Auteur/autrice : BlackWolf Page 95 of 202

L’Education de Stony Mayhall – Daryl Gregory

l'education de stony mayhallRésumé : Stony a trois sœurs : Alice, Chelsea, Junie. Et sa mère Wanda, qui l’aime plus que tout. Sans oublier Kwang, son copain de toujours, persuadé que Stony possède un superpouvoir. Parce que Stony est insensible aux flèches que son ami lui plante dans le ventre histoire de rigoler… Il faut dire que Stony ne respire pas. Ne mange pas vraiment. Ne dort jamais. Et pourtant il grandit. Stony ignore ce qu’il est. Il n’a pas pris la mesure de son réel pouvoir. Ça viendra. Reste une interrogation : y en a-t-il d’autres comme lui ? La réponse à cette question emportera tout dans son sillage…

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : De l’auteur j’ai lu il y a quelques mois une nouvelle, Dead Horse Point publiée dans le Bifrost n°74, qui m’avait accrochée par son aspect poignant, humain et aussi par son sujet, traité de façon intelligente et efficace. Donc quand la maison d’édition Le Bélial’ a annoncé qu’il sortirait un roman de l’auteur, qui plus est travaillant la thématique du zombie, je savais que ce livre allait rapidement finir dans ma PAL. Quand Libfly a proposé de le découvrir j’ai tenté ma chance. Je remercie donc Libfly et les éditions Le Bélial’ de m’avoir permis de lire ce roman dans le cade de la voie des Indés 2014. Je préviens d’avance il y a risque de légers spoilers.

On va commencer par poser ce roman, oui il s’agit bien d’un roman de zombie, mais il se révèle complètement différent de ce qui se fait d’habitude. L’auteur a ici décidé de se servir du monstre pour proposer un récit qui se révèle intelligent, parfois philosophique et qui servira à faire réfléchir le lecteur, à apporter un regard neuf sur certains aspects de notre société. Il détourne donc ainsi clairement le symbole habituel des zombies pour offrir au lecteur quelque chose d’original. Par conséquent si vous êtes à la recherche de romans où les zombies sont des êtres simplistes et où le sang coule à flot, passez votre chemin, même si c’est vrai l’auteur ne vous oublie pas pour autant offrant quelques scènes pleines d’adrénalines, des survivants guerriers et même pourquoi pas une petite apocalypse. Posons maintenant le récit, l’invasion des zombies a eu lieu vers la fin des années 60. Elle a été rapidement jugulée par le gouvernement mais aussi par l’apparition de milices populaires. En Iowa une mère et ses trois filles vont alors accueillir un bébé dont elles ont retrouvé la mère décédée en rentrant chez elles. Très vite elles vont se rendre compte que ce bébé est un mort vivant. Il va se révéler différent, pouvant grandir au fil des ans, parler et même penser.

L’idée vraiment originale du récit et sur laquelle repose toute la construction de l’histoire vient de la façon dont sont imaginés les zombies. Ici on ne sait pas vraiment ce qui en est la cause, on sait juste qu’une fièvre les prend pendant 24 à 48h les poussant à mordre chaque personne qu’ils croisent, puis elle retombe et ils retrouvent alors leurs esprits. Ils se rapprochent alors  de l’homme sauf qu’ils sont  morts et contagieux par la morsure. L’auteur va alors construire son intrigue en cinq grandes parties. La première partie est construite de façon classique, c’est celle qui dévoile l’enfance de Stony, son évolution. Alors certes classique mais pourtant c’est la pierre angulaire du récit, elle permet clairement de poser les personnages, de voir justement son éducation, la façon dont on lui fait voir le monde, dont on le protège dans une famille ou il n’est entouré que de femmes. C’est cette partie fondamentale qui va amener à mieux comprendre le personnage par la suite, que ce soit dans ses envies ou ses réactions. Mais c’est aussi une partie qui nous fait réfléchir, sur la différence, l’acceptation des autres. Stony est différent, « malade », il serait rejeté pour ce qu’il est alors qu’au fond de lui il se sent humain. Une réflexion sur la tolérance efficace et bien amenée, justement par ses différents personnages et leurs façons de voir les choses. C’est clairement là qu’on s’attache aux différents protagonistes, des personnages vraiment forts, charismatiques, émouvants qui m’ont touché. L’auteur prend aussi le temps de construire les bases de son univers pour la suite.

Les deuxième et troisième parties vont alors se révéler plus sombres,  mais aussi beaucoup plus ouvertes. Stony découvre qu’il n’est pas seul, des milliers de zombies comme lui vivent à travers le monde, ils se cachent à cause de leur différence, de ce que le passé a montré d’eux, la communication et l’image qu’on montre d’eux les transformant en monstre voir bien pire. Ils sont incompris. L’auteur élève alors sa réflexion : à travers ces deux parties il va se retrouver a traiter aussi bien du racisme, de la maladie que de l’immigration, se servant du monstre comme un symbole pour la philosophie qu’il travaille au fil des pages. Mais surtout Stony évolue, il se rend compte que le monde est beaucoup plus vaste, beaucoup plus complexe et beaucoup plus politisé qu’il le croyait. Même chez les morts-vivants il y a des clans et des visions complètement différentes de l’avenir. C’est un peu l’âge de la perte des illusion. La quatrième partie se révèle plus oppressante et traite davantage des zombies comme terroristes, voir comme ennemis. Il existe des prisons cachées, des camps où ils sont enfermés, étudiés et même torturés. De nouveau l’auteur fait écho à travers son texte à notre société, l’histoire l’ayant bien montré. Alors c’est vrai cette partie se révèle peut-être un peu caricaturale, mais ne manque pas de se révéler percutante.

La dernière partie retombe un peu dans le classique, on va dire, les rêves sont brisés, l’humanisme que cherchait Stony et son besoin de discuter, d’argumenter, de démontrer qu’ils ne sont pas ce que l’on croit a percuté un mur. On se retrouve alors dans des passages plus violents, plus sombres et sauvages. C’est le passage où Stony sait ce qu’il a perdu, ce qu’il doit réaliser et va tout faire pour  réussir. Une dernière partie mélancolique aussi qui se laisse porter au fil des pages, malgré une conclusion évidente. Au final si on s’élève un peu, ce récit est celui de la vie d’un homme, ou plutôt d’un zombie humain, de son enfance joyeuse et crédule jusqu’à la vision d’un homme qui a vécu sa vie et se retourne pour découvrir le chemin parcouru et ce qu’il lui reste à faire.

L’Éducation de Stony Mayhall est donc un roman original, principalement par l’humanisation du zombie qu’il nous propose, l’élevant ainsi à un rang différent du monstre qu’on connait, mais aussi par les nombreux axes de réflexion et la critique sociale qu’il propose, aussi bien sur la vision qu’on a des autres que sur les gouvernements, sur la différence, ou bien encore sur les religions et la foi. Alors parfois certaines réflexions sont, certes, un peu caricaturales, certains aspects un peu simplistes, mais dans l’ensemble j’ai trouvé qu’elles remplissaient parfaitement leur rôle. Autre point intéressant c’est l’aura de mystère que s’amuse à laisser planer l’auteur tout au long du récit, qui forme je trouve un contrepoint intéressant aux différentes explications scientifiques qu’il propose, même si j’ai trouvé que sur certains points il en faisait un peu trop d’un point de vue surnaturel, me frustrant un peu et lui offrant quelques deus ex machina faciles.

Malgré toutes les qualités que possède ce roman, certains passages m’ont quand même dérangé, je pense par exemple aux longues ellipses temporelles entre chaque parties. Autant certaines passaient très bien, c’était fluide autant d’autres m’ont paru hachées, il fallait un peu de temps pour se recentrer sur les personnages qui avaient énormément évolués. Ensuite je reste perplexe sur la conclusion, en soi elle n’est pas mauvaise, et se révèle plutôt efficace, mais je ne comprends pas pourquoi l’auteur a décidé de s’offrir une sorte de happy-end là où il n’y en avait pas forcément besoin. C’est un choix de l’auteur que je trouve légèrement dommage même si je le comprends. Au final rien de complètement dérangeant, cela n’enlève rien à la qualité du roman.

La plume de l’auteur se révèle efficace, entrainante et il montre clairement qu’il joue avec le lecteur variant parfois son style, passant de la troisième personne, à la première ou bien encore en le faisant participer à la construction du récit. J’avoue, j’ai aimé la façon d’écrire de l’auteur qui cherche à varier sa façon de présenter les choses, même si je comprends que cela puisse dérouter. Il cherche aussi à apporter une touche de légèreté et d’ironie à l’ensemble qui, la plupart du temps, marche plutôt bien avec quelques jeux de mots et des blagues, même si parfois ça tombe un peu plat. Mais bon l’humour dépend aussi de chacun. Au final ce roman fut une belle surprise et j’ai passé un bon moment de lecture. Je lirai sans souci d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui nous présente le zombie de façon vraiment intéressante, offrant une intrigue efficace, soignée et qui nous fait clairement réfléchir sur de nombreux sujets, principalement sur l’acceptation des autres, la façon dont on les perçoit et dont les média nous les font voir.  Une chronique sociale et acerbe aussi sur notre gouvernement, la façon dont il peut traiter les personnes différentes des normes. Si vous cherchez un livre de zombie sanglant et sauvage, passez votre chemin. Le personnage de Stony se révèle vraiment attachant, bien construit, fascinant et complexe, se révélant l’un des gros points forts du récit. La plume de l’auteur est entrainante, efficace et on sent bien qu’il s’amuse avec le lecteur faisant varier sa façon d’écrire. Il teinte aussi au fil des pages son histoire d’ironie et d’humour noir plutôt efficace même si parfois certains passages tombent un peu à plat. Je regrette juste que certaines ellipses temporelles hachent le récit, perdant le lecteur pendant quelques pages et aussi une conclusion, certes pas mauvaise, mais avec un happy-end qui me parait exagéré ici. Au final ce livre reste un très bon récit et je lirai sans soucis d’autres écrits de Daryl Gregory.

 

Ma Note : 8/10

Martyrs, Livre 2 – Oliver Peru

martyrs livre 2Résumé : Irmine et Helbrand, deux frères assassins descendant d’un ancien peuple guerrier, vivent dans les ombres de la plus grande cité du royaume de Palerkan. Alors qu’ils se croient à l’abri des persécutions dont ont souffert leurs ancêtres, leur passé sanglant les rattrape, sous les traits d’un borgne qui semble nourrir pour eux de sombres projets. Et tandis que la guerre menace d’embraser le monde, que les puissants tissent de noires alliances, ils vont devoir choisir un camp. Leur martyre ne fait que commencer…

Edition : J’ai Lu

 

Mon Avis : Il y a un peu plus d’un an sortait le premier tome de cette trilogie sur lequel je me suis, j’avoue, rapidement jeté. Il faut dire que je n’avais jamais été déçu par un roman de l’auteur et, ce premier livre de Martyrs, confirmait tout le bien que je pensais, offrant une histoire sombre, pleine d’action et d’aventures avec des personnages soignés, dans un univers que je trouvais original et intéressant (ma chronique ici). Un premier livre plein de révélations et de surprises dont j’attendais la suite avec une grande impatience. C’est donc sans surprise que, dès le jour de sa sortie, il ait fini dans ma PAL. À noter que les éditions J’ai Lu propose de nouveau une très belle édition avec rabats, cartes en couleur, illustration intérieurs et une couverture que je trouve très réussi même si, je ne sais pas trop, elle me rappelle Druide, son premier roman.

Une fois la dernière page tournée je dois bien avouer que j’ai de nouveau été emporté par ce second tome et que j’ai hâte de lire la suite, même si, c’est vrai, je l’ai quand même trouvé légèrement en dessous du précédent. Suite au cliffangher de la fin du premier tome je me demandais comment l’auteur allait continuer les différentes lignes d’intrigues qu’il a mis en place et je trouve au final qu’il s’en sort très bien, nous offrant un second tome admirablement bien rythmé, sans temps morts, alternant les personnages pour offrir une fresque assez passionnante et entrainante des différentes luttes qui se mettent en place dans ce royaume. On sent bien qu’il maîtrise l’ensemble et possède un sens du rebondissement et du retournement de situation efficace tant on tourne les pages avec envie d’en apprendre plus. Après un premier volume assez explosif et rempli de coups de théâtres percutants, ce second livre se révèle plus de transition; les trahisons sont tombés et on rentre maintenant dans diverses machinations et manipulations, soit pour revenir sur le devant de la scène soit pour asseoir une nouvelle position. Rien n’est acquis et tout peut basculer ce qui ajoute une certaine tension qui s’accentue au fil des pages où le lecteur se demande bien qui va s’en sortir et qui va tomber.

L’intrigue va se révéler aussi plus vaste que celle du premier tome, en effet on alterne entre le temps présent et aussi dans ce qui se passe près d’un siècle avant. Cela permet clairement de diversifier l’ensemble et d’offrir deux mondes complètement différents, un complètement dominé sous le joug du pouvoir et l’autre, dans le passé, rempli de petits territoires qui se font régulièrement des guerres. On évite aussi ainsi de trop trainer au même endroit, variant ainsi les lieux et les combats. Énormément de révélations apparaissent dans ce tome, entre manipulateurs et manipulés, chacun commence à dévoiler son jeu, les intrigues se relient les unes aux autres pour aboutir à une conclusion, certes moins explosive et pleine de cliffangher que le volume précédent, mais quand même terriblement efficace, montrant que tous les pions sont enfin en place ; la dernière partie peut enfin se lancer dans le troisième tome que j’ai maintenant hâte de découvrir. Ce tome se révèle aussi assez sombre, le premier l’était déjà pas mal, mais ici le mot Martyrs prend encore un peu plus de son sens et peu de personnages se sortent clairement indemnes de ce qui arrive, je pense principalement à Karmalys ou à l’intendant. Mais pourtant l’auteur à beau essayer, j’ai toujours cette impression qu’il a peur de dépasser une certaine limite, il cherche toujours à offrir une lumière que ce soit aux personnages comme à certains passages, restant aux limites de ce que peut proposer d’autres comme Martin ou Abercrombie sans jamais non plus les atteindre. C’est parfois dommage, car à force de trop chercher d’honneur dans des personnages les nuances s’estompent un peu et on a parfois du mal à totalement y croire.

Concernant l’univers qui se développe au fil des pages, il a certes perdu de son aspect nouveauté, mais reste toujours aussi solide, efficace, entrainant et intéressant à découvrir. Le fait de varier les époques permet aussi de développer plus en profondeur certaines régions et certaines castes comme ces Arseker, de travailler sur des cultures et des sociétés qui sont différentes. Ce livre nous offre aussi énormément de révélations sur pas mal de points qui étaient nébuleux dans le premier tome, comme par exemple les fantômes, sur cette religion qu’est l’Écriture, ou bien encore sur ce fameux Roi Silence. Il apporte aussi de nouveaux aspects efficaces que je vous laisse découvrir pour ne pas spoiler.

Concernant les personnages ils se révèlent toujours aussi soignés, complexes et riches. J’avais un peu peur que, devant la multiplication des protagonistes, l’auteur s’y perd un peu et développe moins certains d’entre eux, mais ce n’est pas le cas. Chaque héros possède son propre caractère, sa propre vision, ses propres envie et besoins ce qui offre ainsi une palette de personnage assez large et dense. Les femmes sont clairement misent en avant dans ce tome avec par exemple Arkinessa la Main Douce qui a un rôle de plus en plus important et qui offre une vision du pouvoir complètement différente de celle de son frère, mais qui va se rendre compte de la difficulté de le tenir et des manigances qui peuvent se tramer, ou bien encore Kassis dont j’avais peur de son côté adolescente crédule dans le tome un, mais les évènements l’ont clairement obligé à évoluer, à grandir et à prendre de l’assurance pour survivre et avancer, ou bien aussi Allena qui prend de plus en plus d’ampleur et se révèle une pièce maîtresse dans l’intrigue. On retrouve donc des personnages féminins réussis, efficaces, loin du « lampadaire » qui attend que les choses se passent, et qui prennent leurs destins en main.

Concernant les frères Hellbrand la fin du premier livre à changer énormément de choses ils doivent donc s’adapter et se retrouver, alors parfois certains aspects sur l’évolution de leurs relations sont un peu trop faciles et certaines révélations jouent un peu trop sur le twist, mais ils se révèlent toujours aussi attachants. Je reproche par contre certains chapitre avec des personnages « jetables », je m’explique, je parle de ces chapitres où on nous présente un personnage qu’on ne retrouve pas par la suite, ou très peu, et qui servent surtout à amener un indice. Pourquoi construire un personnage sur un chapitre entier pour si peu ?

Alors oui, c’est vrai, j’ai trouvé tout de même ce tome légèrement en dessous du précédant, il reste clairement réussi, mais certains aspects font que parfois je me suis senti légèrement frustré. Comme par exemple certains aspects de sous-intrigues qui sont, selon moi, traités un peu trop facilement voir même trop rapidement, je pense par exemple aux différents passages entre le roi Karmalys et le chef des Lirander Cavall. On notera aussi le personnage de Dorian, sombre, violent qui remplit parfaitement son rôle. Par contre j’ai trouvés que certains passages, eux, traînaient un peu en longueur, comme par exemple ces fameux chapitres 0 qui auraient, je pense, mérité d’être raccourcis pour certains. Enfin  il en fait aussi parfois un peu trop dans la construction de ces personnages, se sentant obligé après chaque action de nous expliquer les sentiments qui les habitent ou encore de leur trouver une explication, c’est parfois frustrant, le lecteur pouvant se faire ses propres conclusion, même si rien de non plus gênant.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi soignée, percutante et entrainante plongeant le lecteur avec facilité de nouveau dans son univers pour notre plus grand plaisir. Certes parfois il use un peu trop de répétitions, comme sur ces fameux yeux d’or, mais cela ne gêne en rien la fluidité du récit. Par contre d’un point de vue de l’édition, un glossaire des personnages aurait peut-être apporté un plus, car parfois j’ai mis une ou deux pages à remettre certains héros secondaires. En tout cas un second tome que je trouve réussi, qui m’a fait passer un très bon moment de lecture, même si légèrement en dessous que le premier, et j’attends maintenant avec impatience le troisième et dernier tome de ce cycle.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce second tome du cycle de Martyrs qui nous propose une histoire entrainante, bien rythmée et efficace, moins explosive sur les révélations, mais mieux géré sur la durée niveau tension. Les intrigues se mettent doucement en place, les rebondissements sont maîtrisés et l’écheveau de manipulations commence à se révéler. L’univers développé au fil des pages a certes perdu de son aspect nouveauté, il se révèle tout de même toujours aussi solide, efficace et entrainant et des explications sont faites comme par exemple sur la religion de l’Ecriture, les Arsekers ou encore le Roi Silence. Les personnages sont toujours aussi complexes, riches et attachants et surtout l’auteur ne laisse pas de côté les personnages féminins qui ont une grande importance dans ce tome. Pourtant j’ai trouvé ce tome légèrement moins bon que le premier, pas grand-chose, mais voilà j’ai trouvé que certains aspects étaient traités trop rapidement tandis que certains passages, principalement dans les chapitres 0 traînaient un peu en longueur. De plus je trouvais que parfois il en faisait un peu trop, explicitant trop certaines choses, mais là rien de bien gênant. La plume de l’auteur est toujours aussi fluide, entrainante et efficace malgré quelques petites répétitions. En tout cas un second tome réussi, j’ai hâte de lire la suite maintenant.

 

Ma Note : 8/10

La Route de la Conquête – Lionel Davoust

la route de la conqueteRésumé : On la surnomme la Faucheuse. Débarquée trente ans plus tôt dans le sud, la généralissime Stannir Korvosa assimile méthodiquement nations et tribus au sein de l’Empire d’Asreth, par la force si nécessaire. Rien ne semble pouvoir résister à l avancée de cette stratège froide et détachée, épaulée par des machines de guerre magiques.
Parvenue à l’ultime étape de sa route, elle est confrontée à un nouveau continent un océan de verdure où vivent des nomades qui ne comprennent pas les notions de frontières ou de souveraineté. Elle doit pourtant affirmer l’autorité impériale car, dans le sous-sol de la steppe, se trouvent des ressources dont Asreth a terriblement besoin. Mais après une vie de conquête, Korvosa pourrait bien rencontrer la plus grande magie qui soit… et se débattre avec une situation inédite : le pacifisme.

Edition : Critic

 

Mon Avis : Ma première plongée dans l’univers d’Évanégyre fut avec ma lecture de La Volonté du Dragon qui m’avait alors permis de découvrir un univers fascinant, mélange de technologie et de magie et qui offrait une histoire efficace et bien rythmé (ma chronique ici). L’auteur a alors continué à développer cet univers à travers différentes nouvelles présentes dans différents magazines et anthologies. Ce livre a donc pour but de regrouper les différents textes déjà publiés et aussi nous offrir deux inédits, offrant ainsi six textes, à découvrir ou redécouvrir. J’avoue que j’avais hâte de voir comment allait se développer cet univers. À noter la couverture, illustrée par François Baranger, que je trouve superbe et efficace.

La Route de la Conquête : Ce texte inédit est un peu le gros morceau du recueil, avec près de 160 pages cette novella nous permet de retrouver Stannir Korvosa, personnage déjà rencontrée dans La Volonté du Dragon, qui est devenue depuis La Faucheuse célèbre généralissime. Aujourd’hui elle doit soumettre les Umaïs à la vision du dragon, mais elle va alors se retrouver en face d’un peuple pacifiste. Je dois bien avouer que rien que pour ce texte la lecture de ce recueil mérite d’être découvert. On a pourtant l’impression de repartir sur les mêmes bases que La Volonté du Dragon, avec ce peuple d’Asreth qu’on commence à bien connaitre, qui vient assimiler un autre avec en tête l’idéal imaginé par Mordranth l’oracle. Pourtant, la force de l’auteur est justement de traiter ce récit de façon complètement différente. On est loin ici de la diplomatie guerrière de sa première novella, mais plus dans quelque chose de plus profond et de fascinant traitant de sujets vastes, réfléchis et intéressants. Entre réalité et idéal rien n’est simple, peut-on vraiment soumettre un peuple qui vit dans la paix? Surtout qu’une donnée vient entrer en jeu, le sous-sol, qui contiendrait des ressources précieuses. On y retrouve cette dualité, cette ambiguïté habituelle, mais toujours aussi bien traité, entre deux idéaux, deux cultures complètement différentes, entre l’avancée de la technologie, du moderne dans l’ancien et le magique, ou bien encore sur la guerre qui doit tout résoudre, mais on y trouve aussi quelque chose de plus profond qui vient des personnages. En effet chacun des héros présentés se révèlent humains et doivent faire des choix en fonction de leurs doutes, de leurs convictions et de leurs failles. La différence de point de vue entre la généralissime et son aide de camp, à la fois si différents et si proches, apporte aussi un aspect nouveau et intéressant, le doute. C’est une des grandes forces de ce court récit. L’ensemble se révèle aussi parfaitement maitrisé, que ce soit au niveau du rythme, des révélations ou des rebondissements et permet de travailler un univers toujours aussi fascinant, complexe et éblouissant.

Au-delà des Murs : Cette nouvelle a été précédemment publiée dans Victimes et Bourreaux, l’Anthologie des Imaginales de 2011. Elle vient nous parler de la guerre et plus principalement des traumatismes qu’elle peut occasionner avec ce soldat qu’on découvre enfermé dans un hôpital, son esprit ayant fait un blocage suite à différentes batailles et aux horreurs qu’il a vu et vécu. Mais qu’a-t-il vraiment occulté de son esprit? L’auteur se met alors à jouer avec ses personnages et son lectorat, oscillant entre vérité et mensonge, entre folie et raison, tout s’embrouille pour notre plus grand plaisir. On plonge avec fascination dans cet esprit perdu, au bord de la folie, dont la vérité lui fait peur et qui va alors s’imaginer une vision complètement différente. Mais où est la vérité? Un texte à la fois prenant, perturbant et passionnant qui permet aussi à travers des flashback de découvrir un autre peuple, celui des guerriers-miroir qui se révèle clairement intéressant à découvrir. La fin se révèle assez ouverte pour offrir au lecteur de faire ses propres choix sur la suite.

La Fin de l’Histoire : Cette nouvelle nous fait découvrir le journal d’un conservateur, un homme qui suit les armées au fil de leurs conquêtes pour consigner et récupérer tous les aspects culturels des régions assimilés, permettant ainsi de les sauvegarder. Un texte qui se révèle sombre et pourtant emprunt de poésie, nous dévoilant un peuple qui sait que sa fin est proche et qui se retrouve en comité pour se raconter des histoires qui se révèlent touchantes. Un texte qui monte lentement en tension au fil des pages, où l’angoisse prend le lecteur lui offrant aussi des réflexions intéressantes sur les extrémités qui peuvent apparaitre, que ce soit aussi bien d’un côté que de l’autre. L’auteur dévoile aussi une guerre qui ne laisse pas indifférent que ce soit dans n’importe quel camp. Mais voilà malgré tout l’intérêt que possède cette nouvelle, je l’ai trouvé légèrement moins prenante que les précédentes. Rien de bien gênant, car elle reste tout de même efficace et entrainante.

Bataille pour un Souvenir : Concernant cette nouvelle elle se révèle un peu différente des autres puisqu’on ne suit pas ici le peuple d’Asreth, mais les fameux Guerriers-miroirs qu’on avait découvert dans une autre nouvelle. Il y a quelque chose de clairement fascinant dans ce texte justement dans la découverte de cette culture et principalement de ces guerriers qui se servent de leurs mémoires qu’ils brûlent pour devenir plus fort, presque invincibles. Il y a aussi quelque chose de poignant dans la façon dont est construit ce récit, plein d’émotions qui nous dévoilent finalement des hommes qui savent livrer leur dernière bataille, mais qui pourtant donnent le maximum d’eux-mêmes pour toujours exister, pour ne pas finir comme une simple page dans l’histoire d’un empire. Mais voilà il y a aussi quelque chose de frustrant dans cette nouvelle car, pour une fois qu’elle permettait de découvrir une autre culture, j’ai trouvé que certains aspects n’étaient pas assez développés. Alors certes ça permet d’offrir un rythme effréné sans se perdre dans trop d’explications, mais voilà j’ai trouvé cela tout de même dommage. J’espère que l’auteur reviendra sur ce peuple du Hiéral, il y a, selon moi, encore beaucoup à raconter.

Le Guerrier au Bord de Glace : Cette nouvelle est un texte inédit et nous plonge bien loin dans l’avenir, à la fin de cette belle unité qu’est l’Empire du Dragon qui maintenant s’entre-déchire dans des batailles intestines. Il y a quelque chose de tout bonnement fascinant dans ce texte, ce sont les combats de mécha que met en scène l’auteur. Des machines aussi hautes que des immeubles qui font clairement penser à certains mangas, le tout dirigé d’une plume experte et rythmée. Le lecteur en manque de sensation forte et qui apprécie ce genre de machines ne peut que se sentir happer par ce texte. La technologie qui nous est présentée se révèle flamboyante, passionnante et l’idée d’y ajouter une sorte de « conscience » apporte son lot de réflexion. Car oui l’auteur ne fait pas que nous offrir ici une bataille de mécha assez jouissive, non il continue aussi à travailler sur l’Homme, premièrement en montrant que finalement quel que soit son projet et la cohésion qu’il apporte il finit toujours par se détruire, ensuite par la relation entre le personnage principal et sa machine qui est soignée, philosophique et captivante. Une très bonne nouvelle, mélange d’adrénaline et d’idée intéressante avec une fin qui se révèle ouverte réussie.

Quelques Grammes d’Oubli sur la Neige : Cette nouvelle se situe complètement hors de la chronologie qui nous est présenté. Est-ce bien avant ou bien après la conquête du dragon ? En tout cas on retrouve ici une fantasy, qu’on va dire, plus classique, avec un monde médiéval, une ville en train de mourir sous la maladie et le froid avec son dirigeant qui va alors prendre contact avec la sorcière locale pour tenter d’améliorer la vie des siens. Un texte assez intéressant dans les idées qu’il développe, considérant que la technologie et le confort que vont apporter ce roi va peu à peu le rendre unique, égocentrique, avide de puissance et l’amener doucement dans une folie qui va le perdre. Un texte sombre, au final peut-être plus classique et linéaire que les autres, mais qui ne manque pas de charme et apporte un contrepoint intéressant à l’univers plus mécanisé qu’est celui d’Évanégyre.

 

Un des aspects qui passionne vient du fait que la Fantasy que nous offre l’auteur est différente de celle qu’on connait habituellement, mettant clairement en avant la technologie par rapport à la magie, qui doit alors s’éteindre pour le bien de tous. Il offre à partir de là pas mal de réflexions, que ce soit sur l’Homme comme sur la guerre ou encore sur la conscience, le tout dans des histoires qui se révèlent efficaces et captivantes. Mais surtout pour la première fois on découvre une chronologie dans cet univers, près de 1000 ans d’histoire à travers ses différentes nouvelles qui résonnent les unes entre les autres, et on se rend compte qu’il y a encore énormément à raconter. L’univers qui se densifie à chaque fois est de plus en plus passionnant, complexe à découvrir et donne envie d’en apprendre toujours plus. En tout cas un recueil de texte qui m’a offert un très bon moment de lecture et je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur qu’ils soient dans cet univers ou pas.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce recueil de nouvelles qui nous propose de découvrir six textes, dont deux inédits, dans l’univers d’Évanégyre. L’ensemble se révèle clairement efficace entre tension, action, adrénaline et réflexion, où l’auteur n’oublie pas pour autant le côté humain proposant régulièrement des personnages complexes avec leurs forces et leurs faiblesses qui se retrouvent à devoir faire des choix. L’univers que développe l’auteur au fil des textes se révèle de plus en plus captivant, dense et j’avoue que la bataille de mécha très stylisé manga m’a passionné, même s’il ne s’agit que d’un petit élément de l’ensemble. Tous les textes ne sont pas tout à fait au même niveau, mais dans l’ensemble ils sont cohérents et réussis. Ce livre nous offre aussi la première chronologie de cet empire qui court sur près de 1000 ans et qui annonce clairement que tout n’a pas encore été raconté, ce qui est une excellente chose, car j’ai encore envie de découvrir et d’en apprendre plus sur l’Empire d’Asreth.

 

Ma Note : 8/10

 

Autre avis : Bibliocosme, Temps de livre, …

Mes Achats du Mois d’Août 2014

Vu qu’au mois de uillet mes envies de limiter mes achats cet été se sont effondrées et vu que durant ce mois d’Août je suis passé par Paris, j’ai donc décidé d’oublier l’idée de limiter ma PAL. Ce sont donc 11 livres qui rejoignent ma PAL ce mois-ci.

Aout-14Voilà ce qui a donc fait gonfler ma PAL pour ce mois d’août 2014:

  • L’Éducation de Stony Mayhall de Daryl Gregory aux éditions Le Bélial’. Tout me donne envie de découvrir ce livre que ce soit son résumé comme sa couverture.
  • Après la Chute de Nancy Kress aux éditions Actu SF. Un roman post-apocalyptique au résumé accrocheur, je n’allais pas manquer cela.
  • Moxyland de Lauren Beukes aux éditions Presses de la Cité. Je n’ai encore jamais été vraiment déçu par un roman de l’auteur, je me suis donc laissé tenter par son dernier livre publié en VF qui se révèle être son premier roman.
  • The Rook : Au Service Surnaturel de sa Majesté de Daniel O’Malley aux éditions Super 8. Le résumé se révèle accrocheur et après avoir vu passer de bons échos sur ce livre, je me suis laissé tenter.
  • Les Contes de Magatama Tome 1, La Fille de L’Eau de Noriko Ogiwara aux éditions Eclipse. J’avoue je me suis laissé tenter par ce roman premièrement par sa couverture, que je trouve réussi, puis par son quatrième de couverture qui annonçait quelque chose d’assez onirique.
  • L’Arcane des Epées, Intégrale 2 de Tad Williams aux éditions Pocket. Après avoir lu l’intégrale 1 je me suis donc rapidement laissé tenter par cette seconde intégrale.
  • La Route de la Conquête de Lionel Davoust aux éditions Critic. C’est sans surprise que ce livre a rejoint ma PAL tant j’avais de retrouver l’univers d’Evanégyre.
  • Chroniques du Grimnoir Tome 3, Foudre de Guerre de Larry Correia aux éditions L’Atalante. Après deux premiers tomes qui se révélaient efficaces, voici le dernier tome de cette série.
  • Le Meilleur des Mondes Possibles de Karen Lord aux éditions Eclipse. J’ai longtemps hésité à faire rentrer ce livre dans ma PAL, tant le résumé annonce un livre qui peut soit m’accrocher soit m’ennuyer, mais j’ai décidé de lui laisser sa chance.
  • Les Annales du Disque-Monde Tome 5, Sourcellerie de Terry Pratchett aux éditions Pocket. Je continue ma plongée dans cet univers loufoque et efficace.
  • Martyrs, Livre 2 d’Olivier Peru aux éditions J’ai Lu. Après un premier tome réussi j’avais hâte de voir ce qu’allait nous proposer l’auteur.

Encore une fois, un mois bien rempli en acquisition, avec de bonnes lectures en perspectives, même si ma PAL continue à grandir. À voir si je reste calme en septembre.

Stark et les Rois des Etoiles – Leigh Brackett & Ray Bradbury & Edmond Hamilton

stark et les rois des etoilesRésumé : « Enfin, les vaisseaux promis arrivèrent.
Stark les contempla sur les écrans lorsqu’ils jaillirent du néant. Shorr Kan les lui détaillait. Les escadrons du royaume de Fomalhaut, blasonnés d’un soleil blanc à la proue. Les nefs de Rigel, de Déneb, d’Algol, d’Altaïr, d’Antarès, de Véga. Les flottes des lointains royaumes de la Lyre, du Cygne, de Cassiopée, du Lièvre, du Corbeau, d’Orion. Les navires des barons d’Hercule, à l’enseigne de l’amas doré. Et ainsi de suite, et ainsi de suite, jusqu’à ce que les oreilles du Terrien résonnent de noms d’étoile et qu’un vertige le saisisse devant l’ampleur de ce rassemblement.
En dernier, ce furent les vastes ombres mouvantes de la guerre interstellaire, les gigantesques croiseurs de l’Empire, et les flottes entières des Rois des étoiles, venues se masser devant le Voile de Dendrid, au point de poudroyer l’espace. »

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : Leigh Brackett fait partie de ses auteurs qui ont marqué à leur époque la science-fiction ainsi que l’imaginaire en général et dont je dois bien avouer je n’ai encore lu aucun textes. Elle est principalement connue pour avoir créée le héros Eric John Stark, personnage charismatique qu’on retrouve d’ailleurs dans la majorité des textes de ce recueil et que j’avais énormément envie de découvrir. Mais voilà, j’aurais pu me laisser plutôt tenter par Le Grand Livre de Mars, plutôt que par celui-ci, mais j’avoue je n’ai pas trop réfléchi et j’ai été rapidement conquis par la magnifique couverture d’Elian Black’mor. Je pense d’ailleurs que même si je n’avais jamais entendu parler du héros, j’aurai craqué pour la couverture. Ce recueil comporte six textes accompagnés de six illustrations de Philippe Caza ainsi qu’un avant-propos de Pierre-Paul Durastanti et une préface de Edmond Hamilton, mari de l’auteur.

Lorelei de la Brume Rouge de Leigh Brackett & Ray Bradbury : Cette nouvelle, la préface nous informe qu’elle possède une histoire un peu particulière, il s’agissait d’une commande de l’auteur mais comme elle était trop occupée par son travail sur un scénario de film elle a donc demandé à Ray Bradbury de terminer le texte. La première moitié est donc écrite par Leigh Brackett et la seconde par Ray Bradbury. Ce texte est aussi un peu à part dans ce recueil, car il nous fait découvrir Hugh Starke et non pas Eric John Stark. Prémisse du héros ou lointain cousin? En tout cas le récit nous fait découvrir le héros en fuite après un braquage et qui suite au crash de son vaisseau va se retrouver en plein milieu d’une guerre dont il ne connait rien. On retrouve clairement un texte d’époque avec des personnages qui se révèlent charismatiques, aventuriers et vont devoir faire face à des aventures qui, souvent, les dépasse et vont alors devoir offrir le maximum d’eux-même pour s’en sortir et sauver les siens. C’est clairement divertissant et efficace, on tourne les pages avec grand plaisir même si l’aspect linéaire enlève un peu le côté surprenant et qu’on devine facilement la fin. On notera par contre un petit clin d’œil, selon moi, à Robert E. Howard.  La représentation de Vénus de l’auteur se révèle clairement magnifique et flamboyante, même si bien entendu erroné aujourd’hui. En tout cas cette vénus donne envie d’être découverte.

Magicienne de Vénus de Leigh Brackett : On se retrouve avec ce texte de nouveau sur vénus, mais cette fois c’est Eric John Stark qui va nous guider et va devoir aller sauver un de ses amis disparu dans un village qui cache bien des secrets. Stark va alors devoir lutter face à une famille dirigeante qui a sombré dans une douce folie et qui depuis des générations sont à la recherche d’un secret caché dans la région. De nouveau l’auteur nous propose un texte divertissant, sans temps morts qui se laisse lire avec plaisir et nous fait découvrir un coin de vénus plus sombre, angoissant, mais toujours aussi bien décrit et fascinant par certains aspects. Le tout est bien porté par des personnages intéressants et percutants. Je reproche par contre certains passages un peu long, principalement quand elle tente une introspection sur la famille Lahri. Au final un texte très agréable et efficace.

Stark et les Rois des Etoiles de Leigh Brackett & Edmond Hamilton : Concernant cette nouvelle elle lie deux univers, celui de Eric John Stak de Leigh Brackett et celui des Rois des Etoiles de son mari Edmond Hamilton. Un texte qui se révèle finalement plus Space-Opera que Planet-Opera comme les autres qui composent ce recueil. Pourtant j’avoue n’avoir que moyennement accroché à ce texte. Les autres textes ont beau se révéler classiques dans leur construction, ils possédaient leurs propres voix, alors que celui-ci me parait accumuler un peu trop de poncifs avec ce héros solitaire sauveur de l’univers, sans véritable réflexion de fond, où la puissance va bien entendu tout débloquer. L’ensemble reste fluide et efficace, mais je n’ai jamais réussi à complètement rentrer dedans. Dommage, car les personnages se révélaient vraiment intéressant et la rencontre entre Stark et Shorr Kan possédait un sacré potentiel qui ne restera au final que virtuel.

À noter que les trois textes qui suivent sont liés et peuvent être considérés comme une trilogie de Skaith.

L’Étoile Rousse de Leigh Brackett
Les Chiens de Skaith de Leigh Brackett
Les Pillards de Skaith de Leigh Brackett

J’ai décidé de ne faire qu’une seule chronique sur ces trois textes pour éviter de trop spoiler. Cette trilogie envoie Stark sur Skaith à la recherche de son père adoptif qui y est retenu contre son gré. . On comprend alors que le pouvoir de Skaith refuse le voyage dans les étoiles pour éviter d’y perdre leur puissance. Il va aussi alors rapidement se rendre compte qu’une prophétie repose sur lui. J’avoue que cette trilogie se révèle, dans son ensemble, un bien joli morceau, efficace, haletant, où on ne s’ennuie pas un seul instant, l’auteur manipulant les rebondissements et les surprises de façon clairement efficace et réussi poussant le lecteur à alors tourner les pages pour voir comment ils vont s’en sortir.

La planète de Skaith se révèle a elle toute seule un des points forts de cette série, que ce soit par la complexité des peuples qui y sont présentés, leurs envies, leurs souffrances, leurs décadences, leurs besoins ou encore par les lieux et les architectures. C’est une planète entière qu’elle nous fait découvrir où chaque peuple, chaque personnage croisé possède sa propre vision de la vie, du monde et va alors retrouver toutes ses croyances chamboulés devant l’arrivée de cet homme des étoiles qu’est Stark. L’auteur nous offre alors une véritable réflexion sur le changement, la façon de l’aborder, la peur qu’il amène obligatoirement et ici avec le voyage stellaire toutes les transformations qu’il va forcément apporter. Alors c’est vrai que c’est parfois un peu facile, les idées sont un peu simplistes et amené parfois avec un certain manque de finesse, mais elles permettent en tout cas aux textes d’être un peu plus que de simples récits d’aventures.

Le personnage principal de Stark se révèle clairement intéressant, principalement dans sa dualité qui le gouverne, à la fois homme sauvage et civilisé. Il possède assez de charisme pour happer le lecteur au fil des pages et de ses aventures malgré c’est vrai une construction d’époque qui ne plaira pas à tout le monde avec un héros sans peur et sans doutes, qui avance toujours sans se retourner ni réfléchir vraiment à ses actes. Ce qui est un peu dommage c’est que le côté énergique du récit l’emporte sur la construction des personnages secondaires qui manquent parfois de profondeurs ou disparaissent au fil des tomes, je pense principalement ici au personnage de la devineresse qui possédait un énorme potentiel selon moi et qui pourtant s’impose de moins en moins dans Les Chiens de Skaith et Les Pillards de Skaith.

Autre point intéressant c’est la façon dont l’auteur construit son récit, principalement dans les deux premiers tomes, transformant une épopée héroïque où le personnage principal est vu comme un sauveur à une suite beaucoup plus sombre où le sauveur devient le banni, le rejeté, le démon qui vient tout détruire. On a une véritable évolution dans l’ensemble qui fait qu’on ressent alors moins la linéarité dans la construction du « j’avance, un obstacle, je l’abats, j’avance » et qui permet clairement de se sentir plus passionné par cette histoire. Le troisième tome m’a paru par contre un cran en dessous car, même s’il apporte des moments tragiques et efficaces, de l’action et des rebondissements ainsi qu’une réflexion sur l’homme qui reste toujours fidèle à lui-même, il permet trop facilement à l’auteur d’offrir une fin comme elle l’entend à son cycle de Skaith. Il n’est pas mauvais, juste moins fascinant que les deux premiers.

 

Quand on ouvre ce livre il faut savoir à quoi on s’attend. Ces histoires ont été écrites durant l’âge d’or de la SF et proposent des héros charismatiques, qui savent se battre, toujours droit dans leurs bottes et qui vont se retrouver dans des situations pleines d’aventures, d’action et sans temps morts. Si on cherche de la SF peut-être plus nuancé, plus réfléchi alors passez votre chemin. Si vous cherchez plus une SF divertissante, bourré d’adrénaline, mais qui offre aussi des réflexions avec des rencontres percutantes et des lieux magnifiques par l’imagination de l’auteur, alors laissez vous tenter par ce livre qui, sans se révéler un chef-d’œuvre, remplira clairement son rôle. D’ailleurs on sent bien que l’auteur a été scénariste reconnu à Hollywood, la gestion de l’ensemble est vraiment réussie. En tout cas moi c’est ce que je cherchai en l’ouvrant et je dois bien avouer que je ne suis pas déçu de ma lecture. Je pense même faire rentrer prochaine Le Grand Livre de Mars dans ma PAL.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce livre qui propose de découvrir six histoires de Science-Fiction, pleines d’aventures, d’action, sans temps morts et qui se lisent facilement se révélant clairement divertissantes. Certains aspects ont peut-être un peu vieilli, certains textes sont peut-être un peu trop linéaires et les personnages, dont le personnage principal paraissent parfois légèrement stéréotypés, mais pourtant l’auteur arrive, à travers ses différents récits, à nous faire réfléchir, à nous faire tourner les pages et surtout principalement à nous faire voyager sur des planètes qui possèdent toutes une certaine beauté et donnent envie d’être découvertes. Si vous cherchez des textes remplis d’adrénalines et d’aventures, le tout dans des lieux exotiques avec des personnages percutants et charismatiques alors ce livre est pour vous. Si vous cherchez quelque chose de plus nuancé, alors passez votre chemin. Au final six textes de l’âge d’or de la SF qui se lisent facilement et se révèle plus qu’agréable, je me laisserai d’ailleurs maintenant bien tenter par Le Grand Livre de Mars.

 

Ma Note : 7,5/10

Incubes – Anthony Holay

incubesRésumé : Ce couple, qui vient tout juste de perdre leur enfant, décide d’aller passer une semaine isolés du monde dans un charmant chalet de montagne.
Tandis que la femme fait son deuil tant bien que mal, lui aperçoit des formes qui rôdent autour de la maison en pleine nuit.
Un huis-clos térrifiant qui confronte l’Homme à ces ombres incertaines que la nuit fait danser devant ses yeux…
Une novella d’horreur qui ravira les amateurs du genre.

Edition : House Made Of Dawn

 

Mon Avis : Cela fait bien longtemps que je ne me suis plus laissé tenter par des textes qui lorgnent du côté de l’angoissant. Quand on m’a proposé de découvrir cette nouvelle, j’avoue m’être facilement laissé tenter par un quatrième de couverture qui se révélait accrocheur ainsi que par une illustration de couverture que je trouvais plutôt réussi. Avant de me lancer dans la lecture de ce texte je dois avouer que je ne connaissais rien concernant l’auteur, d’ailleurs je crois qu’il s’agit même d’un de ses premiers écrits publié.

Je dois bien admettre, une fois ma lecture terminée, que pour un premier texte il y a clairement du potentiel. Il connait ses classiques de l’horreur et sait les réutiliser, plongeant alors le lecteur dans ce huit-clos sombre, perdu en plein milieu de cette montagne avec ce couple en pleine reconstruction. La tension monte crescendo au fil des pages pour happer le lecteur dans un récit où l’irrationnel se retrouve à se mélanger à la réalité, où horreur et l’angoisse se mettent alors à gagner lentement le lecteur. L’auteur arrive vraiment à retranscrire cette ambiance sombre et glaçante, nous plongeant dans la douce folie qui se met à prendre le narrateur, qui va alors tout faire pour tenter de s’en sortir, sans non plus plonger dans l’accumulation ou le gore gratuit. C’est vraiment le point fort de cette nouvelle, ce malaise qui est distillé lentement au cours de la lecture, même si c’est vrai l’ensemble reste tout de même assez linéaire et sans véritable surprise pour peu qu’on ait un minimum de bagage dans ce genre de littérature. Cela n’empêche pas l’ensemble de se révéler un minimum prenant.

Malgré cet aspect horrifique vraiment captivant et passionnant je trouve par contre que l’ensemble pêche par certains autres aspects. En effet j’ai trouvé qu’il se consacrait trop à son aspect horrifique, à faire monter la tension et à essayer de surprendre le lecteur au point qu’il en oublie un peu le reste, ce qui est quand même dommage. Pour moi une nouvelle horrifique se construit par palier, des passages angoissants qui vont faire frissonner le lecteur, mais aussi des passages plus calmes qui offrent un peu de répit permettant de développer et densifier l’ensemble, que ce soit aussi bien l’univers que les personnages. Ici l’auteur oublie clairement ces passages plus explicatifs, plus calmes, plus constructeurs, ce qui fait que les personnages manquent clairement de consistances pour accrocher le lecteur. L’ensemble parait manquer surtout par moments de cohérence, justement parce que l’auteur ne cherche pas toujours à y apporter des clarifications ce qui est frustrant. Quelques pages de plus pour épaissir les héros, les rendre plus humains et permettre de mieux comprendre quelques actes auraient vraiment permis à l’ensemble d’être beaucoup plus efficace.

Concernant le style de l’auteur il se révèle simple, plutôt entrainant et épuré même si on sent clairement qu’il doit encore être travaillé, principalement sur certains passages où il en fait un peu trop comme certaines métaphores légèrement pompeuses ou certaines expressions qui passent mal à l’oreille. Un meilleur travail d’édition aurait peut-être permis une meilleure fluidité dans l’écriture. Autre point qui m’a légèrement dérouté c’est que l’auteur ne donne pas l’impression de s’être vraiment imprégné de son personnage, il y a un certain décalage entre ce qu’il écrit dans sa narration en forme de journal, principalement sur la relation entre sa femme et lui, et le traumatisme qu’ils ont l’air d’avoir vécu. Au final une nouvelle comme je l’ai dit avec du potentiel, qui arrive à captiver par son ambiance et son aspect horrifique, mais qui aurait mérité plus de pages et d’être plus travaillé sur la forme pour vraiment captiver.

En résumé : Je ressors donc de ma lecture avec un léger sentiment mitigé. Il y a clairement du potentiel dans cette nouvelle, principalement dans la mise en place de cette ambiance assez angoissante et horrifique, ainsi que dans la capacité de l’auteur à faire monter la tension au fil des pages. Le problème c’est que, pour moi, une nouvelle dans le genre de l’horreur doit être un peu plus que de simples passages angoissants. Ici il manque clairement une certaine densité, que ce soit dans l’univers comme dans les personnages, ce qui est dommage et offre même certaines fois une impression d’incohérence. Alors on se laisse tout de même porter par ce texte, par son côté efficace, malgré un aspect, c’est vrai, linéaire et prévisible pour peu qu’on s’y connaisse, mais voilà il manque de la profondeur pour qu’il passe un cran au-dessus. Le style de l’auteur se révèle simple, entrainant même si on le sent encore jeune cherchant à trop en faire, principalement par des métaphores un peu guindés ou des phrases qui passent mal à l’oreille. L’auteur a en tout cas piqué assez ma curiosité pour me laisser, pourquoi pas, tenter par ses prochains textes.

 

Ma Note : 6/10

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