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The Broken Earth Book 2, The Obelisk Gate – N.K. Jemisin

Résumé : THIS IS THE WAY THE WORLD ENDS… FOR THE LAST TIME.
The season of endings grows darker as civilization fades into the long cold night. Alabaster Tenring – madman, world-crusher, savior – has returned with a mission: to train his successor, Essun, and thus seal the fate of the Stillness forever.
It continues with a lost daughter, found by the enemy.
It continues with the obelisks, and an ancient mystery converging on answers at last.
The Stillness is the wall which stands against the flow of tradition, the spark of hope long buried under the thickening ashfall. And it will not be broken.

Edition : Orbit

 

Mon Avis : Après The Fifth Season, premier tome du cycle, qui m’avait offert un excellent moment de lecture (ma chronique ici), je me suis rapidement lancé dans la lecture de cette suite, The Obelisk Gate qui est nominée aux Hugo Awards de cette année. J’avoue que j’avais hâte de savoir ce qu’allait proposer l’auteur dans ce second tome. Concernant l’illustration de couverture elle est dans la même lignée que le premier tome et je la trouve sympathique. Alors par contre, je vous préviens tout de suite, je pense que je vais devoir spoiler le premier tome donc évitez peut-être de vous lancer dans la lecture de cette chronique avant d’avoir lu le précédent roman.

On avait quitté à la fin du premier tome Essun qui, a défaut d’avoir pu retrouver sa fille et se venger de son mari, avait été accueilli au sein d’une communauté qui cherche à vivre de façon égalitaire avec les orogènes. Elle y avait aussi retrouvé Albaster, très mal en point, qui lui avoue que c’est lui qui a lancé la dernière grande catastrophe qui a plongé la terre dans cette nouvelle saison apocalyptique et qui lui demande de poursuivre son œuvre qui aurait un but plus grand. Alors que dire de ce second tome. Il ne manque clairement pas de qualités et se révèle encore plus dense, je trouve, que le premier tome à travers les nouveaux personnages présentés ou bien encore dans les développements de l’intrigue. Pourtant, je dois bien admettre que j’ai trouvé ce second tome un chouïa moins prenant que le précédent, souffrant très légèrement de la malédiction du second tome qui fait qu’il m’a paru un peu trop attentiste à certains moments histoire de garder encore plus de mystères pour la suite. Cela n’empêche pas pour autant l’intrigue de gagner en intérêt et en complexité, principalement avec le développement de personnages secondaires absents du premier tome comme Schaffa ou encore Nassun la fille d’Essun.

Concernant l’univers, même s’il perd un peu de son aspect nouveauté, il reste franchement captivant à découvrir et surtout il gagne encore un peu en densité dans cette suite tout en offrant quelques révélations sur les buts de certains camps. Je trouve que ce tome joue aussi plus sur les genre, donnant l’impression que ce monde à l’agonie pourrait être un avenir possible du nôtre. L’insouciance de l’Homme aurait-elle amené peu à peu le monde à sa perte, rien n’est clairement défini, l’auteur restant exprès dans le flou, mais en tout cas ce doute questionne le lecteur, comme par exemple sur l’idée de ce que nous faisons de notre planète. On en apprend aussi un peu plus sur la conséquence de ces instabilités géologiques, sur les obélisques, mais aussi sur les orogènes, les Stone Eaters et leur importance. Les pions se mettent en place et Essun va devoir faire un choix, entre devoir apprendre le maximum d’Alabaster pour tenter un dernier geste de folie et de génie ou bien simplement retrouver sa fille dans une quête de pardon et de vengeance.

L’univers présenté s’avère aussi encore un peu plus sombre. Il faut dire qu’il va entrer dans une ère obscure, une des plus longues saisons ou l’humanité n’est pas sûre de s’en sortir au vu des dernières prévisions. Cela exacerbe obligatoirement les tensions, mettant hors-jeu toutes les règles qui existaient et offraient un vernis de moral, pour ne se concentrer que sur la survie. Les communautés doivent donc se souder, mais ne peut empêcher les guerres d’autres communautés jalouses ou moins préparés, les pillages et le conflit liés aux dernières ressources. Mais même en interne des tensions ne peuvent qu’apparaitre, il faut que tout le monde œuvre pour la survie de la communauté sinon des choix devront être fait. La politique évolue donc vers quelque-chose de plus centré sur les congrégations et aussi plus directe, plus vraiment de lois, mais des choix à prendre et parfois rapidement. C’est ce que va découvrir Essun qui va surtout devoir faire face à de nombreux péripéties et parfois devoir entrer en conflit pour mieux avancer même si elle ne souhaiterait finalement que vivre une vie paisible.

Le récit nous pousse ainsi à nous questionner, nous offrant des réponses à des actes et des actions menés par certains tout en nous faisant réfléchir sur les choix que l’on aurai pu faire à leur place. Il nous questionne aussi, d’une certaine façon, sur quels sont nos réponses à une planète qu’on laisse s’éteindre de plus en plus vite, d’année en année et dont on préfère peut-être croire des faits alternatifs. Tout du moins c’est ce que m’a fait ressentir ce roman. Mais la réflexion principale vient clairement de cette notion de discrimination des orogènes, qu’on ressent principalement au niveau de la narration qui tourne autour de Nassun et surtout de sa relation étrange avec son père qui la pousse à changer, à abandonner sa différence, ce qu’elle est, pour le simple fait de la rendre comme les autres et ainsi pouvoir l’aimer à nouveau. C’est abject, mais pourtant ça sonne tellement juste et on peut y trouver de nombreux parallèles avec notre société. Alors oui, l’auteur nous propose un récit plein de réflexions, engagé, mais elle le fait de façon raisonnée et intelligente ce qui rend l’ensemble encore plus saisissant à mon avis.

Concernant les personnages, ils s’avèrent toujours aussi denses et intéressants à découvrir et surtout ils doivent évoluer, faire des choix devant un monde en plein bouleversement. J’avais un peu peur que des nouveaux protagonistes principaux viennent diluer l’intérêt du récit et pourtant, même si le démarrage casse un peu le rythme je trouve, ils viennent s’insérer de façon plus qu’efficace dans le récit. Schaffa et Nassun viennent ainsi offrir une nouvelle vision de l’intrigue, de ce monde et, en plus de s’avérer être des personnages intrigants, entrainants et soignés, ils apportent ainsi quelque chose de neuf, de différent. Essun, elle, nous happe facilement par les changements auxquels elle va devoir faire face, elle va devoir apprendre rapidement et surtout s’imposer dans ses actes. Sa relation avec Albaster est toujours aussi intense et percutante. Mais surtout ce qui se démarque c’est la diversité des personnages présentés, chacun d’entre eux ayant une personnalité et une vie propres. L’intrigue voit aussi les fils rouges s’éclaircir, les « clans » se dessinent peu à peu et les objectifs des uns et des autres deviennent ainsi plus claires. Les pièces se mettent doucement en place et on a l’impression de voir commencer à se dessiner les choses, même si de nombreux mystères restent encore voilés.

Alors après, comme je l’ai dit, on sent un peu que ce roman est un second tome, comme par exemple dans le rythme qui se veut par moment légèrement attentiste, ainsi que dans certaines révélations qui prennent un peu trop leur temps je trouve. Il n’y a rien de franchement bloquant là-dedans, mais cela m’a donné l’impression d’un second tome un petit peu moins prenant que le premier. J’ai tout de même passé un très bon moment de lecture avec ce roman, toujours porté par une plume efficace, soignée et entrainante. A noter aussi que la narration à la seconde personne prend tout son sens dans ce second tome. Je pense me lancer rapidement dans le troisième tome qui devrait sortir en VO le 15 août 2017.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec la suite de ce cycle, malgré le fait que je l’ai trouvé un peu moins prenant que le premier. Oh rien de très dérangeant, mais il subit un peu la malédiction du tome deux, avec sur certains aspects un sentiment attentiste peut-être un chouïa trop poussé. Cela n’empêche pas pour autant l’univers de gagner en densité et intérêts, les fils rouges commencent à se révéler, les camps à se dévoiler ainsi que les buts de chacun. Le monde dévoilé continue à jouer, je trouve, avec les genres et les lecteurs , mais surtout il continue à nous faire réfléchir sur de nombreux points que ce soit dans la façon dont nous voyons notre terre, mais aussi sur le rejet des différences principalement à travers la narration sur Nassun qui ne laisse pas indifférente. Concernant les personnages ils continuent à se développer à se densifier et l’arrivée des nouveaux protagonistes principaux vient apporter quelque-chose de neuf. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste et leur diversité vient aussi apporter un plus à l’ensemble. Les héros vont devoir faire des choix dures, dans un univers sombre et sans pitié et on se retrouve facilement happé par ce récit. Au final même si sur certains aspects le côté attentiste se fait ressentir, ce second tome m’a tout de même fait passé un très bon moment de lecture bien porté par une plume efficace, soignée et entraînante. Je lirai la suite, qui sortira en VO le 15 août 2017, avec grand plaisir.

 

Ma Note : 8/10

The Broken Earth Book 1, The Fifth Season – N.K. Jemisin

Résumé : This is the way the world ends…for the last time.
A season of endings has begun.
It starts with the great red rift across the heart of the world’s sole continent, spewing ash that blots out the sun.
It starts with death, with a murdered son and a missing daughter.
It starts with betrayal, and long dormant wounds rising up to fester.
This is the Stillness, a land long familiar with catastrophe, where the power of the earth is wielded as a weapon. And where there is no mercy.

Edition : Orbit

 

Mon Avis : Je continue de me lancer dans les chroniques des lectures liées aux Hugo Awards, de cette année pour lesquels j’ai voté pour la catégorie meilleur roman. Cette fois je me lance dans la nouvelle trilogie de N.K Jemisin : The Broken Earth. L’auteur ne m’est pas inconnue (contrairement aux autres auteurs nominés dont je n’avais encore rien lu), puisque je m’était laissé emporté dans sa Trilogie de l’Héritage (chronique du Tome 1, Tome 2, Tome 3) qui m’avait offert un excellent moment de lecture. Concernant l’illustration de la couverture je la trouve très sympathique. À noter que ce roman à gagné par le prix Hugo 2016 du meilleur roman.

Ce roman nous plonge sur une terre instable, traversée régulièrement par des mouvement géologiques plus ou moins importants et mortels. Des villes entières peuvent ainsi disparaitre. Les Hommes tentent d’y survivre comme ils peuvent, dans l’attente d’une nouvelle grande catastrophe qui remettra tout en cause et ouvrira une nouvelle saison. On se retrouve ainsi à suivre trois fils de narration, à travers trois femmes : Essun, Damaya et Syenite qui sont toutes le trois des orogènes. Les orogènes sont des gens capables de manipuler les forces géologiques, mais voilà ils sont loin d’être appréciés. Je dois admettre qu’une fois la dernière page tournée j’ai passé un excellent moment de lecture avec ce premier tome. N.K. Jemisin nous offre une introduction captivante à son nouveau cycle, que ce soit dans l’univers qu’elle construit, dans les personnages que l’on découvre, mais aussi dans les nombreuses questions qu’elle soulève. Pour moi ce roman est à la fois percutant, sombre, fort, touchant et intelligent, tout en se révélant juste et maîtrisé. L’auteur nous offre aussi un travail sur la narration assez étrange, puisque celle qui concerne Essun est à la deuxième personne, qui pourra peut-être en déranger certains, mais que j’ai trouvé pourtant prenante. D’ailleurs je me demande comment va s’en sortir le traducteur avec le choix entre le tu et le vous.

Concernant l’univers qui est présenté, l’auteur, je trouve, nous propose quelque-chose d’original, où la magie est aussi liée aux « catastrophes » de ce monde et où tout repose sur la géologie et les mouvements tectoniques. Franchement je trouve l’idée de base intéressante et l’auteur la développe de façon clairement efficace, soignée et prenante. De plus cette magie repose sur des explications simples et très didactiques, sans jamais en faire de trop ou se révéler trop lourdes. Alors, mes cours de géologie remontent à trop loin pour que je propose une comparaison scientifique, mais en tout cas l’ensemble se fond parfaitement dans l’univers qui est construit et parait logique et cohérent. L’aspect politique et social s’avère aussi intéressants à découvrir, où l’on découvre un monde perpétuellement en survie, où l’on peut disparaitre à tout moment par une catastrophe inattendue. Cela donne l’impression d’être sur un monde en fin de vie où la terre, la nature est devenue le plus grand ennemi de tous. D’ailleurs le fait que Father Earth soit aussi au centre de leur culture n’est pas anodin.

Cela a ainsi fortement impacté l’aspect aussi bien sociologique et politique de ce monde, il a ainsi fallu s’adapter à la dangerosité de ce monde ce qui a obligatoirement amené une certaine disparité entre les zones sûres des zones à risques. Les villes sont ainsi autonomes les unes des autres, pour éviter tout danger de dépendance, tout en maintenant des liens commerciaux. Pourtant cela n’empêche pas un ordre plus grand d’exister comme cette loi en cas de saison qui montre clairement qu’au moindre danger on devient égoïste. Fermeture des villes avec interdiction de sortir, encore moins d’entrer sauf si vous apportez un plus à la communauté, obligation à tous d’œuvrer pour la communauté. On découvre ainsi un monde âpre, violent voir sauvage, qui ne laisse pas insensible et nous pousse à nous poser des questions sur la façon dont nous réagirions dans la même situation. Mais le plus fascinant vient des règles qui sont ancrées depuis la naissance, qui ne sont jamais remises en cause, acceptées comme des vérités alors que l’on découvre peu à peu au fil du récit qu’elles ont connu de nombreux changement et de nombreuses variations qui ont été oubliées et effacées. On se retrouve ainsi à réfléchir sur la notion d’histoire, l’importance des écrits et aussi de les remettre en cause si nécessaire pour se faire son propre avis. En effet pourquoi le faire quand tout est écrit et que, de toute façon, les chances de survivre ne sont pas très grandes.

Cela se ressent ainsi principalement sur tout ce qui concerne les orogènes qui sont clairement considérés comme des monstres par l’ensemble de la population alors qu’ils ont le pouvoir de tous les sauver, mais aussi d’un autre côté de les détruire. A partir de là ils deviennent des rejetés et sont soit tués dans la plus grande impunité, soit envoyés au Fulcrum qui se sert d’eux. On le voit ainsi à travers les trois portraits que nous développe et qu’entrecroise l’auteur. On rencontre ainsi la jeune Damaya qui a subi la haine de sa famille depuis qu’elle a découvert qu’elle était orogène et est envoyée au Fulcrum. Elle espère y trouver une vie plus saine, une famille, mais va se rendre compte que dans un tel monde la souffrance règne. On suit aussi Syenite qui est envoyée en mission avec l’un des plus puissant orogène, Alabaster, mais à qui on ordonne aussi de coucher avec lui pour permettre la naissance de nouveau orogènes puissants. Enfin on découvre Essun qui a découvert que son mari a assassiné son fils lorsqu’il a constaté que celui-ci était orogène et qui se lance à sa poursuite pour sauver sa fille et se venger. Trois portraits de femmes franchement charismatiques, denses, qui ne m’ont pas laissés indifférent se révélant humains, avec leurs forces et leurs faiblesses et devant composer avec un monde qui ne les accepte pas et qui ne manque pas de leur faire savoir. Des femmes qui doivent se défendre, se battre régulièrement pour avoir le droit d’exister. Mais aussi des orogènes qui n’ont d’autres choix que de se soumettre à des règles qui ne sont pas faites pour eux, mais pour le bien des autres. Et au milieu de tout cela, on trouve les Gardiens que je vous laisse découvrir.

Comme je l’ai dit ce roman nous offre aussi de nombreuses réflexions que ce soit sur la survie, l’amour, la sexualité, notre vision du monde ou bien encore sur l’endoctrinement et notre capacité à trouver la vérité, une vérité qui nous convient. C’est, je trouve, un roman qui ne laisse pas indifférent, et s’avère percutant et travaillé dans les questions qu’il soulève. Une certaine tension se met ainsi en place qui monte au fil des pages, nous happe pour aboutir à une conclusion qui s’avère percutante et pleines de surprises. Le rythme mis en place ne cherche ainsi pas le sensationnel et l’explosif à chaque page, mais ne manque pas d’offrir un récit maîtrisés entre construction d’univers, de personnages et ses rebondissements, ses révélations offrant ainsi de nombreux mystères à peine dévoilés qui nous poussent à vouloir lire la suite. Alors c’est vrai, parfois l’auteur tire peut-être un peu trop en longueur un ou deux passages, mais franchement rien de dérangeant. La plume de l’auteur est soignée, efficace et nous plonge facilement dans ce premier tome qui offre, je trouve, une introduction excellente et intelligente qui me donne franchement envie de lire la suite.

À noter que ce roman sera publié en VF le 6 septembre 2017 aux éditions J’ai Lu Nouveaux Millénaires sous le titre La Cinquième Saison.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui nous offre un premier tome intelligent, percutant efficace et qui ne manque pas d’originalité. Déjà l’univers nous plonge sur une terre instable où des mouvements géologiques occasionnent des catastrophes plus ou moins graves. L’humanité se retrouve ainsi continuellement à s’adapter, avec peu de chances de survies. Au milieu de tout cela se trouve les orogènes, magiciens qui peuvent influencer ces mouvements géologiques. Un univers original, qui ne manque pas d’attrait et que l’auteur développe de façon efficace, captivante et maîtrisée. Mais surtout cet univers ne laisse pas indifférent que ce soit dans la façon dont il a évolué, dans son aspect politique comme dans son aspect social. On se retrouve ainsi à réfléchir et à se poser des questions comme par exemple sur les règles, leurs survies ou encore sur les orogènes considérés comme des monstres pour mieux les maîtriser. Cela se ressent dans le destin des trois femmes que l’on suit tout du long, où l’on découvre des héroïnes fortes, charismatiques, humaines avec leurs forces et leurs faiblesses qui doivent faire face à un monde qui ne les comprendre, ne cherche pas à les comprendre et ne les accepte pas. Le récit nous fait aussi réfléchir sur de nombreux sujets comme la notion de choix, l’amour, la sexualité, le rejet de ce qui est différent et d’autres encore et surtout le fait de façon efficace et percutante. La plume de l’auteur est soignée, efficace et même si un ou deux passages m’ont paru un peu long elle nous happe très facilement dans son récit. Une excellente introduction qui donne envie de lire la suite.

 

Ma Note : 8,5/10

All The Birds in the Sky – Charlie Jane Anders

Résumé : Childhood friends Patricia Delfine and Laurence Armstead didn’t expect to see each other again, after parting ways under mysterious circumstances during high school. After all, the development of magical powers and the invention of a two-second time machine could hardly fail to alarm one’s peers and families.
But now they’re both adults, living in the hipster mecca of San Francisco, and the planet is falling apart around them. Laurence is an engineering genius who’s working with a group that aims to avert catastrophic breakdown through technological intervention into the changing global climate. Patricia is a graduate of Eltisley Maze, the hidden academy for the world’s magically gifted, and works with a small band of other magicians to secretly repair the world’s ever-growing ailments. Little do they realize that something bigger than either of them, something begun years ago in their youth, is determined to bring them together–to either save the world, or plunge it into a new dark ages.

Edition : Tor Books

 

Mon Avis : On continue dans mon challenge de lectures concernant le prix Hugo 2017 avec le roman de Charlie Jane Anders. L’auteur est peut être connu de certains, étant la fondatrice du site io9 où elle a longtemps oeuvrer avant de le quitter il y a quelques années de cela pour se consacrer à l’écriture. Elle a aussi gagné le prix Hugo en 2012 pour sa novellette Six Months, Three Days. All The Birds in the Sky est son premier roman et il fait clairement parti des grands favoris pour le prix Hugo, ayant déjà gagné le Crawford award le Nebula Award et le Locus Award. Concernant l’illustration de la couverture, je la trouve très sympathique et efficace.

On plonge ici avec ce récit dans un avenir lointain et indéterminé, où l’on va suivre le destin de Patricia, qui va se découvrir des talents de magicienne et aussi de Laurence qui, lui va se découvrir des talents d’ingénieur et d’inventeur hors du commun. Le récit va ainsi nous proposer dans un premier temps de suivre leurs relations au collège, puis de les retrouver dans une seconde partie dix ans plus tard. Alors j’avoue, une fois la dernière page tournée, il va m’être difficile de vous proposer une chronique. Pas tant car il est mauvais, loin de là vu que j’ai passé un très bon moment avec ce livre, mais qu’il va m’être difficile de le conseiller, vu qu’on est dans le genre de récit qui captive comme il peut aussi bien ennuyer certains. Pour moi tout repose clairement sur deux éléments. Le premier concerne les deux héros, leurs relations et la façon dont elle évolue. Tout ce que construit l’auteur, tout ce monde étrange, toutes ces lignes d’intrigues reposent, cette empathie clairement sur le fait qu’on se laisse emporter ou non par ses personnages. Comme moi s’ils vous touchent, alors je pense que vous devriez apprécier ce roman, ils vous laissent de marbre alors vous allez vite décrocher. Ensuite le second point, vient de cet aspect étrange qui se dégage du roman, de tout ce côté bizarre, insolite qui apporte un vrai plus et une originalité à l’histoire, mais pourrait en bloquer certains.

Comme je l’ai dit, l’univers qui nous est offert tout du long ne manque pas de se révéler barré, différent et d’une certaine façon unique. Imaginez un futur où la magie est présente, où un gamin peut créer une machine à avancer de deux secondes dans le temps, ou bien coder un superordinateur. Imaginez un futur où il existerait une école de magie, où un ordre d’assassin veille, ou la planète terre se meurt et des projets scientifiques sont lancés pour essayer de sauver l’humanité avec toutes les questions qu’ils peuvent soulever. Vous allez me dire étrange, bigarré, déroutant voir insolite, bah j’avoue que oui, mais la grande force de l’auteur est d’arriver clairement à rendre l’ensemble cohérent, vivant et surtout logique dans ce qu’elle construit. Pourtant, on pourrait croire, au vu des « ingrédients » que la recette ne prendrait pas, mais voilà étonnamment ça fonctionne à tel point que je me suis retrouvé à accepter ces choses sans jamais trouver cela impossible, incohérent ou qu’elle cherchait à trop en faire. Limite je me suis imaginé vivre dans un tel futur.

Elle a franchement réussi à trouver le juste milieu pour donner vie à son univers, le rendre coloré et attirant me poussant ainsi à avoir envie d’en apprendre plus, à le découvrir. Surtout qu’il reste au final proche de nous avec des gens qui vivent leurs vies, tombent amoureux, travaillent, profitent des réseaux sociaux, font des soirées et vivent une vie tout ce qu’il y a de plus normale. L’auteur nous montre aussi en fond une Terre à l’agonie, où le virage écologique n’a pas été pris et cherche à nous faire réfléchir, certes pas toujours obligatoirement avec finesse, mais de façon plutôt efficace. Surtout cela pose la question de savoir jusqu’à quel point on est parfois prêt à aller. Enfin l’autre point fort vient du mélange des genres qui se marie ici, pour moi, très bien que ce soit son côté science-fiction ou encore son côté magique, fantastique. On découvre tout du long un patchwork qui ne manque pas de captiver et de s’avérer surprenant et envoutant selon moi.

L’autre point qui m’a happé dans ce récit vient, comme je l’ai dit, de la construction des deux héros que nous propose l’auteur. Elle a réussi à toucher juste avec chacun d’entre eux, à les rendre humains, touchants et surtout complexes. Elle nous propose ainsi des personnages que j’ai trouvé d’une grande finesse, qui m’ont marqué à travers leurs histoires et leurs évolutions. Surtout que rien n’est facile pour eux, comme toute personne un peu différente. Ils vont avoir une enfance difficile dans un monde qu’ils ne comprennent pas vraiment, qui ne les satisfait pas, mais qui surtout ne les comprends pas. Les passages adultes vont aussi montrer que même si ils ont trouvé leurs vocations, rien n’est facile et des choix doivent être pris. Alors après, c’est vrai, certains passages m’ont paru un peu exagéré voir traité de façon un peu simpliste, mais dans l’ensemble nos deux héros sont clairement le moteur du récit qui fait qu’on se retrouve à suivre leurs aventures avec plaisir. Je me suis aussi retrouvé en partie dans chacun d’entre eux. Par contre, comme souvent quand les personnages principaux se dégagent, les protagonistes secondaires se retrouvent éclipsés. Pour ce roman c’est aussi le cas et c’est parfois frustrant tant certains manquent de profondeur et ne paraissent être là que pour donner le change ou faire évoluer l’intrigue. C’est dommage, car un ou deux personnages plus denses en plus de nos héros aurait offert plus de diversité.

La narration est intéressante, elle donne l’impression de démarrer comme un roman YA avec ses deux héros dont on imagine très bien leurs évolutions et leurs interactions, mais peu à peu un fil rouge va se dessiner. Surtout les éléments vont commencer à s’imbriquer et des informations que l’on considéré comme non essentielle ou déjà traité reviennent de façon surprenante au premier plan pour nous proposer une histoire plus dense. On se retrouve ainsi à tourner les pages facilement avec envie d’en apprendre plus. Le roman offre aussi de nombreuses réflexions que ce soit justement sur la différence, l’acceptation des autres, les choix que l’on fait, l’amitié, l’amour ou bien encore sur la possibilité de concilier « magie » et science, d’amener à réfléchir non pas à une évolution porté sur le conflit, mais plutôt sur l’acceptation des différences. C’est vrai parfois elle sont traitées de façon un peu faciles voir même rapides, mais dans l’ensemble elles fonctionnent plutôt bien.

Alors après, tout n’est pas parfait non plus dans ce roman. Je regretterai par exemple par moment la présence de Deus Ex Machina ainsi qu’une ou deux ellipses un peu frustrantes, même si rien de non plus trop bloquant. Par contre, autant la première partie sur la jeunesse des héros m’a paru maîtrisé et intense, autant la seconde qui vient dix ans après m’a paru légèrement rapide, donnant l’impression que plus le récit avançait, plus l’auteur se précipitait. On a un peu l’impression qu’il fallait soit terminer le roman rapidement, soit qu’elle paraissait limité en pages pour conclure, ce qui est franchement dommage, car même si ça n’empêche pas ce roman de s’avérer plus qu’intéressant à découvrir et m’a offert un très bon moment, il aurait pu être encore meilleur selon moi avec quelques pages en plus. Enfin comme je l’ai dit, on est là dans un roman quitte ou double, soit vous accrochez à ce qui fait ses différences et son originalité et vous risquez de vous laisser porter, soit vous passez à côté, surtout que la plume de l’auteur s’avère assez simple, ne cherchant pas le poétique mais plus à créer des situations qui touchent le lecteur. En tout cas ça a bien marché avec moi.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui nous plonge dans un univers étrange ou la magie existe, où il est possible d’inventer un superordinateur et une machine à voyager de deux secondes dans le futur. On se retrouve à suivre le destin de Patricia, une jeune fille qui se découvre magicienne, et Laurence jeune ingénieur surdoué. C’est un roman étrange car il m’est difficile à conseiller tant il peut captiver autant que laisser de marbre. L’univers construit par l’auteur est captivant sans sa proximité avec le nôtre et surtout dans ce côté réaliste et logique qui fait que je ne me suis jamais senti dérouté ou perdu. Les deux héros sont fascinants à découvrir, s’avérant humains, complexe et touchants et surtout évoluant, devant faire face à des choix au fil des pages. Je regretterai par contre que les personnages secondaires soit à l’inverse si peu développé, un ou deux plus présent auraient apporté un intérêt supplémentaire au récit. L’intrigue démarre un peu comme un YA, mais très vite gagne en profondeur et le moindre détail a son importance. Il nous fait aussi réfléchir sur notre avenir, sur nous-même, l’amitié, l’amour, les relations, la façon dont on gère notre planète ou encore sur notre capacité à accepter les différences. Après tout n’est pas parfait, certains deux ex machina se font ressentir, la seconde partie se révèle traité un peu trop rapidement à mon goût et, comme je l’ai dit, c’est un roman à double tranchant on se laisse emporter ou pas. La plume de l’auteur est simple, mais arrive vraiment à rendre le roman profond et vivant. De mon côté j’ai accroché en tout cas.

 

Ma Note : 7,5/10

Wayfarers Book 2, A Closed and Common Orbit – Becky Chambers

Résumé : Embark on an exciting, adventurous, and dangerous journey through the galaxy with the motley crew of the spaceship Wayfarer in this fun and heart-warming space opera—the sequel to the acclaimed The Long Way to a Small, Angry Planet.
Lovelace was once merely a ship’s artificial intelligence. When she wakes up in a new body, following a total system shut-down and reboot, she has no memory of what came before. As Lovelace learns to negotiate the universe and discover who she is, she makes friends with Pepper, an excitable engineer, who’s determined to help her learn and grow.
Together, Pepper and Lovey will discover that no matter how vast space is, two people can fill it together.

Edition : Harper Voyager

 

Mon Avis : La lecture du premier tome de ce cycle, The Long Way to a Small, Angry Planet, m’avait laissé un sentiment mitigé se révélant trop optimiste et surtout trop convenu à mon goût, même s’il reste sympathique à lire (ma chronique ici). Je me suis tout de même lancer dans la lecture de ce second tome pour savoir ce qu’allait bien proposer l’auteur et surtout me permettre de voter en toute connaissance de cause au prix Hugo. Concernant l’illustration de la couverture, on reste dans le même style que celle du premier tome, que je trouve plutôt sympathique.

Ce second tome est un peu spécial, on plonge directement après la fin du premier tome, mais on se lance à la découverte de nouveaux héros. En effet Pepper et Lovelace qui sont des personnages secondaires à la fin du tome précédent vont devenir les protagonistes principaux de ce nouveau récit. J’avoue le fait de changer de protagonistes principaux permet, je trouve, de renouveler le récit et, pour moi qui n’avait que moyennement accroché au premier roman, d’offrir quelque-chose de différent. Cela fonctionne plutôt bien sur certains points, car même si ce second tome retrouve quand même une bonne partie des défauts du premier (l’auteur n’allait pas non plus complètement changé sa recette), j’ai trouvé la narration de ce récit mieux maîtrisé. Elle oscille ici entre présent et flashback, offre ainsi une tension accrocheuse, mais aussi quelques mystères qui font que je me suis un peu plus facilement laissé porter par les mésaventures des héros que le tome précédent. Alors rien de non plus révolutionnaire, le récit étant assez méthodique et classique, alignant les obstacles et les mésaventures qui sont résolues dans la foulée, mais voilà j’ai trouvé l’intrigue de ce tome un peu plus efficace. Ce qui est dommage par contre, c’est que l’ensemble devient vite assez linéaire reprenant un schéma assez basique Péripétie / Résolution / Avancée qui devient facilement devinable et s’avère légèrement frustrant. Dommage.

Alors après soyons clair, les changements proposés sont très intéressants, mais de nouveau je n’ai que moyennement accroché à ce roman. On est toujours dans les mêmes problématiques qui m’ont dérangé dans le premier tome, l’auteur cherchant tellement à offrir un roman de Science-Fiction positif que cela en devient limite improbable à mon goût. Comme je l’ai dit, je comprends parfaitement que ça puisse plaire, un roman où devant notre monde actuel on puisse se réfugier en se disant « voilà un futur de rêve à la fois coloré, où l’entraide et l’amitié sont primordiales, où les conflits sont souvent réglés rapidement sans véritables conséquences dommageables », mais voilà moi personnellement j’ai du mal à accrocher. Surtout qu’à force de ne jamais vouloir entrer dans le conflit cela se ressent encore plus dans ce second tome, mais j’y reviendrai plus tard. Par contre, là où j’ai trouvé cela frustrant c’est que l’auteur n’arrive jamais à construire de mésaventures, de rebondissements très complexes et prenants vu qu’elle les résout tout aussi rapidement qu’ils apparaissent, où dont devinables longtemps à l’avance,  ce qui fait que je ne me suis jamais senti à 100% captivé par ce roman.

Concernant l’univers, on voyage moins que dans le premier tome, restant principalement dans la narration au présent sur la planète de Pepper et dans le flashback sur la planète ou a grandi et évoluer Pepper, mais il s’avère toujours visuellement intéressant et offre une image de fond coloré au récit. Je trouve par contre un peu dommage que la diversité qui faisait la force du premier tome soit ici moins représenté, même si rien de non plus trop gênant. L’ensemble reste solide, que ce soit dans son aspect technologique ou futuriste, même si rien de clairement innovant et surtout ne reste qu’une toile de fond. Le point important dans ce roman vient ici du concept d’Intelligence Artificielle, son existence et surtout sa notion de personne dans un monde où, oui, les IA existent, mais restent des outils et non pas au point d’être considéré humaine. Le parallèle avec l’histoire de Pepper n’est pas anodin, mais je n’en dévoile pas trop pour éviter de trop vous spoiler le récit. Cela soulève ainsi de nombreuses réflexions sur ce qui fait de chacun une personne, sur la notion de rejet des autres, l’amitié, sur la notion d’esclavage et de pouvoir. Sauf que voilà, c’est dans ce genre de questionnement que le récit feel good de l’auteur montre ses limites, car elle ne rentre jamais franchement en profondeur dans le développement de ses idées. Elle a besoin de rester positive, elle donne donc ainsi l’impression d’offrir des maximes qui, certes, ouvrent le débat, mais ne vont pas pus loin et s’avèrent soit neutres, soit  positives. De plus les IA ont déjà connu de nombreux traitements beaucoup plus percutants. Dommage.

Concernant les personnages, comme je l’ai dit, le récit en propose moins, ce qui est une bonne chose, car cela permet ainsi de s’intéresser un peu plus à chacun d’entre eux contrairement au premier tome qui en offrait quand même près de huit. Comme dans le tome précédent ils sont de nouveau le point fort du récit, l’auteur nous offrant des protagonistes complexes, soignés, qui possèdent une vraie profondeur et s’avère humains dans leurs quêtes, leurs besoins et leurs envies. Chacun d’entre eux possède ses forces, ses doutes et ses faiblesses, et on les comprend ce qui les rend d’une certaine façon attachants et un minimum entraînants. Seul Tak a eu un peu de mal à m’intéresser, pas tant parce-que c’est un mauvais personnage, loin de là, mais plutôt car il est le personnage qui pour faire avancer l’intrigue accepte tout un peu trop facilement et sans jamais se plaindre pour la seule raison qu’il est ami avec l’héroïne. J’ai trouvé cela un peu facile. Lovelace et Pepper sont par contre les personnages les plus intéressants à suivre, offrant des passages efficaces, poignants et prenants mais surtout un vrai travail de fond que ce soit sur le passé de Pepper comme sur la façon dont évolue Lovelace.

La plume de l’auteur reste toujours aussi simple, efficace et un minimum entraînante, ce qui fait qu’on se laisse quand même porté par le récit et c’est ce que je trouve dommage, car si ce récit avait proposé un peu plus d’ambiguïté et de profondeur dans certains aspects, je pense que je me serai plus accroché à ce cycle selon moi. Après, pour remettre les choses en place, je ne considère pas ce roman comme mauvais, je n’en suis tout simplement pas le public cible je trouve même si certains scènes m’ont quand même touché. Si vous cherchez un roman qui vous propose une SF positive, un avenir qui n’a rien d’effrayant ou de sanglant, où certes des conflits existent, mais sont contrebalancés par un véritable esprit d’amitié et d’entraide, où si vous cherchez simplement une SF beaucoup moins sombre alors laissez-vous tenter vous pourriez accrocher. De mon côté je ne pense pas lire le troisième tome, car je ne vois pas pourquoi l’auteur changerait de recette pour son prochain tome.

A noter que ce roman a été publié en VF en juillet 2017 chez l’Atalante sous le titre Libration.

En Résumé : J’avoue ressortir de ma lecture de ce second tome avec un sentiment mitigé. Certes l’intrigue m’a paru plus cohérente et maîtrisée que celle du premier tome qui faisait trop patchwork, proposant quelques fils rouges qui font qu’on se laisse porter. L’univers est toujours aussi solide et visuellement intéressant, même s’il ne reste au final qu’une simple toile de fond de l’intrigue. Les personnages sont clairement le point fort du récit, l’auteur nous proposant des héros complexes, soignés et humains, même si j’ai eu du malv avec Tak. Il accepte un peu trop facilement les choses pour le seul argument qu’il est l’ami de Lovelace ce qui m’a paru trop facile. Mais voilà ce roman a le même défaut que le précédent il cherche à proposer un récit beaucoup trop feel good et positif à mon goût, ce qui donne  l’impression que l’auteur évite tout conflit. Cela se ressent encore plus ici dans les réflexions, je trouve, qui restent trop en surface comme si elle devait éviter toute ambiguïté pour ne pas perdre cette ambiance de cocon sûr qu’elle met en place. J’avoue ainsi ne pas être le lecteur cible de ce genre de SF. De plus même si l’intrigue est plus prenant à mon goût, elle s’avère rapidement très linéaire et surtout devinable rapidement. La plume de l’auteur s’avère simple, efficace et un minimum entraînante et si jamais vous cherchez un roman qui offre un futur un minimum avenant ou l’amitié et l’entraide sont bien présents alors laissez-vous tenter vous pourriez accrocher. Moi de mon côté je vais passer mon tour pour la suite.

 

Ma Note : 5,5/10

Wayfarers Book 1, The Long Way to a Small, Angry Planet – Becky Chambers

Résumé : Somewhere within our crowded sky, a crew of wormhole builders hops from planet to planet, on their way to the job of a lifetime. To the galaxy at large, humanity is a minor species, and one patched-up construction vessel is a mere speck on the starchart. This is an everyday sort of ship, just trying to get from here to there.
But all voyages leave their mark, and even the most ordinary of people have stories worth telling. A young Martian woman, hoping the vastness of space will put some distance between herself and the life she‘s left behind. An alien pilot, navigating life without her own kind. A pacifist captain, awaiting the return of a loved one at war.

Edition : Hodder & Stoughton

 

Mon Avis : Comme je l’ai annoncé il y a plusieurs mois maintenant, j’ai prévu d’aller à la WorldCon de cette année qui est prévue à Helsinki. La WorldCon, outre le fait que ce soit une grosse convention liée à l’imaginaire, est aussi l’endroit ou est désigné les gagnants des prix Hugo qui repose sur les votes. Pour résumé, si on prend un Pass pour aller à cette convention on a le droit de voter pour les différents. Sauf que pour bien voter pour un prix, il faut avoir lu tous les livres nominés. C’est mieux quand même. Voilà donc le défi que je me suis lancé, lire les 6 livres nominés au prix Hugo, mais aussi pour ne pas me sentir perdu, les tomes précédents quand il y en a. Ainsi The Long Way to a Small, Angry Planet n’est pas directement nominé, mais il fait parti de la série Wayfarers dont le tome 2, lui, est nominé.

Ce roman va ainsi nous plonger dans les aventures de l’équipage du Wayfarer qui vient d’intégrer un nouvel élément, Rosemary qui est Clerc, et qui se voit aussi offrir un nouveau contrat pour permettre de créer un trou de ver pour permettre de relier plus rapidement possible une nouvelle planète alliée. On va ainsi suivre leur voyage. Clairement concernant ce roman, il répond parfaitement à cette expression qui dit que le voyage est parfois plus important que la destination. En effet l’auteur construit son roman comme un patchwork de petites histoires qui nous permettent d’une, de découvrir l’univers qu’elle présente et de deux, de développer ses personnages. Pourtant, une fois la dernière page tournée, je dois bien avouer que je n’ai pas été complètement emballé par ce roman. Il n’est pas mauvais, loin de là, et se laisse lire facilement, mais voilà il n’a pas non plus réussi à m’emporter comme j’espérais en le démarrant, surtout pour un roman nominé au prix Hugo. Je ne pense pas non plus être le public cible. Après, pour clarifier un peu les choses, il s’agit d’une Science-Fiction qui se veut profondément rassurante, feel good, optimiste. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de mésaventures ou de problématiques, mais l’auteur les désamorce aussi vite qu’elle les crée et les personnages forment un noyau tellement imbriqué et cohérent qu’on sent qu’elle n’a pas envie d’amener de véritables frictions entre eux. En caricaturant tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, tout le monde s’aime. Je comprends que ça plaise, mais je dois être un peu trop cynique pour complètement accrocher.

Tout dépendra donc de vos attentes, si vous êtes plus un lecteur qui cherche un récit futuriste rassurant, pas obligatoirement révolutionnaire mais un minimum efficace, à la fois coloré et diversifié, qui, certes, a obligatoirement des conflits, mais où vous savez que dans l’ensemble un optimisme se dégage et tout ira bien, où les liens d’amitié sont les plus forts alors vous avez des chances d’accrocher. On sent nettement que l’auteur cherche à proposer une SF plus positive que ce qui est proposé depuis un certains temps, sauf que je pense que de mon côté j’ai un peu de mal à être aussi positif que l’auteur ce qui m’a un peu laissé perplexe, même si rien de non plus trop gênant. Ce qui est dommage par contre c’est que parfois l’auteur confond optimiste et candeur ce qui rend certaines résolutions d’intrigues un peu trop simplistes. Autre point, le récit est construit pour chercher à mettre plus en avant les personnages que l’intrigue, qui reste franchement au second plan, ce qui fait que l’ensemble m’a paru un peu trop mou. Tout du long on attend ainsi que le récit gagne un peu de pep’s et de rythme, mais même si la fin s’avère plus tendu, l’ensemble m’a paru manquer d’énergie. Il faut dire aussi que, comme je l’ai dit, on est dans un récit patchwork construit de telle façon que les tensions qui apparaissent sont désamorcées tout aussi rapidement, ce qui m’a légèrement frustré. C’est dommage je trouve, j’aurais aimé avoir des sous-intrigues qui me portent un peu plus que sur trois, quatre pages.

Concernant l’univers, oui, il n’a rien de révolutionnaire et se révèle très visuel dans ses descriptions, l’auteur ayant l’air d’avoir été bercé par les séries SF, mais cela ne l’empêche pas de se révéler solide et plutôt intéressant. Le gros point fort, je trouve, de ce monde futuriste vient clairement des différents peuples aliens que l’on découvre. En effet ils sont soignés, que ce soit au niveau social et comportemental, complexe, et de plus l’auteur a eu la bonne idée de ne pas tomber dans un futur trop binaire ou l’humanité domine tout, ou bien est en guerre contre des extraterrestres plus puissants. Chacun possède ainsi ses envies, ses peurs, ses ennemis et ses besoins. L’aspect technologique est plus classique avec la possibilité de voyager par trou de ver, des IA et autres améliorations que l’on peut imaginer, mais je regrette par moment le manque d’explication sur le fonctionnement, le lecteur devant accepter les choses. Au final, rien de franchement révolutionnaire, mais qui colle bien à ce qui est construit dans le récit. On découvre ainsi un univers coloré, qui nous fait voyager, qui n’a rien d’obligatoirement « novateur » c’est vrai, mais s’avère intéressant à découvrir. Le tout offre aussi des réflexions qui ne manquent pas d’attraits, que ce soit sur les genres, la sexualité, l’environnement, les intelligences artificielles, la différence qu’elle soit physique, culturelle, et d’autres sujets encore. Alors certes par moment ça manque tout de même de finesse et parfois c’est traité de façon un peu naïve, mais dans l’ensemble ça fonctionne pas trop et on sent une certaine passion chez l’auteur concernant les idées présentées, même si parfois on tombe dans le parti pris. Je trouve juste dommage que ses réflexions manquent quand même d’un peu plus de profondeur.

Le gros point fort du roman vient ainsi du travail que l’auteur réalise sur les différents personnages que compose l’équipage du vaisseau. On découvre ainsi différents héros qui sont complexes, soignés, et qui ne manquent pas d’attraits et d’intérêts avec leurs peurs, leurs faiblesses, leurs rêves, leurs forces et leurs envies. On sent que l’auteur cherche d’ailleurs à les rendre attachant pour pousser le lecteur à suivre leurs aventures et ça fonctionne plutôt bien surtout qu’ils sont de se révéler manichéens. Le récit propose aussi des passages très intéressants pour chacun d’entre eux comme Ohan le navigateur et sa contamination, ou bien encore la vérité que l’on apprend sur Corbin. Rosemary, la nouvelle clerc, se démarque nettement pour moi, s’avérant touchante et charismatique à travers ses doutes, sa motivation et ses choix. Ce qui est dommage, et désolé si j’y reviens, c’est que chaque personnage à son propre passage, mais comme il y a huit protagonistes qui sont présentés, on les découvre très rapidement, ce qui fait que certaines intrigues intéressantes et pleines de réflexions se retrouvent simplifiés au maximum et traités très rapidement. Je pense principalement à tout ce qui tourne autour de Ohan qui trouve sa résolution trop facilement, grâce à un choix que je vais qualifier de « douteux » et dont ça ne dérange personne, car ils sont tous « super copains ». Alors je caricature un peu, mais c’est ce mon ressenti sur ce passage.

Au final The Long Way to a Small, Angry Planet est un roman qui cherche à proposer autre chose que de la SF à la sauce sinistrose et démoralisante sur notre avenir lointain. Sauf que sa plongée optimiste va trop loin à mon goût pour m’accrocher, tant la candeur est parfois un peu trop facile, trop guimauve pour moi. De plus, j’ai aussi noté un manque de rythme dans l’intrigue qui fait que, même si je n’ai pas détesté ce roman, il ne m’appelait pas à revenir vers lui quand je le posais. Enfin la conclusion, même si on ne peut pas véritablement la considérer comme un happy-end, m’a paru trop facile et trop gentillette malgré, c’est vrai, une qualité d’écriture qui a fait que j’ai eu un léger pincement au coeur. Je ne doute pas que cela plaira à certains lecteurs, de mon côté même si l’ensemble reste sympathique, bien porté principalement par les personnages, je n’ai pas non plus été totalement transporté. La plume de l’auteur s’avère simple et efficace et je lirai le second tome qui, lui, est nominé aux prix Hugo et propose une histoire différente.

A noter que ce roman a été publié en VF en août 2016 chez l’Atalante sous le titre L’Espace d’un An.

En Résumé : Je dois bien admettre que ce premier tome, même s’il n’est pas mauvais et se laisse lire facilement, est loin de m’avoir complètement convaincu. L’auteur nous propose ici une Science-Fiction profondément optimiste, parfois jusqu’à tomber dans une certaine candeur, résolvant rapidement tout conflit démarré. J’avoue je ne suis pas obligatoirement le public cible de ce genre de récits, ayant une vision un peu plus cynique et sombre, mais je comprends que ce côté rassurant puisse plaire à d’autres lecteurs. Cela n’empêche pas pour autant ce récit d’avoir des qualités, nous par exemple proposant un univers qui, s’il n’a rien de révolutionnaire,  s’avère solide, s’avérant coloré avec un travail intéressant sur les différents peuples aliens. Le travail sur les personnages et le gros point fort du récit, proposant des héros complexes, denses, soignées et intéressants à suivre même si je regrette certaines facilités pour éviter toutes tensions entre eux. Je pense principalement à l’histoire qui tourne autour de Ohan. On découvre tout de même des personnages loin d’être manichéens, qui arrivent à nous happer un minimum. La plume de l’auteur s’avère fluide, simple et plutôt efficace et même si je ne suis jamais totalement entré dans ce roman, j’en reconnais ses qualités qui devraient plaire à ceux qui cherchent de l’optimisme.

 

Ma Note : 6/10

 

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