Auteur/autrice : BlackWolf Page 74 of 202

Structura Maxima – Olivier Paquet

structura maximaRésumé : La structure est un univers vertigineux de poutrelles et de niveaux, où s’est développée une civilisation dont les racines se perdent dans la nuit des temps et qui a atteint son point de rupture. Entre la Vapeur, la communauté qui produit l’électricité à partir du magma, et les Poutrelles qui, au nom de leur dieu, interdisent l’ouverture du dôme recouvrant la cité, la guerre se prépare.
Dans cette atmosphère étouffante, Victor Mégare et son fils Jehan cherchent un destin différent. Victimes de la Vapeur et des Poutrelles, ils explorent les origines de cet antagonisme. Que protègent les Poutrelles derrière leurs interdits divins ? Quel but cherche à atteindre la Vapeur en encourageant la Structure tout entière à bouleverser les anciens équilibres ? Et où se trouvent les réponses ? Entre l’ombre et la lumière, dans la vapeur des chaudières et le gigantisme des poutrelles, ou bien derrière le décor, de l’autre côté de la paroi du dôme ?

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Structura Maxima est le tout premier roman de l’auteur publié initialement aux éditions Flammarion il y a une dizaine d’années, qui bénéficie aujourd’hui d’une nouvelle édition chez L’Atalante. Il s’agit d’ailleurs du seul roman que je n’avais pas encore lu de l’auteur, je suis donc content de cette réédition, puisqu’elle m’a permis de pouvoir le faire entrer dans ma PAL et ainsi de pouvoir me faire mon avis. Il s’agit d’un roman qui peut être lu de façon indépendante, mais qui, d’une façon ténue, se situe aussi dans le même univers que la trilogie du Melkine ou encore du livre Les Loups de Prague. Concernant la couverture, illustrée par Raphaël Defossez, je la trouve réussie et qui colle plutôt bien à l’univers.

 On se retrouve ainsi plongé au fil du récit dans un monde complètement fermé par un dôme, la structure, mais où la révolution et le changement gronde entre les Vapeuriers et les Poutrelliers. Au milieu de cette guerre qui s’annonce va se croiser ainsi le destin de plusieurs personnages. La première chose qui m’a marqué dans la lecture de ce roman c’est l’univers que construit l’auteur au fil des pages. Une cité aux fortes tendances industrielles, remplie de métal, de vapeur, de puissance, d’huile mais qui possède aussi un aspect clairement fascinant, tout en verticalité, en hauteur, en évasion, ces cheminements de niveau en niveau par poutrelles ou par ascenseur qui offre ainsi au lecteur une cité tout à fait fascinante à découvrir. Attention ici je ne parle pas de Steampunk ou autres, non un simple futur qui a évolué pour aboutir à cet équilibre entre technologie et espoir.

Au milieu de tout cela viennent se positionner deux factions complémentaires pour la survie de tous et pourtant de plus en plus antagonistes dans leurs besoins d’avancer, de changer. Entre la Vapeur, qui correspond aux scientifiques, aux ingénieurs, aux terres-à-terres, qui nous font découvrir de façon prenante et captivante le coeur de la machine, son battement de vie journalier, sa puissance et  les Poutrelles qui eux nous font nous élever, nous font rêver, découvrir un brin de folie, mais aussi de mystère, fortement teinté de poésie et de mysticisme, le torchon brûle. On sent d’ailleurs que l’ensemble se révèle clairement maîtrisé, que ce soit dans la partie technique, comme dans la partie politique, tant l’ensemble parait cohérent, palpable et n’est pas non plus sans rappeler certains aspects encore bien présents de nos jours. Une légère touche « manga » vient aussi colorer ce monde, que ce soit à travers la cité, pour laquelle la référence dans le quatrième de couverture au Château dans le Ciel n’est pas usurpée, mais aussi sur d’autres aspects, ce qui apporte, je trouve, un véritable plus à l’ensemble. En tout cas un univers captivant qui donne envie de plonger dedans et d’en apprendre plus, d’en découvrir plus. L’intrigue, construite sur un rythme lent, se révèle de plus en plus prenante dans ses machinations et ses jeux de pouvoirs, pour monter lentement en tension au fil des pages et des révélations.

Mais voilà ce roman n’est pas que la découverte d’une simple cité, aussi fascinante soit-elle, l’auteur cherche aussi à nous faire réfléchir, principalement sur notre besoin d’avancer, d’évoluer. Ainsi on dévoile au fil des pages deux identités qui sont figées dans une routine et commencent peu à peu à mourir dans un monde figé, clos par la structure avec ses contraintes et dont le seul changement parait être la guerre. Pourtant une troisième voie est toujours possible. On se retrouve ainsi à se poser de nombreuses questions que ce soit sur le point de vue de l’identité, de la façon dont une simple idéologie, un langage, peut gripper le rouage, mais aussi sur la définition du bonheur, de l’absence de recul qui fait que parfois on ne se rend pas compte de ce que l’on possède. Après tout la structure est-elle si horrible que cela? Le développement de la civilisation doit-il se faire dans le mouvement et la violence? C’est ce que le lecteur va découvrir au fil des pages,  à travers de nombreux secrets qui vont se révéler, aboutissant à une conclusion intéressante dans le message qu’elle partage, avec une touche de mélancolie et de mystère qui, je trouve, colle parfaitement au récit.

Concernant les personnages l’auteur nous dévoile au fil des pages une palette de personnalités assez larges, qui ne manquent pas d’intérêts, se révélant complexes, allant du héros blessé qui s’enfonce dans la souffrance et l’auto-destruction, en passant par le jeune adulte insouciant, avide de changement ou encore des personnages féminins à la fois tendres et dures, qui vont fortement changer le héros principal. Ils se révèlent tous attachants et  nous plongent assez facilement, que ce soit dans leurs réflexions, comme dans leurs aventures, possédant chacun d’entre eux leurs émotions, leurs envies, leurs défaites, leurs qualités et leurs défauts, les rendant ainsi profondément humains. Sauf que voilà, je ne vais pas le nier, ils se révèlent tout de même un peu trop prévisibles, que ce soit dans leurs façon d’avancer comme dans leurs réactions. Cela ne dérange en rien la lecture tant le but du roman n’est pas là, mais peut légèrement frustrer par moment. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste, apportant leurs propres voix à l’ensemble, leurs propres visions, leurs propres folies et leurs propres besoins.

Mes seuls regrets concernant ce roman viennent en premier lieu que sur la fin l’ensemble semble s’accélérer un peu trop rapidement, apportant ainsi quelques facilités et quelques révélations un peu trop rapides pour franchement se révéler efficaces. Ensuite, l’histoire parait peut-être par moment un peu trop linéaire dans son ensemble, certes il sert parfaitement le message que cherche à faire passer l’auteur, mais un peu plus de surprises aurait pu apporter un plus. Enfin, la conclusion sur cette guerre, sans la révéler, m’a paru légèrement facile, même si c’est vrai elle possède aussi une force qui la rend intéressante. Au final rien de non plus très dérangeant, et qui n’enlève ou ne gâche en rien les qualités de cette histoire qui à la fois nous rappelle l’importance de rêver et du changement, mais qui nous fait aussi réfléchir sur l’importance des idées et la façon dont on s’en sert. Le tout est aussi porté par une plume qui se révèle soignée, efficace, dense, malgré parfois quelques dialogues un peu surjoués, et qui a réussi à me happer dès les premières pages.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui nous offre une histoire qui se révèle fluide, certes à un rythme assez lent, mais qui nous dévoile un univers futuriste fascinant, empli de métal, de vapeur, de hauteurs et de rêve qui fait qu’on se retrouve rapidement happé par ce que nous propose l’auteur. Mais voilà il s’agit ici bien plus que la découverte d’une cité, l’auteur n’oublie pas pour autant de nous faire réfléchir que ce soit sur l’immobilisme, le besoin de changement, d’évoluer, mais aussi sur la puissance d’une idéologie, la façon dont elle peut tout faire gripper, mais aussi sur la définition du bonheur. Les personnages qu’on découvre au fil du récit se révèlent complexes, attachants, denses et surtout humains, avec leurs forces et leurs faiblesses, dont mon seul reproche vient du fait qu’ils sont peut-être un peu trop prévisibles. Concernant les personnages secondaires ils apportent eux aussi leurs propres voix au récit. Je regretterai finalement que la conclusion se révèle un peu trop rapide et parfois légèrement facile dans sa résolution, mais aussi l’ensemble parait légèrement linéaire. Rien de non plus gênant, tant le message fonctionne bien et l’ensemble se révèle fluide, bien porté par une plume soignée et dense, malgré c’est vrai quelques dialogues un peu surjoués. Je lirai sans souci les prochains écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 7,5/10

Trolls & Légendes, l’Anthologie Officielle – Collectif

trolls & legendes 2015Résumé : Entre mythologie, humour et (en)quêtes, parcourez avec eux les sentiers qui mènent aux trolls, ces créatures de légende. Retournez dans le Paris délicieusement steampunk d’Ambremer avec Pierre Pevel ; embarquez pour l’Islande aux côtés de Claudine Glot et d’un chevalier en mal d’aventures ; tombez sous le charme d’un retable aux étranges pouvoirs avec Estelle Faye ou mettez fin à l’exploitation des nains de jardin dans le monde de la nuit parisienne en compagnie d’Adrien Tomas.

Edition : Actu SF

 

Mon Avis : Il y a un peu plus de deux ans j’ai participé au festival Trolls et Légendes et j’étais reparti avec l’anthologie, sur le thème du semi-homme, sous le bras qui sans se révéler mauvaise, ne m’avait que moyennement convaincu. Cette année je n’ai pas eu la chance de pouvoir aller au festival, mais cela ne m’a pas empêché de me laisser tenter par cette anthologie qui a décidé de mettre à l’honneur le Troll. Quoi encore un livre sur les Trolls? vous vous dites. Bah oui mais c’est tellement mignon ces petites bêtes qu’on en redemande. Non?. Sinon plus sérieusement on note la couverture, illustrée par Magali Villeneuve & Alexandre Dainche, que je trouve vraiment superbe. Ce recueil nous propose ainsi de découvrir 10 nouvelles d’auteurs différents.

Sous les Ponts de Paris de Pierre Pevel : Cette nouvelle de l’auteur prend place dans une de ses univers déjà existant, Le Paris des Merveilles, que j’avoue ne pas avoir encore lu. Donc quoi de mieux que lire ce récit pour se faire un avis. Je dois bien avouer qu’au final il se révèle très sympathique, traitant d’une grève des Trolls parisiens ce qui va fortement influencer la circulation sur les ponts de la ville avec son lot de surprises et de rebondissements. Un texte efficace, fluide, avec une bonne dose d’humour agréable et des personnages efficaces qui offrent un plus à l’ensemble. Alors certes le format court offre quelques raccourcis légèrement frustrants, mais rien de dérangeant. En tout cas j’ai bien envie de découvrir ce Paris des Merveilles. Un texte qui démarre de façon agréable cette anthologie.

D’Azur au Troll d’Or de Claudine Glot : J’avoue que je ne connaissais rien de l’auteur avant de me lancer dans cette nouvelle. Elle est spécialisée dans le mythe Arthurien et cela se ressent très rapidement dans le texte qu’elle nous propose, nous faisant découvrir un chevalier en quête de gloire et de combats épiques qui part donc à la recherche d’un Troll comme trophée, sauf que rien ne va se passer comme prévu. Le début parait très classique, avec cette quête de reconnaissance, mais très rapidement l’auteur prend le contre-pied et nous offre une histoire que j’ai trouvé efficace et divertissante, sans non plus révolutionner le genre, montrant l’absurdité de certains combats nobles et en nous faisant réfléchir sur le fait que parfois une épée n’est pas toujours la solution à tous les problèmes.

La Montagne aux Trolls d’Estelle Faye : Un texte qui plonge plus dans le fantastique où l’on découvre une jeune conservatrice de musée qui va se trouver fasciner par un retable dans la vallée des Vosges. Une nouvelle que j’ai trouvé très réussie, principalement pour son ambiance étrange et légèrement dérangeante qui monte lentement en tension au fil des pages et des révélations pour mieux happer le lecteur jusqu’à la fin. Un récit efficace et fluide qui offre une conclusion réussie et captivant.  On notera aussi un léger parallèle intéressant entre ville et campagne, certes classique, mais qui offre tout de même quelques réflexions.

Yamadut de Cassandra O’Donnell : Cette nouvelle prend place dans un des univers de l’auteur, celui de Rebecca Keane cycle d’urban fantasy, dont je n’ai rien lu. Concernant cette histoire on suit une chasseuse à la poursuite d’un Troll. Le texte cherche à se révéler nerveux, percutant et sans temps mort, certes il remplit plutôt bien ces aspects, mais j’avoue ne jamais avoir réussi à rentrer complètement dedans. La faute en revient d’abord un peu à l’héroïne qui dans ce texte parait tellement invincible, tant elle parait avoir de pouvoir ou de facilités, que le récit en perd de son intérêt, ensuite par le fait que cette nouvelle donne plus l’impression de lire un chapitre de son roman qu’un vrai texte indépendant. C’est dommage.

Seulement les Méchants de Jean-Luc Marcastel : Une nouvelle qui nous fait découvrir une enquête policière sur le meurtre horrible d’une jeune fille. Un texte plutôt bien écrit, qui offre un face-à-face qui ne manque pas d’attrait, mais qui m’a paru trop linéaire au point que j’avais deviné rapidement la conclusion. Cela n’empêche pas ce récit de se révéler sympathique et agréable à lire où l’auteur s’amuse par contre de façon intéressante, même si parfois un peu trop appuyée, sur la définition de monstre, mais qui, pour moi, au final, rentre plus dans le vite lu, apprécié, vite oublié.

Une Créature Extraordinaire de Magali Ségura : Cette nouvelle nous fait découvrir le destin d’une jeune fille viking qui, après s’être engueulé avec sa mère décide de fuguer, mais va rencontrer un Troll, ce qui va changer sa vie. Un texte qui se révèle comme ça aux premiers abords classique, mais qui a vraiment réussi à me toucher par sa construction et sa plume, se révélant émouvant et soigné, principalement au niveau des relations familiales. La conclusion sonne juste et se révèle réussie. Une certaine mélancolie se dégage de ce texte, à travers la perte et la souffrance des uns et des autres, qui nous montre aussi que la communication n’est pas toujours facile. Un des meilleurs textes du recueil j’ai trouvé.

Le Troll de sa Vie d’Adrien Tomas : On replonge ici dans l’univers d’urban fantasy que construit l’auteur depuis peu et dont j’ai découvert une première nouvelle dans l’anthologie des Imaginales Trolls & Licornes. Cette nouvelle nous propose ainsi une nouvelle enquête de l’inspectrice Tia, qui est chargée de surveiller les méta-humains pour éviter tout débordement. Comme son précédent texte une nouvelle pas mauvaise, mais qui possède les mêmes qualités et les mêmes défauts. Un univers intéressant, qui mérite d’être développé sur une format plus long, mais le format court et l’histoire un peu foutraque fait qu’il est un peu compliqué de s’attacher vraiment à l’héroïne et offre une conclusion beaucoup trop rapide et légèrement frustrante. A voir si l’auteur décide de construire son histoire dans un roman car il y a du potentiel.

Le Mythe de la Caverne de Gabriel Katz : Cette nouvelle nous plonge au coeur d’un groupe de mercenaire, qui ont connu la guerre sainte et qui se retrouvent après des années pour chasser un Troll et surtout la récompense qui va avec. L’auteur nous offre ici un récit qui décide de démarrer de façon classique, mais pour mieux nous surprendre par la suite, offrant un contre-pied à certains codes d’honneurs qu’on retrouve dans les récits de chevalier. Un texte efficace, bien construit, avec une bonne dose de cynisme, d’absurde et d’humour noir, le tout dans une ambiance sombre, qui m’a fait passer un très bon moment de lecture.

Le Mal Caché de Patrick McSpare : Cette nouvelle va nous faire découvrir un homme qui découvre la mort de sa compagne par ce qui parait être des démons et va chercher à se venger. J’avoue n’être jamais vraiment rentrer dans ce récit, en premier lieu il m’a paru trop imbriqué dans l’univers de la série de l’auteur Les Héritiers de l’Aube pour être vraiment indépendant, ensuite j’ai trouvé que niveau information l’auteur en offrait beaucoup trop en peu de pages et enfin j’ai trouvé que le récit possédait trop de facilités pour vraiment réussi à m’embarquer vraiment. Dommage car le côté action est vraiment là.

Vieux Tacot de Megan Lindholm : Pour ceux qui ne le savent pas, Megan Lindholm et l’autre nom de plume de Robin Hobb. Sous le premier elle sort des écrits plus SF là où, sous le second, elle publie ses récits Fantasy. Ce Vieux Tacot nous propose donc une histoire de Science-Fiction futuriste où l’on suit une famille qui reçoit en héritage une voiture. Un texte qui se révèle bien sympathique, avec une belle ambiance nostalgique sur cette mère et ses deux enfants qui, à travers une voiture un peu « vieillotte » vont se trouver des points communs. Rien de non plus transcendant, mais une histoire qui se lit facilement et se révèle très divertissante. Là où par contre cette nouvelle surprend c’est le choix éditorial de la publier dans une anthologie qui n’a offert que des textes sur les Trolls là où Robin Hobb nous parle de tout autre chose, mais bon l’éditeur ne pouvait sûrement pas passer à côté de la présence de l’auteur au festival.

En Résumé : Cette anthologie du festival Trolls & Légendes s’est révélé finalement assez sympathique à découvrir, nous proposant 10 textes assez variés avec comme point central, excepté pour la nouvelle de Robin Hobb qui traite d’un tout autre sujet, le Troll. Entre humour, dérision, aspect épique ou encore ambiance angoissante le Troll nous dévoile ici ses multiples facettes. Alors certes je n’ai pas été conquis de la même façon par tous les textes, certains me laissant même de marbre, là où d’autres on se sont révélés très réussis et surprenants, mais dans l’ensemble cette anthologie se révèle divertissante et permet aussi par la même occasion de découvrir quelques auteurs de l’Imaginaire, leurs plumes et leurs univers.

 

Ma Note : 7/10

 

Autres avis : Bibliocosme, La plume ou la vie, …

CRAAA

Challenge CRAAA 3ème lecture

Les Fantômes d’Ombria – Patricia A. McKillip

les fantomes d'ombriaRésumé : Le Prince d’Ombria agonise, et déjà sa cruelle tante Domina Pearl, surnommée la Perle Noire, intrigue pour s’emparer du pouvoir. L’héritier du trône de la cité n’est encore qu’un enfant incapable de gouverner, et son cousin un bâtard méprisé, qui passe son temps à peindre les rues de la cité décadente. Personne ne semble en mesure de s’opposer aux ambitions de la puissante Perle Noire…
Mais au-dessous des ruelles de la cité s’étend une cité enfouie, un reflet spectral peuplé par les fantômes d’Ombria. C’est le royaume de la sorcière Faey et de sa création, Mag, une jeune fille aux trait parfaits que Faey a sculptés dans la cire. L’allégeance de Faey est incertaine, et Mag est fascinée par le neveu batard du prince… Quelque part entre ombre et lumière, leurs destins s’assembleront comme les pièces d’un puzzle magique où se jouera le sort d’Ombria.

Edition : Mnémos
Poche : Points

 

Mon Avis : Depuis quelques temps j’avoue avoir un peu de mal à complètement m’emballer pour les dernières nouveautés en Fantasy, sauf quelques exceptions. J’ai donc décidé de fouiller un peu dans ma PAL pour en sortir un des nombreux romans qui trainent, et qui pourrait me convaincre. J’ai donc décidé d’en sortir Les Fantômes d’Ombria, primé au World Fantasy Award et dont les quelques avis que j’ai vu passer à l’époque me donnait très envie de le découvrir. En plus s’agissant d’un one-shot j’évite ainsi de me lancer dans la lecture d’un nouveau cycle. Il faut aussi noter la couverture, illustrée par Julien Delval, que je trouve accrocheuse et réussie.

Et je dois bien avouer que je suis au final bien content de mon choix tant j’ai été emporté. On plonge ici dans un récit qui, aux premiers abords, peut paraitre classique avec la mort d’un prince, une régente ambitieuse et calculatrice qui prend le pouvoir, l’ancienne maîtresse mise à la rue, un héritier trop jeune pour s’imposer et un bâtard qui se perd entre le besoin de sauver Ombria et sauver le prince héritier. Sauf que voilà ce roman ne s’arrête pas qu’à une simple lutte de pouvoir, il a vraiment réussi à me happer dès la première page offrant une histoire, certes possédant un rythme assez lent, mais qui s’avère terriblement accrocheuse, nous offrant des intrigues, des sous-intrigues et des tragédies qui apparaissent passionnantes et qui, plus on avance dans le récit, plus elles offrent au lecteur de nombreux aspects originaux dans la façon dont l’auteur les imbriquent et dévoilent ses révélations. Ici pas vraiment non plus d’action effrénée, de violence ou de batailles, ce n’est pas le but du récit, jouant plus de façon terriblement efficace sur les mystères et les secrets, mais cela n’empêche pas le récit de se révéler finalement sombre, où la souffrance et le désespoir règne. Un des intérêt du roman vient d’ailleurs d’offrir de nombreux fils complexes et étranges tout en évitant de se perdre dans un monde trop grand, se concentrant sur la simple ville d’Ombria.

Il faut bien avouer aussi qu’Ombria n’est pas n’importe quelle ville et qu’elle offre ainsi un univers qui est, selon moi, l’une des grandes forces du récit, se révélant à la fois magique, poétique, dérangeante et fantomatique. Elle possède ainsi une double lecture tout du long, lumineuse et obscure, vivante et fantomatique, la ville d’en haut et la ville souterraine ; elle intrigue dès les premières pages, elle fascine, même dans des passages plus angoissants. Une aura de magie, de bizarrerie des plus fascinante ce dégage de ce monde où la magie existe et a son importance, mais surprend le lecteur par son originalité ; cette étrangeté joue d’ailleurs énormément, donc si vous n’appréciez pas ce genre d’univers il vaut mieux passer votre chemin. La première découverte de cette ville vient de la fuite de la maitresse du château qui a vraiment réussi à me happer par son côté spectral, oppressant, perturbant et qui pourtant, au fil des pages, va nous révéler une ville qui devient un personnage important du récit et qui donne clairement envie d’en apprendre plus. La politique reste aussi bien présente, la mort du Prince va amener de nombreux bouleversements dans une ville résignée, qui a peur et qui souffre. L’avenir d’Ombria est ainsi en jeu, mais pas que du point de vue politique, et je vous laisserai deviner pourquoi pour ne pas trop spoiler, et va ainsi offrir de nombreuses surprises et de nombreuses révélations. Le tout est parfaitement porté par des descriptions qui, en quelques lignes à peine, arrivent facilement à rendre ce monde vivant, palpable et lui offre surtout cette aura de poésie et de magie. L’auteur ne se perd jamais dans de longues descriptions et pourtant elle arrive à offrir  à son monde une grande densité et une complexité qui se révèlent passionnants, envoutants jouant ainsi avec l’imagination du lecteur.

Concernant les personnages il y en a finalement peu, ce qui va se révéler une très bonne chose, permettant ainsi de développer chacun d’entre eux pour les rendre attachants, passionnants à découvrir dans leurs envies et leurs mystères, tout en se révélant complexes et travaillés et qui évoluent au fil des aventures. J’avoue avoir eu une préférence pour Mag poupée de cire de Faey la sorcière, personnage étrange qui va découvrir sa véritable nature et son importance au fil du récit ainsi que Duncan le bâtard qui se retrouve au milieu de luttes de pouvoir et dont il va devoir faire des choix pas toujours faciles. Cela ne veut pas dire que les autres personnages sont moins bon, loin de là, l’auteur arrive vraiment à nous offrir un casting haut de gamme que ce soit Lydea l’ancienne maîtresse qui a connu le firmament et va redécouvrir la misère de la ville, Domina la régente qui est loin d’être ce que l’on croit et qui cache de nombreux secrets ou encore Kyel petit prince, pion dans un jeu qui le dépasse et dont il ne comprend pas grand-chose, chacun se révèle à sa façon intéressant à découvrir et à croiser. Mais surtout ils ne se laissent pas non plus écraser par la ville, ils arrivent eux aussi à sortir du lot, à s’imposer, où chacun dévoile doucement son jeu.

La plume de l’auteur se révèle vraiment superbe, poétique, fascinante, jouant entre réalité, étrangeté et envoûtement tout en nous dévoilant un univers sombre et fascinant pour mieux nous happer, le tout à travers un rythme pourtant lent qui offre ainsi une certaine mélancolie qui colle parfaitement à l’histoire. Elle joue ainsi avec le lecteur, où les réponses ne sont pas données facilement et où la conclusion, à la fois ouverte et offrant une fin au récit, permettra à chacun de se faire son avis. J’aurai peut-être juste un tout petit regret concernant certains aspects de l’intrigue qui manquent légèrement de profondeur et de développements, mais je ne fais que pinailler tant j’ai été séduit par ce récit. Je lirai sans soucis et avec grand plaisir d’autres écrits de l’auteur et, justement, Mnémos a réédité il y a peu en intégrale Cygne de l’auteur que je pense faire rentrer très prochainement dans ma PAL.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui nous offre une histoire qui, aux premiers abords peut paraitre classique, mais offre une histoire, au rythme lent et prenant, qui se révèle soignée, pleine de poésie et de magie, ou viennent se mélanger les fils de l’intrigue pour mieux surprendre le lecteur. L’univers développé tout au long du roman, se reposant sur cette ville d’Ombria pleine de mystères, se révèle un des gros points forts du roman jouant sur une certaine dualité et sur un aspect d’étrangeté qui m’a fasciné à travers de nombreux aspects que j’ai trouvé originaux. Les personnages ne sont pas si nombreux que cela, mais gagnent ainsi en profondeurs, se révélant soigné, travaillant et passionnants à découvrir le long de leurs aventures et de leurs rencontres. La plume de l’auteur se révèle soigné, poétique, entrainante, bien porté par des descriptions laissant la part belle à l’imagination tout en se montrant vivante et palpable. Je regretterai peut-être juste que certains aspects m’ont paru manquer de développement, mais rien de bien bloquant. Je lirai sans soucis et avec grand plaisir d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8,5/10

 

Autres avis : Liselle, Zahlya, …

La Grande Route du Nord, Tome 2 – Peter F. Hamilton

la grande route du nord 2Résumé : Deux mois se sont écoulés depuis le meurtre d’un clone North à Newcastle. Son identité exacte demeure un mystère et toutes les hypothèses restent ouvertes. Sur place, l’inspecteur Sidney Hurst et son équipe soupçonnent la pègre locale. Et la lutte pour le contrôle du marché transstellaire du biocarburant pourrait bien provoquer des dissensions au sein du clan North.
Sur la planète St Libra, les « accidents » suspects s’accumulent pour l’expédition de l’ADH, partie à la recherche d’un potentiel assassin d’origine extraterrestre. Isolés en terrain hostile, coupés de leurs bases arrière, les survivants sont plus que jamais en situation critique. Une seule certitude : la clé de l’énigme réside dans le passé trouble de la mystérieuse Angela Tramelo, qui fait partie de la mission. Le dénouement de cette histoire sera… explosif !

Edition : Bragelonne
Poche : Milady

 

Mon Avis : Il y a quelques mois je me suis laissé tenter par le premier tome de ce récit qui, malgré un démarrage un peu long à mon goût, se révélait offrir une intrigue sympathique, efficace et fluide (ma chronique ici). L’éditeur ayant décidé de scinder ce roman en deux, j’ai donc fait rapidement entrer cette « suite » dans ma PAL, qui a finalement attendu plusieurs semaines avant que je l’en fasse sortir comme souvent quand un livre vient se perdre dans ma PAL. J’avoue que j’avais quand même hâte de savoir ce qu’allait proposer l’auteur pour conclure son récit. Concernant la couverture, illustrée par Fred Augis, je la trouve moins intéressante que la première, même si elle reste dans l’ensemble assez sympathique.

Le soucis qu’on peut imaginer quand on se lance dans un livre scindé en deux pour la VF, et que j’ai attendu quelques mois pour me lancer dans la suite, vient du fait de pouvoir rentrer dans l’histoire sans se sentir perdu ou avoir l’impression d’avoir oublié des points importants. Sauf que voilà, contrairement à mes craintes je me suis tout de suite retrouvé dans cette suite, certes il m’a fallu parfois faire cogiter mes neurones pour me souvenir de quelques informations, mais dans l’ensemble j’ai de nouveau été facilement plongé dans ce récit qui va se révéler tout du long fluide, entrainant, où le jeu de pistes de mensonges et de vérités continue à se développer à un rythme assez efficace. Que ce soit entre l’aspect policier, avec l’enquête de la mort d’un North, où l’expédition sur St Libra à la recherche d’une possible présence extraterrestre, mais qui va connaitre de nombreux soucis et de nombreux accidents, l’auteur sait bien tenir le lecteur en haleine, jouant avec les tensions, les révélations et les retournements de situations, ce qui fait qu’on ne s’ennuie jamais vraiment dans ce second tome. Il faut aussi dire que l’ensemble commence à se décanter, les révélations se font la vérité se dévoile enfin au fil des pages. Sauf que voilà au final, malgré que l’ensemble se laisse lire facilement, je n’ai jamais non plus été complètement emballé par ce que nous propose l’auteur. Certes c’est divertissant, mais de nombreux points m’ont laissé perplexes, voir m’ont frustrés.

Déjà, pour ceux qui connaissent Peter F. Hamilton, il faut dire, du peu que j’ai lu de lui, qu’il n’est pas l’auteur de SF le plus fin et le plus complexe qui soit. Est-ce que c’est une mauvaise chose? non loin de là, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, une intrigue plutôt simple n’empêche pas d’aboutir à des romans efficaces, entrainants et percutants et de se lire avec grand plaisir. Sauf que voilà, pour cette Grande Route du Nord l’intrigue a la finesse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Que ce soit dans ce jeu de tension entre l’existence ou pas de l’alien ou le fond de l’enquête, j’avoue que l’ensemble est un peu trop prévisible. Ensuite l’auteur a un peu de mal avec certains aspects logiques, que ce soit le militaire qui voit ses hommes décédés mystérieusement, qui demande de l’aide et qu’on lui refuse sans véritable raison cohérente, ou bien le hacker qui hack le hacker qui hack le hacker sans que personne ne se rend compte de rien alors que le tout nous est présenté comme extrêmement risqué, ou encore les grosses ficelles concernant les relations de quelques personnages, j’avoue que cela m’a laissé parfois perplexe. Enfin un dernier point qui m’a dérangé ce sont les longueurs, j’en avais déjà constaté dans le premier tome, mais j’ai trouvé que dans ce second tome il y en avait aussi pas mal, soit l’auteur se perd un peu dans ses descriptions offrant d’ailleurs de nombreuses répétitions, soit des passages m’ont paru très peu utiles, soit j’ai trouvé qu’il se perdait dans des flashbacks pas toujours intéressant. Cela n’empêche pas l’ensemble d’être divertissant, mais c’est dommage.

Surtout qu’on y retrouve clairement ce qui fait les qualités d’Hamilton dans ce roman, cet univers d’une grande densité et qui surtout lui permet de mettre en avant une grande imagination principalement d’un point de vue technologique, avec les trous de ver, le clonage, le maillage intelligent, la surveillance par caméra et autres qui collent parfaitement à l’ensemble. Il n’oublie pas non plus pour autant de développer l’image de fond en nous proposant un avenir ou la politique libérale, capitaliste, où les entreprises et la finance occupe une place importante, où la politique repose plus sur l’image que sur le fond. Alors certes c’est parfois pas d’une grande finesses, mais rien de dérangeant et surtout l’ensemble reste plausible. L’ensemble est bien porté par des descriptions simples et efficaces, même si parfois l’auteur se perd un peu trop en répétition, nous rappeler une dizaine de fois comment marche une technologie ne la rendra pas plus réel. Là où par contre je suis légèrement déçu, c’est dans la volonté de vouloir offrir à l’histoire une réflexion plus environnementale, pousser le lecteur à se poser des questions sur notre consumérisme, notre capacité à tout vouloir maintenant, à détruire pour notre propre évolution sans jamais se soucier de ce que l’on fait, sauf que là aussi l’ensemble est trop caricatural, trop simpliste et binaire pour complètement m’emballer. Je ne spoilerai pas la conclusion, mais de ce point de vue environnementale elle se révèle assez étrange. Dommage car sur ce point il y avait du potentiel.

Concernant les personnages on reste dans la continuité du tome précédent avec des personnages assez intéressants, soignés, dont on suit les péripéties avec un minimum de plaisir, mais dont, comme dans le premier tome, il manque un vrai personnage qui sorte du lot. Ils ne sont pas mauvais, on s’attache même avec certains d’entre eux, mais voilà il y a toujours un moment ou un autre où ils tombent un peu dans les stéréotypes, ce qui les dessert légèrement par moments. Par contre autant les personnages principaux, pas de soucis que ce soit Sid, Angela, Vance, malgré leurs défauts on voit ce qu’ils apportent au récit, autant certains personnages secondaires ne paraissent rien apporter, comme Saul, ou bien offre parfois des passages qui ont clairement du mal à se révéler crédible comme Ian. Alors rien de bien gênant, mais comme je l’ai dit cela offre un sentiment que l’auteur s’est trop laissé aller dans les détails et que là ou l’éditeur aurai dû faire quelques coupes il ne l’a pas fait.

La plume de l’auteur se révèle simple, efficace, entrainante et plonge finalement le lecteur assez facilement dans son intrigue. Il montre qu’il connait parfaitement les mécanismes pour offrir un récit qui, a défaut de vraiment emballer le lecteur la faute à ses quelques défauts, se révèle tout de même fluide et divertissant et se laisse lire avec un minimum d’envie d’en apprendre plus et de connaitre la fin. Concernant la fin d’ailleurs, je regretterai peut-être un peu le côté happy-end facile, mais rien de bloquant ou de dérangeant. Au final dans l’ensemble je ne pense pas que ce roman soit le meilleur de l’auteur, mais il reste divertissant et assez sympathique. J’ai encore d’autres romans de l’auteur qui m’attendent dans ma PAL.

En Résumé : Ce second tome, malgré ses défaut, m’a offert une lecture qui s’est révélé tout de même divertissantes. L’auteur connait bien les mécanismes pour offrir une histoire qui se révèle fluide,entrainante et efficace. Alors certes j’ai trouvé l’intrigue par moment trop simpliste et prévisible, certains aspects m’ont paru mal traités voir ne rien apporter et quelques longueurs se font encore ressentir, mais voilà cela n’empêche pas le lecteur de tourner les pages avec un minimum d’envie d’en apprendre plus. L’univers développé est toujours aussi dense, permettant à l’imagination de l’auteur de s’épanouir, collant parfaitement au récit. Je reprocherai juste l’aspect environnemental que cherche à mettre en avant l’auteur de se révéler trop simpliste et binaire pour réussir à me toucher. Concernant les personnages ils sont intéressants à découvrir, faisant vivre et avancer l’intrigue de façon efficace, même si certains personnages secondaires m’ont paru ne rien apporter, ou avoir certaines réactions un peu trop surprenantes pour se révéler cohérentes. La plume de l’auteur se révèle toujours aussi simple, fluide et efficace, aboutissant à une conclusion qui n’est pas mauvaise malgré un happy-end un peu facile et un aspect que j’ai trouvé étrange, mais bon rien de bloquant. Au final pas le meilleur de Peter F. Hamilton selon moi, mais qui se laisse lire. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 6/10

 

Autres avis : Herbefol, …

The Ice Dragon – George R.R. Martin & Luis Royo

the ice dragonRésumé : The ice dragon was a creature of legend and fear, for no man had ever tamed one. When it flew overhead, it left in its wake desolate cold and frozen land. But Adara was not afraid. For Adara was a winter child, born during the worst freeze that anyone, even the Old Ones, could remember.
Adara could not remember the first time she had seen the ice dragon. It seemed that it had always been in her life, glimpsed from afar as she played in the frigid snow long after the other children had fled the cold. In her fourth year she touched it, and in her fifth year she rode upon its broad, chilled back for the first time. Then, in her seventh year, on a calm summer day, fiery dragons from the North swooped down upon the peaceful farm that was Adara’s home. And only a winter child—and the ice dragon who loved her—could save her world from utter destruction.

Edition : Tor Books

 

Mon Avis : Je vais tout d’abord essayer de resituer le contexte de ce roman, il ne s’agit déjà pas d’un inédit de George R.R. Martin, mais d’une nouvelle, voir novella, qui a été initialement publiée en 1980 dans une anthologie Dragons of Light. Il s’agit d’ailleurs d’un des premiers textes de l’auteur (exactement le quatrième texte si j’en crois sa bibliographie sur Wikipédia). Il y a quelques mois j’ai vu que Tor allait republier ce texte avec des illustrations de Luis Royo, illustrateur dont je trouve assez souvent les dessins magnifiques. Ce fut donc sans surprises que ce livre a rapidement rejoint ma PAL. L’éditeur annonce que cette histoire se situe dans l’univers du Trône de Fer, franchement elle pourrait se situer dans un tout autre univers ce serait la même chose, par conséquent si vous vous jetez sur ce livre en espérant plonger dans le grand cycle de l’auteur vous risquez d’être un peu déçu. La seule référence qui rattache les deux vient du fait qu’un des héros du Trône de Fer cite cette histoire comme un conte qu’on lui racontait enfant.

George R.R. Martin décide ici de se lancer dans le conte qui peut toucher aussi bien un public adulte, pour peu qu’on apprécie ce genre de récit, comme un public un peu plus jeune. On découvre ainsi Adara, petite fille née sous le signe de l’hiver et dont sa mère est décédée en lui donnant naissance, qui vit dans une petite ferme avec son père, son frère et sa soeur. Adara se révèle très vite spéciale, outre le fait qu’elle ne craint pas le froid, elle est aussi émotionnellement distante et ne parait pas ressentir certains sentiments, voir certaines souffrances. D’ailleurs les seuls moments où elle se sent vraiment elle-même c’est en hiver. C’est d’ailleurs durant cette saison qu’elle va rencontrer un dragon de glace. D’un point de vue purement lecture on a ici un conte que j’ai trouvé vraiment très plaisant à lire, certes court, mais qui ne manque pas de se révéler intelligent, mélancolique et habilement mis en place pour happer dès les premières lignes. Ne vous laissez pas avoir par sa construction un peu académique, l’histoire proposée a vraiment réussi à me convaincre et à me captiver.

Mais c’est surtout Adara qui va vraiment sortir du lot, je me suis clairement attaché à elle. on découvre une jeune fille qui vit dans son monde, celui de l’enfance et de la magie, celui des dragons et du blanc de l’hiver, ce qui l’éloigne des autres. Une jeune fille qui grandit et qui va devoir faire des choix, prendre des décisions, surtout que la vie, guerre et la défaite de son pays vont la forcer à les faire. Elle va ainsi entrer dans le monde des adultes, d’une certaine façon perdre sa particularité et son innocence pour devoir affronter la dure réalité et ainsi, d’une certaine façon, devenir comme les autres. Le tout est ainsi présenté de façon mélancolique et poétique ce qui offre, j’ai trouvé, une force à ce passage de l’enfance vers l’âge adulte. Le lien qui se crée entre Adara et son dragon se révèle aussi très intéressant, un lien fort, puissant, sans mots, où chacun accepte l’autre. Alors certes l’ensemble se révèle court (120 pages avec les illustrations mais compter facile 1/4 de moins pour le texte seul je pense), mais voilà l’ensemble se révèle clairement touchant et offre un bon moment de lecture. Le conte reste tout de même un minimum sombre, il peut être lu par un public plus jeunes, mais pas trop jeune non plus je dirai.

Mais voilà là ou le livre, je trouve, gagne encore en qualité c’est bien entendu au vu des illustrations de Luis Royo qui se révèlent vraiment sublimes, vivantes et viennent rendre un peu plus collector cette collection. Les différentes illustrations arrivent vraiment à donner vie à l’univers construit par George R.R. Martin et lui offre ainsi une beauté supplémentaire, se révélant détaillées, soignée et hivernales qui collent parfaitement. Il est difficile de mettre en avant les qualités des illustration, pour vous faire un avis je vous laisse découvrir quelques images sur le site de l’illustrateur ici. En tout cas si les contes ne vous rebutent pas, et si vous accrochez aux illustrations alors je ne peux que vous conseiller de découvrir ce The Ice Dragon.

Pour information une version française va être publiée par Flammarion en Octobre 2015 sous le titre Le Dragon de Glace.
Pour ceux qui cherchent le récit sans les illustrations ils peuvent le retrouver soit dans le Bifrost n°28, soit dans le recueil Dragon de Glace chez Actu SF.

En résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec cette histoire qui nous propose de découvrir un conte poétique, entrainant, mélancolique qui happe dès les premières lignes son lecteur. On découvre Adara, jeune fille marquée par l’hiver, qui va au fur et à mesure des évènements devoir prendre des décisions et faire des choix qui vont la changer complètement. On s’attache rapidement à cette héroïne, principalement au lien fort et profond qui se lie avec le dragon, où chacun accepte l’autre. Ce qui rend encore plus collector ce livre c’est aussi les illustrations de Luis Royo qui se révèlent vraiment magnifiques, précises et soignées qui viennent clairement donner vie au récit de George R.R. Martin. Un conte à découvrir selon moi, surtout si vous appréciez le genre.

 

Ma Note : 8/10

Le Cycle de Lanmeur Intégrale 3, Les Rêveurs de l’Irgendwo – Christian Léourier

le cycle de lanmeur 3 les reveurs de l'irgwendoRésumé : De partout des vaisseaux convergent vers Lanmeur. Si cet afflux est encore contenu dans le territoire contrôlé de l’Enclave, les Mondes Rassemblés ne tarderont plus à contester sa suprématie. C’est dans ce contexte de crise historique que Persval ap Galad est convoqué au palais des Thoreïde. Les annalistes de l’aréopage statistique décident de l’envoyer à la rencontre d’un énigmatique artefact qui erre dans l’espace : dans ses entrailles repose peut-être l’explication de cet univers peuplé d’humanités que Lanmeur réunit depuis des siècles, comme les pièces égarées d’un même puzzle. Un univers dont les lois semblent se modifier avec le temps.
Pour remettre toutes les pièces en place, Persval devra-t-il, guidé par le fantôme informatique d’un mathématicien rebelle, rejoindre en Irgendwo la cohorte des Rêveurs surpris par la mouvance de leur propre création ?

Edition : Ad Astra
Poche : Folio SF

 

Mon Avis : Il y a deux ans environ je me lançais dans ce cycle de Lanmeur, de Chrsitian Léourier, dont j’avais régulièrement entendu parler en bien et qui bénéficiait alors d’une nouvelle édition en intégrales chez Ad Astra. Les deux premiers volumes ne m’ayant pas déçu, proposant des histoires qui se révélaient indépendantes, efficaces, captivantes et intelligentes, mais toutes liées ensemble par cette idée de rassemblement par Lanmeur et offrant ainsi une toile de fond dense. C’est donc sans surprise que je me suis laissé tenter par cette troisième intégrale que j’ai fais rentrer dans ma PAL lors des dernières Imaginales en même temps que la quatrième intégrale inédite. La couverture, illustrée par Eric Scala, se révèle toujours aussi réussie et accrocheuse. Cette troisième intégrale est composée de deux romans.

Les Masques du Réel : Ce premier texte va ainsi nous plonger, pour la première fois dans ce cycle, à la découverte de Lanmeur, la planète à l’origine du Rassemblement et de tout ce qui en découle. D’ailleurs on y découvre un Lanmeur en proie à de nombreux soucis, du fait de l’arrivée de plus en plus massives des étrangers rassemblés, voir même parfois on va dire « colonisés » comme on l’a vu dans les précédents tomes, ce qui crée ainsi de plus en plus de tensions et de discriminations. On va alors suivre Persval ap Galad, qui va être envoyé en mission par la Thoreïde pour essayer de lever le mystère d’un vaisseau qui apparait et disparait mystérieusement et qui pourrait se révéler d’une grande importance.

On quitte ainsi le Planète Opera pour se retrouver plus dans un Space-Opera que j’ai trouvé vraiment réussi et entrainant, nous offrant une intrigue qui va se révéler beaucoup plus complexe que le laissait présager les premières pages, avec son jeu de pouvoirs et de manipulations, où finalement chaque chapitre va apporter une pièce supplémentaire au puzzle qui se dessine, se révélant même un point crucial pour l’avenir du Rassemblement. Car oui cette découverte pourrait remettre en cause énormément de choses, principalement d’un point de vue politique. Ce récit se révèle d’ailleurs une pièce importante du cycle puisqu’on en apprend plus sur la politique de Lanmeur et ses convictions, mais aussi on constate un début de fragilité et de remise en cause qui soulève de nombreuses questions. Le rassemblement montre aussi ici ses limites, outre le fait qu’il s’agit plus d’une assimilation et d’une uniformisation, on se rend ici compte que ce projet amène de nombreuses difficultés, des rejets, de nombreuses réflexions aussi et surtout risque de se retourner contre ceux qui l’ont initié. Mais surtout il continue à poser cette question, comment espérer rassembler, voir faire coexister de nombreux peuples similaires et pourtant dans le fond si différent.

L’univers gagne toujours au fil des histoires en profondeur, ici par deux points que j’ai trouvé vraiment intéressants. Le premier vient de la découverte de la planète de Lanmeur, monde à la technologie extrêmement avancé et qui possède aussi une certaine poésie et une certaine beauté qui s’en dégage malgré une certaine froideur. L’autre point vient justement de l’aspect Space-Opera, qui permet ainsi de découvrir plusieurs planètes, mais aussi d’en apprendre un peu plus sur l’Espace qui entoure cet univers et les façon de se déplacer et de communiquer des uns et des autres. Ajouter à cela un travail sur les personnages et leurs relations que j’ai trouvé vraiment réussi, accrocheur bien porté par Persval, à la fois curieux, intelligent, mais qui pourtant selon Lanmeur se révèle « incomplet » du fait qu’il n’ait terminé aucune formation. Mon seul petit regret vient d’une fin que j’ai trouvé précipité et certains passages un peu classiques et prévisibles, mais franchement rien de vraiment gênant tant l’ensemble m’a fait passer un très bon moment de lecture offrant au lecteur de nombreuses surprises.

La Terre de Promesse : Ce texte va nous amener bien des années après Les Masques du Réel, la politique Lanmeurienne a fortement changé, obligé d’intégrer les peuples Rassemblés, elle a connu de nombreux bouleversements parfois destructifs, en tout cas pas toujours bénéfiques. Sauf que voilà le réseau de communication entres les planètes vient de s’éteindre sans raison. Gald l’annaliste va alors entamer un long voyage dans le monde virtuel d’Irgendwo pour essayer de comprendre cette disparition. On change de nouveau complètement de genre, puisqu’on se retrouve plonger ici dans un roman, certes de nouveau space-opera, mais que j’ai trouvé plus métaphysique dans sa façon d’appréhender l’intrigue et de pousser le lecteur à réfléchir.

L’importance du roman ne vient, ainsi, pas tant de la réponse à cette subite panne de communication, mais plus par le voyage et les réflexions que vont soulever les nombreuses aventures et les nombreuses rencontres que va faire Gald le héros principal, qui va alors découvrir un univers de rêveurs qui devaient être parfaits mais qui ne le sont pas, où finalement la guerre et la destruction sont toujours présentes et où l’utopie est bien loin. On se retrouve aussi à se poser énormément de questions sur la réalité, le virtuel, développant un aspect philosophique sur notre existence, où somme-nous finalement le fruit d’une imagination, ce qui apporte ainsi une dose philosophique que j’ai trouvé vraiment fascinante. Surtout que l’auteur reste concis, précis et clair, il ne plonge jamais vraiment dans des explications trop complexes ou ennuyeuses, le tout bien porté par une plume toujours aussi soignée et efficace.

Cela n’empêche pas non plus à l’auteur de nous faire voyager, de nous faire découvrir de nouveaux mondes, à la fois hostiles, passionnants à découvrir, avec leurs us et leurs coutumes parfois étranges, mais qui donnent en tout cas envie d’en apprendre plus. Les personnages m’ont paru peut-être un peu moins profonds et denses que les autres histoires du cycle, ou en tout cas tout du moins plus présents pour faire évoluer l’intrigue, mais cela ne les empêche pas de se révéler intéressant à découvrir et à partager leurs aventures qui ne manquent pas non plus d’action et de rebondissements. Mon seul regret vient de quelques longueurs que se ressentent par moment dans l’histoire, un peu comme si l’auteur ralentissait un chouïa trop son histoire pour ne pas offrir sa conclusion trop rapidement.

 

De nouveau Christian Léourier propose deux récits qui se révèlent riches, que ce soit aussi bien en réflexions, en personnages ou encore en décors que l’on découvre au fil des pages. Le cycle continue à se densifier pour aboutir à ce dernier texte de cette troisième intégrale qui offre une conclusion ouverte à la fois fascinante, déroutantes et intelligente j’ai trouvé. On continue ainsi à se poser des questions sur l’identité, l’existence ou encore la réalité, le tout toujours porté par une plume fluide, soignée et poétique qui happe très rapidement le lecteur pour ne plus vraiment le lâcher.  Il ne me reste plus qu’à me lancer prochainement dans la quatrième intégrale qui lui reviendra sur les origines du rassemblement.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec cette troisième intégrale du cycle de Lanmeur qui, à travers deux textes, vient nous en dévoiler plus sur la planète de Lanmeur ainsi que cette idéologie du Rassemblement. L’auteur nous propose ainsi deux intrigues différentes mais pourtant que j’ai trouvé réussies, efficaces et entrainantes, proposant aussi au lecteur de nombreuses réflexions, qu’elle soit métaphysique ou plus contemporaine. Comme souvent on rencontre aussi des planètes et des lieux qui ne manquent pas d’attraits et donnent envie d’en apprendre plus que ce soit aussi bien d’un point de vue social que par des descriptions de planète, magnifique, hostiles et attirantes. Les personnages sont toujours aussi soignés, accrocheurs et denses, malgré peut-être un léger manque de profondeurs sur certains dans le second texte. Au final je regretterai juste pour le premier texte une conclusion un peu rapide et quelques éléments trop prévisibles et pour le second quelques longueurs, mais franchement rien de non plus bloquant tant je me suis retrouvé emporter par ces histoire, bien portés par une plume toujours aussi soignée, fluide et captivante. Il ne me reste plus qu’à lire rapidement la quatrième intégrale.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Lune, …

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