Bloodsilver – Wayne Barrow

bloodsilverRésumé : 1691 : un bateau transportant de mystérieux passagers aborde la côte est du continent nord-américain. Les vampires viennent de débarquer de la vieille Europe. Ils forment bientôt le Convoi, longue colonne de chariots recouverts de plaques de plomb, et se lancent à la conquête de l’Ouest, anticipant le trajet du chemin de fer dans une lente et implacable progression…
1692 : à Salem, une poignée d’hommes impitoyables fonde la confrérie des Chasseurs, bien décidés à stopper l’avancée du Convoi et à en découdre avec les créatures des ténèbres.
De Fort Alamo aux territoires sioux, de Wounded Knee à Silver City, les hommes du Nouveau Monde, Billy the Kid, les frères Dalton ou encore Doc Holliday mêlent le sang à l’argent, luttant sans merci contre les vampires, ou formant avec eux d’improbables alliances…

Edition : Mnémos
Poche : Folio SF

 

Mon Avis : Ce roman avait commencé à me tenter au moment de sa sortie, ce qui remonte à quelques années déjà, mais n’a jamais au final rejoint ma PAL, d’une parce que à l’époque je lisais beaucoup moins d’histoires de vampires et de deux mon budget livre n’était pas le même. Il a donc logiquement disparu de ma vue. Il a fallu attendre les Imaginales 2013 pour que ce livre se rappelle à moi et que je décide de le faire rentrer dans ma bibliothèque. Vu que les Imaginales 2014 approchent, pour rester dans le thème,  j’ai donc décidé de me faire un avis sur ce livre. Concernant la couverture, illustrée par Didier Graffet, elle possède un côté sauvage et western qui colle finalement bien au récit. À noter que Wayne Barow est un pseudonyme derrière lequel se cache deux auteurs français, Xavier Mauméjean et Johan Héliot.

J’avoue aussi que je me suis lancé dans la lecture de ce livre sans aucun retour ni avis de l’extérieur que ce soit sur internet ou autre, donc première surprise, ce que je pensais être un roman est en fait un recueil de nouvelles. En effet les auteurs ont décidé de se servir de l’arrivée de vampires sur le continent américain en 1691 pour réécrire l’histoire des États-Unis et ainsi offrir au lecteur une certaine uchronie qui s’étend sur plus de deux siècles. Autre surprise, si vous vous attendiez à une histoire  de vampires pur et dur passez votre chemin, en effet ils ne servent ici que de façon latente pour vraiment mettre en avant l’évolution du pays d’une nation sauvage vers une des plus grandes nation, ce qui peut légèrement frustrer le lecteur à la recherche de trash lié aux suceurs de sang, surtout après la lecture du quatrième de couverture. Mais voilà une fois l’ensemble de ses surprises assimilées je me suis retrouvé à me plonger avec envie et plaisir dans ces différentes courtes histoires.

Car en effet au fur et à mesure de la lecture de cette fresque chronologique j’y ai trouvé quelque chose de vraiment fascinant et intéressant, pour peu qu’on connaisse un minimum l’histoire des États-Unis, à voir évoluer ce pays passant d’un aspect western qui se révèle sauvage, sanglant avec aussi la conquête de l’ouest, évoluant un aspect considéré comme plus civilisé avec le temps et les années. Passer d’un pays complètement désuni à quelque chose de plus cohérent, cette mutation se faisant dans les cris, le pleurs et le sang. On y retrouve aussi au fil des pages plusieurs personnages importants de l’époque, allant de Marc Twain au Dalton en passant Billy the Kid ou encore Jesse James, mais aussi des évènements tout aussi marquants pour le pays comme Fort alamo, le massacre de Wound Knee ou encore la mystérieuse maison Winchester. On sent bien que les auteurs se sont fortement documentés et ont effectué un travail vraiment dense et saisissant pour plonger le lecteur dans ces différentes histoires, ces différentes rencontres, ces différentes époques. On se retrouve happé. La reprise des faits réels tout en modifiant certains aspects, y apportant leurs propres idées, collent à cette uchronie de façon vraiment efficace. Dommage que parfois les auteurs oublient complètement les vampires pour se consacrer qu’à cette fresque western.

L’autre aspect aussi intéressant c’est qu’on se retrouve avec un roman clairement western avec tout ce qu’il faut pour se laisser entrainer entre aventures, courses poursuites et fusillades, le tout bien rythmé. On y retrouve clairement au fil des pages ce sentiment de liberté, de folie et de violence qui découle de cette époque où la loi dépendait principalement du plus fort vu que chaque état, chaque ville faisait comme il voulait. La présence des Brooke (le nom des vampires) n’est pas non plus qu’anecdotique, on y retrouve clairement le vampire sauvage qui se nourrit de sang humain poussant les Américains à se défendre en premier lieu avant de changer. Les différentes rencontres qu’ils vont faire vont se révéler vraiment intéressantes, même si je trouve qu’ils restent trop dans l’ombre, on ne sait au final pas grand-chose d’eux. On retrouve aussi dans ces différents textes pas mal d’axes de réflexions vraiment attrayants que ce soit par l’évolution des gens, qui après avoir encensé les chasseurs de vampires se mettent à la rejeter devant la puissance, à la fois par la menace et aussi par leurs fortunes, des vampires, mais aussi par ce fameux convoi des vampires (La Famille) qui sillonnent le pays pour y trouver un endroit où vivre. Les différents personnages rencontrés offrent  des portraits à la fois riches et variés, allant du faible au fort, du lâche au téméraire, de l’érudit ou fou ; des personnages à la fois complexes et soignés qui vont devoir s’adapter ou disparaitre. J’ai trouvé aussi que la conclusion, en forme de cycle avec l’introduction, se révélait percutante.

Malgré cela il y a tout de même quelques points qui m’ont dérangé. Les auteurs nous proposent, comme je l’ai dit, une uchronie, puisque l’arrivée des vampires sur le continent va bouleverser énormément de choses jusqu’à la guerre de l’indépendance, et pourtant la vie des personnages historiques n’a pas tant changé que cela dans l’ensemble. Mis à part Mark Twain qui subit quelques variations notables on a l’impression que les autres connaissent quasiment la même destinée, ce que j’ai trouvé légèrement dommage. Ensuite, il faut bien l’admettre, vers la fin, j’ai ressenti un certain essoufflement, sentant bien où voulez nous mener les auteurs. Rien de bien méchant non plus, mais voilà je me suis retrouvé à moins accrocher à un ou deux textes. Après, dernier point mais qui se retrouve souvent dans les recueils de nouvelles, certains textes sortent plus facilement du lot et marquent plus que d’autres qui ne sont qu’anecdotiques.

La plume des auteurs se révèle vraiment soignée, dense et efficace plongeant pleinement le lecteur dans l’histoire et l’époque par des descriptions précises et entrainantes et aussi avec des personnages humains et plus que convaincants. J’ai donc passé un plutôt bon moment de lecture avec ce livre qui, certes, au début  m’a surpris mais s’est révélé au final dans l’ensemble captivant et intrigant.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce livre qui, certes m’a dérouté au début, m’attendant à un roman sur des vampires et me retrouvant avec des nouvelles où les vampires ne sont que secondaires se consacrant plus à une fresque uchronique sur la naissance des États-Unis, mais qui finalement offre un travail vraiment intéressant et fascinant. Le côté western apporte aussi vraiment un plus, offrant une ambiance sauvage, violente où le mot liberté dépend de chacun et où, justement, la présence des vampires vient accentuer tout cela. Dommage que parfois justement les auteurs oublient un peu les suceurs de sang. Pour peu qu’on s’intéresse à cette période de l’Amérique on se retrouve emporté par cette réécriture de l’histoire dont mon seul regret et que, sur certains aspects, reste quand même trop proche de l’histoire. Le background ainsi que les différents personnages, qu’il soit fictifs ou ayant existé, se révèlent vraiment denses, travaillé, humains et soignés. Une histoire qui nous dévoile que les convictions du début ne sont pas celles de la fin, où l’humanité peut aimer ce qu’elle a rejeté et inversement. Le style des auteurs se révèle vraiment efficace et entrainant. Après comme à chaque recueil de nouvelles certains textes arrivent à happer plus le lecteur que d’autres, mais dans l’ensemble je ne me suis pas ennuyé, même si j’ai ressenti une très légère lassitude sur la fin.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : kactuss, julien le naufragé, Spocky, Olya, Sayaelis, etc…

Précédent

Bifrost n°74 – Spécial Léo Henry

Suivant

La Campagne des Ombres Livre 1, Les Mille Noms – Django Wexler

  1. Voilà un livre dont je n’avais pas entendu parler, mais ta chronique me donne envie de le lire (d’autant plus que j’aime beaucoup Xavier Mauméjan).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

© 2010 - 2018 Blog-o-Livre

%d blogueurs aiment cette page :