Rempart Sud Tome 2, Autorité – Jeff Vandermeer

Résumé : Cela fait maintenant trente années que l’on tente de percer les mystères de la Zone X, ceinturée par une frontière invisible, où tout signe de civilisation a disparu. Douze expéditions, toutes tragiquement inutiles, ont été supervisées par un organisme gouvernemental tellement secret qu’il en est quasi oublié : le Rempart Sud. Fraîchement nommé à sa tête, John Rodriguez, dit Control, hérite d’une équipe méfiante et désespérée, d’une masse de questions, de notes secrètes et d’heures d’enregistrement étrangement anxiogènes. Dans Autorité, les questions d’Annihilation trouvent des réponses. Loin d’être rassurantes?

Edition : Au diable Vauvert

 

Mon Avis : Il y a un peu plus d’un an maintenant, je me lançais dans le premier tome de ce cycle, un peu par hasard n’ayant à l’époque jamais rien lu de cet auteur et attiré par un résumé accrocheur. J’avais été rapidement captivé par ce récit étrange, d’une certaine façon envoutant, et laissant plein de questions en suspens (ma chronique ici). C’est donc sans surprise que, quand on m’a proposé de découvrir ce second tome, je me sois rapidement laissé tenter tant j’avais hâte de savoir ce qu’allait pouvoir nous proposer l’auteur avec cette suite. Concernant la couverture, elle est dans la même lignée que la précédente et colle parfaitement avec ce tome, à la fois étrange et dévoilant une certaine tension.

Ce second tome va voir son intrigue se dévoiler entièrement en dehors de la Zone X, en effet la dernière expédition envoyée a vu la quasi-totalité de ses membres réapparaitre mystérieusement, dont la biologiste qui était l’héroïne du tome précédent. Seule la psychologue n’est pas revenue, ce qui est problématique car elle était aussi la directrice du Rempart Sud, organisme gouvernemental sensé étudié cette zone mystérieuse. Central décide alors d’envoyer John, surnommé Control, pour redonner un coup de fouet à cet organisme et tenter enfin de trouver les réponses aux secrets de la Zone X. Si vous vous souvenez bien j’avais annoncé que ce qui caractérisait le premier tome c’était son côté étrange. Après tout Jeff Vandermeer n’est pas un des principaux membres de la Weird littérature pour rien. Sauf que voilà ce second tome va se révéler encore bien plus « bizarre », ou plus précisément offrir une construction complètement différente. Je pense que cela devrait en déranger plus d’un, mais pour ma part plus l’auteur s’amusait à me perdre et à m’offrir un récit troublant dont je devais chercher les clés, plus j’appréciais. Alors oui, on est clairement dans le roman où il ne faut pas chercher à tout comprendre, il faut plutôt se laisser porter par sa bizarrerie, ne pas chercher à forcer à le rendre logique, jusqu’à l’obtention de réponses.

La différence concernant la narration vient clairement du fait que ce second tome nous offre quelque chose qui s’avère d’une certaine façon plus figé, plus statique dans son décor et son évolution. En effet le premier tome, Annihilation, nous présentait les aventures de la Biologiste, une vraie quête dans la zone X qui nous dépaysait à travers les différents lieux visités. Autorité offre moins de décor, les aventures de Control oscillant majoritairement entre le Rempart Sud et son appartement, parsemé de quelques flashbacks sur son histoire. On est ainsi moins dans le travail visuel que dans le travail d’ambiance dérangeante, tendue, déroutante et oppressante. C’est, je trouve, une très bonne chose évitant ainsi la répétition du premier tome, mais demande au lecteur de se laisser porter et emporter sous peine de ne pas accroché. Il y a ainsi une vraie distillation lente d’éléments incompréhensibles et bizarres qui vont commencer à fissurer cette impression de logique qui est donné dans les premières pages. La tension monte ainsi lentement au fil des pages, jouant avec les impressions du lecteur et avec la notion de réalité, de manipulation et de fantastique, jusqu’à aboutir à une conclusion que j’ai trouvé clairement fascinante, dérangeante, angoissante et percutante. Il y a aussi une vraie ironie qui se dégage de cette construction, comme par exemple nous faire suivre un personnage surnommé Control qui va peu à peu se rendre compte qu’il ne contrôle finalement pas grand-chose.

Comme je l’ai dit on quitte la luxuriance de la zone X pour nous plonger plus dans ce qui parait être la normalité de notre monde. Le côté visuel change par conséquent perdant obligatoirement cet aspect de foisonnement végétal et étrange, pour quelque-chose de plus stressant et aussi de plus larvé. Cela pourra peut-être s’avérer légèrement frustrant, mais offre aussi un point de vue extérieur intéressant offrant un début d’explication et de réponse à cette anomalie qu’est la Zone X. On se rend aussi compte que des personnages croisés dans le premier tome gagne aussi de l’importance dans ce phénomène étrange comme la biologiste et la psychologue. On découvre aussi que des jeux de manipulations sont en cours au niveau du pouvoir Central pour tenter de prendre le pouvoir dans le Rempart Sud, mais aussi pour trouver les clés de cette fameuse Zone X qui pourrait tout changer. Il y a un vrai jeu d’influence très intéressant et percutant qui se met en place avec notre héros au milieu de tout cela qui en devient un simple pion sans qu’il en comprenne bien les enjeux. Après, on pourrait trouver cela un peu simpliste d’imaginer Central comme seul organisme de pouvoir, mais cela permet aussi de dévoiler des aspects plus complexes et plus déconcertants. Le vrai point intéressant qui est sous-jacent c’est aussi la différence entre cette fameuse Zone X et notre monde, entre une vision ensoleillée, foisonnante, riche et magnifique et une région sombre, triste, étrange que l’on a en partie contaminé. Une vraie réflexion sur la façon dont on traite notre environnement, certes qui comme je le présente parait manquer de finesse, mais se révèle bien plus que cela.

Concernant les personnages, on se retrouve à suivre Control qui va rapidement s’avérer être un héros complexe, d’une certaine façon fascinant et entrainant dont on va peu à peu découvrir le passé, la façon dont il s’est construit et a évolué. Un personnage soigné et intrigant et intéressant à découvrir pour moi. Il va avoir fort à faire déjà avec Grace, la sous-directrice qui était très proche de l’ancienne directrice et qui va tout faire pour lui mettre des bâtons dans les roues pour l’empêcher de réussir, mais aussi avec la Biologiste qu’il va chercher à comprendre et à faire parler pour mieux savoir ce qui est arrivé à la dernière expédition. Deux héroïnes qui ne manquent pas non plus d’attrait dans leurs constructions, leurs secrets, la façon dont elles évoluent et la façon dont elle joue avec Control mais aussi d’une certaine façon avec le lecteur. Concernant les personnages secondaires certains sortent franchement du lot, principalement chez les scientifiques, et dans l’ensemble ils remplissent parfaitement leurs rôles venant encore apporter une tension supplémentaire au récit et un aspect étrange et dérangeant dans leurs actes et leurs explications.

Les seconds tomes d’une trilogie ont souvent le défaut de trop faire traîner les choses, ayant du mal à doser l’aspect révélation avec les mystères restant à découvrir, Autorité s’en sort plutôt bien de son côté. Certes, parfois on sent clairement que l’auteur garde des révélation de par devers lui de façon un peu facile, mais on a là un second tome assez différent du premier et qui commence clairement à lever le voile des questions soulevées avec Annihilation tout en maintenant mon intérêt et du mystère pour la suite . Alors après on pourrait regretter, c’est vrai, certaines longueurs ici ou là et parfois certaines scènes qui tournent en rond, mais franchement rien de très bloquant pour ma part tant j’ai été pris et captivé par ce second tome. Le plus compliqué sera peut-être finalement d’accepter le changement d’ambiance entre les deux tomes avec un côté étrange moins visuel pour quelque-chose de plus pernicieux et plus fantastique. La plume de l’auteur est fluide, entraînante, perturbante juste ce qu’il faut pour réussir à m’emporter dans son récit et à me donner  franchement envie de lire la suite.

En Résumé : J’ai de nouveau passé un excellent moment de lecture avec le second tome de cette trilogie qui nous offre à nouveau un récit complètement étrange, mais d’une façon différente du tome précédent. Là où le premier jouait sur un côté bizarre et angoissant très visuelle, ici ce second tome joue clairement sur l’ambiance et la façon dont l’histoire se déroule jouant sur la réalité. On est ainsi dans un récit qui peut paraitre plus « figé », moins luxuriant, ce qui pourra en bloquer certains, mais qui de mon côté m’a accroché. Plus l’auteur s’amusait à me perdre, plus j’étais captivé. Concernant l’univers, certes il parait moins riches que le premier tome, moins lumineux, le récit se situant non pas dans la zone X mais dans notre monde. Pour autant cela ne le rend pas moins intéressant, jouant aussi sur le contraste entre notre monde et la zone X pour nous offrir quelques réflexions intéressantes. Ce second tome commence aussi à soulever le voile qui concerne justement cette anomalie et nous montre aussi des jeux de pouvoirs et de manipulations qui ne manquent pas d’attrait. Concernant les personnages, que ce soit Control, la biologiste ou encore Grace, ils ont un côté étrange et captivant, nous offrant des personnages complexes et intéressants. Les personnages secondaires viennent apporter leurs couches de mystères et apporter un plus à l’ensemble. La conclusion à la fois angoissante et dérangeant ne manque pas de se révéler efficace, tout en gardant assez de mystères pour la suite. Alors après, on pourrait regretter  quelques longueurs et certaines scènes qui paraissent tourner en rond, mais franchement rien de dérangeant. La plume de l’auteur est fluide, entraînante et légèrement perturbante ce qui fait que je suis rapidement entrer dans ce roman. Je lirai la suite avec grand plaisir.

 

Ma Note : 8/10

Origines Tome 4, Le Crépuscule des Dieux – Stéphane Przybylski

Résumé : Mai 1942.
Reinhard Heydrich se meurt dans un hôpital de Prague. à moins que… Le monde est à feu et à sang, l’humanité se consume dans les affres d’une guerre comme elle n’en a jamais connu. Dans le chaos du conflit qui déchire le monde d’hier s’esquisse déjà celui de demain, mais les véritables enjeux de cette boucherie planétaire se dévoilent enfin — bien plus cruciaux que tout ce qu’il était possible d’imaginer. Un futur que l’ancien SS Friedrich Saxhäuser refuse, qu’il ne permettra pas. Désormais coule dans ses veines l’impensable puissance révélée au cœur du Kurdistan irakien. Un pouvoir tel qu’il pourrait bien provoquer ce que, dans les secrets méandres du complot, tous redoutent : le crépuscule des dieux…

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : Il y a un peu plus de deux ans, je me suis lancé dans le premier tome de cette tétralogie sans franchement savoir dans quoi je me lançais. Je m’étais, à l’époque, laissé par convaincre par les différents retours, un résumé intrigant et une couverture accrocheuse. Trois tomes plus tard je dois bien admettre que je suis bien content de m’être lancé dans ce cycle qui n’était pas sans rappeler certaines séries SF, mélange de phénomènes paranormaux et de conspirations, qui ont accompagné mon adolescence. C’est donc logique que je me sois rapidement laissé tenter par ce quatrième tome qui vient conclure ce cycle, en me demandant comment allait s’en sortir l’auteur. Concernant la couverture, toujours illustrée par Aurélien Police, je la trouve superbe.

La fin du troisième tome nous avait offert quelques révélations fracassantes, des factions aux buts différents s’étaient révélées dans la quête de la découverte qu’à faite Saxhäuser lors du premier tome. De l’autre côté la guerre touche à sa fin, avec son lot d’horreur et de violence. Mais quel avenir va se dessiner pour l’humanité ? Alors autant le dire tout de suite, j’ai été surpris de la façon dont l’auteur traite la conclusion de son cycle, à la fois dans le bon sens, car j’ai été un peu pris à contre-pied et j’ai bien accroché, mais aussi je l’avoue avec une légère frustrations. Déjà j’ai trouvé que ce quatrième tome se construisait sur un rythme plus lent que les précédents. Un peu comme si par le fait que la guerre touche à son but, l’intrigue de fond, qui est construite depuis le premier tome, cherche par conséquent moins ici le côté intense et plein d’action. On se retrouve ainsi plutôt à jouer avec le lecteur sur la vérité, mettre en avant les zones d’ombres et les faits. Il faut dire que la construction, qui repose énormément sur des flashbacks, y joue pour beaucoup. Cela n’empêche pas non plus pour autant ce roman d’avoir de nombreuses scènes plus incisives, que ce soit toujours avec le héros principal Saxhäuser, ou bien encore l’introduction du passage de 2016. Attention, de mon côté avoir un roman plus posé ne me dérange en rien permettant d’offrir, ici, plus de densité, mais cela pourra peut-être en déranger certains.

D’ailleurs il est à noter qu’ici la confrontation va se révéler plus psychologique, un duel entre deux personnages dont je ne dirai rien, et qui se déroule en 2016 et non pas sur ce que laissait présager obligatoirement le tome précédent. Finalement ce roman porte bien son nom, Le Crépuscule des Dieux, se révélant être finalement un chant du cygne où la guerre laisse la place au conflit entre différentes factions en toile de fond. On se retrouve à tracer des décennies de notre histoire, comme la chute d’Hitler, la Guerre Froide, ou encore la traque de différents criminels de guerres qui se sont enfuis, pour aboutir à cette rencontre en 2016. L’ensemble se laisse lire aussi très facilement je trouve. L’auteur a franchement réussi à rendre ce récit fluide, vivant et entraînant, jouant de façon plutôt réussi avec les rebondissements et le chapitrage, pour faire qu’on se retrouve à vouloir en apprendre plus. L’aspect historique est d’ailleurs l’un des gros points forts de ce roman, l’auteur continuant à nous présenter de façon précise et efficace certains moments clés de notre Histoire tout en y apportant cette petite touche de science-fiction. Il arrive ainsi clairement à nous offrir un travail pointu, détaillé et soigné, tout en nous faisant croire que ces variations fantastiques ont pu réellement exister, que ce complot alien ait pu avoir lieu. C’est cette capacité à rendre le tout cohérent et réaliste qui offre un plus à l’ensemble.

Comme les trois premiers, ce récit devrait plaire aux amoureux des séries et films du genre X-Files et autres. On y retrouve tout ce qui en a fait le succès avec des aliens, des sociétés secrètes, des personnages mystérieux ou encore des jeux de manipulation et de pouvoir, mais aussi des points importants comme par exemple cette proposition d’une explication concernant Roswell. On se retrouve à suivre un panel de personnage, historiques ou non, variés, entraînants et efficaces. Chacun d’entre eux va devoir se retrouver à faire des choix avec plus ou moins de chance. On y retrouve avec plaisir Saxhausër, même s’il se retrouve un peu, je trouve, en retrait dans ce tome, mais aussi M. Lee qui continue à prendre de l’ampleur. L’auteur n’oublie pas ainsi de soigner ces héros, malgré son envie d’offrir une toile de fond dense et soignée, les rendant assez complexe pour qu’ils ne tombent jamais dans un côté manichéen, même les plus pourris d’entre eux. Je regretterai peut-être que certains personnages restent un peu en surface et soient traités un peu rapidement, ainsi que certains aspects un chouïa caricaturaux cher certains d’entre-eux, mais franchement rien de trop gênant. Dans tous les cas chacun des personnages que l’on a croisé aura à un moment ou à un autre un rôle à jouer.

Ce tome ne manque pas non plus à chercher à nous faire réfléchir, comme par exemple sur la notion d’expérimentations durant la guerre et dans les années qui ont suivi, sur la notion de pouvoir, d’éthique ou bien encore la notion de justice et d’avenir. Alors parfois l’auteur en fait un peu trop dans sa façon de présenter les choses, manquant de finesse, mais franchement rien de dérangeant. Pourtant certains points m’ont en partie dérangé avec ce dernier tome. J’ai ainsi été un peu frustré que le duel entre Saxhäuser et le personnage de la fin du troisième tome passe finalement un peu au second plan, lui enlevant une partie de sa tension amené pourtant avec la conclusion du tome précédent. Ensuite j’ai trouvé que un ou deux passages n’apportaient pas obligatoirement grand-chose ainsi qu’une ou deux facilités ici ou là, même si de ce côté là rien de trop bloquant. Enfin j’ai trouvé une certaine linéarité dans l’intrigue, car même si l’auteur joue bien avec les flashback et maîtrise sa narration, l’avancée de l’intrigue s’avère en partie prévisible. Au final quelques défauts, mais qui n’enlève en rien au fait que cette tétralogie s’avère très sympathique à lire et à découvrir selon moi. La conclusion proposée, très ouverte, pourra peut-être en bloquer certains, mais de mon côté m’a plutôt bien plu apportant une certaine notion d’espoir, certes qu’on pourrait trouver légèrement naïve, mais qui m’a accroché, car on sent que rien n’est gagné et l’histoire continue. La plume de l’auteur s’avère simple, efficace et entraînante et je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très sympathique moment de lecture avec ce quatrième et dernier tome qui m’a, en partie, pris à contre-pied dans son traitement, même si certains points m’ont aussi légèrement frustré. Ce tome est ainsi porté par un rythme plus lent que les précédents, nous proposant une intrigue moins porté sur l’intense mais plus sur les jeux des pouvoirs des différentes factions apparues à la fin du quatrième même si cela n’empêche pas certaines scènes d’actions de se révéler percutantes. J’avoue je me suis laissé porté par ce récit en forme de chant du cygne annonçant la fin d’un cycle, mais cela pourra peut-être en bloquer certains. L’un des gros points forts de ce cycle vient clairement du travail historique proposé par l’auteur, le tout mâtine de touches fantastiques qui paraissent très cohérentes, réalistes et collent parfaitement au récit. La touche très X-Files et série du genre apportent un vrai plus à l’ensemble. Les personnages ne manquent pas non plus d’attraits ne tombant jamais dans le manichéisme et s’avérant convaincant, même si j’aurai aimé que certains secondaires soient un peu plus développés où tombent un peu dans la caricature. Un tome qui nous offre aussi quelques réflexions comme sur la notion d’expérimentation, d’avenir ou encore de pouvoir. Alors après je regretterai un certain manque de tension du fait du choix de narration dans le duel entre Saxhausër et un personnage dévoilé à la fin du tome précédent. Une ou deux passages m’ont paru ne pas apporter grand chose au récit et enfin une certaine linéarité se fait ressentir. Au final des défauts qui n’empêchent pas pour autant ce dernier tome de s’avérer très sympathique, offrant une conclusion qui pourra peut-être en déranger certains, mais qui m’a bien accroché. La plume de l’auteur s’avère simple, efficace et entraînante et je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur sans soucis.

 

Ma Note : 7/10

 

Autre avis : Dionysos (Bibliocosme), Apophis, Au Pays des Cave Trolls, …

Le Bâtard de Kosigan Tome 3, Le Marteau des Sorcières – Fabien Cerutti

Résumé : 1341, sur les traces de son passé, le Bâtard de Kosigan et sa compagnie s’enfoncent dans les profondeurs de l’Empire germanique au service d’un puissant seigneur du Rhin. Les mystères s’épaississent, mêlant complots, magie et religion, sur fond de chasse aux sorcières. Le chevalier devra naviguer avec prudence sur des eaux redoutables où l’Inquisition rôde et où il est parfois difficile de distinguer amis et ennemis. À quelques siècles d’intervalle, Kergaël de Kosigan tente d’élucider les interrogations soulevées par les écrits de son ancêtre. Mais remuer les secrets de l’Histoire s’avère périlleux et la vérité a toujours un prix.

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Il y a un peu plus de deux ans maintenant, je me suis lancé dans la découverte des aventures de ce Bâtard de Kosigan un peu sur un coup de tête. J’ai ainsi plongé dans un cycle dont les deux premiers tomes m’ont offert un bon moment de lecture, efficace et entraînant, avec son lot de mystères et de complots (ma chronique du Tome 1, Tome 2). D’ailleurs la fin du second tome, lassait quelques questions secondaires en suspend dont la suite devait nous dévoiler les réponses, que ce soit en partie sur le passé du Bâtard comme sur la ligne temporelle de 1899 et j’avais hâte de me plonger dans cette suite. Concernant la couverture, illustrée par Emile Denis, elle est dans la même lignée que les précédentes et s’avère sympathique.

Après l’indépendance de la Champagne, puis les prémices de la guerre de Cent ans, cette fois notre bâtard va aller visiter l’Empire Germanique, puisque lui et sa troupe ont été engagés par l’herzog Dagmar, le tout sur fond d’élection du nouvel empereur. Sauf que voilà, notre chevalier n’est pas là que pour simplement remplir sa mission et son compte en banque, il espère aussi en apprendre plus sur certains secrets qui le concerne. Plusieurs siècles plus tard, le descendant de Kosigan cherche toujours à en apprendre plus sur ses fameuses origines et aussi sur ce fameux passé ou la féérie est de mise, mais a complètement disparu depuis. Franchement, une fois la dernière page tournée je dois bien admettre que je continue à passer un bon moment avec les aventures trépidantes de ce héros, mais voilà pour autant ce tome m’a, d’une certaine façon, un petit peu plus frustré que les premiers. Alors clairement, on y retrouve les qualités et les défauts des autres tomes. L’auteur a ainsi toujours cette capacité à nous offrir une histoire et une intrigue qui se révèle fluide, sans temps, morts, terriblement efficace et entraînante. On a ainsi l’impression de plonger dans un récit très visuel, vivant, qui nous captive assez rapidement et dont on tourne les pages avec un minimum d’envie d’en apprendre plus. Surtout que, comme les deux premiers, le récit ne manque pas de rebondissements, le tout porté par une narration qui nous immerge assez finalement dans ce récit, toujours porté par un chapitrage assez court et percutant.

Concernant l’intrigue en elle-même, le récit est toujours scindé en deux avec une partie de l’histoire au 14ème siècle concernant le bâtard et une autre sur deniers jours du 19ème siècle, début du 20ème siècle avec son descendant. Cette dernière, dans les tomes précédents, m’avait laissé un peu perplexe, car même si elle n’était pas en soit mauvaise, elle n’apportait pas toujours grand chose à l’ensemble. Sauf que voilà, dans ce troisième tome, elle va prendre enfin de l’importance, la vérité va finalement commencer à se dévoiler, des organisation secrètes vont se révéler. Notre héros, Kergaël, va alors avoir fort à faire pour essayer de comprendre le passé et déterminer comment cet aspect mystique et magique a bien pu disparaitre de tous les livres d’Histoire et en quoi son ancêtre est impliqué dans tout cela. Les luttes de pouvoir dans l’ombre prennent donc une plus grande importance et j’ai  ainsi beaucoup plus facilement accrocher à cette partie de l’intrigue qui se densifie et se complexifie de façon efficace, surprenante et captivante. On pourrait reprocher peut-être un ou deux hapitre qui tombent un peu dans le côté professoral et académique concernant l’histoire de la mainmise de la religion chrétienne, mais franchement rien de très dérangeant tant le voile de mystère se lève enfin et donne clairement envie d’en apprendre plus.

Le soucis c’est qu’à l’inverse, l’intrigue qui tourne autour du 14ème siècle de son côté perd un peu de ce qui faisait de son attrait dans les tomes précédents. En effet, comme tout bon vase communiquant, vu que le roman ne peut pas doubler son nombre de pages, quand une intrigue prend de plus en plus d’ampleur, l’autre voit son volume obligatoirement diminuer. A moins de trouver un juste milieu parfait, cela se ressent obligatoirement ce qui a pour conséquence ici, je trouve, de donner l’impression que l’intrigue du bâtard en Empire Germanique est, tout d’abord, une introduction et ensuite elle est traitée un chouïa rapidement. En effet il faut savoir que ce troisième tome appelle obligatoirement à lire le quatrième pour les deux intrigues, contrairement aux précédents qui voyaient le Chevalier de Kosigan et sa troupe de mercenaires à minima terminé leurs missions, même si certains fils rouges secondaires restaient ouverts. Attention je ne dis pas que cette partie de l’intrigue est mauvaise, non elle a de nombreux attraits et offre quelques mystères, mais voilà elle perd un peu de son énergie et surtout là où elle prenait le temps de se construire à chaque fois dans les deux premiers tomes, donne ici l’impression d’aller un peu vite pour compenser. C’est légèrement frustrant, même si on se laisse quand même porté par les aventures de nos héros.

Concernant l’univers il continue à se révéler solide et intéressant, avec ce mélange d’Histoire et de féérie. Cette idée que des êtres fantastiques auraient existé et auraient influencé notre Histoire avant d’être complètement effacé ne manque pas d’attrait. Surtout que Fabien Cerutti arrive à lier les deux avec facilité, sans jamais donner l’impression de complètement différer de l’Histoire. Un vrai travail d’orfèvre qui sonne juste et offre une image de fond captivante. Cette fois-ci on se penche un peu sur les sorcières et surtout sur le rôle de l’Inquisition et de son importance dans la chasse aux sorcières, avec tout ce que cela peut soulever comme réflexions. On découvre aussi un peu l’Empire Germanique, ses jeux de pouvoirs et son importance. Alors comme je l’ai dit, vu que l’intrigue sur le Bâtard est plus « courte » il est un peu tôt pour juger de ce qu’apporte ces deux éléments, mais en tout cas pour le moment ils sont plutôt bien introduits et soulèvent des questions qui demandent des réponses. Concernant les personnages, ils sont toujours aussi intéressants et efficaces à suivre. Le bâtard, même s’il a toujours ce côté tiré un peu des films d’espion de tombeur avec son lot de femme fatale, va devoir se surpasser, car sa mission est loin d’être gagnée et elle risque même de lui en couter beaucoup. Son descendant, Kergaël, même si par moments certaines transitions paraissent un peu facile, continue à nous captiver par une certaine fougue, une certaine folie. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste et je ne doute pas que certains d’être eux devraient prendre de l’ampleur par la suite. L’ensemble est aussi porté par des dialogues énergiques et qui ne manquent pas non plus d’humour bienvenue qui offre un équilibre avec ce côté sombre historique.

Concernant la conclusion, et principalement le cliffhanger, elle est à la fois, pour moi, un point fort et un point, je ne dirai pas faible, mais peut-être frustrant. C’est bien simple le tome trois et quatre, qui va sortir prochainement, forment un tout. Par conséquent oui conclure sur une telle ouverture, pour peu qu’on se soit laissé porter par le récit, donne obligatoirement envie de lire la suite. Mais voilà, d’un autre côté on a l’impression d’un récit coupé en deux. Alors je deviens peut-être vieux, mais pour moi, de plus en plus, ce genre de fin me laisse perplexe. Je ne parle pas obligatoirement de cette série, dont d’ailleurs je trouve que justement Fabien Cerruti s’en sort plutôt bien en proposant quelque-chose d’intéressant avant de conclure, mais plutôt d’un effet que je vois de plus en plus dans des romans. Un peu comme si tout le récit était basé et construit simplement sur ce fameux cliffhanger, ce qui marche sûrement pour d’autres lecteurs, mais moi me laisse perplexe. De plus c’est un peu compliqué car il faut différencier le cliffhanger qui vient clôturer un tome d’une certaine façon logique et celui qui donne plus l’impression de dire « bah désolé j’ai pas pu finir mon récit, donc tiens, après une belle introduction, je te coupe dans ce moment Argh! pour te faire revenir » et tout dépend clairement de ce qui a été proposé avant. Je vais arrêter de digresser, cette réflexion s’avérant plus général et, comme je l’ai dit, ne concernant pas obligatoirement ce tome du bâtard qui propose plus que ce simple suspens, mais voilà comme dernièrement j’en lis de plus en plus, je me suis permis de faire un point, car cela peut jouer sur mon ressenti. Dans tous les cas, ce troisième tome s’avère sympathique à lire, bien porté par une plume vivante, efficace et entraînante et je lirai la suite avec plaisir pour enfin connaître la conclusion à certaines questions.

En Résumé : J’ai passé un  agréable moment avec ce troisième tome des aventures du Bâtard de Kosigan. On plonge ainsi toujours dans cette double intrigue qui voit cette fois-ci celle de Kergaël de Kosigan, au début du 20 ème siècle, prendre de l’ampleur et un peu damer le pion à l’intrigue du Chevalier. Elle se dévoile enfin et contrairement aux tomes précédents où je trouvais qu’elle n’apportait pas toujours énormément, devient ici plus captivante, malgré un ou deux chapitres au ton un peu trop académique. Mais cela a pour effet aussi d’éclipser un peu le fil rouge du Bâtard que j’ai trouvé un peu moins dense, un peu moins rythmé, légèrement introductif et traité sur certains points un peu rapidement, ce qui est légèrement frustrant. L’univers continue à s’avérer solide et efficace, nous amenant cette fois en plein Empire Germanique avec en toile de fond la montée de l’inquisition et toutes les questions que cela peut soulever. Les personnages sont toujours bien présents, avec ce bâtard, que je trouve toujours un peu trop James Bond tombeur de ces dames, entouré de femmes fatales mais qui va devoir faire très attention sous peine de perdre beaucoup. Kergaël de son côté s’avère tout aussi énergique et prenant. Un troisième tome bien porté par un chapitrage court et une narration fluide et vivante qui fait qu’on se laisse facilement porter jusqu’à cette conclusion cliffhanger. En effet le troisième et quatrième tome ne forment qu’une histoire, ce qui peut s’avérer un peu frustrant, surtout que j’ai l’impression qu’il s’agit d’un procédé à la mode dernièrement, même si ici cela m’a moins dérangé que pour d’autres romans. Maintenant cela n’enlève rien aux qualités de ce tome, mais lui donne peut-être une légère impression de tome d’introduction. Le tout est porté par une plume vivante et entraînante qui fait qu’on plonge avec plaisir dans les aventures de nos héros et je lirai la suite avec un minimum de plaisir et d’envie d’avoir enfin des réponses aux questions qu’on se pose.

 

Ma Note : 7/10

 

Autres avis : Dionysos, l’Ours Inculte, Célindanaé, Dup,

Concours 7 ans du blog !

Sept ans de blog ce n’est quand même pas négligeable et je n’allais pas manquer de faire quelque-chose pour fêter ça. Pour vous remercier d’être toujours là alors que je  vous force à lire des chroniques de plus en plus longue, j’ai pris le temps d’organiser un petit concours. Bon j’avoue, je m’y suis un peu pris en retard ce qui fait que je n’ai pas pu finalisé l’opération pour le jour de l’anniversaire du blog, mais ce n’est que partie remise puisque le voilà.

Je tiens à remercier les éditions Mnémos et Le Bélial’ qui ont décidé de m’accompagner pour cet évènement.

Mnémos

La maison d’édition vous propose de gagner le lot suivant :

Le cycle complet des Extraordinaires & Fantastiques Enquêtes de Sylvo Sylvain Détective Privé de Raphaël Albert (soit 4 tomes en format papier).

Un cycle qui met en scène les mémoires de l’Elfe Sylvo Sylvain vivant à Panam et qui exerce la profession de Détective Privé. Je ne reviendrai pas sur le cycle (vous pouvez retrouver mes chroniques du tome 1, tome 2, tome 3, tome 4) qui m’a offert un excellent moment de lecture entre complots, secrets, action et Steampunk et dont le tout dernier tome vient d’être publié.

La gagnante est Soubeyrou

Le Bélial’

La maison d’édition vous propose de gagner le lot suivant :

Capitaine Futur Tome 1 : L’Empereur de l’Espace et Tome 2 : A La Rescousse d’Edmond Hamilton.

Il y a Simon Wright, dit le Cerveau, ce qu’il est, littéralement, et dans un bocal de sérum : un scientifique exceptionnel. Et puis Grag, la montagne de fer indestructible dotée d’outils intégrés étonnants. Sans oublier Otho, l’androïde synthétique, spécialiste du combat rapproché, de l’infiltration et du camouflage. Ils sont les Futuristes, la plus stupéfiante association qui puisse s’imaginer. Et enfin il y a celui qu’ils ont élevé, celui qu’ils ont juré de protéger, celui qui est devenu leur leader : Curt Newton, le géant roux, le sorcier de la science doté d’un esprit hors normes, infatigable justicier connu des peuples du Système sous le nom de capitaine Futur.
Tous quatre veillent sur les neuf mondes et au-delà, attentifs, depuis leur base lunaire à l’emplacement secret.

Vous pouvez retrouver ma chronique du Tome 1 ici et je compte lire le Tome 2.

Les gagnants sont Lianne / Poussard T. / Krystov

 

Conditions :

Concours du 04/10/2017 au 11/10/2017 inclus.

 Les règles de participations sont les suivantes :

  • Choisissez dans le formulaire ci-dessous pour quel(s) titre(s) vous souhaitez tenter votre chance
  • Concours ouvert à tous et à toutes
  • Les livres mis en jeu sont en version papier
  • Il y aura un(e) gagnant(e) différent à chaque fois, soit quatre gagnant(e)s (Un(e) pour le lot de chez Mnémos, Trois pour le lot de chez Le Bélial’).
  • Indiquez votre nom ou pseudo ainsi qu’une adresse mail valide pour pouvoir vous recontacter si vous gagnez
  • Tout formulaire incomplet sera considéré comme nul
  • Les livres seront directement envoyés par les éditeurs, ni eux ni moi ne seront responsables d’éventuels problèmes postaux !

Résultats :

Le tirage au sort sera effectué le 12 octobre 2017 et les résultats seront donnés sur cette page dans les jours qui suivent.
Les noms des gagnants seront affichés de la façon suivante : pseudonyme, si celui-ci a été donné, ou prénom, initiale du nom si aucun pseudonyme n’a été donné.

 

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Bonne chance !

Les gagnants seront contactés par mail. Sans réponse sous un délai maximal de 15 jours un nouveau tirage au sort sera réalisé.

The Broken Earth Book 3, The Stone Sky – N.K. Jemisin

Résumé : THIS IS THE WAY THE WORLD ENDS… FOR THE LAST TIME.
The Moon will soon return. Whether this heralds the destruction of humankind or something worse will depend on two women.
Essun has inherited the power of Alabaster Tenring. With it, she hopes to find her daughter Nassun and forge a world in which every orogene child can grow up safe.
For Nassun, her mother’s mastery of the Obelisk Gate comes too late. She has seen the evil of the world, and accepted what her mother will not admit: that sometimes what is corrupt cannot be cleansed, only destroyed.

Edition : Orbit

 

Mon Avis : Je dois bien admettre que j’attendais le troisième et dernier tome de ce cycle, dont j’ai découvert les premiers volumes il y a quelques mois, lors de mon mini challenge pour les prix Hugo avec impatience . J’avais été rapidement emporté par un premier tome excellent, proposant un univers riche et prenant avec des personnages attachants (ma chronique ici), puis un second tout aussi prenant, même s’il faisait un peu transition (ma chronique ). C’est donc sans surprise que ce troisième et dernier tome a dès sa sortie rejoint ma PAL et que je me suis rapidement jeté dessus, en espérant que l’auteur maintienne le niveau des deux premiers tomes. A noter que ceux-ci ont gagné les prix Hugo de 2015 et 2016. Alors, comme souvent lors de chroniques de séquelles, il risque d’y avoir des spoilers sur les tomes précédents.

Ainsi, après un premier tome de révolution, un second tome de guerre, nous plongeons dans ce troisième tome qui va s’annoncer comme une reconstruction, une sorte de rédemption. On se retrouve toujours à suivre Essun et Nassun, la mère et la fille, dont l’affrontement est inévitable, mais The Stone Sky va aussi nous permettre d’en apprendre plus sur le passé de ce monde. Franchement, j’avoue que j’avais un peu peur de m’ennuyer dans ce tome, les grandes lignes étant tracé à la fin du second tome, pourtant une fois la dernière page tournée je dois bien admettre que j’ai à nouveau passé un excellent moment avec ce livre qui conclut de façon très très intéressante et réussie ce cycle. L’auteur a réussi à garder une certaine tension, une construction prenante qui fait que même si la rencontre finale est prévisible, le voyage des deux héroïnes ne va pas manquer de nous captiver et de nous emporter. On se retrouve ainsi à tourner les pages avec l’envie d’en apprendre plus, surtout que l’auteur a rajouté un nouveau fil rouge à son intrigue. En effet le narrateur du cycle, Hoa le Stoneater, nous raconte comment le monde s’est déchiré. Les trois fils narratifs viennent ainsi se répondre d’une façon que j’ai trouvé judicieuse, proposant de façon réussie aventures, réflexions et surprises ce qui compense largement l’impression que le récit peut paraitre balisé dans ses grandes lignes. On retrouve aussi cette tension face aux évènements qui arrivent, aux choix qui vont devoir être faits, qui monte lentement au fil des pages jusqu’à la conclusion. Alors attention, le cycle The Broken Earth n’a jamais cherché à proposer de l’action pure ou un récit sans temps morts, mais cela ne l’empêche pour autant d’offrir un climax prenant et entraînant.

L’univers que développe l’auteur depuis le premier tome s’avère toujours aussi réussi, solide et efficace surtout qu’il continue à gagner en profondeur. Ce qui me fascine surtout c’est la façon dont il est présenté, sans chercher à se plonger dans de longues descriptions, l’auteur parvient en quelques mots à rendre vivant et dense ce monde proche de la fin. On ressent ainsi clairement ce côté âpre, sauvage, violent et survivaliste qui nous est présenté, dans un style concis. C’est un vrai tour de force, car il faut trouver le juste milieu entre happer le lecteur et éviter de l’ennuyer ou de le frustrer par des vides, des absences. On découvre ainsi une planète de plus en plus proche de la fin, situation exacerbant les haines, l’envie de survivre coûte que coûte, faisant ainsi disparaitre toute morale et poussant chacun dans ses derniers retranchements. Sauf que ce dernier tome nous montre une lueur d’espoir, une possibilité d’un tant soit peu améliorer les choses. Des structures sociales vont ainsi commencer à  se mettre en place, mais cela ne se fera pas sans mal. Le jeu sur les genres de l’imaginaire devient ici de plus en plus marqué, le monde présenté n’étant pas obligatoirement un avenir possible du nôtre,mais y faisant néanmoins écho.

D’ailleurs l’autre intérêt de cet univers vient des révélations dévoilées au fil des pages sur le passé de cet univers. On va ainsi découvrir à travers les yeux de Hoa ce qui a amené l’apocalypse, l’apparition des saisons et j’avoue que l’explication présenté par l’auteur s’avère, selon moi, accrocheuse, intéressante, percutante et intelligente. Sans trop en dévoiler on découvre une sorte de monde utopiste où la technologie est très présente et cherche à en maîtriser encore plus d’aspects, certes avec un but qui reste bienveillant et honorable, mais qui n’est jamais sans conséquences. On découvre aussi que cette utopie a des failles, qu’elle cache de nombreux secrets que je vous laisse découvrir. Un flashback captivant, qui ne laisse pas indifférent. On y retrouve aussi, comme dans les deux premiers, de nombreux axes de réflexions que ce soit aussi bien sur la notion d’oppression, de différence, de rejet, d’amour, de famille, de discrimination, d’environnement, de la façon dont on gère nos ressource, notre planète, le tout traité avec énormément de justesse pour pousser le lecteur à se questionner. Un vrai travail qui ne manque pas non plus de faire écho à notre société. Un univers dur, qui est là pour nous pousser à nous demander vers quoi nous nous dirigeons, quelles influences vont avoir les actes et les choix que nous faisons actuellement. Un vrai tour de force qui prend encore plus d’ampleur avec le flashback pour moi.

Tout cela est aussi porté efficacement par les deux héroïnes que sont Essun et Nassun qui s’avèrent charismatiques et marquantes dans leur construction. N.K. Jemisin nous présente ainsi deux personnages qui ont été forgé par le monde qui les entoure, elles n’ont jamais pu franchement profiter de leurs vies à cause de leurs différences, la haine et la peur des autres. Elles ont dû faire face à un monde qui ne voulait pas vraiment d’elles et qui, dans la haine et la violence, ont continué à chercher une parcelle d’amour, un peu d’acceptation de ce qu’elles sont sans les juger, à être appréciées pour elles-mêmes et non pour l’image qu’elles projettent. Une mère et une fille qui paraissent finalement si proches dans la façon dont elles ont avancées, mais qui pourtant ont une vision différente, là où l’une continue à croire en l’espoir, l’autre sait que le seul moyen de faire disparaitre la haine est peut-être une solution plus radicale. On découvre ainsi deux héroïnes humaines, touchantes, attachantes et dont on comprend, par leur construction et leur évolution, les choix qu’elles sont amenées à faire. Un tome qui met clairement en avant la notion de lien mère/fille, ce qui rapproche l’une de l’autre, la notion d’amour, mais aussi la distance qui apparait obligatoirement devant leur évolution individuelle, le fait que Nassun n’est plus une enfant et peut prendre ses propres décisions. Une vraie réflexion sur la notion de famille et le fait de voir, d’une certaine façon, son enfant grandir, de ne pas avoir su la protéger comme il faudrait. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste, proposant des profils intéressants, complexes qui apportent à l’intrigue, même si parfois j’aurai quand même aimé que certains soient un peu plus développés.

Alors certes on pourrait peut-être regretter une voir deux facilités, une fin à moitié prévisible, mais franchement, rien de bien dérangeant tant j’ai trouvé que ce dernier tome venait conclure de façon très réussie et efficace ce cycle. D’ailleurs c’est bien simple je trouve que cette trilogie mérite clairement d’être découverte tant elle offre un excellent moment de lecture, ne laisse pas indifférent et pousse à la réflexion en offrant un miroir à un possible futur plausible de notre monde. Bien entendu ce n’est que mon avis, vous pourriez tout aussi bien passer à côté, voir ne pas accrocher, mais je conseille de lui laisser une chance. Concernant la plume de l’auteur elle s’avère toujours aussi soignée, efficace et entraînante trouvant les mots justes pour happer le lecteur dans son histoire et son univers. N.K. Jemisin confirme ainsi tout le bien que je pensais de ses écrits après sa première trilogie et je lirai sans souci d’autres de ses récits.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce troisième et dernier tome de cette série qui vient clore de façon efficace et réussie The Broken Earth. J’étais un peu inquiet de ne pas accrocher à cette fin tant le chemin pouvait paraitre balisée suite à la conclusion du second tome, mais l’auteur a su relever le défi et offrir une conclusion maîtrisée et captivante. Elle a ainsi réussi à garder une certaine tension dans la dualité entre Essun et Nassun, tout en y ajoutant une nouvelle ligne d’intrigue avec un flashback sur ce qui abouti à l’apocalypse qui ne manque pas de passionner. Elle oscille ainsi efficacement entre ses trois narrations, offrant surprise, rebondissements et réflexions. L’univers construit s’avère toujours aussi fascinant à découvrir, surtout que le retour dans le passé permet de le densifier encore un peu plus. Un passé d’une certaine façon utopiste dans ses envies et ses ambitions, mais qui va se dévoiler comme on s’en doute plus complexe qu’on peut le croire. Le présent avec Nassun n’est pas en reste, avec toujours ce monde sauvage, âpre, violent mais qui amener les prémices de changement et d’espoir. Le gros point fort vient ainsi des nombreuses réflexions qui sont soulevées au fil des pages. Que ce soit sur les discriminations, le rejet, l’extinction, le fanatisme, l’environnement, la façon dont on gère notre planète, la famille, l’amour ou encore l’endoctrinement cela ne laisse pas le lecteur indifférent. Surtout que N.K. Jemisn le fait avec justesse, sachant nous toucher et, je trouve, nous pousser à nous remettre en cause. Les personnages sont captivants, denses nous présentant deux héroïnes charismatiques, touchantes et attachantes. Deux visions d’un monde sans merci et violent, mais où l’une garde espoir, là où la seconde, face à l’horreur, ne voit que la fin pour permettre de tout arranger. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste s’avérant réussis. Alors certes on pourrait reprocher une deux facilités, une fin en partie attendue, mais le tout est balayé par la réussite de l’œuvre bien porté par une plume efficace, soignée et entrainante. Je conseille la découverte de cette œuvre, je ne dis pas qu’elle vous plaira obligatoirement, mais faites-vous une idée car il serait, pour moi, dommage de passer à côté.

 

Ma Note : 9/10

Les Extraordinaires & Fantastiques Enquêtes de Sylvo Sylvain Détective Privé Tome 4, De Bois & De Ruines – Raphaël Albert

Résumé : Perdu dans les brumes de l’opium du lotus et du souvenir, Sylvo Sylvain pensait que tout était fini. Il se trompait.
Dans un Panam dévasté par la guerre civile, Pix et Le Bras viennent le tirer de la fumerie où il s’était réfugié car la nouvelle Médiane, celle qui lui est si précieuse, celle qui pourrait sauver la Forêt, a été enlevée. Toujours-Verte a un besoin vital de lui.

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Il y a un peu plus de six ans maintenant, je découvrais un peu par hasard le premier tome de cette série. En effet j’avais été convaincu de me laisser tenter par ce cycle grâce ma rencontre avec l’auteur aux Imaginales, mais aussi par l’illustration de couverture de ce Rue Farfadet qui attirait le regard. Je suis bien content de m’être laissé tenter car, depuis, aucun des trois tomes publiés ne m’a déçu, m’offrant toujours de bons moments de lecture (chronique du Tome 1, Tome 2, Tome 3). Par conséquent quand j’ai vu que le quatrième et dernier tome de cette série allait être publié et qu’on m’a proposé de le découvrir, je n’ai pas hésité longtemps avant de me laisser tenter. Concernant la couverture, elle change d’illustrateur, cette dernière étant d’Emile Denis là où les trois premières étaient d’Aurélien Police, et même si je la trouve très sympathique elle ne retrouve pas ce côté éthéré et onirique que proposaient les premières. Par contre il risque d’avoir quelques spoilers sur les premiers tomes dans ma chronique.

On plonge dans ce roman quelques semaines à la suite de la fin du second tome, retrouvant Sylvo à Panam. Pour rappel la fin du volume deux nous abandonnait dans la capitale en pleine révolution, Sylvo bouleversé par les derniers évènements, les morts et la révélation sur son passé allait s’enfermer dans une fumerie d’Opium pour plonger dans ses souvenirs et oublier, le troisième tome étant un flashback entier sur son passé. Sauf que la vie ne s’arrête pas, Pixel, son précieux compagnon, va ici le sortir de sa fumerie pour une mission importante qu’il ne peut refuser. Quel plaisir de retrouver Sylvo et ses compagnons dont ce dernier tome m’a offert un très bon moment de lecture. Alors soyons clairs, l’intrigue n’a rien de franchement révolutionnaire dans son fil rouge, une nouvelle enquête qui va emmener nos héros de péripéties en péripéties jusqu’à sa résolution. Pourtant, cela n’empêche pas pour autant de la rendre solide et prenante déjà, dans un premier temps, par la quête de rédemption du héros, mais aussi par les nombreux rebondissements et les nombreuses surprises qu’offre l’auteur dans ce dernier tome. On retrouve ainsi avec plaisir notre détective sylvain et son équipe de choc dans ce qui pourrait être leur dernière grande aventure.

Sauf que voilà ce fil rouge et autant policier que Fantasy, le récit est autant construit, je trouve, comme un polar que comme une quête de Fantasy ce qui, d’une certaine façon je trouve, le rend très intéressants. C’est ce jeu sur les genres qui a fait que je me suis retrouvé à tourner les pages avec envie. Il arrive clairement à donner une patte différente à ce qui est classique. On est clairement dans la quête du héros sauf qu’ici pas obligatoirement de monde à sauver, pas de lutte entre le bien et le mal, juste un besoin de pardon. Par contre, c’est vrai, cette construction rend le tout peut-être un peu linéaire, mais cela n’empêche pas autant l’intrigue de s’avérer accrocheuse. Il faut dire que l’ensemble s’avère maîtrisé et toujours aussi sombre et percutant ce qui fait qu’on se laisse ainsi porter par le récit avec l’envie de savoir comment ils vont s’en sortir. C’est d’ailleurs, pour moi, ce côté sombre voir mélancolique associé à un rythme incisif, vivant et des dialogues dynamiques, plein d’humour et hauts en couleurs qui offre un vrai plus à cette série. Alors certes, on pourrait trouver que l’auteur en fait un peu trop au niveau des incidents qui jalonnent le chemin de nos héros, mais franchement rien de très bloquant ou dérangeant je trouve.

Le premier gros point fort de ce récit vient clairement de l’univers qui nous est proposé. On plonge toujours avec grand plaisir dans ce Panam varié, avec de fortes pointes de Steampunk qui ne laisse pas indifférent. Il faut aussi dire que l’imagination débordante de l’auteur et son travail de description très soigné et dense font qu’il devient rapidement captivant et se révèle très visuel et prenant. Surtout que Panam a bien changé, la révolution en cours laisse des traces sur la ville, la vie et des perturbations aussi bien humaines, magiques et mystiques vont rendre cette Panam limite hostile. Elle qui était si accueillante connait des heures sombres, des bouleversements aussi bien humains que politiques et s’offre même une légère réflexion sociale et sur le changement. On y retrouve aussi toujours cette grande diversité qui la caractérise tant, avec ses nombreux peuples, féériques ou non, dont la cohabitation va être mise à mal par les bouleversements politiques et les privations. Ce quatrième et dernier tome va d’ailleurs nous offrir de nouvelles créatures fantastiques, mais je ne dévoilerai rien pour ne pas vous spoiler. C’est un Panam en pleine survie que l’on découvre, plus sombre, plus violent qui colle parfaitement à la quête du héros de rédemption et d’espoir. On y retrouve aussi toujours régulièrement les clins d’oeil, des références que l’auteur place dans son récit comme dans le noms de rues ou de lieux que l’on croise et qui ne manquent pas de faire sourire. L’aspect magique ne manque pas non plus d’attrait dans sa variété, même si je regretterai peut-être certaines facilités dans son utilisation qui fait parfois un peu penser au Jeu de rôle.

Les personnages sont, pour moi, l’autre point fort du roman, principalement son héros Sylvo Sylvain. Il faut dire que Raphaël Albert nous brosse un héros principal très complexe, loin d’être parfait et dont le troisième tome a dévoilé certains de ses terribles secrets qu’on ne lui pardonnera jamais vraiment, mais qui ne l’empêche pas de se révéler attachant et touchant. C’est vraiment un personnage compliqué à décrire, car il y a un vrai travail mené sur lui et ce quatrième tome arrivait justement après l’impardonnable, notre héros devait se battre pour une rédemption, ou tout du moins montrer qu’il est plus que ce terrible crime. Je dois bien admettre qu’il s’en sort justement bien, évitant d’aller dans un extrême ou dans l’autre, comme vouloir diminuer ce secret, ou de vouloir lui offrir le pardon. Il nous montre ainsi un personnage principal qui, quoiqu’il fasse, aura toujours ce poids, certes mérité, sur les épaules, mais qu’il ne doit pas pour autant arrêter de vivre. Il nous montre un personnage qui ne retrouvera jamais sa vie d’avant, ce qui en est impossible, mais qui doit pourtant avancer et apprendre. L’auteur a franchement réussi à trouver ce juste milieu, cette justesse dans le ton qui fait que le lecteur ne peut pardonner cette faute, mais que Sylvo reste pourtant humain, sympathique et qu’à défaut de lui pardonner l’impossible, il mérite une chance et donne envie de le suivre. Après le soucis d’un personnage aussi « prenant » et développé c’est que les personnages secondaires ont un peu de mal à s’imposer. Cela ne les empêche pas de se révéler intéressants, principalement face à l’évolution de leurs relations en conséquence des derniers évènements et des dernières révélations, mais voilà on aurait aimé parfois qu’ils soient encore plus denses.

Alors après on pourrait reprocher à ce tome de remettre l’action et le côté policier en avant parfois un peu au profit de l’émotion, principalement face à certains personnages secondaires. J’ai aussi noté quelques longueurs, parfois au niveau du travail descriptif des personnages, mais franchement rien de très dérangeant tant j’ai apprécié ce cycle et que cette conclusion que nous propose ce dernier tome s’avère efficace et marquant. La plume de l’auteur s’avère toujours aussi efficace, dense et soignée et elle nous happe à nouveau assez rapidement et facilement dans son univers pour ne plus nous lâcher. Par contre, même si l’auteur fait des rappels, si comme moi vous avez suivi les publications grand format il va parfois faire travailler votre mémoire et même si la mienne est plutôt efficace il m’a fallu parfois la faire travailler fortement pour me rappeler de certains points. Au final même si ce dernier tome a quelques défauts, c’est un adieu efficace et plein d’émotion avec Sylvo, avec un léger sentiment de mélancolie et qui m’a offert un très bon moment. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce quatrième et dernier tome de ce cycle qui nous propose un récit qui, certes, reprend les codes du polar et de la Fantasy classique, mais qui s’avère solide et efficace, l’auteur arrivant clairement à y apporter sa patte. On se retrouve ainsi à tourner les pages avec plaisir et envie d’en apprendre plus. L’univers est très réussi et captivant à découvrir, ce Panam mélange de Steampunk, où on retrouve un grande diversité d’être fantastiques qui se côtoient. Sauf que dans ce quatrième tome la belle Panam est au plus mal, la révolution est arrivée et des perturbations, aussi bien humaines, magiques et mystiques la rendent hostile. Une Panam sombre, violente et hasardeuse, en plein jeu de pouvoir et de trahison, mais qui fascine toujours autant, porté par la quête de rédemption du héros et d’espoir. Les personnages sont l’autre gros point fort de ce tome, principalement le héros principal qu’est Sylvo, dont on a appris depuis ses terribles secrets et que j’attendais de voir comment il allait évoluer. L’auteur s’en sort très bien évitant de tomber dans la rédemption facile, ou la souffrance inutile et répétitive. Sylvo est toujours ce héros complexe, humain et même s’il est difficile de le pardonner, à l’imaginer retrouver sa vie d’avant, il reste touchant et montre que malgré tout il doit avancer. On ne change pas le passé, on ne fait que tenter de corriger les erreurs commises. Alors certes, on pourrait reprocher certaines longueurs ici ou là, un aspect magique parfois un peu facile, le fait que les personnages secondaires sont parfois en retrait et que le retour au côté polar et action diminue légèrement le côté émotion, mais franchement j’ai passé un très bon moment avec ce tome offrant un adieu émouvant et efficace avec Sylvo. La plume de l’auteur est toujours aussi efficace, dense et soigne et je pense que si vous avez aimé les trois premiers tome vous devriez apprécier cette conclusion. Du moins je l’espère. En tout cas de mon côté je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note :  8/10