Sénéchal, Tome 1 – Gregory Da Rosa

Résumé : Lysimaque, la Ville aux Fleurs, fière capitale du royaume de Méronne, est encerclée et menacée par une mystérieuse armée. Et pour le sénéchal Philippe Gardeval, ce n’est que le début des ennuis. Suite à l’empoisonnement d’un dignitaire de la cité, il découvre que l’ennemi est déjà infiltré au sein de la cour, dans leurs propres rangs ! Sous quels traits se cache le félon ? Parmi les puissants, les ambitieux et les adversaires politiques ne manquent pas ; le sénéchal devra alors faire preuve d’ingéniosité pour défendre la ville et sa vie dans ce contexte étouffant d’intrigues de palais.

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Ce roman, qui est sorti eil y a quelques mois maintenant, a eu le don de m’attirer assez rapidement, principalement grâce à sa couverture, illustrée par Lin Hsiang, que je trouve vraiment magnifique. Restait quelques appréhensions, principalement concernant un résumé que je trouvais un brin classique, mais qui a rapidement disparu une fois que j’ai vu passer les premiers retours qui paraissaient en grande majorité enthousiastes. C’est donc fort logiquement que je me suis alors facilement laissé tenter et fait entrer ce roman dans ma PAL.

On plonge avec ce récit dans la ville de Lysimaque qui, un beau matin, se retrouve assiéger par les troupes de Castelwing. Le sénéchal Gerdeval est alors tiré de son lit par le roi Edouard VI pour gérer cette crise. Sauf que rien ne va se passer comme prévu, lui qui souhaitait apaiser tout le monde en offrant du vin va devoir faire face à la mort d’une femme de la noblesse par empoisonnement. Heureusement pour lui que ce ne fût pas le roi ! Sauf que les ennuis ne font que commencer, car cela signifie qu’un traitre se trouve avec eux. Alors une fois la dernière page tournée, je dois bien admettre que ce roman possède des atouts intéressants et de nombreuses qualités, mais qui pourtant a eu du mal à complètement me convaincre, ne répondant pas forcément toujours à mes attentes. Ce premier tome reste pour autant une lecture sympathique, mais quelques points font qu’il aurait pu encore être meilleur. Il m’a d’ailleurs fallu un peu de temps à entrer dans le récit tant les premiers chapitres ont eu un peu de mal à m’accrocher. En effet les cinquante premières pages m’ont paru un peu trop verbeuses à mon goût, offrant une mise en scène qui m’a donnée l’impression d’être un peu trop surjouée, avec des dialogues qui offrent plus de poser les personnages principaux et leurs relations que vraiment apporter un plus à l’ensemble. J’avais un peu l’impression de plonger dans une introduction un peu austère qui est juste là pour nous poser une grosse partie de l’univers, de l’intrigue et des personnages alors que l’ensemble aurait pu être amené de façon plus fluide sur la longueur.

Il a ainsi fallu attendre la tentative d’empoisonnement pour que je me retrouve enfin happé par ce récit et par son intrigue, le côté un peu austère se fissurant pour dévoiler quelque-chose de plus prenant et captivant. L’intrigue n’a pourtant rien d’original dans les grandes lignes, avec ce jeu de pouvoir pour prendre le trône, et tout ce que cela peut engendrer comme mensonges, trahisons et manipulation, mais voilà l’auteur arrive vraiment à la rendre intéressante et solide. Il y a ainsi un vrai jeu de faux-semblant qui s’instille tout du long qui pousse le lecteur à tout remettre en question, à douter des différents personnages, même de son héros, ou bien encore la cause de ce siège et son but. On sent clairement que Gregory Da Rosa maîtrise la construction de son fil rouge, jouant avec le lecteur et les différents mystères qui se présente au fil des pages. Il utilise aussi de façon efficace les rebondissements et les surprises, mais aussi les passages plus explicatifs pour qu’on se laisse alors porter par les nombreuses questions en suspend. C’est d’ailleurs se travaille d’enquête avec le lecteur, ce voile de secret, le tout complexifié par le personnage du sénéchal, mais aussi ce doute instillé du début à la fin par ce jeu de chat et de la souris qui font que je me suis laissé porter plutôt assez facilement par ce récit.  Alors après, j’ai trouvé que la construction se répétait un peu, chaque journée étant présentée un peu de la même façon, mais cela ne gêne en rien la lecture.

Concernant l’univers, il n’a rien de fondamentalement révolutionnaire, proposant un aspect très médiéval, avec tout ce qui peut tourner autour des intrigues de cour. Mais voilà cela n’empêche pas l’auteur d’offrir quelque chose de solide et de vraiment intéressant, que ce soit aussi bien dans le jeu politique qu’il met en place comme dans l’aspect magique qui se dévoile lentement au fil des pages. D’ailleurs la notion mystique est intéressante, dont je ne dévoilerai rien pour éviter, je pense, de trop spoiler, mais qui ne manque pas d’attrait, principalement dans les différents plans, les différents clans que l’on croise. De nombreuses questions sont ainsi soulevées sur le monde qui nous est présenté, ses différences, sa « création », ou bien encore sur la notion de pouvoir et de magie qui offrent un intérêt supplémentaire au récit et vient titiller le lecteur. Après, je regretterai peut-être cette notion de mur qu’on croise qui n’est pas sans rappeler Game of Thrones et qui est à la mode depuis quelques temps. J’attends tout de même de voir ce que va en faire l’auteur par la suite, mais pour le moment je reste perplexe. Par contre, j’ai apprécié l’idée de la prison inversée, de la notion de folie qui en découle où l’auteur dévoile une imagination intéressante. Là où par contre je suis un peu frustré, c’est l’impression que le récit reste toujours en surface de l’univers, comme si l’auteur avait peur de trop en révéler et ainsi de gâcher la suite, ce qui m’a quand même un peu frustré.

En ce qui concerne les personnages, j’avoue j’avais un peu peur au début avec notre sénéchal qui me paraissait un peu pédant et imbu de sa personne, mais la grande force de l’auteur est d’avoir réussi au fil des pages à le rendre attachant et intéressant. On découvre ainsi un héros vieillissant, qui est obligé de jouer le jeu face au roi et la cour sous peine de tout perdre, mais qui se remet de plus en plus en question sur son rôle et ses capacités. Il s’agit un héros complexe, avec ses doutes, ses convictions, ses rêves, qui est loin d’être parfait, principalement dans sa relation familiale, mais qui ne manque pas de nous toucher au fur et à mesure qu’on le découvre en profondeur. On peut  ne pas être d’accord, mais on le comprend. Sa position le rend aussi très intéressant, n’étant pas noble mais ayant gravi les échelons grâce à son amitié avec le roi jusqu’à atteindre ce plafond de verre qu’il ne dépassera peut-être jamais ce qui fait qu’il se pose beaucoup de questions et doute. Cela ne l’empêche pour autant d’offrir une certaine vitalité, de se révéler incisif, bien porté par des dialogues qui, une fois embarqué dans par le récit, vont s’avérer percutants. Concernant les personnages secondaires ils ne sont pas mauvais et, même si j’aurai aimé les voir travailler un peu plus, ils remplissent parfaitement leurs rôles. Je pense même que certains devraient prendre de l’ampleur par la suite.

Le principal défaut pour moi de ce roman c’est qu’il s’agit un peu trop à mon goût d’une introduction. Attention, je ne parle même pas de tome d’introduction, mais bien d’introduction. Les 3 jours de siège que l’on suit m’ont paru plus être la première partie d’un roman, qu’un roman en lui-même. Un peu comme si le découpage avait été décidé plus pour raisons éditoriales ou pour offrir un cliffhanger à la fin. D’ailleurs je ne le nie pas cette conclusion choc donne clairement envie de lire la suite et remplit ainsi plutôt bien son rôle, mais voilà je reste un peu frustré de ce sentiment d’être à peine entré dans le roman qu’il s’arrête. C’est frustrant, surtout qu’en tant que lecteur je ne cherche pas obligatoirement le cliffhanger, qui me parait pourtant à la mode. Je noterai aussi certains passages qui traînent un peu en longueur, même si de ce côté rien de vraiment bloquant. Concernant le style il y a un vrai travail de l’auteur pour lui offrir une couche médiévale et qui j’avoue offre un sentiment d’immersion supplémentaire, mais qui donne aussi l’impression parfois de trop en faire et de se révéler un peu lourd. Après il s’agit d’un premier roman, je pense qu’il n’est pas facile de pouvoir trouver le juste milieu avec un tel style. Au final, même si ce livre n’a pas complètement répondu à mes attentes, il reste assez intéressant à découvrir et je pense que je lirai la suite histoire de voir ce que bien proposer l’auteur, surtout que tout commence pour notre héros.

En Résumé : J’avoue je ressors de ma lecture de ce premier tome avec un sentiment légèrement mitigé, mais ayant tout de même lu un livre avec du potentiel et des qualités. Je dois bien avouer que le démarrage a pourtant failli me bloquer, se révélant trop verbeux et donnant l’impression d’une mise en scène introductive surjouée, mais pourtant au fil des pages je me suis laissé un peu plus emporter. L’intrigue est pour moi le gros point fort du récit, ce siège avec ces jeux de pouvoirs et le travail de l’auteur qui joue au chat et à la souris avec le lecture fonctionne bien. L’univers n’a rien de révolutionnaire, mais se révèle solide et intéressant que ce soit aussi bien d’un point de vue politique que du point de vue mystique, même si j’ai quand même eu l’impression que l’auteur ne restait qu’en surface de son monde ce qui est légèrement dommage. Concernant les personnages, j’ai eu un peu peur avec la caractérisation du sénéchal, mais au fur et à mesure il a réussi à se révéler attachant et un minimum touchant. Un héros complexe, en plein doute qui doit faire face à de nombreux soucis, loin d’être parfait et qu’on peut juger mais dont on comprend les actes. Les personnages secondaires, sans se révéler des plus profonds, remplissent parfaitement leurs rôles et je ne doute pas que certains vont prendre de l’ampleur par la suite. En fait mon principal regret concernant ce récit c’est qu’il m’a paru être une introduction. Attention pas un tome d’introduction mais bien une introduction, comme si ce roman avait été découpé pour raison éditoriales ou pour la recherche du cliffhanger de fin. Conclusion qui marche, puisqu’elle appelle à découvrir la suite, mais voilà ce n’est pas obligatoirement ce que je cherche dans un récit. J’ai aussi noté quelques longueurs, même si rien de trop bloquant non plus. La plume de l’auteur vient apporter un sentiment d’immersion supplémentaire avec ce style un peu vieux français, même si parfois l’auteur en fait un peu trop ce qui provoque quelques lourdeurs. Je pense que je lirai la suite, histoire de voir comment va s’en sortir notre héros.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autres avis : Apophis, Lorhkan, Boudicca, L’Ours Inculte, Samuel Ziterman, Celindanaé, Le Comptoir de l’Ecureuil, …

Au Service Surnaturel de sa Majesté Tome 2, Agent Double – Daniel O’Malley

Résumé : Quand, après des années de combats acharnés , deux organisations secrètes et rivales sont contraintes d’allier leurs forces, une seule personne semble en mesure de les aider à conclure cette paix nécessaire : Myfanwy Thomas, la très fantasque héroïne de The Rook.
D’un côté, la Checquy, organisation secrète chargée de combattre les forces surnaturelles qui menacent la Couronne britannique.
De l’autre, les Greffeurs, une société de peu recommandables alchimistes belges adeptes de manipulations génétiques en tous genres. Sans compter les mystérieux Antagonistes, qui tentent par tous les moyens de faire échouer les négociations.

Edition : Super 8

 

Mon Avis : Il y a un peu plus de deux ans maintenant je découvrais The Rook, le premier tome de cette série, qui proposait un récit de Fantasy Urbaine assez déjanté, efficace et sans temps mort, bien porté par le personnage de Myfanwy très charismatique et entraînant (ma chronique ici). Il était donc logique que je me laisse rapidement tenter par cette suite, tout en me demandant comment l’auteur allait gérer les questions en suspend du premier tome. Concernant l’illustration de la couverture elle est dans le même style que celle du premier tome et je la trouve très sympathique.

On plonge avec cette suite quelques temps après la fin du premier tome, qui avait vu les prémices de la paix entre la Checquy et les Greffeurs. Des pourparlers vont débuter entre les deux ennemis et une délégation diplomatique est envoyé à Londres par les Greffeurs. Sauf que voilà, des crimes étranges paraissent alors menacer cette tentative de rapprochement. On va se retrouver à suivre Odette une greffeuse, ainsi que Felicity un membre de la Checquy qui va devenir sa garde du corps. Je dois bien admettre que j’avais envie d’apprécier ce roman, j’avais envie de partir dans un délire sans temps morts comme le précédent, sauf que voilà même si je n’ai pas trouvé ce second tome mauvais, il est quand même pour moi clairement un ton en dessous du précédent. Pourtant on y retrouve toujours cette énergie communicative du premier tome qui fait qu’on se met à tourner les pages avec un minimum de plaisir et d’envie d’en apprendre plus. Le côté percutant et sans temps mort reste ainsi assez présent, le tout porté par un humour qui ne manque pas de se révéler efficace et apporte toujours un plus au récit. Il est aussi à noter que ce roman peut tout à fait se lire indépendamment du précédent, ce qui peut être un avantage, mais aussi un inconvénient, mais j’y reviendrai plus tard.

L’autre intérêt de ce récit vient aussi toujours de l’univers complètement barré que nous propose l’auteur. Imaginez une guerre entre les « magiciens » de la Checquy et les alchimistes scientifiques belges des Greffeurs, cela a le don de poser les base de ce délire. Et pourtant ça marche, on se laisse vraiment porter par l’imagination débordante qui nous est proposé par Daniel O’Malley. Que ce soit aussi bien dans les idées liées au surnaturel, avec les pouvoirs et les manifestations étranges, comme celle liées à la science des Greffeurs, avec les améliorations génétiques, physiques et autres. On sent une créativité et une inventivité franchement fascinante et sans limite. Le plus intéressant c’est que, oui c’est exubérant, mais ça ne donne jamais l’impression de trop en faire ou de justement paraître trop incohérent. Il arrive vraiment à rendre le tout cohérent. Le fait de suivre aussi des Greffeur permet ainsi d’offrir une vision plus « intime » de l’ennemi et d’éviter justement la vision unique de la Checquy. On se rend compte qu’ils ne sont pas obligatoirement des monstres cela s’avérant plus complexe qu’on peut l’imaginer. On peut aussi, bien entendu, y lire une dualité entre la science d’un côté et le « mystique » de l’autre, une réflexion certes pas obligatoirement d’une grande finesse, mais qui fonctionne quand même avec justement cette idée de rapprochement.

L’intrigue ne manque pas non plus d’attrait, principalement dans l’idée de paix entre les deux camps qui ne donne jamais l’impression de tomber trop dans la facilité. On ressent ainsi clairement les décennies de haine entre les deux camps qui sont loin d’être effacés par ce début de paix. Alors certes, parfois ça manque de finesse, mais on ressent toujours une tension et un travail intéressant sur cet aspect. Concernant l’intrigue et les Antagonistes, l’idée de base est intéressante. Je n’en dévoilerai pas trop pour éviter de trop spoiler, mais voilà j’ai ressenti une certaine nonchalance dans sa construction qui fait qu’on a du mal à se laisser porter par elle. Il faut dire, et là on entre dans la première grosse critique que je ferai à ce roman, c’est qu’il fait quand même près de 900 pages. Attention le nombre de pages dans un roman, pour moi, n’est pas obligatoirement un critère. J’ai lu de très bons récit d’une centaine de pages et d’autres de plus de 1000 pages, mais il faut à chaque fois réussi à ne pas se perdre. Là, Daniel O’Malley montre clairement, pour moi, qu’il n’arrive pas à tenir ses 900 pages avec cette simple intrigue. Il donne ainsi parfois l’impression de partir dans tous les sens ou de ne pas savoir quand s’arrêter, ce qui offre certaines longueurs voir lourdeurs. Ensuite, comme je l’ai dit ce second tome peut se lire, si vous le souhaitez, indépendamment du premier, mais cela est possible car l’auteur ne fait pas de simples rappels, il offre parfois des chapitres complets de données qu’on connaissait du tome précédent et qu’on avait déjà vu. Certes il le présente d’un point de vue différent, donc pas le même ressenti, mais franchement ça ne méritait pas par moment d’être autant développé. J’ai aussi trouvé que la sous-intrigue entre Myfanwy et un élément surnaturel incontrôlable n’apportait rien au récit. On a l’impression d’une nouvelle que l’auteur a cherché à intégrer dans son livre sans véritable rapport avec le récit.

Concernant les personnages je me suis aussi retrouvé un peu moins emballé que le tome précédent. Déjà il faut savoir que la narration change, on ne suit plus ici Myfanwy, mais Odile et Felicity. Ce n’est pas une mauvaise idée, le premier tome avait fait le tour de son héroïne et apporter du sang neuf peut toujours être intéressant même si c’est risqué. C’est d’ailleurs en partie le cas, que ce soit dans les nouveaux points de vues apportés, mais aussi dans les différentes visions et approches que ces nouvelles héroïnes apportent. On se laisse alors un minimum porté par l’apport de cette nouveauté. Les héroïnes s’avèrent aussi plutôt soignés, offrant un minimum de profondeur et de complexité, ce qui fait qu’on s’intéresse à eux, à leurs évolutions. Mais voilà le principal défaut est tout simple, c’est qu’en ayant lu le premier tome, je ne peux m’empêcher la comparaison avec son héroïne et c’est là que le bat blesse, car ils sont quand même moins entraînants, prenants et percutants. Odile dans sa capacité de réaction léthargique m’a aussi parfois donné envie de la secouer. Pire, Myfanwy devenant un personnage secondaire, elle apparait limite parfois antipathique sans qu’on comprenne vraiment pourquoi. Attention, je ne dis pas pour autant qu’Odile et Felicity sont de mauvais personnages, ils souffrent juste de la comparaison qui fait que je les ai trouvés moins intéressants. Concernant les personnages secondaires certains sont intéressants, d’autres m’ont paru manquer de profondeur, comme ces fameux Antagonistes qui auraient mérité peut-être un travail un peu plus dense pour vraiment comprendre leurs motivations.

Concernant la conclusion, je reste là aussi assez circonspect je l’avoue. Je ne dirai pas qu’elle est mauvaise, mais elle m’a parue précipitée ce qui est étrange pour un roman qui a autant pris son temps. Comme si l’auteur après avoir écrit près de 850 pages c’est dit « Tiens je n’ai pas fait de conclusion, bah pas de soucis en un chapitre c’est bouclé avec un bon Deus Ex Machina ». C’est dommage car elle est pourtant percutante et ne manque pas d’attrait. La plume de l’auteur est toujours aussi efficace, entraînante et pleine d’humour, proposant des dialogues qui ne manquent pas de piquants ce qui fait qu’on se laisse tout de même porter par ce récit. Au final comme je l’ai dit ce second tome m’a paru un ton en dessous du précédent et, même s’il reste sympathique à découvrir, il aurait pour moi mérité un travail d’édition un peu plus conséquent. Je dirai qu’avec 200 pages de moins ce roman aurait été encore plus efficace. Je ne sais pas si l’auteur a prévu d’écrire un troisième tome, mais si c’est le cas je me laisserai quand même tenter pour voir ce qu’il proposera.

En Résumé : Je sors de ma lecture de ce second tome de cette série avec un sentiment de lecture plutôt mitigé, l’ayant clairement trouvé un ton en dessous du tome précédent. Pourtant, on y retrouve cette énergique que l’auteur communique dans son récit avec un côté percutant qui fait qu’on se laisse un minimum porté. L’univers est toujours aussi intéressant à découvrir par son côté complètement barré et plein d’humour. La guerre entre le surnaturel de la Checquy et le côté scientifique des greffeurs continue à évoluer, le tout toujours bien porté par l’imagination débordante de l’auteur. Mais voilà le premier gros soucis de ce roman vient de sa longueur. Le roman fait près de 900 pages et l’auteur donne l’impression, selon moi, de ne pas justement les tenir, trainant en longueur, offrant des sous-intrigues pas toujours utiles ou faisant des rappels au premier tome beaucoup trop conséquent à mon goût. Je pense que 200 pages de moins auraient fait du bien à ce livre. Concernant les personnages, on change ici de narration quittant Myfanwy pour Odile et Felicity, sauf que voilà la comparaison est inévitable et ces nouvelles héroïnes m’ont paru un peu moins attachantes et intéressantes. Concernant les personnages secondaires il y en a de très intéressants, mais je suis un peu frustré du traitement des Antagonistes qui aurait mérité plus de profondeur. Concernant la conclusion elle m’a parue un peu trop précipité, ce qui est dommage reposant alors sur un Deus Ex Machina un peu facile. Ce second tome reste tout de même un minimum sympathique à lire, bien porté par une plume efficace, pleine d’humour et entraînante. Si jamais un troisième tome devait être publié je pense que je me laisserai tenter en espérant que l’auteur corrige ces quelques défauts.

 

Ma Note : 6/10 

Bifrost n°77 – Spécial Mélanie Fazi

Edition : Le Bélial’

 

 

 

 

 

Mon Avis : Cela faisait un long moment que je ne m’étais pas plongé dans la lecture d’un Bifrost, voir même dans un magazine de l’imaginaire tout court. C’est bien simple après vérification ça remonte tout simplement à plus de deux ans avec le numéro spécial Tolkien. J’ai donc du retard à rattraper, beaucoup de retard même. Je reprends donc là où je m’étais arrêté avec ma lecture du numéro 77 consacrée à Mélanie Fazi, une auteure dont j’apprécie beaucoup le travail et qui offre toujours un fantastique qui ne me laisse pas indifférent. Concernant la couverture, illustrée par Bastien Lecouffe Deharme, elle a du mal à me convaincre j’avoue. Comme d’habitude je me consacrerai principalement sur les nouvelles présentes dans ce recueil.

Les Clés de Manderley de Mélanie Fazi : Cette nouvelle nous propose de suivre l’histoire de deux frères qui viennent d’hériter, un peu par surprise, de la maison de leur oncle qu’ils n’avaient plus revu depuis des années. Au fil du nettoyage de la maison les souvenirs vont refluer et William va alors se rendre compte d’un « vide » qui fait qu’il va rester quelques jours de plus. Encore une fois l’auteur propose une nouvelle vraiment captivante à découvrir, offrant un fantastique tout en finesse, qui se dévoile lentement au fil des pages pour captiver le lecteur et ne plus le lâcher. Une véritable nouvelle d’ambiance qui fonctionne parfaitement et sonne juste, bien porté par une construction lente et envoutante, le tout porté par une plume toujours aussi dense et poétique. L’auteur nous offre aussi ici, selon moi, une vraie déclaration d’amour au cinéma, principalement au cinéma en noir et blanc qui a profondément touché William et dans lequel je me suis aussi un peu reconnu. Elle nous offre aussi une réflexion intéressante sur la notion de mémoire, de souvenir, sur la façon dont elle s’adapte, mais aussi en filigrane sur la notion de différence et d’acceptation. Une nouvelle au final réussie et efficace, qui m’a offert un très bon moment de lecture.

[Replay] de Stéphane Beauverger : Cette nouvelle est principalement, selon moi, un travail de style et de construction. L’auteur jouant avec la dimension du temps (d’où le titre je pense) en nous présentant un héros perdu, se sentant étouffé auprès de sa compagne et de ce qui parait être leur nouvelle maison mais revivant ainsi un peu la même scène. Franchement d’un point de vue style on sent bien tout le travail de l’auteur, il y a ainsi une certain maîtrise dans la construction de l’ensemble qui offre de nombreux mystères pour nous amener vers une fin percutante. Sauf que voilà j’ai trouvé l’ensemble assez froid, cherchant plus, je trouve, le côté nerveux et le travail stylistique à l’accroche émotionnel. Sauf que voilà même l’intrigue m’a paru un peu trop nébuleuse avec une conclusion qui reste un peu trop ouverte, ce qui fait que j’ai eu du mal à complètement entrer dans le récit. À noter que, je me trompe surement, mais la fin m’a aussi rappelé un épisode de Au-Delà du Réel (la série de 2015) où le héros est obligé de revivre éternellement sa mort.

Essaim Fantôme de Greg Egan : Greg Egan est un auteur de SF Hard Science que j’apprécie énormément et, j’avoue, j’avais hâte de découvrir sa nouvelle. Elle nous plonge dans un futur proche, où la technologie a encore un plus envahie notre vie et où Nathalie est obligé de mettre à bien ces connaissances en programmation de drones miniature pour réaliser un vol et ainsi sauver son frère qui est aux mains de criminels. L’auteur, comme toujours, propose une vision intéressante de l’avenir, à la fois glaçante, crédible et réaliste qui ne laisse pas indifférent et nous montre que la technologie peut aussi bien être un plus (comme au début de la nouvelle) que servir pour les pires desseins. L’imagination de l’auteur joue aussi énormément au côté prenant du récit. L’ensemble est construit un peu comme un Thriller et s’avère efficace et entraînant. Sauf que, car oui il y en a un, la fin m’a paru largement convenue et manquer de force face au reste du récit, voir même un peu facile. L’auteur donne l’impression de devoir terminer son récit et en plus de chercher à proposer une sorte de happy end sans que cela soit forcément nécessaire et s’avère même légèrement frustrant. J’ai quand même passé un bon moment avec ce texte, mais il aurait pu être encore plus percutant selon moi.

Le reste du magazine nous propose une longue et captivante interview avec Mélanie Fazi. Une bonne quarantaine de pages vraiment intéressante, bien menée et qui nous permet de mieux connaitre l’auteure, mais aussi la traductrice et la personne elle-même. L’interview d’Olivier Legendre qui est libraire spécialiste de l’imaginaire dans une librairie générale s’avère elle aussi très intéressante. Roland Lehousq et Jean-Sébastien Steyer, nous propose une très belle rubrique scientifique sur la possibilité de présence de la vie sur des planètes glacées, le tout bien documenté et fascinante. Enfin comme toujours le cahier des chroniques, ainsi que l’article de Maître Doc’Stolze qui a eu à nouveau du mal à m’accrocher.

 

Ma Note : 7/10

Radiance – Catherynne M. Valente

Résumé : Severin Unck’s father is a famous director of Gothic romances in an alternate 1986 in which talking movies are still a daring innovation due to the patent-hoarding Edison family. Rebelling against her father’s films of passion, intrigue, and spirits from beyond, Severin starts making documentaries, traveling through space and investigating the levitator cults of Neptune and the lawless saloons of Mars. For this is not our solar system, but one drawn from classic science fiction in which all the planets are inhabited and we travel through space on beautiful rockets. Severin is a realist in a fantastic universe.
But her latest film, which investigates the disappearance of a diving colony on a watery Venus populated by island-sized alien creatures, will be her last. Though her crew limps home to earth and her story is preserved by the colony’s last survivor, Severin will never return.

Edition : Tor
Poche : Corsair

 

Mon Avis : Catherynne M. Valente fait partie de ces auteurs que j’ai découvert un peu par hasard, grâce son roman Immortel publié chez feu les éditions Eclipse que j’ai lu il y a quelques années. J’ai tout de suite était emballé par la plume de l’auteur qui était poétique et envoutante, mais aussi par sa qualité de conteuse. Vu que les éditions Eclipse ont disparu depuis, il était donc logique que je me lance dans la lecture de ces autres romans en version originale. Je me suis ainsi facilement laissé tenter par un de ses derniers livre : Radiance. Il faut dire que la couverture, je trouve, a un petit je ne sais quoi qui donne clairement envie de le découvrir même si le rouge me parait un peu flashy et le résumé a eu le don de m’intriguer.

Ce roman nous plonge dans un univers alternatif au nôtre, où Severin Unck, la fille du célèbre réalisateur Percival Unck, a mystérieusement disparu. Elle s’est volatilisée lors du tournage de son dernier documentaire concernant l’enquête qu’elle menait justement suite à la disparition d’un village entier sur Venus. Une fois la dernière page tournée, je dois bien admettre que l’auteur confirme tout le bien que je pensais de sa plume et de sa capacité à créer des histoires prenantes et uniques. Sauf que voilà, il va m’être compliqué de conseiller ce roman, car on est clairement, selon moi, dans un roman un peu OVNI, que ce soit aussi bien dans sa construction comme dans son univers, mais c’est aussi un récit que j’ai trouvé très dense. Le tout est ainsi porté par une narration qui est loin d’être classique. En effet elle est très disparate et étrange, à la fois mélange de script de films, articles, de souvenirs, d’interviews, des retranscriptions d’émissions de radio ou encore de pub. C’est une sorte de jeu avec nous, où différents indices sont donnés, mais les clés ne sont finalement dévoilées qu’à la fin du roman. Au fil des pages on reconstruit le puzzle ce qui demande un échange entre l’auteur et le lecteur. J’avoue que de mon côté ça fonctionne franchement bien tant elle maîtrise parfaitement son histoire, mais cela peut aussi ennuyer certains et donner l’impression de partir dans tous les sens, des lecteurs trouveront peut-être tout cela obscur.

Le gros point fort de ce roman, selon moi, vient de l’univers que construit l’auteur. On est dans un monde alternatif, très pulp, très coloré et vivant que j’ai trouvé franchement envoutant et fascinant à découvrir. Comme le dit l’auteur on est dans un univers décopunk, proposant un thriller space opéra où l’ensemble du système solaire est habitable. Oui ça peut paraître surprenant, voir incohérent, mais pourtant il se dégage une telle poésie et une telle beauté des différentes planètes croisées que franchement on se laisse porter en se disant pourquoi pas. Comme je l’ai dit ce qui m’intéresse dans un roman ce n’est pas que tout soit scientifiquement exact, juste que ce soit cohérent et que l’on y croit assez pour se laisser porter. Il faut dire que l’imagination de l’auteur joue aussi beaucoup, elle offre un vrai travail de fond, dense, construisant quelque-chose de certes impossible, mais qui s’avère logique dans cet univers, le tout porté par un travail descriptif soigné et séduisant.

Imaginez un univers où chaque planète possède ses particularités, sa beauté, son étrangeté, mais aussi où l’on peut croiser dans l’immensité de l’espace des baleines qui sont d’ailleurs au cœur du récit. L’autre grande force de son univers, outre le travail d’imagination, vient du fait que le lecteur ne se sent jamais perdu et ne s’ennuie jamais. Il y a énormément de références à notre monde, principalement de la période du début du siècle, pour qu’on se laisse happer très facilement. Ensuite vient l’aspect très cinématographique qui est mis en avant et qui, je trouve, apporte un vrai plus à l’ensemble, que ce soit dans l’ambiance qui fait très film noirs de la période du cinéma en noir et blanc, mais aussi dans le côté SF et fantastique qui vient parfaitement s’intégrer à ce que cherche à construire l’auteur et offre un vrai plus. Franchement un monde qui ne m’a pas laissé indifférent, qui m’a passionné et donné envie d’en apprendre plus surtout que même si l’ensemble est pulp il ne m’a jamais paru  kitsch pour autant.

En suivant plusieurs lignes narratives, l’auteur nous offre ainsi un plaidoyer à l’imagination, au fait de raconter une histoire, mais aussi sur la notion de vérité. En effet les différentes lignes de narration qui se dégagent de ce récit montrent finalement à chaque fois une histoire différente avec pourtant la même finalité : découvrir ce qui est arrivé à Severin. Que ce soit une histoire surréaliste comme l’hommage que cherche à rendre Percival à sa fille, mais qui cherche tellement à revoir son film pour le rendre parfait qu’il en perd toute logique. Une vérité comme celle que nous raconte Erasmo, sa vision des évènements tragiques survenus, ou bien encore ce récit, sorte de tentative de rédemption d’Anchises. Il y a un vrai travail de fond intéressant, où le lecteur se rend compte que chaque récit possède les mêmes grandes lignes, mais n’offre pas finalement la même histoire, ne propose pas le même chemin, le tout sans jamais se trouver redondant ou ennuyeux. Ce livre nous propose aussi de retracer dans les grandes lignes l’histoire du cinéma à Hollywood, celui en noir et blanc; celui qui est idéalisé avec flash, strass et paillettes, mais qui possédait pourtant une grosse zone d’ombre que ce soit dans l’intimité de chacun, mais aussi à cause des potins et journaux qui pouvaient détruire une carrière en chassant les secrets de tous. On y retrouve même Edison, avec toute cette ambiguïté qui tournait autour de lui.

Radiance nous présente aussi des visions différentes de ce que peut être le cinéma, mais aussi la vie, ainsi de ce que c’est de raconter une histoire, principalement à travers les visions différentes de Severin et son père. Lui considérant que la vie entière est un film qui doit être magnifié et retravaillé jusqu’à obtenir la perfection, là où sa fille va se diriger vers le documentaire, cherchant à montrer une réalité crue sans paillettes. Les personnages sont aussi très intéressants à découvrir, des protagonistes complexes, soignés, parfois torturés qui ont perdu un être cher et qui cherchent par tous les moyens à faire face que ce soit dans le déni, le fantasme, l’oubli ou encore la rédemption. Chacun d’entre eux cherchent ainsi à travers les pages à offrir une fin à leurs relations avec Severin, à tenter de surmonter sa perte, à tenter d’offrir la meilleure conclusion pour pouvoir continuer à avancer. C’est d’ailleurs un thème important du récit : la notion de fin. La grande force des personnages vient aussi de la capacité de l’auteur à les montrer humains, à ne pas dévoiler que leurs côtés lumineux, mais aussi les découvrir dans leurs doutes et leurs questionnements. Surtout l’ensemble sonne juste on a jamais l’impression de croiser des caricatures. Il y a aussi un vrai travail sur la notion de compréhension des autres, de communication, de la façon dont on perçoit les autres qui est souvent en décalage avec la vision qu’ils cherchent à donner, sur la notion de ce qui est vrai et de ce qui est compris. Cela se ressent aussi d’ailleurs dans le parallèle entre les deux cinémas dont je parlais plus haut. C’est aussi un roman d’acceptation de soi et de choix de vie, d’accomplir ce qu’on souhaite et non pas ce que les autres souhaitent pour nous.

La conclusion qui nous est offerte est clairement ouverte, n’offrant pas toutes les réponses, mais collant parfaitement au récit. Comme dit, un film se termine quand il a une fin, hors la vie n’a jamais clairement de fin et j’ai trouvé que la conclusion de ce récit collait alors parfaitement à ce précepte, laissant au lecteur la possibilité de faire jouer son imagination. J’aurais par contre peut-être un regret concernant ce livre c’est son côté parfois un peu froid. Oui les personnages sont intéressants à suivre et sont denses, mais émotionnellement ils sont parfois distants tant l’auteur travaille l’esthétique de son roman. Ce n’est en rien bloquant, loin de là, mais ça se ressent parfois à travers certaines scènes plus intimes qui se reposent justement sur l’émotion. Cela n’empêche pas pour autant certaines passages touchants comme par exemple la fin du récit. La plume de l’auteur est toujours aussi entraînante, poétique, fascinante et elle prouve avec ce roman qu’elle cherche régulièrement à sortir des sentiers battus, s’amusant clairement avec les genres et offrant un récit ainsi difficile à classer mais très réussi. Alors après comme je l’ai dit on est clairement dans le récit étrange à double tranchant, soit comme moi vous vous laissez porter par ce récit étonnant, soit vous y restez hermétiques. Il m’est donc difficile de le conseiller, même si j’aimerai bien le voir traduit en français tant l’auteur propose un récit unique selon moi.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman, mais il me sera compliqué de le conseiller tant Radiance est un peu un OVNI et qu’il peut autant captiver que bloquer. Le but du roman est de lever le mystère concernant la disparition de Severin Unck célèbre réalisatrice de documentaires, le tout à travers une narration étrange et disparate à la fois mélange de script de films, articles, de souvenirs, d’interviews, des retranscriptions d’émissions de radio ou encore de pub. L’auteur joue ainsi avec le lecteur, mais surtout offre un plaidoyer à l’imagination et à la façon de raconter une histoire et de la conclure. C’est d’ailleurs un point de réflexion intéressant cette notion de fin, chacun cherchant à offrir celle qui est juste à Séverin. Le gros point fort du roman vient, selon moi, de son univers étrange, bizarre mais qui pourtant m’a happé et fasciné bien porté par l’imagination de l’auteur et la façon dont elle le rend cohérent et accrocheur, bien porté par des descriptions envoutantes. Il y a aussi en fond une envie de retracer l’histoire du cinéma, mais aussi d’en dévoiler ses zones d’ombres. Concernant les personnages ils sont vraiment denses, soignés et intéressants à découvrir. Catherynne M. Valente arrive vraiment, je trouve, à les rendre justes et humains. Le roman offre aussi de nombreuses réflexions que ce soit concernant la notion d’acceptation de soi, de choix de vie d’acceptation des autres ou encore de communication. Après je regretterai par contre le côté un peu froid face à une esthétique très soignée, malgré quelques fulgurances qui m’ont quand même touché. Mais bon rien de bien bloquant. La conclusion, ouverte, colle parfaitement au récit sans trop nous perdre, nous rappelant aussi d’une certaine façon que la vie n’a pas de conclusion qu’elle continue après les dernières pages tournées. La plume de l’auteur est toujours aussi poétique, efficace et entraînante et je lirai sans soucis d’autre de ses écrits.

 

Ma Note :  8/10

Le Chant des Epines Tome 2, Le Royaume Eveillé – Adrien Tomas

Résumé : Voici la geste des jeunes héritiers des clans du Nord et de leurs
compagnons. Voici la geste des princes otages, de celles et ceux qui ont pour projet de rassembler les marches du Gel pour en faire leur royaume rêvé, puissant, sûr et juste, gouverné avec sagesse.
Presque un an après la bataille finale entre les citadelles de Sveld et d’Asreld, l’orpheline Ithaen est montée sur le trône du royaume unifié de Sveldia. Avec l’aide de ses amis et de l’étrange la Locuste, elle coordonne le destin de ses alliés, anciens ou nouveaux, avec la maîtrise d’un chef d’orchestre.
Mais il n’est pas certain que cela soit suffisant. Le Royaume Éveillé sera-t-il assez fort pour survivre à sa première grande guerre, alors que les Légions infinies de l’Empire séide se mettent en ordre de bataille ?

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Il y a quelques mois, je me suis lancé dans le premier tome de cette trilogie, préquelle de La Geste du Sixième Royaume. Il faut dire que j’avais passé de bons moments de lecture avec les deux premiers romans se déroulant dans cet univers, offrant des récits denses, entrainants et efficaces (Chronique de La Geste du Sixième Royaume ici et de La Maison des Mages ). Le premier tome de cette nouvelle trilogie m’avais lui aussi offert un agréable moment de lecture, même si je l’avais trouvé moins prenant que les deux autres romans cités précédemment (ma chronique ici). J’avais donc hâte de savoir ce qu’allait bien proposer l’auteur pour ce second tome. Concernant la couverture, illustrée par Alain Brion, je la trouve réussie et qui donne envie de plonger dans le livre.

On plonge ici un an après la fin des évènements du premier tome, qui avait vu la Reine Ithaen unifier le royaume grâce à l’adhésion de l’ensemble des Epines à son projet. Sauf que tout reste à faire, la menace de l’Empire Séide pèse toujours sur le royaume, la bataille entre Sveld et Asreld a sapé une partie des forces de Sveldia et le projet d’Ithaen n’est toujours pas accepté par tout le monde. Les épines vont devoir donner le meilleur d’eux-mêmes pour sauver ce royaume naissant. Une fois la dernières page tournée, je dois bien admettre que je me retrouve dans le même cas de figure que lors de ma lecture de Notre-Dame des Loups. Le roman a des retours qui sont jusque maintenant plus que positif et pourtant de mon côté je suis passé en grande partie à côté de ce roman. L’auteur depuis quelques temps propose des histoires qui sont assez courtes et cherchent à mettre en avant un rythme effréné, de nombreux rebondissements ainsi qu’une tension qui doit pousser le lecteur à tourner les pages. Ce n’est nullement un défaut, juste un constat que je fais et qui a joué sur mon ressenti n’étant plus obligatoirement le public de ce genre de récit, appréciant plus les récits plus denses et complexes.

Pourtant, je ne suis jamais non plus complètement contre un roman page-turner, surtout qu’ici l’énergie que met l’auteur dans son récit se dégage clairement et donne envie d’y plonger. Je ne peux pas nier que je me suis retrouvé à tourner les pages avec un minimum de facilité, bien porté par un chapitrage court et percutant, offrant pleine de surprises et s’avérant sans temps morts. Mais voilà le nombre de personnages assez important que l’on croise, le fait que ce second tome soit clairement un tome de transition et le fait que j’ai eu l’impression que l’auteur ne rentrait jamais franchement en profondeur concernant les différentes idées qu’il proposait m’ont empêché d’entrer complètement dans ce roman. Tout m’a paru ainsi traité trop vite et trop en surface, alors que le récit ne manque pas obligatoirement d’intérêt ni d’idée. Même l’univers, que j’adore pourtant, m’a paru rester abstrait dans ce second tome. Je prends l’exemple de l’association des Elfes avec l’Empire Séide, qui est pourtant au centre de ce récit et qui selon moi manque quand même de complexité, surtout quand on sait la haine qui déchire ses deux peuples. Alors certes, l’auteur évite de rendre cette association beaucoup trop facile non plus, montrant une certaine tension, mais voilà l’évolution au fil des pages m’a paru trop superficielle et trop facilement accepté par les deux clans pour tout simplement répondre au besoin de l’intrigue.

Un autre point, par exemple, qui m’a légèrement frustré c’est tout ce qui tourne autour de Vermine et l’évolution de ses pouvoirs. Alors oui l’auteur évite de tomber dans le côté « apprentissage scolaire » que l’on retrouve dans de nombreux autres romans, sauf que voilà il le fait avec une ellipse que j’ai trouvé frustrante. C’est bien simple on n’apprendra rien de son apprentissage, offrant un chapitre où elle découvre son professeur et plus loin un second chapitre où elle quitte son professeur après avoir appris à un peu mieux maîtrisé ses pouvoirs. C’est frustrant, car le pouvoir de Vermine et sa relation avec ténèbres sont quand même au coeur de cette trilogie et même si on en apprend plus sur certains points qui ne manquent pas d’attraits, comme son origine, là j’ai trouvé qu’on passait à côté d’un passage qui aurait pu apporter aussi un plus principalement au niveau de la compréhension de la magie. C’est un peu le même soucis concernant les réflexions que cherche à amener l’auteur, comme par exemple les choix de vie de Merisia, ou bien encore la relation entre Vermine et Ithaen. Il y a un vrai potentiel pour nous faire réfléchir sur notre vision du monde, qui fait aussi écho à notre société, pourtant j’ai de ce point de vue là trouvé l’ensemble convenu, amené de façon un peu trop simpliste et parfois même vite expédié, offrant même dans certains passages des phrases toutes prêtes et passe partout. C’est dommage, car de mon côté j’ai trouvé que le message avait alors du mal à passer.

Les personnages m’ont eux aussi moins captivé dans ce tome que dans le tome précédent. Il faut dire aussi que le récit continue dans ce tome à offrir de nouveaux points de vues, ce qui n’aide pas à prendre le temps faire avancer ceux que l’on connait déjà, les faire évoluer. Un ou deux des nouveaux personnages m’ont même paru ne rien apporter dans ce tome et, même si je ne doute pas qu’ils auront de l’importance par la suite, je me demande s’ils méritaient d’être amené si tôt dans le récit, surtout au profit des héros principaux. C’est dommage car, autant ils avaient fait la force du premier tome, autant ici j’ai trouvé que les changements qu’ils subissent, leurs progressions dans la vie, m’ont paru hachés, précipités par un récit qui cherche peut-être à aller trop vite et se disperse dans de trop nombreuses perspectives. De plus, certains tombent un peu trop dans le personnage binaire, qu’évitait en grande partie le tome précédent. Après, je ne peux pas nier qu’il y a quelque chose qui se dégage de ce récit, principalement dans son dernier quart qui a enfin réussi à me happer un minimum. Je me suis laissé porter par ce que construit l’auteur pour aboutir à cette conclusion prenante, percutante et un minimum intéressante. L’auteur montre aussi que, même si le roman nous présente des adolescents, ils sont dans un univers qui ne fait pas de cadeaux, un monde en pleine guerre avec sa violence et ses morts.

Sauf que voilà cette scène finale m’a paru un peu trop courte, il y avait, je pense la possibilité d’offrir encore plus de tension, ou peut-être j’en espérais plus. De plus, le retournement de situation final, dont je ne dirai rien pour éviter de vous spoiler, m’a paru manqué d’impact et manqué de profondeur dans la façon dont il est amené. Mais voilà, on peut dire que ces dernières pages, même si elles ont quand même des défauts, ont réussi à me faire oublier une petite partie des défauts et je me demande si l’idée de construire cette histoire comme une trilogie était une bonne idée. Tout du moins de mon point de vue, car j’ai vu de nombreux retours plus que positifs concernant ce second tome. La plume de l’auteur est simple, vive et entraînante ce qui joue beaucoup sur le rythme du récit. Au final je dirai que j’avais tout simplement des attentes différentes de ce que propose ici l’auteur, espérant y retrouver la densité de La Geste, là où l’auteur m’a donné l’impression de proposer plus un divertissement sans temps morts. Je pense tout de même que je lirai la conclusion de cette trilogie, car je n’ai pas envie d’abandonner l’univers en plein milieu et j’ai envie d’en savoir plus sur une ou deux questions.

En Résumé : Je ressors de ma lecture de ce second tome pas complètement convaincu, la faute à un tome de transition et à l’impression que tout va trop vite et part dans tous les sens. L’intrigue ne manque pas de s’avérer intéressante dans les grandes lignes, mais j’ai l’impression que chaque mouvement politique, chaque alliance ou mensonge sont traités de façon un peu facile, rapide et donne plus l’impression de se plier au besoin du fil rouge que l’inverse. L’univers donne l’impression, dans ce second tome, de souffrir du même soucis, une impression que le récit reste en surface là où parfois, comme la magie de Vermine, il y aurait eu moyen d’aller plus en profondeur. Concernant les personnages, qui étaient le point fort selon moi du premier, je suis un peu déçu, ce second tome proposant de nombreux points de vue qu’on en perd nos héros qui ont du mal à s’imposer et surtout à donner l’impression qu’ils évoluent autrement que de façon haché dû aux différentes ellipses temporelles. Alors après tout n’est pas mauvais, l’ensemble est énergique et l’accélération dans le dernier quart du roman fait que je me suis retrouvé un peu plus captivé par cette conclusion qui s’avère un minimum efficace. C’est vrai, certains retournements de situations dans cette fin m’ont paru manqué de force, mais voilà dans l’ensemble elle m’a fait oublier un peu mon ressenti jusque là. Tout est une questions d’attente, je pense que je n’avais pas les mêmes que celles que proposait ce livre, cherchant plus une certaine densité, là où le récit propose plus un page-turner sans temps morts. La plume de l’auteur est simple, efficace et entraînante et même si ce tome n’a pas répondu à mes attentes je lirai, je pense, le dernier tome, car je n’ai pas envie d’abandonner La Geste en pleine milieu.

 

Ma Note : 5/10

 

Autres avis : Boudicca, Le Comptoir de l’Ecureuil, Xapur, Au Pays des Cave Trolls, …

Pornarina – Raphaël Eymery

Résumé : Depuis des décennies, Pornarina ensanglante secrètement l’Europe. Les rares à connaître son existence – les pornarinologues – l’ont surnommée la-prostituée-à-tête-de-cheval. Elle serait coupable de dizaines d’homicides.
À plus de quatre-vingt-dix ans, le Dr Blažek est un tératologue renommé. Il vit dans un château fort avec sa fille adoptive : Antonie, vingt-quatre ans. La jeune contorsionniste assiste le docteur dans sa traque obsessionnelle de Pornarina, mais s’éloigne bientôt de son père adoptif, rebutée par l’esprit communément pervers des pornarinologues.
Trouvera-t-elle son salut dans la mystérieuse figure de la-prostituée-à-tête-de-cheval?

Edition : Denoël Lunes d’Encre

 

Mon Avis : Je me suis laissé tenter par ce roman, en premier lieu par sa couverture, illustrée par Aurélien Police, que je trouve franchement superbe offrant une impression étrange et dérangeante qui donne clairement envie de découvrir le récit. Ensuite je dois bien admettre que je me laisse assez facilement convaincre par les livres de la collection de Lunes d’Encre de chez Denoël qui, même si parfois je suis passé à côté de certains, propose une belle sélection de livre qui s’avère plus qu’intéressante. Enfin le côté fantastique sombre a toujours le don de m’attirer et de me donner envie de plonger dedans, c’était donc sans surprises que ce roman ait terminé rapidement dans ma PAL.

On découvre ainsi dès les premières pages le Dr Blažek, sommité dans l’étude des anomalies et des monstres. Il est lui-même le seul enfant de sœurs siamoise et a été bercé depuis son enfance dans ce milieu. Depuis quelques années, il s’est lancé dans la plus grande quête de sa vie : retrouver Pornarina, la prostituée à tête de cheval qui tue ses proies en les émasculant. Pour l’aider il peut compter sur Antonie, une jeune contorsionniste qu’il a adopté et élevé comme sa fille, mais aussi pour en faire son bras droit, son arme dans sa quête. Alors de mon côté, je dois bien admettre que je n’ai pas franchement accroché à ce roman. Il y a bien quelque-chose d’intéressant, d’unique qui s’en dégage, un travail sur le freak et l’étrange, avec en fond des idées qui ne manquent pas d’être un minimum intéressante, mais voilà au final je n’ai jamais complètement réussi à entrer dans ce roman. Je pense qu’on est clairement dans le roman qui va diviser le lecteur, soit on accroche et on se laisse porter par ce qui est construit, soit comme moi on n’arrive jamais à entrer dedans et on tourne les pages en espérant un sursaut qui fera qu’on va être happé, mais qui ne viendra jamais. C’est assez étrange, car pourtant je pensais être le public de ce genre de roman au vue des références proposés, j’espérais accrocher, mais je pense que je n’avais pas les mêmes attentes que ce qui est proposé dans Pornarina.

A travers ce livre l’auteur nous montre pourtant sa passion pour le côté sombre et étrange que ce soit dans les références qu’on retrouve à droite à gauche comme à Hannibal Lecter, Dracula, Frankenstein ou encore une Famille Adams mais le côté comédie en moins, et d’autres encore. Il montre clairement qu’il aime l’imaginaire et cherche ici au fil des pages à lui rendre hommage, mais principalement à l’imaginaire Freaks et gothique. Il y a aussi ce côté un peu étrange, mystique liée à cette quête de Pornarina, ce côté sombre et sanglant qui est clairement mis en avant, mais aussi cette impression d’un monde en train de changer. Au fil des pages on se rend compte d’une sorte de fin, de justement la disparition de ce côté fantastique dévoré par un monde plus scientifique, plus terre à terre. On le voit au niveau de la société de Pornarinologue qui voit son milieu changer, avec l’arrivée de chercheurs plus jeune, mais aussi plus concrets, moins rêveurs. On est aussi clairement dans le roman initiatique, à travers le portrait d’Antonie dont l’enquête va complètement bouleverser sa vie. Elle va ainsi devoir évoluer faire des choix qui vont peu à peu la faire grandir. Elle va ainsi devoir quitter le cocon qu’était sa vie avec le Dr Blažek, devenir son arme, et par la même occasion se rendre compte de l’horreur du monde. Elle qui a pourtant toujours vécu autour d’étrangetés va se rendre compte que cela ne l’avait pas préparé à ce qui peut se cacher en chaque personne.

Il y a aussi plusieurs réflexions intéressantes qui sont soulevées dans ce roman. Que ce soit sur la notion de sexisme, sur la position de la femme qu’on découvre à travers Antonie seule héroïne du roman, de la notion de quête et d’obsession sur la notion de folie, de famille, d’amour, ou bien encore sur la notion de sexualité. L’auteur brasse ainsi de nombreuses questions, certaines de façon assez pertinentes et d’autres qui viennent se noyer dans une impression confuse de trop vouloir en faire. Alors après tous ces arguments, vous devez vous demander ce que j’ai trouvé comme défaut à ce roman. Le premier vient clairement de l’ambiance, oui l’auteur est un féru du gothique, de l’étrange, du bizarre et du morbide sauf que, mis à part quelques passages, je n’ai jamais clairement ressenti cette ambiance. J’ai un peu l’impression d’avoir le même soucis avec les films d’horreur qui considèrent que pour faire peur doivent aller de plus en plus dans le visuel voir même offrir des litres de sang, alors que non parfois des non-dits ou un travail sur le ressenti et les sentiments s’avèrent, pour ma part, plus prenant et plus stressant. C’est pareil ici, l’auteur offre des scènes très visuelles, mais qui, pour ma part, n’ont paru être que de simples images dans laquelle il manque un souffle de vie et c’est dommage car cela m’aurai permis d’entrer un peu plus dans ce récit. Ensuite autre point, je n’ai jamais réussi à m’attacher aux personnages que ce soit aussi bien par le côté émotionnel que par leurs quêtes et leurs questionnements. Pourtant il y avait le potentiel pour et Antonie ne laisse pas indifférent, mais voilà il manquait un je ne sais quoi qui me les aurait rendus plus marquant.

Un autre point vient clairement de l’intrigue qui n’a jamais réussi à m’entraîner, à me captiver. Il faut dire que d’intrigue il n’y a en n’a pas franchement, certes dans le premier tiers on a l’impression de plonger dans un Thriller avec la quête de Pornarina, mais très vite on se rend que non elle n’est que secondaire, voir même quasi inutile. Pornarina n’est finalement juste là que pour amener les personnages que l’on croise tout du long à dévoiler le pire d’eux-mêmes. Ils donnent ainsi l’impression, à travers cette quête, à se dévoiler complètement et à obliger Antonie à devoir trouver sa voie. Après, comme je l’ai dit, on se retrouve alors plus dans un roman initiatique, sauf que même-là j’ai eu du mal à complètement entrer dedans, l’auteur en faisant trop à mon goût avec des scènes qui apportent peu, ce qui fait que le récit s’essouffle au fil des pages, n’arrivant jamais franchement à trouver cette tension qui aurait pu m’accrocher. On avance ainsi jusqu’à aboutir à une conclusion qui s’avère logique et colle bien au récit, mais m’a juste fait dire « Bon, bah voilà fini ».

Enfin la plume de l’auteur m’a laissé sur un sentiment mitigé, oui je reconnais que Raphaël Eymery aime jouer avec les mots, travaillant son texte. Il le démontre d’ailleurs clairement dans certaines fulgurances, certains passages qui ne laissent pas indifférent, mais qui aussi par moment tombent dans le catalogage qui m’ont complètement déconnecté du récit. Tout cela fait que finalement je ne ressors pas complètement convaincu par ce Pornarina.  Peut-être que sur un format novella, plus court et plus incisif, j’aurai pu accrocher. Après, je le dis et je le répète, on est clairement dans un roman à double tranchant, vous pourriez très bien vous retrouver complètement happé par ce roman comme j’ai cru le voir par d’autres lecteurs, ça se joue parfois à quelques détails je reconnais clairement le travail de l’auteur sur son œuvre et son originalité.

En Résumé : J’avoue, je ressors de ma lecture de ce Pornarina avec le sentiment de n’avoir jamais réussi complètement à entrer dedans et à apprécier ma lecture. Pourtant, le roman ne manque pas d’attrait, j’en reconnais ainsi l’originalité proposé par l’auteur, ainsi que sa passion pour le côté étrange, dérangeant, bizarre sanglant et l’hommage qu’il rend à ce genre de récits fantastique. On est dans un récit qui nous montre que le monde change, que l’étrange et le mystique font de plus en plus place au terre à terre. On est clairement dans un roman initiatique où l’héroïne, Antonie, va se rendre compte que le monde est loin d’être idyllique et que, poussé par lui, elle va devoir faire des choix et évoluer, oublier la jeune fille enfermée dans son cocon pour s’imposer. Le roman ne manque pas non plus d’idées, que ce soit sur la position de la femme, le sexisme, l’obsession, la sexualité, qui ne laissent pas indifférent, même si parfois elles sont menées de façon trop confuse je trouve. Sauf que voilà, pour moi, j’ai trouvé que ce récit manquait d’ambiance. Certes visuellement il est étrange et dérangeant, mais il manque à ces images un peu de vie pour qu’elles deviennent plus que de simples images qui marqueront peut-être certains, mais qui de mon côté m’ont laissé de marbre. Ensuite je n’ai jamais réussi à m’accrocher aux personnages, à me laisser porter par eux. Ils leurs manquaient un petit je ne sais quoi. Autre point, l’intrigue démarre bien, mais peu à peu s’essouffle dans des scènes qui paraissent trop longues et ne pas toujours apporter au récit. Enfin, même si je reconnais le travail de plume de Raphaël Eymery, et sa façon de jouer avec les mots, il tombe parfois dans le catalogage qui me déconnectait complètement. C’est dommage, mais maintenant on est dans un livre à double tranchant vous pourriez très bien vous retrouver complètement happé par ce roman, comme j’ai vu chez d’autres lecteurs, pour ma part je suis passé à côté.

 

Ma Note : 4,5/10

 

Autres avis : Nicolas Winter, Marie-Juliet, Samuel Ziterman, …