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L’Empire Brisé Tome 1, Le Prince Ecorché – Mark Lawrence

le prince ecorcheRésumé : À treize ans il est le chef d’une bande de hors-la-loi sanguinaires. Il a décidé qu’à quinze ans il serait roi. Le prince Jorg Ancrath a quitté le château de son enfance sans un regard en arrière, après qu’il fut contraint d’assister au massacre de sa mère et de son frère. Depuis ce jour il n’a plus rien à perdre. Il avance porté par sa fureur.
L’heure est venue de s’emparer de ce qui lui revient de droit. À la cour de son père l’attendent la traîtrise et la magie noire. Mais le jeune Jorg ne craint ni les vivants ni les morts. Animé d’une volonté farouche, il est prêt à affronter des ennemis dont il n’imagine même pas les pouvoirs.
Car tous ceux qui ont pris l’épée doivent périr par l’épée.

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : La lecture de ce roman, près de six mois après sa sortie, est un peu la preuve que je prends maintenant les Coups de Coeur de chez Bragelonne avec des pincettes et que je ne me jette plus dessus. De plus le fait que je ne me sois procuré ce livre qu’en version électronique lors de l’offre spécial de Bragelonne à 99cts montre encore une fois à quel point, depuis Farlander qui ne m’a pas du tout accroché, je ne me laisse plus avoir par ces fameux romans Fantasy de l’année. Mais, la sortie prévue dans quelques jours du Tome 2, m’a fait me plonger dans ce livre car, qui sait, peut être que je me trompe complètement, peut être que ce livre va être le « coup poing » annoncé par l’éditeur, que ce livre va retourner la Fantasy comme j’ai cru entendre ici ou là. En tout cas la couverture, illustrée par Victor Manuel Leza Moreano, est vraiment sympathique.

Tout commence fort avec une scène d’introduction sanglante qui pose les personnages que sont Jorg et sa bande, des pilleurs, des meurtriers et des violeurs, car oui, voilà le point important de ce livre, on est loin des héros bien sous tous rapports, blancs et purs à la quête héroïque, notre héros est un gamin qui assouvit tous ses plus bas instincts. C’est un peu ce qui doit être la grande force de ce roman, son héros sombre, violent et cynique, mais voilà, notre héros doit, soit disant, avoir 14 ans hors il donne plus l’impression d’avoir la maturité d’un adulte expérimenté devant ses réactions et sa façon de voir le monde, ce qui lui enlève énormément crédibilité. Alors, je veux bien croire qu’un monde aussi violent que celui de ce livre pousse à grandir et à apprendre plus vite, mais faut pas exagérer non plus on en fait pas un philosophe ayant une vie derrière lui.

Concernant l’histoire en elle-même je dois dire qu’après un début vraiment prometteur le roman tombe très vite dans une succession de scènes les plus improbables et incohérentes, avant de rebondir au trois-quarts du livre pour enfin réussir à me réveiller et à me donner des raisons d’espérer pour ce cycle. Franchement la scène du drapeau blanc est d’un risible, l’évasion du château avec les frères est incohérente (ou alors ce sont les châteaux les plus vides que je n’ai jamais vu), celles des nécromanciens n’en parlons même pas tant notre héros est chanceux, mais surtout il ne faut pas s’inquiéter que Jorg soit l’être le plus intelligent de cet univers, car tous simplement ces adversaires ont le QI de bulots (et encore je suis méchant avec les bulots sur ce coup là). On a un peu l’impression que l’auteur à écrit le début de son roman comme on joue à un jeu de rôle j’avance, action, je lance les dés, youhou j’ai gagné, j’avance, action etc…, mais aussi que l’auteur a du mal à mettre en situation périlleuse son héros, comme s’il s’était attaché à lui au point de ne pas trop vouloir le blesser. En fait c’est simple, lire ce livre c’est un peu comme regarder, comme je viens de le dire, une partie de jeu de rôle entre amis ou un jeu vidéo; une accumulation de violence et une absence totale de finesse.

Les parties qui se révèlent les plus intéressantes sont les flashbacks, qui ramènent notre héros quatre ans plus tôt, car elles nous dévoilent le passé du héros, ce qui a fait qu’il est devenu l’être qu’il est avec le meurtre de sa mère et de son frère. Mais voilà et c’est là que, selon moi, est le problème du fait qu’on s’attache pas à Jorg, car il ne suffit pas de montrer deux meurtres pour expliquer le personnage, il manque clairement cette plongée dans l’abysse, cette rage et cette folie qui a poussé le personnage à devenir ce monstre qu’il est, à rechercher cette vengeance qui devrait le ronger. Il manque clairement ce chemin, ou début de chemin, émotionnel de souffrances et de douleurs qui aurait transformé notre héros. Puis arrive le chapitre 37 (sur 49), il se passe enfin quelque chose car, en plus de présenter enfin sa ligne rouge, l’auteur abandonne l’accumulation de scénettes pour enfin offrir une certaine cohérence à l’intrigue et surtout un certain intérêt, même si parfois l’auteur retombe quand même dans ses travers.

L’univers est surprenant, au début j’étais un peu perplexe, me plaignant que l’auteur manquait clairement d’originalité en retransposant bêtement la religion chrétienne, mais très vite l’auteur montre que je me suis trompé car il n’a pas inventé son univers, il s’agit d’un monde post-apocalyptique de notre propre Terre. J’ai trouvé cela vraiment intéressant et cela aurait pu être le point fort du roman, si seulement l’auteur l’avait développé un peu plus selon moi. Finalement ce premier tome reste, pour moi, trop vague sur l’univers et ce qui est arrivé et j’espère que l’auteur en développera plus par la suite. En tout cas les bases sont posées. Concernant la magie on trouve de tout mais là, par contre, sans grande originalité entre nécromancien et autres, rien de bien surprenant mais présenter de façon solide, mais trop rapide.

Concernant les personnages je vais revenir sur Jorg, car c’est le seul assez développé pour mériter qu’on s’attarde sur lui. Jorg est un peu le héros qu’on aimerait tous avoir dans un Jeu de Rôle ou sur un Jeu Vidéo, à 14 ans il parle 6 langues, peut en comprendre 6 de plus, il lit de la philosophie, sait se battre avec une épée, se révèle un excellent stratège, vise à l’arbalète comme personne, résiste à la magie sans qu’on sache pourquoi… Je vais m’arrêter là car je pense que tout le monde a compris que Jorg, mis à part son côté sombre et pourri, qui finalement n’a rien de dérangeant dans l’univers présenté, est un personnage parfait. On pourrait lui reprocher son arrogance, mais vu qu’il a toujours raison et que les évènements le prouve c’est dur de lui reprocher ce point mais ça devient vite lassant. Donc voilà, il est dur de vraiment s’attacher à ce genre de personnage. Les autres personnages ne sont même pas développés, ne servant qu’à mourir pour notre bon prince, le tout sans jamais se rebeller. Les seuls personnages secondaires intéressants sont le Nubain et Lundist, mais ayant une vie très courte on ne les reverra plus par la suite ce que je trouve dommage car j’aurai aimé en savoir plus.

La plume de l’auteur est simple, sombre et, j’ai trouvé, hachée, surtout au début. Mais surtout j’ai trouvé que par moment l’auteur avait du mal à imposer son propre style, comme s’il se cherchait, oscillant entre Gemmell et son propre style. Donc voilà au final on est encore loin du fameux Coup de Coeur des sorties de l’année 2012, un roman que j’ai trouvé moyen avec quelques idées intéressantes et je suis bien content de l’avoir eu pour 99cts. On est quand même un cran au-dessus de ma déception qu’était Farlander et je lirai peut être la suite si je trouve une promo sur l’e-book, mais au final rien de vraiment transcendant, l’auteur cherchant simplement à jouer sur la violence et le côté sombre. Mais voilà, des auteurs comme Glen Cook, Joe Abercrombie ou même Georges R.R. Martin sont passés avant Mark Lawrence avec des histoires plus denses et plus soignées et intéressantes à mon goût. Franchement si vous cherchez de la Fantasy où la violence règne et où les héros sont loin d’être des anges lancez vous plutôt dans La Compagnie Noire ou le cycle La Première Loi.

En Résumé : Autant être clair j’ai trouvé ce roman très moyen, l’auteur ne se reposant que sur quelques bonnes idées intéressantes et surtout sur son personnage central violent, amoral et sombre. Mais voilà l’histoire manque de cohérence et surtout donne l’impression d’avoir été écrite comme une accumulation de scènes dans un jeu de rôle. Les adversaires de notre héros paraissent ne pas avoir un sou de jugeote tant ils se font avoir bêtement et Jorg a l’air d’avoir la plus grande chance de tout l’univers. Le personnage de Jorg est, certes pourri, mais il est tellement parfait qu’il en devient ennuyeux et exaspérant tant il sait tout faire et ne se trompe jamais. L’univers est assez intéressant, mais aurait mérité d’être plus développé à mon goût. Puis, une fois arrivé au 75% du livre environ, l’histoire accroche un peu plus, un fil rouge s’installe, l’histoire gagne en cohérence, je ne crie pas à l’exceptionnel, mais quelque chose apparait sauvant le naufrage. Je lirai peut être la suite si Bragelonne refait une promotion sur l’e-book du tome 2 mais encore une fois un coup de coeur qui me parait exagéré  et pourtant cette fois je partais sans apriori. Peut être est-ce parce que j’aime quand les choses sont plus développées, plus dense et plus complexe, enfin j’en doute quand même.

 

Ma Note : 5/10

Terre de Héros Tome 1, Rien Que L’Acier – Richard Morgan

rien que l'acierRésumé : Il y a dix ans, l’alliance des hommes et des Kiriaths a repoussé les terribles Écailleux. Qui se souvient maintenant des héros de cette guerre ?
Ringil vit en exil, rejeté par sa famille. Mais pour sa cousine Shérin, vendue comme esclave, il décroche son épée et retourne sur les lieux d’un passé qu’il avait tout fait pour oublier.
Dame Archeth, dernière représentante d’un peuple disparu, est la conseillère d’un empereur décadent qu’elle abhorre. Elle seule soupçonne qu’une terrible menace point aux frontières de l’empire.
Egar le Tueur de Dragons est un nomade des steppes, revenu de la guerre auréolé de triomphe. Une gloire aujourd’hui bien émoussée dans un monde qu’Egar ne reconnaît plus.
Ces trois-là ont tout perdu. Sauf peut-être la bataille qui les attend, héroïque et désespérée…

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Richard Morgan n’est plus vraiment à présenter, surtout si vous aimez la SF, auteur de la trilogie Takeshi kovacs ainsi que du roman Black Man voilà que l’auteur décide de se lancer dans une trilogie de fantasy dont voilà le premier tome, Rien Que L’Acier. Il s’agit pour moi d’une relecture, ayant déjà lu ce livre au moment de sa sortie, mais vu que la suite vient juste de paraitre il y a quelques mois j’ai décidé de relire ce premier tome. A noter que la couverture, illustrée par Jean-Sebastien Rossbach, colle bien à l’univers et se révèle vraiment sympathique.

Il faut bien l’avouer ce roman démarre fort, on rentre tout de suite dans l’action et dans la découverte d’un des personnages principaux, Ringil qui ne manque pas de cynisme. Pas de temps mort dans cette introduction pleine d’action. Puis petit à petit l’histoire se met en place, les personnages sont présentés et on se rend vite compte que l’auteur a décidé d’offrir quelque chose de différent en Fantasy, déjà deux des héros sont gays et on est loin des héros flamboyants, leurs heures de gloires sont passés et ils posent un regard différent sur le monde. Mais voilà il ne suffit pas de casser les codes de la Fantasy pour obtenir un excellent livre, car, même si l’histoire se révèle sympathique, l’auteur se perd parois un peu dans ses envies de changement, de bouleversement. L’histoire tient bien la route, se révèle sombre, sanglante, pleine d’action et efficace elle reste assez linéaire et la multiplication des personnages principaux, ce que n’a jamais fait l’auteur dans ses livres SF, empêche certains effets de surprises.

L’auteur possède pas mal d’idées intéressantes tout au long de son récit, mélangeant même parfois de façon surprenante et efficace SF et fantasy et donnant aussi, par moments, l’impression de coller à notre monde, mais voilà l’auteur a parfois du mal à les mettre à plat et les développer, autant certaines se révèlent vraiment intéressantes et prenantes autant d’autres paraissent trop fouillis et mal amenées pour être vraiment intéressantes. L’auteur nous, offre, comme à son habitude, une histoire assez crue, sombre, violente et pleine de sexe, mais parfois, surtout dans l’accumulation de scènes de cul, on a l’impression que l’auteur en fait trop, comme s’il faisait exprès de mettre du sexe pour montrer qu’il fait un livre différent des autres, en montrant que l’homosexualité existe, ce qui donne parfois l’impression que ces scènes sont gratuites et n’apportent rien de plus à l’histoire. De plus j’ai trouvé que par rapport à ses autres romans l’auteur offrait moins de réflexions, de questionnement qu’à son habitude ce que j’ai trouvé dommage.

Concernant l’univers il se révèle finalement très classique dans sa construction avec un monde qui se relève d’une guerre, mais l’auteur arrive à rendre son univers solide et efficace, nous présentant un univers sombre, glauque où seule la corruption, la violence, l’esclavage et le pouvoir sont rois. Même la magie n’a rien de lumineux ou magnifique. L’auteur traite aussi l’homosexualité de façon réaliste et réfléchie, surtout à une époque moyen-ageuse avec le rejet et la haine de gens envers ces pratiques. Les marches aldraines sont vraiment une idée intéressante et soulève des questions surprenantes. Mais voilà l’univers se révèle tellement sombre, tellement cynique qu’il en devient oppressant, on a parfois envie de lumière, de souffler, de respirer un peu de positif ce que l’auteur n’arrive pas vraiment à apporter à son récit.

Les personnages, comme je l’ai dit, se révèlent être des héros à la gloire passée, ils sont sortis meurtris de la guerre conte les lézards et pas que physiquement, mais aussi mentalement et moralement. Au fil des pages on les découvre et on se rend compte que les personnages se révèlent vraiment denses, travaillés et soignés. Des héros aux points de vue différents, qui évitent les clichés du genre et sont portés par des dialogues vraiment efficaces possédant une certaine mélancolie sur leurs vies. Ca ne les empêche pas d’être des guerriers, de se battre pour ce qui leurs parait juste. Les personnages secondaires sont aussi intéressants à découvrir, ne manquant pas de complexité. Mais voilà tout comme l’univers, les personnages principaux qui manquent parfois de chaleur ce qui fait que parfois on a du mal à s’accrocher à eux.

Le style de l’auteur se révèle incisif, sombre, simple et vraiment efficace ce qui fait qu’on entre assez facilement dans cette histoire pleine de sang, de sexe et de violence. Mais finalement malgré des idées différentes et que l’auteur cherche à sortir régulièrement des sentiers battus de la Fantasy, j’ai trouvé quand même l’intrigue assez classique, malgré toute l’énergie qu’insuffle l’auteur. Un premier tome qui ne manque pas de qualités, mais qui possède aussi ses défauts. J’ai trouvé cette lecture sympathique et je vais lire la suite pour savoir ce que peut bien nous proposer l’auteur, mais voilà, je ne vais pas le nier, j’attendais peut être un peu plus de cette entrée dans la Fantasy de l’auteur. Peut être que le second tome me fera voir les choses différemment.

En Résumé : J’ai passé un sympathique moment de lecture avec le premier tome de ce cycle de Fantasy de Richard Morgan. L’auteur nous offre une histoire pleine d’action, de violence et de sexe et cherche à sortir des sentiers battus de la Fantasy. Mais voilà l’auteur cherche tellement à offrir des idées différentes qu’au final il ne se rend parfois pas compte que son récit se révèle linéaire. De plus certaines idées sont mal gérées par l’auteur et il se laisse parfois aller à la gratuité surtout sur certaines scènes de sexe qui n’apportent rien. Ce qui n’empêche pas à l’histoire de posséder une énergie captivante. L’univers se révèle sombre, violent et cynique, mais voilà il l’est tellement qu’il en devient oppressant pour le lecteur. Même chose pour les personnages, certes ils sont denses, complexes et travaillés, mais ils se révèlent parfois tellement froids qu’on a du mal à s’attacher à eux. Le style de l’auteur est simple et incisif et ne manque pas de punch ce qui fait qu’on se laisse glisser à travers l’histoire. Un premier tome avec quelques bonnes idées et des défauts qui me donne quand même envie de lire la suite, mais dont j’attendais plus.

 

Ma Note : 7/10

L’Héritage des Darcer Tome 2, Allégeance – Marie Caillet

l'heritage des darcer allegeanceRésumé : À la mystérieuse mort du souverain Keagan, la cour d’Edrilion est enfin libre de choisir son nouveau maître. Mais la reine, convaincue qu’il s’agit d’un meurtre, refuse d’abandonner son empire. Avec l’aide des Chimères, véritables extensions de son esprit et d’un lointain parent, elle met tout en œuvre pour conserver son trône.

En haut lieu, personne ne se doute que l’héritière des Darcer est encore en vie. Pourtant, dans les faubourgs d’une ville malfamée, Mydria et son compagnon Orest luttent pour subsister. Alors qu’ils se croyaient loin de ces enjeux de pouvoir qui les dépassent, le destin va les ramener à Edrilion plus tôt que prévu. Mais au milieu du chaos qui menace le royaume, une simple jeune fille et un hors-la-loi sans autorité peuvent-ils encore rétablir la dynastie déchue ?

Edition : Michel Lafon

 

Mon Avis : Le premier tome de cette série m’avait agréablement surpris, offrant une histoire pleine de surprises et de rebondissements, avec des personnages intéressants et le tout dans un univers solide et efficace (ma chronique ici). Par conséquent lors des dernières Imaginales j’ai fait entrer le second tome dans ma PAL. Et, vu que le Tome 3 sort prochainement, j’ai décidé de me lancer dans la lecture de ce livre. Par contre, je suis moins fan de la couverture de ce tome que celle du premier tome, la faut à la chimère dont j’ai un peu de mal à accrocher.

Le premier tome nous permettait de découvrir My, sa quête et son héritage, mais surtout avait il possédait sa conclusion propre. Je me demandais comment l’auteur allait pouvoir relancer sa série,
mais j’avoue qu’elle le fait de façon efficace et logique, relançant de façon cohérente la succession d’Edrilion. Le rythme de ce tome va se révéler plus intense que le premier, on quitte la quête initiatique pour entrer dans une sorte de course poursuite haletante pour le pouvoir, ce qui fait qu’on plonge dès les premières pages de ce livre pour ne plus vraiment le lâcher avant la fin. Un tome qui m’a paru plus adulte que le précédent, un peu plus sombre, qui va mettre les personnages devant des choix qui ne vont pas toujours se révéler facile à prendre. L’intrigue gagne aussi un peu en densité, certes il se révèle classique d’une lutte pour le trône, mais se révèle solide et gagne en complexité et aussi en nervosité.

L’auteur maîtrise bien son récit entre révélations, rebondissements, retournements de situations ou des scènes plus calmes servant à poser son univers et ses personnages, le récit est bien mené, de façon vraiment efficace et on est facilement entrainé à travers les aventures de My et ses compères. L’histoire donne par contre l’impression de moins visiter le Monde, mais on le fait de façon plus dense et plus riche. Il est d’ailleurs bien difficile de savoir comment va évoluer l’histoire au fil des pages, même si, il faut bien l’avouer, comme tout jeunesse, des fois, certains problèmes, certains aspects de l’intrigue m’ont paru être résolu un peu trop simplement et facilement. Mais rien de bien grave tant finalement l’histoire se lit d’elle même et se révèle cohérente et agréable au fil des pages qui défilent.

Je reprochai au premier tome de ne pas complètement développer l’univers proposé, ce qui est corrigé dans ce second tome où l’auteur développe un peu plus les différents éléments de son univers que ce soit les guildes, comme celle de fauconniers, mais aussi d’un point de vue de la culture ou bien encore de la faune et de la flore. Un univers vraiment intéressant où l’auteur apporte quelques idées vraiment originales qui sont un vrai plus. On découvre aussi les chimères, ces êtres hybrides qui vont se retrouver au centre de l’intrigue, des personnages intéressants, mais dont je leur reproche un certain côté indestructible et invincible. Un univers que j’espère continuer à découvrir dans le troisième tome.

Concernant les personnages, je dois dire que j’avais une certaine appréhension concernant My, retrouvant les voies de la couronne j’avais peur de la voir retomber dans ses travers de jeune fille hautaine, insouciante et un peu fille gâtée, mais voilà l’auteur a fait évoluer son personnage, la vie dans les rues l’a changé, elle n’est plus la même My, elle a gagné en maturité et on s’attache rapidement à elle. Orest, lui reste le même j’ai trouvé, il n’a pas tant évolué que ça même s’il est attaché à My, mais les évènements risquent de le faire vraiment changer. La relation entre My et Orest gagne aussi en compléxité, une relation surprenante, possédant une certaine distanciation, mais que j’ai trouvé vraiment efficace. On retrouve aussi certains personnages du tome précédent, mais aussi de nouveaux personnages, vraiment intéressants, même si certains manquent encore un peu de profondeur. Par contre la multiplication des personnages fait que parfois My et Orest passent au second plan, rien de bien grave, mais parfois j’ai quand même trouvé que Orest faisait un peu de la figuration.

Concernant la plume de Marie Caillet je dois dire qu’elle a gardée toutes les qualités du premier tome, simple, poétique et entrainante tout en offrant, dans ce second tome, une certaine nervosité dans l’histoire et l’intrigue qui se révèle plaisante. L’auteur ne tombe pas dans le triangle amoureux basique qui aurait pu s’ouvrir et c’est, selon moi, une bonne chose, car n’aurait rien apporté à l’histoire. Au final je dois bien avouer que je trouve ce second tome un peu plus abouti que le premier, plus efficace et captivant. L’auteur a vraiment réussi à relancer sa série, mais contrairement au premier tome le second volume appelle à lire le troisième, il ne possède pas de conclusion propre ce qui fait que maintenant j’ai envie de lire la suite.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec le second tome de ce cycle que j’ai trouvé plus abouti, à mon gout, que le premier. L’histoire se révèle plus adulte, plus sombre et surtout plus nerveuse, on se retrouve happé du début à la fin sans véritablement savoir comment va se finir ce livre, même si parfois certains aspects sont résolus trop facilement. L’univers se révèle plus dense que le tome précédent, on en apprend plus, que ce soit sur les guildes, la culture, mais aussi la faune et la flore. On découvre aussi les chimères éléments important de l’intrigue, mais j’avoue que je les ai trouvées un peu trop invincible par moment. Les personnages ont évolués depuis le premier tome, on le ressent, principalement chez My, par contre la multiplication des personnages fait que parfois nos héros, surtout Orest, se révèlent un peu étouffés mais rien de bien grave. La plume de l’auteur est toujours aussi poétique et entrainante au fil des pages. Maintenant il ne me reste plus qu’à attendre la sortie du troisième tome.

 

Ma Note : 8/10

Les Annales du Disque-Monde Tome 3, La Huitième Fille – Terry Pratchett

la huitieme filleRésumé : Sentant venir sa mort prochaine, le mage Tambour Billette organise la transmission de ses pouvoirs, de son bourdon, de son fonds de commerce. Nous sommes sur le Disque-Monde. La succession s’y effectue de huitième fils en huitième fils. Logique. Ainsi opère le mage. Puis il meurt. Or, il apparaît que le huitième fils est cette fois… une fille. Stupeur, désarroi, confusion : jamais on n’a vu pareille incongruité. Trop tard, la transmission s’est accomplie au profit de la petite Eskarina…

Edition : L’Atalante

Poche : Pocket

 

Mon Avis : Après la découverte, hilarante et passionnante, des deux premiers tomes de la série des Annales du Disque Monde (chronique du Tome 1 ici, du Tome 2 ) je continue ma plongée, que j’espère pleine d’humour, dans le troisième tome de ce cycle. Il faut bien avouer aussi que l’illustration de couverture, toujours réalisée par Marc Simonetti, est toujours aussi réussie et donne toujours autant envie de plonger dans cet univers complètement loufoque. A noter que ce troisième tome peut être lu indépendamment des deux premiers et nous propose de nouveaux personnages ainsi que de nouveaux lieux.

Et pourtant je dois bien avouer qu’une fois ce troisième tome refermé j’ai eu l’impression d’avoir moins été emporté que par les tomes précédents. Attention ce troisième tome est loin d’être catastrophique, mais il m’a moins fait marrer que les deux premiers, même si certains passages restent poilants. Cela vient peut être aussi de l’histoire, car l’auteur décide de traiter d’un sujet qui aujourd’hui encore a son importance, l’inégalité des sexes; pourquoi une fille ne pourrait-elle pas être mage alors que la magie n’est, soit disant, réservée qu’aux hommes. Mais voilà entre sérieux et humour l’auteur a parfois du mal à trouver le juste milieu de la critique cynique et burlesque, ce qui n’empêche pas certains passages d’être franchement épiques et poilants et aussi de tourner les pages avec un sourire aux lèvres. Mais voilà, une fois terminé on a l’impression d’un goût de trop peu, surtout comparé aux deux premiers tomes.

L’univers de ce disque de monde est toujours aussi passionnant à découvrir, avec cette fois une découverte plus en profondeur de ce qui est la magie, que ce soit par les mages ou encore par les sorcières. Des sorcières finalement très demandées pour tout ce qui peut être soucis de couple ou encore tous les soucis du quotidien, que l’auteur nous présente au vitriol et qui fait qu’on ne peut s’empêcher de sourire, voir de rire parfois, surtout par exemple devant la naïveté d’Eskarina sur cette profession. L’auteur nous fait aussi découvrir la vie à la campagne, cette différence entre ville et bourgade. Mais voilà l’auteur cherche aussi à nous présenter la magie, ces mécanismes et son existence ce qui fait que l’auteur essaye d’entrer dans des considérations parfois légèrement ronflantes et qui donne l’impression parfois de ne pas aboutir, ce qui fait qu’on s’y perd un peu

Concernant les personnages, il faut bien l’avouer, un personnage se détache vraiment du lot il s’agit de Mémé Ciredutemps, elle se détache d’ailleurs tellement du lot qu’elle éclipse facilement tous les autres et, mis à part Eskarina qui arrive tout de même à sortir du lot, on a un peu l’impression que les autres personnages se révèlent un peu fade. Mais rien de gênant tant Mémé, à elle seule, vaut vraiment le coup d’être découverte par son cynisme, sa vision du monde très pragmatique et délirante ou encore par sa verve et sa façon de regarder les gens qui ne manquent pas de faire rire le lecteur. Eskarina est aussi un personnage intéressant par sa candeur d’enfant ou encore sa naïveté qui amène pas mal de quiproquo qui ne manquent pas de faire sourire. Si on considère le Bourdon comme un personnage alors lui aussi mérite d’être découvert avec son caractère bien trempé et sa façon bien à lui de réagir aux évènements.

On retrouve avec plaisir le style de l’auteur, fluide et efficace, mais surtout cet humour anglais fait de jeux de mots, de situations burlesques où l’auteur s’amuse à placer nos héros dans les situations les plus improbables et les plus délirantes qu’il soit. Mais voilà ce troisième tome, malgré que l’histoire m’ait paru plus construite que les précédentes, m’a paru aussi un peu moins drôle et poilant que les précédents, comme si l’auteur avait un peu de mal à jongler entre histoire sérieuse et passages humoristiques. Ce qui n’empêche pas ce troisième tome de se révéler tout de même intéressant à découvrir et offre quelques passages des plus drôles. Au final un troisième tome qui, selon moi, est un ton en dessous que les deux précédents, mais se révèle tout de même sympathique et n’entache en rien mon envie de découvrir la suite.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture sympathique avec ce troisième qui, certes se révèle un ton en dessous que les deux premiers, mais continue à faire sourire son lecteur si on aime l’humour anglais. L’histoire est plus construite que les précédents et parle d’un sujet encore d’actualité qui est l’égalité des sexes, ce qui n’empêche pas l’auteur de garder son humour et son cynisme même si j’ai trouvé que, dans ce tome, l’auteur avait parfois un peu de mal à trouver un juste équilibre. L’univers développé est toujours aussi intéressant à découvrir entre monde urbain et monde rural le tout agrémenté de sorcières et de mages, je reproche juste à l’auteur de se perdre un peu dans ses explications sur la magie. Le style de l’auteur est toujours aussi fluide et efficace et son humour très british continue à faire mouche et à me faire rigoler. Alors certes ce troisième tome m’a paru légèrement mois bon que les deux premiers, mais il reste plaisant à découvrir et je lirai les autres tomes avec grand plaisir.

 

Ma Note : 7/10

La Geste du Sixième Royaume – Adrien Tomas

la geste du sixieme royaume Résumé : Les cinq royaumes : des nations turbulentes et ambitieuses souvent en guerre. Au coeur des terres, un sixième royaume : la Grande Forêt légendaire, impénétrable et hostile. Dans les maisonnées de Sélénir, dans les cases de Val ou dans les yourtes des nomades des steppes de Khara, le soir au coin du feu, on raconte aux enfants la légende suivante : tes rêves, tes cauchemars comme les créatures fantastiques des contes que tu aimes tant peuplent le sixième royaume.
Alors, pourquoi un baladin perdu, une belle sorcière aux terribles pouvoirs endormie depuis cinq cents années, un jeune voleur des rues amoureux, un demi-nain commerçant débonnaire et un homme-loup monstre de foire se retrouvent attirés par la Grande Forêt ?

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : L’histoire de l’arrivée de ce livre dans ma PAL est assez simple, lors des dernières Imaginales je me suis fais harceler par Plumeline et Ptitetrolle qui étaient tombées sous le charme de ce roman (ou bien de l’auteur je ne sais plus vraiment, faudra leur demander ^^). Après une discussion avec l’auteur, et un quatrième de couverture intéressant, je me suis rendu compte que ce livre pouvait m’intéresser et voilà comment il a fini dans ma PAL. Puis il faut bien avouer que la couverture, illustrée par Alain brion, est, je trouve, vraiment réussie et efficace. Par contre, petite constatation, la police de caractère m’a paru légèrement petite et resserré, rien de bien méchant mais il aurait peut-être été intéressant de gonfler le livre d’une centaine de pages pour le rendre plus aéré, mais je me rends bien compte que cela aurait joué sur le prix aussi.

Alors, autant le dire tout de suite ce roman ne révolutionnera en rien le genre de la fantasy Epique, reprenant les codes déjà bien connus du genre, donc si vous cherchez l’originalité dans l’histoire passez votre chemin. Mais voilà pour les autres, malgré que l’intrigue manque clairement d’originalité, ça n’empêche pas à l’auteur de connaitre ses classiques et de nous offrir une histoire plus que solide et intéressante.  En effet ce roman nous propose une guerre entre cinq royaumes humains et un royaume plus mystique avec, au milieu de tout ça, une bataille entre le Père, représentant de la Nature et l’Autre représentant du progrès et de l’évolution. Voilà, l’histoire a beau être balisée entre destinées, prophéties, magies etc… ça n’empêche pas l’auteur de nous offrir une histoire vraiment efficace à défaut de surprendre totalement le lecteur. Elle est menée du début à la fin avec conviction, passion et enthousiasme qui fait qu’on se laisse tout de même emporter par cette intrigue pleine d’action, de mouvements, de rebondissements et de retournements de situations.

Mais voilà il faut bien l’admettre ce roman possède encore quelques erreurs de jeunesse, car on a beau se laisser facilement happer par ce roman, certains passages paraissent tout de même guindé, voir possèdent quelques longueurs, un peu comme si l’auteur avait un peu de mal à romancer certains de ces passages, mais rien de bien grave. J’ai, par contre, bien apprécié l’idée de l’auteur de ne pas nous offrir une lutte entre le bien et le mal, mais quelque chose de plus nuancé où finalement les deux ennemis ne peuvent pas vraiment vivre l’un sans l’autre, le savent, et qui pourtant cherchent à se détruire. Par contre, j’avoue que même si j’ai été pris par la lecture j’ai jamais été vraiment surpris, car, malgré la multiplication des points de vue des personnages, qu’il soit d’un côté ou de l’autre, je connaissais déjà le vainqueur de cette guerre, comme si c’était écrit à l’avance. Ce qui n’empêche pas le déroulement d’être captivant.

L’univers est une des grandes réussites de ce roman tant il va se révéler dense et foisonnant au fil des pages. On sent que l’imagination de l’auteur a longtemps été bercé d’Imaginaire et qu’il a réussi à se réapproprier un bestiaire complet pour le faire correspondre à son univers, le rendre cohérent et passionnant; mais sans là non plus révolutionner le genre. On retrouve, Nains, Humains, Elfes, Dryades etc… dont l’auteur apporte parfois ses propres idées, ses petites retouches, qui se révèlent intéressantes. Les différentes races et peuples sont soignés, bien amenés que ce soit par leurs cultures, leurs histoires ou encore leurs façons de vivre. On découvre avec plaisir toute cette population qui peuple les six royaumes. De plus l’auteur pousse aussi un peu à la réflexion sur la nature, son devenir face à la technologie le tout sans s’imposer au lecteur ou pousser à l’extrême ces axes de réflexion, car finalement le roman montre que l’homme a besoin des deux, de la nature et du progrès.

Concernant les personnages je dois dire qu’ils sont nombreux, un peu comme une présentation à la Trône de Fer, et on suit donc différents personnages dans les différents camps présents. Mais voilà j’ai trouvé que tous les personnages ne sont pas au même niveau. Par exemple j’ai été accroché par Llir et Maev deux personnages hauts en couleur, denses et travaillés, ou encore Moineau qui a un peu de mal à s’imposer au début, mais sur la fin offre pas mal de surprises, mais par conte un personnage comme Corius m’a paru moins travaillé, un peu moins profond que les autres par ses sentiments, son passé et ses émotions. Ou bien encore le personnage d’Irian qui est, certes, un très bon assassin, bien campé, sombre et violent, mais qui a, selon moi, ce côté « super héros » limite invincible par moment qui m’a un peu dérangé. Mais dans la globalité les différents personnages sont intéressants, attachants et accrochent assez le lecteur.

Concernant le style de l’auteur je l’ai trouvé vraiment sympathique, simple, efficace et qui nous plonge quand même facilement dans son monde, dans cette guerre pleine de rebondissements. L’auteur manie d’ailleurs un léger cynisme assez intéressant, mais surtout l’auteur nous offre un final vraiment passionnant et possédant pas mal de surprises qui m’ont vraiment emporté pour aboutir à cette conclusion plus qu’efficace. Au final un premier roman de l’auteur efficace a défaut d’être complètement original; un roman qui ne révolutionnera pas le genre de la fantasy épique mais qui ne manque pas de faire passer un bon moment malgré quelques défauts, mais rien de rédhibitoire. En tout cas j’attends avec impatience ce que va nous proposer à l’avenir l’auteur.

En résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce livre qui nous offre une histoire, certes pas des plus originale, mais qui se révèle solide, agréable, pleine d’action et de rebondissements qui font qu’on se laisse emporter. L’univers mis en place par l’auteur est déjà vu, mais reste solide et possède quelques petites idées intéressantes qui méritent d’être découverts. Les personnages sont efficaces et prenants même si ils ne sont pas tous au même niveau j’ai par exemple accroché à Llir et Maev et beaucoup moins à Corius et Iran. Alors, bien sûr tout n’est pas parfait le livre possède ses défauts, certains passages m’ont parus un peu lent et guindés et surtout le clan gagnant paraît clair dès le début. Le style de l’auteur est vraiment simple et efficace et sait nous faire plonger dans son roman. Un roman qui, sans revisiter le genre de l’épique fantasy, se lit avec plaisir.

 

Ma Note : 7,5/10

Les Haut-Conteurs Tome 3, Coeur de Lune – Olivier Peru & Patrick McSpare

les hauts conteurs coeur de luneRésumé : Ravengen est une terre maudite, tous ses habitants vous le diront. Le seigneur Othon le Loup y a sauvagement tué sa femme, la douce Beatrix, avant de disparaître à son tour, en laissant de nombreux cadavres derrière lui. Quarante années plus tard, l’on murmure encore que le spectre de la Dame de Lune hante ces bois sombres, accompagnée de l’âme perdue de son bourreau. Happés par un tourbillon de folie et de sang, dans la chaleur torride de l’été germanique, les Haut-Conteurs, Roland Cœur de Lion et Mathilde la patiente, rejoints par le truculent Geoffroy Bouche-Goulue, vont tenter de percer les mystères de ce sinistre pays. Qui est cette Bête Dévoreuse, hurlant à la Lune et coupable de tant d’atrocités ? Amours secrètes, vengeances assassines, monstres démoniaques… Sous l’œil glacé de la pleine Lune, les évènements pourraient bien s’avérer fatals à nos héros…À Cœur de Lune, Cœur de Lion !

Edition : Scrinéo Jeunesse

 

Mon Avis : Après un premier tome qui se révélait agréable et efficace, sans non plus révolutionner le genre (ma chronique ici) et après un second tome qui se révélait un ton en dessous manquant légèrement de souffle et de surprises (ma chronique ), je me lance maintenant dans le troisième tome en espérant retrouver le même plaisir et le même côté divertissant que dans le premier tome. La couverture de ce tome reste dans la même thématique que les précédents et se révèle toujours, selon moi, sympathique et agréable.

Après nous avoir fait découvrir l’Angleterre puis la France cette fois les aventures de Roland vont nous emmener en Allemagne et plus précisément du côté de la Forêt Noire et de ses mystères. L’intrigue de ce tome va se révéler différente des deux précédents, pas de Page à retrouver, mais une intrigue, mélangeant amour et folie, vraiment plus complexe, plus dense et aussi plus sombre pour nos héros. Une histoire aux multiples facettes un mélange de vengeance, de pouvoirs et de trahisons vraiment efficaces et parfois surprenants, malgré, c’est vrai, une certaine linéarité et parfois une certaine simplicité, qui ne dérange en rien la lecture de ce tome tant on est happé. Une intrigue qui ne laissera pas à nos héros le temps de souffler et qui les amènera parfois à faire des choix pas toujours simples. Au final une histoire un peu plus adulte, plus complexe et surtout plus sombre qui m’a captivé assez facilement, même si elle garde les caractéristiques et légères accentuations liées au fait que ce soit un roman jeunesse.

L’univers mis en place par les auteurs est toujours aussi agréable, solide et sympathique à découvrir même s’il continue à se révéler sans grosses surprises. Après le vampire un nouvel être
démoniaque fait son apparition, certes le titre du livre l’annonce fortement, mais je trouve qu’il est bien amené et reste intéressant malgré peut être un ou deux points de mythologies qui ont eu du mal à passer. Par contre, l’univers se révèle lui aussi plus mature, plus sombre. Un univers Moyenâgeux avec ses seigneurs, ses paysans, ses castes et ses luttes de pouvoirs et de richesses qui amènent souffrances, domination et violences qui vont se révéler difficile à gérer surtout pour seulement trois haut-conteurs. Un univers qui colle enfin parfaitement à l’époque à laquelle se situe le roman. Alors, bien sûr, on est loin d’un univers à la Trône de Fer, mais tout de même un univers intéressant et assez sombre qui trouve rapidement son intérêt dans l’histoire.

Les personnages sont toujours égaux à eux-même, possédant cette jovialité et cette passion qui les caractérisent et qui fait qu’on se laisse facilement emporter par eux malgré un côté un peu trop simpliste et manichéen propre à la littérature jeunesse, ce qui n’a rien de mauvais ou de contraignant loin de là. J’attendais peut être juste un peu plus de réflexions et de complexité, surtout vu que l’intrigue et l’univers gagne en maturité et devient un peu plus sombre et aussi que nos héros sont confrontés à la mort, la souffrance de la population et des drames qui devraient les
changer plus en profondeur. Mais rien de bien méchant, car vu qu’il s’agit d’un livre jeunesse ça colle plutôt bien. On retrouve de toute façon avec plaisir Roland et Mathilde, ainsi que leurs joutes verbales et leurs taquineries. Par contre, l’histoire entre Roland et Elena m’a paru peut être un peu trop téléphonée.

Le style des auteurs reste toujours aussi fluide, simple, efficace et surtout très visuel, nous plongeant tout de même assez facilement dans leur histoire et leur intrigue pleine de surprises, d’action, de mystères et de combats. Le roman gagne doucement en maturité même si il reste tout de même très jeunesse par certains aspects comme certaines réflexions ou encore les personnages. Rien de bien gênant, car ce tome se révèle finalement un bon tome, efficace et prenant qui fait passer un bon moment de lecture et de détente et je ne demandais rien de plus. En tout cas un tome qui relève le niveau après un second tome que je trouvais un ton en dessous. La conclusion se révèle vraiment intéressante, surprenante et me donne vraiment envie de lire la suite.

En Résumé : J’ai passé un vraiment bon moment avec ce livre qui offre une intrigue plus complexe, plus mature et plus sombre que les tomes précédents. Alors, certes, le roman reste jeunesse, mais il se révèle vraiment agréable et efficace et on plonge facilement dans l’histoire tournant les pages avec un certain plaisir. L’univers reste toujours efficace et solide malgré un ou deux points qui ont eu, pour ma part, du mal à passer. Les personnages sont toujours aussi passionnant et efficaces malgré le fait qu’ils restent tout de même assez simpliste surtout devant les aspects plus matures et sombres de l’histoire qui aurait peut-être mérité un peu plus de réflexions. La plume des auteurs est toujours aussi fluide et captivante ce qui fait qu’on se laisse tout de même facilement porter par le fil de l’histoire et la conclusion, intéressante et surprenante appelle vraiment à lire la suite.

 

Ma Note : 7,5/10

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