Extinction Game – Gary Gibson

Résumé : Dans un univers de mondes parallèles à l’infini, la vie est une denrée fragile et l’humanité plus encore. Toutes les apocalypses sont possibles. Entre l’hiver volcanique, l’astéroïde dévastateur et l’épidémie ultime, qu’elle soit d’origine naturelle ou délibérément provoquée, le choix est sans limites.
Telle que racontée par lui-même, ce livre est l’aventure de Jerry Beche, le dernier homme d’une Terre ravagée où il sombrait dans la folie. Il est désormais un éclaireur des mondes éteints. Avec ses compagnons, tous survivants d’autres Terres agonisantes, il explore les ruines des civilisations disparues pour le compte d’une mystérieuse « Autorité » qui les tient sous son joug.
Par quels moyens ? Dans quel but ? Les éclaireurs l’ignorent. Mais ils cachent eux aussi à Jerry des vérités insupportables. Et des accidents inexplicables ne viennent-ils pas gangrener leurs missions ? Le voile devra se lever s’il faut continuer de vivre.

Edition : L’Atalante

 

Mon avis : Ce livre, j’avoue, au départ je suis passé complètement à côté sans être tenté plus que cela. Le résumé n’avait pas réussi franchement à m’accrocher, dévoilant une SF explosive et, je dirais, sans finesse qui avait du mal à me convaincre. Attention j’apprécie de temps en temps de la SF sans prise de tête, mais là il me manquait clairement un truc pour me convaincre. Puis j’ai vu passer quelques avis positifs sur des blogs que je suis régulièrement qui ont commencé à titiller ma curiosité. J’ai donc décidé de lui laisser une chance. A noter une couverture, illustrée par Raphaël Defossez, que je trouve plutôt sympathique même si, je ne sais pas trop pourquoi, elle me fait trop penser au film Le Jour d’Après ce qui a peut-être d’ailleurs jouer sur ma première impression.

On découvre ainsi au fil des pages Jerry Beche, qui pense être le seul survivant sur terre, jusqu’au jour où il va se retrouver « enrôlé » par une organisation, l’Autorité, qui a la possibilité de voyager dans des mondes parallèles et cherche des éclaireurs pour les visiter et découvrir leurs secrets. Au final, une fois la dernière page tournée, je suis bien content d’avoir découvert ce roman. Alors c’est clairement de la science-fiction nerveuse et explosive, mais l’auteur brosse une image de fond qui ne manque pas d’idées, ni d’un minimum d’intérêt ce qui permet à ce roman, je trouve, d’offrir un peu plus au lecteur. Certes dans l’ensemble cela reste tout de même un roman qu’on pourrait appeler « pop-corn », qui ne cherche pas non plus à trop nous retourner le cerveau et dont le gros point fort vient clairement du rythme tendu et sans temps morts qui est proposé. On se retrouve ainsi à tourner les pages avec envie d’en apprendre plus que ce soit sur notre héros, comme sur cette fameuse organisation. L’auteur alterne ainsi efficacement entre des scènes plus d’actions et des passages plus explicatifs et descriptifs sans jamais tomber dans l’ennui ou dans la longueur. Le récit oscille ainsi de façon efficace entre aventures, survie et SF et je me suis laissé facilement porté malgré, c’est vrai, un démarrage que j’ai trouvé peut-être un chouïa longuet. Les différentes lignes d’intrigues et de sous-intrigues s’avèrent efficaces et offrent aussi un minimum de densité et d’intérêt au récit.

Là où, selon moi, le récit gagne principalement en intérêt vient de ce que construit l’auteur autour de son univers et la façon dont il le lie à son intrigue. Pourtant, les premières pages laisse entrevoir quelque-chose de finalement assez classique avec l’idée de voyage dans le temps et la fin du monde. Mais voilà au fil des pages il vient construire quelque-chose qui, sans non plus se révéler révolutionnaire, apporte un plus à l’ensemble avec cette idée d’ensemble de mondes post-apo, d’organisation, principalement sur  leurs buts, mais surtout dans les problématiques qui sont dévoilées. En effet, comme on peut s’en douter, l’Autorité n’est pas obligatoirement ce que l’on peut croire. Autre point intéressant vient que, certes, les mondes visités sont très classiques, mais l’auteur arrive vraiment, dans l’ensemble, à les rendre solides, vivants et entraînants même si parfois il essaie de trop en faire. Mais bon rien de non plus trop bloquant. On découvre ainsi des mondes très visuels, nous proposant ainsi plusieurs fins du monde. La notion de voyage dans les mondes parallèles est aussi développé de façon intéressante et solide, avec une particularité que je vous laisse découvrir pour ne pas trop spoiler. Reste peut-être le côté plus organisationnel qui m’a paru un peu trop classique par moment, mais bon je chipote un peu. Au final c’est l’alchimie que crée l’auteur en associant ses idées qui offre son originalité au récit.

Concernant les personnages, là par contre, je suis peut-être un peu plus circonspect dans mon analyse. Sur le papier les héros sont des personnages plutôt intéressants, que ce soit dans leurs constructions, dans leurs passés comme dans leurs façons d’appréhender la vie. La côté soumission à l’Autorité, que chaque éclaireur montre, pour ne plus être le seul survivant de son monde est bien amené, travaillée et efficace. On ressent d’ailleurs plutôt bien leurs besoins profonds à chacun de pouvoir vivre, profiter et non plus survivre avec tous les soucis que cela peut entrainer après des années de solitude. Sauf que voilà d’un autre côté ils sont plombés parfois, dans un premier temps par un manque de finesse flagrant, mais aussi par le côté émotionnel. Que certains indices soient par moments révélés par les héros concernant tel ou tel secret, je peux le comprendre, quand ces indices manquent à tel point de subtilité, ça en devient légèrement frustrant. Alors après ce n’est pas non plus trop grave, cela ne concerne qu’une seule grosse révélation que je voyais venir quasiment dès le début, mais quand même. Par contre, ce que je trouve dommage concernant les héros c’est clairement leurs manques d’émotions, ce qui arrive même à transformer certaine scène qui auraient pu être prenante et touchante en quelque chose d’étrange et dérangeant. Concernant les personnages secondaires ils remplissent bien leurs rôles de faire avancer l’intrigue, même si je trouve qu’ils sont un peu trop binaires et on devine trop rapidement qui sont les « bons » des « méchants ».

Au final ce livre a parfaitement rempli les attentes que j’avais, c’est-à-dire de m’offrir un récit sans temps morts, nerveux et efficace sans non plus tomber dans le trop déjà-vu. Surtout l’auteur arrive à offrir une intrigue solide avec quelques idées intéressantes malgré cette impression de déjà-vu que l’intrigue laissait penser initialement. Certes comme je l’ai dit le roman n’est pas non plus exempt de quelques défauts, mais rien de vraiment rédhibitoire durant ma lecture. Le style de l’auteur n’a certes rien de très marquant, mais il remplit parfaitement son rôle se révélant simple, efficace, entraînante et nous happe plutôt facilement, pour peut qu’on se laisse porter par ce récit pop-corn. Parfois, c’est vrai, il en fait un peu trop, tirant un peu certaines scènes, mais rien de vraiment marquant. Après j’avoue, la fin ouverte sur l’un des personnages mystérieux et le deus ex machina qu’il apporte dans l’évolution de l’intrigue m’ont légèrement laissé perplexe, mais j’ai lu que ce livre faisait partie d’un diptyque, j’attends donc ma lecture de cette suite avant de juger en espérant qu’elle soit bientôt publiée en France. Si vous cherchez de la SF mélangeant post-apocalyptique et mondes parallèles ce roman pourrait vous intéresser proposant un récit un minimum soigné et intriguant.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui pourtant aux premiers abords avait eu du mal à me convaincre de me laisser tenter. L’histoire offre ainsi un mélange de récit post-apocalyptique, d’aventures et de mondes parallèles intéressant, solide et plutôt bien construit le tout mené à un rythme haletant et efficace alternant de façon réussie des phases plus d’action avec des phases plus explicatives sans jamais non plus tomber dans la lourdeur ou l’ennui. Les questionnements que soulève l’Autorité par son côté mystérieux s’avère, certes par certains aspects assez classiques, mais  qui ne manque pas non plus d’un minimum d’intérêt plus on avance dans le récit et que se dévoile la vérité. Alors après l’auteur en fait parfois un peu trop, tirant un peu trop sur quelques scènes ou développant mal, pour moi, certains aspects, mais rien de non plus bloquant. Concernant les personnages j’avoue je suis un peu circonspect, l’auteur offre bien des héros plutôt soignés et intéressants à découvrir dans leurs envies de vivre et leurs histoires, mais voilà d’un autre côté il manque parfois quand même de subtilité et surtout d’un aspect émotionnel. Cela rend ainsi certaines scènes parfois légèrement déroutantes. Les personnages secondaires malgré un côté assez binaire remplissent parfaitement leurs rôles je trouve. La plume de l’auteur n’a rien de révolutionnaire mais s’avère simple, efficace et un minimum entraînante. Je ne jugerai pas certains points car ils restent ouverts et pourraient être développés dans le second tome que j’espère voir publier en France.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Lune, Apophis, Maks, …

Les Enfantômes – Joëlle Wintrebert

Résumé : Avec Les Enfantômes, Joëlle Wintrebert (Les Olympiades truquées, Pollen, La Créode) s’aventure sur les terres du fantastique, sans pour autant délaisser la science-fiction. Les enfants qu’elle met en scène se battent à leur manière pour s’affranchir d’une vie qu’ils n’ont pas choisie : ainsi la fille-lune s’échappe de la ville sous-marine où on la retient prisonnière, la jeune migrante triomphe d’un enchantement qui la condamnait, le garçon malade s’évade dans le miroir qui lui rend sa force et ses jambes, la petite tisseuse verrouille la cruauté de son patron dans une tapisserie… Et souvent l’espoir jaillit de la rencontre avec l’autre, qu’il soit baladour, chimère, zorro des réseaux ou même, un autre enfant.

Edition : ActuSF

 

Mon Avis : Joëlle Wintrebert, j’avoue que je connais plus son travail de traductrice, c’est elle qui a réalisé la traduction de Blitz et All Clear de Connie Willis, que son travail d’auteur. Quand on m’a proposé de découvrir un recueil de l’auteur reprenant quelques-unes de ses nouvelles, je n’ai pas hésité longtemps avant de me laisser tenter. Concernant la couverture, illustrée par Philippe Caza, je la trouve réussie et sympathique. Il est à noter que ce recueil de nouvelles est disponible que en numérique, en effet la maison d’édition ActuSF a décidé de publier tous les mois des livres 100% numériques. Ce livre comporte ainsi douze nouvelles.

Les enfantômes : Une nouvelle très courte, d’à peine quelques pages, qui est loin d’être la plus marquante, mais qui se lit vite, facilement et met en place les grands axes des textes de l’auteur que sont les enfants. Quelques idées sont aussi soulevées concernant la guerre et la position des enfants face à cette tragédie. Cela fait réfléchir et s’avère fluide et vivant, mais aurait mérité plus de profondeur à mon goût.

L’oeil rouge du coutelier : Une nouvelle fantastique qui va lier une jeune fille avec d’étrange pouvoir et un couteau au rubis envoutant. J’avoue j’ai trouvé ce texte très agréable à lire et à découvrir. La plume de l’auteur, envoutante et captivante, marche à la perfection ici happant rapidement le lecteur. L’intrigue, certes linéaire, est mené sur un rythme efficace, montant en tension au fil des pages. On y trouve aussi des notions, présentes dans la plupart des textes, sur la jeunesse, mais aussi ici sur le vide, la fin. Un bon texte, intrigant et entraînant.

Le miroir magique : Cette nouvelle nous parle de la grave maladie d’un enfant et d’un miroir magique. Un très joli conte, qui traite, je trouve, de façon efficace et touchante de la maladie et de tout ce que cela entraîne. Le côté fantastique apporte un plus au récit qui développe une conclusion touchante, à la fois triste et pleine d’espoir. Certains passages sont peut-être traités trop rapidement, mais rien de trop bloquant.

Bébé tigre : Cette nouvelle traite de façon concise et, certes, un peu courte du travail des enfants à travers une jeune fille prodige dans le tissage de tapis vendu à un tisserand loin d’être un ange. Une histoire plutôt sympathique, courte et percutante, qui manque quand même de profondeur pour franchement se révéler marquant. Un texte que je classerai vite lu, apprécié, mais vite oublié, même si quelques idées sortent du lot.

Le ciboire : On entre ici dans la nouvelle fantastique légèrement teinté d’angoisse. On suit ainsi un frère et une soeur qui vadrouille à travers la région et qui vont découvrir une chapelle abandonnée. Entre conte et récit sombre, le texte se révèle plus que plaisant et entraînant, même si de nouveau je trouve que certains aspects sont traités un peu trop rapidement. J’ai bien aimé la chute qui a pris à contre-pied, je trouve, un des éléments fantastiques.

La voix du sang : Voilà une des nouvelles dont j’ai le moins accroché dans ce recueil. Elle traite de l’histoire d’un enfant qui, martyrisé par son père, cherche à se venger pour vivre paisiblement avec sa mère. J’en ai vu les idées, mais voilà j’y ai retrouvé les défauts des autres textes mais accentués. Elle manquait de profondeur, de complexité pour ma part et de plus la chute, qui se veut percutante, n’a pas réussi à me toucher. Clairement, je suis passé à côté de ce récit.

Victoire : De nouveau on plonge avec ce récit dans le fantastique légèrement angoissant, mais avec peut-être un peu moins de réussite à mon goût que Le Ciboire. On découvre ainsi Victoire, une vieille dame qui sent sa fin proche et part à la recherche d’une « héritière ». Le texte n’est pas mauvais, plutôt bien écrit et fluide, mais voilà le côté déjà-vu fait que l’ensemble est un peu prévisible. De plus, un personnage tombe un peu dans la caricature je trouve, comme si le texte avait mal vieilli. Rien de bien méchant non plus, offrant tout de même une sympathique lecture.

Les enfants du vent : Une courte nouvelle qui nous présente un peuple sédentaire qui va voir passer, comme c’est le cas à fréquence régulière, un peuple nomade. Cette nouvelle ne m’a pas laissé un souvenir impérissable, se révélant trop courte selon moi, manquant de profondeur et surtout proposant une fin que j’ai trouvé abrupte. La nouvelle n’est pas mauvaise en soit, mais ne correspond pas aux attentes que je pouvais avoir une fois celle-ci terminée.

L’enfant du lignage : On suit dans cette nouvelle Niall, jeune garçon qui va découvrir qu’on lui a menti depuis tout petit sur sa vie, le tout dans un monde qui a connu une grande tragédie. Un texte que j’ai trouvé très efficace et intéressant dans les idées soulevées, que ce soit dans les notions d’écologie, d’acceptations des autres  ou bien encore sur la société décrite. La tension monte lentement au fil des pages pour aboutir à une conclusion explosive dont mon seul léger regret est qu’elle m’a paru un peu trop ouvert et avec un petit happy-end un peu facile. Pourtant j’accroche souvent ben aux conclusions ouvertes.

L’oasis : Cette nouvelle nous fait découvrir Khadija qui va devoir faire face à une épidémie qui menace d’emporter sa mère. Un texte pas mauvais, qui soulève quelques questions sur le côté scientifique et la capacité des hommes à corrompre leurs expériences. Certes le questionnement est légèrement binaire, mais plutôt intéressant. L’intrigue, sans révolutionner le genre, fonctionne plutôt bien. Mon seul regret vient de la fin qui est beaucoup trop rapide, reposant sur des deus ex machina faciles et qui offre une conclusion en happy end qui en fait un peu trop.

La fille lune : La fille lune est une histoire d’amour interdite sur fond de science-fiction. Un texte plutôt sympathique et agréable, bien porté je trouve par les deux héros, mais qui de nouveau manque un peu de complexité pour clairement dévoiler son potentiel ainsi que son univers à mon goût. Comme si l’auteur avait peur de développer  un peu plus la toile de fond qu’elle propose et de s’y perdre. Reste une lecture agréable et divertissante.

Le don des chimères : La nouvelle la plus longue du récit et aussi une des plus intéressantes, même si on y retrouve certains des défauts habituels que j’ai noté dans les différentes nouvelles. Un texte intéressant, qui nous présente un avenir proche qui a réussi à, d’une certaine façon, évoluer dans le bon sens. Des découvertes ont permis d’éviter certaines crises, mais les grands groupes restent toujours au pouvoir. Un récit qui offre ainsi un minimum de réflexion, tout en proposant une ligne d’intrigue efficace et surprenante. Alors après je regretterai à nouveau un manque de profondeur sur certains points, des transitions émotionnelles un peu frustre et une fin qui cherche un peu trop la fin heureuse, mais rien de non plus trop dérangeant.

En Résumé : J’ai passé un sympathique moment de lecture avec ce recueil de nouvelles qui offre un ensemble de textes aux idées intéressantes, portés par une plume que j’ai trouvée soignée et par moment envoutante. On sent aussi clairement l’envie de l’auteur de mettre en avant comme héros l’enfant dans son innocence, sa découverte de la vie mais aussi et surtout dans ses nuances, ses souffrances, et ses contraintes qu’il peut se voir imposer. On découvre ainsi des personnages complexes et souvent denses, intéressants à découvrir dans leurs actes et leurs envies. Après, tout n’est pas non plus parfait et on retrouve souvent dans ces textes les même défauts, ou tout du moins des éléments qui ne répondaient pas à mes attentes. J’ai ainsi trouvé que par moment l’auteur n’allait pas toujours assez en profondeur de ce qu’elle met en place, souvent dans la création de ses univers qui ne sont finalement là que pour soutenir ses idées. Le rythme est parfois trop rapide et saccadé principalement vers la fin comme si l’auteur se limitait en pages. Parfois cela manque aussi de complexité ; je ne cherche pas toujours de la SF dure ou du fantastique pointu, mais par exemple énoncer de nombreuses technologies ou évolutions sans jamais les expliciter et les rendre cohérentes à l’univers construit m’a un peu frustré. Enfin, dernier point qui est peut-être aussi clairement personnel, mais offrir des conclusions ou tout s’arrange parfaitement à la fin avec embrassades et cotillons m’a paru parfois trop facile. Attention au final j’ai plutôt apprécié ce recueil qui se lit facilement et ne manque de divertir un minimum, j’avais juste peut-être plus d’attentes.

 

Ma Note : 7/10

Le Portrait de Dorian Gray – Oscar Wilde

Résumé : Par la magie d’un vœu, Dorian Gray conserve la grâce et la beauté de la jeunesse. Seul son portrait vieillira. Le jeune dandy s’adonne alors à toutes les expériences, s’enivre de sensations et recherche les plaisirs secrets et raffinés.
« Les folies sont les seules choses qu’on ne regrette jamais », « il faut guérir l’âme par les sens, guérir les sens par l’âme ».

Edition : Audible

 

Mon Avis : Comme je l’avais annoncé il y a quelques semaines sur FB, grâce à une offre qu’Audible m’a faite je me suis lancé dans la découverte du livre audio. J’avoue de mon côté j’ai toujours eu un peu de mal à accrocher psychologiquement à cette façon de « lire ». Pas tant concernant l’outil en lui-même, que sur ma capacité à rester concentrer sur le récit sans avoir les mots devant les yeux. J’ai toujours été plus visuel qu’auditif sur la durée, c’est un fait. Finalement je suis content, j’ai réussi à rester concentrer et cette pratique me permet de découvrir un roman pendant des activités où je ne peux pas avoir obligatoirement de livre en main. Pour ceux qui souhaiteraient aussi découvrir le livre audio, Audible propose une offre d’essai avec le premier livre audio gratuit. Concernant le choix d’écoute Le Portrait de Dorian Gray,  cela fait un petit moment que je souhaitais le découvrir et j’ai donc profité de l’occasion. A noter aussi le très bon travail du narrateur qui, je trouve, a bien retranscrit le récit et son ambiance.

On plonge avec cette histoire en pleine époque victorienne, où l’on suit le destin de Dorian Gray présenté par Basil, un peintre reconnu qui en peint actuellement le portrait, comme de nature simple et belle. Lord Henry, ami proche de Basile aux positions bien affirmées et limite décadentes, intrigué par cette présentation va rencontrer Dorian et, à travers les paroles qu’il va prononcer, commencer à le corrompre. J’avoue, je me lançais dans la découverte de ce livre avec une légère appréhension tant j’en avais eu de bons échos. J’avais un peu peur de ne pas pouvoir rentrer dans ce récit à la plume d’époque qui aurait pu mal vieillir ou m’ennuyer par une propension à tourner parfois en rond. Finalement, même si tout n’est pas parfait, j’ai passé un très bon moment à la découverte de Dorian Gray. On est clairement ici dans le roman psychologique et philosophique. Certes le rythme est lent, ce qui pourra en déranger certains, mais les points que soulèvent l’auteur et la façon dont il amène ses idées font que j’ai été facilement et rapidement happé par la richesse et la profondeur d. Alors, je n’ai pas toujours été d’accord avec ce que cherche à mettre en avant Oscar Wilde et certaines idées ont très mal vieillies, mais dans l’ensemble la narration est fluide, intelligente et intriguante.

Le premier point que j’ai trouvé intéressant dans cette oeuvre c’est le travail de l’auteur sur ses personnages principaux qui s’avère terriblement efficace. Dorian, Basil et Henry représentes ainsi trois facettes dans ce roman, trois pièces différentes, mais qui pourtant se répondent. Entre amour, passion, rejet et haine il nous offre trois héros fascinants, soignés et surtout complexes qui se vouent l’un à l’autre une certaine fascination. Un lien voilé unit ses trois là, qui vont finalement se révéler beaucoup plus proche les uns des autres, malgré leurs visions parfois complètement différentes. En effet Basile possède une vision plus poétique de la beauté ou de la vie, là où Lord Henry offre une vision plus matérialiste dans la quête des plaisirs. Dorian aurait pu être ainsi le pion central du livre, tiraillé entre ces deux visions antinomiques de Basil et Henry, devant se construire lui-même dans la société et pourtant c’est loin d’être le cas. En effet il propose ainsi une personnalité beaucoup plus complexe et indépendante, offrant sa propre conception de la vie. Finalement, ce qui va lier ces trois hommes c’est surtout le portrait, la vision que chacun s’en fait et, d’une certaine façon, les convoitises qu’il va lever et les conséquences qu’il va avoir sur chacun d’entre eux soulevant ainsi de nombreuses questions. Mais surtout, comme l’a dit l’auteur, ces trois personnages sont un peu les représentations de sa vie, de ce qu’il est de comment il est jugé. Au final trois héros complexes, humains qu’on peut par moment détester, mais dont on comprend les motivations et les sentiments.

L’autre point fort vient de l’image d’époque proposée, cette toile de fond que j’ai trouvé attrayante. Cette époque victorienne à la fois décadente et d’une grande beauté ou la séparation entre la bourgeoise et les pauvres se fait de plus en plus ressentir, où les tensions sociales et aussi ethniques sont très présents et où la ville de Londres oscille entre une beauté étrange et fantastique et des bas-fonds sombres et dangereux. Entre constat désabusé et poésie, on oscille et on se laisse porter par cette époque et cette ambiance prenante, déroutante et envoûtante. La ville de Londres, bien retranscrit par des descriptions vivantes et denses, donne envie d’être découverte, d’être visité que ce soit dans ses coins les plus ensoleilles comme dans les plus sombres. Il se dégage une véritable atmosphère de cette ville. Le côté fantastique permet à l’auteur de soulever de façon différente les réflexions qu’il amène et apporte, je trouve, un plus à l’ensemble. L’intrigue de cette lente chute en enfer du héros s’avère clairement entraînante et captivante, même si j’y reviendrai plus tard je me suis quand même parfois retrouve déconnecté du récit. On suit cette déchéance, cette souffrance en se demandant jusqu’où il va bien pouvoir aller. L’histoire aboutit ainsi à une conclusion, logique, percutante et qui colle bien au texte.

Mais comme je l’ai dit le gros point captivant vient clairement des réflexions et des notions philosophiques qu’il soulève. En effet Oscar Wilde développe ainsi de nombreuses questions bien porté par une plume incisive et des dialogues percutants et croustillants. Un des point important que cherche à traiter le récit, qui est d’ailleurs clairement annoncé dès la préface, c’est l’art, de la pensée de chacun sur le sujet et de l’utilisation qu’en font les différents personnages. L’art n’est ainsi qu’un outil, un objet, c’est ce que chacun en fait qui l’élève ou le descend. Il traite aussi de nombreux autres sujets comme la jeunesse, la beauté, les plaisirs, la notion de bien et de mal, la société, sa superficialité et son insouciance, ou bien encore par exemple les notions d’amour, de moral et d’âme. Le roman brasse ainsi de nombreux sujets, de façon intéressantes et même si certains ont mal vieilli, je ne peux pas nier la densité des réflexions proposé et les questions qu’elles soulèvent. Au final je regretterai juste un point concernant ce livre, c’est que par moment il en fait trop. certes la plume est riche, soignée et entraînante, mais par moment l’auteur donnait clairement l’impression de tirer son histoire sur la longueur. J’ai ainsi été sur certains passages déconnecté, me demandant si il cherchait à mettre quelque-chose en avant où s’il ne faisait que remplir ses pages. Mais bon rien de non plus trop dérangeant et j’ai au final passé un très bon moment de lecture avec cette histoire.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment devant le récit du Portrait de Dorian Gray. J’avoue que j’avais un peu peur de m’y lancer, de ne pas accrocher au style d’époque qui peut se révéler parfois trop riche, mais finalement non. Certes le roman est porté sur un rythme assez lent, se voulant à la fois philosophique et intimiste ce qui pourra en déranger certains, mais l’auteur a réussi à me happer. Que ce soit les différents personnages, qui s’avèrent complexes, soignés et bien porté par des dialogues incisifs, ou bien encore l’époque Victorienne et la découvert de la ville de Londres, j’ai trouvé au récit un certain charme et un côté immersif. L’ambiance fantastique permet aussi à l’auteur de souligner les idées de son récit et apporter un plus à l’ensemble. Car oui, le principal intérêt de ce roman vient clairement des nombreuses réflexions qu’il soulève que ce soit sur l’art, la jeunesse, la futilité, la société, la moralité, la beauté ou bien encore le plaisir. De nombreux sujets sont amenés, on peut ne pas être d’accord avec ce que présente l’auteur, certains sujets ont aussi mal vieilli, mais dans l’ensemble il pousse le lecteur à se poser des nombreuses questions. La plume de l’auteur est riche, dense, soignée et s’avère entraînante, même si je ne peux pas le nier par moment j’ai eu l’impression qu’il tombait dans le verbeux. En effet certains passages m’ont paru être du remplissage, qu’apporter clairement quelque-chose au récit, ce qui a fait que je me déconnectais légèrement de l’histoire, même si rien de non plus trop bloquant devant la qualité du livre.

 

Ma Note : 8/10

SS-GB – Len Deighton

Résumé : Angleterre, 1941. Londres est occupé par l’armée nazie. Churchill est mort, le roi George croupit au fond d’une cellule et la loi martiale terrorise le pays. Douglas Archer, commissaire à Scotland Yard, se voit confier une enquête de la plus haute importance : le Dr Spode, brillant physicien qui travaillait pour les nazis, a été assassiné et retrouvé avec d’étranges brûlures sur les bras. Et si ce meurtre était le signe avant-coureur de bouleversements autrement plus graves? Et si le monde était sur le point de changer pour toujours?…

Edition : Denoël Sueurs Froides (parution le 12/01/2017)
Traduction : Jean Rosenthal

 

Mon Avis : Len Deighton je le connaissais plus comme auteur de romans d’espionnage. J’avoue n’avoir, avant la lecture de ce SS-GB, jamais lu un seul de ces romans, mais j’en ai croisé régulièrement quelques-uns dans les bibliothèques de connaissances féru de ce genre de récits. Concernant ce roman, je me suis principalement laissé tenter par son aspect Uchronique qui veut que l’Allemagne aurait gagné la seconde guerre mondiale. Certes de nombreux romans traitent de ce sujet, avec plus ou moins de réussite, mais le résumé accrocheur et le fait que l’auteur soit aussi historien m’ont convaincu de tenter ma chance à découvrir ce livre. A noter que ce roman a été initialement publié en VO en 1979 et devrait être prochainement adapté en série TV sur la BBC.

Février 1941, l’Angleterre capitule, l’Allemagne vient de conquérir le pays et par la même occasion signer une des plus grandes victoires de cette seconde guerre mondiale. Churchill est discrètement assassiné, le roi est enfermé dans une cellule et la famille royale restante a fuit le pays pour se réfugier en Nouvelle-Zélande. Le peuple se retrouve donc sous le joug de la force allemande, tentant de survivre comme il le peut entre résignation, acceptation et résistance. Novembre 1941, Archer, commissaire de Scotland Yard, est envoyé enquêté sur un meurtre facile aux premiers abords et qui pourtant va révéler des indices étranges aux yeux de l’enquêteur. Encore plus lorsqu’un membre proche de Himmler va venir superviser son enquête. Déjà, pour ceux qui souhaiteraient plus de renseignement, on est clairement ici dans le roman qui pose la question « Et si? ». Si vous vous attendez à une histoire étrange comme le proposait Le Maitre du Haut Château, alors vous risquez de ne pas vous y retrouver. Le but est clairement de proposer une histoire, une reconstitution d’une Angleterre qui se serait retrouvé sous le joug Allemand. Et je dois bien avouer que l’auteur réussit son pari dans l’ensemble, m’offrant un bon moment de lecture, le récit aurait pu être encore plus prenant si, selon moi, il n’était pas passé à côté d’un ou deux aspects qui m’ont laissé perplexe.

Déjà le gros point fort du roman vient justement de la reconstitution de cette Angleterre tombée, soumise, ayant à peine eu le temps de comprendre l’attaque éclair et qui est maintenant obligée d’obéir aux envahisseurs sans même avoir pu franchement se défendre. La paix est fragile, une résistance s’est mise en place et on découvre ainsi au fil des pages une grande variété de la population, qui tente de survivre du mieux qu’ils peuvent. C’est cette plongée dans le quotidien de ces gens, dans la façon dont ils survivent et ce qu’ils doivent traverser sous cette occupation. Entre rationnements, souffrances et arrestations en masse chacun d’entre eux se retrouve à faire des choix, que ce soit aussi bien dans la lutte que dans l’acceptation. C’est un peu le moteur du roman je trouve, de tenter de nous faire vivre ce qui aurait pu arriver (et ce qui est finalement arrivé en France) et pose ainsi la question au lecteur de savoir quel choix nous, on aurait pu faire. Il n’est jamais simple de prendre de telles décisions et je trouve que dans cette partie du roman, ce que propose l’auteur, sonne juste, principalement grâce au personnage d’Archer qui est obligé de travailler avec les Allemands. La scène de l’école est aussi pour moi le véritable point d’orgue de la vie sous l’occupation Allemande dans ce roman. Alors bien sûr il y en a toujours qui arrivent à s’en sortir, à s’enrichir et à vivre plus qu’honorablement à force de négociations, de magouilles et de courbettes, mais qui, même ici, sont loin d’être des personnes caricaturales voir manichéennes. On est véritablement happé par cet univers rude, difficile et sans pitié.

L’autre point très intéressant du récit, mais qui pourra peut-être en déranger certains, c’est la qualité du travail travail d’historien proposé tout le long du récit. Cela se ressent aussi bien dans les termes employés en Allemand, mais aussi concernant les grades, les positions ou encore les documents, ou bien encore dans le travail descriptif  des organisations. Dans l’ensemble on peut facilement situer ce qui nous est présenté, mais parfois cela pourra demander un travail de recherches, qui ne me dérange pas, mais pourra en bloquer certains. Cela permet ainsi, je trouve, de rendre l’ensemble plus réaliste, plus concret, sans justement jamais faire tomber le lecteur dans un livre d’histoire, restant cohérent, fluide et collant bien au récit. Surtout que l’auteur offre aussi un point de vue aussi plus interne de la machine, montrant une Allemagne certes supérieur, mais possédant aussi ces soucis bureaucratiques et ces rivalités. Enfin l’un des derniers points qui a réussi à m’accrocher, c’est le travail qui est réalisé sur le jeu de manipulations, de mensonges, de trahisons qui entourent les personnages. Chacun d’entre eux doit jouer sur de nombreux niveaux, au milieu d’une situation loin d’être claire et où tout pourrait s’écrouler. Entre résistance et acceptation le chemin n’est pas aisé et la conclusion offre son lot de révélation et de tension.

Mais voilà, quelques points font que ce roman, même s’il offre un bon moment, aurait pu je pense se révéler encore meilleur. Le premier vient de l’intrigue policière. Que l’auteur ait besoin de cette intrigue pour faire avancer son récit, c’est logique, mais qu’elle se révèle si nonchalante, voir même fainéante dans son évolution est un peu frustrant. Les indices tombent limite comme un cheveu sur la soupe et de nombreuses révélations reposent plus sur l’énorme chance de notre héros que sur ces véritables compétences d’enquêteur. D’ailleurs il réussit même à passer à côté du seul indice important. Cela ne dérange en rien le côté immersif du récit, mais bon un travail plus soigné aurait quand même été plus accrocheur. L’autre point qui m’a, on ne va pas dire complètement dérangé, mais laissé perplexe : il vient des personnages. Je ne le nie pas, l’auteur offre des protagonistes un minimum soignés et profonds, que ce soit dans leurs actes, leurs envies et leurs passés. Sauf que voilà, déjà, niveau émotion c’est zéro, je n’ai jamais ressenti le moindre tressaillement devant la mort de certains ou les arrestations.

On le retrouve ainsi par exemple dans la tentative de construction d’une histoire d’amour a notre héros qui n’a jamais réussi à me toucher. Pire je trouve même que la journaliste dont il tombe amoureux ne sert pas à grand chose. D’ailleurs ça se ressent même dans les actes des personnages qui restent amorphes devant les drames. Ensuite ils est clairement difficile de comprendre leurs actes. Si on prend Archer il fait différents choix qui vont changer sa vie, sans qu’on comprenne pourquoi. Limite il pourrait lancer une pièce en l’air pour décider  et j’ai trouvé ça un peu dommage. Alors on pourra me dire que c’est la guerre, mais je trouve qu’il y a une différence entre cacher ses émotions et ne rien ressentir du tout. Alors au final ces quelques points, comme je l’ai dit, ne gâche en rien le plaisir de lecture que j’ai ressenti et l’aspect immersif proposé lié à l’univers et à la survie à cette époque. L’ensemble est aussi porté par une plume qui s’avère solide, entraînante et offrant un rythme plutôt captivant sans tomber dans le côté effréné.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui nous propose d’imaginer ce que serait devenue l’Angleterre si elle avait perdu la guerre. Le principal intérêt du roman vient clairement de son côté immersif dans cette société qui se retrouve sous le joug de l’Allemagne et tente de survivre en prenant des choix. Cela nous force aussi à nous demander ce que l’on aurait fait si on s’était trouvé dans la même situation. L’autre point clairement intéressant, mais qui pourra en bloquer certains, et l’important travail d’historien mis en avant par l’auteur que ce soit dans les expressions allemandes, les grades, les documents et autre. Certes, parfois ça demande un peu de recherche, mais j’ai trouvé que cela rendait ce récit encore plus  réaliste et concret. Autre point intéressant l’angle d’approche mis en avant par l’auteur qui nous présente une armée Allemande certes puissante, mais avec ses travers, ses rivalités et sa bureaucratie. Là ou par contre j’ai un peu moins accroché c’est concernant l’intrigue policière, qui m’a paru un peu nonchalante et aux révélations trop faciles, et aussi, d’une certaine façon, concernant les personnages. Alors ils ne sont pas mauvais, se révélant soignés avec un minimum de profondeur, mais vil manque clairement d’empathie n’ayant jamais réussi à m’attacher à eux . De plus les choix qu’ils font sont parfois très difficilements compréhensible, comme s’ils avaient pris la décision sur un lancé de pièce. La plume de l’auteur est entraînante, efficace et solide offrant ainsi une rythme un minimum entraînant.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Apophis, Daidin, Joyeux Drille,

Jack Glass : L’histoire d’un meurtrier – Adam Roberts

Résumé : Jack Glass est un meurtrier, voilà une certitude.
Dans un lointain futur, où l’humanité a exploré le système solaire, où les corporations et les clans familiaux dirigent l’univers connu, nous allons suivre trois affaires dans un monde inégalitaire dans lequel les riches vivent somptueusement sur Terre, et les pauvres se terrent dans les astéroïdes en orbite autour des mondes colonisés.
Trois affaires qui suivent les codes du roman policier classique : le huis clos, le mystère…
Trois affaires dont on sait qui est le coupable, car Jack Glass nous l’avoue dès les premières pages.

Edition : Eclipse Panini Books

 

Mon Avis : Adam Roberts est un auteur dont j’ai beaucoup entendu parler, mais dont je n’ai à ce jour jamais lu aucun roman . Pendant un temps je pensais tenter ma chance avec son premier roman publié en France, Gradisil, mais les retours mitigés que j’en avais lu ont eu de mal à me convaincre. J’ai ainsi décidé de me laisser plus facilement tenter par ce roman Jack Glass, attiré par l’illustration de la couverture que je trouve superbe, par le résumé que je trouvais intrigant et aussi par le fait que ce livre ait gagné le British Science-Fiction Award, même si je sais bien qu’un prix ne fait pas tout.

L’originalité du roman est ainsi de séparer son récit en trois petites histoires qui vont servir à nous présenter Jack Glass et aussi à définir un fil rouge nous présentant l’avenir de notre univers et tentant de soulever des questions de fond. Ces trois parties se présentent aussi comme des polars, chacune proposant au lecteur une énigme à résoudre. La première l’évasion d’un astéroïde imperméable, la seconde un meurtre mystérieux et la troisième un meurtre en « chambre close ». Un mélange de policier et de SF qui avait de quoi me tenter, qui offrait un premier texte plutôt captivant avec un côté très sombre et qui pourtant par la suite va peu à peu avoir du mal à complètement m’emporter. Pourtant l’ensemble possède une bonne dose potentiel, principalement dans la toile de fond qui nous est présenté, mais voilà j’avoue ne pas avoir obligatoirement accroché par la façon dont l’auteur « tricote » ses intrigues, cherchant à varier les styles, surement pour mieux surprendre, mais qui a eu pour effet finalement de me déconnecter un peu du récit. Cela n’a rien à voir avec le roman, qui a de quoi plaire, mais il ne répondait finalement pas à toutes mes attentes.

Pourtant comme je l’ai dit, la première « nouvelle » est très intéressante, elle nous plonge au cœur d’un astéroïde prison où sept hommes vont devoir survivre tout en transformant l’astéroïde en logement pour leurs geôliers. Déjà d’un point de vue background on découvre un monde sombre, où le profit a l’air d’avoir clairement prit une grande importance au point de transformer les prisonniers en travailleurs forcés sous des conditions extrêmes. Ils ne sont que des bêtes lâchées à s’entretuer, du moment qu’ils remplissent leur boulot et si ce n’est pas le cas pas grave on trouve toujours de telle main d’oeuvre. Ensuite, l’auteur nous plonge dans une ambiance sanglante, violente qui colle finalement parfaitement à ce que laissait entrevoir le titre du roman. Un Jack Glass meurtrier. On découvre ainsi différents personnages qui montrent une humanité qui a conquis le système solaire et s’est diversifié, tout en restant sous la coupe d’un pouvoir central. Une certaine diversité se développe ainsi dans les récit de chacun. Enfin vient la résolution de ce récit, l’évasion qui n’est pas mauvaise, montant lentement en tension pour aboutir à un final que je qualifierai d’explosif. Alors attention, il faut avoir l’esprit ouvert pour la conclusion, car j’émet quand même des doutes sur sa faisabilité, mais elle colle parfaitement au récit et s’avère noire, efficace et nerveuse.

Les deux nouvelles qui suivent sont liées entre elle. On suit une fille d’une des grandes familles, esprit ingénieux et féru de résolutions de mystères policiers, qui va se retrouver à enquêter sur un meurtre survenu sur sa propriété. La troisième étant la suite de la conclusion de celle-ci, où on va enquêter sur la mort d’un homme dans un endroit clos et où la vidéo montre que personne présent à ce moment-là ne l’aurait tué. Déjà les premiers points qui m’ont dérangé par la suite de ma lecture c’est que le premier texte qui m’avait captivé, se révèle quasi complètement déconnecté des deux autres. Servant finalement qu’à présenter le héros Jack Glass qu’on retrouve dans l’ensemble des récits. Mais là où j’ai été frustré c’est dans le changement de ton, la première nouvelle se voulant mature, sombre et violente là où les deux suivantes vont se révéler plus insouciantes, gentillettes et limite, pas enfantines, mais tout du moins adolescentes dans leurs constructions. Surtout que bon, je ne vais pas le nier non plus, cette seconde intrigue repose quand même sur des nombreux changements et de nombreuses évolutions tirées par les cheveux, voir beaucoup top prévisibles. Je ne dis pas que l’ensemble est surréaliste ou impossible, mais voilà ça manque franchement de densité pour rendre le tout cohérent et logique.

Je prends pour exemple l’idée que des parents laissent leur fille, possible héritière de la fortune et du pouvoir, enquêter sur un meurtre survenu à même pas 50 mètres d’elle, ou bien encore les actions de la famille dirigeante qui m’ont paru par moment illogiques ou enfin l’intrigue du troisième texte téléphonée et que j’avais deviné quasiment de suite. Autre point qui a joué dans le fait que je me sois peu à peu déconnecté du récit, l’auteur tire de trop sur la troisième nouvelle, jouant sur des flash-back qui ne sont pas toujours nécessaires et m’ont paru alourdir un peu la structure. Concernant le travail effectué sur les personnages je suis pas non plus totalement convaincu, même s’il se dégage d’eux quelque chose d’efficace et d’un minimum entraînant. Jack Glass sort ainsi du lot, même si je trouve dommage et légèrement frustrant son passage de « monstre » dans la première nouvelle à celle de simple robin des bois des temps modernes qui veut libérer le peuple du joug d’un pouvoir sans scrupules par la suite. Il y avait le potentiel pour plus, surtout au vu du quatrième de couverture. Cela ne l’empêche pas d’offrir un personnage intéressant et un minimum charismatique. Les autres protagonistes m’ont eux par contre paru plus être là justement pour soutenir notre héros, ses besoins et sa quête que franchement travaillé, excepté notre jeune héritière, plus présent et soignée, qui elle a eu un peu de mal à m’accrocher par certains moments devant sa futilité.

A ce point de ma chronique vous devez vous dire que je n’ai clairement pas apprécié ce livre, pourtant il s’en dégage quelque-chose. Pour cela il faut s’attarder sur les détails et principalement sur l’univers que développe l’auteur. Un futur où l’humanité à conquis le système solaire et s’est étendu, où les grandes familles possèdent le pouvoir, où l’ordre est maintenu par des polices privées et des mafias et où le peuple est encore plus exploité et appauvri simple main d’oeuvre. Tout cela va ainsi être bouleversé par la possible existence de la capacité à aller plus vite que la lumière, amenant son lot de manipulations et de trahisons. Sur ce point là, l’auteur offre un vrai travail intéressant, complexe et prenant soulevant aussi de nombreuses réflexions sur la société et la façon dont elle est gérée. Alors parfois il en fait un peu trop dans la construction de ces arguments, cherchant trop à nous tenir la main vers ce qu’il développe, mais rien de trop bloquant non plus. La plume de l’auteur est efficace, entraînante et sait clairement s’adapter à ses différents types de récit, patinant son récit d’une dose de cynisme t d’humour intéressante. Au final j’aurai apprécié que l’auteur se concentre peut-être un peu plus sur son image de fond et son univers, que sur ces trois scénettes, mais l’ensemble aurait perdu ce décalage qui fait sa particularité qui pourrait plaire à certains, mais qui de mon côté a eu du mal à complètement m’accrocher.

En Résumé : Je ressors de ma lecture de ce roman pas complètement convaincu, l’ensemble ne répondant pas obligatoirement aux attentes que j’avais. La particularité de l’histoire repose sur le fait que l’auteur propose trois nouvelles pour présenter son personnage et son univers. Mais voilà autant la première nouvelle m’a accroché dans son côté sombre, mature ainsi que dans ce qu’il développait et proposait, autant les deux suivantes qui changent complètement de ton m’ont peu à peu décroché devant leurs passages convenus et leurs aspects prévisibles et parfois tirés par les cheveux tant ils manquent de densité pour les rendre cohérents. Les personnages ne sont pas mauvais, Jack Glass s’avérant un héros charismatique et entraînant même si j’étais un peu frustré par son côté robin des bois et non pas le meurtrier annoncé. L’héritière a eu un peu plus de mal à me convaincre devant un peu trop de futilité. Les protagonistes secondaires par contre ne servent qu’à soutenir l’intrigue ce qui est légèrement dommage. En fait là ou le récit gagne en intérêt c’est dans les détails et principalement dans l’univers qu’il brosse au fil des pages. Un monde futuriste ou le pouvoir est entre les mains des grandes familles, où le peuple est de plus en plus pauvre et exploité et où la loi se fait par la police et la mafia qui soulève de nombreuses questions. Dommage que ce ne soit pas plus développé, mais le roman aurait perdu son côté décalé. La plume de l’auteur est entraînante, simple et efficace.

 

Ma Note : 5,5/10

Good Morning, Midnight – Lily Brooks-Dalton

Résumé : Augustin, un brillant astronome, est en mission dans l’Arctique lorsque sa base est évacuée. Alors que les militaires rapatrient ses collègues, il refuse de quitter l’Observatoire. Quel que soit le danger, il veut finir ses jours ici, les yeux dans les étoiles. La rencontre avec une fillette de huit ans change ses plans : il doit reprendre contact avec le monde pour qu’elle soit sauvée. Mais toutes ses tentatives restent sans réponse…
Alors qu’une jeune astronaute, Sully, quitte Jupiter pour regagner la Terre avec son équipage, elle perd tout contact avec Houston. Augustin capte son appel. Au fil des échanges, ils vont se découvrir et se rapprocher, malgré l’immense vide qui les sépare. Ensemble, ils affrontent leurs peurs et leur solitude, réfléchissent sur leurs choix passés et affrontent le futur qui les attend.

Edition : Les Presses de la Cité

 

Mon Avis : J’avoue, concernant ce roman je n’avais rien entendu avant de me le voir proposer lors d’un masse critique Babelio. J’avoue ainsi avoir été tenté par le résumé qui proposait une histoire clairement intrigante et ouverte ainsi qu’une couverture sobre et efficace dans son rendu. J’ai donc décidé de tenter ma chance et j’ai été sélectionné. Je remercie donc Babelio ainsi que les éditions Les Presses de la Cité de m’avoir permis de découvrir ce livre.

Ce roman nous plonge ainsi plusieurs années dans l’avenir, rien ne permettant de définir en quelle année nous sommes, mais plusieurs indices montrent bien que nous nous situons dans le futur. Une catastrophe indéterminée s’abat sur terre et l’humanité parait s’être éteinte. Seuls survivants, Augustin un vieux scientifique perdu dans l’Arctique avec Iris une jeune fille et une mission spatiale comprenant six membres d’équipages qui rentrent de mission de Jupiter et que l’on suit à travers le regard de Sully. Une fois la dernière page tournée, je dois bien avouer que je ne suis pas sorti totalement convaincu, pas que le roman soit mauvais, loin de là, mais je pense que ce n’était clairement pas le roman que j’attendais et que je n’en étais pas la cible première. Le principal soucis vient déjà du quatrième de couverture, qui présente cette histoire comme un dialogue entre nos deux groupes de survivants. J’avais ainsi l’attente d’une construction, certes pourquoi pas philosophique, sur notre société et aussi sur les failles des héros. Un partage de point de vue et une réflexion sur nous-même, la peur et l’espoir. Hors ce contact n’interviendra que 30 pages avant la fin du roman et se limitera à trois lignes de dialogues. J’avoue avoir été un peu frustré. Au final ce roman nous plonge finalement dans la vie de nos deux héros, Sully et Augustin, qui devant ce drame vont faire le point sur leurs passés, leurs erreurs et cette nouvelle peur de l’avenir. C’est ainsi un récit doux-amer sur leurs vies qui va nous questionner sur notre façon de gérer la nôtre. Sur ce point je trouve que l’auteur d’ailleurs s’en sort bien, mais voilà des points m’ont dérangé.

Déjà soyons clairs, ce roman n’est pas clairement un roman de Science-Fiction comme on peut l’entendre habituellement. Ce n’est pas péjoratif, c’est un fait. La fin de l’humanité n’est ainsi qu’un prétexte au récit pour travailler sur ces personnages. C’est bien simple de cette apocalypse on ne saura rien, juste que l’Homme a disparu d’un coup sans qu’on sache trop pourquoi. Pour peu qu’on soit un peu pointilleux cela va vite légèrement dérangeant, car au vu du peu d’indice mis en avant par l’auteur on dirait que l’humanité est parti en éteignant bien la lumière et fermant la porte derrière elle tant il n’y aucune trace de quoi que ce soit, ni dégâts, ni informations. Rien. J’avoue, j’ai un peu de mal à adhérer à cette hypothèse l’apocalypse se révélant simplement un fait qu’il faut accepter sans rien dire, même si dans le récit ça ne dérange pas non plus trop. En effet comme je l’ai dit Lily Brooks-Dalton nous offre plutôt ici un roman qui se veut contemplatif et spéculatif à travers les différents regards que l’on croise. L’ensemble est donc construit sur un rythme assez lent, qui colle bien à l’histoire, mais qui pourra en bloquer certains, surtout qu’il n’y a pas non plus d’intrigue ni de gros rebondissements. On est dans le récit d’introspection, où nos deux héros face à ce bouleversement se reconsidèrent face à leurs actes et vont chercher un nouvel espoir, une évolution qui va leur permettre de continuer à avancer.

Les personnages font d’ailleurs parti de la grande force du roman, principalement dans le travail qui est réalisé sur eux pour les rendre humains et complexes. On découvre ainsi deux héros solitaires, qui ont énormément sacrifié dans leurs vies pour satisfaire leurs ambitions, mais aussi finalement maintenir cette peur de l’engagement, la peur d’une certaine façon de l’autre qui pourrait tout changer dans leurs vies et remettre en cause le socle de leurs certitudes. Face à l’absence d’humains ils se retrouvent ainsi à devoir réfléchir sur leurs vies, leurs pertes, leurs victoires et ainsi que se rendre compte que finalement la vie, le temps, les émotions, les changements reposent principalement sur les liens que nous avons avec les autres. Sans le regard de l’autre ce qu’on fait n’a finalement que peu de valeur et peu d’importance. L’auteur nous construit ainsi, de façon sensible, une réflexion sur la solitude, la construction de soi mais aussi en filigrane notre apport au monde, notre vision de celui-ci et ce que nous en faisons. C’est à travers cette réflexion que nos deux héros vont plonger peu à peu dans une certaine catharsis, les brisant d’une certaine façon pour qu’il puisse mieux s’accepter et pourquoi pas se reconstruire. Je ne le nie pas certains passages sont poignants et magnifiques. J’ai aussi beaucoup apprécie Iris qui joue d’une certaine façon pour Augustin le rôle de catalyseur, jeune fille qui ne laisse pas indifférent même si parfois elle manque manque de finesse dans le message qu’elle cherche à faire passer. Je pense par exemple à la scène du loup qui en fait un peu trop.

Autre point intéressant, c’est ce qui est proposé par Lily Brooks-dalton au niveau du travail descriptif et au niveau de l’ambiance, que ce soit aussi bien dans l’Arctique que dans le vide de l’espace. Il se dégage ainsi une certaine beauté et une certaine magie dans ce qui nous est présenté qui donne envie d’en découvrir plus, de le vivre, de le partager. Ainsi de façon simple elle arrive ainsi à nous offrir des vues et des images très visuelles et accrocheuses. Je soulèverai juste un point de déception venant d’ellipse d’élément qui aurait pu apporter encore une beauté supplémentaire à l’ensemble mais qu’elle évite, peut-être pour ne pas passer à côté, comme quand le vaisseau spatial s’approche de Mars, annonçant une vue magnifique que l’on ne verra jamais clairement. Mais bon rien de très dérangeant non plus. La plume de l’auteur arrive à nous embarquer dans ces grands espaces, dans ce vide de l’espace ou bien encore le côté sauvage et envoutant de la nature. Surtout qu’elle parsème le tout d’une légère dose de fantastique, de réalisme magique qui vient apporter un petit plus à l’ensemble. Le style est aussi un point fort du récit, s’avérant poétique, prenant et plutôt efficace.

Après comme je l’ai dit tout n’est pas non plus parfait, déjà si je reviens sur les personnages, comme je l’ai expliqué il y a des moments poignants, touchants et pour autant il y a aussi des moments où je n’ai pas complètement réussi à me connecter à eux, à leurs réflexions, comme s’il y avait un voile entre eux et moi. Ensuite, je l’ai expliqué, ce roman est très contemplatif dans ce qu’il construit, et parfois il y a un pas entre le contemplatif et la langueur. Hors sur certains passages l’auteur franchit ce pas, ce qui fait que je me déconnectais un peu du récit. Je noterai aussi certains points qui m’ont paru légèrement incohérents, que ce soit dans l’idée d’apocalypse comme dans certains passages avec Augustin et Iris. Enfin dernier point que je soulèverai, tout comme La Femme d’Argile et l’Homme de Feu je n’ai pas eu ce sentiment de rappel que j’attends d’un livre, ce qui me donne envie d’y replonger une fois fermé. J’appréciais la poésie et les réflexions qu’il proposait, mais voilà je ne ressentais pas cette frustration de ne pas retourner dans cette lecture rapidement. Au final je reconnais clairement les qualités de ce roman dans ses démonstrations et son envie de nous faire réfléchir, sauf qu’il n’a pas non plus complètement répondu aux attentes que je pouvais avoir.

En Résumé : Je ressors de ma lecture pas totalement convaincu, le récit ayant de nombreuses qualités, mais ne répondant pas obligatoirement aux attentes que je pouvais avoir en me lançant. En effet la quatrième de couverture met en avant de façon importante un élément qui n’arrive qu’à 30 pages de la fin et s’avère qu’anecdotique, ce que j’ai trouvé frustrant. Déjà il faut savoir que ce roman n’est pas un livre de SF dans le sens où on l’entend d’habitude. Ici la fin de l’humanité n’est qu’un fait pour isoler nos deux héros et les pousser à se questionner. J’avoue j’ai eu un peu de mal à accepter cette apocalypse tant elle manque un peu de cohérence dans le peu d’explication donné. Cela n’empêche pas par contre les réflexion et le travail sur les personnages de s’avérer franchement intéressant. L’auteur nous offre ainsi un travail efficace sur la solitude, la famille ou bien encore notre existence par rapport et grâce au regard des autres. Les deux héros s’avèrent soignés et captivants, même si parfois sur certains passages j’ai quand même eu du mal à m’accrocher complètement à eux. La petite Iris aussi offre un personnage intéressant à découvrir, même si certaines métaphores qu’elle apporte sont un peu caricaturales. L’autre point intéressant vient du travail de description de l’auteur ainsi que de l’aspect poétique qu’elle met en place qui offre un vrai plus à l’ambiance du récit. Je regretterai par moment certains passages où je me déconnectais trop du récit tant il offrait un rythme langoureux et aussi cette absence de sentiment de rappel qui fait que quand je pose un livre j’ai plus ou moins envie d’y replonger dedans rapidement. Le style de l’auteur s’avère poétique, dense et efficace.

 

Ma Note : 6/10