Les Enfants de Poseidon Tome 1, La Terre Bleue de nos Souvenirs – Alastair Reynolds

les-enfants-de-poseidon-t1-la-terre-bleue-de-nos-souvenirsRésumé : XXIIe siècle. Le Mécanisme sait tout. Où vous êtes, à quoi vous pensez. Geoffrey et Sunday Akinya savent que garder un secret peut s’avérer dangereux. Leur famille a profité de l’essor économique de l’Afrique. Eux l’ont rejeté en bloc. Geoffrey travaille sur l’intelligence animale au Kilimandjaro et Sunday mène une carrière artistique sur la Lune, hors de portée du Mécanisme. Mais en mourant, leur grand-mère laisse un secret qui va les lancer dans une course désespérée… sous l’oeil impassible du Mécanisme.

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Alastair Reynolds fait parti des auteurs qui se sont fait un nom dans la Science-Fiction. J’ai lu quelques uns de ces romans qui m’avaient marqué, mais dont je n’ai pas fait la chronique ici car découverts bien avant la création de ce blog. Ce n’est finalement que partie remise et ils bénéficieront peut-être d’une relecture. En tout cas quand j’ai vu qu’un nouveau cycle de l’auteur allait être publié, j’avoue que je me suis rapidement laissé tenter. Vu que le second vient juste de paraître, j’ai enfin décidé de sortir ce premier volume et ainsi plonger dans cette trilogie pour me faire un avis. Concernant la couverture, je la trouve plutôt sobre, sympathique et collant directement au récit.

On se retrouve ainsi plonger dans un 22ème siècle ou la violence, la haine et les crimes ont été quasiment éliminé par le Mécanisme, sorte de réseau neural qui sait tout. L’Afrique est devenue l’une des plus grandes puissances sur Terre et le système solaire a en parti été conquis. On se retrouve ainsi à suivre une des familles les plus puissantes, la Famille Akinya, dont la matriarche vient de décéder en laissant quelques secrets. La quête de la vérité va ainsi bouleverser cette famille. Une fois la dernière page tournée, je dois bien avouer que j’ai passé un bon moment de lecture avec ce premier tome, mais j’avoue venant de l’auteur je m’attendais peut-être à plus. On y découvre ainsi un récit de Science-Fiction, clairement optimiste ou l’humanité, avec des moyens parfois moralement discutables, a trouvé la paix et a réussi à s’émanciper de la Terre. On se retrouve ainsi à plonger dans un jeu de piste plutôt efficace où nos deux héros vont ainsi découvrir le passé de leur grand-mère. Le tout est ainsi construit sur un rythme posé, cherchant plus à construire le mystère et l’univers qu’à proposer un récit nerveux, mais qui je trouve colle plutôt bien à l’histoire, même si je pense que cela pourra en bloquer certains. Alors après certaines longueurs se font quand même ressentir, principalement dans un démarrage qui m’a paru, sur certains points, prendre vraiment du temps, mais rien de trop bloquant ou dérangeant. L’ensemble se lit ainsi avec un minimum de plaisir et d’envie de découvrir les différents mystères.

Concernant l’univers il s’agit d’un des gros point forts, selon moi, du récit, même si certains points m’ont paru manquer de profondeurs, mais j’y reviendrai. On sent clairement l’imagination foisonnante de l’auteur derrière tout ce qu’il met en place dans ce monde futuriste. Que ce soit aussi bien dans les voyages spatiaux, les transports, les technologies, on est rapidement happé et fasciné par ce futur présenté au fil des pages et ce qu’il peut apporter. Surtout que la très grande majorité des avancées que dévoile l’auteur repose sur des concepts scientifiques existants, cela rend l’ensemble je trouve encore plus crédible. Il nous propose ainsi un univers qui prend à contre-pied une majorité d’univers SF qu’on retrouve actuellement et qui souvent s’avèrent  sombres, avec peu d’espoir tout en ne tombant jamais dans une sorte de caricature, ou de futur impossible. L’ensemble s’avère ainsi cohérent et plausible, même si ce premier tome manque parfois tout de même légèrement de contradiction. Je prends pour exemple le fait que tout le monde accepte le progrès technologique sans aucune remise en cause, mais là je chipote un peu. L’aspect social aussi s’avère intéressant et surtout complexe, on le retrouve principalement avec les différences entre ceux qui vivent sur Terre, sur la Lune ou bien sur Mars. Mais le gros point fort, pour moi, vient de cette capacité à nous faire lever les yeux au ciel et nous rappeler l’immensité de l’espace à conquérir et de la capacité potentielle à pouvoir le faire un jour. Une conquête spatiale à la fois magnifique, frissonnante, mais aussi pleine de dangers.

Concernant les personnages je dois bien avouer que je suis un peu plus sur la réserve. Dans l’ensemble il ne sont pas mauvais, loin de là, faisant vivre et avancer cette quête d’indices de façon plutôt efficace et entraînante avec son lot de rebondissements. On se retrouve ainsi à tourner les pages avec un minimum de plaisir et d’envie d’en apprendre plus sur ces fameux mystères soulevés. Mais voilà, que ce soit les personnages principaux comme les protagonistes secondaires, j’ai trouvé qu’ils manquaient un peu de charismes et d’intensité pour vraiment s’imposer. Je ne dis pas qu’ils sont plats, on les suit tout de même avec un minimum d’intérêt, mais voilà il leur manque un petit quelque-chose pour vraiment se dégager et s’imposer je trouve. Que ce soit Geoffrey ou Sunday j’ai ainsi trouvé qu’ils étaient un peu trop passifs, se laissant trop porter par les évènements, parfois sans vraiment réfléchir. Memphis et Eunice m’ont plus accrochés, mais cela vient plus de leurs zones d’ombres et de leurs mystères. Par contre les deux cousins, Lucas et Hector ont par contre eu du mal à me marquer, tombant un peu trop dans le stéréotypes. Au final ce ne sont pas des personnages ratés pour autant, mais on sent qu’ils ne sont là que pour présenter l’univers, ce qui fait qu’ils se révèlent selon moi un peu bridés.

Après certains points m’ont tout de même dérangé, le premier vient de l’univers. J’ai parlé de ces points forts, mais il y a un aspect qui m’a dérangé c’est l’absence de profondeur politique. C’est bien de nous proposer un futur où les pays émergeants et du tiers-monde sont devenus puissants, encore faudrait-il l’expliquer un minimum. Surtout au niveau des nouvelles tensions qui apparaissent, cela aurait rendu la scène avec les chinois un peu plus intéressantes à suivre. L’auteur n’est pas politique, il l’a déjà dit, mais là j’ai trouvé cela légèrement frustrant. Ensuite l’idée du Mécanisme était intéressante, mais elle a deux soucis selon moi, d’une j’aurai aimé voir un peu plus de réflexions sur cette technologie qui est quand même ambiguë, même s’il est possible qu’elle prenne de l’ampleur par la suite et de deux ça joue aussi sur certains rebondissements, annihilant la capacité à amener une certaine nervosité. Enfin dernier point, pour avoir déjà lu d’autres écrits d’Alastair Reynolds, j’ai trouvé l’intrigue convenue. Comme je l’ai dit elle est plutôt efficace, mais j’avoue j’attendais peut-être plus. Cela n’empêche pas ce premier tome d’offrir un bon moment de lecture, porté par une plume efficace, entraînante, développant des technologies soignées sans tomber dans le trop pointu et nous plongeant dans un univers accrocheur. Je lirai la suite pour voir ce que peut bien proposer l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce premier tome qui nous propose une intrigue qui, certes, est un peu lente à démarrer, mais ne manque pas de se révéler plaisante à découvrir et à suivre le tout sur un rythme posé. A travers cette quête de secrets familiaux, l’auteur nous propose de découvrir un univers à l’imagination débordante, dont les avancées technologiquees reposent en grande partie sur des faits avérés. On découvre aussi un futur plutôt optimisme, prenant le contre-pied d’une certaine mouvance SF actuelle, mais tout en restant crédible et cohérent. Les personnages, sans vraiment se révéler charismatiques ou marquants, sont intéressants à suivre dans leurs aventures et leurs péripéties, même s’il donne parfois plus l’impression d’être là pour mettre en avant l’univers. Alors après je regretterai que l’aspect politique de l’univers présenté manque clairement de profondeur, choix de l’auteur, que le mécanisme et tout ce qui tourne autour ne soit finalement que peu développé et enfin pour un récit d’Alastair Reynolds l’ensemble, s’il est plutôt efficace, m’a paru légèrement convenu, même si rien de non plus bloquant. La plume de l’auteur est simple, efficace et entraînante, nous plongeant assez facilement dans son récit. Je lirai la suite avec plaisir et l’envie de savoir ce que va proposer l’auteur.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Lune, Julien le naufragé, Lorhkan, Vert, Cornwall, …

The Dandelion Dynasty Book 1, The Grace of Kings – Ken Liu

the-grace-of-kingsRésumé : Two men rebel together against tyranny—and then become rivals—in this first sweeping book of an epic fantasy series from Ken Liu, recipient of Hugo, Nebula, and World Fantasy awards.
Wily, charming Kuni Garu, a bandit, and stern, fearless Mata Zyndu, the son of a deposed duke, seem like polar opposites. Yet, in the uprising against the emperor, the two quickly become the best of friends after a series of adventures fighting against vast conscripted armies, silk-draped airships, and shapeshifting gods. Once the emperor has been overthrown, however, they each find themselves the leader of separate factions—two sides with very different ideas about how the world should be run and the meaning of justice.

Edition : Saga Press

 

Mon Avis : Pour ceux qui suivent régulièrement ce blog, vous devez vous être rendu compte que je suis tombé sous le charme de la plume de Ken Liu qui, à travers ses nombreuses nouvelles et novellas publiées en France, a toujours réussi à me toucher (retrouvez mes chroniques ici). Donc quand j’ai appris que l’auteur se lançait dans de la Fantasy, qui plus à travers un cycle, j’avoue j’ai rapidement craqué et fait entrer ce premier tome dans ma PAL histoire de voir ce qu’il allait bien pouvoir proposer. Bon, après il a un peu traîné dans ma bibliothèque, mais il faut admettre un roman de près de 650 pages en anglais, j’ai certes toujours une certaine hâte à le découvrir, mais d’un autre côté un peu peur aussi devant le pavé (je cache d’ailleurs Words of Radiance pour les mêmes raisons mais je vais me motiver, je le promets). La suite devant être publiée prochaine m’a motivé à le découvrir. Concernant la couverture  je la trouve sobre et réussie.

Les îles de Dara ont longtemps été séparées en différents royaumes se déchirant régulièrement selon intrigues diverses et mouvances politiques, jusqu’à ce que Madipéré, bien aidé par de nouvelles technologies, unisse les royaume suite à une guerre sanglante. Des années plus tard l’empereur Madipéré, devenu un tyran, est sur le point de mourir et sa succession va amener les îles de Dara a de nouveau s’entredéchirer. Je me lançais dans la lecture de ce roman avec une certaine appréhension, connaissant plus l’auteur pour ses textes courts que de longs romans, et pourtant je dois bien avouer qu’une fois la dernière page tournée mes doutes ont été balayés. J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman, y retrouvant la Fantasy que j’apprécie et que j’aime lire et découvrir.

Alors après c’est vrai que le début demande un travail de compréhension et de concentration tant l’auteur développe son univers complexe et nous propose de nombreux personnages. D’ailleurs, c’est plutôt rare, mais je revenais régulièrement vers la carte et vers le lexique des personnages tant il y avait une vraie densité derrière. Ce n’est en rien un mauvais point de ma part, même si je pense que cela pourra en bloquer certains. On est clairement dans une phase d’introduction de l’histoire, qui ne laisse rien au hasard et montre que le roman va développer de multiples voix dans un univers soigné. Je ne dirais donc pas que ces 150 à 200 premières pages sont laborieuses, car je les ai trouvés finalement fluides et maîtrisées, mais on peut les considérer comme introductives et si vous cherchez un récit nerveux alors vous risquez d’être frustré par cette multiplicité des points de vues, d’intrigues et des sous-intrigues qui se dévoilent.

Une fois ce démarrage et les principaux personnages posés, alors là je dois avouer que c’est que du bonheur, plongeant dans un Fantasy épique, pleine de complots et d’intrigues dont on découvre les conséquences des actes pour tous, allant aussi bien de la noblesse au peuple. L’auteur ne laisse ainsi rien au hasard et c’est ainsi l’avantage ici des multiples voix, elles permettent d’offrir de nombreux points de vues et de visions sur les évènements, surtout que le tout s’avère entrainant avec une dose d’ironie et de cynisme, qui font que je me suis retrouvé à tourner les pages avec plaisir et envie d’en apprendre plus. On est ainsi rapidement happé par cette « toile » que nous dévoile l’auteur au fil des pages, à la fois dense, complexe et fascinante. Il arrive à rendre son récit vivant, porté par de nombreux personnages captivants et charismatiques, surtout que l’intrigue, aux premiers abords, pourrait paraitre classique avec une quête de pouvoir, d’amitié et de batailles. Mais voilà Ken Liu arrive à apporter sa propre voie, à y ajouter sa propre patte, son propre style au récit et à le rendre unique et fascinant, tout en y apportant aussi quelques originalités.

La grande force du roman vient clairement de son univers. L’auteur développe ainsi un monde que j’ai trouvé magnifique, soigné, travaillé que ce soit aussi bien dans son aspect historique, dans sa mythologie mais aussi aussi dans sa géographie et son côté social. On sent bien que l’auteur l’a énormément travaillé pour ne rien laisser au hasard. Chaque région se révèle ainsi différentes, avec leurs forces, leurs faiblesses, leurs beautés, leurs cultures et donnent franchement envie d’en apprendre plus. Le côté extrême-orient apporte aussi quelque chose de différent, que ce soit de façon globale comme aussi dans les batailles héroïques comme dans l’idée de l’honneur. Si j’ai bien compris, Ken Liu a construit son univers un peu comme Georges R.R. Martin qui se basait sur Les Rois Maudit, mais en prenant comme base le roman historique Les Trois Royaumes sur la Chine. Cela n’empêche pas ce roman d’avoir son identité propre, même si les bases historiques sont en partis là c’est un vrai monde de Fantasy,où l’auteur propose un imaginaire chinois original intrigant et fascinant ne demandant aucune base de connaissance pour y plonger.

On se retrouve ainsi plonger dans un univers dépaysant, que l’auteur présente comme du « Silkpunk », avec peu de magie, mais de la technologie comme des machines volantes ou autres. Peu de magie ne veut pas dire pour autant aucune magie, on y retrouve ainsi des dieux et une légère couche de surnaturel que j’ai trouvé très intéressante, apportant un plus à l’ensemble. D’ailleurs la présence des dieux n’est pas anodine, remettant ainsi en cause la notion de hasard ce qui, je trouve, amène le lecteur à se questionner sur la réussite des personnages et leurs victoires. Dans tous les cas, un univers qui donne envie d’y replonger tant certains aspects ne paraissent par moment qu’esquisser et donne envie d’en apprendre plus.

Concernant les personnages, là de nouveau j’ai trouvé que l’auteur frappait juste, nous offrant des héros charismatiques, soignés et fascinants. Certes, comme l’intrigue, ils peuvent paraître stéréotypés avec un grand guerrier, un stratège et autres, mais voilà j’ai trouvé que Ken Liu arrivait à les rendre vivants et à les faire avancer et évoluer de façon crédibles. Que ce soit Kuni Garu petit bandit de village à l’éloquence et l’intelligence vive qui va se retrouver, un peu contre son gré, forcer de devoir faire des choix et prendre du pouvoir pour aider les autres, mais qui va découvrir que cela n’est pas sans sacrifice, ou bien encore Mata le guerrier noble dans son aspect le plus pur, qui considère la guerre selon la force et un code d’honneur bien précis, mais qui va apprendre que tout ne repose pas toujours sur l’honneur, mais aussi Luan Zya génie tourmenté par la guerre et les pertes qu’il a vécu, chacun d’entre eux se révèlent ainsi unique, attachant, fascinant et qui, je trouve, marque.

Même les personnages secondaires ne sont pas en restes, se révélant tout aussi soignés et percutants. Après, on pourrait être un peu déçu du fait qu’il faut attendre le dernier tiers du roman pour voir se dégager des personnages féminins clairement percutants (d’ailleurs je viens de me rendre compte après avoir écrit cette chronique que c’est l’un des gros débats aux US), mais voilà j’ai trouvé que chacune d’entre elles avaient leurs importances et surtout celle qui se dégagent franchement sur la fin devrait avoir une ampleur supplémentaire par la suite selon moi. Au final des personnages charismatiques, loin de tout manichéisme, dont on comprend les motivations de chacun et que j’ai trouvé attachants et touchants dont le travail sur leurs sentiments, leur réflexions et leurs émotions m’ont happé.

Le récit, en plus de nous offrir selon moi une histoire terriblement efficace, n’oublie pas pour autant de nous offrir quelques réflexions intéressantes, même si pour une ou deux, j’avoue, je les ai trouvé un peu binaires et légèrement simplistes. Que ce soit concernant le pouvoir, les sacrifices à faire pour répondre à un idéal, la notion de liberté ou bien encore la notion d’égalité elle s’avèrent efficaces. Alors après quelques longueurs se font ressentir ici ou là ou bien encore certains aspect ainsi qu’un personnage m’ont paru amené un peu trop brusquement, mais franchement là je chipote tant j’ai trouvé l’ensemble épique, intelligent, réussi et entraînant. La plume de l’auteur s’avère efficace, soignée, jonglant habilement entre batailles, réflexions et construction tout en mélangeant sérieux avec une légère touche humoristique et cynique qui colle parfaitement à l’ensemble. Hâte de lire la suite qui sort dans quelques jours en VO. À noter aussi que se livre possède une conclusion propre.

A noter que ce premier tome devrait sortir prochainement en VF chez Outre fleuve.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui nous plonge dans une Fantasy à l’imaginaire chinois fascinante et entraînante. L’intrigue, certes, prend son temps à démarrer posant ainsi de nombreux personnages et un monde dense et complexe et qui m’a demandé de revenir quelquefois sur la carte ou le lexique des personnages. Cela pourra en bloquer certains, mais ça ne m’a pas dérangé tant ce démarrage, malgré c’est vrai  une certaine lenteur, m’a paru fluide et intéressant. Par la suite Ken Liu m’a offert un récit épique remplie de complots, d’intrigues politique et de batailles héroïques. L’univers est l’un des gros points forts du roman se révélant dense, complexe, originale dans son imaginaire et nous proposant un monde Silkpunk (moins de magie et de la technologie) même si la magie n’est pas non plus en reste avec dieux et sorcellerie. Le côté extrême-orient permet aussi d’offrir quelque chose de différent. Les personnages sont charismatiques, efficaces, percutants et marquent assez facilement le lecteur je trouve. On pourrait regretter par contre un léger manque de personnages féminins marquant dans les deux premiers tiers du roman, même si certaines se dégagent vraiment dans le dernier tiers et devraient avoir une grande importance par la suite. Le récit propose aussi quelques réflexions intéressant que ce soit sur la notion d’égalité, de pouvoir ou d’idéal. Certes quelques longueurs se font ressentir ici ou là et quelques aspects ainsi qu’un personnage m’ont paru amener trop brusquement, mais franchement rien de dérangeant tant j’ai été emporté. La plume de l’auteur est maîtrisée, fluide, soignée et vivant avec une légère pointe d’humour et de cynisme. Je lirai la suite avec grand plaisir.

 

Ma Note : 8,5/10

6 ans, je deviens (presque) grand !

Le 23 septembre 2010, sur un coup de tête, je me suis lancé dans l’aventure bloguesque en créant Blog-O-Livre. Aujourd’hui ça fait donc 6 ans que je vous propose de suivre mes chroniques littéraires et d’échanger dessus. Moment un peu nostalgique, je me souviens encore de mes premiers pas sur Overblog, de la migration vers WordPress pour trouver plus de liberté que je n’ai quasiment jamais complètement utilisé. J’avoue, je ne pensais pas ce fameux premier jour, être encore là 6 ans plus tard. Par contre, cette année la faute à un nouveau déménagement IRL, d’épuisement et pas manque de temps je ne me contenterai d’un simple bilan pour fêter cela.

anniv

Bilan du blog

Première grosse nouvelle, je vous en ai parlé il y a quelques jours, le blog a dépassé le 900 articles, avec pas moins de 903 articles publiés. Sur 6 ans ça fait un peu plus de 150 articles publiés par an, ce qui est pas mal je trouve. Alors après je parle bien d’article et non de chroniques. Si je ne prends que les ces dernières j’ai publié 795 chroniques soit en 6 ans un peu plus de 132 par an. Bon, par contre je vous déconseille de retourner voir mes premières chroniques qui doivent quand même fortement piquer les yeux tant je n’étais pas structuré et je ne me relisais que rarement. Je continue à faire des fautes, j’en suis conscient et j’essaie de m’méliorer, mais ça me parait quand même beaucoup plus lisible ^^

Sinon d’un point de vue évolution, ça fait des années que je vous parle de projet, mais pour le moment rien de concret. Normalement avec mon nouveau déménagement IRL je devrais pouvoir un peu mieux gérer mon temps  et, pourquoi pas, travailler sur le blog. A voir. Il est tout de même à noter que j’ai relancé mes chroniques BD et que j’ai aussi lancé un article sur les nouvelles que je peux lire à droite à gauche et que je pense le décliner pour les BD. Vous pouvez toujours me retrouver sur Facebook et Twitter que j’essaie de faire vivre plus ou moins.

Je ne ferais pas de bilan chiffré concernant les visites sur le blog, vu que je le fais habituellement pour la nouvelle année, mais je tenais aussi à vous remercier, car au bout de 6 ans vous arrivez encore à me supporter et à passer sur ce blog (que vous soyez des habitués ou plus ponctuels) ce qui me fait très plaisir. C’est un peu aussi ce qui fait que ce blog est encore debout.

Bilan Lectures

Pareil ici, je vais éviter de rentrer dans un bilan trop chiffré, me contenant de vous dire que je continue à lire sur un rythme qui me satisfait. J’ai toujours autant de plaisir à lire et à vous faire partager mon ressenti, même si ce n’est pas toujours facile à mettre en mots et à partager. Concernant les BD comme je l’ai dit je ne perds pas de vue de faire des comptes rendus de mes lectures, j’espère écrire le premier avant la fin de l’année. Sinon niveau lecture on ne change pas une équipe qui gagne, avec des lectures très orientées lectures de l’imaginaire, même si dernièrement la Marmotte trouve depuis quelques semaines que je me tourne vers des romans du désenchantement américain.

Conclusion

C’est donc parti pour une septième année qui, j’espère, sera aussi remplie que les six précédentes. Surtout que dans l’année qui vient on a prévu avec la Marmotte de se faire un nouveau festival, et pas des moindres, la WorldCon à Helsinki. Rien n’est fait et je vous en reparlerai sûrement. En tout cas je préviens d’avance cette septième année sera en roue libre, je ne me fixe aucun objectif, je suis trop épuisé IRL pour annoncer des changements ou autres idées, donc on verra bien.

livres

Station Eleven – Emily St John Mandel

station-elevenRésumé : Dans un monde où la civilisation s’est effondrée suite à une pandémie foudroyante, une troupe d’acteurs et de musiciens nomadise entre de petites communautés de survivants pour leur jouer du Shakespeare. Un répertoire qui en est venu à représenter l’espoir et l’humanité au milieu de la désolation.

Edition : Rivages

 

Mon Avis : Ce roman, j’ai craqué dessus un peu par hasard j’avoue. La première chose qui m’a fait me pencher dessus ce sont les nombreux retours que j’ai vu passé ces dernières semaines qui s’avéraient tous très positifs. Ils ont donc titillé ma curiosité, ajouter à cela le résumé annonçant un roman post-apocalyptique j’ai donc rapidement craqué et fait entrer ce roman dans ma PAL avec l’envie de découvrir comment l’auteur allait traiter le sujet. Concernant la couverture, photographie de Michael Kenna, possède un petit quelque chose de troublant et accrocheur, même si j’ai du mal à la rattacher au roman.

Lors d’une représentation du Roi Lear au théâtre de Toronto, le célèbre acteur Arthur Leander s’effondre suite à ce qui parait être une crise cardiaque. Malgré la tentative de Jeevan, secouriste présent lors de la séance, de le sauver rien n’y fait et l’acteur décède. Kristen, jeune actrice de la pièce, va être marquée par cette mort. Sauf que personne ne le sait encore, mais une grippe mortelle sans précédent va se propager sur terre et faire disparaitre 99% de la population. 20 ans plus tard on retrouve Kristen, une des rares survivantes, dans une troupe itinérante qui voyage de communautés en communautés pour leur jouer de la musique et du théâtre.

Il s’agit donc bien d’un roman post-apo que nous propose l’auteur, mais construite de façon différente selon moi de ce que je lis d’habitude, jouant énormément sur les flash-backs, et tournant principalement autour d’Arthur Leander qui en devient d’une certaine façon le point central. Il est à la fois déclencheur ou simple ombre. Mais surtout l’auteur, à travers une narration jonglant entre présent post-apo et passé, construit son récit de façon mélancolique, jouant ainsi clairement plus sur les pertes, l’absence des autres, de l’homme. Le malaise ne vient ainsi pas de l’horreur liée à l’homme, mais plus à son absence, amenant un vide, un trouble de la perception, un appel au souvenir. Un récit construit comme une sorte de mémoire des gens qui ont marqué chacun des héros qu’on découvre, dans un univers ou la perte et l’absence sont devenues la norme. On est ainsi clairement plus dans la réflexion que dans l’action, même si ce futur est aussi loin d’être joyeux. L’auteur construit ainsi son récit de façon éclatée où chaque élément ajout une pièce supplémentaire au puzzle qu’elle construit et où toutes les lignes se rejoignent pour un final intense et captivant.

L’intrigue ne cherche ainsi pas à mettre en avant et à développer la catastrophe ou bien encore l’horreur, la violence et la souffrance qui peut en découler. Non, elle s’en sert juste pour nous dévoiler un panel de personnages qui, je l’avoue, s’avèrent denses et fascinants. C’est vraiment la grande force de ce roman, la multitude de personnages que l’on croise au fil des pages qui n’ont rien de héros ou de survivants qui doivent combattre, mais des hommes et des femmes avec leurs forces et leurs faiblesses. Des personnes qui doivent faire face à des évènements bouleversants et qui tentent de reconstruire une vie, de trouver une place. L’auteur arrive ainsi franchement à les rendre palpables, vivants, ce qui fait qu’on s’identifie rapidement à eux que ce soit les personnages du passé comme ceux qui tentent de survivre suite à l’épidémie. Ils sont touchants, attachants et nous happent assez rapidement à travers leurs émotions à fleur de peau et leurs aventures humaines. Mais surtout ils évitent de tomber dans la caricature, je pense principalement à Arthur, star d’Hollywood imbu de sa personne, mais qui s’avère bien plus que cela. Alors oui, le prétexte SF ne sert à l’auteur que pour construire ses protagonistes dont les histoires se croisent et s’entrecroisent, construisant ainsi, sur un rythme posé, un tableau d’une humanité figée, autodestructrice et pleine de réflexions. L’intrigue glisse ainsi au second plan, mais n’enlève en rien à l’intérêt du livre

L’autre point fort qu’amène ce roman vient, comme je l’ai dit, des nombreuses réflexions qui sont soulevées tout du long. Que ce soit dans la reconstruction d’un avenir aux Hommes, d’une philosophie de vie différente, moins anxiogène et destructrice tout en n’oubliant pas le passé. Mais aussi sur notre société actuelle, ce besoin de se conformer à un moule, d’entrer dans un travail pour gagner un salaire au point de s’enfermer dans un cycle sans fin à l’intérieur duquel on n’est jamais libre de profiter, de vivre. Mais surtout le gros point intéressant vient clairement de la position de l’art dans la société, de son importance. Mais attention de l’art dans son sens le plus large du terme allant du théâtre, à la musique en passant par le comics en offrant même une part belle à la science-fiction et ce qu’elle peut apporter, évitant ainsi tout « snobisme ». Elle joue ainsi plus sur un art qui apporte quelque-chose, une beauté qui s’en dégage, une réflexion sous n’importe quelle forme, mais aussi dans la façon dont des personnes différentes la perçoive, que ce soit en bien ou en mal. Où l’art possède aussi une importance dans la culture et dans la communication. Ce n’est pas la première fois que je vois lié l’art à la science-fiction ces derniers mois et le parallèle qu’il soulève à chaque fois est toujours aussi intéressant. Alors certes le post-apo proposé par l’auteur est différent, mais cela ne l’empêche pas non plus d’en montrer une certaine violence, un certain malaise, montrant ainsi toute la complexité d’une humanité, le tout c’est vrai concentré dans le personnage du prophète.

Alors après au rang des bémols je noterai que le récit prend parfois un peu trop de temps avec les histoires d’amour d’Arthur Leander, ce qui fait qu’on ressent peut-être quelques longueurs ici ou là. Autre point je trouve que le personnage du prophète aurait vraiment mérité d’être un peu plus travaillé, principalement dans l’ellipse temporelle et ce qui l’a fait basculé. Enfin j’ai trouvé que Jeevan, qui s’intégrait parfaitement au début de l’histoire, paraissait un peu trop déconnecté des autres sur la fin. Mais franchement rien de bien bloquant tant l’ensemble est réussi, offrant un récit à la fois sombre et plein d’espoir. La plume de l’auteur est efficace, entrainante et soignée, proposant une narration clairement maîtrisée qui fait que j’ai tourné facilement les pages. Qui sait je me laisserai peut-être tenté par d’autres écrits de l’auteur qui avait avant ce roman plutôt publié du policier.

En Résumé : J’ai ainsi passé un très bon moment de lecture avec ce roman post-apocalyptique qui nous offre un récit où l’intrigue n’est pas vraiment l’élément principal et laisse la part belle aux personnages. Des personnages vraiment soignés, denses et complexes qui nous montrent non pas des héros dans le sens premier du terme, mais des hommes et des femmes avec leurs forces et leurs faiblesses. Une galerie de protagonistes attachants, touchants et qui ne tombent jamais dans la caricature. L’autre gros point fort du récit vient des réflexions qu’il soulève tout du long, que ce soit dans la reconstruction de l’humanité, comme dans l’image renvoyée de notre société qui est loin d’être idyllique. Malgré que le post-apo ne soit pas l’intérêt premier du récit l’auteur n’offre pas pour autant un monde de « bisounours », à travers une certaine tension, une violence sourde qui s’en dégage au fil des pages. Certes ce roman n’est pas le plus nerveux qui soit, mais je l’ai trouvé captivant. Alors après c’est vrai que quelques longueurs se font ressentir, j’ai trouvé aussi que le personnage du prophète aurait mérité d’être plus développé et Jeevan a du mal à vraiment se rattacher au récit dans le dernier tiers, mais franchement rien de bloquant tant j’ai trouvé l’ensemble réussi et marquant. La plume de l’auteur est soignée, fluide et entrainante, offrant une narration maîtrisée ou les fils s’entrecroisent entre passé et présent pour aboutir à un final intense.

 

Ma Note : 8/10

Arca – Romain Benassaya

arcaRésumé : Lors de sa première mission sur Encelade, satellite de Saturne, la jeune scientifique Sorany Desvœux découvre par accident une nouvelle matière aux propriétés étonnantes. Très vite, avec l’appui de son mentor, l’éminent professeur Henri Stern, se dessine le projet Arca : il s’agit de bâtir une arche propulsée par ce que l’on nomme désormais l’Artefact d’Encelade. Un échantillon d’humanité est ainsi sélectionné pour effectuer un voyage vers La Griffe du Lion, où l’attend une exo-planète aux caractéristiques prometteuses. Mais une fois le périple entamé et tout retour impossible, des voix de l’ombre s’élèvent au cœur de l’Arca. Des complots se fomentent et une inquiétante religion gagne en puissance, mettant en péril les fondements même du projet. L’investigateur de bord Frank Fervent devra démêler l’écheveau de ces luttes intestines s’il veut percer à jour le secret de la matière d’Encelade…

Edition : Critic

 

Mon Avis : J’ai craqué pour ce roman en premier lieu grâce à la communication mise en place par Critic qui en ont une des grosses sorties et nous annonçant un roman de Space-Opera plein de Sense of Wonder, de péripéties et d’aventures. Il y avait donc de quoi me tenter, surtout que le résumé ne manquait pas non plus d’attrait. Ajouter a cela une couverture, illustrée par François Baranger, que je trouve vraiment magnifique ainsi que des premiers retours plus que positifs, ce livre ne pouvait donc que finir dans ma PAL.

Suite à la découverte sur Encelade, lune de Saturne, un artefact aux propriétés fascinantes et permettant de passer le fameux « mur » de la vitesse de la lumière, une expédition est envoyée vers la Griffe du Lion, une exoplanète habitable, dans l’espoir de mettre en marche l’expansion d’une humanité surpeuplée. Pourtant, le voyage de l’Arca ne va pas se révéler paisible, en effet de nombreux complots vont ainsi voir le jour, liés à une nouvelle religion qui s’impose en-dehors de toute prévision au sein du vaisseau. Alors au final Arca m’a offert un bon moment de lecture, mais quelques défauts font qu’il ne met pas, je trouve, en avant tout son potentiel. Concernant l’histoire, je dois bien avouer que l’intrigue s’avère efficace, que ce soit dans son huit-clos légèrement oppressant comme dans ses complots surprenants. L’auteur manie plutôt efficacement les surprises et les rebondissements, ce qui fait que je me suis retrouvé à tourner les pages assez facilement pour en apprendre plus. Un voyage plein de péripéties et de problématiques, qui pose une ambiance nerveuse, qui monte doucement en tension et où le lecteur se retrouve à se poser de nombreuses questions sur les actes des uns et des autres. Mais c’est surtout un combat humain vers l’espoir, l’espoir d’un avenir meilleur, d’une possibilité de s’extirper d’une situation politique figée et explosive.

Le gros point fort, selon moi, du récit vient de son univers et ce qu’il met en avant. Déjà le premier point vient de l’Arca lui-même, vaisseau spatial gigantesque transportant plus des 3000 humains choisis pour ce voyage, à la fois fascinant, grandiose et étouffant. Fascinant dans son architecture, sa richesse et cette construction unique en son genre et étourdissante. Angoissante par son aspect fermé, un peu claustrophobe, où finalement le risque est toujours présent dans l’esprit de chacun, surtout que rien ne dit que la mission sera un succès. Cela offre ainsi un huis-clos passionnant et stressant à ce récit et à ces mystères qui apporte un vrai plus et offre par la même occasion une tension supplémentaire à l’histoire. On y retrouve aussi clairement cet émerveillement lié à ce voyage dans l’espace, ce qu’il ouvre comme perspective à l’humanité. Surtout que l’autre point fort du roman vient justement de cette humanité qui est en train de péricliter. Dû à la surpopulation elle étouffe, créant un nouveau système d’esclavage de la jeunesse forcée à terraformer Mars et surtout à en récupérer les richesses. Un futur sombre, angoissant, violent, mais qui se révèle vraiment cohérent et intéressant à découvrir. L’aspect technologique n’est pas non plus en reste et, sans être révolutionnaire, s’avère solide même si un ou deux points m’ont dérangé, mais j’y reviendrai plus tard. Il garde aussi un côté mystérieux avec l’artefact et je n’en dis pas plus pour éviter de spoiler certains aspects que je vous laisse découvrir.

Concernant les personnages en ce qui concernant Franck et Sorany, les héros principaux, ils ne manquent pas d’intérêts se révélant complexes, soignés et intéressant à suivre tout du long. La narration entre présent et flashback permet ainsi à chacun d’entre eux de gagner en densité tout du long, les rendant ainsi attachants avec leurs forces et leurs faiblesses. Que ce soit Sorany scientifique un peu malgré elle qui se retrouve perdue dans ses choix ou bien Franck, personnage plus classique, militaire ancien de Mars qui ne cherche qu’à mener ses missions à bien va devoir évoluer pour mener à bien cette enquête et les conséquences secondaires qui vont le toucher, on se retrouve à suivre leurs aventures avec plaisir et envie d’en apprendre plus. Sauf que voilà concernant les personnages secondaires, je suis peut-être un peu plus circonspect. Certains remplissent parfaitement bien leurs rôles, apportant ce qu’il faut pour faire avancer l’intrigue sans non plus se révéler qu’anecdotiques ou figés, mais d’autres manquent clairement de profondeur, ce qui fait que les motivations de leurs actes n’ont pas alors l’impact voulu je trouve. Je n’en dis pas plus car cela concerne un élément de la conclusion, mais voilà j’ai trouvé cela légèrement dommage, même si rien de non plus trop bloquant.

Alors après, tout n’est pas non plus parfait, en effet certains aspects m’ont légèrement dérangés. Le premier point vient de certaines longueurs que j’ai ressenti, principalement dans certains flashbacks. J’ai aussi eu l’impression de certaines répétitions dans les chapitres, principalement où les personnages se remettent en cause. Ensuite, j’avoue j’ai eu un peu de mal à considérer qu’une technologie présentée comme passive arrive à devenir active, ça manquait d’un peu d’explication à mon goût. Bon sur ce point-là c’est peut-être aussi mon côté scientifique qui chipote un peu. Enfin, je ne sais pas si c’est moi, mais j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de « PNJ » qui ne font strictement rien. Je pense principalement au passage de la mutinerie où a peu près 2000 personnes paraissent rester chez eux et attendre. Après cela n’enlève rien aux qualités de ce roman qui s’est avéré plus que divertissant et prenant. Il a aussi rempli son rôle de me faire voyager, le tout porté par une plume simple et efficace qui a peut-être le seul défaut de parfois vouloir trop en faire, bridant un peu l’imagination, mais rien de bloquant là.  Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur surtout qu’il s’agit ici d’un premier roman.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman de Space-Opera qui nous offre un récit en huis-clos plutôt efficace, offrant de nombreux rebondissements et de mystères. Une aventure humaine qui offre aussi de l’espoir a une humanité en perte de vitesse. L’univers est l’un des gros points forts du roman, que ce soit avec l’Arca vaisseau fascinant, comment dans son contexte politique sur Terre victime de surpopulation et au bord de l’implosion. Les personnages principaux s’avèrent attachants, complexe et soignés, bien porté par une narration alternant présent et flashbacks. Par contre je suis un peu plus circonspect avec les personnages secondaires. Certains remplissent leurs rôles tandis que d’autres m’ont paru manquer de profondeur ce qui joue sur certains instants dramatiques  mais rien de non plus trop bloquant. Alors après tout n’est pas non plus parfait, j’ai ressenti quelques longueurs et quelques répétitions, un aspect technologique qui m’a paru manqué d’explications et enfin une impression d’immobilité dans certains aspects comme celui de la mutinerie ou tout un pan du vaisseau parait ne pas réagir. Rien de non plus trop bloquant, mais un peu frustrant. Cela n’enlève rien aux qualités du roman, bien porté par une plume simple et efficace qui, certes, parfois en fait un peu trop.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Lune, Lorhkan, …

Le Royaume Rêvé Tome 1, Le Chant des Epines – Adrien Tomas

le-royaume-reve-t-le-chant-des-epinesRésumé : Ils sont les héritiers des clans nordiques.
Ils rêvent d’unifier et de pacifier leurs terres.
Cet espoir se transformera-t-il en cauchemar ?
Voici la geste des jeunes héritiers des clans du Nord et de leurs compagnons. Voici la geste des princes otages, de celles et ceux qui ont pour projet d’unifier les marches du Gel pour en faire leur royaume rêvé, puissant, sûr et juste, gouverné avec sagesse.
Mais leur chemin vers cette quête sera semé d’embûches : le respect du peuple s’arrache dans le sang et les larmes, et la victoire sur leurs ennemis demandera de grands sacrifices. Lorsque le Nord, déjà affaibli par les querelles des Quatre Citadelles, devient la cible des mandragores, redoutables créatures issues des sombres enchantements des Elfes, le doute n’est plus permis : ils sont la dernière chance de survie des marches du Gel. Pour les combattre, les lames, le verbe et la magie seront leurs seules armes.

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Pour ceux qui suivent régulièrement ce blog, vous avez dû vous rendre compte que j’ai lu tous les roman publiés d’Adrien Tomas. J’avais ainsi été rapidement emporté par ses deux romans se situant dans l’univers de six royaumes que sont La Geste du Sixième Royaume (chronique ici) et La Maison des Mages (chronique ), qui offraient une Fantasy solide, efficace et entrainante. J’avais un peu moins accroché à Notre-Dame des Loups (chronique ici) qui cherchait peut-être un peu trop à mon goût le côté divertissant au profit de l’intrigue. Par conséquent quand j’ai su que l’auteur revenait dans l’univers de la geste avec son dernier roman, j’ai su qu’il allait terminer rapidement dans ma PAL. Concernant la couverture, illustrée par Alain Brion, je la trouve réussie et efficace.

Pour ceux qui auraient lu les autres romans dans le même univers, il s’agit ici d’un préquel qui nous plonge dans les origines de l’humanité, quelques dizaines d’années après son émancipation des Elfes. On découvre ainsi Les Marches de Gel, contrée divisée entre plusieurs clans avides de pouvoir où les alliances se font et se défont trop rapidement. On suit ainsi plusieurs personnages, autour de la princesse Ithaen qui cherche à unir les peuples contre une menace plus grande. Clairement on se retrouve dans une Fantasy assez classique, avec une intrigue pleine de jeux de pouvoirs et de manipulations, où se mélange elfes, nains, mais aussi magie. Il s’agit clairement de la marque de fabrique d’Adrien Tomas, ce qui l’a fait connaître avec la réussite que l’on connait pour La Geste du Sixième Royaume et La Maison des Mages. Sauf qu’il sait aussi y apporter sa toucher personnelle pour rendre l’ensemble intéressant.

C’est d’ailleurs avec grand plaisir que j’ai replongé dans ce monde, qu’on retrouve et qu’on découvre plus vers ses « origines ». Un univers toujours aussi foisonnant et intéressant, que l’auteur continue à développer avec cette fois plus un travail d’explications sur des éléments des autres romans tout en gardant une certaine fraicheur, une certaine originalité et une certaine nouveauté. Il y a ainsi des nombreux clins d’oeil aux deux autres récits, mais cela n’empêche pas l’auteur d’offrir un monde cohérent, solide et qui ne manque pas d’attrait. Certes j’ai été un peu frustré de ne rester que dans une partie de ce vaste univers, mais je ne me doute pas que cela va changer par la suite. Au final j’ai replongé dans cet univers avec plaisir, un peu comme j’ai retrouvé un vieil ami pas vu depuis longtemps tout en y découvrant de nouvelles surprises.

Concernant les personnages il s’agit selon moi du point fort du roman. On sent bien que l’auteur a le chic pour brosser des héros loin des clichés, efficaces, attachants et captivants. Il nous offre ainsi ici un groupe d’adolescents diversifié et qui évite de tomber dans le côté un peu trop innocent et crédule qu’on retrouve parfois avec ce genre de héros. J’avoue avoir principalement accroché à Vermine qui sort vraiment du lot, certes pas son rôle d’héroïne principale, mais aussi par sa clairvoyance et sa relation avec Ténèbre qui intrigue et donne envie d’en apprendre plus. Merisia et Ithaen ne sont pas non plus en reste, proposant des héroïnes qui ne manquent pas de courage, mais vont devoir faire face à des choix qui vont les changer, les transformer, les plonger dans le monde des adultes. Les personnages masculins du groupe sont solides, mais m’ont un peu moins accrochés. Rien de bien méchant, cela vient surtout qu’ils m’ont paru un peu retrait et ils devraient prendre un peu plus d’ampleur par la suite. Concernant les personnages secondaires là aussi l’auteur nous offre un panel solide, avec quelques-uns qui se dégagent du lot comme la Locuste, protagoniste mystérieux qui joue sur plusieurs tableaux et dont on a encore un peu de mal à en deviner le dessin.

Comme je l’ai dit l’intrigue se construit sur un fond de complot, la princesse cherchant à unifier son royaume par tous les moyens. Mais voilà l’intérêt de ce tome vient, je trouve, dans la façon dont elle y arrive. Non pas à travers des batailles sanglantes, mais plus par une manipulation mise en place par ses parents avec des jeux d’otage et d’intégrations. Cela ne veut pas dire que ce roman ne possède pas de passages épiques, loin de là tant certaines scènes nerveuses se dégagent et offre son lot d’adrénaline. On se retrouve ainsi happé facilement par les péripéties des héros, mais aussi par le talent de conteur de l’auteur qui rend l’ensemble fluide et percutant. Mais voilà malgré toutes les qualités que j’ai cité, ce roman m’a paru avoir du mal à exploiter tout son potentiel, n’offrant qu’une lecture sympathique et divertissante alors qu’il pouvait faire plus à mon goût.

Le premier point qui m’a surpris, outre le fait qu’on sent parfois un peu trop le tome d’introduction, c’est un petit sentiment de facilité une fois la dernière page tournée. Tout se met en place trop simplement et de façon un peu trop balisé, ce qui joue forcément sur le sentiment de tension et d’incertitude qui est parfois recherché. Ensuite l’auteur, comme à son habitude, utilise une narration chorale, sautant d’un personnage à un autre. Sauf que voilà ici on n’est pas dans un one-shot, mais dans une trilogie et la narration montre ses limites en proposant des personnages qui n’ont que peu d’intérêt pour le moment et paraissent même un peu trop dissociés de l’intrigue. Ce sera gommé par la suite, je ne m’en doute pas ils vont prendre de l’importance, mais là j’ai trouvé cela légèrement frustrant. Alors au final cela n’empêche pas ce roman de se révéler intéressant, le tout porté par une plume entraînante et solide. Je lirai la suite avec plaisir, mais voilà je pense que ce premier tome, un peu plus étoffé, aurait pu être encore meilleur. A voir comment le tome deux va faire avancer tout cela.

En Résumé : J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce roman qui nous replonge dans le monde des Six Royaumes d’Adrien Tomas. On retrouve ainsi avec grand plaisir cet univers qui nous dévoile ici ses « origines », tout du moins humaines et permet aussi de le densifier un peu plus. Quelques clins d’oeil sont aussi glissés vers les autres tomes ce qui, je trouve, apporte un petit plus. Les personnages sont le grand point fort du récit tant l’auteur construit des héros attachants, soignés et évitant toutes caricatures. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste avec quelques protagonistes de l’ombre qui se dégagent vraiment. L’intrigue, sur fond de manipulation et de jeux de pouvoir, bien porté par le talent de conteur d’Adrien Tomas, une plume fluide et entraînante et quelques scènes épiques s’avère efficace. Sauf que voilà, je trouve que, pour moi, certains points empêchent ce roman de vraiment développer tous son potentiel. Une fois la dernière page tournée j’ai ressenti un léger sentiment de facilité dans la résolution des problèmes, ensuite la narration chorale, dans une trilogie, fait que certains personnages sont présentés mais ont encore un peu de mal à se rattacher à l’intrigue principale, ce qui est légèrement frustrant. Au final cela n’empêche pas ce premier tome de se révéler plus que divertissant et m’a donné envie de lire la suite pour voir comment vont  s’en sortir les héros.

 

Ma Note : 7/10

 

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