Les Furtifs – Alain Damasio

Résumé : Ils sont là parmi nous, jamais où tu regardes, à circuler dans les angles morts de la vision humaine. On les appelle les furtifs. Des fantômes ? Plutôt l’exact inverse : des êtres de chair et de sons, à la vitalité hors norme, qui métabolisent dans leur trajet aussi bien pierre, déchet, animal ou plante pour alimenter leurs métamorphoses incessantes.

Lorca Varèse, sociologue pour communes autogérées, et sa femme Sahar, proferrante dans la rue pour les enfants que l’éducation nationale, en faillite, a abandonnés, ont vu leur couple brisé par la disparition de leur fille unique de quatre ans, Tishka – volatilisée un matin, inexplicablement. Sahar ne parvient pas à faire son deuil alors que Lorca, convaincu que sa fille est partie avec les furtifs, intègre une unité clandestine de l’armée chargée de chasser ces animaux extraordinaires. Là, il va découvrir que ceux-ci naissent d’une mélodie fondamentale, le frisson, et ne peuvent être vus sans être aussitôt pétrifiés. Peu à peu il apprendra à apprivoiser leur puissance de vie et, ainsi, à la faire sienne.

Edition : La Volte

Mon Avis : Bon allez, cette fois je rattrape mon retard de chronique avec mon avis sur un gros, voir un très gros morceau. Il s’agit du roman Les Furtifs d’Alain Damasio qui, dire qu’il était attendu, est un doux euphémisme. En effet il a fallu attendre 15 ans entre la publication de son excellent et dernier roman, La Horde du Contrevent, et celui-ci. Certes, on a cru il y a quelques années voir sortir un autre roman de l’auteur, le tout dans une idée de développement transmédia, avec d’autres artistes, mais à la vue des informations, non-officielles je tiens à préciser, que j’ai vu passer à droite et à gauche, je crois que ce projet est enterré. C’est d’ailleurs dommage, car je me retrouve avec un premier chapitre dans une anthologie des Utopiales qui ne me sert complètement à rien. Mais revenons aux Furtifs, vu l’attente que j’avais concernant ce roman, en entendant parler régulièrement depuis des années et étant un très grand fan de la Horde, il est donc logique que je me sois rapidement précipité pour le découvrir. Concernant la couverture, on est clairement dans le même esprit des autres écrits de l’auteur publié chez l’éditeur, qui reste un bel objet, même si l’illustration a un peu de mal à me convaincre.

Ce roman nous plonge dans un futur proche, en 2041 pour être exact, où la France a vendu ses villes à des grandes marques qui sont devenues toutes puissantes. Lorca, qui a longtemps été anarchiste, intègre l’armée dans une unité secrète pour aller chasser « les furtifs », ces êtres invisibles qui vivraient autour de nous et qu’il serait impossible de voir ou de toucher sans les vitrifier instantanément et les transformer en statue. Lui qui a longtemps été à la marge de la société, a pourtant décidé de rejoindre cette unité suite à la disparition de sa fille qu’il croit liée à ces Furtifs. Sauf que la vérité n’est peut-être pas celle qu’il attendait. Je dois bien admettre que je faisais parti du public qui attendait beaucoup de ce nouveau roman de l’auteur, ayant été fasciné par La Horde et ayant trouvé des idées intéressantes dans La Zone du Dehors, même si ce dernier ne manquait pas non plus de défauts. J’avais donc de fortes attentes. Pourtant, au final, je ne sais pas trop si j’avais des attentes trop hautes, si 15 ans à patienter ont joué sur ce que j’espérais de ce livre, mais une fois la dernière page tournée ce fût surtout la déception qui primait face à ce récit. Il était loin d’avoir la maestria de son précédent et, même si des points sont intéressants, j’ai plus souvent été complètement déconnecté du récit que vraiment captivé. Je vais donc tenter d’expliquer ici ce qui m’a bloqué dans cette lecture, tout en sachant que bien entendu il ne s’agit que de mon avis.

Déjà au niveau des points forts du roman, on y retrouve toujours la capacité de l’auteur à développer et nous offrir une philosophie intéressante, des messages qui ne manquent pas d’apporter un minimum de réflexion durant la lecture. Ainsi à travers le voyage initiatique de Lorca on va plonger dans les différentes façons de vivre et communautés alternatives, on y trouve un message cher à l’auteur, celle de la voie différente par rapport à notre société actuelle qui en oublie clairement l’humain. D’une certaine façon Lorca est là pour nous montrer une autre façon de penser et voir le monde, loin du consumérisme, de l’autorité actuelle qui ne manque pas de faire parler d’elle comme on le voit dans les journaux, de ces multinationales qui nous parlent d’humanité, mais qui finalement ne nous considèrent que comme des consommateurs. Il y a ainsi un parallèle qui ne manque pas d’un minimum d’intérêt entre ses fameuses villes aux mains des marques et les autres villes, ou plutôt les ZAD, qui sont libérées et tente de bâtir un autre système. D’une certaine façon, en écho, l’auteur veut nous montrer une absence de communication entre les Hommes, des technologies, des vies qui nous éloignent les uns les autres alors que nous devrions nous rapprocher. Il y a aussi une envie de montrer les problématiques de classes, que ce soit dans un premier temps à vouloir mettre les gens dans des cases, mais aussi à montrer les inégalités qui existent obligatoirement.

L’autre point que vient développer Alain Damasio, c’est aussi la notion de paternité, l’enfance, la différence entre le monde de l’enfant et celui de l’adulte. Il considère ainsi que l’enfant est moins impacté par ce monde, beaucoup plus libéré, créatif, c’est lui qui arrive clairement à trouver la beauté et la magie dans ce monde et à s’y raccrocher jusqu’à ce qu’il grandisse et bascule dans le monde adulte. D’une certaine façon l’auteur cherche à poser la question sur la créativité, la nouveauté, que notre monde se renouvellerait de moins en moins, que notre évolution technologique finalement nous bloque, nous fige, au contraire des Furtifs qui sont plus dans une idée primaire, première, de perpétuel mouvement et d’évolution. Bien entendu tout cela est aussi impacté par la technologie actuelle. Il y a enfin, comme toujours avec l’auteur, un travail sur les sens que ce soit à travers la vision ou le son. Ce n’est d’ailleurs pas anodin qu’une bande son soit fournie avec le roman. D’une certaine façon il cherche à aller plus loin que les mots, à nous montrer aussi les barrières que les sens nous imposent, qu’il faut parfois oublier la vue pour trouver la beauté dans le son et inversement. Rien n’est ainsi vraiment figé, il est toujours possible de créer, de découvrir, de développer.

Franchement niveau idées philosophiques il y a de quoi faire, comme souvent avec Damasio, qui le dit d’ailleurs lui-même régulièrement : il est un philosophe qui ne se considère pas à 100% apte pour écrire de la philosophie et utilise d’autres médias comme la SF. Franchement, rien que ces points auraient pu permettre d’élever le roman, sauf que voilà, j’y reviendrais, même si les idées sont là, elles ne sont jamais mises en pratique et ce qui en ressort ce sont des jolies paroles sans soutien. Une impression un peu vide que l’auteur est venu se perdre dans ses idées, en oubliant qu’il faut les appliquer au monde qu’on construit. D’ailleurs parlons-en de ce monde, car il s’agit du premier point qui m’a bloqué dans ce roman.

On est donc dans un futur proche qui a vu les villes tellement endettées qu’elles ont été rachetées par des marques. Pourquoi pas, l’auteur ne sera pas le premier à traiter de cette idée, le souci vient que ce n’est jamais un tant soit peu expliqué. Quel est l’intérêt des marques de racheter des villes ? Fournir des bagues de communications ? Faire payer des abonnements en fonction de sa richesse ? Une grande marque à un crédo simple, maximum de bénéfice pour un minimum d’investissement, hors entre la sécurité, les réseaux, la propreté etc… une ville ne fera jamais vraiment de grands bénéfices. Si encore la marque devenait souveraine sur la ville ça pourrait se comprendre, mais à un moment on apprend que finalement l’état est toujours présent et possède toujours le pouvoir, donc en quoi c’est intéressant pour une marque comme Orange de racheter la ville d’Orange, ou LVMH Paris etc … ? Puis, imaginer une marque comme Auchan racheter Lille, il faut quand même de l’imagination car je vois encore moins l’intérêt pour une chaîne de super et hypermarchés de racheter une ville. Dommage, car avec juste un peu plus d’explications j’aurais pu accrocher. En fait, j’ai eu le sentiment que l’auteur voulait faire un peu de pop-culture, tout en construisant un univers qui sert et met en avant uniquement et tout simplement son message.

Il y a aussi l’aspect technologique qui est quand même au cœur même du roman, sauf qu’encore une fois cet aspect est tellement orienté pour soutenir la philosophie du récit qu’il n’arrive jamais à accrocher. Toutes les technologies, peut-être à l’exception de l’internet secondaire, mises en avant par des hackers bien entendu marginaux, est le mal absolu. Il n’y a aucune nuance, à croire que tout ce qui est un peu électronique est l’équivalent de l’anneau maléfique dans le roman de Tolkien. D’ailleurs j’éviterai de parler de la vision de l’auteur concernant les hackers, qui est tellement romancée qu’elle en devient risible. C’est vrai, il évite l’écueil du geek classique, mais il tombe tellement dans l’effet inverse que ça manque là aussi de nuance. Alors oui, le monde découvre actuellement que les grands groupes se servent de la technologie pour envahir nos vies privées, pouvoir exploiter nos données personnelles et en faire de l’argent. Pour autant considérer que la technologie est obligatoirement le mal absolu est un pas tellement facile à franchir et qui manque tellement de complexité, de réflexion, qu’il en est terriblement frustrant et pourtant l’auteur le fait allégrement. Surtout qu’en plus il ne joue jamais avec la technologie de façon réaliste, mais toujours en fonction de ses besoins et ceux de son intrigue. Je prends pour exemple le moment où il dit qu’aujourd’hui il y a des caméras partout, mais qu’il suffit de garder les cheveux longs et au vent pour fausser les reconnaissances … Franchement ? Ce n’est qu’un exemple très marginal, j’évite de trop spoiler, mais c’est souvent comme cela.

L’autre problématique, qui m’a profondément dérangé dans ce récit c’est le travail mené sur l’aspect social et politique. Oui, si on suit un peu l’auteur, on sait qu’il tend vers une politique très à gauche, pour autant avoir une idéologie politique, qu’elle tende vers l’anarchie avec un monde sans gouvernement, géré sans aucun chef ni leader, ne doit pas non plus dire une construction sans nuance, réflexion et complexité. Ainsi l’auteur tombe tellement dans le binaire, entre le gouvernement présenté dans le roman et les villes auto-gérées, ces dernières étant le bien absolu là ou le pouvoir étant le mal absolu. On se croirait dans un mauvais roman de Fantasy, binaire et bourré de clichés, sauf que là l’auteur cherche clairement à offrir une critique de notre société. Cela se ressent d’ailleurs clairement dans la seule image du gouvernement que l’on découvre, un ministre qui brigue le poste de président et qui apparait aux trois-quart du livre. Ce personnage qui apparaît d’un coup et ainsi sans aucune nuance, sans aucune construction ni profondeur, sans non plus aucune complexité ou un minimum de travail, il n’est là que pour désigner le pouvoir et montrer le mal absolu. Sans non plus dire que la politique fait rêver, tomber dans cette caricature a pour conséquence, tout du moins avec moi, de ne pas m’accrocher. Tous pourris je veux bien, encore faut-il m’expliquer pourquoi et en quoi la nouvelle « vision » du récit apporte un meilleur changement.

Surtout que bon la vision auto-gérée des zones libress présentée par l’auteur n’a aucune subtilité non plus, nous présentant des groupes vivants en harmonie, sans aucune remise en question, aucune véritable voix discordante, aucune véritable problématique, un peu comme si c’était le paradis. L’auteur balance ainsi vite-fait quelques idées de comment mieux vivre, mais sans jamais non plus les développer, sûrement pour éviter qu’elles ne s’effondrent devant la difficulté à les mettre en place. Car oui, il y a une énorme différence entre gérer une petite communauté et une communauté beaucoup plus grande, plus de complexité et de problématiques. Pourtant, idéologiquement je pense que, comme beaucoup, le monde doit changer, j’espérais ainsi que ce roman pourrait apporter des pistes crédibles, sauf qu’à part un message de révolution et de changement, il n’y a rien d’un minimum concret pour ce qui se passerait derrière. Dommage. Enfin une dernière impression, ce roman a été peaufiné depuis 15 ans et j’ai trouvé que cela se ressentait, que ce soit dans les technologies comme d’autres aspects j’ai eu l’impression qu’il avait un train de retard, ce qui est dommage pour un récit de SF quand même. Cela n’empêche pas certaines fulgurances, une ou deux scènes qui ne manqueront pas de frapper, comme par exemple celle dans le parc avec la réalité virtuelle, ou encore les drones et les attaques par moment, mais voilà il y en a trop peu pour avoir réussi à clairement me happer.

Là où j’espérais retrouver l’auteur c’est dans le travail proposé sur les personnages, pour autant je dois bien admettre que je suis en parti déçu. Certes, le duo Lorca et Sahar se dégage franchement du récit, il y a une vraie alchimie entre ces deux-là. L’enfant perdu entre eux deux apporte aussi une touche sensible, touchante, une quête de renouveau, un travail sur le deuil et la perte d’un être cher. On suit ainsi un couple complexe et captivant et on sent que l’auteur les a travaillé. Saskia arrive aussi à sortir du lot, à offrir une approche sensible et ouverte dans sa quête des furtifs, principalement à travers la notion de son, tout en montrant une héroïne avec ses forces et ses faiblesses qui ne laisse pas indifférent. Le souci c’est que les trois autres personnages m’ont laissé complètement de marbre que ce soit Nèr, Hernàn ou Toni. J’ai d’ailleurs eu beaucoup de mal avec ce dernier qui est complètement caricatural, représentant 15 années de « culture djeuns » en un seul personnage, mélangeant à la fois le wesh, le verlan, les anglicismes, etc… pour au final n’être qu’un gloubiboulga lourd et inintéressant. A vouloir imaginer le jeune du futur, l’auteur a, sur ce coup-là, raté le coche, présentant finalement un héros qui a chaque fois qu’il parlait me déconnectait du roman. Concernant les autres personnages je leur reproche d’être caricaturaux et, finalement d’être un peu trop des copies de personnages des autres romans de l’auteur.

C’est d’ailleurs un autre point que je reproche à ce roman, certes l’éditeur avait annoncé que Les Furtifs ce serait La Horde + La Zone, mais je ne m’attendais pas non plus à un tel manque d’originalité dans l’intrigue. Finalement l’intrigue des Furtifs c’est exactement cela, un mélange entre La Horde du Contrevent et La Zone du Dehors. J’ai trouvé cela quand même frustrant, à croire qu’il n’étais pas possible d’écrire une autre histoire qui diffère. Je reviens aussi sur la plume de l’auteur, il a toujours aimé jouer avec les mots, offrir des mots valises, avec le sens des phrases, jouer avec les lettres, les blancs, la typo, pour tenter d’offrir un message aussi bien visuel, sonore que réfléchi à son roman. Cela fonctionnait parfaitement bien dans la Horde, pour autant ici ça m’a paru plutôt lourd. J’ai eu justement cette impression d’un roman qui a tellement été peaufiné stylistiquement en 15 ans qu’il en avait perdu de ses aspects chaleureux, percutant, soigné et réfléchi. C’est un peu dommage. Tout n’est pas mauvais non plus, en plus des idées qui font un minimum réfléchir, certains passages sortent clairement du lot. Maintenant concernant la conclusion, outre le fait que l’auteur avait vendu du soit-disant biopunk qui n’est finalement qu’une simple mutation, elle reste intéressante dans sa notion d’ouverture, de changement, mais voilà c’est trop peu pour moi et d’autres auteurs ont proposé mieux.

C’est d’ailleurs aussi un point que je voulais souligner, j’ai eu une impression de déjà-vu dans énormément d’idées développées ici par l’auteur et qu’elles étaient souvent traitées avec plus de complexité, de profondeur et d’intérêt par d’autres. Là je ferai un parrallèle, qui n’a rien à voir avec le roman ni mon ressenti, mais concernant plusieurs interviews que j’ai vu passer de l’auteur. C’est toujours un minimum stimulant de le voir parler de la société, de le voir développer ses idées, pour autant quand je l’entends parler de SF dernièrement ça me hérisse. Je sais que pour lui un roman se doit de faire réfléchir, de bousculer les idées de la personne qui lit. Il ne voit pas obligatoirement l’intérêt d’un récit simplement fun. Je sais aussi, car il l’a dit, qu’il a très peu lu de SF, préférant les écrits de philosophie. Alors quand je l’entends dire que des pans de la SF n’ont aucun intérêt (comme la Hard Science, le planet Opéra, le Space Opera etc…) car ils ne sont pas une bonne vision de l’humanité ou n’apportent pas de réflexion ca me fait tiquer. J’ai lu des Space Opera, Planet Opera, Hard Science et autres types de romans SF qui m’ont offert plus d’idées intéressantes, complexes, bien construites et stimulantes que ce qu’a pu me proposer Les Furtifs. Je ne dis pas que, par exemple dans le Space Opera, il n’existe pas énormément de romans qui n’ont pour but que de divertir, je ne nie pas que nos chances de conquérir l’espace avec des vaisseaux spatiaux sont infimes, pour autant rejeter des sous-genres entiers alors qu’on peut y trouver des pépites, je trouve cela dommage. Cela me fait penser à la presse classique qui, justement, rejette la quasi totalité de la SF à cause de cela et même si je sais que ce n’est pas le cas de l’auteur, qu’il s’est toujours considéré comme un auteur de SF et d’imaginaire, c’est le sentiment que cela me laisse. Après j’ai peut-être aussi été biaisé par les découpages fait par les journeaux de ces interviews.

Au final ce roman, Les Furtifs, me laisse un goût de trop peu une fois la dernière page tournée, certes il y a des idées qui ne laissent pas indifférent, mais cela manque de construction, de consistance, de profondeur et de complexité. Peut-être qu’avec un bagage de SF conséquent j’avais des attentes trop hautes, ou bien les 15 années à voir arriver ce livre ont fait que j’espérais plus. Je ne doute pas que le roman a déjà et va encore trouver son public, tant mieux, je n’étais juste pas le bon public de mon côté.

Ma Note : 4,5/10

Autres avis : Boudicca, Les Chroniques du Chroniqueur, Just a Word, …

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  1. Boudicca

    J’ai été un peu plus enthousiasmée que toi mais j’ai relevé également un certain nombre des bémols que tu cites (sur les personnages, la manière de véhiculer le message politique, le style…). En tout cas je suis contente de lire ton avis, je n’ai pas vu passer énormément de chroniques sur ce roman 🙂

    • C’est vrai que, hors Presse, je m’attendais à voir rpidement plus d’avis de blogueurs ou de lecteurs. Après c’est un beau « pavé » et il demande un peu de temps pour être « digéré ».

  2. Taliesin

    C’est bien, je n’avais pas franchement envie de le lire, ses bouquins à part La Horde me semblant toujours beaucoup trop « sérieux », je vois que tu confirmes mon impression… Si un jour il refait un truc du style de La Horde peut-être que je me pencherais dessus, mais là c’est pas pour moi…

    • Le soucis du « sérieux » et que si c’est bien fait moi j’adère, mais si c’est pour dire seul mon avis et mes idées sont les bonnes, j’ai du mal à en voir l’intérêt.

  3. Lelf

    Pour le coup de la caméra-surveillance c’est vraiment dommage sachant que des résistances existent actuellement, par la peinture faciale par ex ou, j’ai vu ça il y a quelques jours, des vêtements qui perturberaient les caméras.
    J’avais déjà eu du mal avec la Horde (vu venir la fin, trouvé l’écriture un peu lourde parfois…), mais celui là n’est vraiment clairement pas pour moi, ce que je savais et que tu confirmes.

    • En actu pure il y a tout ce qu’il se passe à Hong Kong qui est très intéressant (probablement plus que l’ouvrage de Damasio en fait), avec effectivement les stratégies utilisées pour tromper la surveillance vidéo (les chinois sont au top dans ce domaine), les gens qui laisse de la monnaie près des distributeurs de tickets de transports pour que les contestataires ne puissent être tracés avec une carte bancaire, etc. Je me demande en fait si dans le cas de cet ouvrage et sur ce sujet, la fiction n’est pas déjà nettement dépassée par la réalité. 🙂

      • L’idée se défend, dans l’aspect logistique de toute façon la fiction a toujours été « défaillante », ce n’est jamais le sujet aussi il faut dire.

    • C’est dommage c’est vrai, pour moi dans ses aspects l’auteur souffre du roman écrit sur 15 ans. Ce qui était valable au début de l’écriture du récit, ne l’est plus 15 ans plus tard au moment de sa publication.

  4. Vert

    Je crois que je fais bien de me pas me presser. Après j’avais moyennement accroché à la Zone du dehors donc pas sûr que celui-là me plaise plus (de toute façon, au risque de faire ma groupie, je doute qu’on puisse faire mieux que Ursula K. Le Guin sur le sujet des utopies anarchistes :D)

  5. Je n’avais pas aimé la Horde du contrevent et j’avoue que celui-ci ne me donne pas envie non plus. Pourtant, j’ai rencontré l’auteur qui malgré ses idées à l’opposé des miennes était très intéressant mais il ne m’a pas donné envie plus que cela de lire son dernier roman.

    • L’autur est souvent très intéressant à écouter, quand il ne se perd pas, maintenant oui là dans son dernier roman il n’a pas réussi à me convaincre, n’arrivant pas à donner vie à ses arguments. De plus si tu n’as pas accroché ) La Horde, oui il vaut mieux, je pense, que tu ne tente pas Les Furtifs.

  6. Je me demande si, en n’ayant pas ton bagage SF si vaste et varié, ma perception du roman sera meilleur. Ce que j’avais aimé dans La Horde (les personnages, le jeu sur le langage, l’histoire elle même), je me rends compte que ça a créé une attente pour ce roman…
    Et ce n’est pas toujours bénéfique ^^

    En tout cas, merci pour cet avis éclairé et bien étayé.

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