Rois du Monde Tome 2, Chasse Royale Livre 2 – Jean-Philippe Jaworski

Résumé : Après avoir défié toute l’armée rebelle pour couvrir la retraite du haut roi, j’ai fini par me rendre. Qu’est-ce qu’un captif, sinon un demi-mort ? Dans les deux camps, on le méprise pour sa faiblesse. Même si on ne le massacre pas de suite, on lui ôte l’essentiel de sa vie. Moi, on me retire mon mauvais cheval, on me soustrait mes dernières armes, on m’arrache mes bijoux, on m’entraîne vers la rivière avec rudesse. Je patauge bientôt sur la rive boueuse. On crie autour de moi, j’ai l’impression que personne ne sait vraiment ce qu’il faut faire. Je crains de plus en plus que n’arrive l’ordre de me noyer. La mort par l’eau, après tout, est une sentence que peuvent prononcer les rois comme les druides…
Qui va décider de mon sort ? Articnos, roi des Éduens, que j’ai été à deux doigts de tuer ? Sa sœur, la mystérieuse Prittuse, haute reine déchue de Celtique ? Ou bien ce sorcier redoutable que jadis on appelait le gutuater et qui vient d’usurper le sacerdoce du grand druide ?

Edition : Les Moutons Electriques

 

Mon Avis : Un nouveau roman de Jean-Philippe Jaworski est toujours un évènement pour moi en tant que lecteur. Il faut dire que cette suite de Rois du Monde je l’attendais avec impatience, puisque j’avais dévoré le premier tome et le premier livre du second tome avec grand plaisir. C’est donc logique que ce second livre du tome deux ait rapidement fini dans ma PAL. Alors je sais, le découpage peut paraitre compliqué, je vous propose donc de retrouver les explications de l’auteur sur le site Elbakin ici. Je laisse ensuite à chacun se faire son propre avis sur le découpage et ce que cela occasionne, de mon côté j’y reviendrai plus tard. Dans tous les cas c’est avec impatience que je me suis plongé dans ce nouveau tome, espérant y retrouver toutes les qualités des deux premiers romans (chronique du Tome 1 et Livre 1 du Tome 2).

Ce roman nous plonge à la suite direct du roman précédent, on retrouve ainsi Bellovèse qui, aidé d’autres Héros, a sauvé le haut-roi Ambigat trahi par  nombreux de ses partisans qui cherchent à mettre au pouvoir un nouveau haut-roi considéré comme plus légitime. Pour permettre la fuite d’Ambigat, Bellovèse s’était alors lancé dans une bataille perdu d’avance, mais qui a permis de ralentir l’armée en traque du haut-roi. Capturé il va devoir maintenant faire face à ses actes et attendre la sentence de sa condamnation. Bon j’avoue, deux ans après ma lecture du tome précédent il m’a fallu un peu de temps avant de tout remettre en place, mais c’est avec grand plaisir que j’ai replongé dans les aventures de Bellovèse. Il faut dire aussi que la plume de l’auteur ainsi que sa capacité de conteur font qu’on replonge quand même très facilement dans ce récit et même si parfois la mémoire m’a fait défaut, l’auteur propose des rappels qui font que je ne me suis jamais non plus senti complètement perdu. On est ici dans une histoire portée par un rythme plus lent que le livre précédent, notre héros prisonnier va voyager vers son jury, va devoir faire face à ses actes et aux conséquences et va surtout nous proposer des retours sur son histoire et principalement l’ellipse de neuf ans entre le premier et le second roman. C’est clairement moins effréné, le récit propose peut-être moins de révélations, s’avérant plus de transition entre deux phases de la vie du héros, des choix qu’il va prendre, mais cela n’empêche pas l’ensemble de s’avérer vivant et entraînant. L’intrigue elle se développe aussi, avec l’apparition de nouveaux personnages important dans la guerre qui se prépare.

L’univers présenté tout du long s’avère toujours aussi solide, dense, envoutant et passionnant à découvrir. Ces Celtes continuent à me fasciner et m’emporter, que ce soit dans leurs moeurs, leurs mythologies ou bien encore dans tout ce qui tourne autour du pouvoir. Je me suis replongé ainsi avec grand plaisir à la découverte de ce monde présenté tout du long qui continue à se densifier au fil des pages. En effet cette fois cela permet à l’auteur de présenter une autre facette, celle du prisonnier et de différentes coutumes qui s’y retrouvent lier, surtout que notre héros ne sera pas jugé par une jury classique. La magie prend aussi une place plus prépondérante dans ce tome, que ce soit lié à des éléments du premier tome comme à l’apparition du personnage de Prittuse qui offre aussi son lot d’élément fantastique. Surtout la grande force de tout cela est de rester cohérent, de ne pas non plus commencer à créer des différences ou des écarts et de ce point de vue l’auteur s’en sort très bien. L’intégration des mythes et de la magie se fait ainsi de façon fluide et logique. On commence aussi à comprendre un peu mieux certains points de l’intrigue qui se révèlent, principalement au niveau du gututater. Mais ce qui, je trouve, rend cet univers toujours si vivant, immersif, et réaliste ce sont surtout les petites anecdotes, les petites précisions que l’auteur place ici ou là, qui pourraient paraitre inutiles pour certains, mais qui pour moi offre des accroches supplémentaires comme par exemple tout ce qui tourne autour de la laine et du filage. L’aspect politique lié autour du statut de Bellovèse gagne aussi en profondeur, ou la guerre qui se déclare commence à y trouver des explications et où certains jeux de pouvoir se dévoilent de façon efficaces intéressantes.

Mais la grande force de ce tome vient, selon moi, clairement des personnages qui gagnent clairement en profondeur et en intensité, principalement certains personnages secondaires des tomes précédents et certains nouveaux. Il faut dire aussi que la narration très introspective et plus posé de ce tome permet clairement d’offrir de tels développements et de rendre les personnages encore plus fascinants et marquants. On découvre ainsi par exemple à travers différents flashback l’évolution de Bellovèse qui est passé du jeune fougueux, au guerrier plus assagi, marié et avec des enfants. On en apprend plus aussi sur les amitiés qu’il a nouées et qui ont permis de bâtir sa maisonnée. On découvre aussi l’évolution de la relation avec son frère, deux héros toujours aussi liés et proches et pourtant très différents l’un de l’autre. Mais surtout on découvre un Bellovèse avec ses faiblesses, avec ses doutes et ses erreurs, avec sa folie mais aussi sa sagesse, au final un héros humain, intéressant et attachant, loin d’être parfait, ce qui le rend attachant. Comme toujours avec l’auteur, les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste, s’avérant eux aussi travaillés, soignés et fascinants à suivre et à découvrir. On se demande même parfois s’ils ne devraient pas avoir leurs propres récits. On est ainsi loin de héros binaires, proposant des protagonistes complexes ayant chacun leurs propres envies, leurs vengeances et leurs quêtes. L’auteur brosse ainsi de nombreux portraits marquants, qui ne m’ont pas laissé indifférents, qui nous happent dans leurs aventures et qui donnent franchement envie d’en apprendre plus sur eux.

Alors, j’ai aussi noté quelques défauts, rien de bien méchant face à la qualité de l’oeuvre, mais qui se font parfois ressentir. J’ai ainsi trouvé quelques petites longueurs à un ou deux endroits, l’auteur entrant parfois un petit peu trop dans les descriptions à mon goût, même sur ce point là rien de trop dérangeant tant l’ensemble reste fascinant et envoutant. Par contre, un point qui se fait un peu plus ressentir, c’est concernant le choix du découpage. On sent ainsi clairement qu’on est dans la seconde partie d’un livre découpé en trois parties, on sent ainsi clairement tout du long qu’on est dans le passage de transition et un peu contemplatif d’un roman plus large, ce qui est légèrement frustrant. Attention cela n’enlève en rien les qualités du roman en lui-même, ni du cycle qui est toujours aussi immersif et bien porté par une plume dense, soignée avec un travail sur la langue et les mots toujours aussi poétique, mais voilà ce choix éditorial laisse un goût d’incomplet une fois la dernière page tournée. Bon après je chipote peut-être un peu, j’ai tout de même passer un très bon moment de lecture avec ce tome et j’attends la suite avec impatience.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce tome qui nous plonge à nouveau dans cet univers Celtes passionnant, mélange réussi de héros charismatiques, de jeux de pouvoir complexes et de magie. J’ai ainsi retrouvé avec plaisir les nouvelles aventures de Bellovèse qui se retrouve prisonnier et va devoir faire face à ses actes. L’ensemble est toujours aussi immersif, fluide et entrainant, avec un univers qui continue à se densifier au fil des pages et qui s’avère toujours aussi solide et entraînant, où les enjeux se dessinent avec de nouveaux personnages importants qui apparaissent. Mais surtout le gros point fort de ce roman c’est le travail sur les personnages qui se révèle dense et complexe, bien aidé par un rythme plus posé que le tome précédent. Bellovèse gagne ainsi encore un peu plus en intérêt, en profondeur et en densité, offrant un héros avec ses forces et ses faiblesses et qui se révèle attachant. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste tant l’auteur arrive à les rendre soignés et fascinants. Je regretterai par contre quelques longueurs ici ou là, même si rien de complètement dérangeant, mais aussi un découpage frustrant. En effet on sent bien qu’il s’agit d’une seconde partie d’un roman découpé en trois, ce qui est quand même un peu dommage, même si cela n’enlève en rien les qualités du récit et du talent de Jean-Philippe Jaworski de l’auteur à travers une plume soignée et poétique. Dans tous les cas j’attends la suite avec impatience.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Ours Inculte, Just A World, Lecture 42, …

Utopiales 2016, Anthologie – Collectif

Résumé : En 2016, les treize nouvelles de l’anthologie officielle des Utopiales s’interrogent sur la thématique de la machine.
Pèle-mêle, on y croise ainsi une vieille dame artificielle pas décidée à mourir, un diable lumineux gardant un terrible secret, un homme dont plus de 50 % du corps a été remplacé par des prothèses, une femme robot aux charmes ambigus…
… mais aussi un concert virtuel plus vrai que nature, des tofus permettant de voyager dans l’espace, une course-poursuite de magiciens, un étrange artefact martien, un gentleman aux manières trop parfaites, un jeu vidéo meurtrier, une montre à l’origine de curieux décalages temporels, des truites psalmodiant en choeur «Innsmouth» et même André Brahic et une licorne.
Treize textes pour s’émerveiller, s’interroger et se marrer franchement, portés par treize plumes incontournables de l’imaginaire actuel, francophone comme étranger.

Edition : Actu SF

 

Mon Avis : On ne change pas une tradition et, comme depuis maintenant quelques années, quand je participe à un festival je repars dans la majorité des cas avec l’anthologie associée. Concernant les Utopiales, c’est aussi pouvoir se lancer dans une lecture commune avec Marie-Juliet, mon acolyte de LC depuis quelques temps maintenant. Cette année le thème de l’anthologie est « La Machine », et le recueil est composé de treize nouvelles d’auteurs différents. Concernant la couverture, illustrée par Denis Bajram et reprenant l’affiche du festival, je la trouve très sympathique et efficace. Comme souvent on retrouve une préface efficace, qui nous offre de bonnes réflexions sur le thème du recueil et s’avère soignée, même si parfois pas facile d’accès.

La Vieille Dame de Simon Bréan : Cette nouvelle nous plonge dans un monde futuriste ou les IA ont, d’une certaine façon, pris le contrôle du bien-être de l’humanité. On se retrouve à suivre un homme, dont le métier est d’accompagner les IA « en fin de vie » dans leurs derniers instants. On découvre ainsi un texte qui se révèle efficace, bien porté par la tension qui se développe entre les deux protagonistes dans leur duel. Le texte offre aussi quelques réflexions intéressantes, qui ne manquent pas d’apporter un plus à l’ensemble et le tout est soutenu par une plume simple et entraînante. Au final une nouvelle solide, qui ouvre plutôt bien ce recueil des Utopiales.

Pour Hesperia et Pour la Gloire d’Ann Leckie : Cette nouvelle propose de découvrir la lettre d’un homme qui cherche à expliquer à un certain Mr Stephens les évènements étranges qui sont survenus chez lui. Franchement cette nouvelle est principalement un hommage à la SF pulp, un peu comme le proposait Brackett et Hamilton ou bien encore John Carter. Le soucis c’est que mis à part cette ambiance suranné intéressante, le reste ne suit pas. Le mystère n’a pas le temps d’exister qu’il est déjà résolu, la fin manque clairement de tension et d’intérêt et l’intrigue est traitée trop rapidement. Le tout m’a ainsi paru trop court, comme si le format nouvelle ne suffisait pas, ce qui est dommage. Reste une nouvelle qui se lit vite, mais qui s’oublie tout aussi vite je trouve. Après cette nouvelle a été initialement publié en VO pour un magazine dont le numéro proposait comme thème le cliché, ce qui lui correspond mieux et m’aurai moins dérangé que dans une anthologie tournant autour des machines

Deep Space Mine de Catherine Dufour : Cette nouvelle est une réédition d’un texte de l’auteur : Mémoires Mortes. On suit ainsi une jeune fille, dans un monde futuriste de plus en plus connecté, qui va mener l’enquête après la disparition de son frère. Mon ressenti concernant cette nouvelle est plutôt ambigu, autant les axes de réflexions présents sur l’adolescence et ce monde futuriste ne manquent pas d’attrait, le rythme est percutant et entraînant, et pourtant le côté un peu « trash » du style, quelques transitions étranges et certaines révélations un peu tiré par les cheveux ont fait que je n’ai jamais vraiment réussi à complètement entrer dans le récit. Cela vient clairement de moi, je lirai quand même le recueil de l’auteur pour me faire un avis plus tranché.

La Machine de l’Année de Raphaël Granier de Cassagnac : Cette nouvelle nous fait découvrir un homme possédant plus de 50% de son corps greffé cybernétiquement. Une nouvelle que j’ai trouvé sympathique, plutôt efficace par sa narration alternant plusieurs époques, un peu comme un puzzle, et qui offre une réflexion, certes un peu convenu, mais intéressante, sur la notion d’Homme et de machine. Cette nouvelle s’intègre dans l’univers des romans de l’auteur, ce qui se fait parfois un peu ressentir, mais rien de trop dérangeant. Pas obligatoirement un grand texte, mais au final un récit divertissant.

Fin de Partie de Lev Grossman : Alors cette nouvelle est étrange, on se retrouve à suivre une jeune femme, magicienne, en mission d’entrainement. Pourquoi elle est étrange? Car on est clairement dans le genre de nouvelles tellement imbriquées dans un univers déjà existant, à travers les romans de l’auteur, que j’ai l’impression que si on ne les a jamais lus on a du mal à en comprendre l’utilité et à entrer dans le récit. Pourtant, le texte ne manque pas d’action, de rebondissements et se révèle sans temps mort, mais voilà une fois la dernière page tournée je suis beaucoup trop resté sur ma faim pour vraiment accrocher. C’est frustrant.

Le Diable d’Estelle Faye : Cette nouvelle est la première qui, je trouve, se détache  franchement de ce recueil. Elle nous plonge dans un futur post-apocalyptique où la technologie est interdite par la religion. Un texte, comme souvent avec l’auteur, qui s’avère sombre, poétique et humain. Gabriel, le personnage principal, a réussi à me happer rapidement que ce soit à travers sa complexité,  ses réflexions comme son évolution. L’auteur nous propose aussi de réfléchir sur de nombreux sujets comme la religion, l’importance de la technologie et ses conséquences ou bien encore sur nous-même. Un très bon texte, prenant et bien maîtrisé qui m’a captivé du début à la fin.

La Montre de Ménéas Marphil : On plonge avec cette nouvelle dans la ville de Montpellier, où des étudiants, fan de la série Fringe, décident de faire une blague à l’un de leur ami. Franchement l’idée de base n’est pas mauvaise et aurait pu se révéler sympathique, sauf que voilà je n’ai jamais clairement réussi à entrer dans ce récit. L’auteur en fait trop, principalement dans les explications, ce qui fait que j’ai trouvé cette nouvelle trop longue. De plus certains tics de langage est un style trop didactique à mon goût ont fait que je ne me suis pas obligatoirement senti le public cible pour cette nouvelle. Il faut dire aussi que je ne suis pas le genre de lecteur qui apprécie trop qu’on lui tienne la main, j’aime un peu de mystère et de découverte, hors là tout est aussi trop balisé pour moi je trouve.

Purple Brain d’Ugo Bellagamba : Cette nouvelle est plus, selon moi, une nouvelle hommage à André Brahic, scientifique reconnu qui a participé au festival et qui est décédén en 2016. Personnellement, concernant le texte, il n’est pas mauvais, se laisse lire et possède même une certaine poésie à travers certaines scènes dans l’espace. Mais voilà, pour moi ,il tombe justement un peu trop dans l’hommage, à travers un récit un peu trop simple et une conclusion convenue qui ne sert juste à mettre en avant con héros. Au final une nouvelle plutôt sympathique, qui se laisse lire, qui est loin de m’avoir marqué, mais qui devrait, je pense, toucher les lecteurs qui ont connu André Brahic.

Tokyodôme d’Olivier Paquet : Suite à la séparation d’un groupe de rock japonais, un de leur plus grand admirateur décide de créer virtuellement leur concert au Tokyodôme qui n’a jamais pu avoir lieu. Ce concert va alors rencontrer un succès inattendu et exceptionnel. J’ai trouvé cette nouvelle très réussie que ce soit dans le monde que développe l’auteur, comme dans la complexité des personnages présentés, mais aussi des réflexions présentées. Ce concert va ainsi profondément faire évoluer les membres de ce groupe et le tout est présenté de façon humaine et plus que convaincante. Il y a aussi tout du long ce travail sur la virtualité qui permet parfois de magnifier le réel et les questions que cela peut soulever. Au final une nouvelle réussie et prenante, qui m’a offert un très bon moment de lecture.

Modèle Mika de Paolo Bacigalupi : De nouveau une très bonne nouvelle avec ce texte qui nous plonge dans un avenir indéterminé, ou un policier voit débarquer une jeune femme qui vient se rendre pour un meurtre qu’elle vient de commettre. Le problème c’est que la jeune femme est en fait un robot. Le récit est bien construit, maîtrisé et surprenant offrant un texte intéressant à découvre et intelligent. Certes la notion d’humanité de la machine a déjà été traité de nombreuses fois, mais cela n’empêche ce récit de le faire de façon solide et intéressante. J’aurai peut-être aimé qu’il soit un peu plus long, mais cela ne l’empêche pas de s’avérer très réussi avec des personnages efficaces et complexes et quelques surprises.

Un Gentleman de Gérard Klein : Cette nouvelle est une réédition d’un texte de l’auteur de 1968. On découvre ainsi un homme, grand gentleman, qui n’arrive pas à trouver l’amour de sa vie dans un futur où être un gentleman est devenu désuet. On est ici dans une nouvelle à chute qui se laisse lire, mais n’a rien de vraiment marquant. La chute est devinable très rapidement et l’ensemble est parfois un peu trop simpliste pour vraiment s’avérer percutant. Cela n’a pas empêché un débat entre Marie Juliet et moi concernant la conclusion, mais je n’en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher la fin. Un texte que je classerai dans le vite lu, apprécié un minimum, mais rien de transcendant.

La Caverne aux Tofus de Jean Pettigrew : Alors ce texte est un peu étrange, on est clairement dans de la SF pleine d’humour et avec un côté absurde, sauf que j’avoue je suis resté hermétique à l’humour présenté. Il faut dire que l’auteur propose un monde où les règles et les lois scientifiques deviennent de plus en plus loufoque sans aucune véritable explication, ni tentative de cohérence, simplement pour faire de l’humour ce qui a du sûrement me bloquer. Je ne doute pas que cela fera rire d’autre lecteurs, mais j’avoue de mon côté je suis complètement passé à côté.

Le Truc qui Ressemble à une Machine de Karim Berrouka : De nouveau une nouvelle pleine d’humour où un homme récupère une drôle de machine. Un jour il va vouloir la tester et, à partir de là, les ennuis commencent. J’avoue j’ai plus accroché à ce genre d’humour, certes c’est barré mais l’ensemble ne donne pas l’impression de partir dans tous les sens. Une nouvelle plus que divertissante, qui m’a fait sourire, bien porté par des personnages loufoques et entraînants. Alors après c’est vrai que ce n’est pas le premier texte de l’auteur que je lis, loin de là, ce qui fait que certaines mécaniques, que ce soit dans la construction du récit ou des blagues, sont prévisibles, mais cela n’empêche pas l’ensemble de s’avérer plus que sympathique.

En Résumé : Je dois bien admettre que le cru 2016 de l’anthologie des Utopiales est loin de m’avoir vraiment captivé comme avait pu le faire celle de l’année dernière. Il y a bien trois textes qui sortent du lot, mais le reste oscille entre le moment de lecture plutôt sympathique et ceux qui ne m’ont pas accrochés. L’ensemble des nouvelles propose pourtant des récits variés avec beaucoup d’idées développées, même si toutes ne répondent pas pour moi à la thématique initiale, mais voilà il manquait un petit quelque-chose pour complètement m’emporter je pense. Au final un sentiment plutôt mitigé, même si l’ensemble se laisse tout de même lire facilement.

 

Ma Note : 5,5/10

 

L’avis de Marie Juliet.

 

Autres avis : Xapur, Au Pays des Cave Trolls,  …

La Mort du Temps – Aurélie Wellenstein

Résumé : Un séisme temporel a dévasté la Terre, massacrant une large partie de la population et mélangeant les époques entre elles. Callista se retrouve seule survivante dans un Paris ravagé où s’amalgament deux mille ans d’architecture. Tous ses repères chamboulés, la jeune fille n’a plus qu’un espoir : retrouver en vie sa meilleure amie, restée dans l’Est de la France. Callista part à pied pour un long périple, talonnée par la monstrueuse réplique du séisme qui semble la suivre pour l’anéantir. Si elle s’arrête, si elle ralentit, le cataclysme la dévorera. Au côté d’étranges compagnons, issus de siècles différents, elle va tout faire pour échapper au chaos.

Edition : Scrinéo

 

Mon Avis : Depuis quelques années maintenant, et ma découverte du récit Le Roi des Fauves de l’auteur, je me laisse facilement tenter par les nouveaux romans d’Aurélie Wellenstein. Il faut dire que pour l’instant j’ai toujours passé de bons moments de lecture avec les précédents romans de l’auteur, offrant des récits plutôt sombres, efficaces, percutants et bien porté par des personnages intéressants et entraînants. Il était donc logique que je reparte des dernières Imaginales avec son tout dernier livre dans ma PAL. Concernant la couverture, illustrée par Benjamin Carrée, je la trouve très sympathique et qui colle plutôt bien au récit.

On se retrouve ainsi ici à suivre Callista qui se réveille dans un hôpital suite à un incident dont elle ne se souvient pas vraiment. Son père, présent à son réveil, n’a pas le temps de lui expliquer la situation qu’un grand flash et un énorme séisme surviennent et commencent à détruire la ville de Paris. Cette catastrophe va aussi provoquer d’étranges phénomènes incompréhensible liés au temps. Callista, une des rares survivantes, va alors se lancer dans un long périple pour survivre et tenter de retrouver sa meilleure amie. Je dois bien admettre qu’une fois encore l’auteur a réussie à me happer assez facilement et rapidement dans son récit, avec une intrigue qui se révèle plus qu’efficace et qui offre aussi un certain nombre de surprises et de révélations terriblement efficaces. Le démarrage, haletant, maîtrisé, offrant de nombreux rebondissements, fait aussi qu’on se retrouve rapidement happé par ce récit. On en vient ainsi à tourner les pages facilement et rapidement, avec l’envie d’en apprendre plus sur les mystères au coeur de ce livre.

Le gros point fort du récit vient de ce que construit l’auteur d’un point de vue  de l’univers et principalement de son côté fantastique/SF. Principalement dans les nombreuses questions qu’il soulève, mais aussi dans l’aspect plut émotionnel et philosophique que l’histoire développe à travers les rencontres que fait Callista. On plonge clairement dans un récit où la survie est primordiale, où les relations sont loin d’être idylliques et qui ne tombe jamais dans une sorte de « guimauve » qu’on retrouve parfois dans d’autres romans et qui m’a toujours étonné quand on sait que le seul but et de sauver sa peau. On découvre donc un univers cohérent, âpre avec cette touche de SF étrange qui apporte un plus. L’auteur nous propose toujours aussi cette ambiance assez sombre, plutôt sauvage, violente, qui colle parfaitement à ses récits et offre un côté que je trouve plus réaliste au récit.

La thématique sur les animaux est aussi présente, en parallèle avec l’homme, sauf que contrairement au Roi des Fauves qui se servait de l’Homme/Animal comme réflexion sur la sauvagerie qui se tapie en chacun d’entre nous, ici elle amène plus une réflexion, certes parfois un peu simpliste mais efficace, sur la différence et l’acceptation des autres. On y retrouve aussi d’autres réflexions intéressantes et bien amenées que ce soit sur la perte d’un être cher, les conséquences que cela peut avoir ou bien encore sur la notion de morale et de choix. Le travail historique et architectural de l’auteur est cohérent, même si je suis loin de pouvoir le juger, mais en tout cas il colle très bien à l’ambiance et à l’histoire. Le dernier tiers du roman prend une tournure complètement différente et réussie, avec un message sous-jacent plus mystique qui ne manque pas non plus d’attrait, mais dont je ne dirai rien pour éviter de trop en révéler et de vous gâcher la conclusion.

Concernant les personnages, ils s’avèrent eux aussi intéressants à suivre et à découvrir, principalement l’héroïne qui va rapidement se retrouver perdue dans ce monde en pleine apocalypse étrange et surprenante. Son évolution au fil des pages, ne manque pas de toucher, de marquer le lecteur devant les choix qu’elle va devoir faire et les conséquences que cela va avoir. On se retrouve ainsi avec une héroïne qui se révèle dense et soignée, humaine, ce qui fait, je trouve, qu’on s’attache ainsi rapidement à elle et que, même si on peut remettre en cause ce qu’elle fait, on la comprend. Elle porte ainsi efficacement le récit, que ce soit dans son combat pour survivre et avancer, comme à travers les nombreux mystères et réflexions qui vont se révéler autour d’elle. Ce qui est toujours un peu dommage avec un personnage principal qui prend une telle place et qui marque, c’est que les personnages secondaires se retrouvent un peu effacés. Alors, rien de non plus trop dérangeant, cela n’empêche pas par exemple Rolland de se révéler intéressant à découvrir, ou bien encore Emma qui ne manque pas non plus d’attrait, se révélant humaine, mais voilà ils paraissent quand même un peu éclipsés.

Mon seul regret concernant ce roman vient d’un léger ralentissement qui se ressent au milieu du récit. Autant le premier tiers nous happe s’avérant incisif, sans temps morts avec de nombreux rebondissements et de mystères, le dernier tiers captive par ses révélations et la tournure inattendu et efficace que prend le récit, autant le milieu m’a paru par moment un peu tourner en rond. Cela se ressent surtout, je trouve, au niveau de la construction des péripéties qui reposaient un peu sur le même type de construction, avec une péripétie qui est souvent résolue en un voir deux chapitres maximum avant d’en proposer une nouvelle. Alors ce n’est en rien gênant, et ne gâche pas franchement la qualité du roman, mais se ressent tout de même un peu. J’ai aussi trouvé une ou deux facilités ici ou là, mais là, clairement, rien de très gênant de ce point de vue là. Au final, j’ai de nouveau passé un bon moment de lecture avec ce nouveau roman de l’auteur qui offre en plus un final percutant et surprenant, le tout porté par une plume efficace, entraînante et qui a réussi à me happer dès la première page. Je lirai sans soucis et avec plaisir d’autres de ses écrits.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui nous propose un récit efficace avec son lot de surprises. On est happé dès la première page par un rythme percutant et sans temps morts qui fait qu’on se retrouve à tourner les pages avec plaisir et envie d’en apprendre plus. L’univers  ainsi que les notions de science-fiction présentées ne manquent pas d’attraits, offrant leurs lots de révélations et quelques originalités. On plonge ainsi dans un monde où la survie est au centre des préoccupations, où nos héros vont devoir tout donner pour avancer. L’ambiance sombre, violente colle parfaitement au récit et se révèle réaliste. Le personnage principal de Callista s’avère très intéressant à suivre et à découvrir, principalement dans la façon dont elle évolue et les choix qu’elle se retrouve à devoir faire. On s’attache ainsi assez facilement à elle, l’auteur nous offrant une héroïne touchante et charismatique. Ce qui est un peu dommage c’est qu’elle s’impose tellement qu’elle en éclipse un peu les personnages secondaires même si rien de trop gênant. Je regretterai par contre un certain coup de mou dans le milieu du livre, une impression de tourner un peu en rond dans la construction des péripéties. Rien de bien dérangeant tant le dernier tiers compense, s’avérant marquant et surprenant offrant une conclusion plus que réussie, mais cela se ressent quand même un peu. La plume est fluide, entraînante et efficace et je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Dup (Book en Stock), Le Comptoir de l’Ecureuil, Boudicca (Bibliocosme), Saiwhisper, …

Les Enfants de Peakwood – Rod Marty

Résumé : Quels sont ces étranges maux qui affligent les habitants de Peakwood, petite ville du Montana, USA ?
D’où viennent les blessures qui apparaissent sur le corps de certains de ses habitants ? Pourquoi d’autres commencent-ils à agir étrangement ?
Seuls Chayton, le médecin de la ville, et son père, vieux chaman au savoir ancestral, savent reconnaître les signes. Le bouleversement qui approche. Quelque chose en lien avec un accident qui n’aurait jamais dû avoir lieu, dix ans plus tôt. Un secret dont ils ont juré de ne jamais reparler…
Félicitations, la mort vous offre une seconde chance…

Edition : Scrinéo

 

Mon Avis : Je continue de sortir mes romans acheté aux Imaginales de 2016 de ma bibliothèque, car après Le Jeu du Démiurge j’ai décidé cette fois de me laisser tenter par le premier roman de Rod Marty. Il faut dire qu’il n’avait pas rejoint ma PAL par hasard, j’avais eu de nombreux échos plus que positif concernant ce livre, puis un récit de genre fantastique angoissant, je ne pouvais pas passer à côté. J’avais donc profité des Imaginales pour repartir avec mon livre dédicacé sous le bras qui, comme souvent, a décidé de trainer un peu dans ma PAL. Vu que l’auteur vient de sortir un nouveau roman, j’ai donc décidé de me faire un avis. Concernant la couverture, illustrée par Aurélien Police, je la trouve superbe et prenante, nous plongeant assez facilement je trouve dans l’ambiance du livre.

Le récit nous entraîne dans une petite ville américaine, Peakwood, qui va connaitre un terrible accident de voiture entre un bus scolaire et une voiture. Le docteur Littlefeather, devant cette tragédie et surtout la mort de sa fille, décide d’appeler son père, un Shaman, pour pratiquer un rituel interdit et ainsi les ramener à la vie. Sauf que la mort n’aime pas se faire voler et va se rappeler à la ville quelques années plus tard. Alors, une fois la dernière page tournée, je dois bien avouer que même si l’ensemble n’est pas mauvais et se lit plutôt facilement, il ne m’a pas non plus emporté comme je l’espérais. Je ne sais pas si ce sont les nombreux échos plus que positifs qui ont influencé mes attentes, car même si l’ensemble se lit sans prise de tête et finalement offre ce que je pourrais appeler une « lecture de plage » un minimum entraînante, il n’a pas non plus réussi à me marquer ou même à se démarquer. On sent ainsi clairement que l’auteur est un habitué d’une culture fantastique de films d’horreur et d’angoisse. Il arrive ainsi au final à bien retranscrire cette ambiance un peu stressante, le soucis c’est que de mon côté j’en ai vu aussi énormément, ce qui fait qu’une impression de déjà-vu est bien resté présente durant toute ma lecture.

L’aspect fantastique que construit l’auteur n’a pourtant rien de clairement mauvais, il arrive clairement à rendre cette ambiance légèrement angoissante qui monte en tension au fil des pages, le tout parsemé de scènes plus sanglantes, percutantes et angoissantes qui viennent donner un petit coup de fouet au lecteur et à l’intrigue. Le fil rouge du récit, sans se révéler non plus extrêmement originale, s’avère assez solide pour qu’on se retrouve à tourner les pages avec un minimum d’envie d’en apprendre plus et de savoir comment tout cela va  se terminer. Alors certes, elle prend peut-être un peu trop son temps pour démarrer, un peu comme si l’auteur cherchait à retarder le plus possible ses premières surprises ce qui donne une impression de remplissage, mais voilà une fois lancé on se laisse alors un minimum porté par les révélations proposées. L’auteur tente d’ailleurs aussi par moment quelque chose d’un peu différent, à travers certaines scènes « classiques » qu’il travaille un peu à sa sauce cherchant ainsi une certaine originalité qui, je l’avoue, apporte parfois une certaine fraicheur à l’ensemble du récit. Le côté fantastique, ainsi que tout ce qui tourne autour de la magie Shaman reste un peu trop en surface je trouve, même si cela colle bien au récit et ne dérange en rien la lecture, mais ça m’a légèrement frustré, car finalement on se retrouve un peu avec des explications et une magie un peu « simpliste » je trouve.

Concernant les personnages, je ressors un peu plus mitigé. Déjà le premier point qui m’a laissé perplexe, c’est la multitude de personnages présenté dans ce roman, ce qui fait qu’on saute de l’un à l’autre sans jamais avoir le temps de franchement s’intéresser à chacun et, qui plus est, provoque des ellipses parfois frustrantes. Cela n’empêche pas pour autant certains de sortir du lot, arrivant à toucher le lecteur et à faire qu’on s’intéresse à leurs péripéties, je pense principalement à Tom, jeune héros qui a grandi trop vite et a du mal à joindre les deux bouts au lycée, mais aussi Nora jeune pom-pom girl qui cherche à réussir. Mais voilà j’ai trouvé que cette narration aurait eu plus du succès en film que dans un roman. Enfin le dernier point qui m’a légèrement frustré, c’est que finalement, une grande majorité des personnages que l’on croise tombent un peu trop dans la caricature, que ce soit justement la pom-pom girl loin d’être idiote, le héros surdoué mais incompris, le lycéen agressif champion de foot dont finalement on apprend qu’il est régulièrement violenté par son père, c’est clairement du déjà-vu. Une grande partie d’entre eux n’arrivent jamais non plus à se sortir de ce carcan pour venir nous marquer et nous surprendre. Cela ne veut pas dire pour autant qu’ils sont complètement mauvais, ou fade, non, ils sont tout de même un minimum travaillés et s’avèrent un minimum complexes, mais voilà je pense que j’aurai plus accroché à eux s’ils étaient moins nombreux et encore densifié.

Le dernier quart du récit se révèle tout de même plus réussi, plus prenant et haletant, la tension est à son comble et les révélations et les scènes plus percutantes font qu’on se plonge un peu plus dans ce récit avec toujours cette ambiance légèrement angoissante et sanglante. Par contre, j’ai trouvé que le récit se révélait au final assez linéaire, en plus du fait que ce soit sans surprise comme je l’ai déjà dit. Il a ainsi du mal à clairement se sortir du chemin déjà tracé ce qui est légèrement dommage car empêche toute véritable surprise. La plume de l’auteur s’avère simple, énergique et très visuelle ce qui aide à entrer dans ce récit. Je ressors de ma lecture de ce roman avec un sentiment mitigé, certes il se lit avec un minimum de plaisir, mais il n’arrive pas, je trouve, à sortir du cadre stéréotypé qu’il s’est construit pour vraiment s’avérer marquant. J’ai plus eu l’impression d’un petit page turner vite lu, un minimum apprécié, mais qui ne restera pas dans les mémoires, je trouve. Après, le fait d’avoir beaucoup lu et vu de films dans le même genre à aussi forcément jouer sur mon ressenti et cette impression de déjà-vu.

En Résumé : Une fois la dernière page tournée, je dois dire que même si ce roman se laisse lire et s’avère divertissant, il n’a pas non plus complètement répondu aux attentes que je pouvais avoir. L’auteur parait avoir ainsi été bercé dans les films et récit d’horreurs pour en connaitre les codes. Le soucis c’est qu’il ne cherche jamais vraiment à les casser. Hors moi aussi j’ai été baigné par ce genre de récit et de film dans mon adolescence, ce qui fait que le récit manqua quand même de surprise. J’ai aussi trouvé le démarrage un peu lent, comme si le récit cherchait trop à prendre son temps, malgré un premier chapitre percutant. L’aspect fantastique n’est pas mauvais, avec cette ambiance angoissante et stressante qui se développe, je regretterai juste un côté magie un peu trop simpliste. Concernant les personnages je trouvais qu’il y en avait de trop, ce qui ne sert pas toujours le récit et qu’ils tombaient parfois dans la caricature. Cela n’empêche pas pour autant certains d’entre eux de sortir du lot et de donner envie au lecteur de suivre leurs aventures. J’ai aussi trouvé que l’ensemble s’avérait un peu trop linéaire ce qui est légèrement dommage. Le dernier quart, par contre, s’avère un peu plus réussi la tension atteignant son paroxysme bien porté par l’ambiance fantastique et des scènes percutantes. La plume de l’auteur se révèle simple, efficace et entraînante et fait que le lecteur a un minimum envie de tourner les pages et d’en apprendre plus. Au final un page turner pas déplaisant, qui se laisse lire, mais qui n’est pas non plus ce que j’espérais je pense.

 

Ma Note : 6/10

Le Jeu du Démiurge – Philippe-Aubert Côté

Résumé : 2901 – Calendrier universel terrestre
Les Éridanis, lointains descendants hermaphrodites des humains, ont entrepris de coloniser la Voie lactée en s’établissant de planète en planète. À bord du Lemnoth, ces posthumains de chair et de métal s’apprêtent à accomplir un nouveau saut interstellaire afin de fonder une autre colonie sur Selckin-2. Parmi eux, Nemrick, de la caste des Ludis, qui a intégré la mission afin de suivre l’amour de sa vie, le Techno Rumack, qui rêve de créer un milieu de vie idéal pour leurs descendants…
3045 – Calendrier universel terrestre
Plus d’un siècle après l’arrivée des Éridanis, de nombreuses cités s’éparpillent sur Selckin-2. Elles sont habitées par les Mikaïs, une race à mi-chemin entre homo habilis et homo sapiens créée par Rumack. Ce sont eux qui ont construit les prodigieux édifices de ces villes pourtant prévues pour des Éridanis.
Takeo habite Nagack, la somptueuse ville qui s’élève sur le flanc du mont Lemnoth. Comme ses congénères, il vénère les « Maîtres », mais ne s’en inquiète pas moins de la progression du Mal de Rumack qui les condamne à sombrer dans la sauvagerie s’ils ne reçoivent pas l’aide des arbres-machines. Pendant que des rumeurs de guerre se propagent dans la ville, Takeo cherche à sauver son grand-père de la régression. Mais une rencontre fortuite avec le fantôme de Rumack fera de lui la pièce maîtresse d’un jeu qui a débuté bien avant sa naissance, celui du Démiurge !

Edition : A Lire

 

Mon Avis : Lors du festival des Imaginales de l’année dernière (donc celui de 2016), j’ai été fortement intrigué par la couverture de ce roman. L’illustration, réalisée par Gregory Fromenteau, n’arrêtait pas d’attirer mon regard se révélant, je trouve, très réussie et accrocheuse. Je me suis donc arrêté au stand des éditions A Lire, où le quatrième de couverture plutôt accrocheur et une discussion avec l’auteur m’ont convaincu de le faire entrer dans ma PAL. J’avoue j’ai un peu traîné à l’en faire sortir, comme souvent avec une PAL comme la mienne. Il faut dire aussi que c’est un joli pavé de plus de 700 pages, mais il y a peu j’ai décidé de lui laisser sa chance et de me lancer dans sa découverte.

Le roman nous plonge dans un futur lointain où des descendants humains fortement modifiés, les Eridanis, se retrouvent obliger de coloniser l’espace pour survivre. Le récit se construit sur deux narrations, celle de Takeo un mikaï, race crée par les Eridanis pour les aider dans la colonisation de la planète Selckin-2, qui cherche à sauver son grand-père et les souvenirs de Nemrick qui nous présente la mission de colonisation et les aventures et péripéties qu’elle a vécu. La quête de Takeo va alors soulever de nombreux secrets et bouleverser la vie sur la planète. J’avoue qu’en me lançant dans ce roman, je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais je dois bien admettre qu’une fois la dernière page tournée, même si certaines erreurs de jeunesse se font ressentir, j’ai passé un bon moment de lecture, divertissant et efficace. L’auteur nous propose ainsi une intrigue qui, même si elle possède un côté assez classique, ne manque pas d’attraits ni de mystères et que l’auteur déroule à un rythme plutôt calme, posé, permettant au lecteur d’entrer facilement dans l’histoire et de s’approprier l’univers. Cela ne veut pas pour autant dire que le récit est lent ou ennuyeux, plusieurs scènes de tension et d’action venant régulièrement parsemé le récit et font qu’on ne s’ennuie jamais malgré la taille du roman. Le début du roman demande par contre de s’accrocher un peu, on peut se sentir un peu perdu dans ce monde foisonnant le temps que les repères et les premières places se mettent en place.

Le gros point intéressant du roman vient, selon moi, de l’univers que construit l’auteur et plus précisément de sa cohérence et sa solidité. On sent clairement que l’auteur cherche à proposer quelque chose d’un minimum dense, de logique et cela fonctionne plutôt bien. On se retrouve ainsi facilement emporté par l’ambiance et le contexte, ainsi que par les nombreux secrets, complots et trahisons qu’il cache et qui se dévoile au fil des pages. Ainsi le travail sur l’évolution de l’humanité, les castes, le besoin de conquête de l’univers pour survivre, mais aussi celle sur les Mikaïs, l’aspect limite divin des Eridanis et toutes les questions que cela soulève dans le contrôle de ce peuple et dans la notion de liberté ne manquent pas d’attrait. Ainsi le récit ne laisse pas complètement indifférent et offre plusieurs réflexions intéressantes, comme par exemple sur le pouvoir, les technologies ou encore plus personelles, sans non plus se révéler trop lourd ou trop ennuyeux. Alors c’est vrai parois l’auteur nous présent son monde de façon un peu trop didactique, j’ai trouvé, mais voilà rien de non plus trop gênant. D’ailleurs il est a noté que Philippe-Aubert Côté a fait des études en Biologie, ce qui se ressent dans son univers, offrant une certaine crédibilité supplémentaire, sans jamais, je trouve, tomber dans de la Hard-Science qui pourrait perdre certains lecteurs. L’aspect technologique s’avère aussi intéressant à découvrir, même si par moment il cherche à trop en faire. Au final un univers plus qu’agréable et efficace qui ne manque pas, selon moi, d’attrait et que l’auteur construit efficacement.

Concernant les personnages, ils ne sont, en soit, pas mauvais, mais ils auraient pu être un peu plus surprenant je trouve. Ils s’avèrent pourtant bien construits, avec un minimum de profondeur et un minimum entrainants, sauf que voilà j’ai trouvé qu’ils avaient un peu de mal à sortir de leurs rôles d’archétypes par moment ce qui les rend aussi d’une certaine façon, assez prévisible dans leurs actes comme dans leurs réflexions. Cela n’empêche pas pour autant pas de s’intéresser et s’attacher un minimum à eux à eux et ainsi de les suivre avec un minimum de plaisir, mais voilà il manque ce petit plus qui aurait pu les rendre franchement marquants. Que ce soit Takeo notre héros Mikaï qui va par la force des choses révéler les sombres secrets des Eridanis pour sauver ses amis et sa famille ou bien Nemrick qui joue un peu le rôle de mentor au grand coeur, mais qui cache de nombreux secrets, ils possèdent tous un peu cet air de déjà-vu. Ils restent quand même solides et entraînants. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste, s’avérant eux-aussi un minimum soignés et construits, offrant ainsi plus que de simple vis-à-vis servant à faire avancer l’intrigue. La double narration entre présent et passé permet aussi à certains d’entre eux d’offrir une complexité supplémentaire qui est bienvenue et éviter de tomber pour certaine dans un côté un peu binaire.

Je regretterai par contre deux, trois points concernant ce roman. Le premier c’est l’oubli parfois de l’auteur de la fameuse règle du « Show, don’t tell », du montrer plutôt que de le dire. Hors ici l’auteur utilise un peu trop les dialogues pour tenter de montrer ce qui est parfois dommage. Cela se ressent principalement d’ailleurs dans le dialogue entre Nemerick, le Prince et Takeo où le prince nous raconte tout par dialogue, stoppé régulièrement dans son récit par Nemrick qui vient y apporter des ponts supplémentaires. J’ai trouvé ce passage plutôt froid et haché, alors que romancé il aurait gagné en puissance je trouve. Ensuite, certaines longueurs se font parfois ressentir, surtout dans le démarrage l’auteur prenant parfois un peu trop son temps à construire son monde. Enfin l’autre point qui m’a laissé perplexe c’est la conclusion qui m’a paru traité par contre un peu trop rapidement. Il y a de nombreuses lignes d’intrigues et l’auteur donne l’impression qu’il lui restait une cinquantaine de pages pour tout boucler ce qui est, sur certains points, comme le retour de Takeo à Nagack, j’ai trouvé cela un peu frustrant. Au final malgré ces quelques défauts j’ai trouvé ce roman solide et sympathique à lire, je me suis ainsi plongé dedans avec un minimum de plaisir, le tout bien porté par une plume simple et efficace. Je lirai sans doute d’autres écrits de l’auteur pour voir ce qu’il pourra proposer par la suite.

En Résumé : J’ai pass un agréable moment de lecture avec ce roman qui nous plonge dans un futur lointain à la découverte des Éridanis et des Mikaïs et leurs nombreux secrets qui vont être dévoilés par la quête de Takeo qui cherche à sauver son grand-père. Le gros point fort du roman, selon moi, vient de l’univers que construit l’auteur qui s’avère très solide et efficace, bien porté par un aspect technologique et scientifique soigné et qui soulève des réflexions intéressantes. Les personnages ne sont pas mauvais, s’avérant un minimum soignés et complexes, mais ont du mal à sortir des archétypes dans lequel ils sont construits. Ce n’est en rien gênant, mais ils auraient pu offrir plus je trouve. Les personnages secondaires sont eux aussi intéressant à découvrir, apportant ainsi plus qu’un simple vis-à-vis faisant avancer l’intrigue. Je regretterai par contre quelques longueurs ici ou là, une conclusion qui m’a paru un peu précipité pour tout boucler correctement et parfois le fait que l’auteur oublie la règle du « Show, don’t tell » abusant des dialogues là où une explication romancée aurait eue plus de force. La plume de l’auteur s’avère simple et efficace et nous plonge assez facilement dans son monde, malgré un démarrage où le lecteur pourrait se sentir perdu le temps que les pièces se mettent en place. Au final un roman sympathique, efficace et je lirai avec plaisir d’autres écrits de l’auteur pour voir ce qu’il proposera.

 

Ma Note : 7/10

La Cité du Futur – Robert Charles Wilson

Résumé : Pour cinq ans seulement, jusqu’en 1877, la cité de Futurity dresse ses immenses tours jumelles au-dessus des grandes plaines de l’Illinois. Depuis Futurity, des hommes du futur viennent visiter le XIXe siècle. Et, contre une fortune en métaux précieux, les autochtones peuvent dormir dans la tour n° 1, véritable vitrine technologique d’un incompréhensible XXIe siècle.
C’est dans cette cité, construite à partir d’un futur parallèle, que travaille, comme agent de sécurité, Jesse Cullum, un autochtone. Parce qu’il a sauvé le président Ulysse Grant d’une tentative d’assassinat, Jesse se voit proposer une promotion : assisté d’une femme du XXIe siècle, il va devoir mener l’enquête.
Mais que va-t-il réellement découvrir? Un complot pour tuer le président… ou les inavouables secrets de Futurity?

Edition : Denoël (parution le 18/05/2017)
Traduction : Henry-Luc Planchat

 

Mon Avis : J’avoue, depuis ma découverte de Robert Charles Wilson avec son roman Spin, je me laisse facilement convaincre par ses différentes publications qui m’offrent régulièrement une SF intéressante et humaine, bien porté par des personnages efficaces et charismatiques. C’est donc sans surprise que son dernier roman ait rapidement rejoint ma bibliothèque, surtout que le quatrième de couverture se révélait franchement accrocheur. Concernant la couverture, illustrée par Aurélien Police, je la trouve très réussie et colle bien à l’ambiance décalé du récit entre science-fiction et western.

Ce roman va ainsi nous plonger dans un 1877 alternatif, où des hommes du futur venant du 21ème siècle viennent s’installer pendant cinq ans. Le passé et le futur deviennent ainsi lieu de tourisme et des échanges entre le futur et le passé vont commencer à se créer. Bien entendu cela n’est pas sans conséquences et de la contrebande apparait. On se retrouve ainsi à suivre Jesse Cullum, embauché par cette cité du futur pour mener plusieurs enquêtes. Bon j’avoue une fois la dernière page tournée, je n’ai pas détesté ce roman, j’y ai même trouvé un certain plaisir de lecture dans ce qu’il développe et l’ensemble se révèle divertissant, mais voilà je ne l’ai pas trouvé non plus pour autant marquant que ce que j’espérais. Il lui manque, selon moi, un petit quelque-chose qui aurait pu le faire passer de roman simplement sympathique et distrayant, à quelque chose d’un peu plus marquant. Ce qu’on ne peut pas enlever à ce roman c’est qu’il se révèle facile à lire, fluide et un minimum entraînant. On se retrouve ainsi à tourner les pages avec un minimum de plaisir et d’envie d’en apprendre plus, surtout que l’auteur parait partir sur une narration un peu plus « légère », plus humoristique par moment et ça fonctionne plutôt bien.

Concernant l’univers on ne peut pas dire que l’auteur offre quelque chose de révolutionnaire, l’incursion du futur dans le passé avec toutes les notions et idées que cela soulève est plutôt déjà vu, mais cela ne l’empêche pas pour autant de nous offrir quelque chose de solide et d’efficace. L’intérêt principal vient surtout, selon moi, de la façon dont l’auteur amène cette collision entre le passé et le présent. Cela se ressent principalement dans la relation entre Jesse et Elisabeth, ce qui a pour conséquence d’apporter un certain choc des cultures, amené de façon assez subtile et efficace. Surtout un questionnement apparait alors sur l’influence que va obligatoirement avoir les gens du futur sur le passé, mais aussi inversement. Alors c’est vrai, parfois c’est un peu simpliste et, il faut bien l’admettre, Jesse a une capacité de résilience parfois un peu trop surprenante, tant il accepte avec facilité les choses, mais rien de non plus trop bloquant. L’aspect social est aussi intéressant, les changements et les bouleversements que vont apporter cette intrusion dans le passé ne manquent pas d’attrait et soulèvent de nombreuses idées intéressantes. Ce qui est dommage de ce point c’est que ce soit parfois traité qu’en surface. Je prends pour exemple toute la partie sur la fille de Kemp et ses revendications qui manque quand même d’un peu de profondeur, surtout concernant les causes et les conséquences que cela va avoir. L’autre intérêt du récit, je trouve, est de concentrer sa narration sur le passé. On voit des gens du futur, mais on ne va jamais dans ce futur. Celle offre une petite dose de mystère intéressante, et surtout permet une caractérisation des personnages différente je trouve, principalement dans les questionnements.

D’ailleurs, comme toujours avec Robert Charles Wilson, l’un des points forts du roman vient clairement des héros. On y retrouve à nouveau ce côté profondément humain, proche de nous et touchant qui les caractérise toujours dans ces différents romans. Il arrive clairement, en quelques mots, à rendre ses personnages vrais. Cela ne veut pas dire qu’ils ne tombent pas parfois dans certains archétypes, mais voilà il arrive à créer cette alchimie qui fait qu’on s’attache facilement à eux je trouve. Ainsi Jesse, le personnage principal que l’on découvre tout du long, ne manque ainsi pas d’attrait et surtout se révèle intéressant à suivre dans son évolution. Alors certes, comme je l’ai dit il accepte par moment un peu facilement les choses, mais on sent clairement que l’auteur l’a travaillé pour créer un personnage d’époque crédible dans sa vision du monde et dans ses réflexions. Il va aussi offrir de nombreux questionnements, principalement sur cette société futuriste proche de la nôtre avec toutes ces révolutions sociales et à travers les rencontres qu’il fait va montrer que, futur ou passé, le paradis social n’existe pas. Elisabeth ne manque pas non plus d’attrait, même si elle est un peu moins travaillée que Jesse, et se révèle elle aussi complexe, mélange à la fois de mère, de femme et de guerrière sans jamais tomber dans la caricature. Par contre, les personnages secondaires m’ont paru un peu léger, je pense principalement à la famille Kemp qui sans non plus se révéler creuse, l’auteur les travaillant tout de même un minimum, ils auraient quand même mérité, je trouve, d’être un peu plus soigné.

La narration est majoritairement celle contée par Jesse, excepté trois ou quatre passages qui offrent un narrateur différent. Alors j’en comprends l’utilité, elle permet de développer des passages ou Jesse n’est pas obligatoirement présent et surtout offrent aussi un peu d’action différente, mais voilà d’un point de vue personnel ce genre de narration me laisse toujours un peu sceptique. Concernant les réflexions qu’apporte ce récit, comme je l’ai dit, elles ne manquent pas non plus d’intérêt, surtout dans le travail entre le futur et le passé comme par exemple concernant les idéologies sur la position de la femme, le racisme ou encore d’un point de vue on va dire « colonial » ; la population du futur ayant une vision très figée et « sauvage » de cette époque alors qu’ils ne sont finalement pas si différent les uns des autres. Il y a aussi un travail intéressant sur l’Homme et sa capacité à gérer les nouvelles technologies, le voyage dans le temps ne servant finalement ici qu’à créer un grand parc d’attraction dans le passé pour se faire de l’argent. Il y a aussi un travail intéressant sur le côté un peu « divin » de ce voyageur du futur et sur les actes qui sont menés. Doit-il ou non modifier le passé ? Doit-il apporter des technologies et des avancées qui vont obligatoirement bouleverser l’Histoire ? L’auteur laisse, de façon efficace, à chacun le choix de se faire son propre avis.

Ce qui est dommage c’est que parfois ces réflexions sont à peine survolées. Je prends pour exemple cette idée, sans trop en révéler, qui tourne autour de comment a été obtenue la technologie pour voyager dans le temps, qui est franchement intéressante, mais étant à peine développée en devient légèrement décevante. L’auteur voulait peut-être rester dans un format court pour conserver le côté énergique du récit, mais c’est parfois légèrement frustrant. Je regretterai aussi une collusion d’évènements téléphonés qui amènent à la conclusion, je pense principalement à tout ce qui tourne au passé du héros. Enfin un autre regret vient de l’intrigue un peu policière que construit l’auteur sur les enquêtes du héros. Certes elle n’est pas mauvaise, mais bon sang ce que je l’ai trouvé mollassonne. Alors c’est vrai, elle sert simplement à travailler le propos de l’auteur, mais un peu de tension n’est jamais une mauvaise chose, surtout que bon certaines résolutions sont aussi un peu faciles. La plume de l’auteur est simple, efficace et un minimum entraînante. Au final on a là, selon moi, un roman qui n’est pas mauvais, avec de bonnes idées, mais qui aurait pu être tellement plus. Cela ne m’a pas empêché d’avoir passé un sympathique moment de lecture, mais il lui manque un petit quelque-chose, je trouve, pour se révéler marquant, surtout face à d’autres romans de l’auteur, ou alors Robert Charles Wilson recherchait simplement ce côté détente.

En Résumé : J’ai passé un sympathique moment de lecture avec ce roman qui se lit plutôt bien et assez rapidement, mais j’avoue une fois terminé je pense que j’en attendais tout de même plus. L’univers présenté n’a rien de révolutionnaire, ce qui n’empêche pas l’auteur de le rendre efficace et intéressant, principalement dans le choc des cultures et dans les questions qu’il soulève. Les personnages sont comme souvent un point fort des récit de l’auteur, nous proposant des héros humains, vrais et touchants, même si je trouve que certains personnages secondaires auraient mérité d’être un peu plus travaillés. Les nombreuses idées et réflexions développées ne manquent pas d’attrait, que ce soit dans les différentes comme les ressemblances entre présent et passé, dans la gestion de la technologie ou bien encore dans cette idée un peu « divine » de l’influence des hommes du futur sur l’Histoire. Ce qui est dommage c’est que l’auteur reste parfois trop en surface de ses idées ce qui est par moment légèrement frustrant. Je regretterai aussi quel le recoupement des différentes sous-intrigues dans la conclusion m’a, sur certains points, paru téléphonés et surtout une intrigue policière sur fond d’enquête qui s’avère quand même plutôt mou. Cela n’enlève en rien le côté divertissant du récit et les questions qu’il soulève, mais je trouve qu’il lui manque un petit quelque-chose pour se révéler encore plus marquant. La plume de l’auteur est toujours aussi fluide, entraînante et efficace et même si j’ai trouvé ce roman un peu en dessous par rapport à d’autres de l’auteur, je lirai sans soucis ses autres publications.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autres avis : Apophis, Yogo, Lune, Le Fictionaute, …