Luna Tome 1, Nouvelle Lune – Ian McDonald

Résumé : 2110.
Sur une Lune où tout se vend, où tout s’achète, jusqu’aux sels minéraux contenus dans votre urine, et où la mort peut survenir à peu près à n’importe quel moment, Adrianna Corta est la dirigeante du plus récent des cinq «Dragons», ces familles à couteaux tirés qui règnent sur les colonies lunaires. Elle doit l’ascension météoritique de son organisation au commerce de l’Hélium-3. Mais Corta-Hélio possède de nombreux ennemis, et si Adrianna, au crépuscule de sa vie, veut léguer quelque chose à ses cinq enfants, il lui faudra se battre, et en retour ils devront se battre pour elle…
Car sur la Lune, ce nouveau Far West en pleine ruée vers l’or, tous les coups sont permis.

Edition : Denoël Lunes d’Encre

 

Mon Avis : Dire que Ian McDonald fait partie des auteurs dont j’attends les publications avec impatience est un doux euphémisme. Proposant habituellement une Science-Fiction dense, futuriste aux technologies fascinantes et le tout porté par des personnages captivants et des intrigues soignées j’ai toujours passé d’excellent moments avec les écrits que j’ai lu de lui. C’est donc sans surprise que dès l’instant où j’ai entendu parler du projet de l’auteur d’écrire une trilogie, j’avais hâte de me lancer à sa découverte. J’ai d’ailleurs même failli craquer et le lire en VO, mais j’ai encore un peu de doutes concernant ma capacité de la SF un peu dense. J’ai donc décidé d’attendre sa publication en VF. Concernant la couverture, illustrée par Manchu, je la trouve très sympathique.

On plonge ainsi ici dans un futur pas si éloigné que cela, où la lune a été colonisée par des entreprises privées qui sont venus l’exploiter pour soutenir les besoins de la terre. Au fil des années, quelques grandes familles se sont imposées ayant chacune d’entre elle la main-mise sur un, voir plusieurs pans du marché lunaire et ont fait fortune, devenant ainsi les piliers de ce « nouveau » monde. Sauf que de nombreuses tensions existent entre les familles, principalement avec la famille Corta qui est au centre du récit. Alors je dois bien avouer, une fois la dernière page de ce livre tournée, que j’ai passé un excellent moment de lecture avec ce récit passionnant. Pourtant l’auteur n’offre pas obligatoirement la même chose que ses précédents récits, mais cela ne l’empêche pas pour autant de proposer ici un premier tome plus qu’accrocheur et captivant. Une fois plongé dedans j’ai eu du mal à lâcher le roman, tournant les pages avec envie d’en apprendre plus.

Comme je l’ai dit, l’intrigue proposée diffère de ce que j’avais lu de Ian McDonald auparavant (en sachant que je n’ai pas lu Brasyl, fortement décrié et surtout mal traduit à ce que j’ai entendu) qui se rapprochait plus de l’enquête, voir de la quête, mais qui ici va plus se consacrer sur des luttes de pouvoir, leurs causes et leurs conséquences qui ne vont pas se révéler sans violences ni morts. J’ai lu que ce récit était considéré comme un Games of Thrones SF (en partie par l’auteur lui-même qui dit s’en être inspiré), d’habitude je ne réagis jamais à ce genre d’accroches, mais là je voulais juste en parler vite fait, car selon moi c’est à la fois vrai et faux (oui ça ne veut rien dire et alors^^). Certes on y retrouve ce jeu de pouvoir avec tout ce que cela entraîne de trahisons, de mensonges et des  sang, mais vouloir réduire GoT ou Luna à cela c’est un peu dommage. De plus Martin et McDonald différent quand même assez pour ne pas du tout proposer le même genre d’histoire, de travail de fond et de narration. Au fianl clairement je ne peux que vous conseiller de faire votre propre avis. Bon après j’ai aussi beaucoup de mal à casser les livres dans des cases ou a faire des parallèles qui, pour moi, n’apportent pas grand chose.

Dans tous les cas on plonge ici dans un récit qui s’avère clairement efficace dès les toutes premières pages et qui surtout, distille une tension qui fait qu’on est rapidement happé dans le récit. Dès le premier chapitre j’ai ainsi été captivé par ce que proposait l’auteur, cette course au pouvoir ainsi que par la richesse du récit proposé que je vous laisse découvrir pour éviter de trop en révéler et vous gâcher le plaisir de la découverte. Le récit ne manque ainsi pas de scènes nerveuses, le tout porté par une intrigue qui va se révéler finalement plus complexe qu’une simple haine entre familles, densifié par l’aspect social et légale de ce monde qui lui offre un cadre unique et original. L’autre point qui rend ce récit aussi percutant vient des nombreuses intrigue qui sont mises en place, que ce soit celles qui se dessinent clairement, comme celles qu’on ne voit pas obligatoirement venir. L’auteur maîtrise clairement son sujet et par conséquent chaque ne laisse ainsi pas le lecteur indifférent offrant son lot de surprise. Pour autant l’auteur n’oublie pas de construire un récit soigné et complexe, où chaque personnage à son propre rôle et son importance.

Un des gros points forts, selon moi, vient de l’univers mis en avant tout le long du récit. On découvre tout du long un travail soigné, fascinant et qui offre de nombreuses idées intéressantes à tous les niveaux. Comme toujours l’auteur développe un aspect technologique passionnant, franchement réaliste, plausible que ce soit dans l’idée des familiers, des lentilles de contact ou encore dans les avancées présenté que ce soit pour faciliter la vie comme pour l’achever. Car oui, vivre sur la lune est un défi de tous les instants et oblige aussi à adapter la façon dont on élimine ses adversaires. Surtout le récit ne tombe jamais trop dans la complication, les technologies sont ainsi bien expliqués, compréhensibles et accessibles. Autre point fascinant c’est le côté social, aucune loi n’existe sur la lune, aucun cadre légal fixe n’est ainsi posé. Tout ici est une question de négociation, de lutte, de contrats, de dédommagements ou encore du premier arrivé, premier servi. La justice est ainsi complètement différente et repose plus sur l’élocution et l’esbroufe que sur des textes. Cela offre ainsi, je trouve, une réflexion intéressante sur ce que pourrait être notre vie dans ce genre d’univers, où finalement la différence des classes parait encore plus prononcée.

D’ailleurs, sur la lune respirer n’est même pas un droit, cela a un coût. Pour survivre et continuer à exister les grandes familles organisent par conséquent des mariages qui présentent tous un intérêt politique. On a un peu l’impression d’un système de société féodale futuriste et qui pourtant colle parfaitement au récit. Autre point qu’on retrouve régulièrement dans les récits de l’auteur, vient de l’aspect multiculturel présenté. Chaque famille représente ainsi, d’une certaine façon, une origine différente, ainsi que des visions et des coutumes différentes. Cela offre, je trouve, un petit côté dépaysant, mais surtout un foisonnement dans cette population qui ne se retrouve ainsi pas figé. Ce qui en fait aussi la force de cet univers, c’est que l’auteur le soigne et propose de nombreux détails et un travail minutieux qui le rend palpable, vivant et prenant.

Concernant les personnages là encore l’auteur nous propose un excellent travail où on se retrouve à suivre des héros prenants, humains et complexes. On découvre ainsi au fil des pages les différents membres de la famille Corta, avec quelques passages par moment d’autres familles, et une chose à dire la famille Corta possède son lot de personnages marquants selon moi. Surtout, chacun d’entre eux est « unique », possédant sa propre histoire, son caractère, ses envies ou encore ses motivations, ses forces ou ses faiblesses. Que ce soit Adrianna avec son tempérament d’acier, Lucas et son côté manipulateur dans l’ombre qui cherche la lumière, Rafa l’ainé et héritier aux émotions explosives, Ariel l’avocate qui cherche à suivre un autre chemin, mais aussi Carlinhos le guerrier, l’homme de main ou bien aussi le personnage très intéressant et ambigu de Wagner l’homme-loup. Tous arrivent à « charmer » le lecteur, à exister, s’avérant charismatiques et profonds. Même Lucasinho, adolescent rebelle, ne tombe pas dans la caricature et gagne de l’importance au fil des pages. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste, dévoilant aussi une autre face complètement différente de la Lune, comme par exemple les mères porteuses. Surtout l’auteur va les pousser à évoluer, à devoir revoir leurs positions, se battre dans un milieu ou le premier faux-pas peut être fatal.

Je ne parle même pas de la conclusion qui est, je trouve, un bijou de tension, de trahisons et de révélations, offrant un final haletant, incisif et captivant qui donne clairement envie de se plonger dans la suite. Alors après, pour  trouver des points qui m’ont un légèrement dérangé, je dirai qu’une ou deux transitions sont mal gérées et certains passages auraient pu propose un peu plus de développement, mais franchement là je chipote tant ce roman m’a offert un excellent moment de lecture. La plume de l’auteur est soignée, percutante, vivante et entraînante et j’ai franchement eu du mal à lâcher ce premier tome. Maintenant reste une grande question, se laisser tenter par la suite qui vient de sortir en VO ou attendre, selon les informations que j’ai lu, le premier trimestre 2018 pour la VF. Je vais mener un débat intense avec moi-même concernant cette question. En tout cas je ne peux que vous conseiller de découvrir ce livre pour vous faire un avis, pour peu que le sujet vous tente.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui nous plonge dans un futur pas si lointain, où là lune a été colonisée pour ses ressources et où se mène une guerre du pouvoir et de l’argent entre de nombreuses familles. Ce roman pose ainsi un récit qui dès la première page a réussi à me captiver et à ne plus me lâcher, offrant une ambiance tendu et efficace du début à la fin, et maîtrisant parfaitement son récit pour offrir une intrigue complexe, pleines de trahisons, de jeux de pouvoirs, de personnages charismatiques le tout dans une toile de fond riche et captivante. L’univers est l’un des gros points forts du récit, que ce soit dans son aspect technologique comme dans le côté social ou bien légal. Une Lune sans loi où tout est affaire de compromis et d’argent, ce qui offre de nombreuses réflexions. La galerie de personnages proposé s’avère complexe, soigné et fascinant, chaque personnage s’avère ainsi unique, possédant sa propre histoire, ses motivations ses forces et ses faiblesses. D’une certaine façon chacun se détache et ne laisse pas le lecteur indifférent. A noter aussi un final haletant, explosif, avec son lot de révélations qui donne clairement envie de lire la suite. Alors après on pourrai reprocher une ou deux transitions un peu brusques ou un ou deux passages un peu rapides, mais franchement je chipote un peu tant j’ai trouvé ce premier tome réussi bien porté par une plume incisive, efficace et entraînante.

 

Ma Note : 9/10

 

Autres avis : Apophis, Lorhkan, Samuel Ziterman,  …

Chaos Tome 2, Les Terres Grises – Clément Bouhélier

Résumé : L’apocalypse est en marche. Partout en France et dans le monde, le virus de l’oubli n’a laissé que des semblants d’êtres humains, coquilles vides qui errent sans but avant de mourir. Tandis que le monde achève de s’éteindre, quatre rescapés luttent pour survivre. Chloé, Arthur, Claudy et Phil. Guidés par une voie mystérieuse qui leur intime de se retrouver, ils progressent à travers un Paris dévasté. Ils ignorent que des yeux verts les épient. Ils ignorent aussi que leurs épreuves commencent à peine : pour vaincre le responsable du chaos, il leur faudra aller bien au-delà de Paris. Au-delà de leur monde. Jusque sur les Terres Grises, où leur ennemi va s’ingénier à les traquer.

Edition : Critic

 

Mon Avis : Il y a quelques mois je me suis laissé tenter par le premier tome de ce diptyque qui, sans non plus se révéler des plus révolutionnaire, m’avais offert un bon moment de lecture. Le gros point qui m’avait happé était l’aspect apocalypse proposant un travail minutieux, détaillé et sans lourdeur de l’explosion de la société, même si quelques petites longueurs se faisaient ressentir ainsi qu’une ou deux simplistés. J’avais donc hâte de savoir ce qu’allait proposer par la suite l’auteur et surtout de savoir comment il allait conclure son histoire. A noter la couverture, illustrée par Aurélien Police, qui est franchement superbe.

On retrouve ainsi nos héros, perdus dans un plein Paris devenu apocalyptique suite à l’apparition du virus de l’oubli qui a transformé quasiment toute la population en « légumes ». Ils se retrouvent alors à suivre des signes plus ou moins mystiques voir magiques en espérant, en dernier recours, y trouver de l’aide. Sauf que rien ne va se passer comme prévu et de nombreuses épreuves vont se dresser devant nos héros. Bon j’avoue, une fois la dernière page tournée, je suis légèrement septique devant ce récit. Il n’est pas mauvais, il possède de bons passages, mais je ne suis pas sûr que le format diptyque était ce qui lui convenait le mieux. Tout du moins, de mon côté, j’ai ressenti pas mal de longueurs à la lecture de ce second tome et je me demande si quelques coupes n’auraient pas rendu ce roman plus prenant. Attention je n’ai pas détesté ma lecture, elle reste sympathique, de nombreux points s’avèrent intéressants et le rythme du récit s’avère plutôt entrainant dans l’ensemble, mais voilà j’ai eu l’impression que l’auteur en faisait un peu trop et tirait un peu trop son récit sans que ça me donne l’impression d’apporter beaucoup.

Déjà, ma première attente était de savoir comme allait être géré cet aspect post-apocalyptique. En effet ce qui m’avait happé dans le premier tome c’était le travail de fin du monde qui se dessinait de façon complexe et soigné au fil des pages. Maintenant qu’elle est là, il fallait trouver un autre point d’accroche. Il s’agit donc des Terres grises qui réussissent pas trop mal le boulot, se révélant intéressante à découvrir, même si elles n’ont pas eu le même impact que l’aspect fin du monde présenté dans le premier volume. Le point fort de ces terres grises vient en fait de ce côté âpre, sombre qui en ressort. On découvre ainsi un monde sauvage, à l’agonie où la survie est impossible et où pourtant nos héros vont devoir avancer pour espérer s’en sortir. Il se dégage clairement de ce monde un désespoir et aussi un côté mystérieux qui donne envie d’en apprendre plus sur lui et aussi sur comment les personnages vont s’en sortir. Cela permet aussi, plus on en découvre sur ces terres grises, de mettre en avant l’imagination de l’auteur que ce soit par l’aspect technologique comme le bestiaire présenté et se révèle attrayant. Autre point que j’ai trouvé original cette histoire d’orgue, que je vous laisse découvrir pour ne pas trop en dévoiler, mais qui je trouve est bien trouvé même s’il offre une légère facilité à un moment du récit.

Là où j’ai moins été happé par ces fameuses terres grises, c’est dans la façon dont l’auteur fait avancer son intrigue qui s’avère finalement assez répétitive. On est toujours un peu sur le même schéma du j’avance, un danger, je le gère, je continue à avancer. Certes pour de nombreux romans c’est le cas sauf que là c’est un peu toujours les même dangers qui reviennent. Il faut aussi ajouter à cela par certains moments un aspect un peu caricatural dans la relation des personnages. Je pense principalement entre Chloé et Arthur, relation qui a  du mal à paraitre tout à fait crédible la faute à quelques scènes un peu téléphonés et assez simplistes dans la construction. Cela se ressent principalement, sans trop en dire, dans la scène qui concerne l’eau et qui a franchement eu du mal à me convaincre, paraissant même sur certains points un peu surjouée. Après ces quelques « gros » points sont atténués par le sens du rythme qu’offre ce récit, s’avérant efficace, sans temps morts et amenant rebondissements et révélations de façon plutôt efficace et entraînante. Il offre aussi une bonne dose d’aventure et d’incertitude qui offre un plus au récit, le rendant prenant.

Concernant les personnages je dois bien admettre que j’attendais peut-être un peu plus d’eux dans ce second tome. Oh ils ne sont pas mauvais, que ce soit dans leurs émotions, leurs réactions et leurs envies ils sont toujours intéressants à découvrir même si par moment les transitions sont un peu brusque. Mais voilà le premier tome laissait entrapercevoir des personnages différents, hors finalement dans ce second tome ils rentrent un peu trop dans le « moule » d’un groupe d’aventurier classique devant une quête impossible qui va rencontrer son lot de dissension, de dangers, de lien et de souffrance. De plus j’ai trouvé que la cohésion ou les tensions que cherche à mettre en avant l’auteur ne m’a pas toujours paru très crédible, comme s’il manquait un peu de profondeur dans les relations et les liens. Après cela n’empêche pas certains personnages de se révéler plus qu’intéressant et gagner en intérêt au fil des pages comme Chloé et la petite fille, ou encore Phil qui gagne en complexité.

Comme je l’ai dit je n’ai pas été totalement convaincu par ce roman, outre les points déjà exposés et les longueurs que j’ai dit avoir ressenti, j’ai été un peu déçu que pour un roman qui parle d’univers parallèles qu’il n’offre pas un peu plus de dépaysement. Oh je ne demandais pas de visiter des milliers de mondes, mais voilà juste en découvrir un peu plus m’auraient plus accroché je pense. Ensuite, j’ai trouvé la fin un peu « happy end » et assez devinable. Cela n’enlève rien à son côté percutant, mais voilà j’avais peut-être trop d’attentes concernant ces dernières pages. Enfin quelques simplicités, pour moi, se glissent ici ou là, même si là rien de trop dérangeant. Au final je pense que le récit aurait mérité quelques coupes pour gagner encore plus en intérêt, car ce second tome me laisse un peu sur ma faim. Après ce n’est que mon avis. En tout cas la plume de l’auteur est toujours aussi incisive, vive et efficace et je lirai d’autres de ses écrits histoire de voir ce qu’il pourra nous proposer.

En Résumé : Je suis ressorti de ma lecture de ce second tome de ce diptyque avec une impression pas complètement convaincu. L’ensemble n’est pas non plus complètement mauvais, mais voilà trop de longueurs ont fait que je n’ai jamais été totalement happé par ce récit. Les terres grises ne sont pas mauvaises et donnent envie d’en apprendre plus par son côté mystérieux, mais aussi par son ambiance sombre, sauvage, violente avec aussi ce petit côté inhospitalier qui fait qu’on tourne les pages pour savoir comment ils allaient s’en sortir. Sauf que la façon dont l’intrigue avance m’a paru un peu trop répétitive, reprenant un peu le même schéma. Concernant les personnages, même s’ils ne manquent pas non plus d’attrait je trouve que ce qui les rendaient différents dans le premier tome ici disparait pour nous offrir un « simple » groupe d’aventuriers. De plus certaines relations et certains liens m’ont paru un peu brusques voir mal construits. Cela ne les empêche pas pour autant d’offrir de nombreux rebondissements et aussi de se révéler intéressants dans leurs envies et leurs émotions. J’ai aussi regretté une fin un peu « happy-end » à mon goût même si cela ne l’empêche pas d’être percutante, quelques simplicités ainsi que le fait de ne pas voir plus de mondes pour ce genre de récit. Au final une lecture mitigée même si intéressante, le tout porté par une plume incisive et efficace et je lirai avec plaisir d’autres écrits de l’auteur pour voir son évolution et ce qu’il propose.

 

Ma Note : 6/10

 

Autres avis : Joyeux-Drille, Chut maman lit, …

The Sorcerer of the Wildeeps – Kai Ashante Wilson

Résumé : Since leaving his homeland, the earthbound demigod Demane has been labeled a sorcerer. With his ancestors’ artifacts in hand, the Sorcerer follows the Captain, a beautiful man with song for a voice and hair that drinks the sunlight.
The two of them are the descendants of the gods who abandoned the Earth for Heaven, and they will need all the gifts those divine ancestors left to them to keep their caravan brothers alive. The one safe road between the northern oasis and southern kingdom is stalked by a necromantic terror. Demane may have to master his wild powers and trade humanity for godhood if he is to keep his brothers and his beloved captain alive.

Edition : Tor

 

Mon Avis : Bon, je dois bien avouer, aux premiers abords je ne me serai pas laissé tenter par ce bouquin. Il faut dire que, sans dire qu’elle est mauvaise, l’illustration de couverture ne me donnait pas franchement envie de me lncer dans la lecture de ce roman. Le résumé se révélait un peu plus accrocheur, mais voilà pas de quoi non plus me convaincre. Il a fallu attendre que Tor, l’éditeur, propose l’ebook gratuitement ainsi que de nombreux retours US positifs pour que je me laisse finalement tenter à découvrir ce récit. A noter qu’on est plus, pour moi, dans le format novella que dans le roman, le livre faisant environ 200 pages en format papier.

On suit ici les aventures de Demane, considéré comme un sorcier, voir un demi-dieu, qui s’est engagé en tant que garde dans une caravane de marchands. Il s’est aussi, par la même occasion, rapproché de Capitaine qui est comme lui un demi-dieu. Sauf que voilà, le voyage de cette caravane ne sera pas de tout repos et de nombreux dangers vont perturber leur trajet. Je dois bien avouer qu’une fois la dernière page tournée il va m’être difficile de parler de ce roman. J’ai apprécié ma lecture, je suis bien content d’avoir découvert l’auteur ainsi que l’univers qu’il construit et je lirai sans soucis d’autre de ses écrits, mais voilà il ne s’agit pas d’un récit qui est facile d’accès je trouve. On est ainsi clairement dans le genre de récit à double tranchant, soit on y accroche, soit le lecteur va vite se retrouver à s’ennuyer voir un peu perdu et à complètement se déconnecter. Déjà première chose à savoir, je lis en Anglais depuis quelques années maintenant, mais je ne considère pas comme totalement bilingue, loin de là, et je dois bien avouer que ce récit justement m’a poussé beaucoup plus que d’autre à me servir d’un dictionnaire anglais/français. Ce n’est pas une critique, je tiens juste à mettre en avant que l’auteur offre ici une plume parfois assez pointue et poussée, ce qui fait que si vous êtes comme moi une lecteur plutôt « moyen » en VO, vous risquez de devoir faire des recherches. Cela hache obligatoirement la lecture et pourrait en déranger certains. Moi ça me plait, ça étend mon vocabulaire, même si je ne suis pas sûr d’un jour réutiliser certains mots.

L’un des points intéressants pour moi du récit vient qu’il mélange de façon très efficace les genres, et qu’il s’en sert même pour jouer avec le lecteur, offrant ainsi au lecteur de nombreuses questions dans un univers qui alterne entre science-fiction, aspect mystique et Fantasy. On plonge ainsi dans un univers étrange dont on ne sait pas si on est dans un monde complètement différent et déconnecté, ou dans un futur lointain. D’ailleurs l’univers est l’un des autres points forts, pour moi, de ce roman. Pas parce-qu’il joue sur les genre, mais parce que l’auteur développe un monde à la fois étrange, captivant, déroutant, sauvage et fascinant. On plonge ainsi dans un univers qui mélange science, magie, fantastique, dépaysement, onirisme et qui s’avère d’une certaine façon envoutant. L’attrait principal, selon moi, vient du fait que l’auteur ne nous offre pas son image de fond clé en main, il distille ses informations au fil des pages pour obliger le lecteur à se poser des questions et lui donner envie d’en apprendre plus. Cela pourra peut-être en frustrer certains, mais moi ça m’a accroché, ça donne franchement l’impression de le découvrir comme un inconnu qui vient d’arriver. Un univers complexe, surprenant et qui soulève de nombreuses questions.

Surtout l’auteur joue sur le parallèle entre magie et technologie, la vision de chacun par rapport aux capacités de Demane et du Capitaine et de la vérité. Sont-ils des demi-dieux ou des hommes ayant de meilleures connaissances et technologies? Tout dépend ainsi du regard de chacun. Autre point qui soulève un travail de réflexion c’est la position sociale, Demane et Isa le Capitaine démontrant des capacités hors du commun et qui sont pourtant considérés comme de simples grouillots par les marchands, à peine respectés sauf pour faire le sale boulot. Enfin le dernier point, qui m’a un peu par contre laissé mitigé, c’est le travail de l’auteur sur le langage. Il y a une vraie différence entre la narration et les dialogues qui offre un argot parfois « imaginaire ». Cela doit en partie montrer une évolution du langage, mais je ne sais pas, il lui manquait un petit quelque-chose pour se révéler fluide dans le récit comme si par moment les discussions se détachaient trop du ton de la narration. C’est parfois un peu trop surprenant de passer d’une certaine poésie et magie à un langage plus châtié. Dans tous les cas ces réflexions et ces développements offrent un travail intéressant qui fait réfléchir.

La construction du récit est déroutante et pourtant elle a, je trouve, un côté intriguant. Tout comme l’univers, l’auteur ne nous offre pas les informations quand on le souhaite, mais au moment qui lui parait le plus propice. Cela fait que d’un point de vue visuel le récit « change » régulièrement pour le lecteur, gagnant d’une certaine façon en densité au fil des découvertes, révélation et les vides que le lecteur complète seul. Le récit alternent ainsi régulièrement entre flashback, ellipses et présent, de façon parfois brusque, comme si on sautait d’un point à l’autre. Clairement cela peut bloquer et déranger, mais ça offre, je trouve, une certaine tension tout du long du récit, distillant ainsi au moment propice les informations. En ce qui concerne les personnages, j’avoue, j’ai apprécié découvrir Demane, sa relation avec le Capitaine, sa vision du monde et la façon dont il le présente. Ses doutes, ses forces, ses faiblesses et ses envies sont réalistes et humaines. Alors ce n’est pas obligatoirement le personnage le plus attachant que j’ai croisé, mais il se dégage quelque-chose de lui. Les personnages secondaires qui gravitent autour de lui offrent aussi un panel de protagoniste intéressant à découvrir que ce soit dans leurs façons de vivre leurs vies, dans leurs croyances ou bien encore dans leurs visions de ce monde et des mystères qu’il cache.

Alors après tout n’est pas non plus parfait, il y a parfois un soucis de rythme qui donne l’impression que le récit prend trop son temps pour s’accélérer d’un coup au moment de la conclusion. Cela n’empêche pas pour autant la conclusion de se révéler épique, entraînant et happant, mais cela surprend. On ressent aussi une impression parfois un peu frustrante de n’être plongé que dans une tranche de vie, de ne pas tout comprendre et d’en attendre encore plus. Comme je l’ai dit il m’est difficile de parler de ce roman, car il est compliqué de pouvoir l’appréhender et retranscrire un ressenti. L’auteur offre de nombreuses lignes d’intrigues originales, de développements et de travail dans un texte parfois court, voir trop court. Il y a de nombreuses choses qui m’ont marqué et d’autres qui m’ont frustré. Il m’est aussi difficile de le conseiller, car je pense qu’il pourrait en bloquer plus d’un et d’autres pourrait, comme moi, accrocher, mais une chose est sûre l’auteur a su proposer un récit que je trouve différent et plus qu’intéressant le tout porté par une plume efficace, dense et intrigante. Je lirai sans soucis d’autres de ses écrits.

En Résumé : Ce récit aux premiers abords ne me tentait pas plus que cela, et je m’y suis plongé dedans plus sur un concours de circonstance et je suis bien content. Comme quoi l’écrin ne fait pas tout pour un livre. Alors autant le dire tout de suite il s’agit d’une novella qui va m’être compliqué à recommander, l’auteur nous offrant ici une histoire aux frontières des différents genres qui ne se laisse pas si facilement « saisir » tant l’auteur joue avec le lecteur. Que ce soit dans la façon dont il fait avancer son intrigue comme dans son univers rien n’est acquis, le lecteur jonglant entre révélations et vides qu’il comble pour créer un puzzle cohérent. Cela pour en surprendre et en bloquer certains, mais moi j’ai bien accroché. Il faut dire aussi que l’univers présenté ne manque pas non plus d’attrait, soulevant de nombreuses questions tout en se révélant sauvage, percutant et dépaysant. Le héros principal, même s’il n’est pas le plus attachant qui soit, est captivant à découvrir dans la façon dont il nous présente son monde et dans la complexité qui le constitue. Les personnages qui gravitent autour ne manque pas non plus d’intérêt, offrant des impressions et des visions efficaces. Alors tout n’est pas parfait on ressent une différente entre une narration plutôt envoutant et des dialogues par moment trop châtié, un soucis de rythme se fait légèrement ressentir entre un début qui prend son temps et une fin un peu rapide, ou bien une impression parfois un peu frustrante de ne pas avoir toutes les clés, mais franchement ce récit offre de nombreux aspects que j’ai trouvé originaux et un univers plus qu’efficace ce qui fait que j’ai passé un bon moment de lecture. La plume de l’auteur est dense, complexe et prenante et je lirai sans soucis d’autre de ses écrits.

 

Ma Note : 7,5/10

L’Alchimie de la Pierre – Ekaterina Sedia

Résumé : Soit une ville immense, sombre et secrète, fondée par un peuple minéral plus secret encore — les gargouilles. De mémoire d’homme, les guildes rivales des Alchimistes et des Mécaniciens s’y livrent une lutte d’influence acharnée. Or les Mécaniciens semblent enfin en passe de l’emporter, prêts à imposer sur la cité un ordre nouveau, brutal.
Automate douée de conscience, unique en son genre, Mattie est la création d’un Mécanicien ambigu. Bien qu’émancipée, elle peine à se libérer de l’emprise de son ancien maître, une ombre qui ne l’a pas empêchée, malgré tout, d’embrasser la carrière d’alchimiste. Les gargouilles l’ont chargée d’une mission cruciale : trouver un remède au mal qui les frappe, une inexorable pétrification. Mission que compliquent des événements tragiques : des attentats frappent la ville, tandis que dans ses entrailles couvent les ferments de la révolution…

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : Ce roman, j’en ai entendu parler pour la première fois il y a quelques années, quand il devait être initialement édité par les éditions Eclipse chez Panini Books. A l’époque l’éditeur ayant décidé, si je ne me trompe pas, de recentrer ses publications vers les zombies, j’ai cru que ce roman ne verrait jamais le jour en VF. J’ai donc été agréablement surpris d’apprendre il y a quelques mois que les éditions Le Bélial’ avaient récupéré les droits et allaient publier ce roman. Concernant la couverture, illustrée par Nicolas Fructus, je la trouve magnifique et elle donne clairement envie de plonger dans ce récit. De plus des illustrations sont aussi présentes dans le roman et sont tout aussi superbes, ce qui fait de ce livre un très bel objet.

On suit ainsi l’histoire de Mattie, une automate qui a gagné sa liberté et est devenue une alchimiste. Un jour les gargouilles viennent la voir pour qu’elle puisse les aider à vaincre le mal qui les ronge. Sauf que cette mission va se compliquer devant les évènements qui vont survenir dans la ville entre rébellion, attentats et changements. J’ai ainsi passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui, certes, possède quelques défauts ici ou là, mais a clairement réussi à m’emporter et surtout à me questionner sur de nombreux sujets. C’est d’ailleurs le gros point fort du roman, sa capacité à offrir de nombreuses réflexions, à ne pas laisser le lecteur indifférent  devant les nombreux aspects qui sont traités. Je me suis ainsi facilement plongé dans l’enquête que mène l’héroïne, le tout porté par un rythme lent, nonchalant et pourtant qui a réussi à me captiver.

Ce qui pourrait en bloquer certains, outre le rythme loin d’être nerveux, vient du fait que l’intrigue passe je trouve un peu au second plan. Attention, elle n’est pas mauvaise en soit et ne dessert pas pour autant le récit, loin de là. Elle s’avère tout simplement très classique dans son évolution, assez linéaire et par conséquent assez facilement prévisible dans certains de ces retournements de situations importants. Cela n’empêche pas pour autant l’histoire d’offrir une certaine tension, ainsi que plusieurs scènes accrocheuses comme ce qui tourne autour de la révolution, mais sachez-le si vous cherchez un récit tendu et nerveux alors vous risquez de passer à côté de ce livre qui cherche plus à mener une réflexion riche et travaillée et à nous plonger dans un monde troublant et séduisant. Tout dépendra des attentes que vous avez.

Le premier point qui m’a fasciné et qui a franchement réussi à me happer rapidement, c’est l’univers qui est construit au fil des pages. On sent clairement que l’auteur possède une imagination débordante et fascinante, mais surtout qu’elle arrive à rendre l’ensemble poétique et accrocheur. On plonge ainsi facilement, et avec une certaine fascination dans cette ville étrange, à la fois magnifique et sombre, qui oscille entre steampunk, alchimie, magie et gargouilles. Le monde proposé tout du long ne manque pas de richesse et s’avère clairement soigné et envoûtant pas de nombreux aspects. Que ce soit dans sa mythologie, dans ses luttes de pouvoir, dans son histoire ou bien encore dans ces étrangetés comme cette idée du Fumeur d’âmes, cet univers séduit et fascine tout en offrant un côté sombre.

Son côté politique peut paraitre un peu binaire, la lutte de pouvoir entre alchimistes et mécaniciens, contrebalancé par le pouvoir du Duc, et pourtant au fil des pages il va offrir bien plus que cela. On y ressent d’ailleurs aussi l’influence Russe de l’auteur dans certains passages (ou alors je me trompe complètement), ce qui offre je trouve un plus à l’ensemble, l’ancrant encore plus dans une certaine réalité. L’aspect social avec les luttes des classes offre aussi un intérêt supplémentaire au récit, même si parfois ça manque un peu d’explication. Mais surtout ce qui se dégage selon moi c’est l’ambiance que pose l’auteur, à la fois étrange, envoutante et entraînante elle donne clairement envie d’en apprendre plus.

Concernant les personnages j’avoue je suis un plus partagé. Concernant l’héroïne, Mattie, Elle est très intéressante et touchante que ce soit dans ses problématiques, ses envies et son ressenti tout en étant automate. Émotionnellement malgré parfois son côté un peu « froid » de machine, elle s’avère clairement attachante, soulevant de nombreuses questions. On est ainsi happé par sa vie, son envie de profiter d’une vie normale malgré sa différence, de connaître la liberté et l’amour, le tout bien porté par des scènes parfois marquantes et puissantes que je vous laisse découvrir. Autre personnage qui sort du lot, c’est le Fumeur d’Âmes, ce personnage au pouvoir étrange qu’on découvre petit à petit, à la fois déroutant et fascinant qui dévoile une histoire complexe et intéressante. Un aspect qui m’a paru intéressant ce sont les interactions entre les différents personnages qui ne sont jamais anodines et apportent souvent de nombreuses réflexions et des dialogues intéressants et efficaces. Là ou par contre je reste plutôt mitigé, c’est concernant les autres personnages qui manquent quand même d’un peu de densité. Je pense par exemple au créateur de Mattie, Loharrie, qui est pourtant un personnage important mais m’a paru un peu en retrait. Rien de trop bloquant, mais parfois un peu frustrant. Après le roman est aussi plutôt court, faisant moins de 280 pages.

Mais là où le récit m’a paru le plus intéressant c’est, comme je l’ai dit plus haut, dans les nombreuses réflexions qu’il développe tout du long. Le premier point que met en avant l’auteur c’est sur le statut de la femme, son absence d’égalité dans cette société qui fait obligatoirement écho à notre société actuelle. Que ce soit dans la relation entre Mattie et son maître, qui fait penser à la notion de couple où Loharrie parait avoir tout pouvoir et personne ne peut rien dire, mais aussi dans la quête de liberté de l’héroïne, ou bien encore dans un aspect plus métaphysique voir religieux, par le fait que Loharrie soit le créateur de Mattie, soulève aussi de nombreuses questions. Elle offre ainsi une critique efficace et percutante, permettant au lecteur de se poser de nombreuses questions, mais sans jamais non plus trop imposer son point de vue. De nombreux autres sujets sont aussi abordé que ce soit sur la société et sa gestion des classes, le regard que l’on a sur les autres et principalement sur les étrangers, le terrorisme ou bien encore les bouleversements que peuvent apporter l’évolution et la technologie. Des idées qui ne laissent pas indifférents et m’ont passionné, même si c’est vrai parfois l’argumentaire manque un peu de finesse. La plume de l’auteur est dense, soignée, poétique et a réussie à me happer rapidement dans son univers et son récit. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui nous offre, certes une histoire un peu convenu, mais propose de nombreuses réflexions qui ne laissent pas le lecteur indifférent. L’univers qui est proposé au fil des pages s’avère captivant, à la fois mystérieux, avec ces zones d’ombres et pourtant envoûtant et entraînant. L’aspect politique et social offre aussi une densité supplémentaire à l’ensemble, même si parfois j’aurais préféré un peu plus d’explications sur certains points, mais rien de dérangeant. Concernant les personnages, j’ai été touché par Matie, l’automate, dans son envie de vivre, de profiter d’une vie normale malgré sa différence, dans ses envies, ses rencontres qui vont la changer. J’ai aussi accroché au Fumeur d’âmes, personnage ambigu et complexe, mais j’ai trouvé que les personnages secondaires manquaient de profondeur par moment ce qui est parfois légèrement frustrant. Mais là où le récit gagne, selon moi, son principal intérêt c’est dans les réflexions qu’il soulève que ce soit sur la position de la femme, ses droits et libertés, le regard que l’on porte sur les autres, la peur du changement ou bien encore les luttes sociales qui s’avèrent intelligents et percutants même si parfois l’argumentaire est un peu simpliste. La plume de l’auteur est soignée, dense et poétique, nous plongeant facilement dans le récit. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Apohis, Just a Word, …

Les Seigneurs de Bohen – Estelle Faye

Résumé : Je vais vous raconter comment l’Empire est mort.
L’Empire de Bohen, le plus puissant jamais connu, qui tirait sa richesse du lirium, ce métal aux reflets d’étoile, que les nomades de ma steppe appellent le sang blanc du monde. Un Empire fort de dix siècles d’existence, qui dans son aveuglement se croyait éternel.
J’évoquerai pour vous les héros qui provoquèrent sa chute. Vous ne trouverez parmi eux ni grands seigneurs, ni sages conseillers, ni splendides princesses, ni nobles chevaliers… Non, je vais vous narrer les hauts faits de Sainte-Étoile, l’escrimeur errant au passé trouble, persuadé de porter un monstre dans son crâne. De Maëve la morguenne, la sorcière des ports des Havres, qui voulait libérer les océans. De Wens, le clerc de notaire, condamné à l’enfer des mines et qui dans les ténèbres découvrit une nouvelle voie… Et de tant d’autres encore, de ceux dont le monde n’attendait rien, mais qui malgré cela y laissèrent leur empreinte.
Et le vent emportera mes mots sur la steppe. Le vent, au-delà, les murmurera dans Bohen. Avec un peu de chance, le monde se souviendra.

Edition : Critic

 

Mon Avis : Estelle Faye est une auteure que je suis régulièrement les nouvelles publications qui m’ont toujours fait passer de bons moments. Elle ne m’a jamais vraiment déçu, proposant des textes divers et variés dans les différents genres de l’imaginaire. Je n’allais donc pas passer à côté de son dernier roman. Par conséquent quand j’ai vu que le site de Book en Stock proposait un partenariat pour Le Mois De consacrée à l’auteur, j’ai décidé de tenter ma chance et eu la chance d’être sélectionné. Je les remercie ainsi que les les éditions Critic pour m’avoir permis de découvrir ce livre. Concernant la couverture, illustrée par Marc Simonetti, je la trouve franchement magnifique. A noter qu’il s’agit d’un one-shot, donc pas de grands cycles en vues, même si l’auteur se laisse des clés pour, pourquoi pas, revenir dans l’univers.

On plonge ainsi ici dans un roman de Fantasy, à travers un monde où se mêle magie et apparition de nouvelles technologies comme la poudre, qui va nous dévoiler la destinée de plusieurs personnages qui vont mener à la chute des Seigneurs de Bohen. Oh non, ne vous inquiétez pas, je ne vous gâche pas le roman, loin de là, vu que cette chute est annoncée dès la première page. En effet l’auteur montre ici que la finalité n’est pas toujours le plus intéressant dans un roman, mais parfois le voyage réalisé pour y arriver. Je l’admets d’ailleurs, je me suis laissé facilement porter par ce roman qui m’a offert un excellent moment de lecture et qui a même réussi, d’une certaine façon, à dépasser mes attentes. En effet mes nombreuses discussions avec l’auteur et le quatrième de couverture me laissait à penser de la Fantasy épique pure et dure avec son côté classique. Pourtant, même là l’auteur est arrivé à y ajouter sa touche personnelle, son originalité pour finalement amener quelque-chose qui, sans non plus révolutionner les grandes lignes, se démarque facilement selon moi. Je me suis ainsi retrouver à tourner les pages avec grand plaisir et envie d’en apprendre plus et si je n’avais pas manqué de temps, je pense que j’aurai terminé ce roman bien plus tôt. Une histoire finalement épique, mais aussi intimiste, bien porté par une narration multiple qui fait qu’on ne s’ennuie jamais et qui monte lentement en tension pour dévoiler la mort de l’Empire.

Déjà le premier point qui marque dans ce roman ce sont les personnages proposés tout du long. Estelle Faye ne cherche pas à nous offrir une palette de grands héros qui ont pour seul but de sauver le monde, ou le rendre meilleur comme peuvent le faire d’autres séries. Non, ici on découvre plus des personnages différents, qui sans s’en rendre compte, par leurs actes, leurs passions et leurs envies vont effectuer de petite variations dans la trame du pouvoir qui va ainsi petit à petit le mener à sa perte. On découvre ainsi un panel de personnage différents, loin des stéréotypes habituels, des rejetés, des incompris, des différents, tous d’une certaine façon un peu freaks, étranges, et pourtant si humains et touchants. C’est d’ailleurs cette différence qui fait qu’on s’attache à eux, on peut facilement se reconnaitre, tout du moins en partie, à travers eux. Ils n’ont pas obligatoirement de grands buts en tête et cherche simplement à avancer, voir à aider ceux qu’ils aiment tout simplement.

Car c’est aussi la grande force, je trouve, du récit, la passion qu’elle met en place, cet amour loin d’être guimauve entre les différents personnages qui va se révéler finalement en partie moteur du changement qu’il soit passionnel, fusionnel, platonique, amical ou familial. Le tout est amené de façon cohérente et logique, on ne tombe jamais dans le coup de foudre facile ou bien encore le rencontre téléphonée. Dans ce roman la vie est passion, émotion et elle mérite d’être vécue et qu’on se batte pour elle, pour faire plus que survivre, même si tout est loin d’être rose dans ce monde. C’est ainsi cette palette de personnage atypique qui fait qu’on se laisse porter à suivre leurs aventures et à vouloir en apprendre plus sur eux. Autour d’eux gravitent aussi des personnages secondaires qui ne manquent pas non plus d’attraits, même si je suis déçu que certains ne soient pas plus approfondis tant ils paraissent intéressants.

L’univers ne manque pas non plus d’attrait, nous proposant un empire au bord de l’explosion qui se dirige lentement vers sa fin, malgré le fait que l’Empereur tente son possible pour le sauver. Les pièces du puzzle, les manipulations se mettent lentement en place, dévoilant une main du destin implacable, mais qui ne tombe jamais dans cette impression de linéarité. On ne sent jamais non plus vraiment l’emprise de l’auteur sur le récit, tout paraissant au final d’une certaine cohérence, même si certains retournement, j’avoue, peuvent paraitre un peu brusque voir par moment légèrement prévisibles. Je pense ainsi au choix de Sorenz dans le dernier tiers qui, certes, possède une certaine logique mais m’a paru précipité et donne légèrement l’impression d’être là surtout pour faire avancer l’intrigue.

L’aspect mystique ne manque pas non plus d’attrait, dévoilant magie et bestiaire bien construits, efficaces et fascinants. Entre changeformes et autres monstres on est vraiment dépaysé par ce que propose l’auteur et l’ensemble se coule parfaitement dans ce monde et ce qu’elle construit. Le côté social ne manque pas non plus d’attrait où, certes la révolution pour la liberté n’ rien de neuf, mais le ton donné à ce combat offre quelque chose d’intéressant. Enfin une petite touche de technologie vient ajouter un plus à l’ensemble et le tout est porté par une ambiance sombre, qui nous rappelle de façon percutante que la mort n’est jamais loin. Alors certes, dit comme ça il pourrait paraitre un peu classique, et je ne le nie pas, mais c’est dans les petits détails, dans les petites touches qu’elle apporte que l’auteur arrive à le rendre vivant, c’est dans la profondeur de ce qu’elle construit qu’elle le rend efficace et donne envie d’y plonger encore et à nouveau.

Ainsi chaque destin va s’entrecroiser pour aboutir à une conclusion qui n’a rien d’explosive, mais qui ne manque pas de tension, de révélations, de choix et offre ainsi un final prenant et terriblement efficace. J’avoue certains points m’ont paru un peu traité rapidement, mais mon principal regret est finalement que le roman s’arrête. J’en voulais plus. Alors après on pourrait regretter quelques longueurs ici ou là, le fait que l’auteur finalement n’offre jamais vraiment le  point de vue de l’Empire, ou bien que certains aspects aillent trop vite vers la fin, mais franchement je ne fais que chipoter tant j’ai été happé par ce récit et que j’ai eu du mal à le lâcher à chaque fois que je devais le poser. La plume de l’auteur est toujours aussi soignée, poétique, avec par moment une pointe de sensualité qui a vraiment réussi à me plonger, m’immerger dans ce récit et les relations qui se font et se défont tout du long. Elle démontre ainsi qu’elle fait vraiment partie des auteurs à suivre, selon moi, dans le monde de l’imaginaire.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui nous plonge dans un récit de Fantasy épique, mais aussi intimiste des plus réussis. Le récit est porté de façon efficace par une narration multiple qui fait qu’on est rapidement happé par l’histoire. La tension monte ainsi au fil des pages pour aboutir à une conclusion qui n’a certes rien d’explosif mais s’avère percutante et réussie. Le gros point fort du roman vient clairement de la galerie de personnages que nous brosse l’auteur qui sont loin des héros en quête pour changer le monde. Ce sont des personnages qui ont leurs histoires, leurs envies, leurs faiblesses, leurs émotions et c’est ce maelström qui va les faire avancer et qui va les amener à faire des choix. L’auteur montre que la passion, les émotions font que parfois il faut se battre pour vivre sa vie. Au final des protagonistes attachants, touchants et entraînants. Les personnages secondaires sont eux aussi intéressants et certains auraient même mérité d’être un peu plus approfondi. L’univers peut paraître classique dans les grandes lignes et ce qu’il propose, mais c’est dans les petits détails et la touche personnel qu’apporte Estelle Faye qu’il gagne, selon moi, en intérêt. On découvre ainsi un monde dense, captivant, dépaysant, qui donne envie d’en apprendre plus. Alors, on pourrait reprocher que certains points sont traités trop rapidement, que certaines longueurs se font ressentir ou encore qu’un point de vue de l’Empire aurait pu apporter un contrepoids intéressant, mais franchement je chipote tant j’ai été happé du début à la fin par ce roman. La plume est toujours aussi soignée, vivante, poétique et prenante et je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8,5/10

The Stormlight Archive Book 2, Words of Radiance – Brandon Sanderson

Résumé : The Knights Radiant must stand again.
The ancient oaths have at last been spoken; the spren return. Men seek that which was lost. I fear the struggle will destroy them.
It is the nature of the magic. A broken soul has cracks into which something else can be fit. Surgebindings, the powers of creation themselves. They can brace a broken soul; but they can also widen its fissures.
The Windrunner, lost in a shattered land, balanced upon the boundary between vengeance and honor. The Lightweaver, slowly being consumed by her past, searching for the lie that she must become. The Bondsmith, born in blood and death, striving to rebuild what was destroyed. The Explorer, straddling the fates of two peoples, forced to choose between slow death and a terrible betrayal of all she believes.
It is past time for them to awaken, for the Everstorm looms.
And the Assassin has arrived.

Edition : Gollancz

 

Mon Avis : Si vous suivez mon blog régulièrement, vous devez savoir que Brandon Sanderson fait partie des auteurs de Fantasy que je suis et dont les livres finissent facilement et régulièrement dans ma PAL. The Stormlight Archive s’annonce d’ailleurs comme un sacré cycle, puisque 10 tomes sont (normalement) prévus. Cela en fait de la lecture ! Le premier offrait une lecture  efficace, prenante et surprenante (ma chronique de la partie 1, de la partie 2) et j’avais donc hâte de me lancer dans la suite. Alors après, j’avoue, au vu de la taille du livre (environ 1100 pages) il a un peu trainé dans ma PAL. C’est pas obligatoirement le genre de livre que je promène dans les transports. Par contre, ma chronique risque de spoiler le premier tome, même si je vais limiter au maximum.

Cette seconde partie nous replonge dans cette grande guerre que se livrent les Aléthis et les Parshendis suite à l’assassinat, commandité par ces derniers, du roi des Aléthis le soir même où les deux peuples fêtaient un traité de paix. Sauf que cette guerre va finalement révéler de nombreux secrets enfuis. L’auteur nous offre ainsi une narration à trois personnages principaux (Shallan, Dalinar et Kaladin), agrémenté de nombreux personnages secondaires plus ou moins liés à l’intrigue principale. C’est ainsi un véritable puzzle que construit l’auteur méthodiquement au fil des pages. Ce second tome propose ainsi de se concentrer sur Shallan, l’érudite. Et, je le dis tout de suite, une fois la dernière page tournée j’ai de nouveau passé un excellent moment de lecture avec ce second tome. Pourtant on sent bien qu’on est que dans les prémices de ce que cherche à construire l’auteur, mais l’ensemble s’avère tellement dense, soignée, complexe entraînant et épique que j’ai été happé. L’auteur confirme ainsi tout le bien que je pensais de ses écrits et ces deux premiers tomes montrent clairement qu’on tient là un début de cycle de Fantasy qui s’annonce clairement marquant. En espérant que ça continue à ce niveau.

Déjà la première chose qui m’a toujours fasciné avec l’auteur, que ce soit dans n’importe lequel de ses écrits, ce sont les univers qu’il développe. C’est à nouveau le cas ici, tant ce que propose l’auteur se révèle dense, complexe, orignal et fascinant tout en gardant une bonne dose de mystères. Car oui même si l’auteur offre plusieurs révélations que ce soit concernant les tempêtes, les shardplates ou bien encore les  shardblade on sent clairement encore une bonne dose de mystères. De quoi donner envie d’en découvrir plus sur ce monde, sa magie et son histoire. Surtout ce qui arrive toujours à me surprendre c’est sa capacité à rendre une information qui peut paraitre aux premiers abords anodines et qui pourtant va se révéler importante par la suite. Tout élément devient ainsi potentiellement une information majeure qui pourrait changer le cours de l’intrigue ce qui, je trouve, happe encore plus le lecteur. Autre point intéressant, c’est l’aspect politique en lui-même. Cette guerre offre ainsi de nombreux mouvements, des trahisons, des manipulations qui sont amenés de façon sensés, nerveux et intelligents. Chaque développement repose ainsi sur une logique qu’on comprend et le tout sans jamais tomber dans l’ennui ou la longueur. On découvre ainsi un monde très visuel, diversifié, dépaysant qui n’oublie pas non plus d’offrir des scènes de batailles entraînantes et énergiques et qui ne manque pas d’originalité et de nouveauté comme par exemple l’idée des spren. Cela donne ainsi envie d’en apprendre plus surtout que, même si le voyage de Shallan permet de développer de nouveaux lieux, on est loin d’avoir tout visité.

Autre gros point fort du récit il vient clairement des personnages. Brandon Sanderson sait construire des personnages qui s’avèrent fascinants, complexes et travaillés. Chaque protagoniste, qu’on l’apprécie ou non, s’avère intéressant et plaisant à découvrir, que ce soit par ses révélations ou son apport. On découvre des personnages humains, entraînants avec une histoire, des secrets et une logique qui leur est propre et qui fait qu’on peut les comprendre. Shallan qui, dans le premier tome offrait une vision un peu naïve, offre ici un véritable changement de ton. Elle gagne franchement en maturité et offre un développement intéressant, que ce soit dans son évolution comme dans les révélations de son passé. Elle sort ainsi du lot dans ce second tome, proposant une héroïne forte, charismatique, pleine d’humour et d’intelligence et qui dévoile une vie plus sombre qu’on pourrait le croire. Dalinar, même s’il est un peu en retrait dans ce tome, reste intéressant à découvrir et à suivre face à ses visions, mais aussi dans la gestion de la guerre ou des jeux de pouvoir. Kaladin est peut être un chouïa en dessous des deux autres, pas tant parce qu’il est moins présent ou n’évolue pas, loin de là, mais parce qu’il suit un développement qui m’a paru plus convenu. Ca ne veut pas dire que je n’ai pas suivi ses aventures avec plaisir, loin de là, juste certaines révélations et certains retournements de situations donnaient une impression de déjà-vu. Je pense principalement à sa visions sur le roi qui évolue de façon un peu linéaire. Par contre c’est lui qui offrira le final le plus « explosif » à mon goût. Les personnages secondaires ne sont pas en reste et j’ai aussi hâte d’en apprendre plus sur eux, comme par exemple sur Adolin et Renarin qui, dans les dernières pages, offrent de sacrés révélations.

On aurait pu croire qu’un tel « pavé » serait compliqué à lire et pourtant c’est loin d’être le cas tant l’auteur maîtrise clairement le rythme du récit et sait varier ses révélations et ses intrigues et sous-intrigues, sans jamais perdre ni ennuyer le lecteur. Même les interludes, qui ont parfois encore un peu de mal à se raccorder à l’intrigue principale, ne manquent pas d’attraits, proposant de varier les points de vues et les découvertes de ce monde. Ce second tome monte ainsi lentement en tension au fil des pages et des découvertes pour aboutir à un dernier tiers qui se révèle franchement épique et explosif. J’avais encore plus du mal à lâcher les dernières pages tant l’ensemble est percutant et les différentes trames tissées viennent s’entremêler pour dévoiler une légère partie de la toile. Je me suis ainsi retrouvé à tourner les pages avec envie d’en apprendre plus, surtout que la fin de ce second tome ne va pas manquer d’offrir son lot de réponses, même si en contrepartie il soulève aussi encore plus de questions. Alors après c’est vrai, quelques longueurs se font parfois ressentir ici ou là et certaines transitions peuvent paraître un peu facile, mais franchement ce sentiment fût noyé sous le plaisir que j’ai ressenti en lisant ce second tome. La plume de l’auteur est toujours aussi énergique, vivante, dense et nous happe facilement pour mieux nous surprendre. J’ai hâte de me lancer dans la lecture du tome 3 qui est annoncé pour la fin de l’année.

A noter que ce second tome pourrait être publié en VF courant de l’année. Tout du moins sa traduction est terminée, mais aucune date précise n’a encore été dévoilé de mémoire.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce second tome du cycle. On plonge ainsi dans une histoire pleine de mystères, de trahisons, de jeux de pouvoir et de manipulations qui s’avèrent maîtrisés et passionnantes. La tension monte ainsi au fil des pages et on se retrouve à tourner les pages avec plaisir et envie d’en apprendre plus, pour aboutir à un final épique et explosif. L’univers est l’un des gros points fort du récit tant l’auteur construit un monde fascinant, denses, original offrant de très bonnes idées, un aspect social intéressant et un jeu politique complexe. Comme souvent avec Brandon Sanderson un monde qui donne envie d’en apprendre plus tant il est loin d’avoir livré tout son potentiel. Les personnages sont aussi très intéressants à découvrir, principalement Shallan qui est le personnage principal qui évolue le plus dans ce tome, offrant une héroïne complexe, intelligente, pleine d’humour et qui se bat pour ses convictions. Dalinar et Kaladin ne sont pas non plus en reste, même si j’ai trouvé ce dernier un chouïa moins passionnant, la feut peut-être à une histoire un peu linéaire. Mais bon je chipote. Les personnages secondaires sont eux aussi complexe et attrayants et j’ai aussi hâte d’en apprendre plus sur certains comme Adolin et Renarin. Alors certes, quelques longueurs se font parfois ressentir et certains retournements s’avèrent un peu convenus, mais franchement rien de gênant tant j’ai été emporté. La plume de l’auteur est vive, entraînante et captivante et happe facilement le lecteur. J’attends maintenant avec impatience le troisième tome.

 

Ma Note : 8,5/10