Remembrance of Earth’s Past Book 3, Death’s End – Cixin Liu

Résumé : Half a century after the Doomsday Battle, the uneasy balance of Dark Forest Deterrence keeps the Trisolaran invaders at bay.
Earth enjoys unprecedented hilosorosperity due to the infusion of Trisolaran knowledge and, with human science advancing and the Trisolarans adopting Earth culture, it seems that the two civilizations can co-exist peacefully as equals without the terrible threat of mutually assured annihilation. But peace has made humanity complacent.
Cheng Xin, an aerospace engineer from the 21st century, awakens from hibernation in this new age. She brings knowledge of a long-forgotten program dating from the start of the Trisolar Crisis, and her presence may upset the delicate balance between two worlds. Will humanity reach for the stars or die in its cradle?

Edition : Tor Books
Poche : Head of Zeus

 

Mon Avis : Voici donc ma dernière chronique concernant le mini challenge que je me suis lancé, celui de lire tous les romans nominé aux Hugo Awards pour pouvoir voter en connaissance de cause. Il me restera plus qu’un article récapitulatif à faire sur qui j’ai voté et pourquoi et ce sera bon. Cette dernière chronique sera donc, fort logiquement, sur le dernier tome de la trilogie de Cixin Liu dont, après deux premiers volumes plus que réussis, intelligents et efficaces (ma chronique du Tome 1, Tome 2), j’avais hâte de voir comment l’auteur allait conclure. Concernant l’illustration de couverture je la trouve très réussie. Par contre, comme ma chronique précédente, je risque de Spoiler les tomes précédents donc c’est à vos risques et périls.

Suite à la paix négociée grâce à un coup de poker par Luo Ji entre la Terre et les Trisloariens, l’humanité connait une avancée technologique spectaculaire et vit dans la sérénité. Certes, cette paix est fragile et repose simplement sur le fait que si la Terre est attaquée elle dévoilera les coordonnées des Trisolariens dans tous l’univers, mais l’avenir n’a jamais été aussi radieux. C’est à cette époque que Chen Xi va se réveiller, elle qui a été hibernée à l’époque de la grande crise et qui va se retrouver au centre de l’avenir de la planète. Bon je dois bien avouer que, même si ce troisième offre pour moi une fin solide au cycle, il est quand même clairement en-dessous des tomes précédents. On y retrouve ainsi les défauts que j’avais soulevé dans les tomes précédents et que j’ai trouvé encore accentué, mais aussi d’autres points qui m’ont laissé perplexe. Cela ne l’empêche pas pour autant de garder les qualités qui faisaient la réussite des précédents volumes et de s’avérer sympathique à lire et à découvrir.

Il faut dire aussi que l’auteur continue à nous offrir une histoire qui ne manque pas d’imagination et qui offre de nombreuses idées et de réflexions qui ne manquent pas de marquer le lecteur je trouve. Concernant l’intrigue, j’ai trouvé que ce tome dévoilait plutôt une histoire de l’humanité, une vision plus globale et large de la vie de notre planète et de l’avenir possible. On découvre ainsi cette évolution à travers les yeux de l’héroïne qui va traverser les âges sur plusieurs milliers d’années. L’intrigue paraît ainsi moins « prenante » que les livres précédents du cycle, n’offrant pas obligatoirement de mystères comme le premier tome, où de duel comme le second, mais cela ne l’empêche d’avoir tout de même quelques jeux de pouvoirs que ce soit entre humains, mais aussi avec les Trisolariens et d’autres encore, ainsi que quelques scènes tendues et efficaces. Il y a aussi un vrai travail de l’auteur à montrer une évolution de notre planète, nos mentalités et notre vision au fil des années, des péripéties, des souffrances, des guerres etc… Par contre, et cela risque peut-être d’en bloquer certains, mais j’ai trouvé le rythme de ce tome lent, parfois même un peu trop.

Comme je l’ai dit, le gros pont fort de ce tome vient encore des nombreuses idées que développe l’auteur au fil des pages. Il offre ainsi une imagination que je trouve débordante, le tout toujours porté par des concepts scientifiques intéressants et soignés, même si là on entre clairement dans le spéculatif au sens large tant on va loin dans l’avenir. Ce sont toutes les idées développées qui m’ont porté tout du long de cette trilogie et qui ont fait que je me suis encore laissé porter par ce troisième tome. C’est foisonnant, fascinant et surtout offre une vision possible de l’avenir dense, plausible et intéressante. Que ce soit aussi bien sur les notions scientifiques comme par exemple les dimensions, la vitesse de la lumière, les technologies d’armement ou de protection, mais aussi des réflexions plus philosophiques comme la notion de fin, de mort, de paix, la notion de coopération et de doute, de sacrifice ou bien encore de peur et des actes que l’on peut réaliser sous l’emprise de celle-ci, j’ai plongé avec intérêt dans ce récit. Il y a aussi un vrai travail tout du long sur la notion de coopération pour briser la crainte et la peur de ce qui est considéré comme différent et par conséquent risqué. Mais il y a aussi une certaine beauté, je trouve dans ce cycle, une notion d’espoir même si tout est sombre, une envie de lever les yeux au ciel et d’admirer la beauté que peut aussi nous réserver les étoiles et au-delà.

Je me suis aussi laissé émerveiller par l’image de fond qui est développé au long du récit, les différents paysages croisés, les différentes villes ou encore la vie dans l’espace qu’on voit se développer par la suite. Le tout est porté par des descriptions vivantes et visuelles qui donneraient presque envie de vivre là-bas, à une telle époque, dans ce futur, de le découvrir. L’aspect conte, dont je ne dirai rien pour ne pas trop en dévoiler, apporte aussi un vrai plus au récit. Et pourtant ce qui est une grande qualité du roman devient aussi par moment un défaut je trouve. Oui, les lieux visités sont magnifiques et visuellement attirants, sauf que l’auteur en fait parfois trop dans les descriptions. Il passe parfois des pages entières à nous présenter les évolutions architecturales et technologiques ce qui a, selon moi, pour effet de créer des longueurs dans le récit. Franchement ce roman avec 50 ou 100 pages de moins, je pense, qu’il aurait été encore plus prenant. Ensuite, certes, comme je l’ai dit, l’auteur fourmille d’idées sauf que là aussi il en fait de trop à mon goût. Certes développer son récit plus plusieurs milliers d’années ne peut qu’obliger beaucoup d’opinions et de théories, mais voilà il y en a trop. J’ai même eu l’impression qu’il y en avait plus dans ce troisième tome que dans les deux premiers, ce qui rend l’ensemble trop dense et surtout complexe à maîtriser par l’auteur. On a l’impression de se perdre un peu, ne comprenant pas exactement où tel concept cherche à nous emmener pour parfois se rendre compte qu’il est juste là simplement, car il est possible et plausible. Ce n’est pas en soit bloquant, mais voilà parfois ça se révèle frustrant et j’ai eu parfois envie de dire à mon exemplaire de synthétiser (je vous rassure il ne m’a pas répondu).

Concernant les personnages, de nouveau, ce n’est pas le point fort du récit, ni même du cycle d’ailleurs. Il faut aussi dire que l’auteur considère ces personnages comme des « outils » qui vont lui permettre de faire avancer son récit et développer ses concepts ainsi que ses réflexions. Alors c’est vrai, certains héros sortaient du lot dans les deux premiers tomes Yan Miao, Luo Ji, Ye Wenjie, je me suis même attaché à certains dans le second tome, mais là je dois bien avouer que dans ce troisième tome ils ont eu beaucoup de mal à être plus que de simples outils. Pire j’ai même eu envie régulièrement de secouer Cheng Xin tant elle arrivait à me frustrer. Après tout n’est pas non plus de sa faute à elle, mais plus de l’Humanité et des gens autour d’elle qui lui remettent régulièrement entre les mains le sort de l’univers entier, alors qu’on sait très bien qu’elle va prendre le plus « mauvais » choix. Je mets mauvais entre  »  » car tout est question de logique et de moral, je n’en dis pas plus pour ne pas vous en révéler et vous laisse découvrir, mais voilà quand on lui présente X fois un problème et qu’elle prend X fois la même solution, il ne faut pas s’étonner. Les personnages secondaires qui gravitent autour d’elle sont eux aussi facilement oubliables je trouve, mis à part peut-être Luo Ji qui refait quelques apparitions et que je trouve toujours aussi intéressant. Par contre, j’avoue que certaines évolutions psychologiques m’ont laissé perplexe comme cette idée que le seul but de l’héroïne est de trouver l’amour ou bien encore sur la notion de genre qui donne l’impression d’être figé. C’est très léger, mais je trouve ça dommage pour un roman qui va si loin dans l’avenir de rester figé sur certaines mentalités.

Attention, ma critique peut paraitre en demi-teinte, mais j’ai quand même passé un moment de lecture agréable et sympathique avec ce troisième tome. Il possède une bonne partie des ingrédients de ce que je cherche un peu dans un roman SF, c’est à dire un récit qui nous fait réfléchir, offre une vision plausible d’une avenir et qu’il me happe un minimum. Certes, certains défauts se font clairement ressentir et ce troisième tome est clairement un ton en-dessous du précédent, ce qui est quand même un peu dommage pour une conclusion, mais je ne suis pas déçu pour autant de l’avoir lu, offrant tout de même une fin solide à cette trilogie. La plume de l’auteur est toujours simple et efficace, même si certains dialogues s’avèrent un peu plats. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur. Je crois d’ailleurs que j’ai un recueil de nouvelles où il est présent dans ma bibliothèque.

En Résumé : J’ai trouvé ce troisième et dernier tome de ce cycle un niveau en dessous des précédents, mais cela ne l’empêche pas d’être sympathique à lire et d’offrir une fin que j’ai trouvé solide. La grande force de ce récit, mais aussi de ce cycle, vient de la vision de l’avenir que construit l’auteur, qui s’avère plausible et entraînante, mais aussi des idées qu’il soulève et véhicule tout du long. On sent ainsi une imagination débordante que ce soit aussi concernant les lieux visités, les technologies et idées qui reposent toujours sur des concepts scientifiques présentés de façon compréhensibles et aussi des réflexions morales soignées et intéressantes. Le soucis vient que ce troisième tome m’a paru trop dense, que ce soit dans les descriptions ce qui provoque des longueurs, mais aussi dans les idées. L’auteur donne l’impression de se lâcher complètement dans les notions qu’il développe ce qui provoque une certaine confusion. Alors rien de trop gênant, mais qui s’avère un peu frustrant et donne l’impression que le livre aurait pu être plus prenant avec 50 voir 100 pages de moins. Concernant les personnages, rien de nouveau ils restent des outils pour l’intrigue, mais autant dans les autres tomes j’arrive à accrocher à certains, autant là, même s’ils restent entraînants, il ne m’ont pas touché du tout. Par moment j’ai même eu envie de secouer l’héroïne, pas tant par son caractère qui est ce qu’il est, mais par la capacité des autres à se reposer sur elle alors qu’elle prendra toujours ce que je considère comme la mauvaise décision dans une telle période. Après ce roman a quand même remplit son rôle de me dépayser, de m’offrir un avenir plausible, logique et intéressant qui fourmille d’idées, certes il est un peu moins prenant et efficace que les précédents, mais je l’ai quand même lu avec un minimum de plaisir, le tout porté par une plume simple. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 7/10

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