dans la compréhension différente de l’art selon chacun, mais voilà il m’a un peu moins marqué que le précédent. La plume de l’auteur se révèle ciselé, soignée, dense, poétique et fascinante et j’ai plongé avec plaisir dans ce livre. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce livre qui nous offre deux histoire liées entre elle par les personnages. Des récits portés par un rythme lent et poétique, qui offrent ainsi de nombreuses réflexions, qu’elles soient aussi bien intimistes que plus globales, se révélant clairement fascinant à découvrir. Un récit, pour peu qu’on se laisse emporter, qui se révèle magique et intelligent. J’avoue juste avoir un peu moins accroché aux second récit par rapport au premier. L’univers développé continue à nous faire découvrir les AnimauxVilles, qui sont toujours aussi captivants à croiser bien porté par des descriptions superbes et soignées. On découvre aussi un aspect politique et social très intéressants, même si j’avoue je trouve l’aspect des Astrales un peu trop concis selon moi. Les personnages se révèlent attachants, humains avec leurs envies, leurs sentiments. La relation Closter et Marika se révèle vraiment intéressante à découvrir, se révélant complexe et efficace. Je regrette par contre que l’auteur, une ou deux fois, joue un peu trop sur le mystère, ce qui m’a légèrement frustré, même si rien de non plus trop bloquant. La plume de l’auteur se révèle poétique, ciselé, entrainante et terriblement efficace. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

Méthode 15-33 – Shannon Kirk

methode 15-33Résumé : Imaginez une jeune fille de seize ans, enceinte et vulnérable, que l’on jette dans une camionnette crasseuse. Vous la croyez terrifiée?
Bien au contraire, elle n’est pas comme les autres, elle ne ressent aucune empathie. Un handicap qui va devenir une force redoutable : méthodique et calculatrice, elle met au point un plan d’évasion où rien n’est laissé au hasard.
Dès les premières minutes de son enlèvement, elle se focalise avec calme et détermination sur deux choses : sauver l’enfant qu’elle porte et se venger.
Sa volonté de fer et son ingéniosité seront ses meilleures armes contre la perversité de ses oppresseurs, et il ne lui restera alors plus qu’à attendre le moment idéal pour lancer son attaque.

Edition : Denoël

 

Mon Avis : Je dois bien avouer que les éditions Denoël ont su m’appâter concernant ce livre grâce à une campagne de communication accrocheuse et efficace. Entre envois d’avis de recherche par courrier et d’items liés au roman, mon envie de découvrir ce livre devenait grandissante. Puis, il ne faut pas le nier, la phrase d’accroche où on nous annonce qu’elle va apprendre la peur à ses kidnappeurs avait déjà de quoi me donner envie de découvrir ce Thriller dont j’espérais son lot de tension et d’angoisse.

Le résumé du roman est simple, une jeune fille de 16 ans, enceinte, va se faire kidnapper pour lui voler son bébé. Sauf que voilà rien ne va se passer comme prévu et la victime que l’on croyait va vite démontrer qu’elle en est loin. Sauf que voilà, une fois la dernière page tournée, sans dire que ce roman est mauvais, loin de là, il n’a pas non plus complètement répondu à mes attentes. L’ensemble se révèle pourtant très plaisant à lire, se révélant fluide et un minimum entrainant, bien aider par un aspect très visuel, très cinématographique, qui permet de se plonger dans l’histoire facilement. L’intrigue se démarque un peu des thriller habituels, nous plongeant ainsi dans la tranche de vie d’une victime de kidnapping qui ne va pas se laisser faire. Le roman est narré à la première personne, l’héroïne revenant sur ce qui lui est arrivée des années plus tôt, ce qui permet à l’auteur de jouer habilement entre passé, présent et aussi différents personnages, différents narrateurs : l’héroïne et un agent du FBI. Cela lui permet aussi d’offrir de nombreux rebondissements et de jouer sur l’attente du lecteur, la variation de point de vue offrant ainsi quelques petits cliffhanger qui fait qu’on continue à tourner les pages pour tenter d’en apprendre plus, de savoir comment tout cela s’est achevé. L’ambiance du roman joue aussi pas mal, se révélant à la fois étrange et perturbante à souhait.

Pourtant quelques points ont fait que je n’ai jamais réussi à complètement entrer dans le récit. Déjà le premier point vient quand même d’un léger manque de tension, je trouve, pour un thriller. Vu que l’héroïne nous raconte son histoire survenue des années plus tôt, on sait déjà qu’elle a survécu, ce qui n’est pas le point le plus dérangeant à mon goût, car on peut utiliser ce genre de narration et offrir tout de même au lecteur sa dose de stress que ce soit sur les péripéties qu’elle rencontre, ou encore sur les autres personnages qui gravitent dans l’histoire ; non ce qui m’a gâché une partie de la tension c’est que l’ensemble est trop facile. Entre l’héroïne qui peut complètement se couper de ses émotions et à l’intelligence hors norme et ses kidnappeurs qui eux ont l’air d’approcher le niveau 0 de la sagacité (comme par exemple notre héroïne qui demande une télé et une radio, car elle s’ennuie et qui se voit exaucer dans la minute), bah il arrive que je ne me suis jamais inquiété pour elle. Autre point qui m’a dérangé, c’est la partie qui concerne l’agent du FBI et son enquête. Elle est, en soit, pas mauvaise, mais voilà l’ensemble m’a paru clairement traité trop rapidement et repose sur un peu trop de « chance » qu’elle en perd de son intérêt. L’auteur essaie bien de nuancer en mettant en avant qu’il arrive qu’un enquêteur possède un surplus de chance, mais là ça m’a paru un peu trop, surtout en si peu de pages ; moins de 300. Parfois en rajouter un peu permet de diluer cette veine. Enfin, ajouter à cela le fait que niveau peur, bah on reste finalement assez sage, j’avoue ça m’a légèrement frustré. Attention je ne cherche pas de sanglant ou de violence gratuite pour me faire peur, juste des passages stressant à souhait où le lecteur ce demande se qui va arriver dans les deux prochaines pages.

Concernant les personnages là aussi j’avoue que je ressors avec un sentiment ambigu, les personnages principaux qui nous sont présentés, que ce soit l’héroïne comme les deux agents du FBI, ne manquent pas de charisme et d’entrain, ce qui fait qu’il nous plonge facilement dans leurs aventures, mais voilà j’ai trouvé que certains sont trop parfaits et que l’auteur cherchait à les dessiner selon sa propre vision ce qui les rendait parfois inégaux. L’exemple le plus flagrant vient selon moi de l’héroïne, comme je l’ai dit elle peut se couper de ses émotions, mais attention elle n’est pas sociopathe, non, elle peut simplement jouer avec interrupteur dans sa tête et ainsi décider ou non de laisser filtrer ses sentiments. Alors cette idée plaira sûrement à certains, mais moi je n’ai pas accroché, j’ai eu l’impression que Shannon Kirk cherchait à vouloir rendre humaine son héroïne pour la rapprocher de nous avec juste un petit « plus ». En effet en faire une sociopathe on serait tombé dans un personnage à la Hannibal ou à la Dexter, par conséquent la frontière entre bien et mal serait devenue floue et donc par conséquent aurait influencé le lecteur de façon différente le point de vue du lecteur. On a ainsi pas le même regard ni le même ressenti concernant le message de fond entre deux « monstres » qui s’affrontent et une jeune fille qui doit lutter contre un kidnappeur ; sauf que voilà ici ça parait trop artificiel. Ajouter à cela son incroyable QI qui lui permet de tout alors qu’elle n’a que 16 ans, elle m’a ainsi donné l’impression d’être trop parfaite pour complètement m’accrocher émotionnellement. C’est un peu pareil avec l’agent du FBI, l’auteur cherche un peu trop à en faire pour nous le rendre attachant, mais ça ne marche qu’à moitié, comme cette révélation à la fin sur son passé qui m’a paru de trop. Concernant les vilains je ne reviens pas dessus, ils m’ont paru un peu trop « idiots » surtout face au personnage principal.

On pourrait ainsi croire que je sors complètement déçu de ma lecture, je vous répondrai alors que non, comme je l’ai dit l’ensemble possède des aspects positifs, comme son aspect très visuel dans ses descriptions ou encore son intrigue qui, a défaut de se révéler fascinante, possède quelque chose de vivant et d’entrainant. De plus la conclusion offre un point de vue assez intéressant, que ce soit sur la notion de justice comme la notion de condamnation, même si j’ai trouvé cela très américain. Je pense par contre que, si un jour ce livre est transposé au cinéma, l’ensemble y gagnera en percussion, certains des défauts se trouvant alors effacés. La plume de l’auteur, sans être exceptionnelle, se révèle simple, efficace et percutante, collant ainsi bien au récit. Au final un livre qui, je pense, plaira à ceux qui aiment les récits qui vont vite, droit au but, sans temps morts, j’avoue que si, comme moi, vous préférez un peu plus de complexité et des personnages un peu plus soignés vous risquez de moins l’apprécier, même si cela reste plaisant à découvrir.

En Résumé : J’avoue sortir de ma lecture avec un sentiment un peu mitigé, trouvant l’ensemble plaisant, mais ne répondant pas obligatoirement à mes attentes. Certes l’intrigue se révèle originale, avec cette victime qui va finalement se révéler plus intelligente, et l’ensemble se révèle entrainant et dynamique. L’aspect très visuel du récit permet une insertion assez facile et rapide dans les récit. L’auteur joue de façon habile avec la narration et les rebondissements pour faire qu’on tourne les pages facilement. Mais voilà j’ai trouvé l’ensemble trop court, ce qui fait que j’avais l’impression que certains aspects étaient mal développés et surtout trop facile. L’héroïne étant tellement intelligente et les bourreaux assez idiots pour enlever une grosse partie du suspens. Concernant les personnages ils se révèlent entrainants et vivants, mais voilà j’ai trouvé que l’auteur cherchait à trop en faire et surtout, l’héroïne, devant tous ses atouts et n’ayant quasiment pas de défauts est difficilement attachante. La conclusion, par contre, s’est révélée, pour moi, réussie et efficace, même si ça reste très américain. La plume de l’auteur, sans être exceptionnelle, se révèle simple, percutante et vive. Au final une lecture plutôt plaisante, mais loin d’être marquante.

 

Ma Note : 6/10

La Stratégie des As – Damien Snyers

la strategie des asRésumé : Pour vivre, certains choisissent la facilité. Un boulot peinard, un quotidien pépère. Humains, elfes, demis… Tous les mêmes. Mais très peu pour moi. Alors quand on m’a proposé ce contrat juteux, je n’avais aucune raison de refuser. Même si je me doutais que ce n’était pas qu’une simple pierre précieuse à dérober. Même si le montant de la récompense était plus que louche. Même si le bracelet qu’on m’a gentiment offert de force risque bien de m’éparpiller dans toute la ville. Comme un bleu, j’ai sauté à pieds joints dans le piège. L’amour du risque, je vous dis. Enfin… c’est pas tout ça, mais j’ai une vie à sauver. La mienne.

Edition : Actu SF

 

Mon Avis : J’avoue que j’ai été tenté par ce livre dès la toute première fois que j’en ai entendu parler lors de sa promotion par l’éditeur sur les réseaux sociaux. Le premier point qui m’a attiré est, bien entendu comme souvent, la couverture, illustrée par Dogan Oztel, que je trouve superbe. Ensuite, le résumé avait de quoi se révéler accrocheur et enfin un roman vendu comme mélangeant Fantasy et Steampunk ne pouvait que me tenter.

On se retrouve ainsi ici à suivre un groupe « d’arnaqueurs » composé de notre héros, James, un elfe à la répartie percutante, Jorg le troll et Elise la demi-elfe. Nos compagnons vont être embauchés par un riche et mystérieux client pour retrouver le rein d’Isis qui appartient à un couple tout aussi riche et mystérieux. Seul problème, s’ils ne ramènent pas le bijou, James explosera au sens le plus littéral du terme. Certes l’intrigue est, il ne faut pas le nier, classique annoncé comme cela ; celle du vol impossible à réaliser et que, pourtant, l’on va tenter, ici pour sauver sa peau. Pourtant, cela n’empêche pas l’auteur de plutôt bien s’en sortir, nous offrant ainsi un récit qui va se révéler efficace, rythmé, sans temps morts et s’avère plaisant à en découvrir et à en suivre les aventures. Je me suis retrouvé par conséquent assez facilement happé par notre héros, ainsi que par les péripéties qu’il va rencontrer, le tout bien porté par une narration à la première personne maîtrisée, ce qui le rend directement attachant. L’auteur maîtrise bien son sujet, offrant ainsi de nombreux rebondissements et retournements de situations, pour ainsi pousser le lecteur à continuer sa lecture. Il faut dire que l’ensemble se révèle concis, qui ne se soucie pas du superflu, avec peu de personnages et une ligne d’intrigue qui va a l’essentielle ce qui a pour effet de lui offrir un tempo entrainant dont on tourne les pages facilement.

L’univers que nous développe l’auteur se révèle intriguant à découvrir. Cette ville de Nowy-Krakow n’est pas sans rappeler, selon moi, celle développé par le Panam de Raphaël Albert, principalement dans l’ambiance, où vient se mélanger fantasy, êtres féérique et Steampunk. Elle offre ainsi une image de fond très intéressante au récit, mélange à la fois de magie et de mystère, où l’auteur se permet même d’en dévoiler plus comme par exemple Paris, dont l’évolution de la ville de lumière donne envie d’en découvrir plus. Sauf que voilà, c’est peut être aussi le soucis que je reproche à cet univers contrairement au Panam, il manque parfois quand même de profondeur, comme si on nous en traçait les contours pour mieux nous appâter tout en gardant de nombreux développements encore sous le coude pour d’autres écrits. Pourtant il y a de nombreuses bonnes idées, que ce soit sur les mages, ou encore le rein d’Isis en lui-même qui parait être plus que ce qu’il laisse penser. Cela ne rend pas cet univers mauvais, loin de là, il laisse juste, une fois la dernière page tournée, un sentiment de frustration. Le côté Steampunk se révèle, lui, plus qu’efficace et donne envie d’en apprendre plus, se présentant par petites touches, sans chercher à s’imposer ou à trop en faire. Il n’en est ainsi pas le cœur du récit, mais offre quelque chose d’agréable et de séduisant à visualiser et à imaginer. L’auteur n’oublie pas non plus de nous offrir quelques réflexions sur notre société, de façon sobre, sans chercher à s’imposer ou à forcer le lecteur, même si parfois, c’est vrai, le message parait trop simpliste, mais rien de non plus bloquant.

Concernant les personnages, comme je l’ai dit je me suis rapidement attaché à James, cet Elfe plein de vie et d’énergie et à la gouaille incisive qui nous entraine facilement et rapidement dans son histoire et ses épreuves. Un héros complexe, rusé au passé trouble et qui s’avère aussi assez charismatique pour s’imposer comme un protagoniste dont on a envie de retrouver. Le reste de sa bande se révèle tout aussi intéressant à découvrir, que ce soit Jorg le Troll à la fois un personnage tout en force et en puissance, mais qui se révèle aussi fin et intelligent, ou encore Elise, mi-elfe et mi-humaine mais rejetée de partout, qui présente une héroïne qui ne se laisse pas facilement marcher sur les pieds, avec des rêves, même si je lui reproche de parfois tomber un peu dans la caricature. Mais c’est surtout le groupe dans son ensemble, la cohésion et l’amitié qui s’en dégage qui finalement ressort le mieux selon moi. Les autres personnages qui gravitent autour remplissent parfaitement leurs rôles, apportant révélations et coup de théâtre pour faire avancer l’intrigue. Mon seul regret vient du fait que même si les personnages sont vivants et efficaces, j’ai trouvé qu’ils manquaient un peu de densité et de complexité, un peu comme l’univers, comme si l’auteur avait peur de trop en dire alors qu’il y a pourtant de quoi faire.

Sauf que voilà, ce qui fait la force du récit, en devient aussi un de ses principaux défauts, certes l’ensemble se lit facilement et sans temps morts tant l’auteur offre un récit court, concis et percutant, mais voilà cela occasionne un autre effet rendant l’ensemble un peu trop linéaire et sans véritable grande surprise, à mon goût, auquel vient s’ajouter quelques simplicité et une ou deux facilités. Ainsi le fait de vouloir rendre l’ensemble ultra dynamique dans un roman court et qui va a l’essentiel m’a donné l’impression d’un petit manque de complexité là où le lecteur friand de récit rapide et percutant pourrait moins le ressentir. Attention cela ne gâche en rien l’aspect très sympathique, page-turner et amusant du récit, mais plutôt me fait dire qu’avec un peu plus de densité sur l’ensemble l’histoire aurait pu me le rendre encore meilleur. La plume de l’auteur se révèle simple, vive, entrainante et efficace, portant facilement le lecteur à travers une lecture fun et agréable, qui offre un moment de détente agréable, qui sait, entre deux lectures plus denses. A noter aussi en fin de roman une nouvelle concernant Milla qui permet de développer plus ce personnage à bien lire en complément du roman sous peine de se sentir frustré. Je lirai en tout cas d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un sympathique moment de lecture avec ce roman qui nous offre une histoire de « voleurs » qui, certes, ne révolutionne pas le genre dans son intrigue, mais se révèle entrainante, efficace, sans temps morts et solide. Le récit est concis et va direct à l’essentiel ce qui, finalement, happe assez facilement le lecteur et lui fait tourner les pages avec l’envie d’en apprendre plus. L’univers, mélange de Fantasy et de Steampunk, se révèle intéressant à découvrir et donne envie d’en apprendre plus, même si je lui reproche un petit manque de densité, comme si l’auteur en gardait trop sous le coude pour d’autres écrits. Les personnages principaux se révèle attachants et prenants, s’avérant intéressant à découvrir dans leurs rêves et leurs envies. Mon seul regret concernant les protagonistes vient, selon moi, qu’ils auraient mérité d’être un peu plus travaillés, principalement les héros secondaires. Au final c’est d’ailleurs un peu ce qui ressort de ma lecture, la qualité de page-turner du roman et son côté concis et direct en devient aussi un défaut, pour moi, manquant ainsi de complexité et se révélant même un peu linéaire. Cela n’empêche pas l’ensemble de se révéler divertissant, mais aurait pu offrir plus. La plume de l’auteur se révèle ainsi simple, vive, captivante et je lirai avec plaisir d’autres écrits de l’auteur, que ce soit dans cet univers ou non.

 

Ma Note : 7/10

 

Autres avis : Igguk, Doris, Amarüel, Joyeux-Drille, …

Les Promesses d’Atro City – Solenne Pourbaix

les promesses d'atro cityRésumé : En 2480, la ville la plus évoluée est Atro City, située en Europe centrale, C’est une cité riche et prospère, principalement peuplée de pauvres et de miséreux venus pour chercher confort et travail et ne trouvant que rejet et répression. Pour distraire son peuple, le Régent a créé une immense Arène. Grâce à elle, il peut divertir la population et se débarrasser des criminels et autres empêcheurs de tyranniser en rond en les faisant participer aux « jeux ». Mais un héros va sortir de l’arène et cela en sera fini pour LES PROMESSES D’ATRO CITY…

Edition : Rivière Blanche

 

Mon Avis : Ce livre est entré dans ma PAL, lors des dernières Imaginales, un peu par hasard et principalement par le bouche à oreille. En effet, il faut bien l’admettre, je ne suis pas obligatoirement un grand fan de la couverture, illustrée par Claudio Aboy, qui tombe quand même allègrement dans les clichés et qui surtout arrive à ne correspondre en rien à l’histoire. Par conséquent, si on ne me l’avait pas conseillé comme une lecture fun je ne serai sûrement jamais allé discuter avec l’auteur qui a réussi à bien me vendre son livre, qui a donc fini dans ma PAL.

On va ainsi se retrouver plongé dans un monde futuriste, post-apocalyptique, où l’Humanité a en grande partie abandonné la technologie et où les villes-états sont devenues la norme et la sécurité. Atro City en est la principale, dirigée par un despote qui a compris que le meilleur moyen d’endormir le peuple est de le divertir grâce aux arènes,  tout en se débarrassant des criminels par la même occasion. On va ainsi suivre Jan, le héros des arènes, qui a gagné près de 100 combats, mais dont la popularité déplait aux dirigeants de la ville. Ils vont alors avoir l’idée de se servir de son fils pour le manipuler. Clairement, je n’attendais pas obligatoirement quelque-chose d’exceptionnel de ce récit, plus une histoire divertissante, énergique et entrainante, sauf que voilà une fois la dernière page tournée je dois bien avouer que je ressors mitigé de ma lecture. L’ensemble possède certes du potentiel, des passages efficaces, mais dans l’ensemble de nombreux défauts ont fait que je n’ai jamais non plus réussi à m’immerger complètement dans le récit. Il faut dire que le début se révèle laborieux, offrant deux premiers chapitres qui sont loin de se révéler réussis, tombant un peu trop dans les clichés du criminel, gentil au fond de lui, forcé à faire des choses horribles et par les personnages d’André le despote et Emile sont conseiller qui sont juste à baffer tant ils sont clichés, surjoués et manquent clairement de finesse et d’intelligence. Je peux comprendre le despote qui est au pouvoir plus pour sa méchanceté que pour son génie, mais là, non, ils ne sont jamais crédibles et possèdent le charisme d’un huitre. Ou alors ce sont des personnages de série Z.

Heureusement, par la suite ces points dérangeants vont se calmer un peu et on se laisse un peu plus entrainer par les aventures de notre héros. Il faut dire qu’on quitte la ville d’Atro City pour découvrir un peu plus de l’univers que construit l’auteur qui ne manque pas d’attrait. Certes on reste au niveau de l’intrigue sur du classique, avec une construction balisée où les personnages vont rencontrer des difficultés qu’ils vont devoir surmonter, souvent en se servant de la force, des muscles et du travail de groupe, et où ils vont devoir aussi devoir évoluer et changer, mais dans l’ensemble ça se tient bien. Le rythme du récit devient ainsi légèrement plus fluide et je me suis retrouvé un peu plus embarqué par les aventures et péripéties des personnages. Il faut dire que l’auteur ne lésine pas sur l’action et les rebondissements et que, dans l’ensemble, les personnages rencontrés se révèlent un minimum intéressants, même si j’aurai quelques points à redire, mais j’y reviendrai plus tard. Par contre quelques aspects m’ont légèrement dérangés. Premièrement, l’auteur cherche trop à en faire, offrant de nombreuses sous-intrigues qui sont ainsi résolues trop rapidement, ce qui parfois atténuent un peu trop les effets dramatiques comme par exemple avec la conclusion ou encore ce qui arrive à Sasha, mais donne aussi l’impression sur la fin que l’auteur cherche à ralentir exprès sont récit. Ensuite, certains retournements, certaines révélations, m’ont paru trop prévisibles.

Concernant les personnages il y a du bon et du moins bon. Je ne reviendrai pas sur André et son conseiller qui dirige Atro City, je pense en avoir dit assez. J’avoue avoir bien accroché à des personnages comme Jan, classique dans son rôle de guerrier qui fait tout pour sauver son fils mais qui se révèle efficace, Sasha, personnage ambigu ou encore Sunny qui nous offre une héroïne complexe malgré certaines évolutions qui m’ont paru trop rapides. Mais voilà certains autres personnages manquent clairement de profondeur, ce qui fait que, je trouve, cela gâchait certains de leurs actes, surtout quand ces actes doivent surprendre le lecteur, mais bon rien de bien méchant de ce côté là. Je suis plus sceptique par contre concernant Mateus, le fils de Jan, qui lui aurait vraiment mérité d’être approfondi, surtout vu son importance dans le récit et principalement à un moment clé que je ne dévoilerai pas.

L’univers post-apocalyptique développé par l’auteur se révèle intéressant, un monde ou la technologie à amener à un cataclysme, où elle a été oubliée et provoque maintenant de nombreuses convoitises et de nombreuses recherches. L’auteur ajoute aussi quelques autres aspects comme les zombies et ou encore les clans ce qui, certes, ne révolutionne pas le genre, mais se révèle assez solide et assez travaillé pour offrir une image de fond qui donne envie d’en apprendre plus. Ce qui est dommage c’est que certaines des idées prennent une importance à certains moments, mais sont oubliés par la suite, je pense principalement aux zombies dont on ne parlera plus dans toute la seconde partie du récit, un peu comme s’ils avaient joué leurs rôles, alors que des questions restent en suspend. Après je regrette légèrement que la différence entre la vie en ville et celle à l’extérieur ne soit peut-être pas plus travaillé, ou encore que l’aspect politique soit un peu trop inexistant, mais là je chipote un peu. Au final un univers assez efficace, qui soulève quelques réflexions classiques sur notre société.

La plume de l’auteur se révèle finalement assez vive et entrainante, portant ainsi un minimum le lecteur, mais dont on ressent tout de même certains défauts. Je pense principalement aux dialogues qui sont par moments, selon moi, surutilisés et surtout servent un peu trop à imposer de façon bancal certains argumentaires tout en paraissant un peu déplacés à ces moments-là. Ensuite il y a un léger abus des onomatopées, mais bon là rien de non plus trop bloquant. Au final je ressors mitigé ma lecture, il y a du potentiel, quelque chose qui se dégage, mais de nombreux défauts ont fait que j’ai eu du mal à vraiment rentrer complètement dans le récit. A voir les autres écrits de l’auteur.

En Résumé : Je ressors finalement assez mitigé de ma lecture qui nous offre une histoire post-apocalyptique qui a du mal à démarrer avec deux premiers chapitres que j’ai trouvé laborieux. On se laisse ensuite un minimum emporté par la suite du récit, le rythme se révélant plus tendu et entrainant nous proposant une intrigue, certes classique, mais qui se révèle assez solide. Je regrette tout de même que l’auteur cherche à proposer trop de sous intrigues résolues trop rapidement et se révélant par moments un peu trop prévisibles. L’univers, sans se révéler révolutionnaire, est solide, nous offrant un monde ou la technologie a disparue et est devenue la convoitise des puissants. Ce qui est dommage c’est que certaines idées intéressantes disparaissent trop rapidement, restant même parfois ouverts. Je suis mitigé concernant les personnages, entre ceux que j’ai accroché, ceux qui m’ont paru manqué de profondeur et les clichés j’ai eu du mal à m’y intéresser à tous. La plume de l’auteur se révèle vive et entrainante avec pour seul regret des dialogues qui m’ont paru parfois mal maîtrisés. Au final un récit avec du potentiel, mais dont les lacunes font qu’il m’a été difficile de pleinement apprécier ma lecture.

 

Ma Note : 5/10

 

Autres avis : Doris, …

Page 65 of 202

© 2010 - 2026 Blog-o-Livre