Auteur/autrice : BlackWolf Page 84 of 202

La République des Enragés – Xavier Bruce

la republique des enragesRésumé : Mai 68, un pavé lancé sur un CRS. La colère étudiante embrase Paris.
Seize ans plus tôt, neuf enfants, cobayes pour un programme ultra-secret, s’échappaient de l’Institut Heintelle. Ils ont grandi, développé leurs talents extraordinaires et vont tenter, dans le chaos qu’est devenue la capitale, de mener à bien leur propre révolution.
Dans ce nouveau monde où il est interdit d’interdire, est-il permis de tuer ?

Edition : Actu SF

 

Mon Avis : Ce livre a terminé sa course dans ma PAL un peu sur un coup de tête. Je suis tombé dessus par hasard lors d’une de mes nombreuses visites dans une librairie et j’ai commencé à m’intéresser à ce livre, malgré, je trouve, une couverture qui a du mal à vraiment me convaincre. Mais voilà le résumé, qui proposait un mélange de Science-fiction le tout à la période de Mai 68, a réussi facilement à me convaincre. Puis j’ai vu passer dans un article que ce roman était un gros coup de cœur de l’éditeur, malgré tout ce que cela peut impliquer, j’ai donc décidé de le sortir rapidement de ma bibliothèque pour lui donner sa chance. Je préviens d’avance il y a des risques de SPOILER dans ma chronique, je m’en excuse.

L’histoire nous propose donc de plonger dans une des périodes les plus mouvementées de la France, la révolution de Mai 68, avec au milieu de tout cela des personnages aux pouvoirs mentaux hors normes qui se sont enfuis neuf ans plus tôt d’un programme secret. Franchement, présenté comme cela, ce livre a tout pour plaire avec un contexte politique intéressant et dense, des héros aux pouvoirs psychiques qui pouvaient apporter une bonne dose d’action et pourtant je n’ai jamais réussi à rentrer dans ce roman, ni même réussi à comprendre où l’auteur voulait m’emmener.

Du début à la fin je n’ai vu aucun fil rouge se dégager, aucun lien véritable, pourtant j’ai persévéré espérant y trouver une explication à l’ensemble au fil des pages, mais ce ne fut jamais le cas. Si on ajoute à cela une gestion des rebondissements des plus minimaliste voir simpliste, oubliant parfois même des explications, comme par exemple cette scène ou un personnage parle de faire tomber un général puis 20 pages plus loin on apprend que le général susdit a disparu sans aucune véritable explication mis à part trois bouts d’informations, je ne savais plus quoi penser. On évitera aussi de chercher une logique, comme la scène ou l’hypnotiseur et sa compagne acrobate vont voir un détective privé, qui d’ailleurs est une caricature à lui tout seul, et là pas de chance ce cher détective fait une crise cardiaque devant notre couple. Première idée qui vient à l’esprit de madame « il faut l’enterrer dans le jardin, c’est ce qu’il aurait voulu j’en suis sûr ». Là mon cerveau a planté le piquet de gréve et est parti à la plage, valait mieux. Ah nous sommes sauvés son ami la résonne « Non voyons ça ne se fait pas, réinstallons le plutôt à son bureau comme ça il sera mort comme il a vécu ». OK, j’abandonne, je ne cherche plus à comprendre. Bien entendu ils vont se faire surprendre par la concierge qui va les accuser de meurtre et vont devoir s’enfuir. C’est ballot. On se demande donc comment notre amie acrobate peut aller tranquillement, quelques pages plus loin, à son enterrement sans se faire gentiment arrêter. Le reste est à peu près du même acabit, offrant pour moi incohérence sur incohérence. Après l’auteur a peut-être voulu mettre en avant un aspect loufoque, faut croire qu’il n’a pas marché avec moi j’ai juste eu l’impression qu’il partait dans tous les sens.

Alors après je te vois venir cher lecteur, parfois pas besoin de véritable fil rouge, le roman cherchant plus alors à nous offrir une image de fond à travers le destin de différents personnages et je suis d’accord. Sauf que si c’est le cas alors le seul mot qui se dégage de Mai 68 est, pour moi, caricature. Alors, certes, je n’étais pas né en 68, ma connaissance des événements de l’époque se résumant qu’à ce que j’en ai entendu, mais il s’agissait, je crois, d’une révolution à la fois politique, sociale et culturelle. Ce qui se dégage dans ce livre c’est que niveau politique il devait y avoir d’un côté les gentils révolutionnaires qui tuent mais pour la liberté, de l’autre les méchants fascistes d’extrême droite qui tuent mais ce sont des fascistes et au milieu de tout cela les hommes politiques représenté comme des personnages peureux et décérébrés, incapables d’aligner deux indices ensemble. Dans le genre simpliste, on repassera. Niveau social la seule chose qui ressort c’est la liberté sexuelle car aucun autre message ne nous est donné, ce qui n’est en soit pas une mauvaise idée, sauf quand on confond le droit d’avoir des envies et de les vivre, avec des personnages féminins qui donnent l’impression de n’être finalement présent que pour le plaisir des hommes, mais j’y reviendrai plus tard. Seul l’aspect culturel sauve un peu son épingle du jeu, principalement vers la fin, avec cette idée d’art comme mouvement révolutionnaire, mais voilà c’est trop court pour sauver l’ensemble. De plus le message qui se dégage tout le long me laisse perplexe : pour se faire entendre tout doit passer par la violence. Après j’ai peut-être mal compris.

Concernant les personnages je n’ai jamais réussi à m’accrocher à eux, c’est bien simple ils manquent cruellement de profondeur, aucun personnage ne parait avoir un semblant de passé, d’histoire, voir même pourquoi pas de blessures et d’émotions. Tous l’aspect enfant cobaye ne sert pas à grand-chose tant il est peu évoqué en profondeur. Franchement mis à part leurs fameux pouvoirs, cela aurait pu être des personnages lambda que ça n’aurait pas changé grand chose. On se retrouve donc ainsi avec des héros monocaractéristique tel qu’un obsédé sexuel, un héros soit-disant charismatique mais qui pense que tout doit se résoudre par la violence et la mort, des hommes politiques sans cerveaux et ainsi de suite. C’est dommage mais l’auteur offre trop de voix à son récit, ce qui fait qu’il n’a jamais vraiment le temps de se consacrer à l’une d’elle et c’est dommage. On notera quand même quelques clins d’œil vers des personnages réels qui se révèlent sympathiques même si cela n’apporte pas énormément à l’histoire.

Parlons maintenant des personnage féminin. Pour cela développons un premier personnages. « Bonjour je m’appelle Adèle » « Bonjour adèle, bienvenue dans notre groupe d’étudiants révolutionnaires, justement on a un plan pour se faire entendre du pouvoir on va kidnapper un député et vu que tu es la dernière arrivée tu va devoir te prostituer avec lui pour gagner sa confiance et le faire tomber dans nos filets » « Ah parfait justement qui dit libération sexuelle dit je sens que je vais adorer cela » …. Ok pas le bon exemple, voyons un autre personnage féminin « Bonjour je m’appelle Anna je suis acrobate et je travaille pour Arthur, homme volage qui couche tout ce qui bouge, mais voilà je l’aime, enfin surtout tout ce qu’il me fait faire, dans tous les sens et toutes les positions, même les plus acrobatiques, cela ne peut être que l’homme de ma vie » … Euh non. Ah tiens il y a Brigitte, cette étudiante qui arrive à rentrer discrètement dans le dortoir à la recherche du beau Christophe pour s’offrir à lui, qui ne trouve pas sa chambre, finit dans celle d’André, bah pas de soucis André ou Christophe ce n’est pas grave. Franchement je ne suis pas sûr que les femmes en sortent grandies et que la liberté sexuelle gagne ses galons de noblesses ici tant, vous vous en rendez comptes, les personnages féminins donnent parfois limite l’impression de n’être présents que pour le sexe. Pourtant je n’ai rien contre le sexe dans un récit, encore faut-il qu’il apporte à minima quelque-chose et non pas donner l’impression parfois de tomber dans un univers porno bas de gamme avec cette impression diffuse de « femme-objet ».

Il y a quand même quelques bonnes idées dans le récit, principalement des paraboles imagés qui m’ont donné à réfléchir et aussi quelques scènes qui se révèlent énergiques. On sent aussi une plume vivante et percutante, mais voilà c’est bien trop peu pour me faire accrocher. Franchement j’ai eu l’impression d’avoir entre les mains un brouillon de roman, avec un gros travail encore à fournir. Après je ne le nie pas, je suis peut-être complètement passé à côté de ce récit, c’est possible aussi, peut-être que je n’avais pas les bonnes clés ou que je n’ai pas eu les bonnes réflexions pour apprécier ce roman à sa juste valeur en tout cas je ressors de ma lecture déçu. J’espère que si vous le lisez vous aurez plus de chance que moi.

En Résumé : Je dois bien avouer qu’une fois la dernière page de ce  livre tourné je ne ressors pas convaincu. L’intrigue ne parait jamais proposer de fil rouge et les différentes histoires qui se croisent ne manquent pas de manquer de logique voir de se révéler complètement incohérentes. Certes, il aurait pu offrir un background soigné et réfléchi, mais ce n’est pas vraiment le cas non plus tant Mais 68 donne ici l’impression d’être une véritable caricature aussi bien politique que sociale. Seul l’aspect culturel sort un peu son épingle du jeu. Concernant les personnages, la multiplication des points de vue fait qu’aucun des héros ne possèdent de profondeur et surtout se révèlent un peu trop basiques voir des parodies burlesques. Les personnages féminins donnent l’impression d’être présente que pour le sexe et le plaisir des hommes, ce qui est loin de la libération sexuelle souhaitée à l’époque, et tombent parfois à la limite de la caricature. Alors oui ,quelques bonnes idées arrivent tout de même à sortir par fulgurance et la plume de l’auteur se révèle énergique, mais j’ai clairement l’impression d’être passé complètement à côté de ce récit ou de ne pas avoir eu les bonnes clés pour le comprendre. J’espère que si vous le lisez vous accrocherez plus que moi en tout cas, mais j’aurai du mal à le conseiller.

 

Ma Note : 3/10

L’Épée Brisée – Poul Anderson

l'epee briseeRésumé : Voici l’histoire d’une épée qu’on dit capable de trancher jusqu’aux racines mêmes d’Yggdrasil, l’Arbre du Monde. Une épée dont on dit qu’elle fut brisée par Thor en personne. Maléfique. Forgée dans le Jotunheim par le géant Bölverk, et appelée à l’être à nouveau. Une épée qui, une fois dégainée, ne peut regagner son fourreau sans avoir tué. Voici l’histoire d’une vengeance porteuse de guerre par-delà le territoire des hommes. Un récit d’amours incestueuses. De haine. De mort. Une histoire de destinées inscrites dans les runes sanglantes martelées par les dieux, chuchotées par les Nornes. Une histoire de passions. Une histoire de vie…

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : L’Épée Brisée n’est pas n’importe quel roman puisqu’il fait partie des classiques de la fantasy qui ont fortement influencé le genre depuis sa sortie VO en 1954, soi la même année que le premier tome du Seigneur des Anneaux pour information. Il a pourtant fallu attendre près de 60 ans avant de voir ce livre publié en France grâce aux éditions Le Bélial’ et à la traduction de Jean-Daniel Brèque. C’est donc sans surprise tant j’ai entendu parler de ce roman qu’il a terminé rapidement dans ma PAL, bien porté aussi par une couverture, illustrée par Nicolas Fructus, que je trouve très réussie et qui colle bien à l’ambiance de l’histoire. On notera aussi une préface de Michael Moorcock qui, de mon point de vue, ne me parait pas obligatoirement nécessaire, cherchant à faire un parallèle avec l’oeuvre de Tolkien là où il n’y a pas lieu d’être vu que les deux auteurs ne paraissent pas cherche à offrir la même chose. Par contre si vous souhaitez la lire, je vous la conseille plutôt en postface pour éviter d’avoir les grandes lignes du récit résumés, ce qui peut gâcher un peu le plaisir de la découverte.

On se retrouve donc ici plonger dans une histoire de vengeance, dans une histoire de conquêtes viking qui va amener de nombreuses violences ainsi que de nombreuses souffrances. On va aussi se retrouver plonger dans un monde de Faërie qui se retrouve en guerre et au milieu de tout cela se trouve un artefact oublié qui est, vous vous en doutez, l’épée brisée. Voilà ce que nous propose ce roman et bien plus encore. Mais alors vaut-il les éloges que j’entends sur ce roman depuis quelques années maintenant? Clairement oui. On se retrouve ici plonger dans un roman de Dark fantasy de haut niveau, qui se révèle maîtrisé, dense, efficace malgré c’est vrai de nombreux aspects qui sont devenus classiques. On se retrouve alors facilement captivé dans un maelström de manipulations, de vengeances,  de haine, de jeux de pouvoir que ce soit entre les dieux, les hommes et les êtres féeriques, mais aussi dans un mélange de sentiments, souvent puissants et percutants, qui happent très facilement et rapidement le lecteur. Un récit qui se révèle intense, sans temps morts, soigné où viennent se croiser de façon cohérente et fascinante larmes, cris, sang et aussi espoir, amour maudit, offrant ainsi au fil des pages une plongée en abîme des héros. Chaque chapitre parait ainsi minutieusement travaillé pour toujours emmener le lecteur plus loin.

L’univers qui nous est proposé se révèle aussi être une grande réussite. Certes il ne révolutionne pas le genre, mélangeant Histoire, différentes mythologies et divinités ainsi que le travail d’imagination de l’auteur, mais voilà il se révèle pourtant clairement captivant, collant parfaitement à l’époque qui nous est présenté et oscillant ainsi en beauté et magie, mais aussi violence, mort et manipulations porté par des descriptions soignées. On y retrouve ainsi aussi bien un travail sur l’époque avec toute cette violence et ces conquêtes, qu’un travail sur la domination de plus en plus flagrante de la religion chrétienne, le tout mâtiné de ces aspects mystérieux qui viennent du peuple des Faëries. Mais attention on parle des peuples mystiques dans le sens premier du terme, des êtres immortels à la fois fascinés et déconnectés des humains, qu’ils voient plus comme des êtres peureux, éphémères de peu d’intérêt, mis à part pour certains aspects bien précis. Des êtres imbus de leurs pouvoirs et de leurs grandeurs qui pourtant d’une certaine façon jalousent certains aspects de l’humanité. On retrouve donc ici un foisonnement de peuples, de mythes, de légendes, de vies, mais aussi de  sociétés complexes que l’auteur arriver à retranscrire tout en conservant cette densité. Car oui c’est là un des gros point fort du récit arriver sur à peine un peu plus de 300 pages à conserver tout le travail mythologique effectué sans jamais perdre le lecteur ni influencer sur le rythme du récit. Certes je ne vais pas le nier certains point auraient mérité peut-être un travail légèrement plus conséquent, rien que pour le plaisir, mais franchement l’oeuvre dans son état actuel se suffit à elle-même.

On découvre tout au long du récit un panel de héros tous plus fascinants les uns que les autres, avec leurs forces et leurs faiblesses, qui se révèlent souvent charismatiques, travaillés, profonds et ne laissent pas le lecteur indifférent, qu’ils soient bons ou mauvais. Ils se révèlent ainsi tous humains, manipulés souvent par des forces qu’ils ne maîtrisent pas, mais aussi par leurs émotions, loin de tomber aussi dans le manichéisme tant même le personnage le plus sombre du récit possède une sensibilité intéressante et ses propres motivations. Les personnages féminins ne sont pas en reste non plus, avec des héroïnes qui se révèlent intéressantes au fil du récit, même si elles ont parfois du mal à sortir de certains stéréotypes d’époques je trouve, surtout chez les elfes. Chacun des protagonistes nous offre ainsi une facette intéressante à découvrir et ne manque pas non plus de nous entraîner de plus en plus loin et de plus en plus vite dans cette fresque passionnante. Il faut aussi bien avouer que la dualité entre le changelin et Skafloc ainsi que leurs quêtes de repères et d’identité ne manque pas d’intérêt et, d’une certaine faon, de philosophie.

La plume de l’auteur se révèle soignée, entraînante, dans et efficace amenant ainsi facilement le lecteur dans ce mélange de vengeance et de mythologie des plus réussie nous offrant même des poèmes que j’ai trouvé réussis et qui s’intègrent parfaitement. Mes seuls regrets avec ce livre sont que, d’une, certaines répétitions se font ressentir selon moi, principalement vers la fin du récit, et ensuite que ce récit de Fantasy se révèle classique, rien de rédhibitoire surtout pour un livre paru pour la première fois 60 ans après sa sortie en VO, mais certains aspects possèdent cette légère impression de déjà-vu, mais franchement rien de non plus très dérangeant tant j’ai été happé par cette Fantasy sombre, sanglante et pourtant haletante et passionnante. Je ne peux que conseiller ce livre pour peu que vous recherchiez ce genre de récit. Je lirai donc sans soucis d’autres écrits de l’auteur qui me font de plus en plus envie.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui nous offre une Fantasy, certes classique, mais qui se révèle sombre, entraînante et passionnante avec son lot de manipulations, de trahisons, de vengeances et de souffrance le tout aussi porté par des sentiments forts et efficaces. L’univers développé au fil des pages se révèle ainsi dense, solide, captivant, mélange d’histoire et de mythologie, bien porté par des descriptions efficaces et soignées. Le panel de personnages qu’on découvre au cours du récit s’avère fascinant, possédant leurs forces et leurs faiblesses, se montrant humain, entraîné plus souvent par leurs émotions que ce soit l’amour ou la haine. La plume de l’auteur est soignée, dense et nous plonge facilement dans ce monde à la fois féerique, sombre et pourtant haletant et intense. Ce roman répond en tout cas pleinement aux nombreuses éloges que j’avais entendues, certes vers la fin certaines longueurs se font ressentir et certains aspects se révèlent devinables, mais franchement rien de non plus gênant tant je me suis retrouve à lire ce livre quasiment d’une traite avec l’envie d’en apprendre plus à chaque page tournée. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur qui m’attendent dans ma PAL.

 

Ma Note : 8,5/10

 

Autres avis : Dionysos, Philémont, …

Le Paradoxe de Fermi – Jean-Pierre Boudine

le paradoxe de fermiRésumé : Dans son repaire situé quelque part à l’est de l’arc alpin, Robert Poinsot écrit. Il raconte la crise systémique dont il a été témoin : d’abord le salaire qui n’arrive pas, les gens qui retirent leurs économies, qui s’organisent pour trouver de quoi manger, puis qui doivent fuir la violence des grandes villes et éviter les pilleurs sur les principaux axes routiers.
Robert se souvient de sa fuite à Beauvais, de son séjour dans une communauté humaniste des bords de la mer Baltique et des événements qui l’ont ramené plus au sud, dans les Alpes.
Quelque part dans le récit de sa difficile survie se trouve peut-être la solution au paradoxe de Fermi, à cette célèbre énigme scientifique : dans un univers aussi vaste que le nôtre, l’espèce humaine ne peut pas être la seule douée d’intelligence ; alors où sont les autres, où sont les traces radio de leur existence?

Edition : Denoël Lunes D’encre (Paru le 08/01/2015)

 

Mon Avis : La première fois que j’ai entendu parler de ce livre, ce qui m’a directement attiré c’est sa couverture, illustrée par Aurélien Police, que je trouve franchement superbe et qui attire l’oeil. Ajouter à cela un résumé qui annonçait clairement un roman post-apocalyptique, genre que j’apprécie, ce livre ne pouvait donc que finir sa course dans ma PAL. Par conséquent quand on m’a proposé de le découvrir, je me suis rapidement laissé tenter.

Commençons déjà par situer ce livre dont, finalement, j’ai du mal à le classer en roman, malgré sa construction fictive sous la forme d’un journal d’un homme qui a vécu la fin de la société. Il faut dire que le style se révèle très simpliste, répétitif, avec une assise plus scientifique et froide que littéraire, ce qui fait que j’ai plus de faciliter à considérer cette histoire comme une étude de cas, voir un essai limite spéculatif qui partirait ainsi avec comme point de départ une crise boursière dont la société, telle qu’on la connait, ne se relèverait pas et s’effondrerait sur elle-même. Ce n’est en rien une critique, cela n’empêche pas la lecture et l’appréciation de ce roman, juste si vous cherchez un récit plus « romancé » et plus « touchant », ou si vous cherchez un style travaillé vous risquez de vous sentir frustré par ce roman.

Mais alors qu’en est-il de ce paradoxe? J’avoue qu’une fois la dernière page tournée je dois bien avouer que la lecture s’est révélée plutôt plaisante avec de bonnes idées et surtout de nombreux aspects glaçants, mais que je suis loin du roman marquant, dont j’ai entrevu passer quelques retours sur d’autres sites. Une chose qu’on ne pourra pas enlever au récit c’est sa vision de l’effondrement de la société qui se révèle tout à fait frappante, saisissante et surtout tellement réaliste. Ce personnage principal qui se retrouve limite à « régresser » au fil des pages ne peut que surprendre le lecteur. Cette possibilité que l’homme, tellement dépendant des technologies,ne puisse se relever de la disparition de celles-ci, où les inégalités vont s’accentuer pour aboutir à de nombreuses scènes de guérillas, de pillages et de brigandage. On sent que l’auteur a longtemps réfléchi à son sujet, l’a parfaitement collé à notre société et a pu ainsi le développer tout en cherchant à nous faire réfléchir. On se retrouve donc ainsi à se poser de nombreuses questions que ce soit sur notre façon de traiter la nature, notre environnement, mais aussi sur notre capacité à survivre sans certaines évolutions ou bien encore sur la situation politique et géopolitique qui n’est pas sans rappeler certaines informations actuelles tant les tensions sont présentes dans l’actualité.

Pourtant, malgré ses points forts percutants et efficaces de nombreux aspects m’ont laissé perplexe. Dans la construction de sa catastrophe l’auteur parait ne pas savoir sur quel pied danser, oscillant entre des explications larges qui collent bien car elles offrent plusieurs hypothèses que le lecteur peut imaginer tout seul et parfois une tentative plus pointue d’étayer sa démonstration, qui parfois a eu du mal à m’accrocher car trop simpliste. Je prends pour exemple le chapitre qui parle de la chute d’Israël face à une coalition de pays de la péninsule arabique telle que la Syrie, l’Irak, la Jordanie, la Libye et d’autres, le tout avec l’aval de l’Iran. Géopolitiquement cette coalition me dérange tant elle parait peu probable, même si pas impossible, et vu que l’auteur ne développe pas plus en profondeur je suis resté frustré. C’est dommage, car cela me donne plus l’impression qu’il cherche plus à faire avancer son histoire simplement tel qu’il l’entend. Autre point qui me laisse perplexe c’est cette représentation aussi un peu facile de l’humanité sans logique, comme par exemple ce chapitre sur l’eau potable. Vu qu’il n’y a plus d’électricité on peut donc potabiliser l’eau vu que, pour l’auteur, les stations d’épuration d’eau ont besoin pour cela de machines et de produits chimiques, sauf que, et c’est peut-être mon côté scientifique qui parle, il existe des STEP purement biologique et sans machines et qu’en cas de dernier recours on peut toujours tenter par l’UV dans des bouteilles plastiques ou par filtres charbons même si, c’est vrai, ce n’est pas parfait. Je trouve cela dommage car on a l’impression que parce-que le « cadre moyen cultivé » ne sait pas faire obligatoirement personne ne sait faire. Pareil pour les passages sur l’agriculture ou encore sur la nourriture.

Puis arrive la conclusion, cette réponse que l’auteur cherche à faire passer concernant le paradoxe de Fermi, qui se révèle tout à fait plausible malgré, c’est vrai, son côté pessimiste. Une conclusion intéressante qui cherche, d’une certaine façon, à sonner l’alarme de notre façon de gérer notre planète et nos vies. Sauf que voilà deux choses m’ont laissés perplexe, c’est que d’une on la voit venir au vu du titre et de la façon dont l’auteur construit son récit et de deux j’ai trouvé qu’elle manquait un peu de débat. Pourtant l’auteur prend bien 10 pages à développer son hypothèse, reposant sur un dialogue de groupe et, comme je l’ai dit, elle est tout à fait plausible, mais voilà c’est censé être un groupe instruit et il n’y a quasiment pas un seul débat contradictoire, alors que moi je me sentais frustré avec la dizaine d’argument que j’avais en tête mettant à mal cette théorie. Après je sais parfaitement bien qu’une telle théorie n’a que deux possibilités d’être résolue, soit un jour la vie extraterrestre apparait soit on arrive à prouver avec certitude qu’elle n’existe pas (et encore la certitude a aussi ses limites), mais voilà voir l’argumentation acceptée si facilement me dérange, tant elle reste justement discutable.

Après on pourrait croire que je n’ai pas apprécié ce roman, c’est faux, il reste un minimum agréable, son côté post-apo est clairement réussi et fait froid dans le dos. Je ne dirai pas non plus, en fermant ce livre, que certaines questions ne continuent pas à trotter dans ma tête. Le héros principal, malgré un côté froid et un certain manque de touche émotionnelle, arrive effectivement à nous faire réagir et à nous passionner un minimum sur notre société, son repli dans la haine et la violence, et ses nombreuses péripéties. Sauf que voilà, tout simplement je pense que mon esprit scientifique ne se sent pas complètement convaincu par certains aspects trop simplistes et mon esprit de controverse trouve que l’auteur construit trop son récit pour tenir la main du lecteur et mettre en avant ses arguments, sans jamais chercher à les pousser à bout. Au final une lecture pas mauvaise, mais qui n’a pas répondu complètement à mes attentes.

En Résumé : J’avoue une fois la dernière page de ce roman tourné, que je ressors pas complètement convaincu par ma lecture. Certains aspects se révèle réussi, comme par exemple ce travail minutieux sur l’effondrement de notre société et sa capacités à s’auto-détruire qui se révèle très réaliste et limite glaçant, ou encore sur les nombreuses réflexions qu’il cherche à mettre en avant de façon intéressante, mais voilà d’autres passages m’ont laissé perplexe. Je pense principalement a certaine tentative d’explication de la catastrophe qui, dans l’état de construction du récit et des éléments fournis, ont du mal à me convaincre ou bien encore sur cette impression que l’humanité entière manque de jugeote et de logique sur certains aspects qui me paraissent pourtant gérables. Puis arrive la conclusion, le travail qui mène à la réponse de l’auteur au paradoxe de Fermi qui ne manque pas d’intérêt et qui se révèle plausible mais dont je trouve dommage qu’il soit finalement devinable rapidement et qui, surtout, manque de débat contradictoire, ce qui m’a légèrement frustré. Au final un roman plutôt sympathique, avec de bons passages, mais dont finalement j’attendais plus.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autre avis : Lune, Cornwall, Ptitetrolle, Elessar, …

La Voix de L’Empereur Tome 1, Le Corbeau et la Torche – Nabil Ouali

la voix de l'empereurRésumé : Voici l’histoire de quatre destins réunis au cœur d’un empire mourant. L’enfant du village gelé, le paladin hanté par un sombre secret, le prêtre émérite d’un ordre qu’il méprise, et le fils de l’empereur.
Dans les rues des cités fourmillantes ou les profondes forêts, chacun accomplit un voyage sur les routes de l’empire mais aussi dans les méandres de son être : quelles sont les ficelles que tire le clergé dans les coulisses ? Qui a tenté de tuer l’empereur et d’éteindre à jamais sa voix ? Sur le sentier escarpé qui mène au pouvoir, le chemin est infiniment plus important que le sommet.

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : La première chose qui m’a attiré vers ce livre c’est l’objet en lui-même, il faut bien avouer que sur ce coup-là les éditions Mnémos n’ont pas fait les choses à moitié, avec une reliure cartonnée et une illustration de couverture que je trouve vraiment superbe par son côté finalement assez simple mais efficace. Ajouter à cela un quatrième de couverture qui se révélait accrocheur et surtout assez énigmatique, ce livre a donc rapidement terminé dans ma PAL, histoire de me faire un avis.

Clairement au niveau de l’intrigue on ne révolutionne pas le genre avec un univers se composant de plusieurs royaumes, un empereur mourant et un héritier encore un peu jeune pour vraiment s’imposer sur le trône, avec de nombreux partisans qui gravitent autour jouant dans l’ombre pour essayer de récupérer le maximum d’emprise et de pouvoir. Certes du déjà-vu, annoncé comme cela, et pourtant l’auteur possède quelque chose qui arrive vraiment à accrocher le lecteur, à le fasciner : c’est sa plume. En effet le style de l’auteur se révèle magnifique, poétique, dense et soignée offrant ainsi au fil des pages et des mots un monde et un univers enchanteur  d’une grande beauté. Une écriture maîtrisée qui se révèle vraiment de haut niveau, selon moi, porté par des descriptions vivantes, captivantes et colorés, auquel s’ajoute un aspect philosophique qui ne manque pas d’attrait même si parfois il tombe légèrement dans la facilité et dans le besoin de convaincre trop rapidement sur des sujets qui paraissent tout de même importants.

L’univers ne manque pas non plus d’attrait, que ce soit dans sa composition avec ses nombreux royaumes, ses nombreux rois, sa religion et ses nombreuses luttes de pouvoirs et manipulations, mais aussi pour les différents décors qu’on découvre au fil des aventures des personnages, qui oscillent entre des passages envouteurs, mais aussi des passages plus sombres. On sent au fil des pages un univers dense, qui possède ses propres règles, sa propre loi, ses nombreuses magies et ses mystères, mais qui finalement a un peu de mal  à vraiment pouvoir dévoiler toute son ampleur, la faute à un roman assez court avec moins de 270 pages, ce qui est parfois légèrement frustrant. Cela ne l’empêche pas de se révéler solide, accrocheur et donner ainsi envie d’en apprendre plus, surtout que de nombreuses questions restent sans réponse, l’auteur jouant clairement avec le lecteur, évitant de trop rapidement lui donner les réponses que ce soit sur son aspect magique comme certains mythes, ou encore sur certains aspects plus profonds de ce monde.

Et pourtant j’avoue qu’une fois la dernière page tournée je ne ressors pas complètement convaincu par ce premier tome,  pas qu’il soit mauvais, loin de là, il possède de bonnes bases, de bonnes idées et d’éléments assez intéressants pour se révéler assez sympathique, mais voilà l’ensemble parait un peu bancal, surtout au niveau de la première partie. Cela vient, pour moi, en grande partie du fait que l’auteur a du mal à parfois oublier son style pour développer son intrigue. Certes c’est très joliment écrit, mais parfois je me suis senti frustré de voir survenir une information ou un rebondissement dont on ne comprend rien par manque d’explications ou par manque d’indices ce qui est dommage. C’est rare que j’avance cela, mais je pense vraiment que ce premier tome aurai mérité d’être étoffé pour permettre à l’intrigue de vraiment gagner en intensité et en densité plutôt que d’offrir quelques soubresauts nébuleux, principalement dans la première moitié. Heureusement la suite devient plus fluide et on découvre alors le potentiel que possède ce récit.

Concernant les personnages on est ici dans un roman choral où les points de vue se multiplient, apportant ainsi de nombreuses informations, mais aussi des visions et des réflexions différentes de ce monde. Sauf que voilà multiplier les points de vue dans un roman aussi court possède aussi son défaut c’est que certains personnages restent un peu de côté et, j’avoue, mis à part peut-être deux ou trois protagonistes, les autres ont eu beaucoup de mal à m’émouvoir et à faire que je m’attache à eux. Ils ne sont pas mauvais, mais voilà on les voit parfois trop peu pour vraiment ressentir quelque chose pour eux. Limiter le nombre de protagonistes aurait, je pense, permis d’avoir des personnages plus profonds, plus chaleureux et plus humains. Heureusement comme je l’ai dit quelques personnages arrivent tout de même à sortir du lot que ce soit Glawol par sa vision du monde et sa capacité à jouer double voir triple jeu, le Prince a fleur de peau qui doit faire face à de nombreuses manipulations ou encore Frimas personnage froid et intriguant.

Je me suis donc retrouvé ainsi avec un premier tome qui ne manque pas de promesses ni d’attrait, avec de bonnes idées et un travail de forme au-dessus du lot, même s’il est loin d’être parfait, plombé par quelques défaut qui m’ont empêché de rentrer complètement dedans. Je lirai la suite car si l’auteur arrive à corriger ses quelques faiblesses et rendre l’intrigue plus dense et plus fluide je pense vraiment que ce cycle pourrait se révéler plus que réussi. À voir.

En Résumé : Je ressors finalement pas complètement convaincu de ma lecture de ce roman, pas qu’il soit mauvais, il possède au final de nombreuses qualités telles qu’une plume vraiment magnifique et poétique ainsi qu’un univers qui, malgré qu’il soit à peine esquissé, donne envie vraiment d’en apprendre plus sur ses nombreux mystères et ses nombreuses régions, bien porté par des descriptions magnifiques. Mais voilà le gros point fort du récit influe aussi sur ce qui m’a dérangé dans l’histoire, le fait que l’auteur m’a paru plus se consacrer sur la forme de son récit que sur le fond, tant certains aspects apparaissent un peu trop brusquement, sans explications et parfois de façon trop surprenante, même si l’ensemble devient, pour moi, plus fluide dans la seconde partie. L’auteur nous offre aussi un roman choral, multipliant les personnages et les points de vue, mais ça ne fonctionne pas toujours, surtout dans un roman si court ce qui fait qu’il est difficile de s’intéresser à tous les personnages. Au final un premier tome plutôt bancal, mais qui possède assez de potentiel pour me donner tout de même envie de lire la suite en espérant que l’auteur gère mieux son intrigue.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autres avis : Dup, …

Le Bâtard de Kosigan Tome 1, L’Ombre du Pouvoir – Fabien Cerutti

batard de kosiganRésumé : Le chevalier assassin, Pierre Cordwain de Kosigan, dirige une compagnie de mercenaires d’élite triés sur le volet. Surnommé le « Bâtard », exilé d’une puissante lignée bourguignonne et pourchassé par les siens, il met ses hommes, ses pouvoirs et son art de la manipulation au service des plus grandes maisons d’Europe.
En ce mois de novembre 1339, sa présence en Champagne, dernier fief des princesses elfiques d’Aëlenwil, en inquiète plus d’un. De tournois officiels en actions diplomatiques, de la boue des bas fonds jusqu’au lit des princesses, chacun de ses actes semble servir un but précis.
À l’évidence, un plan de grande envergure se dissimule derrière ces manigances. Mais bien malin qui pourra déterminer lequel…

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Ce livre m’a longtemps tenté au moment de sa sortie sans que je craque pour autant. Les premiers échos que j’ai eu au fil des mois se révélant plus que positifs, j’ai donc décidé lors des dernières Imaginales, et après discussion avec l’auteur, de le faire entrer dans ma PAL. Il faut dire que le mélange de Fantasy et d’histoire de France proposé par le quatrième de couverture avait de quoi se révéler tentant. Ajouter à cela une couverture, illustrée par Emile Denis , qui met directement dans l’ambiance et une sortie prochaine de la suite j’ai donc décidé de sortir ce livre de ma bibliothèque pour me faire mon avis.

On se retrouve ainsi à plonger dans une histoire qui oscille entre Fantasy, Historique et, d’une certaine façon, Uchronie où l’on suit deux lignes d’intrigues bien distinctes, celle de Pierre Cordwain de Kosigan en 1399 qui se retrouve en plein milieu d’une lutte de pouvoir et qui va y jouer un rôle important, et celle de son descendant en 1899 qui cherche à en apprendre plus sur son ancêtre. La majorité du récit se repose principalement sur l’intrigue en 1339 et offre une histoire qui va rapidement se révéler sans temps morts, où la mort, l’action et les péripéties rodent à chaque coin pour essayer de faire tomber le héros, ce bâtard. Il faut dire qu’il est loin d’être aimé, voir même haï par de nombreuses personnes et son métier de mercenaire ne le met pas toujours dans de bonnes positions, le plaçant régulièrement au milieu d’intrigues politiques, de trahisons et de manipulations. Clairement, on est loin des intrigues denses, complexes, qui s’enchevêtrent pour mieux trahir et surprendre, on est plus dans des intrigues, certes à tiroir, mais qui reposent surtout sur l’action, le rebondissement, le tout à un rythme entrainant et efficace avec un chapitrage assez court, et cela marche parfaitement bien. On se retrouve ainsi emporté dès les premières pages par les nombreuses péripéties et les nombreuses aventures que va rencontrer notre héros. L’auteur maitrise franchement le rythme de son récit, jonglant entre révélations et action et offre ainsi une histoire sans temps morts, dont on tourne les pages avec plaisir et entrain pour connaitre la suite.

Il faut aussi dire que l’univers historique mis en place par l’auteur joue énormément dans la réussite du livre et se révèle être l’un des gros points forts selon moi. On sent bien du début à la fin que l’auteur connait parfaitement son sujet, nous proposant une époque réaliste, dense et intéressante sans jamais non plus tomber dans des descriptions à rallonges. On plonge ainsi avec plaisir dans une France moyenâgeuse, dans une période de tension, remplie de chevalier, de tournois, de lutte de pouvoir dans un pays encore en mutation et de violence. Un univers âpre, sauvage, de sueur et de sang qui accroche bien sans non plus aller dans la surenchère. Un côté léger se dégage aussi de cette période, principalement face à l’insouciance du héros, ce qui lui évite de se révéler aussi trop sombre et étouffant. Le petit plus vient des modifications qu’apporte l’auteur, y ajoutant une pointe de Fantasy avec la présence de peuples féeriques, de magies et de plein d’autres choses que je vous laisse découvrir et qui je trouve s’intègre parfaitement à l’histoire. La période de 1899 est elle plus ciblée sur le progrès technologique, les jeux de pouvoir se révèlent souvent plus masqués, plus sournoises et ne manque pas d’accrocher aussi. Au final j’ai trouvé ici un univers original, possédant de nombreuses bonnes idées et références, et qui donne envie d’en apprendre plus dans les prochains tomes, histoire de mieux comprendre certaines zones qui restent encore mystérieuses.

Concernant les personnage je dois bien admettre que le Bâtard de Kosigan se révèle être un héros entrainant, qui nous emporte avec facilité et de façon dépaysante dans les nombreuses péripéties qu’il va rencontrer. On découvre ainsi un personnage haut en couleurs, méthodique, qui aime l’argent, les manipulations et les femmes. Il dévoile aussi au fil du récit un passé moins joyeux, plus compliqué qui possède encore de nombreuses questions sans réponse et offre au héros une aura plus intimiste. J’ai juste deux remarques à faire, d’une le Bâtard, pour moi, tombe parfois un peu dans la caricature de « James Bond » beau gosse, tombeur de toutes les femmes, à la répartie toujours facile sauf que je suis loin d’être un grand fan de ce genre de héros et qui je trouve a du mal à coller à un mercenaire tel qu’il est présenté ici, ensuite l’auteur se consacre tellement à son héros que les autres protagonistes ont du mal à vraiment se dégager, se révélant simplement pour la plupart des faire-valoir pour l’intrigue là où, je pense, certains auraient mérité d’être plus développé. Après rien de non plus gênant ou bloquant et cela ne gâche en rien l’histoire.

La plume de l’auteur se révèle efficace, entrainante, vivante et happe le lecteur assez facilement dans son univers et ses machinations. Deux points m’ont par contre laissé perplexe, le premier vient de la construction du récit, l’intrigue de 1399 se révélant sans temps morts, là ou celle de 1899 prend plus de temps à se construire, le soucis vient qu’en mélangeant les deux on a l’impression d’avancer rapidement dans l’une et de stagner dans l’autre. Cela ne gêne pas la lecture mais offre par moment un faux rythme légèrement frustrant. Ensuite l’autre point qui m’a surpris c’est la facilité dont l’intrigue se déroule, notre héros ne rencontre jamais de véritable problèmes, son plan marchant trop à la perfection et reposant aussi sur quelques facilités liées aux capacités du héros. C’est dommage car niveau suspens on se retrouve a ne plus vraiment s’inquiéter pour lui et son équipe tant on se rend compte qu’il ne va rien leur arriver de fâcheux. Au final ça n’empêche ce récit de se révéler efficace et offrir un bon moment de lecture, dévoilant une conclusion plutôt réussie avec de nombreux points en attente qui donnent envie de lire la suite.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui nous propose de découvrir le Bâtard de Kosigan et son descendant dans deux intrigues qui paraissent s’entrecroiser. On plonge ainsi dans un récit rempli d’adrénaline, de rebondissements, d’action et de surprises qui happe facilement et rapidement le lecteur. L’univers développé tout au long du récit se révèle efficace, dense et complexe sans jamais non plus tomber dans des descriptions à rallonge et l’ajout de Fantasy à l’époque historique apporte un plus et se révèle original. Concernant les personnages, le Bâtard de Kosigan se révèle être un héros entrainant, efficace avec un passé sombre qui demande à en apprendre plus, mais je regratte qu’il tombe un peu dans la caricature du beau gosse tombeur de ses dames a qui tout réussi. Je trouve aussi qu’il prend trop de place dans le récit, ce qui fait que les autres personnages ont du mal à se sortir du simple rôle qui leur est attribué. La conclusion du récit se révèle réussi et laisse de nombreuses zones d’ombres en suspens ce qui appelle à lire la suite. Je regrette finalement que deux choses l’impression de faux-rythme qui apparait entre les deux intrigues principales et une impression de facilité dans l’intrigue de 1339 qui, à mon goût, se résout un peu trop facilement selon le plan établit et avec quelques légères facilités, mais rien de trop bloquant tant l’ensemble se révèle enlevé. La plume de l’auteur est entrainante, vivante et efficace et je lirai la suite sans soucis.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Louve, joyeux-drille, Thalia, Dionysos, …

Mes Achats du Mois de Janvier 2015

Voilà le premier mois de l’année 2015 qui s’approche de la fin et il est temps de faire le bilan de mes achats de ce mois de janvier. Finalement j’ai été assez sage par rapport à ce que je suis capable de faire puisque je me retrouve avec un +6 dans ma PAL.

Janvier-15

Voilà donc ce qui a intégré ma bibliothèque en ce mois de janvier 2015 :

  • L’Histoire sans Fin de Michael Ende aux éditions Hachette. Ce livre n’est plus a présenté mais l’édition est tellement magnifique qu’elle a fini dans ma PAL.
  • Le Clan des Otori, L’Intégrale de Lian Hearn aux éditions Gallimard. Marmotte est apparue devant moi en me demandant si je les avais lus, j’ai répondu non, elle a donc commencé à me taper dessus avec le livre car, je cite, je dois les lires. Il a donc rejoint ma bibliothèque.
  • Blizzard Livre 1, Le Secret des Esthètes de Pierre Gaulon aux éditions Mnémos. Une couverture superbe, un résumé intéressant il ne pouvait que finir dans ma PAL.
  • La Trilogie Divine de Philip K. Dick aux éditions France Loisirs. On s’est croisé, on s’est attiré du regard, j’ai donc craqué.
  • La République des Enragés de Xavier Bruce aux éditions Actu SF. Ce livre est entré dans ma PAL un peu sur un coup de tête, le résumé se révélant intrigant.
  • Aeternia Tome 1, La Marche du Prophète de Gabriel Katz aux éditions Scrinéo. Je n’allais pas passer à côté du nouveau Gabriel Katz.

Pas de piles de livres grandioses en ce début d’année 2015, ce qui permet de faire souffler un peu ma PAL. En tout cas de bonnes lectures en perspectives.

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