Auteur/autrice : BlackWolf Page 110 of 202

Un Monde Idéal où C’est la Fin – J. Heska

un monde idéal ou c'est la finRésumé : Bienvenue dans un monde idéal!
Un monde idéal où la civilisation telle que nous la connaissons n’existe plus. Dérèglement du temps? Avènement de la magie ? Crise climatique irréversible? Épidémie mondiale de mort subite? Extra-terrestres maladroits? Invasion de poireaux découpeurs de cervelles? Crise de déprime globale? Robots hors de contrôle? Zombies entreprenants?
Découvrez 100 histoires drôles, émouvantes, tragiques ou absurdes qui mènent à notre perte!
Mais c’est quoi Un monde idéal ?

Edition : Éditions Seconde Chance

 

Mon Avis : Je dois bien avouer qu’avant de me lancer dans la lecture de ce livre je ne connaissais que peu de choses concernant cet auteur. J’avais bien vu passer quelques chroniques sur ces livres à droite à gauche, souvent positive, mais je ne me suis pas non plus trop pencher sur ses livres. Alors, quand on m’a proposé de découvrir ce recueil de nouvelles autour de la fin du monde, je me suis dit pourquoi pas, surtout que le résumé avait l’air vraiment intéressant et donnait envie d’en savoir plus sur ses innombrables récits apocalyptiques.

Et pourtant, autant le dire tout de suite, je n’ai pas accroché plus que cela à ce recueil de courts textes. Pourtant, il y a un certain potentiel qui se dégage de l’ensemble, déjà on ne peut pas imaginer une centaine de nouvelles sur la fin du monde sans avoir une imagination débordante, ce qui est clairement le cas de l’auteur. Entre science-fiction, fantastique ou encore fantasy l’auteur varie vraiment les genres et développe une variété d’intrigue vraiment conséquente, parfois classiques avec du voyage dans l’espace, un travail de conscience sur l’environnement ou par exemple sur les zombies ; et parfois originales comme ces légumes modifiés génétiquement qui se découvrent une conscience ou encore la domination des chats mignons. C’est une des force de ce recueil traiter d’un éventail de sujet assez large pour accrocher différents lecteurs. Dommage que le reste ne suit pas vraiment selon moi.

Certes, le format court, voir très court, apporte un véritable dynamisme à l’ensemble chaque nouvelle ne durant qu’une ou deux pages on tourne donc les pages rapidement découvrant ainsi chaque récits. Surtout l’auteur traite souvent de sujets d’actualités, de sujet que tout le monde a déjà entendu parler et connait à minima, mais le tout de façon souvent cynique et ironique. Mais comme souvent dans les nouvelles très courtes ce sont des textes à chute où la conclusion doit normalement venir secouer le lecteur, lui faire prendre conscience de certains aspects, de certains problèmes et, ici, doit amener une fin du monde souvent avec le sourire et c’est un des points qui fait que je n’ai pas complètement accroché à ce recueil. L’auteur cherche un peu trop la chute au détriment de son histoire, ce qui fait que parfois l’histoire en devient complètement incohérente, comme l’exemple de cette nouvelle ou Justin Bieber est informaticien créateur de la Matrice qui m’a laissé totalement de marbre. Ce genre de récits, qui cherchent à montrer les conséquences sans obligatoirement travailler la cause, marchent mieux, selon moi, en vidéo. J’attends plus de développement d’un livre ou d’une nouvelle.

Comme je l’ai dit le format court apporte, certes, une énergie intéressante, mais fait aussi que tout ce qui est autour comme le background, l’univers ou encore les personnages sont à peine esquissés voir complètement occultés et j’avoue je n’accroche pas, il me faut un minimum d’explication et de travail de fond pour que j’adhère à un texte. Il ne suffit pas de dire que la fin du monde vient de telle conséquence pour que j’accepte le tout sans broncher.  Je ne pense donc pas être le bon lecteur pour les nouvelles trop courtes où seule la chute compte. Ensuite, j’ai trouvé que certains textes m’ont paru manquer de logique comme par exemple cette nouvelle reprenant le principe de l’arche de Noé où on envoie 89000 personnes en cryogénisation dans l’espace sous la seule et unique surveillance d’une IA, le tout m’a paru improbable car avec plus de 80 000 personnes on peut effectuer des cycles de surveillance humain, surtout pour une mission aussi capitale.

J’ai aussi remarqué un aspect répétitif dans les fins des mondes malgré les variations d’idée, se faire tuer par des poireaux OGM qui ont pris conscience ou par des sacs à main qui ont pris conscience, la différence est infime. De plus certains textes m’ont paru douteux dans l’humour, comme cette nouvelle sur l’homosexualité. J’ai constaté aussi que parfois l’auteur donne l’impression de décider d’écrire sur un sujet d’actualité mais dans l’instant, sans véritable travail de recherche ce qui est parfois dommage. Voilà pourquoi je ressors de ma lecture avec ce sentiment très mitigé et cette impression de trop peu.

La plume de l’auteur colle parfaitement au type de récit présenté, se révélant percutante, ironique, cynique et nerveuse captant assez facilement le lecteur et l’entrainant dans ses histoires sans prise de tête. C’est d’ailleurs dommage, car la nouvelle qui m’a justement le plus accroché c’est la plus longue, celle qu’on retrouve quatre ou cinq fois au cours du livre avec l’idée de retour de la magie et des magiciens et  elle m’a happé justement car elle est développée. Au final je ne nie pas les qualités de ce recueil, certains textes m’ayant captivés, mais dans l’ensemble chaque nouvelle m’a paru bien trop courtes, vite lue et vite oubliée, voir elles manquaient de cohérence ou paraissent douteuses. Je ne suis peut-être pas le bon lecteur pour ce genre de récits.

En Résumé : Je ressors donc de ma lecture pas vraiment convaincu par ce recueil qui nous offre, certes, une centaine de nouvelles sur la fin du monde pleine d’imagination et le tout sous un format court qui offre un rythme rapide et entrainant, mais le tout manque clairement de profondeur pour vraiment m’accrocher. De plus l’auteur cherche à jouer plus sur la chute de l’histoire que sur le fond, ce qui fait que parfois certains textes m’ont parus clairement incohérents. Des récits tombent aussi parfois dans la caricature tandis qu’au fil de ma lecture un certain aspect répétitif dans les conclusions se faisait ressentir. Dommage car, vraiment, l’auteur a l’air d’avoir une imagination débordant et un style assez incisif. C’est simple l’histoire qui m’a le plus accroché c’est celle qui revient sur 4 ou 5 nouvelles. Je ne suis peut-être pas le lecteur adéquat pour ce genre de nouvelles.

 

Ma Note : 4,5/10

 

Autres avis : Luna, melcouettes, samlor, Melisende, etc…

Vampires à Contre-Emploi – Anthologie dirigée par Jeanne-A Debats

vampires a contre-emploiRésumé : Onze auteurs, que rien dans leur oeuvre ne destinait à rencontrer le vampire, franchissent le pas et nous livrent leur version du vampire moderne, du vampire trans, post ou même méta humain. Ugo Bellagamba, Simon Bréan, Philippe Curval, Olivier Gechter, Thomas Geha, Raphaël Granier de Cassagnac, Marianne Leconte, Christian Léourier, Olivier Paquet, Timothée Rey et Christian Vilà.

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Fin 2013 j’ai décidé de participer pour la première fois aux rencontres de l’imaginaire de Sèvres et cette année étant la dixième édition du festival, une anthologie a été publiée pour célébrer cet anniversaire. Je me suis d’ailleurs rapidement laissé tenter par ce livre car, il faut bien l’avouer, les noms des auteurs qui composent le sommaire m’ont vraiment donné envie de le lire. Concernant la couverture, illustrée par Nicolas Fructus, je la trouve accrocheuse par son aspect justement à contre-emploi. Par contre juste un petit point perturbant dû à l’éditeur je pense, c’est le mélange des noms entre Xavier Dollo et Thomas Geha qui peut être déroutant. On retrouve donc ainsi onze textes qui visitent ou revisitent le mythe du vampire.

Pire que le Vent de Philippe Curval : La nouvelle qui introduit ce recueil nous plonge dans un univers futuriste dont l’intrigue débute par la disparition assez « violente » d’hommes et de femmes. Une nouvelle qui possède de bonnes idées avec cette idée de vampire sur l’aspect financier qui « pompent » l’argent, mais voilà je n’ai pas vraiment accroché à l’ensemble. Le tout m’a paru haché, un peu brusque dans son évolution avec des révélations qui tombent pile poil aux bons moments et des indics parfois un peu trop caricaturaux. De plus j’ai trouvé parfois les dialogues un peu trop simpliste. Dommage, je pense que cette histoire y gagnerait à être traitée de façon plus longue.

Quelques Moments dans la vie d’un homme d’affaires de Christian Léourier : Cette nouvelle nous plonge de façon intéressante dans le monde des affaires et de la finance. Une histoire qui se révèle vraiment efficace et prenante où l’auteur joue avec le lecteur pour essayer de déterminer qui est un véritable vampire, le tout dans un univers d’agent et de succès qui colle parfaitement à l’intrigue développée. Une lutte de pouvoir et aussi d’orgueil, qui prend des chemins différents de ce que l’on voit habituellement dans les récits de vampires et qui m’a captivé. Le tout bien porté par une plume efficace.

Trou Noir contre Vampire d’Olivier Paquet : Nouvelle variation sur le thème des vampires, avec cette fois un vampire qu’on peut considérer comme social. Un monstre qui a besoin de pirater vos comptes sur les réseaux sociaux et absorber vos « amis » pour vivre. Un texte vraiment intéressant qui vient aussi offrir une critique sociale sur ce besoin d’amis virtuels pour se sentir exister, voir même pour simplement vivre une vie par procuration. Je regrette juste un point technique ou le héros arrive à bloquer un piratage Facebook en déconnectant le PC. Le réseau social reposant sur des serveurs et non sur son propre PC cela me parait compliqué. En tout cas dans l’ensemble une bonne nouvelle, efficace avec son lot de surprises et qui rappelle aussi que parfois profiter de la vraie vie a ses avantages.

Femme Fatale de Marianne Leconte : Cette nouvelle plonge le lecteur dans un road trip dans les rues de Paris avec une héroïne en chasse d’une nouvelle proie avec sa moto comme seule compagne. Une plongée dans les nuits parisiennes qui se révèle vraiment sympathique, poétique, mais qui manque tout de même d’un peu de dynamisme à mon goût ce qui est dommage pour une ballade à plein gaz. La conclusion par contre offre son lot de surprise se révélant efficace et percutante.

Les ravageurs de Christian Vilà : On retrouve ici une variation plus classique du mythe du vampire, même s’il possède ses divergences que je vous laisse découvrir ne voulant pas spoiler. Une nouvelle lente, bien écrite où on retrouve dans le personnage du vampire cette violence, cette destruction et ce besoin de sang avec aussi ce côté un peu sensuel, fantasmé et érotique du personnage. Une nouvelle vraiment agréable à lire même si, j’avoue, elle se révèle un peu sans surprisse malgré cet intéressante variation sur le jeu de pouvoir entre les deux personnages principaux.

Les Miroirs de l’Éternité de Simon Bréan : Une nouvelle vraiment intéressante où on retrouve une société de vampire organisée, avec même son propre pôle de scientifique, jusqu’au jour où une nouvelle force inconnue va remettre en cause la race des Vampires, mais va surtout les forcer à découvrir qui ils sont. Une nouvelle, prenante, captivante avec un côté classique entouré de bonnes idées et qui possède sont lot de rebondissements et de retournements de situations efficaces. Un mélange de SF et de fantastique qui m’a accroché avec des personnages entrainants et complexes.

Icare Hermétique de Ugo Bellagamba : L’auteur nous plonge à travers cette nouvelle sur Mercure où les vampires sont en fait des humains contraints aux travaux forcés et qui ont été modifiés pour survivre sur cette planète. Une des meilleures nouvelles du récit selon moi, à la construction efficace et surprenante qui nous offre pas mal de réflexion sur une société auto-destructrice, mais aussi sur la liberté de chacun et qui va amener un geste final magnifique, pourtant inutile et tellement fort. Une nouvelle portée aussi par une plume vraiment passionnante et soignée et le tout dans une ambiance vraiment prenante.

S’il te plaît, désenzyme moi un inMouton de Timothée Rey : Cette nouvelle nous plonge dans les transmissions d’une IA dont la mission de transport spatial a dégénéré. Ce texte fait aussi parti de mes préférés, déjà par sa construction, le héros ne parlant qu’en alexandrin ce qui est assez remarquable, mais aussi dans le développement de l’histoire et de l’univers qui se révèle vraiment original, séduisant et plein de surprises. Un texte rythmé qui revisite le vampire de façon vraiment intéressante. Mais voilà, un léger point a un peu dérangé ma lecture, ce sont les notes en bas de pages, il y en a beaucoup trop à mon goût ce qui casse le rythme du récit. Mais bon rien de non plus bloquant ou dérangeant.

La Cure d’Olivier Gechter : Cette nouvelle nous plonge dans un vaisseau spatial qui a pour mission d’envoyer des hommes coloniser une planète. Un voyage éprouvant et mortel à cause des radiations dans l’espace. Une très bonne idée que ce texte qui nous propose de voir le vampire sous un autre de ses aspects, son sang immortel. Un texte qui offre aussi d’effleurer des réflexions concernant les préjugés et le rejet et qui joue de façon intelligente sur le pouvoir et la domination. Je regrette juste que la conclusion repose sur un Deus Ex Machina un peu facile qui contente tout le monde, mais rien de bien grave, car on a là un texte simple et efficace qui ne cherche pas à révolutionner le tout, mais qui se lit facilement.

La Vampire et Elle de Thomas Geha : Un texte court, qui nous dévoile un monde futuriste, un enfer, où on retrouve une héroïne et un vampire. Une nouvelle choc à l’ambiance vraiment sombre, qui se révèle déroutante par son univers, par ses personnages dont on ne connait rien et qui pourtant m’a plutôt bien accroché par son côté destructeur et survivant, même si clairement j’aurai aimé en savoir plus me sentant parfois un peu désorienté et frustré.  Comme si, aussi, je n’avais pas toutes les clés.

Beaucoup y Ont Cru de Raphaël Granier de Cassagnac : Cette nouvelle clôture de façon efficace ce recueil, déjà parce qu’elle prend à contrepied les textes précédents en nous proposant trois adolescents, un vampire, une sorcière et un loup-garou qui profitent de la nuit qui cachent bien leurs jeux. Un texte qui se révèle fun, plein d’humour et d’ironie, le tout se révélant rythmé et efficace. Dommage que l’ensemble soit au final assez linéaire et dont on devine la conclusion rapidement. Un texte plutôt sympathique qui termine cette anthologie avec le sourire.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec cette anthologie qui propose différentes nouvelles sur le vampire dans ses variations les plus larges. Alors, bien entendu, certains textes sortent du lot et un ou deux m’ont paru un peu en dessous, mais dans l’ensemble les onze textes se révèlent plaisant à découvrir se révélant souvent efficaces, rythmés et offrant pas mal de surprises et parfois même des idées vraiment originales. Je suis content d’avoir découvert cette anthologie qui m’a aussi donnée envie de découvrir certains des auteurs présents dans le sommaire.

Ma Note : 7,5/10

Bifrost n°72 – Spécial Ray Bradbury

bifrost 72 ray bradburyEdition : Le Bélial’

 

 

 

 

 

Mon Avis : Depuis quelques mois je me suis lancé dans la lecture des différents Bifrost qui traînaient dans ma bibliothèque. Je continue donc avec ce numéro 72 qui est consacré à un auteur connu et reconnu, Ray Bradbury auteur prolifique, dans le milieu de l’Imaginaire pour des œuvres telles que Fahrenheit 451, L’Homme Illustré, Les Chroniques Martiennes, mais qui a aussi publié de nombreux écrits dans différents genres. Un auteur que j’ai pas mal lu durant mon adolescence et dont il serait intéressant que je me replonge dans son œuvre avec un regard aujourd’hui différent. À noter aussi la très belle couverture illustrée par Adrien Police. Ce magazine contient trois nouvelles de Ray Bradbury, ainsi que deux autres textes, de Christian Léourier et de Jean-Philippe Depotte.

Le Cercueil de Ray Bradbury : Voilà une nouvelle qui va plonger le lecteur dans une rivalité fraternelle entre l’ainé riche, malade et proche de la mort qui construit sa dernière invention et le plus jeune sans emploi qui vit au crochet de son frère et qui va chercher à voler le dernier travail de son frère pour enfin pourvoir profiter de sa vie. Une jalousie dévoilée de façon cynique et efficace par l’auteur, qui se révèle sympathique malgré son côté tout de même très prévisible. Rien d’exceptionnel, mais un texte qui se lit bien et divertit.

Le Réveil des Hommes blancs de Christian Léourier : La meilleure nouvelle du magazine, selon moi, qui nous plonge dans l’univers habituel de l’auteur celui de Lanmeur. Un texte qui nous fait découvrir une planète qui a été abandonnée et redécouverte par les hommes de Lanmeur, qui vont alors chercher à la coloniser. Mais la planète a-t-elle vraiment été abandonnée? On se retrouve vraiment happé par ce texte efficace et attachant qui nous présente une planète vraiment intéressante. Un récit qui, comme à son habitude avec l’auteur, se révèle vraiment humain montrant l’Homme dans ses plus grandes qualités, mais aussi dans ses pires défauts. Après tout l’Homme restera toujours égal à lui-même. Un texte sur la tolérance, le respect et l’acceptation des autres. Mais surtout un univers toujours aussi riche et fascinant à découvrir au fil des pages, le tout présenté à travers une plume dense et poétique. Cette nouvelle a d’ailleurs gagné le Prix des lecteurs de Bifrost 2013, catégorie nouvelle francophone et elle est disponible gratuitement en ebook jusqu’au 21 février.

Un Petit Voyage de Ray Bradbury : De nouveau une courte nouvelle de Bradbury nous présentant une vielle femme, fervente croyante, qui croit acheter un ticket pour rejoindre une fusée et rencontrer Dieu. Je n’ai pas vraiment accroché à ce texte qui me parait le plus faible du magazine. On y retrouve bien le côté cynique déjà présent dans la première nouvelle, mais l’ensemble n’a pas réussi à me convaincre et surtout se révèle extrêmement prévisible même dans sa chute. Je pense que ce texte est aussi un texte d’époque qui devait plus toucher son lecteur au moment où l’espace se révéler beaucoup plus mystérieux que maintenant, ce qui permettait sûrement de mieux comprendre la fascination de cette vieille dame et donc de plus facilement s’accrocher à elle.

Le Pacha de Jean-Philippe Depotte : J’avoue je possède deux livres de l’auteur qui sont dans ma PAL et que je n’ai pas encore lu, honte à moi. Je profite donc ainsi de cette nouvelle pour découvrir sa plume. On retrouve ici une nouvelle, mélange de conte et de théâtre, qui nous présente un maître et son valet partant en mission pour l’Empreur. Un récit fortement tinté d’aspect historique cohérent et efficace ou vient se mélanger le mystère. L’univers mis en place sombre, violent et magique est vraiment intéressant. Le tout se révèle bien mené, avec des rebondissements efficaces et dialogues réussi, mais la fin, prévisible et avec quelques légères incohérences selon moi, empêche ce récit d’être excellent. Ça reste tout de même un bon texte qui me donne envie de découvrir d’autres récits de l’auteur.

La Grande Roue de Ray Bradbury : Sûrement ici la meilleure nouvelle de Ray Bradbury publiée dans ce magazine. En grande partie, il faut bien l’admettre, par l’ambiance un peu sombre, angoissante et pleine de frissons avec cette fête foraine, cette grande roue mystérieuse et cette pointe de fantastique, qui fait que j’ai clairement accroché à cette histoire. Cette ambiance m’a même rappelé certains romans d’horreur de mon adolescence. Un texte efficace et prenant ou deux enfants vont tenter d’aider une vieille dame qui vient de perdre son enfant de ne pas se faire dépouiller. Certes la chute reste prévisible mais l’ensemble est vraiment captivant et parfaitement maîtrisé pour plaire au lecteur.

 

Concernant le reste du magazine on retrouve un article sur le mythe des hommes-poisson que j’ai trouvé un peu léger même s’il permet de découvrir un manga et un roman sur ce thème qui ont l’air vraiment intéressant. On retrouve aussi un dossier vraiment complet sur Ray Bradbury que j’ai trouvé vraiment passionnant et m’a permis de découvrir un auteur encore plus hétéroclite que je le pensais. Enfin toujours un article scientifique, cette fois sur les exoplanètes, qui se révèle captivant. Dans l’ensemble, même si j’ai trouvé que deux des nouvelles de Bradbury étaient un peu anecdotiques, on a là un bon magazine qui m’a donné envie de replonger dans la bibliographie de l’auteur de Chroniques Martiennes. À noter que le Bifrost 73 spécial Lovecraft est déjà dans ma PAL.

Ma Note : 8/10 (Note ne reposant que sur les nouvelles)

Les Petites Fées de New York – Martin Millar

les petites fees de new yorkRésumé :  » Le récit des Petites fées de New York démarre avec Morag et Heather, deux petites fées hautes de cinquante centimètres, portant épée, kilt vert et cheveux mal teints, qui volettent par la fenêtre du pire violoniste de New York, un type antisocial et obèse nommé Dinnie, et vomissent sur sa moquette. Qui sont-elles et comment sont-elles arrivées à New York, et en quoi tout cela concerne-t-il l’adorable Kerry, qui vit dans l’immeuble d’en face, est atteinte de la maladie de Crohn et confectionne un alphabet des fleurs, et en quoi tout cela concerne-t-il les autres fées (de toutes nationalités) de New York, sans oublier les pauvres fées opprimées de Grande-Bretagne, voilà le sujet du livre. Il contient une guerre, ainsi qu’une mise en scène fort inhabituelle du Songe d’une Nuit d’Eté de Shakespeare, et des solos de guitare de Johnny Thunders des New York Dolls. Que peut-on demander de plus à un livre ?  » Neil Gaiman.

Edition : Intervalles

Mon Avis : Ce livre cela fait quelques temps qu’il traine dans ma PAL. Pourtant les différentes chroniques que j’ai lues à droite et à gauche, mettant en avant un humour loufoque, ainsi que la recommandation de Neil Gaiman de découvrir ce récit avaient fait qu’il est rapidement entré dans ma PAL. Mais voilà avec le temps ce livre a gagné son aspect « grand épouvantail » avec cette légère peur de ne pas accrocher et surtout de ne pas me trouver dans une phase avec l’humour proposé ici. Il y a quelques jours j’ai donc pris la décision de sortir ce livre de ma PAL. Concernant la couverture, je la trouve sympathique, elle se révèle assez simple et sobre.

En tout cas, au final, je suis content de l’avoir sorti de ma bibliothèque. Imaginez, New York, deux fées punk complètement bourrées et irrévérencieuses vont se retrouver à se lier avec deux marginaux créant ainsi une accumulation de catastrophes toutes plus improbables les unes que les autres. Imaginez une Angleterre où les fées ont découvert la révolution industrielle et se retrouve à travailler 12h par jour tandis que leur roi recherche ardemment deux fugitifs qu’il considère comme ennemis de la couronne. Imaginez une clocharde qui se prend pour le chef militaire Xenophon.  Ajouter à cela un mélange de sexe, drogue, rock’n’roll, folie, fantômes ou encore des fleurs et vous obtenez Les Petite Fées de New York. Vous trouvez tout cela complètement barré? C’est le cas et pourtant à travers cet univers complètement déjanté et burlesque l’auteur nous offre une histoire, ou plutôt des tranches de vies, qui se révèlent vraiment fascinantes dans leurs simplicités, dans leurs évolutions et aussi à travers les surprises qu’elles réservent.

L’humour est omniprésent dans ce récit et en est même une des clés importante. Un humour trash, parfois vulgaire, mais qui réussit à se révéler vraiment efficace pour peu qu’on accroche. En effet comment ne pas sourire devant ces deux petites pestes de fées qui s’envoient pique sur pique pour savoir qui est la meilleure. Mais surtout l’auteur nous offre une fresque vraiment captivante, où les différentes intrigues se croisent et se recroisent en nous faisant partager de façon claire et franche les tracas de la vie quotidienne entre histoire d’amour, engueulade, sexe ou encore des sujets plus graves comme la maladie, la mort, la guerre, le racisme ou bien l’industrialisation et ses effets néfastes. Voilà ce que propose l’arrivée cette histoire, et bien plus encore. On va très vite aussi se rendre compte que des fées, il en existe énormément entre les Chinoises, les Italiennes ou encore les Noires. Des fées qui vivaient tranquillement dans leur petite train-train et dont les vies vont être complètement chamboulées. C’est rythmé, c’est efficace, c’est marrant, c’est barré, c’est léger et la bande son est franchement top, parfois cela fait du bien alors que demander de plus.

Comment ne pas accrocher aussi à Morag et Heather, ces petites pestes égoïstes, égocentriques, alcooliques et délurées qui se révèlent du début à la fin  pleine de vie, d’énergie et vraiment attachante. Un amour/haine qui fonctionne parfaitement et qui fait que même dans les pires conneries on continue à les apprécier. Elles représentent une amitié indéfinissable et pourtant incassable. Les autres personnages se révèlent eux-aussi efficaces et prenants, que ce soit Dinnie, obèse et irascible ou encore la belle Kerry gravement malade mais qui fait tout pour profiter de la vie. Chaque personnage représente un peu une facette de soi, mais exacerbée au possible, d’ailleurs parfois même un peu trop comme par exemple Dinnie qui une ou deux fois m’énervait plus qu’autre chose. Mais rien de non plus gênant tant au final ces personnages chorales se révèlent cohérents et passionnants à découvrir au fil des pages.

Alors certes, malgré toutes ses qualités, ce récit n’est pas non plus parfait. Quelques défauts viennent se présenter ici ou là. Déjà il faut un léger temps d’adaptation au début, car l’auteur passe d’une intrigue à l’autre très rapidement ce qui peut dérouter un peu. Ensuite l’humour a beau resté présent au fil des pages j’ai trouvé que parfois l’auteur en faisait un peu trop, certes il prend régulièrement à contre-pied le lecteur pour son plus grand plaisir, mais à force de trop vouloir en faire cela perd légèrement de son charme. Enfin j’ai trouvé que dans le dernier tiers du roman le tout avançait beaucoup trop rapidement, les soucis sont rapidement corrigés et les retournements de situations s’accumulent. Certes le but de l’auteur n’est pas d’écrire une histoire dense et complexe, plus une fable humoristique et décalé, mais voilà, parfois le tout va trop vite ce qui fait que le lecteur n’a pas toujours le temps de souffler. Rien de bien gênant non plus tant l’ensemble m’a paru réussi.

Il faut bien avouer le style de l’auteur n’a, selon moi, rien de non plus exceptionnel, se révélant simple, familier et direct et pourtant il arrive à créer une histoire vraiment cohérente, prenante le tout remplie d’humour avec au milieu émotions et sentiments qui font que l’ensemble accroche très vite le lecteur et m’a fait passer un très bon moment de lecture. Au final c’est un livre auquel on accroche ou pas, tout dépendra du lecteur ; je vous conseille de tenter de lire les premières pages qui devraient vous aider à voir si vous appréciez cet ensemble complètement barré. En tout cas, moi, je lirai d’autres récits de l’auteur sans soucis.

En Résumé : J’ai vraiment passé un très bon moment de lecture avec ce livre qui offre plusieurs lignes d’intrigues qui se croisent et dont le tout se révèle complètement déjanté, plein d’humour, avec des personnages marginaux qui se révèlent vraiment attachants, humains et cohérents, dont on suit avec grand plaisir leurs péripéties. Surtout l’auteur offre aussi pas mal de réflexions efficaces sur différents sujets comme par exemple la quête de l’amour, l’image de soi, le racisme, l’industrie,etc… et traite aussi de sujets graves de façon légère et efficace évitant la surenchère. La plume de l’auteur se révèle vraiment simple, familière et directe. Alors bien sûr tout n’est pas parfait, par exemple parfois l’auteur cherche à trop en faire, le fait qu’il passe d’une intrigue à l’autre rapidement fait qu’il faut un léger temps d’adaptation au début, ou encore sur la fin l’auteur va beaucoup trop vite selon moi, mais rien de vraiment gênant. Au final un livre qui m’a bien fait marrer et m’a détendu. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Olya, Mélo, LalaHer, LaureduMiroir, etc…

La Maîtresse de Guerre – Gabriel Katz

la maitresse de guerreRésumé : Fille de maître d’armes, Kaelyn rêve de reprendre le flambeau paternel, tandis que les autres rêvent d’un beau mariage. Elle a le talent, l’instinct, la volonté. Elle ne demande qu’à apprendre. Mais cela ne suffit pas : c’est un monde dur, un monde d’hommes, où la place d’une femme est auprès de son mari, de ses enfants, de ses casseroles.  Il va falloir lutter. Alors elle s’engage dans cette grande armée qui recrute partout des volontaires pour aller se battre au bout du monde. Des milliers de soldats partis « libérer » le lointain sultanat d’Azman, plaque tournante de l’esclavage, terre barbare où règnent les cannibales. Dans la violence de la guerre, elle veut acquérir seule ce que personne n’a voulu lui enseigner. Mais le grand sud, plongé dans le chaos de l’invasion, va bouleverser son destin bien au-delà de ses attentes…

Edition : Scrinéo

 

Mon Avis : Gabriel Katz est un auteur qui avait réussi à me convaincre par sa première trilogie, Le Puits des Mémoires, qui offrait un récit vraiment haletant, déjouant les codes de la Fantasy le tout avec une pointe de cynisme et d’humour vraiment efficace qui avait réussi à m’emporter malgré, c’est vrai, quelques légers défauts (chronique Tome 1, Tome 2, Tome 3). C’est donc avec intérêt que j’ai piqué ce livre à une Marmotte qui passait par là et me suis lancé dans son nouveau roman pour voir ce qu’allait nous proposer l’auteur. Concernant la couverture, illustrée par Miguel Coimbra, je reste assez dubitatif et mon avis est mitigé mais j’en parlerai plus tard dans ma chronique.

S’il y a bien une chose qu’on ne peut pas enlever à Gabriel Katz c’est sa facilité à raconter des histoires qui se révèlent fluides, vivantes, efficaces et pleines d’énergie. La Maîtresse de Guerre en est d’ailleurs la preuve car dès les premières pages on sent qu’on ne va pas s’ennuyer avec des rebondissements et des retournements de situations efficaces. Entre quête initiatique, guerre sanglante et dénonciation, le roman se révèle vraiment rythmé et rempli d’aventures ce qui fait qu’au final j’ai trouvé qu’il se lisait facilement et rapidement malgré, c’est vrai, un aspect un peu linéaire. Un roman qui cherche aussi à faire réfléchir un minimum le lecteur comme par exemple sur l’absurdité de la guerre ou encore la position de la femme dans un monde d’hommes voir même dans la Fantasy en général. Et pourtant malgré ces qualités habituelles et ces bonnes idées sur le papier, j’avoue que j’ai moyennement accroché à ce livre manquant de complexité.

Le gros problème selon moi vient de la simplicité et parfois même de la naïveté du récit et des différentes réflexions qu’on nous présente. Par exemple le récit met en avant l’ineptie de la guerre en montrant le peuple des Rouges présentés comme des libérateurs d’un pays barbare, qui au fil des pages vont montrer leur vrai visage, dévoilant ainsi toute l’horreur insoutenable de la Guerre. Mais voilà cela a pour effet de présenter le peuple d’Azman comme intelligent et raffiné alors qu’il accepte quand même le concubinage des hommes mariés sans l’avis de la femme ou encore l’esclavage. D’ailleurs l’héroïne qui honnit justement l’esclavage durant la grande partie du roman, l’accepte avec grande facilité à la fin, certes pour certaines raisons que je ne peux citer sans spoiler, mais le tout se révèle vraiment  dérangeant. Je pense qu’avec un travail un peu plus conséquent sur ses peuples, mettant en avant leurs différences, leurs ressemblances et leurs complexités le message aurait pu mieux passer, là j’ai juste eu l’impression qu’on m’annonçait de façon trop simple « tu sais, les méchants ne sont pas toujours ceux que l’on croit et vu qu’il y a pire que nous, alors c’est qu’on est bon ».

Après vient aussi le souci de la place de la femme dans ce roman. L’auteur a eu la bonne idée présenter comme personnage principal une femme, guerrière, dans un monde d’homme où elle est très mal acceptée, luttant ainsi contre certains stéréotypes. Déjà premier point qui me dérange, et qui n’a rien à voir avec l’auteur je préviens d’avance, c’est la couverture ; si on veut prendre la défense des femmes on évite quand même l’illustration avec une femme à moitié nue et dont la seule grande question est de savoir si elle porte une culotte ou pas. D’ailleurs si ce n’était pas un roman de Gabriel Katz je doute que je l’aurai lu. Ensuite, ce qui est dommage c’est que l’héroïne s’impose dans ce monde, plus parce que les autres personnages sont idiots, que par ses propres qualités vu que quasiment chaque combat est gagné soit car  l’adversaire est surpris de voir une femme se battre, soit notre héroïne a un moment ou à un autre se retrouve malencontreusement a moitié nue ce qui distrait obligatoirement l’ennemi. Ensuite on repassera parfois sur le côté femme forte, principalement dans sa relation avec Hadrian qui possède sa petite dose d’humiliation mais j’y reviendrai. Il va falloir aussi m’expliquer la pertinence de certains combats en arène et en robe, certes je n’en porte pas, mais j’ai énormément de mal à visualiser la liberté de mouvements.

C’est dommage, vraiment, car il y a de très bons passages dans ce récit comme par exemple les différentes trahisons bien menées, des passages guerriers vraiment efficaces et prenants, l’idée des Waeg qui se révèle vraiment intéressante avec ce côté barbare sans pitié ou encore l’héroïne qui navigue parfois entre deux eaux, deux clans. Concernant l’univers il se révèle solide avec cette fois non pas les froides contrées du Nord comme dans le Puits des Mémoires, mais plus le chaud désert du sultanat avec son aspect très moyen-orient. Un univers qui aurait mérité tout de même d’être un peu plus développé à mon goût, car j’ai eu l’impression de n’en voir que le vernis, mais rien de bien gênant de ce côté-là. Je ferai juste comme léger reproche l’aspect un peu jeux de rôle et un peu facile pour tout ce qui concerne magie et soins.

Concernant les personnages, Kaelyn est une héroïne vraiment pleine d’énergie, de fougue et d’envie et on s’attache rapidement à elle et à son combat pour être respectée malgré certains aspects surprenants dans sa relation avec le maître de guerre. Concernant Hadrian, par contre c’est le vide complet, on ne sait rien du tout de lui, ni ce qui fait qu’un étranger ait rejoint le Sultanat, ni les raisons de son mariage avec la nièce du Sultan et encore moins ce qui fait qu’il est Maître de Guerre, mis à part que les autres personnages ont l’air trop mauvais pour avoir ce rôle. Certains trouveront cela mystérieux ce qui donne une aura supplémentaire au personnage, pas moi; je trouve le personnage creux et peu consistant. Par contre je rêve de devenir Maître de Guerre, si si, ATTENTION SPOILER pouvoir crier haut et fort que non je ne tromperai jamais ma femme car je suis un gars bien, puis coucher finalement avec Kaelyn car bon elle est différente, magnifique et il a des sentiments pour elle, avant de la tromper elle aussi avec une servante pour lui apprendre la plus grande des leçons « qu’il ne faut jamais se fier à personne » avant de coucher à nouveau avec elle car bon il l’aime fort, et le tout sans que Kaelyn bronche un seul instant franchement ça fait rêver. J’en reste même dubitatif. FIN SPOILER. Sinon à part cela deux personnages secondaires sortent du lot, je pense a Felia et Dikaon soit-disant mari de l’héroïne qui sombre dans la folie et rejoint les Waeg.

La plume de l’auteur est toujours aussi fluide, entrainante et énergique avec un humour vraiment efficace ce qui fait que le lecteur est facilement emporté. Oui j’ai tourné rapidement les pages devant le rythme dynamique et cela malgré les nombreuses fois où j’ai levé les yeux au ciel. D’ailleurs je pense que si l’histoire avait été un peu plus travaillée le tout aurait été beaucoup plus efficace selon moi. Là j’ai un livre qui sur la forme se lit bien, mais dont les bonnes idées sont soit contredites, soit mal amenées, soit à peine esquissées ce qui fait qu’au final j’ai trouvé cette lecture très moyenne. De plus je n’ai pas complètement accroché à la conclusion un peu trop « happy end » avec aussi un léger Deus Ex Machina qui vient débloquer une situation inextricable. Peut-être que je n’étais pas fait pour ce roman, manquant de complexité et de densité à mon goût. Cela m’empêchera pas de lire d’autres récits de l’auteur, espérant retrouver la qualité du Puits des Mémoires.

En Résumé : Je ressors de ma lecture de ce roman avec une impression vraiment mitigée. Comme à son habitude l’auteur sait gérer le rythme de son histoire nous offrant quelque chose d’entrainant et d’efficace, le tout porté par une plume simple et prenante. Mais voilà j’ai trouvé le fond de l’histoire un peu trop simpliste, voir naïf et parfois même mal amené, que ce soit dans la dénonciation de la guerre ou encore de la place de la femme dans cette société, ce qui est vraiment dommage. Concernant les personnages j’ai facilement accroché à Kaelyn qui se révèle intéressante, malgré parfois son côté un peu midinette, ainsi qu’à Felia et Dikaon dans leurs fourberies et leurs folies. Je n’ai par contre pas accroché à Hadrian qui manque de densité et se révèle creux. L’univers développé par l’auteur est toujours aussi solide et tend vers les déserts et le sultanat même si on aurait aimé en savoir plus. La plume de l’auteur se révèle toujours aussi fluide, simple, pleine d’humour, captivante et se révèle être une des grandes force du récit. Peut-être qu’au final je n’étais pas le public cible pour ce récit qui manque, selon moi, de complexité et de densité, ce qui ne m’empêchera pas de lire les prochains romans de l’auteur espérant retrouver ce qui m’avait accroché dans Le Puits des Mémoires.

 

Ma Note : 5/10

 

Autres avis : Ptitetrolle, Phooka, Dup, MarieJuliet, nymeria, Crunches, Aranae, Lady K, Mandy88, etc…

Wollodrïn, Le Convoi Tome 2 – Chauvel & Lereculey

wollodrin le convoi 2Résumé : Onimaku et Hazngar sont pris au piège de la ville de Egron Hel. En compagnie de quelques survivants, ils trouvent refuge dans des halles et de là, cherchent un moyen de s’échapper. Parmi eux, une vieille femme semble en savoir long : Eeklhör, la Première Née, est la cible de l’attaque, et la seule capable de les faire sortir vivants de cet enfer… Mais encore faut-il accepter d’en payer le prix.

Edition : Delcourt

 

Mon Avis : Wollodrïn s’est imposée à moi, dès le premier diptyque (chronique ici et ), comme une excellente série d’Héroïc Fantasy classique, bien menée et vraiment efficace, le tout avec des personnages captivants. Ce cycle, Le Convoi, nous propose de suivre les aventures de Onimaku l’humaine et Hazngar l’Orc donc le premier tome se révélait prenant et haletant avec son lot de surprises (chronique ici). Après un an d’attente la suite est publiée et j’avais hâte de voir ce qu’allait nous proposer les auteurs pour clôturer ce cycle sur ces personnages.

On retrouve nos héros là où on les avait laissés dans le tome précédent, c’est-à-dire en plein centre d’une ville avec les morts qui reviennent à la vie. Comme à leurs habitudes les auteurs décident de mettre en avant une intrigue classique, mais ici on quitte un peu l’Héroïc Fantasy pour plus se plonger dans le classique de l’horreur avec la survie à une invasion de zombies qui fait furieusement penser à du Romero. Mais voilà le tout fonctionne vraiment bien et le lecteur se laisse emporter par cette histoire qui ne manque pas d’attrait, se révèle sans temps morts, pleine d’action et de suspens. Une histoire qui possède aussi son lot de surprises et de révélations qui se révèlent clairement intéressantes à découvrir et laissent aussi entrevoir d’excellentes choses pour la suite de la saga. Encore une fois les auteurs montrent bien qu’ils ont parfaitement digéré les différents genres pour offrir au lecteur, non pas une simple copie, mais quelque chose de vivant, prenant et captivant, évitant aussi les longs passages pour quelque chose de plus percutant qui se marie parfaitement bien au format de la bande dessinée.

L’univers développé par les auteurs se restreint un peu dans ce tome, vu qu’on reste cloîtré dans une ville, mais continue clairement à se développer. Non pas par des paysages ou des lieux, mais par un bestiaire, de monstres et de zombies principalement, qui se révèle vraiment surprenant et efficace même s’il garde aussi son côté très classique de Fantasy avec nains, orcs et autres races. Un univers qui se révèle vraiment sombre, angoissant, avec son lot d’horreur et qui m’a vraiment bien accroché. Mais aussi, il continue à se densifier au fil des pages avec l’apparition de magies anciennes, des légendes vraiment fascinantes et de luttes de pouvoir qui augurent pas mal de choses qui donnent envie d’être découvertes au fil des pages.

En ce qui concerne les personnages ils se révèlent toujours aussi passionnants à découvrir au fil des pages. La relation entre Onimaku et Hazngar va continuer à évoluer et va être mise à rude épreuve au cours du récit et des luttes. Leur amour, ainsi que la haine ou le dégout qu’elle peut engendrer chez les autres se révèlent retranscris de façon vraiment efficace ; non pas par de longues tirades mais des expression et regards ou bien par de petites phrases percutantes. Une réflexion efficace et bien menée. Mais dans ce tome c’est un personnage secondaire qui s’impose par son charisme, son intelligence et ses secrets il s’agit de Eekhlör qui m’a vraiment fasciné et m’a donné envie d’en apprendre plus sur elle. De plus l’apparition des Aakräns offre pas mal de rebondissements. Concernant les autres personnages ils se révèlent intéressants et remplissent parfaitement leurs rôles même si parfois ils tombent dans le classique.

En ce qui concerne les graphismes je suis toujours aussi fasciné par le travail mené par les auteurs. Ils nous offrent ici quelque chose qui se marie parfaitement à l’histoire avec des graphismes vifs, plein d’action et sans temps morts le tout à travers un découpage limite de film qui fait que le lecteur est rapidement happé. Mais aussi sur le travail des personnages, ils se révèlent vraiment vivants avec leurs émotions et leurs sentiments. L’aspect sur les morts ainsi que sur le bestiaire est tout aussi magnifique. Ajoutez une pointe d’humour qui offre parfois un peu de répit et vous obtenez un second tome vraiment réussi et efficace, même si le tout est loin d’être original, ce qui fait qu’une ou deux fois on voit les choses arriver. Franchement rien non plus de vraiment gênant. La conclusion se révèle pleine de surprises et donne vraiment envie de lire la suite pour découvrir ce qui va arriver à nos héros.

En Résumé : J’ai de nouveau passé un très bon moment de lecture avec le second tome de ce cycle qui nous offre une histoire, certes peu originale et une ou deux fois sans surprises, mais qui se révèle vraiment efficace, prenante et captivante. L’histoire d’Héroïc Fantasy mélangée à un aspect plus « horreur » avec zombies et magie noire se révèle vraiment réussi. L’univers continue à se développer au fil des pages, à se densifier et se révèle toujours aussi intéressant à découvrir. Les axes de réflexions misent en avant par les auteurs sur l’acceptation des autres sont toujours aussi efficaces, évitant les longues tirades pour un aspect graphique plus marquant. Les personnages sont toujours aussi intéressants à découvrir et, ici, plus principalement Eekhlör et ses secrets. Concernant les graphismes ils sont toujours aussi réussis et magnifiques, bien portés par un découpage un peu cinématographique. L’ensemble ainsi que la conclusion, laissent entrevoir de bonnes choses pour la suite que je lirai sans soucis.

Ma Note : 8/10

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