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Structura Maxima – Olivier Paquet

structura maximaRésumé : La structure est un univers vertigineux de poutrelles et de niveaux, où s’est développée une civilisation dont les racines se perdent dans la nuit des temps et qui a atteint son point de rupture. Entre la Vapeur, la communauté qui produit l’électricité à partir du magma, et les Poutrelles qui, au nom de leur dieu, interdisent l’ouverture du dôme recouvrant la cité, la guerre se prépare.
Dans cette atmosphère étouffante, Victor Mégare et son fils Jehan cherchent un destin différent. Victimes de la Vapeur et des Poutrelles, ils explorent les origines de cet antagonisme. Que protègent les Poutrelles derrière leurs interdits divins ? Quel but cherche à atteindre la Vapeur en encourageant la Structure tout entière à bouleverser les anciens équilibres ? Et où se trouvent les réponses ? Entre l’ombre et la lumière, dans la vapeur des chaudières et le gigantisme des poutrelles, ou bien derrière le décor, de l’autre côté de la paroi du dôme ?

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Structura Maxima est le tout premier roman de l’auteur publié initialement aux éditions Flammarion il y a une dizaine d’années, qui bénéficie aujourd’hui d’une nouvelle édition chez L’Atalante. Il s’agit d’ailleurs du seul roman que je n’avais pas encore lu de l’auteur, je suis donc content de cette réédition, puisqu’elle m’a permis de pouvoir le faire entrer dans ma PAL et ainsi de pouvoir me faire mon avis. Il s’agit d’un roman qui peut être lu de façon indépendante, mais qui, d’une façon ténue, se situe aussi dans le même univers que la trilogie du Melkine ou encore du livre Les Loups de Prague. Concernant la couverture, illustrée par Raphaël Defossez, je la trouve réussie et qui colle plutôt bien à l’univers.

 On se retrouve ainsi plongé au fil du récit dans un monde complètement fermé par un dôme, la structure, mais où la révolution et le changement gronde entre les Vapeuriers et les Poutrelliers. Au milieu de cette guerre qui s’annonce va se croiser ainsi le destin de plusieurs personnages. La première chose qui m’a marqué dans la lecture de ce roman c’est l’univers que construit l’auteur au fil des pages. Une cité aux fortes tendances industrielles, remplie de métal, de vapeur, de puissance, d’huile mais qui possède aussi un aspect clairement fascinant, tout en verticalité, en hauteur, en évasion, ces cheminements de niveau en niveau par poutrelles ou par ascenseur qui offre ainsi au lecteur une cité tout à fait fascinante à découvrir. Attention ici je ne parle pas de Steampunk ou autres, non un simple futur qui a évolué pour aboutir à cet équilibre entre technologie et espoir.

Au milieu de tout cela viennent se positionner deux factions complémentaires pour la survie de tous et pourtant de plus en plus antagonistes dans leurs besoins d’avancer, de changer. Entre la Vapeur, qui correspond aux scientifiques, aux ingénieurs, aux terres-à-terres, qui nous font découvrir de façon prenante et captivante le coeur de la machine, son battement de vie journalier, sa puissance et  les Poutrelles qui eux nous font nous élever, nous font rêver, découvrir un brin de folie, mais aussi de mystère, fortement teinté de poésie et de mysticisme, le torchon brûle. On sent d’ailleurs que l’ensemble se révèle clairement maîtrisé, que ce soit dans la partie technique, comme dans la partie politique, tant l’ensemble parait cohérent, palpable et n’est pas non plus sans rappeler certains aspects encore bien présents de nos jours. Une légère touche « manga » vient aussi colorer ce monde, que ce soit à travers la cité, pour laquelle la référence dans le quatrième de couverture au Château dans le Ciel n’est pas usurpée, mais aussi sur d’autres aspects, ce qui apporte, je trouve, un véritable plus à l’ensemble. En tout cas un univers captivant qui donne envie de plonger dedans et d’en apprendre plus, d’en découvrir plus. L’intrigue, construite sur un rythme lent, se révèle de plus en plus prenante dans ses machinations et ses jeux de pouvoirs, pour monter lentement en tension au fil des pages et des révélations.

Mais voilà ce roman n’est pas que la découverte d’une simple cité, aussi fascinante soit-elle, l’auteur cherche aussi à nous faire réfléchir, principalement sur notre besoin d’avancer, d’évoluer. Ainsi on dévoile au fil des pages deux identités qui sont figées dans une routine et commencent peu à peu à mourir dans un monde figé, clos par la structure avec ses contraintes et dont le seul changement parait être la guerre. Pourtant une troisième voie est toujours possible. On se retrouve ainsi à se poser de nombreuses questions que ce soit sur le point de vue de l’identité, de la façon dont une simple idéologie, un langage, peut gripper le rouage, mais aussi sur la définition du bonheur, de l’absence de recul qui fait que parfois on ne se rend pas compte de ce que l’on possède. Après tout la structure est-elle si horrible que cela? Le développement de la civilisation doit-il se faire dans le mouvement et la violence? C’est ce que le lecteur va découvrir au fil des pages,  à travers de nombreux secrets qui vont se révéler, aboutissant à une conclusion intéressante dans le message qu’elle partage, avec une touche de mélancolie et de mystère qui, je trouve, colle parfaitement au récit.

Concernant les personnages l’auteur nous dévoile au fil des pages une palette de personnalités assez larges, qui ne manquent pas d’intérêts, se révélant complexes, allant du héros blessé qui s’enfonce dans la souffrance et l’auto-destruction, en passant par le jeune adulte insouciant, avide de changement ou encore des personnages féminins à la fois tendres et dures, qui vont fortement changer le héros principal. Ils se révèlent tous attachants et  nous plongent assez facilement, que ce soit dans leurs réflexions, comme dans leurs aventures, possédant chacun d’entre eux leurs émotions, leurs envies, leurs défaites, leurs qualités et leurs défauts, les rendant ainsi profondément humains. Sauf que voilà, je ne vais pas le nier, ils se révèlent tout de même un peu trop prévisibles, que ce soit dans leurs façon d’avancer comme dans leurs réactions. Cela ne dérange en rien la lecture tant le but du roman n’est pas là, mais peut légèrement frustrer par moment. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste, apportant leurs propres voix à l’ensemble, leurs propres visions, leurs propres folies et leurs propres besoins.

Mes seuls regrets concernant ce roman viennent en premier lieu que sur la fin l’ensemble semble s’accélérer un peu trop rapidement, apportant ainsi quelques facilités et quelques révélations un peu trop rapides pour franchement se révéler efficaces. Ensuite, l’histoire parait peut-être par moment un peu trop linéaire dans son ensemble, certes il sert parfaitement le message que cherche à faire passer l’auteur, mais un peu plus de surprises aurait pu apporter un plus. Enfin, la conclusion sur cette guerre, sans la révéler, m’a paru légèrement facile, même si c’est vrai elle possède aussi une force qui la rend intéressante. Au final rien de non plus très dérangeant, et qui n’enlève ou ne gâche en rien les qualités de cette histoire qui à la fois nous rappelle l’importance de rêver et du changement, mais qui nous fait aussi réfléchir sur l’importance des idées et la façon dont on s’en sert. Le tout est aussi porté par une plume qui se révèle soignée, efficace, dense, malgré parfois quelques dialogues un peu surjoués, et qui a réussi à me happer dès les premières pages.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui nous offre une histoire qui se révèle fluide, certes à un rythme assez lent, mais qui nous dévoile un univers futuriste fascinant, empli de métal, de vapeur, de hauteurs et de rêve qui fait qu’on se retrouve rapidement happé par ce que nous propose l’auteur. Mais voilà il s’agit ici bien plus que la découverte d’une cité, l’auteur n’oublie pas pour autant de nous faire réfléchir que ce soit sur l’immobilisme, le besoin de changement, d’évoluer, mais aussi sur la puissance d’une idéologie, la façon dont elle peut tout faire gripper, mais aussi sur la définition du bonheur. Les personnages qu’on découvre au fil du récit se révèlent complexes, attachants, denses et surtout humains, avec leurs forces et leurs faiblesses, dont mon seul reproche vient du fait qu’ils sont peut-être un peu trop prévisibles. Concernant les personnages secondaires ils apportent eux aussi leurs propres voix au récit. Je regretterai finalement que la conclusion se révèle un peu trop rapide et parfois légèrement facile dans sa résolution, mais aussi l’ensemble parait légèrement linéaire. Rien de non plus gênant, tant le message fonctionne bien et l’ensemble se révèle fluide, bien porté par une plume soignée et dense, malgré c’est vrai quelques dialogues un peu surjoués. Je lirai sans souci les prochains écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 7,5/10

La Grande Route du Nord, Tome 2 – Peter F. Hamilton

la grande route du nord 2Résumé : Deux mois se sont écoulés depuis le meurtre d’un clone North à Newcastle. Son identité exacte demeure un mystère et toutes les hypothèses restent ouvertes. Sur place, l’inspecteur Sidney Hurst et son équipe soupçonnent la pègre locale. Et la lutte pour le contrôle du marché transstellaire du biocarburant pourrait bien provoquer des dissensions au sein du clan North.
Sur la planète St Libra, les « accidents » suspects s’accumulent pour l’expédition de l’ADH, partie à la recherche d’un potentiel assassin d’origine extraterrestre. Isolés en terrain hostile, coupés de leurs bases arrière, les survivants sont plus que jamais en situation critique. Une seule certitude : la clé de l’énigme réside dans le passé trouble de la mystérieuse Angela Tramelo, qui fait partie de la mission. Le dénouement de cette histoire sera… explosif !

Edition : Bragelonne
Poche : Milady

 

Mon Avis : Il y a quelques mois je me suis laissé tenter par le premier tome de ce récit qui, malgré un démarrage un peu long à mon goût, se révélait offrir une intrigue sympathique, efficace et fluide (ma chronique ici). L’éditeur ayant décidé de scinder ce roman en deux, j’ai donc fait rapidement entrer cette « suite » dans ma PAL, qui a finalement attendu plusieurs semaines avant que je l’en fasse sortir comme souvent quand un livre vient se perdre dans ma PAL. J’avoue que j’avais quand même hâte de savoir ce qu’allait proposer l’auteur pour conclure son récit. Concernant la couverture, illustrée par Fred Augis, je la trouve moins intéressante que la première, même si elle reste dans l’ensemble assez sympathique.

Le soucis qu’on peut imaginer quand on se lance dans un livre scindé en deux pour la VF, et que j’ai attendu quelques mois pour me lancer dans la suite, vient du fait de pouvoir rentrer dans l’histoire sans se sentir perdu ou avoir l’impression d’avoir oublié des points importants. Sauf que voilà, contrairement à mes craintes je me suis tout de suite retrouvé dans cette suite, certes il m’a fallu parfois faire cogiter mes neurones pour me souvenir de quelques informations, mais dans l’ensemble j’ai de nouveau été facilement plongé dans ce récit qui va se révéler tout du long fluide, entrainant, où le jeu de pistes de mensonges et de vérités continue à se développer à un rythme assez efficace. Que ce soit entre l’aspect policier, avec l’enquête de la mort d’un North, où l’expédition sur St Libra à la recherche d’une possible présence extraterrestre, mais qui va connaitre de nombreux soucis et de nombreux accidents, l’auteur sait bien tenir le lecteur en haleine, jouant avec les tensions, les révélations et les retournements de situations, ce qui fait qu’on ne s’ennuie jamais vraiment dans ce second tome. Il faut aussi dire que l’ensemble commence à se décanter, les révélations se font la vérité se dévoile enfin au fil des pages. Sauf que voilà au final, malgré que l’ensemble se laisse lire facilement, je n’ai jamais non plus été complètement emballé par ce que nous propose l’auteur. Certes c’est divertissant, mais de nombreux points m’ont laissé perplexes, voir m’ont frustrés.

Déjà, pour ceux qui connaissent Peter F. Hamilton, il faut dire, du peu que j’ai lu de lui, qu’il n’est pas l’auteur de SF le plus fin et le plus complexe qui soit. Est-ce que c’est une mauvaise chose? non loin de là, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, une intrigue plutôt simple n’empêche pas d’aboutir à des romans efficaces, entrainants et percutants et de se lire avec grand plaisir. Sauf que voilà, pour cette Grande Route du Nord l’intrigue a la finesse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Que ce soit dans ce jeu de tension entre l’existence ou pas de l’alien ou le fond de l’enquête, j’avoue que l’ensemble est un peu trop prévisible. Ensuite l’auteur a un peu de mal avec certains aspects logiques, que ce soit le militaire qui voit ses hommes décédés mystérieusement, qui demande de l’aide et qu’on lui refuse sans véritable raison cohérente, ou bien le hacker qui hack le hacker qui hack le hacker sans que personne ne se rend compte de rien alors que le tout nous est présenté comme extrêmement risqué, ou encore les grosses ficelles concernant les relations de quelques personnages, j’avoue que cela m’a laissé parfois perplexe. Enfin un dernier point qui m’a dérangé ce sont les longueurs, j’en avais déjà constaté dans le premier tome, mais j’ai trouvé que dans ce second tome il y en avait aussi pas mal, soit l’auteur se perd un peu dans ses descriptions offrant d’ailleurs de nombreuses répétitions, soit des passages m’ont paru très peu utiles, soit j’ai trouvé qu’il se perdait dans des flashbacks pas toujours intéressant. Cela n’empêche pas l’ensemble d’être divertissant, mais c’est dommage.

Surtout qu’on y retrouve clairement ce qui fait les qualités d’Hamilton dans ce roman, cet univers d’une grande densité et qui surtout lui permet de mettre en avant une grande imagination principalement d’un point de vue technologique, avec les trous de ver, le clonage, le maillage intelligent, la surveillance par caméra et autres qui collent parfaitement à l’ensemble. Il n’oublie pas non plus pour autant de développer l’image de fond en nous proposant un avenir ou la politique libérale, capitaliste, où les entreprises et la finance occupe une place importante, où la politique repose plus sur l’image que sur le fond. Alors certes c’est parfois pas d’une grande finesses, mais rien de dérangeant et surtout l’ensemble reste plausible. L’ensemble est bien porté par des descriptions simples et efficaces, même si parfois l’auteur se perd un peu trop en répétition, nous rappeler une dizaine de fois comment marche une technologie ne la rendra pas plus réel. Là où par contre je suis légèrement déçu, c’est dans la volonté de vouloir offrir à l’histoire une réflexion plus environnementale, pousser le lecteur à se poser des questions sur notre consumérisme, notre capacité à tout vouloir maintenant, à détruire pour notre propre évolution sans jamais se soucier de ce que l’on fait, sauf que là aussi l’ensemble est trop caricatural, trop simpliste et binaire pour complètement m’emballer. Je ne spoilerai pas la conclusion, mais de ce point de vue environnementale elle se révèle assez étrange. Dommage car sur ce point il y avait du potentiel.

Concernant les personnages on reste dans la continuité du tome précédent avec des personnages assez intéressants, soignés, dont on suit les péripéties avec un minimum de plaisir, mais dont, comme dans le premier tome, il manque un vrai personnage qui sorte du lot. Ils ne sont pas mauvais, on s’attache même avec certains d’entre eux, mais voilà il y a toujours un moment ou un autre où ils tombent un peu dans les stéréotypes, ce qui les dessert légèrement par moments. Par contre autant les personnages principaux, pas de soucis que ce soit Sid, Angela, Vance, malgré leurs défauts on voit ce qu’ils apportent au récit, autant certains personnages secondaires ne paraissent rien apporter, comme Saul, ou bien offre parfois des passages qui ont clairement du mal à se révéler crédible comme Ian. Alors rien de bien gênant, mais comme je l’ai dit cela offre un sentiment que l’auteur s’est trop laissé aller dans les détails et que là ou l’éditeur aurai dû faire quelques coupes il ne l’a pas fait.

La plume de l’auteur se révèle simple, efficace, entrainante et plonge finalement le lecteur assez facilement dans son intrigue. Il montre qu’il connait parfaitement les mécanismes pour offrir un récit qui, a défaut de vraiment emballer le lecteur la faute à ses quelques défauts, se révèle tout de même fluide et divertissant et se laisse lire avec un minimum d’envie d’en apprendre plus et de connaitre la fin. Concernant la fin d’ailleurs, je regretterai peut-être un peu le côté happy-end facile, mais rien de bloquant ou de dérangeant. Au final dans l’ensemble je ne pense pas que ce roman soit le meilleur de l’auteur, mais il reste divertissant et assez sympathique. J’ai encore d’autres romans de l’auteur qui m’attendent dans ma PAL.

En Résumé : Ce second tome, malgré ses défaut, m’a offert une lecture qui s’est révélé tout de même divertissantes. L’auteur connait bien les mécanismes pour offrir une histoire qui se révèle fluide,entrainante et efficace. Alors certes j’ai trouvé l’intrigue par moment trop simpliste et prévisible, certains aspects m’ont paru mal traités voir ne rien apporter et quelques longueurs se font encore ressentir, mais voilà cela n’empêche pas le lecteur de tourner les pages avec un minimum d’envie d’en apprendre plus. L’univers développé est toujours aussi dense, permettant à l’imagination de l’auteur de s’épanouir, collant parfaitement au récit. Je reprocherai juste l’aspect environnemental que cherche à mettre en avant l’auteur de se révéler trop simpliste et binaire pour réussir à me toucher. Concernant les personnages ils sont intéressants à découvrir, faisant vivre et avancer l’intrigue de façon efficace, même si certains personnages secondaires m’ont paru ne rien apporter, ou avoir certaines réactions un peu trop surprenantes pour se révéler cohérentes. La plume de l’auteur se révèle toujours aussi simple, fluide et efficace, aboutissant à une conclusion qui n’est pas mauvaise malgré un happy-end un peu facile et un aspect que j’ai trouvé étrange, mais bon rien de bloquant. Au final pas le meilleur de Peter F. Hamilton selon moi, mais qui se laisse lire. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 6/10

 

Autres avis : Herbefol, …

Le Cycle de Lanmeur Intégrale 3, Les Rêveurs de l’Irgendwo – Christian Léourier

le cycle de lanmeur 3 les reveurs de l'irgwendoRésumé : De partout des vaisseaux convergent vers Lanmeur. Si cet afflux est encore contenu dans le territoire contrôlé de l’Enclave, les Mondes Rassemblés ne tarderont plus à contester sa suprématie. C’est dans ce contexte de crise historique que Persval ap Galad est convoqué au palais des Thoreïde. Les annalistes de l’aréopage statistique décident de l’envoyer à la rencontre d’un énigmatique artefact qui erre dans l’espace : dans ses entrailles repose peut-être l’explication de cet univers peuplé d’humanités que Lanmeur réunit depuis des siècles, comme les pièces égarées d’un même puzzle. Un univers dont les lois semblent se modifier avec le temps.
Pour remettre toutes les pièces en place, Persval devra-t-il, guidé par le fantôme informatique d’un mathématicien rebelle, rejoindre en Irgendwo la cohorte des Rêveurs surpris par la mouvance de leur propre création ?

Edition : Ad Astra
Poche : Folio SF

 

Mon Avis : Il y a deux ans environ je me lançais dans ce cycle de Lanmeur, de Chrsitian Léourier, dont j’avais régulièrement entendu parler en bien et qui bénéficiait alors d’une nouvelle édition en intégrales chez Ad Astra. Les deux premiers volumes ne m’ayant pas déçu, proposant des histoires qui se révélaient indépendantes, efficaces, captivantes et intelligentes, mais toutes liées ensemble par cette idée de rassemblement par Lanmeur et offrant ainsi une toile de fond dense. C’est donc sans surprise que je me suis laissé tenter par cette troisième intégrale que j’ai fais rentrer dans ma PAL lors des dernières Imaginales en même temps que la quatrième intégrale inédite. La couverture, illustrée par Eric Scala, se révèle toujours aussi réussie et accrocheuse. Cette troisième intégrale est composée de deux romans.

Les Masques du Réel : Ce premier texte va ainsi nous plonger, pour la première fois dans ce cycle, à la découverte de Lanmeur, la planète à l’origine du Rassemblement et de tout ce qui en découle. D’ailleurs on y découvre un Lanmeur en proie à de nombreux soucis, du fait de l’arrivée de plus en plus massives des étrangers rassemblés, voir même parfois on va dire « colonisés » comme on l’a vu dans les précédents tomes, ce qui crée ainsi de plus en plus de tensions et de discriminations. On va alors suivre Persval ap Galad, qui va être envoyé en mission par la Thoreïde pour essayer de lever le mystère d’un vaisseau qui apparait et disparait mystérieusement et qui pourrait se révéler d’une grande importance.

On quitte ainsi le Planète Opera pour se retrouver plus dans un Space-Opera que j’ai trouvé vraiment réussi et entrainant, nous offrant une intrigue qui va se révéler beaucoup plus complexe que le laissait présager les premières pages, avec son jeu de pouvoirs et de manipulations, où finalement chaque chapitre va apporter une pièce supplémentaire au puzzle qui se dessine, se révélant même un point crucial pour l’avenir du Rassemblement. Car oui cette découverte pourrait remettre en cause énormément de choses, principalement d’un point de vue politique. Ce récit se révèle d’ailleurs une pièce importante du cycle puisqu’on en apprend plus sur la politique de Lanmeur et ses convictions, mais aussi on constate un début de fragilité et de remise en cause qui soulève de nombreuses questions. Le rassemblement montre aussi ici ses limites, outre le fait qu’il s’agit plus d’une assimilation et d’une uniformisation, on se rend ici compte que ce projet amène de nombreuses difficultés, des rejets, de nombreuses réflexions aussi et surtout risque de se retourner contre ceux qui l’ont initié. Mais surtout il continue à poser cette question, comment espérer rassembler, voir faire coexister de nombreux peuples similaires et pourtant dans le fond si différent.

L’univers gagne toujours au fil des histoires en profondeur, ici par deux points que j’ai trouvé vraiment intéressants. Le premier vient de la découverte de la planète de Lanmeur, monde à la technologie extrêmement avancé et qui possède aussi une certaine poésie et une certaine beauté qui s’en dégage malgré une certaine froideur. L’autre point vient justement de l’aspect Space-Opera, qui permet ainsi de découvrir plusieurs planètes, mais aussi d’en apprendre un peu plus sur l’Espace qui entoure cet univers et les façon de se déplacer et de communiquer des uns et des autres. Ajouter à cela un travail sur les personnages et leurs relations que j’ai trouvé vraiment réussi, accrocheur bien porté par Persval, à la fois curieux, intelligent, mais qui pourtant selon Lanmeur se révèle « incomplet » du fait qu’il n’ait terminé aucune formation. Mon seul petit regret vient d’une fin que j’ai trouvé précipité et certains passages un peu classiques et prévisibles, mais franchement rien de vraiment gênant tant l’ensemble m’a fait passer un très bon moment de lecture offrant au lecteur de nombreuses surprises.

La Terre de Promesse : Ce texte va nous amener bien des années après Les Masques du Réel, la politique Lanmeurienne a fortement changé, obligé d’intégrer les peuples Rassemblés, elle a connu de nombreux bouleversements parfois destructifs, en tout cas pas toujours bénéfiques. Sauf que voilà le réseau de communication entres les planètes vient de s’éteindre sans raison. Gald l’annaliste va alors entamer un long voyage dans le monde virtuel d’Irgendwo pour essayer de comprendre cette disparition. On change de nouveau complètement de genre, puisqu’on se retrouve plonger ici dans un roman, certes de nouveau space-opera, mais que j’ai trouvé plus métaphysique dans sa façon d’appréhender l’intrigue et de pousser le lecteur à réfléchir.

L’importance du roman ne vient, ainsi, pas tant de la réponse à cette subite panne de communication, mais plus par le voyage et les réflexions que vont soulever les nombreuses aventures et les nombreuses rencontres que va faire Gald le héros principal, qui va alors découvrir un univers de rêveurs qui devaient être parfaits mais qui ne le sont pas, où finalement la guerre et la destruction sont toujours présentes et où l’utopie est bien loin. On se retrouve aussi à se poser énormément de questions sur la réalité, le virtuel, développant un aspect philosophique sur notre existence, où somme-nous finalement le fruit d’une imagination, ce qui apporte ainsi une dose philosophique que j’ai trouvé vraiment fascinante. Surtout que l’auteur reste concis, précis et clair, il ne plonge jamais vraiment dans des explications trop complexes ou ennuyeuses, le tout bien porté par une plume toujours aussi soignée et efficace.

Cela n’empêche pas non plus à l’auteur de nous faire voyager, de nous faire découvrir de nouveaux mondes, à la fois hostiles, passionnants à découvrir, avec leurs us et leurs coutumes parfois étranges, mais qui donnent en tout cas envie d’en apprendre plus. Les personnages m’ont paru peut-être un peu moins profonds et denses que les autres histoires du cycle, ou en tout cas tout du moins plus présents pour faire évoluer l’intrigue, mais cela ne les empêche pas de se révéler intéressant à découvrir et à partager leurs aventures qui ne manquent pas non plus d’action et de rebondissements. Mon seul regret vient de quelques longueurs que se ressentent par moment dans l’histoire, un peu comme si l’auteur ralentissait un chouïa trop son histoire pour ne pas offrir sa conclusion trop rapidement.

 

De nouveau Christian Léourier propose deux récits qui se révèlent riches, que ce soit aussi bien en réflexions, en personnages ou encore en décors que l’on découvre au fil des pages. Le cycle continue à se densifier pour aboutir à ce dernier texte de cette troisième intégrale qui offre une conclusion ouverte à la fois fascinante, déroutantes et intelligente j’ai trouvé. On continue ainsi à se poser des questions sur l’identité, l’existence ou encore la réalité, le tout toujours porté par une plume fluide, soignée et poétique qui happe très rapidement le lecteur pour ne plus vraiment le lâcher.  Il ne me reste plus qu’à me lancer prochainement dans la quatrième intégrale qui lui reviendra sur les origines du rassemblement.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec cette troisième intégrale du cycle de Lanmeur qui, à travers deux textes, vient nous en dévoiler plus sur la planète de Lanmeur ainsi que cette idéologie du Rassemblement. L’auteur nous propose ainsi deux intrigues différentes mais pourtant que j’ai trouvé réussies, efficaces et entrainantes, proposant aussi au lecteur de nombreuses réflexions, qu’elle soit métaphysique ou plus contemporaine. Comme souvent on rencontre aussi des planètes et des lieux qui ne manquent pas d’attraits et donnent envie d’en apprendre plus que ce soit aussi bien d’un point de vue social que par des descriptions de planète, magnifique, hostiles et attirantes. Les personnages sont toujours aussi soignés, accrocheurs et denses, malgré peut-être un léger manque de profondeurs sur certains dans le second texte. Au final je regretterai juste pour le premier texte une conclusion un peu rapide et quelques éléments trop prévisibles et pour le second quelques longueurs, mais franchement rien de non plus bloquant tant je me suis retrouvé emporter par ces histoire, bien portés par une plume toujours aussi soignée, fluide et captivante. Il ne me reste plus qu’à lire rapidement la quatrième intégrale.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Lune, …

Juste À Temps – Philippe Curval

juste a tempsRésumé : Parvenu à l’âge des choix et des bilans, cet âge où l’on ne peut plus mentir à la vie, le réalisateur Simon Cadique entrevoit un sujet qui pourrait devenir son œuvre. Un film vérité sur deux figures injustement oubliées de l’histoire, deux fils de la paysannerie picarde qui dans les années 1900 se transformèrent en arpenteurs des airs et en industriels de la modernité, deux frères, les frères Caudron, dont les avions qu’ils fabriquaient à mesure qu’ils les inventaient, et qui portaient leur nom, s’envolèrent à l’assaut du XXe siècle sur les plages de la baie de Somme.
Mais comment être certain d’apprécier sans la trahir l’atmosphère faite de neuf et d’ancien qui régnait en baie de Somme un siècle plus tôt ? À quoi pensaient les frères Caudron en bricolant leurs machines ? À quoi pensaient les badauds endimanchés qui regardaient s’élever du sable biplans, biplaces et autres aéroplanes ?
Simon sait combien le temps rend chaque époque irrémédiable à l’autre. Mais le temps a sa propre histoire et cette fois, il en a décidé autrement. Amitiés, richesses, souvenirs, amours : toutes les cartes sont en passe d’être rebattues. Car, dans un ressac digne des plus grandes marées, ce sont les époques elles-mêmes qui viennent se percuter à l’embouchure de la Somme.

Edition : La Volte

 

Mon Avis : Philippe Curval fait partie de ces auteurs qui ont fortement influencé la science-fiction française, en devenant même une référence récompensée de nombreux prix, et dont pourtant je n’avais encore quasiment rien lu. Je fais un peu mon Mea Culpa, je me disais depuis un long moment que je devais découvrir les livres de cet auteur et, pourtant ils ont mis du temps à rejoindre ma PAL. Il a fallu attendre les dernières Utopiales et la nomination de ce roman pour le prix du festival, ainsi que ma rencontre avec l’auteur, pour que je décide de faire entrer ce livre dans ma bibliothèque. À noter l’illustration de couverture que je trouve très sympathique. Par contre petite critique concernant l’édition, une relecture supplémentaire aurait pu apporter un plus concernant certains mots auxquels il manquait parfois des lettres.

On plonge  dans le quotidien de Simon Cadique dont la vie n’a pas pris le chemin qu’il espérait. En colère face à de trop nombreux échecs, révolté devant ce que devient sa vie, il décide de revenir dans son village d’enfance pour réaliser un film sur les frères Caudron, héros de l’aviation française, et eux aussi originaires de la région. Sauf que tout va être bouleversé par l’apparition de marées temporelles qui vont mélanger passé, présent et futur. J’ai eu un peu peur en me lançant dans ce récit, plongeant directement dans un premier chapitre plein de fureur, au style haché avec des phrases courtes qui a eu un peu de mal à me convaincre, mais voilà ce fut de courte durée puisqu’au fil des pages je me suis finalement laissé facilement entrainer par ce récit, mélange d’aventures, d’enquêtes et de science-fiction. L’intrigue va ainsi osciller entre ce besoin de comprendre ces changements, le héros qui cherche à se retrouve, critique sociale et réflexion sur le passé et l’avenir qui a vraiment réussi à me happer tant par sa profondeur et sa poésie que par son travail de fond et, à la limite, sa « photographie » qui ont fait que je tournais les pages facilement avec plaisir et envie d’en apprendre plus. On sent que l’auteur maîtrise parfaitement son récit, entre révélations, surprises et introspection pour ne jamais perdre ou ennuyer le lecteur.

J’ai d’ailleurs été surpris, je ne sais pas pourquoi je m’étais mis en tête de me lancer dans un roman d’une grande densité et complexité, alors que finalement il se révèle beaucoup plus fluide et divertissant. Alors attention, je n’essaie pas de dire qu’un roman complexe ne peut être fluide et inversement, mais voilà là je m’attendais à un récit complètement différent et pourtant l’auteur a réussi à me surprendre sur un attente certes « différente » (et encore je n’aime pas ce mot) mais qui pourtant a réussi à m’accrocher et a me passionner que ce soit dans sa construction comme dans les messages qu’il véhicule.

Déjà l’un des gros point forts du récit vient clairement de la présentation qui nous est faite de la Baie de Somme, que ce soit à travers ses descriptions, sa culture, son histoire ou encore sa gastronomie et qui se révèle fascinante. On sent toute la passion que cherche à faire passer l’auteur de cette région et ça marche, j’avoue que je ne la connaissais pas trop, mais maintenant j’ai bien envie de la découvrir et me faire un avis malgré cette nostalgie qui se dégage de ce que met en avant l’auteur au fil des pages. Car oui, certes, il rend la Baie de Somme magique, mais surtout il partage une certaine tristesse de la voir perdre sa splendeur d’antan ; splendeur qu’il peut parfaitement rendre justement avec tous ses voyages dans le temps, rendant ainsi aux lieux une certaine « vie », une certaine « couleur », qui offre une beauté mais aussi une certaine nostalgie sans non plus tomber dans l’idée que « c’était mieux avant ». Le tout est aussi clairement porté par des descriptions très visuelles, on a vraiment l’impression de visualiser les différents lieux explorés au fil des pages.

Mais voilà l’auteur ne s’arrête pas qu’à nous faire découvrir, ce qui parait être, sa région, ou à nous divertir en nous offrant une histoire efficace qui oscille entre passé et futur, le tout sur un rythme posé et calme avec son lot de surprises, il se sert aussi du roman pour essayer, de nous rappeler ce qu’est, d’une certaine façon la « magie » liée à la science et aussi à nous faire réfléchir. L’un des gros point qui ressort du livre c’est vraiment cette impression qu’aujourd’hui on regarde la technologie comme quelque chose de banale, là où il y a à peine 100 ans une telle expérience amassait des foules de curieux et faisait rêver petits et grands, comme si on avait perdu cette capacité de s’émerveiller de l’évolution technologique, entrant dans une certaine routine. Ensuite l’auteur offre aussi quelques points de réflexion que ce soit d’un point de vue historique comme sur l’Europe et la guerre, mais aussi d’un point de vue social, qui ne m’ont pas laissé indifférent même si je n’était pas toujours d’accord avec les avis du narrateur.

Le panel de personnages que nous offre l’auteur se révèle véritablement hétéroclite et soigné, même si parfois la multitude de protagonistes qui se dévoilent au fil des pages fait que certains, pour moi, se trouvent un peu « légers » et auraient pu mériter d’être plus développés, mais rien de non plus bloquant ou frustrant. On s’attache assez rapidement à son héros, Simon, personnage en pleine crise d’identité qui cherche, d’une certaine façon, à se reconstruire à travers le travail ; à la fois héros du passé comme homme du futur il colle parfaitement à cette oscillation temporelle.

Mon seul regret finalement concernant ce roman vient parfois d’une certaine facilité scénaristique qui se dégage dans certaines scènes, principalement dans les échanges temporels comme par exemple notre héros qui revient dans le passé avec une caméra numérique et c’est à peine si ça hausse un sourcil.  Mais bon rien de non plus dramatique tant je me suis retrouvé porté par cette histoire, à la fois intime et d’aventures, qui m’a offert un très bon moment de lecture, le tout dans un style poétique, simple et entrainant et je lirai sans problèmes d’autres écrits de l’auteur..

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui m’a offert une intrigue mélange d’aventures, d’Histoire, d’enquêtes et de science-fiction qui m’a surpris en offrant finalement une histoire différente de mes attentes, mais qui m’a passionné que ce soit dans son récit comme dans ce qu’il cherche à faire passer. L’auteur nous fait ainsi découvrir la Baie de Somme qui est magnifié par les descriptions très visuelles qui donne vraiment envie de la découvrir malgré une certaine nostalgie qui se dégage. Mais voilà ce livre ne nous offre pas qu’une visite passionnante de la région et un récit maîtrisé entre rebondissements, surprisse et introspections, il nous offre aussi de nombreuses réflexions que ce soit aussi bien sociales, comme sur la « magie » scientifique qui est perdue. Le panel de personnages que nous fait découvrir l’auteur se révèle soigné et hétéroclite, même si les nombreux protagonistes font que certains auraient, selon moi mérité d’être plus développés. Rien de bloquant non plus. On s’attache assez facilement au héros, Simon, en pleine crise d’identité qui cherche à se retrouver. Mon seul regret vient finalement de certaines facilités, principalement dans l’aspect temporel, mais bon rien de non plus dérangeant. La plume de l’auteur se révèle simple, poétique et entrainante et je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

Retis Galactica Intégrale 1, Le Monolithe Noir – Bertrand Passegué

retis galactica 1 le monolithe noirRésumé : C’est au coeur de l’Australie, au fin fond du Queensland, qu’apparaît une mystérieuse colonne noire entourée de brume. Un artéfact. mais d’où vient-il? Que dissimule-t-il? La Terre va-t-elle connaître un premier contact avec des aliens? Le monde entier se passionne pour cette apparition hors du commun, et les hordes de curieux débarquent sur le site de l’apparition. Mais quelles sont les motivations des constructeurs du Monolithe? Tandis que l’inquiétude générale monte, la journaliste Jill Lowell et le photographe Ross Fergusson tentent de s’approcher de l’immense objet extraterrestre afin d’en percer les secrets.
Bien vite, prisonniers des murs translucides et indestructibles de l’artefact, ils oublient leur rêve de scoop pour se concentrer sur l’essentiel: la survie.

Edition : Critic

 

Mon Avis : Je me suis laissé tenter par ce livre, premièrement, parce qu’on me l’a très bien vendu comme de la science-fiction de pur divertissement, sans temps morts, qui se lit facilement et se révèle bien fun. De plus, il faut bien l’avouer je trouve la couverture, illustrée par François Baranger, vraiment magnifique. Il a donc rejoint très rapidement ma PAL. Il est à noter concernant ce cycle de quatre tomes, que les deux premiers tomes ont été publiés dans les années 90 chez feu Fleuve Noir Anticipation, mais que la suite n’a jamais été éditée. Cette intégrale propose donc de redécouvrir les deux premiers tomes, et la seconde intégrale, qui est sorti il y a quelques semaines toujours chez Critic, les deux derniers tomes.

On plonge ainsi dès la première page à la découverte d’un ovni qui vient se poser sur terre et qui se déforme pour devenir un monolithe immense en pleine Australie. Cet incident va alors très rapidement apporter son lot de militaires, visiteurs et journaliste, dont une partie d’entre eux va se retrouver prisonnier de cet étrange édifice. Je dois bien avouer qu’on ne m’avait pas menti en m’annonçant une lecture divertissante, puisqu’elle se révèle vraiment entrainante, sans temps morts, bien porté par de nombreux rebondissements et de nombreuses surprises qui font qu’on se laisse facilement emporter par la lecture. On se retrouve ainsi rapidement happé par cette fuite en avant, ce besoin de survivre par-dessus tout des protagonistes et malgré les nombreuses épreuves qu’ils vont rencontrer, obligeant les héros à se lancer dans le pire comme dans le meilleur. Alors certes ce genre de récit n’a rien de révolutionnaire, l’artefact alien qui vient remettre en cause notre vernis de civilisation,  mais voilà cela n’empêche pas l’auteur de nous offrir un récit solide, efficace, à la tension qui monte au fil des pages et des péripéties rencontrées, le tout mâtiné d’un soupçon d’angoisse bienvenue dans ce genre de récit, malgré c’est vrai, il ne faut pas le nier, une certaine linéarité.

L’univers développé par l’auteur se révèle assez solide et surtout efficace, que ce soit dans la première partie avec cet artefact aux nombreux secrets dangereux et mortels, mais qui va finalement se révéler un peu plus complexe que cela, ou bien encore dans la seconde partie qui nous emmène dans un tout autre endroit, où l’humanité va découvrir qu’elle n’est pas seule. J’ai d’ailleurs eu une petite préférence pour cette seconde partie qui permet à l’auteur de travailler pleinement sur l’imagination, lui offrant de nouvelles races avec leurs forces et leurs faiblesses, même si un peu trop anthropomorphique, qui vont devoir apprendre et évoluer, là où finalement la première partie joue simplement sur l’angoisse et la fuite en avant. L’univers continue à se développer aussi de façon entrainante au fil des pages, jouant sur les questions soulevées, comme savoir d’où vient cet artefact? Qui le commande et que cherche-t-il? Ami ou ennemi? Alors certes du déjà-vu, mais ça marche bien.

Pour ce qu’il s’agit des personnages , je suis plutôt mitigé, certains sortent vraiment du lot je pense principalement à Ferguson qui prend de plus en plus d’ampleur au fil du récit et va devoir lutter face aux épreuves mais aussi, à certains moments, face à lui-même, ou bien encore l’énigmatique Sarah ainsi que Gouwoumba le sorcier. Concernant les autres personnages, ils ne sont pas mauvais, mais un peu trop caricaturaux, que ce soit Jill la jeune femme prête à tout pour réussir, Joe le bad-boy ou Driscoll le militaire ils restent un peu trop coincé dans leurs stéréotypes ce qui est légèrement dommage. Mais voilà pour moi le point faible du récit vient clairement de la représentation de la femme que j’ai considéré quand même très « machiste ». C’est bien simple elle est soit mère, soit amante, soit abusée, j’ai trouvé cela trop simpliste et dommage. Alors cela n’enlève en rien à l’aspect divertissant du récit, mais j’ai trouvé cela frustrant et je pense que ça pourrait bloquer certains lecteurs.

Concernant la plume de l’auteur elle se révèle simple, percutante et entrainante, plongeant rapidement le lecteur dans son récit pleine de surprises et de rebondissements. Alors c’est vrai, certains passages se révèlent un peu trop faciles dans leurs résolutions, mais franchement c’est un page-turner fun et il remplit bien son rôle de ce point de vue là, avec juste en fausse note le point que j’ai soulevé sur les personnages féminins. En tout cas je lirai sûrement la seconde intégrale pour savoir comment vont s’en sortir nos héros.

En Résumé : On m’a fait découvrir ce livre en m’annonçant un récit fun et divertissant et je dois bien avouer que de ce côté là je ne suis pas trop déçu, tant j’ai facilement tourné le pages pour en apprendre plus avec cette histoire qui se révèle sans temps morts, efficace et entrainante, avec son lot de surprises et de rebondissements le tout sur un rythme soutenu et légèrement angoissant. L’univers se révèle solide et intéressant à découvrir que ce soit dans la première partie avec le Monolithe mais aussi la seconde partie qui nous fait découvrir quelque chose de plus large malgré quelques facilités et une certaine linéarité. Concernant les personnages je suis plutôt mitigé entre les héros sympathiques et efficaces à découvrir et ceux un peu trop caricaturaux, mais là où je reste perplexe, voir déçu, c’est dans la position de la femme trop « machiste » à mon gout je trouve. La plume de l’auteur se révèle simple, efficace et entrainante. Au final un page-turner, plutôt sympathique avec ses défauts et ses qualités, mais dont je lirai sûrement la suite pour savoir comment vont s’en sortir les héros face à ce qui leur arrive.

Ma Note : 6,5/10

Fortune Cookies – Silène Edgar

fortune cookiesRésumé : Bretagne, demain :
Une coupure d’électricité plonge la petite vie de Blanche et Hadrien dans le noir, ainsi que toute l’Europe. Un mystérieux appel résonne sur les ondes : le gouvernement cache qu’il se passe quelque chose au Sud… la guerre ? Leur fille est loin, en vacances au-delà des Pyrénées. Hadrien décide de partir immédiatement à sa recherche, mais Blanche a peur.
Paris, après-demain :
État d’urgence, peuple bâillonné. Blanche est devenue Bianca, résistante. Les opposants à la dictature médiatique utilisent les réseaux de consommation pour faire passer leurs messages, sur les barquettes de poulet, les barils de lessive ou dans les fortune cookies, mais, bientôt, il faudra aller plus loin. Bianca trouve de la force entre les bras de Joshua, et jamais elle ne parle ni d’Hadrien, ni d’Élisabeth.
Quelque chose a basculé sur la route.

Edition : Snark

 

Mon Avis : Après deux essais qui se sont révélés mitigés, voir infructueux, je tente à nouveau ma chance avec les éditions Snark puisque j’ai profité, il y a plusieurs mois de cela, d’une opération à 99cts l’ebook pour offrir une chance à des romans dont j’ai entendu beaucoup de bien et qui offraient un résumé accrocheur. Silène Edgar faisant partie des auteurs dont on me conseille la lecture depuis un petit moment maintenant, j’ai donc décidé de me laisser tenter par ce Fortune Cookies.

On plonge ainsi dans le quotidien de Blanche dont la vie va basculer le jour où une coupure d’électricité de plusieurs jours va plonger le pays dans le noir. Surtout que sa fille est en Espagne avec ses parents et que des émissions de radio pirate parlent de complots et de mensonges du gouvernement à la frontière. L’état d’urgence est alors voté en France. On se retrouve ainsi à osciller entre deux époques, une narration avec Blanche qui nous raconte sa vision de cet incident et surtout sa réaction, sa façon de le gérer, le tout de son point de vue de citoyenne intégrée et une autre narration avec Blanche, devenue Bianca, est devenue résistante face à cette France devenue un état policier et je dois bien avouer qu’on se retrouve très vite happé par ce récit intense, tendu, avec son lot de rebondissements, bien porté par les personnages et leurs attentes, qui font qu’on tourne les pages assez facilement de ce court roman. Concernant l’intrigue l’auteur a décidé de ne pas se concentrer sur cette fameuse crise, mais plus sur la réaction des gens, et plus principalement de son héroïne, face aux bouleversements qui vont se dessiner aussi bien d’un point de vue politique, social ou encore personnel. Entre fuite en avant et résistance on est facilement entrainé par les aventures des personnages. Alors certes l’auteur ne révolutionne pas non plus le genre de l’anticipation, mais cela ne l’empêche pas d’offrir un récit efficace, percutant et intelligent, offrant de nombreuses réflexions même si  certains parti-pris se révèlent parfois légèrement frustrants pour le lecteur que je suis.

L’intérêt principal vient donc clairement de l’univers construit par l’auteur, cette politique fiction se reposant sur le principe d »Etat d’Urgence avec toutes les « contraintes » qu’elle entraine avec elle et qui sont souvent liberticide. Mais la réflexion principale vient finalement de Blanche, cette héroïne lambda, vivant dans son confort et ses certitudes, qui va devoir revoir énormément de ses certitudes et de ses acquis, ouvrir les yeux. Voilà finalement le message que cherche à faire passer l’auteur, il faut ouvrir les yeux, ne pas se laisser endormir devant notre bien-être, la désinformation, mais surtout le récit nous pose la question de savoir quelle serait notre réaction si jamais ça devait nous arriver? Un message qui se révèle vraiment efficace, qui reste d’actualité. Mais voilà là ou le récit, pour moi, pêche un peu c’est justement dans cet aspect politique qui ne reste que trop survolé. On ne sait finalement que peu de choses des conflits et surtout tout ce qui entoure cet état d’urgence, car oui il a clairement des contraintes énormes, que ce soit dans la mise en place de couvre-feu ou  de permis de circulation, mais il a normalement aussi ses limites, hors rien n’est clairement défini dans le récit. Attention cela n’enlève en rien la portée du message et son côté percutant, loin de là, mais se révèle parfois légèrement frustrant tant j’aurai aimé en savoir plus et que l’univers mis en place est dense.

Concernant les personnages celui qui marque le plus est, bien entendu, Blanche l’héroïne principale du récit. Ses émotions et ses sentiments transparaissent vraiment au fil des pages et font qu’on se passionne pour elle, qu’on s’inquiète face aux nombreuses épreuves qu’elle rencontre et l’amour qu’elle porte à sa fille, coincée en Espagne sans aucune possibilité d’avoir de nouvelles. On découvre aussi au fil du récit une héroïne ambiguë, complexe, qui nous touche et nous questionne, qui doit faire face à une vérité qui la dépasse et doit faire des choix pas toujours faciles, même si par moment j’ai ressenti un léger manque de sentiments dans certains passages, mais rien de trop dérangeant. Concernant les autres personnages ils se révèlent, eux-aussi intéressants à découvrir, apportant leurs propres points de vues, que ce soit sur cette crise comme sur l’héroïne, ce qui permet finalement de la rendre encore plus humaine avec ses failles et ses forces. Le côté court du roman fait, par contre, qu’on a un peu de mal à s’attacher aux personnages secondaires, mais rien de bloquant non plus.

La plume de l’auteur se révèle entrainante, vivante et fluide, accrochant rapidement le lecteur dans une histoire percutante et efficace qui ne laisse pas indifférent et offre une conclusion, certes peut-être un chouïa trop dans le côté explosif à mon goût, mais qui ne manque pas de faire réfléchir et cherche à amener le lecteur à se poser des questions. En tout cas ce Fortune Cookies fût pour moi une belle découverte et je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce court roman qui nous offre une histoire d’anticipation percutante, haletante avec de nombreux rebondissements et qui nous fait réfléchir. L’univers développé par l’auteur se révèle dense, efficace et soulève de nombreuses questions, principalement sur notre possible réaction si jamais ce genre d’évènements devaient arriver. Je regretterai juste que l’auteur reste un peu trop en surface de certains éléments, mais rien de non plus bloquant. Concernant les personnages, l’héroïne Blanche de révèle être complexe, humaine, avec ses force et ses faiblesses, qui doit faire face à de nombreuses épreuves et de nombreux choix pas toujours aisés. Les personnages secondaires qui gravitent autour d’elle sont efficaces et intéressant à découvrir même si le format de court roman fait qu’on a un peu de mal à s’attacher à eux, mais rien de non plus bloquant. La plume de l’auteur est fluide, entrainante, percutante et nous happe rapidement dans son récit. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 7,5/ 10

 

Autres avis : Lelf, julien le naufragé, etc…

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