Auteur/autrice : BlackWolf Page 78 of 202

La Voie des Oracles Tome 2, Enoch – Estelle Faye

la voie des oracles 2 enochRésumé : Poursuivis par les hommes d’Aedon, Thya, Enoch et Aylus fuient dans les terres barbares…
Sur les routes, les trois acolytes vont découvrir un monde très divers, coloré, fabuleux, où des magies et des mystiques plusieurs fois centenaires côtoient des aspirations farouches à la liberté. Un monde plus vaste et plus étrange que tout ce qu’ils auraient pu imaginer.
Au cours de ce nouveau voyage, Thya et Enoch vont à nouveau être mis à l’épreuve, et se révéler, ou se perdre…. Avec, en fond, la menace grandissante d’Aedon, soutenu cette fois par un nouvel allié surnaturel…

Edition : Scrinéo

 

Mon Avis : Il y a quelques mois je me suis laissé tenter par le premier tome de ce cycle de La Voie des Oracles, qui m’avait alors permis de passer un bon moment de lecture avec une histoire maîtrisée et entrainante, pleine de mystères et de magie, le tour porté par des personnages captivants (ma chronique ici). C’est donc sans surprises que lors des dernières Imaginales j’ai fait rentrer cette suite très rapidement dans ma PAL pour savoir ce qu’allait nous proposer l’auteur. Concernant la couverture, toujours illustrée par Aurélien Police, je la trouve toujours aussi magnifique.

La fin du premier tome avait offert au lecteur de nombreuses révélations, que ce soit sur les personnages comme le destin et dès la première page de ce tome on replonge avec plaisir dans le quotidien de nos héros, toujours en fuites, poursuivis par le frère de Thya : Aedon. Très rapidement de nombreux autres dangers vont apparaitre, les épreuves que vont rencontrer les personnages vont se révéler plus dures et vont complètement les changer. Contrairement au premier qui se révèle une fuite en avant pleine d’action et de rebondissements, j’ai trouvé que ce deuxième tome offrait un rythme un peu plus posé, un peu plus lent, cherchant ainsi plus à mettre en place de nombreuses lignes d’intrigues et de sous-intrigues qui se révèlent efficaces et franchement plaisantes à découvrir, tout en n’oubliant pas de nous offrir aussi quelques scènes épiques, intenses et pleines de rebondissements. Là où le premier tome permettait l’introduction de l’histoire et la découverte des héros, ce second tome met ainsi clairement en lumière l’importance de Thya dans le jeu de machinations, que ce soit aussi bien des hommes que des dieux. Cela n’empêche pas non plus au récit d’offrir de nombreux rebondissements, coups de théâtres qui vont pousser nos héros à fuir de plus en plus loin, mais surtout à faire face à des révélations, des chocs et  des rebondissements qui ne vont pas les laisser intact et les forcer à évoluer. Alors parfois on sent légèrement le tome de transition, cherchant plus à développer les questions, mais cela ne se ressent à peine tant l’ensemble se révèle fluide.

L’un des points importants, pour moi, du roman vient toujours de l’univers développé par l’auteur qui, sur fond de déclin d’empire romain, nous offre un mélange de fantastique et de divinité vraiment fascinant et dense. Surtout que ce second tome va nous faire découvrir de nombreuses nouvelles régions, allant de Constantinople vers l’empire Sassanide, dévoilant ainsi des lieux, des cultures; des décors fascinants et bien porté par des descriptions concises et prenantes. On y retrouve aussi cette guerre divine, entre les anciens dieux et la religion chrétienne, qui gagne une dimension plus importante puisque certains dieux ont décidé de ne pas se laisser mourir. On y rencontre aussi d’autres mythologies, que je vous laisse découvrir, mais qui offre ainsi au lecteur une lecture riche et foisonnante. L’aspect politique n’est pas pour autant mis de côté avec Aedon qui cherche par tous les moyens possibles à ramener un empire Romain conquérant, impitoyable et non plus cette déchéance qu’il a connu. Dans tous les cas un univers qui donne envie d’en apprendre plus.

Concernant les personnages, ce second tome les rend de plus en plus complexes et de plus en plus denses au fil des pages, surtout que les épreuves qu’ils vont rencontrer vont les pousser dans leurs derniers retranchements, ils vont connaitre pertes, joies, peines, manipulations ou encore souffrances, sans non plus trop tomber dans l’extrême. On y retrouve ainsi Thya toujours aussi captivante dans sa façon d’avancer et de se battre, mais qui surtout se révèle de plus en plus attachante au fil des épreuves, Enoch qui prend de plus en plus d’ampleur surtout après les révélations de la fin du premier tome, mais on découvre aussi un peu plus Aedon personnage ambigu, qui a vu son empire se corrompre par des guerres intestines et dont il cherche à apporter la force et la fougue de sa jeunesse, parfois sans sagesse et avec violence. Les personnages secondaires ne manquent pas non plus de profondeurs et d’intérêts, apportant leurs pierres à l’intrigue et à l’évolution de nos héros.

Un second tome qui s’avère beaucoup plus dense et beaucoup plus profond que le premier tome, mais qui se révèle parfois un peu à double tranchant. En effet vouloir apporter une telle complexité, que ce soit aussi bien sur les personnages que sur l’intrigue, dans le même nombre de pages que le premier tome (environ 330 pages) fait que certains passages sont parfois traités avec un peu trop de simplicité ou de facilité. Rien de gênant et je sais bien que pour un roman visant un large public, aussi bien adulte que plus jeune, trop de pages peut se révéler bloquant, mais voilà pour un habitué de la Fantasy sur de longs cycles comme moi j’ai trouvé parfois cela dommage. Enfin rien de non plus bloquant tant cette suite se révèle à la hauteur, porté par une plume riche, entrainante et vraiment fluide, emportant le lecteur dès la première page pour ne plus le relâcher. De plus, la conclusion ouvre de nouvelles et de nombreuses perspectives qui me donne envie de lire la troisième tome avec impatience.

En Résumé : J’ai de nouveau passé un très bon moment de lecture avec le second tome de ce cycle, qui nous offre un rythme plus lent que le tome précédent, mais vient complexifier l’intrigue et surtout dévoiler un peu plus l’importance de Thya que ce soit dans le jeu des machinations humaines comme divines, le tout agrémenté de quelques scènes épiques réussies. L’univers antique continue lui aussi à se densifier nous offrant un empire en pleine chute, ainsi que l’apparition de plus en plus importante du fantastique avec les anciens dieux qui se battent pour continuer à exister. Les personnages ne sont pas en reste, surtout qu’ils vont devoir affronter des épreuves terribles, qui ne vont pas les laisser indemnes et vont les forcer à devoir faire des choix pas toujours simples, à devoir évoluer et d’une certaine façon grandir. Les personnages secondaires sont aussi intéressants à découvrir et apportent leurs pierres à l’intrigue. Mon seul regret vient que ce second tome est plus complexe dans le même nombre de page que le premier, ce qui fait que certains passages et certaines émotions sont traités avec un peu de facilité et de simplicité, mais rien de non plus bloquant ou frustrant. La plume de l’auteur se révèle toujours aussi riche, fluide et entrainante aboutissant à une conclusion qui donne clairement envie de lire rapidement la suite.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Althea54, Emyline, …

Kirinyaga suivi de Kilimandjaro – Mike Resnick

kirinyagaRésumé : Kirinyaga est le nom que portait le mont Kenya à l’époque où y siégaient encore Ngai, le dieu des Kikuyus. C’est aussi, en ce début du XXIIe siècle, l’une des colonies utopiques qui se sont créees sur des planétoïdes terraformés dépendant de l’Administration.
Pour Koriba, son fondateur – un intellectuel d’origine kikuyu qui ne se reconnaît plus dans un Kenya profondément occidentalisé –, il s’agit d’y faire revivre les traditions ancestrales de son peuple, en refusant coûte que coûte ce qui pourrait menacer la permanence de cette utopie africaine. Mais que pourra-t-il bien faire quand une petite fille surdouée voudra apprendre à lire et à écrire alors que la tradition l’interdit? Ou lorsque la tribu découvrira la médecine occidentale et cessera de croire en son dieu, et donc en son sorcier?

Edition : Denoël Lunes d’Encre

 

Mon Avis : Kirinyaga fait partie des livres considérés comme des lectures importantes de la Science-Fiction et à découvrir. Construit sur près de 10 ans, l’histoire est ainsi assemblée sur près de 10 nouvelles pouvant être lues de façon indépendantes, mais qui dans l’ordre forment un roman. Je ne m’étais encore jamais plongé dans cette histoire, mais quand j’ai vu que les éditions Denoël la rééditait, agrémenté d’un autre récit dans le même univers, j’ai décidé rapidement de le lire. Concernant la couverture, illustrée par François Baranger, je la trouve vraiment magnifique. A noter que les textes qui composent ce récit sont présentés comme la série de nouvelles la plus récompensée de l’histoire de la science-fiction, ce qui est à double tranchant, car cela pose certaines attentes. Contrairement à d’habitude je ne vais pas traiter de chaque texte, mais de l’ensemble vu qu’il forme un tout.

Nous nous retrouvons ainsi plongé en plein futur, dans une Afrique qui a rejeté les Européens, mais qui est devenue complètement occidentalisé dans sa façon d’évoluer, rejetant leurs traditions pour le progrès. De nombreux animaux ont disparus, tel que les rhinocéros, les éléphants, etc… C’est dans ce monde que de nombreux kenyans décident de bâtir une Utopie Kikuyu, retrouver leurs racines, sur une planète terraformé selon leurs besoins. On suit ainsi Koriba, intellectuel qui devient mundumugu, le grand sorcier et surtout le sage de ce monde. Une fois la dernière page tournée, je dois bien avouer que j’ai été assez fasciné par ce roman, à travers dix histoires différentes l’auteur nous propose de découvrir un récit qui se révèle intelligent, et offre de nombreuses réflexions qui ne laissent pas indifférents. Mais surtout la grande force, pour moi des textes, vient du fait que l’auteur ne prend jamais parti, certes son narrateur possède ses convictions, mais chaque récit offre plusieurs facettes, plusieurs points de vue permettant au lecteur de se faire son propre avis sur chaque question soulevée et de construire ainsi sa propre conclusion.

Et pourtant il faut dire qu’on plonge tout de suite dans une ambiance, un peu dérangeante, car dès le second texte (qui est le premier sur Kirinyaga la planète) on se trouve percuté par ce retour aux traditions, par ce questionnement entre coutumes ancestrales et modernité face à cette nouvelle qui nous explique que dans le folklore Kikuyu, quand un enfant né par le siège il doit être sacrifié car il possède en lui un démon, ou que les anciens et les infirmes sont sacrifiés aux hyènes. Et c’est l’une des pierres angulaires des récits, cette différence entre tradition et modernité, qui fait qu’on se retrouve à se poser de nombreuses questions, chacun possédant des intérêts, mais aussi ses failles voir ses horreurs. L’auteur n’en reste pas là, sinon les récits tourneraient vite en rond, il offre aussi des réflexions soignées que ce soit sur l’identité culturelle, l’accès à la connaissance et son influence sur l’évolution, la position de la femme, l’acceptation des autres et la jalousie, la quête de la perfection et du bonheur, sur la notion ambigu de vérité, ou encore sur les coutumes considérés comme barbares, comme la circoncision ou encore l’excision qui socialement pour les kikuyu signifie le passage à l’âge adulte, mais qui pour le lecteur paraissent choquantes. Un roman qui ne laisse pas indifférent, où chacun se fera ses propres observations et ses propres conclusions grâce à un travail de fond psychologique et sociologique efficace. Il n’y a ici ni bien, ni mal, juste des choix de vie et la façon dont chacun voit son avenir.

Ce roman offre surtout la possibilité de réfléchir au terme Utopie et à quoi cela correspond, car au fil des textes on se rend très vite compte que la perfection recherchée par Koriba n’est pas obligatoirement celle voulu par tout le monde sur la planète. Certes, chacun peut repartir sur terre à tout moment, mais comment quitter un monde qui est finalement le leur et à qui ils ont tout donné. Finalement une utopie est-elle possible pour un peuple entier? Doit-elle passer par l’absence de réflexion de chacun et la centralisation du savoir en une seule personne ? On ne tombe pas ainsi dans l’utopie d’un seul homme ? Chaque texte va ainsi amener sa problématique, qui vont ainsi s’ajouter et changer complètement la vision de ce monde. Le tout reposant aussi sur les paraboles misent en avant par les petites histoires que raconte le mundumugu qui, je trouve, apporte un aspect plus imagé et conte à l’ensemble, même si on est loin des contes qui terminent bien. Après l’aspect à double tranchant du récit vient de Koriba, le narrateur, qui croit profondément en son utopie, qui en est limite fanatique, défendant becs et ongles ses toutes ses traditions, même les plus horribles, même si cela doit passer par l’abrutissement du peuple, car il sait que si on touche à l’une d’entre elle les autre vont s’effondrer. Cela le rend donc parfois antipathique dans son argumentation et dans sa vision de ce monde. Surtout qu’il est ambigu, il veut revenir aux traditions, mais gère la météo de la planète par ordinateur, faisant de lui, d’une certaine, façon, une figure divine. Il en devient limite le Dieu sur la Montagne, l’être suprême remis en cause. Mais voilà, certes je ne l’ai pas apprécié sur certains points, je l’ai rejeté sur d’autres, mais clairement le but du récit n’est pas de nous faire aimer son héros, mais de nous montrer une vison de son monde et de tous ses aspects.

Pour le moment ma chronique se consacrait à Kirinyaga, je vais maintenant m’attarder sur Kilimandjaro, dont mon avis sera plus court, pas qu’il soit mauvais, juste que l’ensemble m’a paru un ton en dessous et moins percutant. Le récit est construit de la même façon, plusieurs textes qui peuvent être lus indépendamment mais, qui, ensemble, forment un tout. Il nous propose de suivre une nouvelle utopie, cette fois Massaï, qui pour éviter de faire les mêmes erreurs que celle des Kikuyus a décidé de ne pas figer ses traditions, mais d’offrir un monde où tout le monde s’exprime et où chacun est accepté, traditionaliste ou moderne. Le narrateur est cette fois un historien, on évite ainsi le fanatique pour une vision plus neutre, plus aseptisé, même s’il va régulièrement se retrouver au milieu de choix cruciaux. Clairement les réflexions sont là, cette fois sur des aspects plus modernes et plus sociaux, les récit se révèlent efficaces ne laissant pas le lecteur indifférent, mais voilà chacun des textes, pour moi, est trop court et à la résolution trop rapide, simple et parfois facile. C’est un roman sympathique à découvrir, qui nous offre une autre vision que son prédécesseur dans le livre, mais voilà, à côté de Kirinyaga la différence de niveau entre les deux récits se ressent obligatoirement et, surtout, Kilimandjaro perd cette notion de conte et de parabole qui m’avait accroché, ce qui est dommage. Concernant la plume de l’auteur elle se révèle soignée, d’une grande perspicacité, arrivant rapidement à happer le lecteur et à le plonger dans un récit intelligent et efficace. Pour moi voilà un roman à découvrir.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce livre qui regroupe deux histoires, deux tentatives de construction d’une Utopie. Chaque récit est ainsi composé de plusieurs nouvelles qui peuvent être lus indépendamment, mais qui ensemble forment un tout. La grande force du livre vient des nombreuses réflexions qu’il soulève face aux différents aléas que vont rencontrer les différentes utopies que ce soit d’un point de vue culturelle, identitaire, etc… mais qui surtout soulève le point même de l’utopie et de ses nombreuses failles, le tout en restant assez neutre dans sa façon de présenter les choses pour permettre à chacun de se faire son avis. Des textes intelligents et soignés. Alors après, c’est vrai, il est difficile de s’attacher au personnage principal de Kirinyaga, plongeant dans le fanatisme malgré une certaine ambiguité, mais ce n’est pas le but du récit de nous faire aimer son héros, simplement de nous montrer l’évolution de son monde. Concernant Kilimandjaro j’ai un peu moins accroché, l’ensemble n’est pas mauvais, loin de là, mais parait franchement un ton en-dessous face à Kirinyaga, ce qui est légèrement dommage. Au final un roman qui mérite d’être découvert, au moins pour se faire un avis sur les différentes réflexions qu’il propose.

 

Ma Note : 8/10

Les Manteaux de Gloire – Sébastien De Castell

les manteaux de gloireRésumé : Le roi est mort. Désormais considérés comme des traîtres, les Manteaux de gloire, son fidèle ordre, ont été séparés. Falcio Val Mond et ses amis Kest et Brasti en sont réduits à travailler comme gardes du corps pour un noble qui refuse de les payer. Cependant la situation pourrait être pire : leur employeur pourrait être étendu au sol, baignant dans son sang, au cœur d’une mise en scène faisant du trio le coupable idéal.
Ah, attendez, c’est exactement ce qui vient de passer…
Mais ce n’est que le début des réjouissances : une conspiration se trame dans la cité la plus corrompue du monde et menace tout ce pour quoi Falcio et ses alliés se sont battus. S’ils veulent déjouer le complot et réunir les Manteaux de gloire, les trois amis ne pourront compter que sur leurs épées et le serment qu’ils ont prêté…

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Comme tous les ans la maison d’édition Bragelonne nous propose son roman révélation de l’année. Cette année il s’agit du livre Les Manteaux de Gloire de Sébastien De Castell. Alors c’est vrai que depuis quelques temps je prends cette information avec des pincettes, ayant eu quelques déceptions précédemment, mais cette année ce livre partait quand même sur de bonnes bases avec un résumé qui se révélait accrocheur et une couverture, illustrée par Xavier Collette, que je trouve vraiment superbe. Alors, quand Babelio a proposé de découvrir ce livre en avant-première, j’ai rapidement tenté ma chance et j’ai eu la chance d’être sélectionné. Je remercie donc les éditions Bragelonne et Babelio pour m’avoir fait découvrir ce roman.

On se retrouve ainsi à suivre dans ce roman trois amis, anciens manteaux de gloire, ordre qui faisait régner la loi du roi envers le peuple face au joug tyrannique des ducs. Sauf que voilà le roi est mort, les Manteaux de Gloire n’ont rien fait pour arrêter cela et sont maintenant dissous et considéré comme des traitres et des lâches. Nos héros cherchent ainsi à redorer le blason de leur ordre, mais vont se retrouver en pleine machination. Je dois bien avouer qu’on rentre rapidement dans le récit par son rythme, qui se révèle enlevé et sans temps morts, mais aussi par son ton qui se veut nerveux, mais surtout mordant, principalement quand nos trois héros se retrouvent ensemble ce qui ne manque pas de faire sourire le lecteur face à leur humour et offre un peu de légèreté à l’ensemble. L’histoire se révèle ainsi nerveuse, où l’action et l’aventure sont bien présentes et où le lecteur n’a jamais vraiment le temps de se poser tant l’ensemble s’enchaîne de façon assez fluide. On se retrouve donc à tourner les pages avec un minimum de plaisir et l’envie d’en apprendre plus sur la menace qui pèse sur nos héros. L’intrigue, pleine de jeux politiques et de manipulations, n’est pas mauvaise, même si elle manque peut-être un peu de densité et de complexité, mais vu que l’auteur cherche principalement le côté divertissement, cela ne gêne en rien la lecture.

Concernant l’univers on y retrouve un peu de l’univers de Dumas et des Trois Mousquetaires dans ce livre, avec nos trois héros bretteurs, qui cherchent à ramener l’ordre et la justice dans un univers plutôt assez sombre où le peuple n’a aucun droit, ne servant que le bon vouloir des ducs. Le système politique entre les ducs, le roi et tout ce qui gravite autour se révèle assez intéressant, offrant de nombreuses surprises et de nombreuses machinations qui font que ce récit est bourré de rebondissements et de coups de théâtres. Les combats se révèlent terriblement efficaces ; il faut dire que l’auteur parait s’y connaitre et s’être fortement renseigné ce qui lui permet d’offrir des scènes efficaces, percutantes et surtout très visuelles. Reste la magie et, sur ce point en particulier, je reste assez circonspect. Pour moi c’est un peu un point faible du monde car premièrement elle ne parait, du moins dans ce tome, ne rien apporter à l’histoire, deuxièmement ne servir que quand l’auteur en a besoin et surtout troisièmement ne repose sur rien ;  entre poudre et amulettes magiques on ne la comprend jamais vraiment. De plus je reste perplexe concernant le cheval, mais je vous laisse découvrir. A croire que l’auteur a mis de la magie dans son récit que parce-que ça faisait Fantasy. Maintenant reste à voir comment il va s’en servir par la suite.

A propos des personnages, je dois bien avouer que l’alchimie entre nos trois héros marche à la perfection ce qui fait qu’on s’attache assez rapidement à eux, nous offrant un trio assez  cynique et aux dilaogues plein d’humour. Entre le bretteur d’exception, l’archer qui ne rate quasiment jamais sa cible et le stratège, ils se révèlent aussi complémentaires. Falcio le personnage principal se dévoile comme être un être torturé, au passé sombre et violent, symbole d’un monde qui est sans loi et qui cherche à offrir un peu d’honneur et de règles au peuple face aux puissants. Sauf que voila Falcio étant le narrateur, on se rend très rapidement compte que ces compagnons, eux, sont éclipsés et manquent un peu de profondeur. Ce n’est pas trop gênant devant le côté nerveux de ce premier tome, mais j’espère que par la suite ils seront quand même un peu plus développés. Juste un léger reproche, peut-être plus personnel, mais faire le héros principal un fin tacticien est une bonne idée, mais il faudrait que l’auteur soit un peu plus roublard dans sa construction du personnage car quand le lecteur parait dans la majorité des cas plus fin que Falcio, c’est un tout petit peu frustrant. Concernant les personnages secondaires, ils tombent parfois un peu dans la caricature et manquent aussi de profondeur, mais remplissent parfaitement leurs rôles, rythmant les aventures de nos héros de coups de théâtres et de révélations.

Sauf que voilà malgré le côté nerveux et entrainants ainsi que les points positifs que j’ai souligné précédemment, ce roman est loin d’être parfait. Utiliser le viol comme ressort dramatique, en soit n’a rien de nouveau, sauf qu’ici c’est mal amené et surtout l’auteur m’a paru passer complètement à côté de ce qu’il cherchait à montrer, le passage manquant d’émotion. Ensuite j’ai trouvé que certaines révélations étaient facilement devinables. Enfin, et c’est là que je trouve le roman m’a le plus frustré, c’est concernant la conclusion. Pour terminer son récit l’auteur n’a rien trouvé de mieux que de nous offrir une ellipse sur un combat d’une importance capitale, ce qui a eu le don de me faire râler, et surtout quelques pages plus loin d’offrir limite un Deus Ex Machina trop facile. C’est franchement dommage, car jusqu’à ce point là l’ensemble se lisait assez bien et offrait un bon moment de divertissement. Attention, ça ne veut pas dire que l’ensemble est mauvais, le livre reste plutôt sympathique à découvrir et offre tout de même de bons moments, mais voilà ces défauts l’empêchent d’être plus que cela.

La plume de l’auteur se révèle simple, percutante, efficace et entrainante nous plongeant facilement dans une histoire fun et sans temps morts. Au final un roman avec ses défauts et ses qualités, qui possède tout de même du potentiel malgré les défauts que j’ai soulevé. Certes il est loin, pour moi, d’être la révélation de l’année, mais je pense lire la suite un jour, pour voir comment s’en sort nos héros et en espérant que Sebastien de Castell ne tombe pas dans les mêmes erreurs, mais ce ne sera pas une priorité.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture assez plaisant avec ce livre qui, certes, est loin de se révéler, pour moi, la révélation de l’année en Fantasy, mais qui offre une histoire divertissante, nerveuse, bourrée d’action et se révélant sans temps morts. L’aspect politique offre son lot de manipulation et de trahisons, même si elle manque, pour moi, d’un peu de densité et de complexité. L’univers se révèle solide, se révélant parfois un hommage aux trois mousquetaires, principalement porté par des combats réussis, vifs et surtout très visuels. Je regretterai par contre le système de magie qui n’apparaît que quand l’auteur en a besoin et parait ne reposer sur rien. Les trois personnages principaux se révèlent complémentaires et marchent à la perfection, principalement dans leurs cynismes et leurs humours, même si Falcio, étant le narrateur, éclipse facilement les deux autres. Concernant les protagonistes secondaires ils manquent un peu de profondeur, mais remplissent parfaitement leurs rôles. Je regretterai par contre certains ressorts dramatiques mal amenés, une certaine prévisibilité de l’intrigue et surtout une conclusion s’offrant le luxe de s’offrir le combo ellipse d’un combat capital et deus ex machina. La plume de l’auteur se révèle simple, fluide et entrainante, offrant un récit qui se révèle fun et enlevé, mais qui possède aussi ses défauts ce qui l’empêche de se révéler une lecture marquante. Je lirai peut-être la suite, mais ce ne sera pas, je pense, une priorité.

Ma Note : 6,5/10

Autres avis : Boudicca, …

Rois du Monde Tome 2, Chasse Royale Livre 1 – Jean-Philippe Jaworski

Rois du Monde 2 Chasse Royale 1Résumé : Voici neuf ans que le haut roi Ambigat m’a admis à la cour du Gué d’Avara. Voici neuf ans que j’ai trouvé ma place parmi les héros bituriges.
Toutefois, quoiqu’il demeure redoutable, le souverain vieillit. Sa force vitale s’épuise et les royaumes de la Celtique déclinent. Nos troupeaux sont malades. Nos blés pourrissent sur pied. Les jeunes fils du souverain meurent… La disette et le mécontentement grondent au sein des tribus. Si les dieux se sont détournés du haut roi, que feront les chefs des nations clientes ? Certains ne rêvent-ils pas de renverser Ambigat, de s’emparer du pouvoir, de restaurer la prospérité ?

Edition : Les Moutons Electriques

 

Mon Avis : Dire que j’attendais ce roman avec impatience est un doux euphémisme tant, jusqu’à maintenant, l’auteur a toujours réussi à m’offrir d’excellents moments de lecture avec des histoires passionnantes, soignées et entrainantes. Qui plus est Chasse Royale étant la suite de Même pas Mort, publié il y a presque deux ans maintenant, qui m’avait captivé (ma chronique ici) par son histoire et son univers, il n’a donc pas fallu attendre longtemps avant que je fasse rentrer ce roman dans ma PAL. La couverture, illustrée par Sébastien Hayez, se révèle toujours aussi sobre et, je trouve, efficace par son aspect un peu antique.

On retrouve donc ici Béllovèse, neuf ans après son acceptation dans la cour du Haut-Roi Ambigat, et ce malgré le fait qu’il soit l’assassin de son père. Il a été accepté en tant que guerrier, s’est marié et est devenu père. Sauf que voilà Ambigat perd de plus en plus son influence, les dieux se seraient détournés de lui, ce qui amène souffrance et disette. Bélovèse va, par ses origines, se retrouver alors au milieu de jeux de pouvoir qui vont avoir de terribles conséquences. Contrairement au premier tome qui offrait un rythme assez lent, magique et mystique, cette suite va se révéler beaucoup plus épique, plus guerrier et aussi plus intense. Il se dégage une véritable tension de la première à la dernière page qui fait qu’on tourne les pages avec plaisir et l’envie de connaitre la suite. Chaque passage, chaque dialogue possède une intensité qui se révèle sournoise, jouant avec le lecteur entre complots et manipulations. Tout est ici jeux d’influence et de pouvoir et le moindre faux-pas, la moindre mauvaise décision peut aboutir à la mort. C’est bien simple, j’ai tellement été pris par ce livre que je l’ai terminé en deux jours à peine tant je me suis retrouvé immergé  par ces querelles de clans sanglantes, ces dialogues percutant et parfois emplis d’humour et ces lieux fascinants.

Concernant l’univers l’auteur continue à nous faire découvrir le monde Celtes, peuples qui sont loin de se révéler de simples barbares sanguinaires, mais des gens civilisés, intelligents, fourbes aussi, ayant leurs propres us et coutumes qui, oui, sont différentes des nôtres et peuvent parfois surprendre, mais qui sont loin de certains clichés. Certes, il s’agit une civilisation qui a une vision de la guerre et des batailles, différente, plus sauvage  et sanglante,mais pourtant saisissante et intéressante. Un peuple finalement assez méconnu pour ma part (même si je ne pars pas non plus sans aucun bagage) et qui donne envie d’en découvrir, d’en apprendre plus. Concernant tout l’aspect magie et divinité, ils sont, comme je l’ai dit, moins présent que dans le tome précédent, attendant son heure pour se révéler au grand jour de façon efficace et percutante. Concernant l’aspect politique il se révèle travaillé, rempli de faux-semblants et de mensonges, où chacun joue sa partition pour essayer de s’en sortir entre intrigues, trahisons et violence. Le monde est aussi porté par des descriptions denses et éblouissantes, donnant vie à chaque lieu visité. On sent bien que l’auteur s’est fortement documenté pour construire son univers où rien n’est laissé au hasard.

Les personnages paraissent toujours aussi soignés, denses et passionnants à découvrir. En neuf ans beaucoup ont changé comme par exemple Béllovèse qui s’est assagi légèrement, il parait moins fougueux, plus réfléchi, mais aussi plus sournois. Il a appris que la guerre et les conflits ne sont pas que de simples batailles, mais la conséquence de nombreuses influences que ce soit aussi bien personnelles que « divines » et magiques, ce qui le rend, je trouve, plus charismatique que le tome précédent. Concernant les personnages qui gravitent autour de lui ils sont toujours aussi captivants à découvrir, offrant des protagonistes complexes, flamboyants et manipulateurs. Chacun d’entre eux se révèle important. Le tout est toujours aussi bien porté par des dialogues percutants, incisifs avec des pointes d’humour rafraichissantes. Mais surtout malgré les nombreux personnages qu’on croise, l’auteur arrive à ne jamais nous perdre tant ils se démarquent les uns des autres.

Alors après tout n’est pas non plus parfait dans ce second tome, j’ai ressenti quelques légères longueurs, principalement vers la fin du récit. De plus le fait que ce second tome, face à la verve de l’auteur, se retrouve coupé en deux, la conclusion m’a paru un brin frustrante tant elle parait lié à la suite. Alors, au final ce ne sont que des petites broutilles, tant le roman se révèle de haut vol, et fait partie, pour moi, de ce qui se fait de mieux en Fantasy Française, mais il faut tout de même le souligner.

L’ensemble est toujours porté par un travail d’écriture des plus fascinant qui permet à l’auteur d’offrir un aspect linguistique fascinant et un travail sur les mots recherché et lyrique. Mais c’est surtout le talent de conteur de l’auteur qui se démarque, car la langue a beau se révéler dense, l’ensemble reste fluide du début à la fin et le lecteur ne se sent jamais perdu ou ne ressent aucune lourdeur. Alors certes, comme je l’ai dit ce second tome possède quelques imperfections, mais ça reste tout de même un second tome, première partie, de haut vol et vraiment passionnant. J’attends la suite avec impatience maintenant.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui nous offre une suite à Même pas Mort peut-être moins mystique mais qui se révèle beaucoup plus épique, intense et entrainante où les complots, les trahisons et les jeux de pouvoirs prennent la part avec les batailles. C’est percutant et fluide le tout, il est vrai, bien porté par le talent de conteur de Jean-Philippe Jaworski qui nous happe dès la première page pour ne plus nous lâcher. L’univers développé par l’auteur continue à prendre de l’ampleur, continuant à nous faire découvrir les Celtes et loin de certains clichés que ce soit à travers leurs us et leurs coutumes comme leurs façons de voir la vie et le pouvoir. Neuf ans ont passé, Béllovèse a bien changé, il est devenu plus mature et, pour moi, plus charismatique. Les personnages qui gravitent autour de lui possèdent tous leurs voies propres et sont captivants à découvrir. Alors après, quelques légères imperfections se font ressentir comme quelques petites longueurs ou encore le fait que ce second tome soit coupé en deux offre une conclusion un peu frustrantes, mais franchement rien de gênent. La plume de l’auteur se révèle toujours aussi dense, soignée, offrant un travail et un vocabulaire recherché et riche. J’attends maintenant la suite avec impatience.

 

Ma Note : 8,5/10

 

Autres avis : Philemont, Just A World,  etc…

Mes achats du mois de Mai 2015 et des Imaginales !

Comme depuis quelques années maintenant, je sais bien que la période des Imaginales n’est jamais très bonne en ce qui concerne ma PAL. Ce cru 2015 n’a donc pas échappé à la règle qui veut que je fasse exploser mes entrées livresques dans ma bibliothèque. Comme l’année précédente je vais couper mon article en deux, mes achats hors festival et mes achats aux Imaginales.

 Mai-15(1)

Voilà donc ce qui a rejoint ma PAL avant les Imaginales :

  • Le Livre du Long Soleil, L’Intégrale de Gene Wolfe aux éditions Mnemos. Un livre qui me tentait depuis quelques semaines et j’ai craqué.
  • L’Adjacent de Christopher Priest aux éditions Denoël Lunes D’Encre.
  • Les Futurs Mystères de Paris, L’Intégrale 1 de Roland C. Wagner aux éditions L’Atalante. Je continue ma plongée dans la biographie de l’auteur.
  • Il Faudrait pour Grandir Oublier la Frontière de Sébastien Juillard aux éditions Scylla. Suite à ma participation au financement participatif, ce livre à rejoint ma PAL.
  • Roche-Nuée de Garry Kilworth aux éditions Scylla. Qui a aussi rejoint ma PAL suite au financement participatif.
  • Le Sentiment de Fer de Jean-Philippe Jaworski aux éditions Hélios. Je n’allais pas manquer une publication de l’auteur.
  • La Voix du Feu d’Alan Moore aux éditions Hélios. J’ai un peu hésité avant de me laisser tenter mais les premiers échos que j’en ai eu ont réussi à me convaincre.
  • Rois du Monde Tome 2, Chasse Royale Livre 1 de Jean-Philippe Jaworski aux éditions Les Moutons Électriques. S’il y a bien un livre que je n’allais pas manquer en ce mois de mai c’était bien celui-là. En pleine lecture ce livre n’apparaît pas sur la photo.

Mai-15(2)

Maintenant mes achats liés aux Imaginales :

  • Jack L’Eventreur, Les Morts d’André-François Ruaud & Julien Bétan aux éditions Les Moutons Electriques. Cette collection de l’éditeur proposant des études littéraires me tentait depuis un moment et donc ce tome a rejoint ma PAL offert par la Marmotte.
  • Sherlock Holmes, Une Vie d’André-François Ruaud & Xavier Mauméjean aux éditions Les Moutons Electriques. Les même argument que précédement auquel s’ajoute la tentative d’hypnose de Plumeline.
  • Acacia Tome 3, L’Alliance Sacrée de David Anthony Durham aux éditions Le Pré aux Clercs. Maintenant que j’ai la trilogie il ne me reste plus qu’à me lancer.
  • Trolls & Licornes anthologie dirigée par Jean-Claude Dunyach aux éditions Mnémos. Comme tous les ans je repars avec l’anthologie qui sera lue prochainement en LC avec Snow et Marie Juliet.
  • Le Cycle de Lanmeur Intégrale 3, Les Rêveurs d’Irgwendo de Christian Léourier aux éditions Ad Astra. Après les deux premières intégrales qui m’avaient offert un excellent moment de lecture j’ai enfin fait rentrer la troisième intégrale dans ma PAL.
  • Le Cycle de Lanmeur Intégrale 4, Aux Origines du Rasse de Christian Léourier aux éditions Ad Astra. Et en plus de l’Intégrale 3 j’ai aussi pris l’intégrale 4.
  • Smog of Germania de Marianne Stern aux éditions du Chat Noir. Ce sera ma première lecture de cette maison d’édition qui m’a convaincu par sa couverture et son résumé.
  • La Voie des Oracles Tome 2, Enoch d’Estelle Faye aux éditions Scrinéo. Après ma lecture du premier tome je ne pouvais que faire rentrer la suite dans ma PAL.
  • Le Bâtard de Kosigan Tome 2, Le Fou prend le Roi de Fabien Cerutti aux éditions Mnémos. Suite à un premier tome entrainant et efficace je me suis laissé facilement tenté par cette suite.
  • Lu’Men de Laurent Genefort aux éditions Le Bélial’. Attiré par l’illustration de couverture et le résumé, il a rejoint rapidement ma PAL.
  • Le Premier de Nadia Coste aux éditions de Scrinéo. J’ai hésité longtemps avant de choisir ce livre, mais une discussion avec l’auteur m’a convaincu de tenter ma chance.
  • Fragments d’une Fantasy Antique aux éditions Mnémos. Un recueil de nouvelles qui me tentait bien.
  • Le Manuscrit Robinson de Laurent Whale aux éditions Critic. Après un premier tome plutôt efficace j’ai décidé de replonger dans les enquêtes des rats de bibliothèque.
  • 14-14 de Paul Beorn & Silène Edgar aux éditions Castelmore. Un etit récit jeunesse dont j’ai entendu beaucoup de bien.
  • Dix Jours sans Voir la Mer de Jean-Claude Dunyach aux éditions l’Atalante. Je continue ma découverte de la bibliographie de l’auteur.
  • Les Promesses d’Atro City de Solenne Pourbaix aux éditions Rivière Blanche. Ce livre a rejoint ma PAL principalement grâce à Tortoise qui m’a convaincu de le découvrir.
  • Ex- Machina aux éditions Elenya. A force de passer devant ce livre, j’ai fini par craquer et le faire rentrer dans ma PAL.
  • Welcome to Harmony de Juan de Dios Garduno aux éditions Eclipse. Un de rares roman de Zombies qui me tentait parmi les nombreuses parutions de l’éditeur dans le genre.
  • A Corps Perdu d’Antoine Lencou aux éditions Griffe d’Encre. Attiré par l’illustration de couverture et intrigué par le résumé et ma discussion avec l’auteur, je me suis laissé tenter.
  • Les Runes de Feu de Cyril Carau aux éditions du Riez. J’avoue d’abord m’être arrété pour la couverture, puis je me suis ensuite laissé convaincre par le résumé et une discussion avec l’auteur.
  • Rédemption de Bérengère Rousseau aux éditions du Riez. Un livre qui me tentait depuis quelques mois.

Je ne commenterai pas mes achats, je pense que mon résumé est éloquent, en tout cas une chose est certaine, PAL oblige, cet été devrait être plus calme. Quoi qu’il en soit de belles lectures en perspective.

Ganesha, Mémoires de l’Homme-Elephant – Xavier Mauméjean

ganeshaRésumé : Londres, fin du XIXe siècle.
Qui est réellement Joseph Merrick, celui qu’on surnomme « l’Homme-Éléphant » ? Homme ou bête ? Monstre de foire ou curiosité scientifique ? Une simple anomalie de la nature ou… un dieu ?
Lorsqu’il rédige ses Mémoires, il n’a pas trente ans et réside depuis peu à l’hôpital de Whitechapel sous la protection du médecin Frederick Treves. Un refuge qui lui permet d’observer splendeurs et misères de la capitale, et d’enquêter : quatre affaires, autant de saisons dans une année. De leur résolution dépendra peut-être plus que son destin, car « le monde s’efface dans les rêves de l’éléphant… »

Edition : Mnemos
Poche : Helios

 

Mon Avis : Cela fait un moment que j’avais envie de découvrir un roman de Xavier Mauméjean. J’ai bien lu plusieurs de ses nouvelles ainsi qu’un roman écrit à quatre mains, mais je ne m’étais encore jamais laissé tenter par un roman de l’auteur lui-même. C’est donc maintenant chose faite, puisque j’ai fait sortir ce Ganesha, premier roman de l’auteur publié en 2000 et à l’illustration de couverture intrigante, de ma PAL. Il faut dire que le résumé avait de quoi m’intriguer, prenant comme héros central Joseph Merrick, l’Homme-Éléphant, qui m’avait marqué il y a des années avec le film de Lynch.

C’est ainsi que le lecteur se retrouve plongé dans le journal de notre héros, vivant à l’hôpital Whitechapel, se croyant être l’avatar du dieu Ganesha dans ce monde. Il va alors se retrouver ainsi impliqué dans quatre enquêtes qu’il va tenter de résoudre. Le récit est ainsi séparé en quatre parties, chacune associée à une investigation, mais dont l’ensemble est lié au personnage principal de Joseph Merrick. Alors autant être clair d’entrée, certes les scénettes sont construites comme des récits policiers, mais c’est loin d’en être le propos premier, ni même le travail principal de l’auteur. Je pense même que ceux qui se lanceraient dans ce récit en n’y cherchant qu’un thriller pourrait être déçu tant les trois premières intrigues reposent un peu trop sur certaines révélations mystiques et parfois sont facilement devinables. La quatrième, par contre, change de registre, nous plongeant dans un jeu de piste du chat et de la souris intense et tendu, bien porté par un aspect percutant, violent et sombre. Ce qui porte le récit vient donc principalement de ce qui est construit autour, que ce soit à travers le personnage ou encore l’ambiance, qui m’ont captivé.

En effet Xavier Mauméjean propose au final, selon moi, un texte vraiment dense et riche d’un point de vue psychologique, philosophique, mystique et sociétal ce qui offre ainsi une ambiance des plus prenante, fascinante et efficace. J’ai rapidement été happé par cette plongée dans la vie du héros qui se retrouve à soulever de nombreuses questions que ce soit sur la quête d’identité, la folie ou encore le jeu entre la réalité et l’imaginaire qui s’insinue de façon insidieuse, sans jamais s’imposer tant la question de son existence reste ouverte. C’est d’ailleurs aussi là-dessus que le récit joue, laissant le lecteur se faire sa propre idée, décider de la divinité ou de l’humanité de notre héros, de sa capacité à être cet être mystique vénéré par certains ou un simple homme défiguré et consumé par une folie. C’est vraiment dans cette « intimité » qui se crée avec le lecteur, dans ce doute permanent, dans ce questionnement et dans cette ambiance que le récit gagne son intérêt et fait qu’on tourne les pages avec envie d’en apprendre plus, de découvrir plus encore cet Homme-Éléphant et sa vision du monde et de sa vie.

Le travail effectué sur la ville et tout ce qui gravite autour se révèle aussi terriblement réussi, jouant beaucoup sur l’atmosphère du récit. Ce Londres victorien se révèle ainsi fascinant, devenant limite un personnage à part entière, entre misère et richesse, entre monstruosité et lumière, entre foire et théâtre, la ville se révèle complexe et se dévoile lentement au fil du récit. C’est aussi une cité en plein changement, en plein bouleversement, une évolution vers une société beaucoup plus prosaïque, beaucoup plus accès sur le côté scientifique, moderne et réel que sur l’imaginaire. Cela se ressent dans la vision que propose le héros, entre magie et industrie. D’ailleurs le parallèle entre le voyage de notre héros à la campagne et sa vie à la ville en est ainsi la parfaite illustration. Une réflexion intéressante sur le passage vers un monde où les rêves et la magie disparaissent, où Merrick est probablement le dernier représentant de cette culture mystique présent sur terre et dont sa fin amène l’apogée de l’ère industrielle, où l’humanité est peut-être en train de se perdre, tout en offrant quelques petites réflexions sur notre vision du monde d’aujourd’hui. On notera aussi un travail intéressant sur les contes et certaines mythologies qui viennent apporter un plus à l’ensemble.

Concernant les personnages on est rapidement fasciné par la vie du héros, Joseph Merrick, à la fois monstre repoussant et être adulé, il oscille dans un monde qu’il comprend trop facilement et qu’il dépasse. Il y a d’ailleurs, à travers les enquêtes policières, une certaine ressemblance avec un autre enquêteur bien connu selon moi :Sherlock Holmes. Tous les deux se révèlent être des sortes de génie, mais tout aussi torturé, même s’il y a quand même de nombreuses différences entre eux, comme le fait que Merrick gère ses enquêtes de façon très statiques, divines, ce sont ses « associés » qui effectuent la grande partie du travail, tandis que Holmes est plutôt du genre hyperactif, qui se lie difficilement. En tout cas au final on a là un personnage qui se révèle passionnant, attachant et fascinant dans son côté humain comme dans son impression de divinité, tout en offrant des réflexions sur sa difformité et la façon dont elle est traitée. Après le soucis, comme souvent dans les récit à la première personne et très typé journal, vient que les personnages secondaires manquent parfois de consistances, ce qui est légèrement dommage tant certains donnent envie d’en apprendre plus.

La plume de l’auteur se révèle fluide, soignée, travaillée, efficace et nous emporte assez facilement pour peu qu’on s’intéresse à cette représentation de l’Homme-Éléphant. On sent bien qu’il a fortement travaillé son récit et s’est surtout fortement documenté pour retranscrire au mieux son héros et son image de fond qu’est cette Angleterre Victorienne. Je regretterai par contre certains passages que j’ai trouvé par moments, confus, voir une construction du récit parfois anarchique qui me perdait légèrement, mais franchement rien de non plus très bloquant. En tout cas Ganesha fût un très bon moment de lecture avec un récit très dense qui, je trouve, est loin d’avoir dévoilé toutes ses pistes à la première lecture. En tout cas je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur dont justement certains m’attendent dans ma PAL.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui nous plonge à la découverte de Joseph Merrick, l’Homme-Éléphant, à travers quatre enquêtes. Mais c’est surtout la construction au-delà des investigations, qui sont résolus finalement asez facilement, qui font qu’on se retrouve happé par le récit, que ce soit aussi bien dans « l’intimité » lié aux personnages comme dans les nombreux aspects philosophiques, psychologique ou encore sociétal offrant ainsi de nombreuses possibilités de lectures. On oscille tout du long entre de nombreuses hypothèses, mais aussi entre réalité et mysticisme, entre magie et science, qui offre ainsi une ambiance prenante. La ville de Londres joue aussi un rôle capital, une cité en pleine mutation, qui fonce à grands pas vers l’ère industrielle et tout ce que cela peut occasionner comme mutation ; elle en devient ainsi limite un personnage à part entière du récit. L’aspect conte et mythologique se révèle aussi soigné et efficace. Concernant les personnages, le héros Merrick, se révèle soigné, solide, travaillé et attachant, mais comme souvent dans des récits à la première personne éclipse les personnages secondaires, ce qui est dommage tant certains donnent envie d’en apprendre plus. Je regretterai par contre une légère confusion au niveau de certains passages qui me perdaient, mais franchement rien de non plus très bloquant. La plume de l’auteur se révèle soignée, efficace et colle parfaitement à l’ambiance du récit. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur, dont certains justement m’attendent déjà dans ma PAL.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Boudicca, Nelfe, Julien le Naufragé, Efelle, …

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