Antiqu’Idées – Anthologie 2016 des Imajn’ère

antiqu'ideesRésumé : Que pouvons-nous trouver comme idées neuves en refouillant l’Antiquité ? Revisiter un passé déjà connu, imaginer un futur plus rose ou tout simplement plonger dans l’Histoire antique pour le plaisir desyeux et des sens, voilà le programme d’Antiqu’idées. Quinze auteurs ont imaginé des histoires originales mettant en scène des éléments ou des personnages antiques, pour bousculer nos connaissances etrappeler que l’Histoire peut être vue autrement, voire même revécue.
De la Guerre de Troie à la Cimmérie, en passant par l’Égypte, Carthage et les confins bien connus de notre héritage gréco-latin, ces quinze nouvelles s’attachent à nous conter gaiement notre besoin decombat épique, de voyage au lointain et de quête de nos racines.

Edition : ImaJn’ère

 

Mon Avis : En 2015, on m’a proposé de découvrir l’anthologie du festival ImaJn’ère, Star Ouest, qui m’avait offert un assez sympathique moment de lecture, même si j’avoue le recueil manquait de textes marquants (ma chronique ici). Pour cette nouvelle édition 2016 du salon de l’Imaginaire et du Polar d’Angers, il m’a de nouveau été proposé de découvrir l’anthologie dont le thème était l’antiquité et j’avoue m’être assez facilement laissé tenter. Il faudrait par contre qu’un jour j’aille un jour faire un tour à ce festival, mais le manque de temps n’aide pas beaucoup. A noter que ce recueil comporte 15 nouvelles.

La Maison des Vignes d’Estelle Faye : On suit ici une jeune femme qui voit un de ses amis complètement changer et s’éloigner suite à sa mutation. L’auteur décide ici de travailler le mythe de Dionysos, déjà un peu présenté dans sa série La Voie des Oracles, et elle fait de façon très réussie offrant un texte efficace, captivante et plein d’émotions. La plume de l’auteur est toujours aussi prenante et envoûtante, plongeant facilement le lecteur dans ce récit étrange et surprenant. Mon seul regret est une fin que j’ai trouvé un peu convenu, mais rien de bien dérangeant.

Rivages d’Eva Simonin : Cette nouvelle nous fait suivre une jeune femme qui teste pour son entreprise une simulation de réalité virtuelle sur la guerre de Troie. Le texte en soit se lit facilement, il y a une certaine fluidité dans la construction et dans la plume, mais voilà il est loin de se révéler marquant. Il lui manque un petit quelque-chose je trouve qui le ferait gagner en intensité. De plus, il s’agit d’une nouvelle à chute et autant, j’avoue, je ne l’avais pas complètement venu venir, autant elle a eue du mal à vraiment me convaincre. Je ne vais pas spoiler la conclusion, ce serait dommage, mais j’ai lu d’autre nouvelles sur le même thèmes qui m’ont beaucoup plus touché, mon ressenti vient peut-être aussi de là.

Deux fois vainqueur traverser l’Achéron de Fabien Clavel : Cette nouvelle se présente sous la forme d’un poème qui revisite le mythe d’Orphée avec une petite touche de Fantastique vraiment intéressante. Un texte que j’ai trouvé réussi sur la forme, qui se laisse lire avec plaisir sur le fond, mais qui m’a paru un peu froid. Je ne sais pas, c’est peut-être moi, mais j’ai trouvé que ça manquait d’un peu d’émotions. Ce récit reste tout de même très sympathique à lire et à découvrir.

Le rêve du pont Milvius d’Olivier Boile : Cette nouvelle, je ne vais pas trop en dévoiler pour éviter de spoiler, mais il s’agit d’une uchronie dans la tradition de Philip K. Dick et de son Maître du Haut Château. Je dois bien avouer qu’il s’agit ici d’une belle réussite, que ce soit dans son background que dans son récit j’ai trouvé ce texte marquant et intelligent. Il nous offre aussi de nombreux axes de réflexions sur notre société avec cette idée, certes classique, du Et si…? Une excellente nouvelle qui, je pense mérite d’être découvert et m’a donné envie d’en découvrir plus sur l’auteur..

Ponce, Pilate, ponce ! de Justin Hurle : Cette nouvelle nous plonge dans l’humour et le burlesque, nous proposant de revisiter les dix plaies d’Egypte. Bon, j’avoue je suis passé à côté de ce texte. L’humour dépend vraiment de chacun et je pense ne pas être obligatoirement fait pour ce genre d’humour, tout du moins dans ce format de nouvelles. Sur l’ensemble le texte est pourtant fluide, entrainant et les idées sont là bien porté par une plume efficace, mais voilà je ne pense pas être le public adéquat.

Le tombeau de Calypso de Brice Tarvel : L’auteur nous propose ici de revisiter l’épisode de Calypso dans l’odyssée d’Ulysse. J’avoue cette nouvelle est loin de m’avoir marqué. L’histoire donne l’impression de partir dans tous les sens manquant d’explications, on ne sait pas trop ou l’auteur nous emmène malgré pourtant des personnages intéressants. Au final, je suis peut-être passé à côté de certains éléments de compréhension, mais pour ma part au final une nouvelle qui me laisse un sentiment plus que mitigé.

Chez Lucius, Dieux, Lares et Génies de Myrtille Bastard : Cette nouvelle nous fait suivre un reporter qui décide, dans un univers uchronique, de faire découvrir à son public une nouvelle échoppe qui annonce vendre des dieux, déesses et autres divinités. J’ai bien aimé cette nouvelle, l’idée de départ est vraiment intéressante et offre de nombreuses possibilités avec cet aspect de pouvoir acheter son embryon divin et le faire grandir. L’idée d’utiliser un membre de la presse offre aussi une bonne dose d’ironie ainsi que quelques réflexions intéressantes. Par contre, l’ensemble reste finalement assez linéaire, mais rien de non plus trop dérangeant. Une très bonne nouvelle, très intéressante.

Aheli ou la mémoire enfouie d’Isa3elle Arnoult : Une nouvelle assez surprenante, jouant sur plusieurs époques et dont il est difficile de la présenter sans trop en dévoiler. J’ai plutôt bien aimé cette nouvelle, écrite de façon efficace, mystérieuse et entraînante, jouant avec le lecteur pour mieux tenter de le surprendre sur la fin, même si certains points sont facilement devinables. Mon seul léger regret est que la nouvelle est très courte, ce qui fait que certains points sont à peine esquissés, mais rien de non plus trop gênant. Au final une nouvelle plus que sympathique, fluide et agréable.

Quid Novi Medice ? de Jean-Hugues Villacampa : Cette nouvelle tente de répondre à la question de savoir comment César a pu battre Vercingétorix malgré un rapport de force les déclarant perdant. L’idée de départ se révèle intéressante, de plus l’auteur l’amène de façon plutôt efficace et intéressante. Le texte ne révolutionne pas le genre, mais se révèle efficace, divertissante et facile à lire. Là où par contre je suis resté bloqué c’est sur le choix des noms des personnages, l’auteur paraît proposer une certaine ironie qui m’a laissé perplexe.

Carthage ! d’Arnaud Cuidet : Cette nouvelle nous offre une relecture de la bataille de Carthage entre les romains adeptes du dieu de la lumière et les adeptes de Baal, sauf que l’auteur plonge sont récit dans un univers différent mélange de technologies avancées et de bio-technologies. Clairement le texte en lui-même n’a rien de révolutionnaire, nous proposant une simple bataille, sauf que voilà il y a une certaine flamboyance qui se dégage de ce récit ainsi qu’un sentiment épique. Un texte qui en met plein les yeux et que j’ai trouvé divertissant et percutant.

Boadicée de Pierre-Marie Soncarrieu : Cette nouvelle nous fait découvrir un devin qui va lire l’avenir d’une futur reine. Le texte en soit ne manque pas d’attrait que ce soit dans les personnages qu’il développe, comme dans le traitement que propose l’auteur. On suit avec un minimum d’intérêt le destin de cette reine qui va être loin de se révéler idyllique et dont elle va devoir faire des choix pas toujours facile. Sauf que voilà j’ai trouvé l’ensemble trop court, ce qui fait que les développements proposés vont trop vite et rendent ainsi la chute un peu convenu et trop rapide. Cela reste un texte agréable à lire, mais qui avait le potentiel pour être plus.

Discorde de Patrice Verry : L’auteur nous propose de revisiter le mythe de Pâris et de la fameuse pomme de la discorde. L’idée de départ est intéressante, mais voilà j’ai trouvé que le traitement du texte se révélait un peu simpliste et surtout beaucoup trop prévisible pour vraiment m’emballer. Je ne vais pas dire que le texte est mauvais, mais il rentre dans ma catégorie vite lu, un minimum apprécié et vite oublié.

Une histoire Tauride de Romuald Herbreteau : L’auteur propose avec cette nouvelle de se servir du lient de Tchernobyl pour amener le monde de Conan le Barbare dans notre univers. Franchement l’idée de départ est accrocheuse, j’aurais aimé apprécier ce texte, sauf que voilà j’ai trouvé que l’auteur en faisait trop ce qui fait que le récit bascule trop rapidement d’un récit dense vers un récit trop lourd avec beaucoup trop d’idées qui se télescopent. Peut-être sur un format plus long ce texte aurait marché, en tout cas là je suis sorti de ma lecture avec un sentiment mitigé de trouver de bonnes idées, mais qui auraient mérité un autre traitement.

L’Immortel et l’Assassin de Jérôme Verschueren : Cette nouvelle nous propose de revisiter un des plus célèbres mythes du cinéma de science-fiction, tout en y ajoutant une pointe d’ironie et de Fantasy. Je dois bien avouer que ce texte se révèle plutôt amusant et divertissant. Il se lit d’ailleurs assez facilement, sauf que voilà il n’a rien de non plus très marquant à mon goût et manque peut-être aussi d’un peu d’originalité, ce qui est le soucis des reprises. L’idée de base n’est pourtant pas mauvaise, la chute se révèle surprenante, mais voilà je trouve qu’il manque un petit quelque chose pour vraiment élever ce texte.

Faisabilité et intérêt zootechniques de la métamorphose de masse de Lionel Davoust : Cette nouvelle a déjà été publiée dans un autre recueil qui est dans ma PAL : Fragments d’une Fantasy Antique. Elle nous propose ainsi de découvrir une étude très intéressante qui revisite le mythe de Circée et lui offre de nouvelles applications. Une très bonne nouvelle qui nous offre quelque chose de différent, plein d’ironie et de second degré et que j’ai trouvé vraiment réussie et efficace. L’auteur construit son récit comme une étude scientifique rend l’ensemble plus concret et aussi un peu plus décalé. Un récit qui clôture de fort belle manière ce recueil et qui m’a offert un très bon moment de lecture.

En Résumé : J’ai de nouveau passé un moment de lecture assez sympathique avec ce recueil de nouvelles qui nous propose un panel de textes assez large revisitant l’antiquité. Alors certes, tout les textes ne sont pas au même niveau et certains m’ont laissé plus que perplexes voir je suis complètement passé à côté, mais ils sont contrebalancés par des textes que j’ai trouvé très réussi et qui méritent d’être découverts. Au final une anthologie 2016 agréable et plus que divertissante.

 

Ma Note : 6,5/10

Autres avis : Ours inculte, Apophis, Lorhkan, …

CRAAA

Challenge CRAAA 20ème lecture

Chaos Tome 1, Ceux qui N’oublient Pas – Clément Bouhélier

chaos t1 ceux qui n'oublient pasRésumé : Paris, gare de Lyon. Une jeune femme brise une éprouvette et libère un virus inconnu qui se nourrit de la mémoire et frappe sans distinction d’âge, de sexe ou de milieu social.
Peu à peu, les infectés perdent toute capacité à penser et à agir. Malgré les mesures gouvernementales, l’épidémie se répand dans le pays, et même au-delà. Bientôt, le monde se peuple de « zombies », coquilles vides, errantes, répétant le même geste à l’infini.
Au milieu des décombres survivent quelques miraculés, des immunisés. Parmi eux, Chloé, Phil’, Claudy et Arthur. Ils n’ont rien en commun et ne se connaissent pas.
Pourtant, une voix mystérieuse leur souffle de se rencontrer. Dans cette France en proie au chaos, ils doivent découvrir qui a déclenché la pandémie et, surtout, mettre fin à son œuvre de destruction.

Edition : Critic

 

Mon Avis : Ce roman, j’avoue, il me fait de l’œil depuis que j’en ai entendu parler. Il faut bien admettre que la couverture, illustrée par Aurélien Police, a de quoi donner envie et attire rapidement le regard. Mais ce n’est pas le seul point qui m’a donné envie de le lire, appréciant un bon roman apocalyptique et post-apocalyptique, le résumé avec ce virus destructeur avait de quoi m’intriguer. Ajouter à cela des premiers retours positifs ainsi qu’une discussion avec l’auteur lors des Imaginales, ce livre a donc terminé rapidement dans ma PAL. Puis bon un diptyque qui voit sa conclusion publiée dans les prochaines semaines, ça m’évite aussi de me lancer dans une longue série.

Dès les premières pages, on découvre une jeune femme qui va libérer un virus dans la gare de Lyon. Ce virus, extrêmement efficace, ne laisse que très peu de chance à l’Homme, et ce premier tome va nous proposer de suivre l’influence qu’il va avoir sur notre monde. En effet les principaux symptômes débutent comme une méningite pour, sur la fin, effacer la mémoire des contaminés les transformant en coquilles vide. Seuls quelques personnes paraissent immunisés pour des raisons obscures. Déjà commençons par évacuer un point, ce roman n’est pas un récit de zombies. Si vous souhaitiez lire ce livre pour y trouver des hordes de morts-vivants affamés, alors passez votre chemin vous allez être déçu. Le roman se rapproche plus, selon moi, de Fléau de Stephen King avec ce virus et ce côté fantastique qui se développe. Bien maintenant que ce point est levé quel est mon retour ce roman? Pour résumé, j’avoue avoir passé un très agréable moment de divertissement avec ce premier, même si certains points auraient mérité d’être retravaillé. Mais j’y reviendrai.

Le gros point fort du roman vient de la façon dont est décrit la fin de la civilisation qu’on suit tout au long de ce roman. Démarrant par une simple grippe résistante puis allant jusqu’à l’épidémie, l’auteur nous décrit de façon détaillé et soignée la façon dont la France va gérer cette crise, comment elle va tomber dans les affres du doute et de la peur et comment va exploser notre société. Certes il ne révolutionne pas le genre, mais sa façon large de présenter la chose et sa complexité font qu’on se retrouve facilement absorbé par ce récit. La multiplication des points de vue permet ainsi de développer cette fin du monde sous de nombreux aspects, offrant ainsi une vue d’ensemble allant du simple citoyen, en passant aux médecins, jusqu’aux plus hautes instances du pays. L’angoisse se met doucement en place, la population d’abord amorphe va peu à peu tomber dans la peur. Chacun va ainsi gérer cette crise de façon différente et va devoir faire des choix qui vont avoir parfois de terribles conséquences. L’ordre, les structures, la solidarité tout va s’effondrer au fil des du récit face à quelque chose d’incompréhensible, montant en tension au fil des pages pour aboutir à une conclusion des plus sombre et percutante. On se retrouve ainsi à tourner les pages avec un minimum de plaisir et d’envie d’en apprendre plus. Il faut aussi ajouter quelques axes de réflexions simples et efficaces que ce soit sur les médias, notre société ou encore nous-même.

L’autre point intéressant du récit vient des personnages principaux que brosse l’auteur. Là aussi il nous offre des héros qui se révèlent profonds, travaillés et surtout se révélant loin des héros habituels de ce genre de récit avec un retraité, un collégien, une actrice porno et un communicant a mi-temps pour une mairie et l’autre pour un parlementaire. Ces quatre personnages vont ainsi se retrouver immuniser contre le virus et vont voir le monde changer sans comprendre ni comment, ni pourquoi. Ils vont devoir ainsi évoluer, avancer et faire face à de nombreux péripéties et de nombreuses surprises. Chacun d’entre eux se révèle ainsi soigné et on s’attache un minimum à eux, dans leurs actes comme dans leurs réactions face à l’impensable. Alors après certains aspects de leurs personnalités m’ont paru un peu mal amené, comme cette histoire d’amour avec notre assistant parlementaire, mais dans l’ensemble ils se révèlent plus qu’efficaces et donnent envie d’en apprendre plus que ce soit sur chacun d’entre eux comme sur ce qui va leur arriver.

Le dernier point intéressant du récit, je trouve, est que l’auteur ne laisse rien paraître sur son fil rouge. Je ne vais pas dire qu’on est perdu du début à la fin, mais tout est fait pour que le fil rouge soit le plus mystérieux possible, ne lâchant les informations qu’au compte goutte venant ainsi y ajouter une bonne dose d’étrangeté et aussi de fantastique que je vous laisse découvrir pour ne pas spoiler. Tout dépendra de chacun, mais moi j’aime spéculer ce qui fait que je continue à tourner les pages pour savoir vers quoi on m’entraine. Mais voilà, le principal défaut, pour moi, vient des longueurs qu’on retrouve dans le récit. Le fait de multiplier les points de vues a un effet positif, comme je l’ai dit, mais a aussi un effet de lenteur, qui se ressent principalement dans la première partie. Certes on découvre ainsi en détails les effets de la maladie ou bien les conséquences de celle-ci, mais j’ai trouvé qu’il en faisait trop et que cela devenait aussi par moment trop répétitif. C’est dommage, car cela joue sur le rythme et l’intensité de lecture de cette première partie qui fluctue. Autre point qui m’a un peu dérangé, certaines légères facilités ici ou là, mais rien de non plus trop bloquant de ce côté-là. L’ensemble est par contre bien porté par une plume dense, simple, vive et percutante qui nous plonge assez facilement dans ce récit. Au final un très agréable premier tome qui, sans non plus se révéler révolutionnaire, me donne envie de lire la suite.

En Résumé : J’ai passé un très agréable moment de lecture avec ce premier tome d’un diptyque qui se révèle très divertissant. L’histoire n’a rien de Zombies, mais nous plonge plus dans l’attaque d’un virus dont seul quelques personnes sont immunisés pour des raisons obscures. L’auteur nous propose une plongée efficace et angoissante face à cette crise qui va faire monter un peu plus au fil des pages la peur et l’angoisse dans la population, poussant ainsi les uns et les autres à faire des choix parfois surprenants. L’auteur nous offre ainsi un travail dense, détaillé et soigné sur « l’explosion » de notre société. Les personnages ne manquent pas d’intérêt se révélant travaillés dans leurs histoires comme dans leurs évolutions, devant au fil du récit attachant même si je regrette peut-être certains aspects mal amenés. Autre point intéressant le fil rouge, à la fois mystérieux et intrigant, dont l’auteur dévoile les informations au compte goutte pour mieux nous appâter avec cet aspect fantastique que je vous laisse découvrir et qui donne envie d’en apprendre plus. Alors après tout n’est pas parfait, l’auteur offre une multitude de point de vue qui certes permet de développer le récit mais fait aussi qu’il donne l’impression de se disperser, voir de se répéter, créant ainsi des longueurs. Certains simplicités se font aussi ressentir ici ou là, mais de ce point de vue rien de bien bloquant. La plume de l’auteur se révèle détaillée, simple, efficace et entraînante et je lirai la suite de ce Chaos avec plaisir.

 

Ma Note : 7/10

Le Village – Emmanuel Chastellière

le villageRésumé : Une jeune fille se réveille un matin dans une demeure inconnue.
Livrée à elle-même au cœur d’un village aussi étrange que désert, privée de ses souvenirs, elle va bien vite se rendre compte que les secrets de son passé sont liés à ceux des anciens habitants des lieux.
Pour se défaire de ces liens invisibles et espérer quitter ce village aux allures de prison hors du temps, elle va devoir raviver les cendres d’un bûcher centenaire…

Edition : Les Editions de l’instant

 

Mon Avis : Les Editions de l’Instant m’ont fait découvrir il y a quelques mois un roman de Fantasy assez atypique et vraiment fascinant : Un Étranger en Olondre. Je suis donc avec intérêt les nouvelles publications de cet éditeur, espérant réitérer quelques belles découvertes, et j’avoue avoir rapidement été tenté par ce nouveau roman proposé. Il faut dire que la couverture, illustrée par Marc Simonetti, est vraiment superbe et le résumé possède un petit côté étrange qui m’attire. Alors pour ceux qui ne connaitraient pas Emmanuel Chastellière il est connu pour être le fondateur d’Elbakin, mais aussi pour son métier de traducteur.

 On se retrouve ainsi avec ce roman, à suivre deux lignes d’intrigue. La première  concernant une jeune fille qui se réveille dans un village, qui a perdu la mémoire et qui va rapidement découvrir qu’elle est coincée et que d’étrange phénomènes surviennent et la traque. La seconde, nommée Interlude, est celle d’un village où sévit une terrible maladie. J’avoue, une fois la dernière page du livre tournée, j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce livre. L’histoire, mélange de fantastique, de fantasy et avec une légère pointe d’historique qui vient exacerber cette ambiance légèrement angoissante, se révèle vraiment accrocheuse et, la tension montant au fil du récit, on se retrouve à tourner les pages avec envie d’en apprendre plus. On se rend rapidement compte que l’auteur ne laisse rien au hasard, qu’il parait avoir peaufiné son récit jusque dans les moindres détails, alternant efficacement phases d’angoisse, d’action, de sentiments et de réflexions, de façon à ne jamais nous perdre ou nous ennuyer. Alors après, c’est vrai, le démarrage m’a paru un peu austère, la faute a, je trouve, un peu trop de description. L’auteur m’a paru chercher un peu trop vouloir en faire, à trop aller dans le détail, mais par la suite cela se calme et une fois emporté on l’oublie, cherchant à en apprendre plus sur les aventures de nos héros se laissant captiver au fil d’une intrigue qui se ressert jusqu’à une conclusion percutante, explosive et pleine de surprises.

Le gros point fort pour moi de ce roman vient de son ambiance. Cette étrangeté qui flotte du début à la fin, ce malaise, que ce soit concernant ce fameux village étrange où atterrit la jeune fille, comme dans ce qui tourne autour de cet interlude, de ces villageois, de leurs tensions, de leurs souffrances et de leurs choix. J’avoue aussi, cela peut jouer, je suis un fan de ce genre de fantastique, qui ne cherche pas à offrir toutes les réponses mais plutôt à clairement jouer sur l’atmosphère, à surprendre tout en gardant une certaine logique. Là, j’avoue, j’ai tout de suite été captivé par les nombreux mystères qui sont soulevés, par la façon dont l’auteur les amène, les fait évoluer et leur offre une réponse, voir laisse le lecteur se faire ses propres réponses. Ajouter à cela un sentiment de traque, où chaque personnage va se retrouver à lutter pour survivre, pour continuer à avancer et à exister, on obtient alors quelque chose de vraiment envoûtant, stressant et limite fascinant.

Autre point intéressant c’est l’univers que construit l’auteur, que ce soit aussi bien dans l’aspect historique, qui sans être non plus le gros point du roman, se révèle efficace, comme dans l’aspect fantastique, mais aussi sur le village en lui-même. En effet au fil du récit il en devient un véritable personnage avec, on peut dire, sa propre vie, se révélant dense et travaillé offrant quelques pièges. Il ne donne franchement pas envie de le visiter, mais il a ce côté intrigant qui fait qu’on se laisse captiver par son histoire. Mais surtout malgré cette densité, l’auteur arrive à rester cohérent et offre ainsi un univers qui, je trouve, ne laisse pas indifférent que ce soit dans ces passages angoissants, intimistes ou entraînants.

Concernant les personnages, ils se révèlent soignés et captivants à découvrir. Il y a finalement que peu de personnages, mais cela permet d’offrir à chacun d’entre eux une profondeur, une histoire et surtout une évolution au fil du récit qui font qu’on s’attache rapidement à eux. Certes leurs vies ne sont pas faciles, devant fuir pour ne pas mourir, mais voilà chacun d’entre eux se révèlent unique. Principalement dans la partie avec les enfants et les adolescents qui n’est pas sans rappeler les « enfants perdus » de Peter Pan, mais avec une bonne dose de Sa Majesté des Mouches (dont la citation en quatrième de couverture n’est pas illogique), leur offrant ainsi un voyage initiatique qui va les marquer. Une jeunesse poussée à devenir adulte trop vite sous la faute de leurs ancêtres. Il y a d’ailleurs, je trouve, une certaine réflexion derrière tout cela. Concernant l’interlude on est plus dans une autre phase d’accroche, jouant sur la découverte, happé par les conflits et les choix de chacun. Alors après certains personnages secondaires usent peut-être un peu trop de stéréotypes, je pense par exemple au bourgmestre, mais cela ne se ressent qu’à peine et ne dérange en rien la lecture.

Je trouve par contre légèrement dommage le traitement qui est au fait au niveau des « relations amoureuses ». En effet les histoires entre les uns et les autres paraissent amenés trop rapidement et de façon un peu brusque, ce qui fait que j’ai trouvé que cela manquait d’un peu de cohérence et d’émotion, même si rien de vraiment bloquant. D’autres points m’ont aussi un peu dérangé. Premièrement l’auteur monte en tension et en rythme au fil des pages pour offrir une conclusion efficace et percutante, mais voilà j’ai trouvé que l’auteur offrait un peu trop d’informations et d’éléments d’un coup sur la fin, ce qui fait qu’on est parfois un peu submergé. Ensuite j’ai trouvé que certaines résolution se faisait un peu trop rapidement, comme s’il était pressé et qu’il fallait rapidement débloquer la situation. Alors après ce ne sont que des défauts mineurs, tant l’ensemble a réussi à me captiver. La plume de l’auteur se révèle efficace, soignée et entrainante et je lirai sans soucis et avec plaisir d’autre de ses écrits.

 En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman mélange des genres qui offre un récit fantastique étrange, efficace et captivant. Le démarrage m’a paru un peu austère, se révélant trop descriptif, mais très vite par la suite je me suis retrouvé facilement happé, à tourner les pages avec envie d’en apprendre plus sur les aventures de nos héros. Le gros point fort du récit, vient, je trouve, de l’ambiance légèrement dérangeante, mystérieuse et angoissante qui est mise en place ainsi que de l’univers qui est construit autour. L’auteur arrive vraiment à offrir un ensemble qui est cohérent, logique et donne envie d’en apprendre plus. Concernant les personnages ils se révèlent soignés et efficaces. On s’attache à eux au fil des pages devant leurs choix et leurs développements, même si certains personnages secondaires usent un peu trop des stéréotypes. Rien de non plus trop gênant. Je trouve par contre légèrement dommage le traitement fait aux relations amoureuses qui m’a paru trop brusque et manquant d’émotion, l’accumulation d’information sur la fin qui donne l’impression d’être submergé ou bien encore certaines résolutions un peu trop rapide et facile. Après rien de dérangeant tant j’ai été emporté par l’ensemble, bien porté par une plume efficace, soignée et entraînante. Je lirai sans soucis d’autres des écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis :

Rédemption – Bérengère Rousseau

redemptionRésumé : Quand un vieux médaillon et quelques documents anciens révèlent à Noâm les soupçons de collaboration qui pèsent sur son arrière-grand-père, son monde bascule. Comment accepter et vivre avec cette honte ? Il veut comprendre. Avec son meilleur ami, il se rend au Château de Noisy, là où son aïeul fut aperçu pour la dernière fois.
Sur place, ils sont victimes d’un éboulement. Ils se réveillent en 1944 à la veille de la Bataille des Ardennes. Noâm voit là l’occasion de restaurer l’honneur de sa famille, au risque de changer le cours de l’Histoire. Et si, justement, celle-ci avait déjà changé ?

Edition : Editions du Riez

 

Mon avis : Bon, je dois bien l’admettre, le premier élément qui m’a attiré vers ce roman c’est sa couverture, illustrée par Aurélien Police, que je trouve vraiment superbe et qui met directement dans l’ambiance. Ajouter à cela un résumé que je trouvais accrocheur, parlant de voyage dans le temps et de seconde guerre mondial, il est donc logique que ce roman ait rejoint ma PAL. Bon après, comme souvent, il a un peu traîné, mais ayant envie d’un peu d’imaginaire historique je me suis laissé tenter à enfin le lire et le découvrir.

On se retrouve ainsi à suivre Noâm, jeune étudiant en psychologie féru d’histoire, qui va apprendre que son arrière grand-père a joué un rôle lors de la bataille des Ardennes, pire que cela il est soupçonné de collaboration ce qui va le bouleverser. Pour en apprendre plus il va aller avec son meilleur ami au Château de Noisy, mais là tout va basculer et ils vont se retrouver envoyé dans le passé. Sauf que voilà, l’Histoire ne serait pas la bonne. Bon autant être franc, je n’ai jamais vraiment accroché à ce roman, pas tant la faute du livre, que plutôt de ce qui me parait être un rendez-vous manqué. Déjà premier point, quand j’ai lu le résumé et vu la couverture je m’attendais à un roman adulte, pourtant dès le premier chapitre je vais être surpris. Il ressemble plus à un roman jeunesse. Ce que la suite va me confirmer au fil des pages et je ne m’y attendais pas du tout. Je n’ai rien contre les livres jeunesses, j’en lis, mais ils ne traitent pas de l’intrigue de la même façon et donc je n’avais pas obligatoirement les mêmes attentes. Encore plus quand il s’agit d’un roman mélangeant imaginaire et historique. Cela va ainsi se ressentir directement ici puisque le fil des évènements va se révéler assez simpliste et manichéen, ce qui a provoqué au cours de ma lecture une certaine frustration. Cela n’a clairement rien à voir avec l’auteur, par contre je trouve dommage que l’éditeur ne l’ait jamais mis en avant. Après, d’autres points sont aussi venus me déranger  au fil de ma lecture.

Le point fort du récit vient ainsi de son rythme, une chose qu’on ne peut pas enlever à ce livre c’est sa façon d’offrir un récit percutant, sans temps mort, avec de nombreux rebondissements et des surprises. On ne peut pas nier que si on se laisse happer, on se retrouve alors à tourner les pages avec un minimum d’envie d’en apprendre plus. Les scènes de batailles et de violences liées à la période ne manquent pas de se révéler percutantes et très visuelles, même si l’auteur s’en sert de façon un peu trop répétitive voir incohérente par moment. Après le premier point qui m’a dérangé vient de l’intrigue, elle est finalement assez simple, linéaire au possible et surtout manquant de profondeur. Tout tourne vraiment trop autour de Noâm qui va à travers ce voyage initiatique découvrir que dans la vie tout n’est pas toujours blanc ou noir mais que parfois c’est beaucoup plus complexe que cela. Mais je reviendrai là-dessus un peu plus tard car je n’ai pas complètement accroché au traitement de l’auteur.

Concernant l’univers, je suis sorti frustré. Certes on sent que l’auteur aime son pays, la Belgique, qu’elle offre des descriptions intéressantes et efficace, mais écrire un roman sur la seconde guerre mondiale sans développer un peu l’image de fond qui reste trop superficielle me dérange. Je suis peut-être un peu exigeant, je n’en doute pas, mais voilà ici clairement cela manque d’explication. C’est bien simple nos héros se retrouvent ainsi dans le passé et dans un monde parallèle en effet on se situe en 1944, juste avant la bataille des Ardennes et Staline et Hitler sont de nouveau alliés. Comment? J’avoue ne pas avoir bien compris, le sont-ils depuis le début de la guerre vu qu’il s’agit d’un monde parallèle? Se sont-ils de nouveau alliés? Si oui, il va vraiment falloir me dire comment tant, si on se remet dans le contexte et malgré quelques tentatives, cela parait improbable sans une explication solide. Et justement d’explication il n’y en a pas, l’auteur met en place les esquisses de son univers et le lecteur n’a d’autres choix que de faire avec. J’ai eu ma période où j’ai vraiment étudié l’époque, sur laquelle j’ai beaucoup lu, de plus pour moi la mise en place d’un univers ne doit pas être qu’une simple image de fond, elle doit avoir une crédibilité et une cohérence, là rien ne le permet. C’est dommage. Ensuite, l’auteur considère le conflit comme quelque-chose d’assez binaire avec les méchants d’un côté et les gentils de l’autre sans aucune véritable nuance. C’est frustrant, car il y a tout de même du potentiel dans ce que met en avant l’auteur et elle arrive vraiment à mettre en place une ambiance un minimum angoissante et stressante.

Concernant les personnages, ils se révèlent entraînants dans leurs aventures, leurs péripéties et la façon dont ils gèrent ce qui leur arrive. Sauf que voilà, n’espérant pas un roman jeunesse je suis sorti frustré par leur manque de profondeur, mais aussi leur manque de nuance. L’exemple qui, pour moi, retranscrit le mieux ce que je viens de dire c’est Noâm. Il ne va jamais accepter que son arrière grand-père, membre de la résistance, arrêté par les Allemands ait pu lâcher des informations, comme si la torture ne pouvait pas faire parler les gens. Il lui faudra remonter le passé et se rendre compte que tout n’est pas toujours comme on peut l’imaginer, que parfois des choix doivent être faits, pour qu’il ouvre les yeux. Vraiment. Si encore le héros avait 12 ans ce serait plus que compréhensible, mais là il est quand même sur la vingtaine. L’auteur a aussi du mal à rentrer dans l’émotion, pourtant elle offre quelques scènes intenses avec violence et mort qui vont marquer les héros, mais voilà je ne sais pas ça a du mal à fonctionner. Comme s’il manquait un petit quelque-chose pour se rendre compte qu’ils souffrent. Ajouter à cela des personnages un peu trop caricaturaux à mon goût et d’autres n’ayant que peu d’utilités et j’avoue, même s’ils ne manquent pas d’offrir rythme et révélations, ils m’ont plutôt laissé froid.

Je regrette aussi que l’ensemble soit parfois traité un peu trop rapidement et facilement, les évènements s’enchainent trop vite ce qui fait que, parfois, leurs résolutions sont soit trop simplistes, soit reposent sur des Deus Ex Machina trop faciles. La plume de l’auteur ne manque pas de se révéler vive, entraînante et vivante ce qui fait que le lecteur se laisse un minimum porter par le rythme et l’ambiance. Au final certes je suis passé à côté de ce roman, la faute à un rendez-vous manqué la faute à une incompréhension, ce roman se classant plus dans le jeunesse, mais je pense qu’il pourra peut-être plaire à d’autres, principalement à un public plus jeune.

En Résumé : Au final je dois bien admettre que je suis passé à coté de ma lecture dont, j’avoue, rien n’indiquait qu’il s’agisse d’un roman jeunesse. Vu que je ne m’y attendais pas, je n’ai jamais pu rentrer dedans et j’ai commencé à tilter sur les autres petits points. Pourtant le rythme du récit se révèle prenant, offrant de nombreux rebondissements et retournements de situations. Sauf que voilà, le côté simpliste ainsi que le fait que le roman soit traité trop rapidement ce qui offre de nombreuses facilités ou des deus ex machina font que je me suis senti frustré. L’univers a du potentiel mais voilà l’auteur ne fait que l’esquisser et n’offre parfois que peu de réponses aux questions qu’on se pose. Comme si le seule intérêt du récit était la quête de Noâm, ce qui est dommage. Concernant les protagonistes il m’ont paru clairement manqué de profondeur et de nuance, un héros qui a la vingtaine et qui a du mal à imaginer que la vie est plus complexe que l’on croit, cela a un côté regrettable. Ajouté à cela quelques personnages secondaires stéréotypés, voir inutiles et j’avoue ils ont eu du mal à me marquer. La plume de l’auteur se révèle pourtant plutôt vive, entrainante et vivante, mais voilà ce roman et moi c’est l’histoire d’un rendez-vous manqué.

 

Ma Note : 4/10

Mes Achats du mois de Juin 2016

Pour ce mois de juin, j’avoue j’ai tenté de rester calme niveau achats. Il faut dire que les Imaginales du mois dernier ont fortement fait gonfler ma PAL. Puis la Grosse Opé de l’éditeur Bragelonne et quelques promos sur des ebooks ont fait que ma PAL numérique, elle, s’est accrue.

Juin-16

Voilà donc ce qui a rejoint ma bibliothèque pour ce mois de juin 2016 :

  • Le Seigneur des Ténèbres de Robert Silverberg aux éditions Anne Carrière. Un livre acheté sur un coup de tête.
  • Lankhmar, L’Intégrale 2 de Fritz Lieber aux éditions Bragelonne. J’ai l’intégrale un dans ma PAL, je n’allais pas manquer la suite en espérant que la fin soit publiée.
  • Les Continents Perdus, Anthologie aux éditions Denoël Lunes d’Encre. Je me suis laissé tenter par un sommaire plus qu’intéressant.
  • Arca de Romain Benassaya aux éditions Critic. Un space-opera a la couverture plus qu’attirante.
  • Les Annales du Disque Monde Tome 7, Pyramides de Terry Pratchett aux éditions Pocket. Je continue ma découverte du cycle de l’auteur.
  • Le Village d’Emmanuel Chastellière aux éditions de L’Instant. Un roman dont j’entends beaucoup de bien et donc l’intrigue me tentait énormément.

Et voilà donc mes achats d’e-books :

  • Les Pirates de l’Escroc-Griffe Tome 1, Les Terres Interdites de Jean-Sébastien Guillermou.
  • Féelure de Silène Edgar.
  • Philoséries : Buffy Tueuse de Vampires de Sylvie Allouche & Sandra Laugier.
  • Visions de Feu de Gillian Anderson & Jeff Rovin.
  • Homonculus de James P. Blaylock.
  • Doctor Who. Shada : L’aventure Perdue de Douglas Adams de Gareth Roberts.
  • Les Sables de Mars de Arthur C. Clarke.
  • Le Monde de la Fin de Ofir Touché Gafla
  • Autobiographie d’un Machine Ktistèque de R.A. Lafferty.
  • Zombie Nostalgie de Øystein Stene

Voilà donc pour ce mois de Juin, de quoi ne pas manquer de lecture sur la place cet été.

Sale Temps – Lou Jan

sale tempsRésumé : Tous mes biens pour un peu de temps » disait la reine Elisabeth I à la veille de sa mort. Le temps est notre ressource la plus précieuse. Qui n’a jamais rêvé de pouvoir l’arrêter ?
Olgann, le champion de ski, le peut, lui. Il stoppe les chronomètres en course pour gagner. Le premier cas de dopage par le temps. Une mécanique bien huilée jusqu’à ce que d’autres se mettent à l’imiter. Si chacun arrête le temps à sa guise, le monde ne risque-t-il pas de sombrer dans le chaos ?
Le temps nous instruit, nous soigne parfois, mais il finit toujours par nous tuer. Sale temps.

Edition : Rivière Blanche

 

Mon Avis : Bon, j’avoue je ne me suis pas laissé tenter par ce roman un peu sur un coup de tête. Quelques critiques sur le net ont commencé à me donner envie de le découvrir, puis ma rencontre avec l’auteur lors du dernier Salon Fantastique de Paris a fini de me convaincre de tenter ma chance avec ce livre. Concernant la couverture, illustrée par Jean-Félix Lyon, j’avoue elle ne me laisse pas un souvenir marquant, un peu trop 3D de synthèse à mon goût.

Ce roman va nous amener à suivre la quête de Céraline, jeune femme vivant dans un monde parallèle, qui se voit plonger dans des phases de sommeils inexpliquées de plus en plus longues ce qui lui gâche sa vie. Elle va alors apprendre qu’on lui vole son temps, que sur une autre planète quelqu’un peut figer le temps et gagner des heures supplémentaires. Sauf que voilà, durant son enquête rien ne va se passer comme prévu. Une fois la dernière page tournée, je dois pourtant avouer que je ne suis pas complètement convaincu par ce roman. Il n’est pas non plus mauvais, loin de là, mais il m’a paru ne pas remplir les attentes que je pouvais avoir le concernant. Je ressors donc de ma lecture avec un sentiment légèrement mitigé, certes l’ensemble possède du potentiel, mais je dirais qu’il manque au final de profondeur et densité pour franchement me happer. Trop court me vient directement en tête pour le définir.

Déjà commençons pas les points forts du livre. Ce qui surprend dès la première page c’est le style de l’auteur, il tend vers la Blanche (ce n’est pas un a priori juste une constatation) offrant une écriture épurée, hachée, qui va direct à l’essentiel par des phrases courtes, percutantes. Sauf que voilà j’ai trouvé que cela permettait au récit de gagner en intensité, en tension, on se retrouve ainsi rapidement happé par les évènements qui s’enchaînent de façon rapide et marquantes et joue aussi de façon intéressante sur cette ambiance parfois dérangeant et tendue. Après cela a aussi un effet frustrant sur un point en particulier, mais j’y reviendrai un peu plus tard dans ma chronique.

L’autre point que j’ai trouvé très intéressant vient des nombreuses idées que propose l’auteur tout le long de son récit. On sent clairement que  d’une, l’auteur possède une imagination débordante, et de deux qu’elle souhaite à travers ce roman à nous faire réfléchir. Que ce soit sur la notion du temps, notre façon de le gérer, de vouloir aller trop vite sans prendre le temps de pleinement profiter de la vie, voir de se poser. En effet, à travers trois univers parallèle elle nous offre ainsi plusieurs visions tournant autour de la gestion du « temps » et j’avoue qu’il y a de quoi se poser des questions et réfléchir, principalement sur les défauts et les perversités de notre société, de notre façon de vivre et de consommer sans se soucier de rien ni des autres. Comme si on brûlait notre vie par tous les bouts. Elle soulève aussi des réflexions sur le pouvoir, la notion de bonheur, de famille, d’argent, sur la vision qu’on a des autres, sur la position de la femme, ou bien encore sur l’égoïsme. L’auteur a des choses à dire, et même si parfois c’est fait de façon très simpliste ils ne laissent pas indifférent. La conclusion se révèle efficace aussi, principalement dans ses révélations et ses surprises.

Malgré ces points positifs, j’attendais plus de ce roman qui me parait manquer de complexité, de densité et d’explications sur certains points. Si je prends par exemple l’univers, il y a là aussi quelque-chose de foisonnant que ce soit dans la notion temporelle, de multivers, mythologique ou bien encore technologique. Sauf que, en contrepartie, il y a aussi quelque chose de frustrant, car les idées développées reposent régulièrement sur une absence d’explications et parfois de facilité. Je pense à l’exemple des anciens qui paraissent savoir énormément de choses, sans qu’on ne comprenne vraiment comment ni pourquoi, ou bien encore le passage où tout le monde découvre la possibilité de figer le temps sans trop savoir comment cela a pu fuiter et sur quoi repose cela, malgré quelques tentatives d’explications abscons en fin de roman. Et ce genre de passage se retrouve assez souvent. C’est finalement là le soucis pour moi, il a du potentiel, mais est trop survolé à mon goût pour arriver à me captiver complètement. Alors après si cela ne vous dérange pas, vous devriez plus accrocher que moi, mais de mon côté cela a le don de me laisser perplexe.

Concernant les personnages, on se retrouve un peu dans les mêmes défauts et les mêmes qualités que ce dont j’ai parlé précédemment. Les héros ne manquent pas de profondeur, il y a un bon travail de l’auteur pour les rendre consistants et crédibles, chacun ayant une personnalité propre. Que ce soit Céraline dans son amour et sa quête d’avoir une vie, Olgann antihéros complètement ambigu qui abuse de son pouvoir ou bien encore Mira femme de son époque, obligée de tout gérer entre la famille et le travail, mais qui manque de temps. Franchement j’ai un vrai intérêt pour les personnages, sauf que voilà le roman va trop vite, ce qui fait que leurs actions ont des conséquences qui sont, soit à peine survolées, soit traité trop rapidement à mon goût. Je vais prendre l’exemple de ce qui arrive dans le monde de Céraline j’ai trouvé que ça manquait de puissance pour me toucher, ou bien encore les actes d’Olgann qui paraissent mal amenés et qui manquent de répercussions. Ensuite la plume de l’auteur, comme j’en ai parlé plus haut, par son côté haché a le contrecoup de jouer sur l’émotion des protagonistes. En effet j’ai eu l’impression de suivre leurs aventures avec un voile, ce qui fait que je n’ai jamais réussi à complètement m’attacher à eux.

Au final je ne nie pas les qualités de Sale Temps qui possède un fort potentiel que ce soit dans ses héros, son univers et ses réflexions, mais voilà j’aurai aimé que l’ensemble soit plus dense, plus travaillé, un peu moins survolé sur certains aspects, car là je n’ai pas été totalement convaincu, même si l’ensemble à des qualités. A voir avec un prochain roman, pourquoi pas.

En Résumé : Au final je ressors de ma lecture pas complètement convaincu. Le roman possède un certain potentiel, il offre aussi une intrigue qui se révèle efficace et haletante, bien porté par un style court, haché et percutant. L’univers ne manque ni d’imagination ni de réflexions que ce soit sur notre façon de gérer le « temps », sur notre société, notre façon de vivre, notre égoïsme, sur la position de la femme ou bien encore sur notre vision des autres. Certes c’est parfois un peu simpliste, mais ça ne laisse pas indifférent. Le soucis c’est que certains points de l’univers ou encore d’éléments moteurs de l’intrigue ne sont pas ou peu développé ce qui est frustrant. Concernant les personnages, l’auteur nous offre des héros soignés, intéressants à suivre, mais de nouveau ils sont traité trop rapidement que ce soit dans les conséquences de leurs actes comme dans leurs évolutions. De plus le style donne aussi l’impression qu’on suit l’ensemble à travers un voile, ce qui fait qu’on a du mal à complètement s’attacher à eux. Au final un roman à fort potentiel, avec des aspects intéressantsv mais qui m’a paru trop court, ce qui fait que certains points sont traites trop rapidement à mon goût. A voir avec un prochain roman, pourquoi pas.

Ma Note : 5,5/10

 

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