Auteur/autrice : BlackWolf Page 73 of 202

Ysabel – Guy Gavriel Kay

YsabelRésumé : Ned, un jeune Montréalais de quinze ans, accompagne son père, Edward Marriner, dans le Midi de la France. Photographe de renommée internationale, Marriner – assisté de Mélanie, Steve et Greg, son équipe technique – a six semaines pour croquer des images inédites de ce magnifique coin de pays, qui regorge de ruines datant de l’époque des Celtes et des Romains.
Mais des événements inquiétants perturbent le séjour de Ned : un inconnu le menace dans la cathédrale d’Aix-en-Provence, un étrange malaise l’affecte aux abords de la montagne Sainte-Victoire, des chiens l’attaquent dans un café… sans compter qu’au cours de la nuit de la Beltaine, une antique fête celtique, il assiste à la « magique » disparition de Mélanie !
Dès lors, Ned comprend que, dans cette contrée plusieurs fois millénaire, des personnages mythiques ne veulent pas mourir et que, d’une mystérieuse façon, il est personnellement concerné par leur histoire.

Edition : Alire

 

Mon Avis : Guy Gavriel Kay fait parti de ces auteurs que j’ai découvert il y a des années, que ce soit avec La Tapisserie de Fionavar ou encore Les Lions d’Al-Rassan, et qui ont rapidement réussi à me happer à travers les différents univers historiques qu’il construit et les personnages qu’il propose. Pourtant depuis que j’ai crée ce blog je n’ai encore jamais chroniqué un seul de ces romans, ce qui est vraiment dommage et méritait d’être modifié. Le mois de septembre chez Book en Stock étant consacré à l’auteur, un partenariat a été mis en place pour faire découvrir son dernier roman publié en VF, et j’ai eu la chance d’être sélectionné. Je remercie donc Book en Stock et les éditions Alire pour m’avoir fait découvrir ce livre.

Je rajouterai juste un mot concernant l’édition. Il est à noter que la maison d’édition Alire est canadienne, ayant remarqué qu’aucune autre maison d’édition n’ayant décidé de se lancer dans la publication de ce récit en France elle a donc décidé de le faire, tout en gardant la traduction québécoise. C’est un choix qui peut se comprendre mais qui risque d’en surprendre certains, que ce soit au niveau de la concordance des temps, de certaines expressions comme l’utilisation de cellulaires ou de coke, ou encore de certains phrases (« Et personne ne le dit à ta mère où l’on sera tous les deux dans l’eau chaude. », « Je veux dire, tout ce truc est tellement sauté, pourquoi on ne devrait pas faire quelque chose de sauté pour l’arranger, eh? », …) cela peut jouer un peu sur la fluidité du récit tant une ou deux fois je me suis retrouvé à relire certains passages pour mieux le comprendre.

Ysabel nous propos ici de plonger dans le sud de la France, plus précisément à Aix-En-Provence, à la découverte de Ned Marriner, jeune adolescent de 15 ans qui suit son père photographe de renom. Lors d’une visite dans une cathédrale il va se retrouver mêler à des évènements étranges qui vont le changer. Première chose qui peut surprendre les habitués de Guy Gavriel Kay, il quitte la fantasy historique pour propose un roman plus contemporain où c’est le passé qui va y faire son intrusion. Comme souvent, avec les romans de l’auteur, je me suis rapidement retrouver happé par cette histoire au rythme lent et pourtant efficace, mais aussi par l’ambiance qui se dégage au fil des pages qui se révèle à la fois poétique, magique et mystérieuse. L’auteur ne cherche pas à mettre en avant de l’action ou un rythme nerveux, mais plus jouer sur une évolution, une histoire humaine, où le voyage initiatique qui va faire passer notre héros de l’adolescence à l’adulte n’aura rien d’héroïque, mais plus quelque chose de profond, de touchant et de prenant dans la façon dont l’intrigue est traitée, à la fois pleine d’émotion, de passion et de violence. L’histoire peut paraitre déroutante, donnant l’impression au début de partir dans tous les sens, tant l’auteur garde, parfois un peu trop, les réponses par devers lui pour ne seulement les dévoiler qu’au moment voulu, mais cela n’empêche pas de se laisser emporter par cette intrigue d’amour, de vie éternelle et de souffrances, le tout dans une atmosphère poétique des plus étrange et fascinante.

L’image de fond que met en avant l’auteur se révèle aussi assez fascinante à découvrir, l’auteur nous proposant des descriptions détaillées et vraiment envoutantes des lieux qu’il nous dévoile tout du long et qui, surtout, m’a donné clairement envie de découvrir la ville d’Aix en Provence, sa culture, son histoire et et tout ce qu’il y a autour. Il faut aussi dire que l’ensemble est efficacement porté et densifié par un aspect historique qui se révèle soigné, travaillé et dont on sent bien que l’auteur s’est fortement documenté. Les références historiques viennent ainsi, je trouve, renforcer la puissance de ce que construit l’auteur autour de ces personnages et surtout permet à l’aspect fantastique de trouver ses racines dans le contexte historique. et, il faut bien l’avouer, le contexte de la Provence se révèle vraiment fascinant tant ils ont vu défiler des peuples, des guerres, des histoires, que ce soit les romains, les grecs, les celtes, les barbares. Alors après c’est vrai l’auteur tombe parfois légèrement trop dans le guide touristique, ou encore il offre parfois des descriptions un peu trop pointilleuses et un peu longues, mais franchement rien de vraiment dérangeant ou gênant.

Concernant les personnages comme souvent l’auteur nous propose de découvrir des héros soignés, complexes, humains et surtout loin de tout manichéisme, offrant ainsi des protagonistes avec leurs sentiments, leurs émotions, leurs besoins et leurs envies qui sont parfois contradictoire. Je me suis assez facilement attaché à Ned, le héros, jeune adolescent qui va peut à peu au fil des évènements, grandir pour quitter le monde de l’adolescence et ses facilités pour entrer de façon brusque dans le monde des adultes avec ses choix, ses questionnements et ses problématiques. On pourra peut-être tiquer concernant la très grande maturité du héros pour un gamin de 15ans, mais cela ne m’a pas dérangé plus que cela. Les autres personnages qui gravitent autour de lui ne manquent pas non plus de se révéler intéressant et soignés, même s’il faut l’avouer ils acceptent parfois un peu facilement les éléments fantastiques qui leurs arrivent. Là ou je suis un peu frustré, c’est concernant Mélanie et Kate qui jouent par moment un peu trop le rôle d’encyclopédie, venant débloquer légèrement aisément certaines situations avec leurs connaissances, mais franchement rien de bien méchant.

Pourtant je dois bien avouer qu’il ne s’agit pas du meilleur roman de Guy Gavriel Kay, attention il n’est en rien mauvais et se révèle même assez bon, mais voilà comparé à ses autres romans, j’ai trouvé qu’il était un chouïa en-dessous de ce qu’il a pu proposer. Déjà j’ai eu l’impression que l’auteur cherchait à viser un public plus large, aussi bien adultes que plus jeunes, ce n’est en rien une critique, mais cela joue sur la façon dont est présenté le récit, offrant ici ou là quelques facilités dans l’intrigue. Enfin l’autre point c’est une légère linéarité qui m’a paru ressortir du récit. Dans tous les cas l’ensemble est porté par une plume que j’ai trouvé soignée, poétique, dense et entrainante, qui a réussi facilement à me plonger dans ce récit, à la découverte de ces mystères et de sa magie pour aboutir à une conclusion ouverte que j’ai trouvé efficace. Il faut noter que ce roman est lié à La Tapisserie de Fionavar, je ne peux vraiment spoiler, mais c’est à prendre en compte. En tout cas je vais rapidement me lancer, ou me relancer, dans des romans de l’auteur.

En Résumé : J’avoue que, même si ce roman n’est pas obligatoirement le meilleur de Guy Gavriel Kay, j’ai tout de m^eme passé un assez bon moment de lecture avec cette intrigue qui se révèle poétique, entrainante, nous offrant un passage de l’adolescence à l’âge adulte des plus envoutant et efficace. Le fantastique vient apporter une touche de mystère et de magie à l’ensemble. La toile de fond qu’est la Provence, présenté par l’auteur se révèle vraiment magnifique à découvrir que ce soit par les descriptions soignées que propose l’auteur comme par les anecdotes historiques qu’on découvre qui viennent densifier l’ensemble et donne envie de découvrir Aix en Provence. On sent que l’auteur s’est fortement renseigné. Concernant les personnages il se révèlent denses, soignés et attachants même si on pourrait reprocher à Ned un peu trop de maturité pour son âge ou encore à Mélanie et Kate d’avoir une connaissance un peu trop encyclopédique qui permet la résolution de certaines questions un peu facilement, mais rien de bloquant. Finalement mon seul regret et peut-être une simplicité qui s’en dégage dans certains aspects, un peu comme si l’auteur cherchait à viser un public plus large et une certaine linéarité. La plume de l’auteur se révèle poétique, soignée, entrainante et a réussie à me happer dans son univers et son intrigue assez facilement. Il ne me reste plus qu’à lire d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 7,5/10

Rappel : Le Mois de Guy Gavriel Kay! sur Book en Stock

Oyez ! oyez! j’ai une nouvelle à vous annoncer pour cette rentrée. En effet Le Mois De… fait son grand retour sur le blog de Book en Stock, et leur invité pour démarrer cette nouvelle saison n’est pas n’importe qui, puisqu’il s’agit de Guy Gavriel Kay.

Je ne reviendrai pas sur la bibliographie de l’auteur, ceux qui l’ont déjà lu savent à quoi s’attendre et ceux qui ne l’ont pas encore lu je vous conseille vivement de découvrir cet auteur qui a gagné de nombreux prix dont un World Fantasy Award. Pour ceux qui souhaiterait plus d’informations, que ce soit sur l’auteur ou sur le Mois De, retrouvez plus d’informations ici.

 logo GGKay

N’hésitez donc pas dès demain, et jusqu’au 30 septembre, à vous promener sur Book en Stock pour y retrouver la première page de l’interview de l’auteur et ainsi pouvoir poser toutes vos questions.

D’ailleurs pour la peine j’ai décidé moi aussi de me faire un mois Guy Gavriel Kay à ma façon puisque je suis en pleine lecture d’Ysabel, Je compte lire à nouveau Les Lions d’Al-Rassan et j’ai aussi dans ma PAL Les Chevaux Célestes. Pendant ce temps, Marmotte m’accompagnera en lisant La Tapisserie de Fionavar.

Seul sur Mars – Andy Weir

seul sur marsRésumé : Mark Watney est l’un des premiers humains à poser le pied sur Mars. Il pourrait bien être le premier à y mourir.
Lorsqu’une tempête de sable mortelle force ses coéquipiers à évacuer la planète, Mark se retrouve seul et sans ressources, irrémédiablement coupé de toute communication avec la Terre.
Pourtant Mark n’est pas prêt à baisser les bras. Ingénieux, habile de ses mains et terriblement têtu, il affronte un par un des problèmes en apparence insurmontables. Isolé et aux abois, parviendra-t-il à défier le sort ? Le compte à rebours a déjà commencé…

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Concernant ce livre cela faisait quelques mois qu’il traînait maintenant dans ma PAL. Je me souviens l’avoir fait entrer suite à ma lecture de nombreuses chroniques qui se révélaient plus que positives et à un résumé qui était clairement accrocheur. Puis voilà, je sais que je me répète, mais faute à une PAL exponentielle il a mis du temps à en sortir. Vu qu’on en parle de plus en plus, que ce soit toujours à travers de retours de lectures qu’on me fait ou que je lis à droite à gauche, mais aussi dû au fait que ce livre va bientôt voir son adaptation cinématographique sortir dans les salles j’ai décidé de le faire sortir de ma bibliothèque et de me faire mon avis, qui sait, avant d’aller pourquoi pas le voir au cinéma. A noter une couverture qui, on ne peut le cacher, a le chic pour mettre dans l’ambiance, contrairement à la nouvelle couverture qui reprend l’affiche du film et qui me plait moins.

L’idée de départ a franchement de quoi accrocher et se révéler intéressante, imaginer un homme en mission sur Mars qui, par la force des choses et des éléments, se retrouve seul et abandonner sur la planète rouge sans moyen de communication. Se lance alors une course contre la montre pour tenter de survivre et garder espoir. Surtout que l’auteur décide de prendre le contre-pied des attentes du lecteur, évitant une sorte de surenchère d’action, comme peut le faire tout bon film hollywoodien, pour se concentrer sur l’aspect beaucoup plus scientifique. En effet ce qui va sauver notre héros ce n’est pas tant ses muscles ou sa capacité à se défendre contre l’adversité, mais bien son ingéniosité, sa capacité à réfléchir. J’avoue que c’est ce qui m’a le plus fasciné dans ce roman, mon côté scientifique s’est trouvé captivé par toutes les explications données, c’est limite si je ne me lançais pas moi même dans des vérifications. On sent bien que l’auteur a fortement potassé son sujet, a effectué des calculs, et même si je me pose une ou deux questions sur certains points, l’ensemble se révèle très convaincant, surtout ne tombant jamais dans des lourdeurs ou ne venant pas ennuyer le lecteur. Surtout qu’il n’oublie pas pour autant de nous offrir de nombreux rebondissements qui font qu’on tourne les pages avec un minimum d’envie d’en apprendre plus et de savoir comment va s’en sortir notre héros ; de savoir par quel moyen et quelle méthode.

Sauf que voilà, une fois la dernière page tournée je dois bien avouer que je n’ai pas complètement été convaincu par ce roman. Oh attention, il se laisse lire et se révèle divertissant, mais voilà je suis loin d’avoir été fasciné comme j’ai vu de nombreux retours et je doute qu’il me laisse un souvenir impérissable. La première chose qui m’a dérangé c’est déjà que, pour une histoire SF construite comme un thriller, il n’y avait au final aucune tension. On n’est jamais vraiment inquiété pour notre héros, pour la simple et bonne raison que la construction du récit ne le permet pas. C’est bien simple mis à part le premier chapitre où on s’inquiète un peu, par la suite le héros trouve les solutions à ses problèmes tellement rapidement que j’ai trouvé que cela enlevait toute accroche sur cette survie, toute inquiétude. Ensuite la construction basée sur un soucis, une solution, la vie continue, un soucis, …. trouve très rapidement ses limites, et devient tout de même un peu répétitive plus on avance dans le récit. L’auteur cherche bien à varier, en quittant Mars pour nous offrir des passages sur la Terre, mais voilà ces scène ne m’ont pas paru apporter beaucoup d’intérêt au récit, reposant un peu trop sur les dialogues et se révélant un peu trop « bisounours » dans la façon dont c’est présenté, sans aucun contrepoids sur cet aspect, très film américain, de « le monde entier est soudé pour sauver cet homme ». Enfin dernier point qui m’a légèrement frustré, c’est l’aspect émotionnel du roman, j’ai trouvé qu’il n’y en avait pas. Andy Weir, comme je l’ai dis, est très bon quand il s’agit de technique, mais niveau relation humaine et sentiment, bah désolé, mais je n’ai pas ressenti grand-chose et c’est dommage pour ce type de roman.

Concernant les personnages là aussi je ne suis finalement que moyennement convaincu. Le héros, Mark Watney, est un héros comme on en voit au cinéma, vous savez, le genre qui a toujours la bonne réplique, qui est en permanence détendu, jamais stressé, bah c’est pareil ici sauf que voilà je rappelle quand même que le mec a de grandes chances de mourir. Je veux dire, on s’attend quand même à un léger traumatisme, une solitude, une angoisse, ce genre de retour, et non pas un gars qui fait des blagues à tout va et régulièrement  familières. Certes on pourrait se dire qu’il la cache dans son humour et son ironie, mais je ne l’ai jamais ressenti. Pourtant ça ne l’empêche pas, finalement de se révéler un personnage un minimum intéressant à suivre, que ce soit dans sa façon d’avancer ou sa façon de gérer les nombreux problèmes qui vont se dessiner devant lui. Il offre aussi un minimum de profondeur, principalement parce que le récit est présenté sous la forme d’un journal ce qui fait qu’on s’attache à lui. Concernant les autres protagonistes, là par contre, mis à part le fait qu’ils servent à un moment ou à un autre à faire avancer l’histoire, j’avoue qu’ils pourraient tous être interchangeables ce serait pareil, tant il n’y a aucun travail sur eux. Et qu’on ne me parle pas de ces dialogues entre l’équipage du vaisseau et leurs familles tant je les ai trouvés surjoués, plats et creux.

Pourtant c’est dommage, car il y a clairement un gros potentiel qui se dégage de ce récit. Rien que la planète Mars offre un territoire franchement hostile, sauvage, mortel qu’on ressent bien. La moindre petite erreur peut rapidement se révéler fatale. Sauf que voilà, je pense qu’il ne répondait pas aux attentes que j’avais en ouvrant ce livre, j’espérais un récit qui me prenne eu ventre et me fasse stresser et je me retrouve avec un livre un peu pop-corn US. Je comprends d’ailleurs parfaitement qu’un film puisse être adapté sur ce livre, car même si l’action reste sobre il y a de quoi offrir quelque chose de visuellement efficace et entrainant. La plume de l’auteur est au final ambigue tant elle a réussi à me happer quand elle se lançait dans les explications techniques ou dans les rebondissements, mais m’a parue avoir du mal  dans les passages plus humains de son récit.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture divertissant avec ce livre, mais qui est quand même loin des attentes que j’avais en le commençant. L’histoire ne manque pas d’attrait, offrant une intrigue efficace et intéressante et surtout, ce que je considère comme l’un des gros points forts, le fait que l’auteur mette plus en avant la résolution réfléchie et intelligente à l’action. Mon esprit scientifique s’est ainsi trouvé fasciné par cet aspect et on sent bien que l’auteur a fortement travaillé son sujet, ne laissant que peu d’aspects au hasard. La planète Mars se révèle ainsi un territoire terriblement hostile, où la moindre erreur peut rapidement se révéler fatale, offrant ainsi de nombreux rebondissements. Mais voilà plusieurs points m’ont laissé perplexes comme par exemple ce sentiment de ne ressentir aucune tension tant la résolution des problèmes se fait très rapidement, la construction qui se révèle tout de même assez linéaire, quelques passages qui m’ont paru inutiles et enfin, pour moi, une absence totale d’émotion qui ressort. C’est dommage. Concernant les personnages, je me suis accroché un minimum au héros principal, mais voilà il fait un peu trop héros de film et surtout ne parait jamais ni ressentir spleen ou autre. Concernant les personnages secondaires, ils ne servent qu’à faire avancer l’intrigue et paraissent tous interchangeables. La plume de l’auteur se révèle très simple et assez efficace dans sa capacité à parler d’aspect scientifique de façon fluide. Au final un livre qui se lit bien, mais qui risque de ne pas me laisser un souvenir impérissable tant j’attendais autre chose.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autres avis : Herbefol, joyeux-drille, Cajou, Lune, …

Nous allons tous très bien, merci – Daryl Gregory

nous allons tous tres bien merciRésumé : Il y a d’abord Harrison, qui, adolescent, a échappé à une telle horreur qu’on en a fait un héros de romans. Et puis Stan, sauvé des griffes d’une abomination familiale l’ayant pour partie dévoré vif. Barbara, bien sûr, qui a croisé le chemin du plus infâme des tueurs en série et semble convaincue que ce dernier a gravé sur ses os les motifs d’un secret indicible. La jeune et belle Greta, aussi, qui a fui les mystères d’une révélation eschatologique et pense conserver sur son corps scarifié la clé desdits mystères. Et puis il y a Martin, Martin qui jamais n’enlève ses énormes lunettes noires… Tous participent à un groupe de parole animé par le Dr Jan Sayer. Tous feront face à l’abomination, affronteront le monstre qui sommeille en eux… et découvriront que le monstre en question n’est pas toujours celui qu’on croit…

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : J’ai découvert l’auteur initialement à travers une nouvelle, Dead Horse Point, publiée dans un Bifrost, qui m’avait captivé par sa justesse et son propos. Il y a un an je me suis donc laissé tenter par son premier roman publié en France, l’Education de Stony Mayhall, qui a confirmé tout le bien que je pensais des écrits de cet auteur, à travers un récit de zombies qui offrait une chronique sociale réussie et prenante (ma chronique ici). C’est donc sans surprise que, quand j’ai vu qu’un nouvel écrit de l’auteur était publié, il a très rapidement terminé dans ma PAL. A noter qu’on se situe plus ici, selon moi, dans la novella que dans un roman, l’ensemble faisant moins de 190 pages, augmenté d’une interview intéressante de l’auteur qu’il faut obligatoirement avoir lu en dernier sous peine de se faire spoiler. Concernant la couverture, illustrée par Aurélien Police, elle se révèle pour moi très sobre et terriblement efficace.

L’idée initiale de cette histoire se révèle vraiment intéressante et surprenante, prendre cinq personnages qui ont connu et survécu à de terribles tragédies, les mettre ensemble et lancer ainsi une thérapie de groupe. L’auteur décidé ainsi de construire son histoire de façon originale, on ne suit ainsi pas le héros vers la quête, mais plus des héros brisés qui cherche tout simplement à se reconstruire. Cela peut surprendre au début, se demandant ce que va bien pouvoir proposer l’auteur, mais très rapidement on se retrouve emporter par chacun des protagonistes qui se dévoile, principalement aussi quand l’aspect fantastique commence à prendre de l’ampleur et de l’étrangeté au fil des pages. Plus on avance plus on se rend compte de la tension qui s’installe captive, cette lente montée de stress et d’angoisse liée au fait qu’on découvre rapidement que chacun d’entre eux ont vu des monstres que la majorité de la population ne voit pas et ont connu des traumatismes. On se retrouve alors pris dans cette histoire qui oscille de façon terriblement efficace entre horreur, humour décalé et cynique, souffrance psychologique, ouverture et acceptation de soi ou les personnages vont devoir lutter à nouveau contre un mal qui les dépasse.

On est ici loin de la profondeur recherchée dans Stony Mayhall, l’auteur cherchant plus à mettre en avant le côté page-turner et terriblement efficace de son récit et que le format court lui permet, condensant ainsi l’ensemble pour le rendre plus nerveux, percutant et entrainant, mais cela n’empêche pas ce récit de se révéler plus que divertissant. On se rend aussi compte que, d’une certaine façon, ce récit est un peu une sorte d’hommage aux films et à la littérature d’horreurs, décidant ainsi d’écrire une suite en suivant le héros face aux traumatismes qu’il a vécu. Surtout il évite de tomber dans la surenchère, proposant plus une horreur psychologique. La première moitié se révèle ainsi véritablement prenante, chaque personnage se développant un peu plus, dévoilant un passé loin d’être joyeux qui ajoute un aspect légèrement dérangeant à l’ensemble, ce qui colle parfaitement avec le sentiment de frisson que cherche à faire passer l’auteur, qui pose ainsi les prémisses de protagonistes attachants, complexes et fascinants à découvrir. Chaque héros dévoile ainsi des failles, des questionnements, de forces.  Sauf que voilà, par la suite j’ai eu l’impression que le soufflé, sans non plus retomber complètement loin de là, avait du mal à continuer à gonfler. C’est bien simple, dès que la chasse aux monstres prend de l’ampleur, l’ensemble reste sympathique, mais ne remplit pas complètement les attentes que j’avais à la lecture des premières pages.

Car finalement ce qui m’a dérangé c’est qu’une fois son image de fond mise parfaitement en place, l’ensemble glisse lentement vers une histoire finalement beaucoup plus traditionnelle de chasse aux monstres. Certes l’auteur s’en sort plus qu’honorablement, jouant efficacement sur la tension et les rebondissements, mais fige un peu tout ce que je trouvais original dans ce récit tel que la thérapie ou encore la lente plongée dans les personnages, leurs traumatismes et leurs guérisons. Car oui, j’étais aussi un peu surpris que la profondeur qui se dévoile des personnages au fil des pages, s’arrête brusquement car il faut accélérer l’intrigue pour pouvoir un dénouement assez rapide, alors qu’il y avait encore, selon moi, beaucoup à dire. Alors après peut-être que je n’ai pas pris ce court roman comme l’aurait souhaité l’auteur en l’écrivant, mais voilà revenir à une « simple » histoire angoissante et d’action après un démarrage tellement original fait que je me suis senti légèrement frustré. Autre point qui peut aussi déranger certains, même si de mon côté j’ai trouvé cela plutôt accrocheur, c’est que, novella oblige, l’auteur reste assez limité en pages, pourtant il développe une intrigue secondaire, que je vous laisse découvrir avec Barbara et le Scrimshander, qui reste totalement ouverte une fois la dernière page tournée. Aucune réponse n’est fournie. Je sais que d’autres écrits existent dans cet univers et que l’auteur n’a pas fini de travailler dessus, donc a voir si on obtient plus de réponses dans d’autres livres, mais cela peut en déranger certains.

Après ne me faites pas non plus dire ce que je n’ai pas dit, Nous allons tous très bien, merci reste un livre que j’ai lu avec plaisir, court, inventif avec des aspects originaux, qui certes n’a pas complètement répondu à mes attentes, mais qui m’a tout de même offert un moment de lecture très agréable et sympathique avec une ambiance sombre et une petite dose de frisson. La plume de l’auteur se révèle toujours aussi efficace, entrainante et fluide, plongeant ainsi rapidement le lecteur dans son histoire, offrant une narration surprenante, oscillant entre chaque personnage, tout en offrant une voix aux nous du groupe. Je lirai ans soucis d’autres écrits de l’auteur, dont un nouveau roman est déjà annoncé pour 2016, mais qui, par contre, ne devrait pas se situer dans l’univers développé ici.

En Résumé : J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce court roman qui, certes, n’a pas complètement répondu à mes attentes, mais qui ne manque pas de se révéler entrainante, percutante et efficace. L’ambiance fantastique qui se développe lentement, se révèle vraiment intéressant, ajoutant une touche d’étrangeté et de mystère à l’ensemble qui colle parfaitement à ce récit qui oscille entre humour, frisson et action. Je trouve juste dommage que tout l’aspect original de l’ensemble, lié à cette thérapie et aux développement de ses personnages brisés en tant que héros, se retrouve figé à la moitié du récit une fois que la chasse aux monstres prend de l’ampleur. Surtout que les personnages ont un énorme potentiel et pouvoir en développer six n’est pas toujours facile. Cela n’empêche pas cette seconde partie de se révéler solide, pleine d’adrénaline et de rebondissements et qui fait qu’on tourne tout de même les pages avec plaisir. La plume de l’auteur se révèle toujours aussi fluide, entrainante et s’amuse avec la narration offrant une voix à chaque personnages mais aussi au « nous ». Je lirai avec plaisir d’autres écrits de l’auteur en tout cas.

 

Ma Note : 7/10

 

Autres avis : Just A word, …

Mes Achats du Mois d’Août 2015

Bon j’avais prévu de rester assez sage cet été, d’éviter de trop surcharger une PAL qui prend de plus en plus d’ampleur et j’avoue que j’ai a moitié réussi mon pari. Après un mois de Juillet très calme, ce mois d’août s’est révélé un peu plus rempli en achats avec huit acquisitions qui viennent rejoindre ma bibliothèque.

Aout-15

Voilà donc mon butin de ce mois d’août 2015 :

  • Nous Sommes Là de Michael Marshall aux éditions Bragelonne. Un auteur que j’apprécie énormément, je n’allais donc pas manquer d’acquérir son dernier roman publié.
  • Les Neiges de L’Eternel de Claire Krust aux éditions Actu SF. Une très jolie couverture, un résumé accrocheur et ce livre rejoint ma PAL.
  • Les Enfants de Poséidon Tome 1, La Terre Bleue de Nos Souvenirs d’Alastair Reynolds aux éditions Bragelonne. Un livre qui me tentait depuis la première fois que j’en ai entendu parler, il n’a donc pas manquer de se retrouver dans ma bibliothèque.
  • Les Nefs de Pangée de Christian Chavassieux aux éditions Mnémos. Encore une fois convaincu par la couverture et par le résumé.
  • Port d’Âmes de Lionel Davoust aux éditions Critic. Aussitôt acheté, aussitôt lu et chroniqué ici.
  • L’Homme aux Semelles de Foudre d’Ayerdhal aux éditions Hélios. Un nouveau roman de l’auteur qui rejoint ma bibliothèque.
  • Nous Allons Tous Très Bien, Merci de Daryl Gregory aux éditions Le Bélial’. Après avoir passé un très bon moment avec L’Éducation de Stony Mayhall je me suis très rapidement laissé tenter par son dernier récit.

Livre numérique :

  • Ianos, Singularité Nue d’Olivier Bérenval.

Voilà donc de quoi m’offrir, je l’espère, de très bons moments de lecture. Finalement je ne suis pas resté aussi sage que je l’espérais cet été, mais je n’ai pas non plus connu d’énorme craquage.

Port D’Âmes – Lionel Davoust

port d'amesRésumé : Rhuys ap Kaledán est un héritier déchu.
Tout juste libéré de la servitude et des galères, il rejoint la cité franche d’Aniagrad, où tout se vend et tout s’achète, pour reconquérir l’honneur de sa famille. L’occasion lui en est rapidement donnée : Edelcar Menziel, un ancien ami de son père, lui propose de travailler sur la conversion dranique, un procédé perdu depuis des siècles qui permettrait de réaliser des machines magiques. Résolu à tracer son chemin dans la haute société de la ville, le jeune homme s’investit de tout son cœur dans le projet.
Mais bientôt, coincé entre des intrigues politiques et son amour pour une mystérieuse jeune femme qui vend des fragments de son âme pour survivre, Rhuys découvre que le passé recèle des secrets bien sombres et tortueux. Aux prises avec l’ambition, la duplicité et le mensonge, il devra se montrer plus rusé que ses ennemis s’il veut atteindre son but sans perdre son âme.

Edition : Critic

 

Mon Avis : Il y a un an l’auteur publiait La Route de la Conquête, un recueil de nouvelles prolongeant la plongée du lecteur dans l’univers d’Evanégyre découvert lors de ma lecture de La Volonté du Dragon. J’avoue ne pas avoir été déçu par la découverte de cet univers fascinant, dense offrant un mélange passionnant de technologie et de magie, le tout porté par des récits intelligents et soignés. Par conséquent quand il fût annoncé qu’un roman allait être publié par l’auteur dans ce monde, je savais qu’il allait très rapidement entrer dans ma PAL. Mais même sans ces arguments, la magnifique couverture, illustrée par François Baranger, m’aurait obligatoirement fait pencher sur ce livre. Alors attention si vous lisez cette chronique je risque de spoiler, non pas ce livre, ce que j’essaie d’éviter au maximum, mais plus l’univers d’Evanégyre, principalement des informations qu’on retrouve dans La Route de la Conquête sur la chronologie. A noter qu’il n’est pas nécessaire d’avoir lu ses précédents récit dans cet univers pour se plonger dans ce roman, car comme ses textes précédents ils peuvent tous se lire indépendamment.

Ce roman est situé dans une période très lointaine dans le futur de l’univers d’Evanégyre que l’on connait. Dans son précédent recueil, face à sa suffisance, l’Empire d’Asreth c’était finalement éteint, amenant les Âges Sombres ainsi qu’une forte régression aussi bien technologique que sociale. Ici on se retrouve encore bien des années plus tard, les Âges Sombres s’éteignent, la technologie Asreth a complètement disparue et l’Empire est devenue un simple mythe, une légende qu’on raconte comme une fiction. On découvre ainsi Rhuys ap Kaledán, noble déchu, qui revient, après 8 ans de servitude, à Aniagrad espérant y retrouver tout ce qu’il a perdu. Il va très rapidement se rendre compte que rien n’est gratuit.

Première chose qui surprend, c’est le changement radical dans l’univers, on quitte ainsi l’Empire d’Artech et son univers carré, avec son but unique que tout le monde suivait malgré quelques dissensions, il ne faut pas l’oublier, pour un futur qui est d’une certaine façon plus pernicieux, où la guerre va faire son grand retour, où les mensonges, les complots et les trahisons influencent fortement la vie des uns et des autres. Aniagrad en est d’ailleurs le parfaite exemple, la ville où on peut tout acheter, où tout est déclaré et où le contrôle se fait avec une poigne de fer par l’administration et sa milice. Une ville de liberté, mais où on se rend rapidement compte qu’elle est construite comme une toile d’araignée dont on peut très vite tomber dans ses filets et se retrouver acculer. Cela ne veut pas dire que l’Empire et sa technologie a complètement disparu, on le croise, en ligne de fond, à travers des récits, des légendes, des recherches, il va avoir une place dans l’intrigue, mais est loin d’en être le point central. La description de ce monde par l’auteur se révèle dense, soignée, sans non plus se révéler trop lourde ou ennuyeuse, on a l’impression de se plonger dedans, de visiter cette ville pittoresque et hétéroclite, à la fois pleine de surprise, de beauté, mais aussi d’ombre, d’exclusion, de violence. Alors ce changement peut surprendre, si vous êtes habitué aux machines Asreth, mais finalement se révèle très intéressant, permettant ainsi de varier son histoire et aussi d’éviter d’ennuyer le lecteur en racontant toujours la même chose. L’idée du transfert, qu’on avait, d’une certaine façon, déjà découvert dans une autre nouvelle, offre ici quelque chose que j’ai trouvé de très poétique et mélancolique, avec ce besoin de ressentir des émotions ou, selon certains, de les faire disparaitre.

L’intrigue n’est pas non plus en reste par rapport à l’univers, elle se révèle ainsi clairement captivante, offrant tout du long un jeu de manipulation, de pouvoir et de trahisons qui se révèle franchement accrocheur et efficace, tout en se gardant aussi un aspect plus intimiste par l’entremise du personnage principal qui apporte ainsi une touche plus émotionnelle, au plus proche du héros, qui permet de se retrouver facilement happer par les nombreuses aventures qui vont lui arriver. Alors certes, l’histoire et l’univers donne une impression de Fantasy plus classique, mais cela n’empêche pas l’auteur de montrer qu’il s’en sort très bien en nous offrant un récit qui se révèle captivant et entrainant, le tout à un rythme qui monte lentement en tension au fil des pages, des révélations et de l’évolution du personnage principal dans cette quête identitaire qui ne va pas le laisser indemne et le pousser à se remettre énormément en question, oscillant entre amour, naïveté et souffrance. Le récit joue ainsi avec le lecteur pour mieux le surprendre, lui offrir rebondissements et machinations, mais qui aussi n’oublie pas de soulever quelques réflexions intéressantes et efficaces. Que ce soit concernant l’identité, la souffrance, la liberté ou encore sur le jeu des classes sociales et du pouvoir, on ne peut s’empêcher de se poser des questions sur ce qui nous est montré, même si parfois présenté de façon un peu facile. En tout cas une intrigue bien ficelée, maîtrisée, prenante par son ambiance pleine de mystère et de mensonges.

Concernant les personnages il faut bien avouer que je me suis rapidement attaché à Rhuys, jeune homme pleins d’idéaux, d’honneur et de rêves, qui va rapidement se rendre compte que le monde est loin de ce qu’il imaginé, qui va, d’une certaine façon prendre une claque et que pour changer les choses il faut parfois savoir sacrifier certaines choses. Son évolution au fil des pages se révèle captivante, soignée, accrocheuse et surtout réaliste, tant on se retrouve proche de lui dans la façon dont cela nous est présenté. Alors certes je l’admet, parfois on se pose quelques questions, pour un personnage qui a passé 8 ans dans la marine, il apparait un peu naïf dans certaines situations, mais bon rien de bien méchant. Surtout la façon dont il va grandir, passer d’une certaine façon de l’adolescent innocent, à l’adulte s’avère efficace et prenant. Concernant les personnages qui gravitent autour de lui ils se révèlent denses, soignés, offrant une palette large de personnages humains avec leurs bons et leurs mauvais côtés, leurs ambitions et leurs souffrances, avec une mention toute particulière pour la vendeuse, héroïne mystérieuse, torturée, fougueuse, charismatique qui prend son temps pour se dévoiler et surtout prend une place de plus en plus importante dans le récit. Elle vient ainsi apporter une touche de poésie supplémentaire à l’ensemble. La complexité de la relation qu’elle va nouer avec Rhuys est aussi captivante, par ce jeu qui se nous entre ces deux protagoniste, d’une certaine façon semblables, mais pourtant si différents dans leurs visions.

Je ne relèverai que deux points qui m’ont légèrement laissé perplexe, le premier vient de quelques longueurs que j’ai ressenti, rien de bien méchant, ni dérangeant, mais j’ai eu l’impression que l’auteur tirait un peu certains passages, principalement avant certaines révélations. L’autre point est un peu plus, on va dire, personnel et vient d’une des révélations finales que j’ai vu arriver très tôt, ça n’empêche en rien de savourer ce récit ni de l’apprécier vu que cette révélation n’est que secondaire, l’important venant surtout des conséquences, mais ça m’a laissé un léger sentiment de frustration. Rien de bien méchant non plus tant l’ensemble s’avère plus qu’efficace toujours aussi bien porté par une plume fluide, travaillée, prenante et qui happe, je trouve, assez rapidement le lecteur. Au final Port d’Âmes offre une nouvelle vision réussie d’Evanégyre, et me donne encore envie d’en découvrir plus sur cet univers. C’est bien car je crois avoir vu que son prochain récit dans cet univers serait une trilogie.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec cette nouvelle intrusion dans le monde d’Evanégyre, qui se situe, d’un point de vue temporel, dans une époque complètement différente de l’Empire d’Asreth. On se retrouve plonger ainsi dans une histoire qui peut, aux premiers bords paraitre classique, mais qui est maîtrisée, captivante mélange de mensonges, de trahisons, de manipulations et de jeux de pouvoir et qui n’oublie pas aussi de pousser le lecteur à se poser des questions. L’univers, se révèle dense, soigné, nous présentant la ville d’Aniagrad qui oscille entre ombre et lumière et qui donne envie d’en apprendre plus tant elle se révèle tortueuse. On s’accroche très rapidement au personnage principal de Rhuys, naïf adolescent qui va, par la force des choses entrer dans le monde adulte avec tout ce que cela entraine. Les personnages qui gravitent autour de lui se révèlent eux-aussi très intéressants à découvrir, avec une mention spéciale pour la vendeuse, héroïne passionnante, vivante et charismatique, apportant une touche de poésie. Je ne relèverai que deux points, le premier est que j’ai ressenti quelques longueurs, mais rien de vraiment dérangeant tant on est pris dans l’intrigue. Le second vient d’une révélation que j’ai vu venir très rapidement, rien de non plus dérangeant vu que l’intérêt vient des conséquences qu’elle amène, mais tout de même légèrement frustrant. La plume de l’auteur se révèle travaillée, captivante et fluide, nous plongeant avec facilité de nouveau à la découverte d’Evanégyre dont je lirai sans soucis d’autres écrits.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Dionysos, …

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