Auteur/autrice : BlackWolf Page 147 of 202

La Baby-Sitter – Gudule

la baby-sitterRésumé : Étrange gouvernante pour de très bizarres enfants…
Et si la rassurante baby-sitter se laissait dominer peu à peu par la sauvage et sanglante violence que contiennent les contes de fées qu’elle lit le soir aux enfants ? Les deux gamins pourront-ils échapper à celle qui tout d’un coup se prend pour l’ogre et traque les chères têtes blondes ?
Le grand méchant loup se lèche les babines…

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Cela fait un petit moment que j’ai envie de découvrir Gudule et plus principalement ces histoires à faire peur. Alors, quand Bragelonne a proposé son offre ebook à 99cts et qu’il proposait un court roman de l’auteur je me suis facilement laissé tenter. Vu que j’aime bien frissonner avec ce genre de livre j’espérais ne pas être déçu. En tout cas j’aime beaucoup la couverture.

Dans une maison isolée en campagne, une nouvelle baby-sitter va s’occuper de deux charmants enfants. Entre amusement et contes de fée la jeune baby-sitter va au fil des jours changer et sombrer. Je dois dire que l’histoire en elle-même reste plutôt classique, mais elle va se révéler vraiment percutante. Dès les premières pages de ce court roman on se trouve happé dans cette histoire qui va devenir de plus en plus sombre et de plus en plus sauvage et meurtrière. Le climat de tension est exacerbé par le côté huit-clos de la maison isolée entourée d’une forêt sans aucune
possibilité de se déplacer ou s’enfuir. On se laisse facilement porter par ce texte qui monte crescendo en tension pour aboutir à un final assez explosif.

Les personnages vont se révéler sous leurs véritables natures quand tout va déraper que ce soit Lucy la baby-sitter qui cache un très lourd secret qu’elle pensait enfui ou encore les deux jeunes enfants quand ils vont vite se rendre compte qu’ils peuvent faire tout ce qu’ils veulent. Leurs côtés sombres et cruels vont se dévoiler et au fil des pages on va quitter le côté angélique de façon saisissante et surprenante. Des personnages saisissants qui font, au fil des pages, de plus en plus froid dans le dos.

L’auteur joue d’ailleurs avec le lecteur en nous offrant une histoire somme toute classique mais avec laquelle elle va s’amuser à effrayer et à surprendre le lecteur. Alors, bien sûr l’histoire reste tout de même linéaire mais ce défaut s’efface tant on est pris par l’histoire et ses rebondissements. Le parallèle entre cette histoire et la cruauté de certains contes qu’on retrouve dans le livre ajoute une certaine tension supplémentaire et nous fais redécouvrir les contes de façon moins enjouée.

Le style de l’auteur est assez simple mais se révèle vraiment efficace et captivant. Du début à la fin j’ai eu du mal à lâcher ce livre pour essayer de comprendre et de deviner la fin. Mais rien n’y a fait la fin m’a surpris pas une conclusion sans happy end, sombre et terriblement réaliste. Au final un court roman glaçant et cruel qui nous fait sombrer dans la folie et qui fera qu’on en regardera plus jamais une baby-sitter de la même façon. Alors certes l’histoire se révèle classique et linéaire et l’auteur se permet quand même certaines facilités, parfois surprenantes, mais rien de vraiment dérangeant.

En Résumé : J’ai vraiment passé un bon moment avec ce livre qui va nous offrir une histoire qui va vite basculer du côté angélique vers un côté plus sombre et beaucoup plus glauque. L’intrigue peut paraitre convenue mais l’auteur sait jouer avec le lecteur et la folie et arrive à nous happer facilement dès les premières pages pour ne plus lâcher ce livre jusqu’à la conclusion qui va se révéler froide, cruelle et réaliste. L’atmosphère se révèle pesante et efficace. Les personnages vont, au fil des pages révéler leurs vraies natures et je ne verrai plus jamais une Baby-Sitter de la même façon. Alors bien sûr, l’histoire manque quelque peu d’originalité et l’auteur s’offre parfois des facilités mais pas de quoi bouder mon plaisir.

 

Ma Note : 8/10

Jonathan Strange & Mr Norrell – Susanna Clarke

jonathan strange & mr norrellRésumé : 1806 : dans une Angleterre usée par les guerres napoléoniennes, un magicien à la mode ancienne, un certain Mr Norrell, offre ses services pour empêcher l’avance de la flotte française.
En quelques tours, il redonne l’avantage aux Anglais.
Norrell devient la coqueluche du pays.
Voguant sur sa gloire, il fait la connaissance d’un jeune et brillant magicien qu’il prend sous son aile, Jonathan Strange.
Ensemble, les deux hommes vont éblouir l’Angleterre par leurs prouesses.
Jusqu’à ce que l’audacieux Strange, attiré par les aspects les plus sombres de la magie, provoque la colère de Mr Norrell. L’association tourne à la rivalité, causant bientôt des ravages insoupçonnables…

Edition : Robert Laffont

 

Mon Avis : J’ai envie de lire ce livre depuis un moment déjà et pourtant il a longtemps traîné au fond de ma PAL. Il faut dire que les critiques que j’entendais à droite et à gauche n’étaient pas obligatoirement des plus élogieuses et le livre en lui-même est un sacré pavé. Et puis voilà j’ai eu un sursaut de motivation, je l’ai sorti de ma PAL et me suis lancé. Après tout il faut bien se faire son propre avis, surtout qu’au final le quatrième de couverture me paraissait vraiment intéressant. Je trouve la couverture du livre vraiment réussie dans son aspect noir et blanc.

Je dois bien avouer que ce roman s’est révélé surprenant, le rythme va se révéler très lent, voir languissant, l’auteur prenant vraiment son temps pour nous faire entrer dans cette Angleterre du 19ème siècle vraiment saisissante de réalisme. Il faut d’ailleurs attendre environ 300 pages pour vraiment rentrer dans l’intrigue principale. Certains diront que le roman traine en longueur, moi je me suis laissé emporter et surtout je me suis laissé imprégner par cette ambiance très Victorienne, on sent que l’auteur a poussé ses recherche dans les moindres détails. Alors bien sûr je ne le nie pas, parfois l’auteur en fait un peu trop et cette lenteur, par moment surtout vers le milieu du roman, se transforme en longueur surtout que parfois elle s’attarde un peu dans des descriptions trop détaillées à mon goût mais tout redémarre très vite dans les 300 dernières pages qui vont se révéler passionnante.

L’univers mis en place par l’auteur se situe, comme je l’ai déjà dis, dans l’Angleterre du 19ème siècle et je dois dire qu’on entre facilement dans cette ambiance tant l’auteur s’est documenté pour nous livrer une image des plus efficace de ces ladies et gentlemans. L’atmosphère anglaise ne manque pas de charme et d’attrait à travers la vie quotidienne des personnages. Tout est fait pour développer l’univers le plus possible en passant par la mode, l’architecture, les potins, les bals et autres coutumes de l’époque qui font qu’on se sent vraiment en pleine Angleterre de l’époque. Mais surtout l’auteur développe vraiment un monde plein de magie et de féerie, une magie pas toujours facile et aisée à manipuler, une magie surprenante, mais surtout une magie qui possède une histoire. Une histoire que l’auteur a entièrement imaginée, faite germer et qu’elle nous fait partager à travers des morceaux de contes et de légendes disséminés à travers le livre. Là où le bat blesse pour ma part ce sont les notes en bas de pages, qui font parfois une page et demie, permettant de développer encore plus ce monde féerique et cette magie mais qui, par moment hache le récit.

Les personnages vont se révéler être des personnages vraiment soignés, denses et possédant leurs caractères propres. Rien n’est laissé au hasard et chaque personnage, même le plus discret, va avoir son importance même si on ne s’en rend pas compte au début. Les deux personnages principaux, Mr Norrell et Jonathan Strange, sont vraiment intéressants et surtout différents et pourtant tellement complémentaire entre le rasoir Mr Norrell qui considère la magie dans les livres et le fantasque Jonathan Strange qui pense que la magie doit être découverte par soi même. L’alchimie entre les deux personnages marche parfaitement, d’ailleurs la preuve avant l’arrivée de Strange aux environ des pages 200 on s’ennuie un peu avec juste Norrell; il faut les deux personnages pour qu’on soit pleinement emporté. Par contre j’ai beaucoup aimé le gentleman aux cheveux comme du duvet de chardon au point que j’aurai aimé en savoir plus sur lui.

La plume de l’auteur se révèle riche, soignée et vraiment captivante malgré son envie de parfois un peu trop développer le background. Les multiples intrigues, que ce soit sur Norrell & Strange ou celle sur Stephen et le gentleman font qu’on a du mal à vraiment lâcher ce livre et qu’on se laisse facilement emporter par l’histoire pour aboutir à une conclusion vraiment efficace. L’auteur mélange de façon vraiment captivante le fantastique, le roman historique et le roman des moeurs dans l’Angleterre du 19ème, on sent qu’elle a dû faire énormément de recherche et savoir qu’elle a mis 10 ans à écrire ce livre se comprend.

Alors bien sûr comme je l’ai dit tout n’est pas rose il faut un peu de temps pour entrer dans l’histoire et, parfois, quelques longueurs font qu’on survole plus qu’on se laisse emporter par l’histoire, de plus les notes en bas de pages imposante et en nombre conséquents hachent un peu le récit et pourtant j’ai passé un bon moment avec ce livre. Après je peux comprendre que ce que je trouve comme du développement du background et du travail stylistique pour nous faire entrer dans l’univers peuvent être pris par d’autre comme un rythme trop lent et ennuyeux, donc si vous n’aimez pas les romans au rythme lent fuyez celui là.

En Résumé : J’ai passé un bon moment avec ce livre, on sent que l’auteur s’est fortement documenté pour développer son histoire et surtout son univers très anglais 19ème avec sa culture, ses potins et autres. Mais si on n’est pas rebuté par un rythme assez lent ainsi que des background denses et travaillés alors laissez vous emporter par ce livre qui nous offre une histoire de magie intéressante, certes un peu longue à démarrer, mais qui, une fois dedans, devrait en ravir plus d’un. L’auteur mélange parfaitement bien le fantastique, l’histoire et l’étude de moeurs et nous offre des personnages vraiment denses, soigné et truculents. Le style de l’auteur est vraiment riche et soigné et devrait en captiver plus d’un. Mes seuls reproches sont un début un peu lent, parfois des longueurs un peu trop poussés et aussi des notes en bas de pages trop longues et trop nombreuses qui hachent le récit. Mais malgré ça j’ai vraiment apprécié cette lecture.

 

Ma Note : 8/10

Darkly Dreaming Dexter – Jeff Lindsay

darkly-dreaming-dexter.jpgRésumé : He’s handsome and charming, but something in his past has made him abide by a different set of rules. He’s a serial killer whose one golden rule makes him immensely likeable: he only kills bad people. And his job as a blood splatter expert for the Miami police department puts him in the perfect position to identify his victims. But when a series of brutal murders bearing a striking similarity to his own style start turning up, Dexter is caught between being flattered and being frightened–of himself or some other fiend.

Edition : Vintage Books

 

Mon Avis : Je l’avoue j’ai eu un peu de mal à me lancer dans la lecture de ce livre qui a longtemps traîné dans ma PAL. C’était même, à la base, le premier livre que j’avais acheté en Anglais. Mais voilà je ne me suis jamais lancé pour deux raisons, la première est qu’à l’époque j’ai eu beaucoup de mal à me décider un jour lire en VO et la seconde et que, étant un fan de la série TV, j’avais peur d’être déçu du livre en lui-même. Finalement j’ai sorti ce livre de ma PAL, enlevé la poussière et je me suis lancé.

Il faut bien l’avouer l’intrigue de ce livre n’en est pas le point fort, elle se révèle assez classique, nous offrant un nouveau serial killer qui est traqué par une équipe de flics. On retrouve les mêmes trames scénaristiques que dans pas mal de livres policiers et l’auteur ne cherche pas vraiment non plus à s’en éloigner ou apporter son originalité. On a un peu l’impression que l’histoire reste assez linéaire, balisée. Parfois l’auteur se permet même de faire avancer son intrigue de façon assez déroutante, ne se basant que sur l’intuition de son principal héros. Ce qui n’empêche pas l’intrigue d’être quand même sympathique et d’offrir son lot de meurtres, de rebondissements et de surprises mias voilà rien ne la différencie d’une autre.

Finalement le gros point fort de ce livre et sa plus grande originalité c’est son héros, Dexter. On se retrouve dans ce livre avec un anti-héros des plus passionnant à suivre et à découvrir. Dexter est un serial-killer, il n’a aucun sentiment, mais voilà il a un code de conduite et il n’élimine que ceux qui le méritent. Un personnage vraiment original et haut en couleurs de plus le fait que l’auteur prenne la narration à la première personne sur Dexter nous permet de mieux le comprendre, de mieux le cerner et finalement aussi par moment s’attacher à lui à travers ses doutes, ses réflexions et ses observations. Pourtant ce personnage est loin de posséder une humanité, il aime tuer et va vite tomber en admiration devant le serial killer, il est associal et n’a aucune émotion et pourtant, voilà, on accroche à lui, à son évolution au fur et à mesure du roman et surtout à ses trait d’esprits.

Mais voilà le problème de l’utilisation de la narration à la première personne fait que les autres personnages manquent quand même de consistance. Mis à part sa sœur Deb qui se révèle être un personnage un minimum soigné, construit avec ses propres sentiments et attentes, les autres protagonistes manquent de profondeurs, que ce soit Doakes, Masuoka ou encore Angel ils ne donnent vraiment l’impression d’être là que pour fournir des informations et auraient sûrement mérité d’être plus développe. Seul La Guerta s’en sort un peu mieux, carriériste, jalouse et pleine
d’ambition elle se révèle intéressante même si un peu trop écervelée par moment.

La plume de l’auteur se révèle assez simpliste et pourtant entrainante et efficace nous brossant surtout un personnage principal plein de répartie et possédant une vision du monde bien à lui et différente de ce qu’on voit d’habitude. L’histoire ne manque pas de rythme  ce qui fait qu’on se laisse facilement porter par le roman par contre j’ai trouvé la conclusion un poil un peu rapide et brutale. Au final je dois dire que j’ai passé un bon moment avec ce roman mais rien de non plus exceptionnel car finalement le tout repose sur le personnage de Dexter, le reste étant de facture très classique et sans surprises. Avec peut être quelques pages de plus l’auteur aurait pu améliorer certains aspects. Je lirai tout de même la suite avec plaisir.

En Résumé : J’ai passé un plutôt bon moment avec ce livre mais rien de vraiment exceptionnel. J’ai été vraiment passionné par le personnage de Dexter qui est un anti-héros des plus fascinant, Serial-Killer caché au milieu de la police, monstre à visage humain nous offrant des réflexions vraiment intéressantes et des réparties qui font souvent mouches. Mais voilà l’intrigue maque cruellement d’originalité et par moment repose un peu trop sur l’intuition du héros, quand aux personnages secondaires, mis à part Deb et La Guerta, les autres ne paraissent n’être là que pour fournir des informations permettant l’évolution de l’intrigue. Alors voilà j’ai tout de même trouver ce premier tome assez sympathique et je lirai la suite avec plaisir, en espérant que l’auteur prenne un peu plus de risques.

 

Ma Note : 6,5/10

Aucun Souvenir Assez Solide – Alain Damasio

aucun souvenir assez solide Résumé : Alain Damasio nous invite à la rencontre de grands « vivants », c’est-à-dire de grands claustrophobes, amoureux de l’air et de l’Ouvert. Champions de toutes les aérations, celles de l’espace, du son, des mots, du collectif, et de ce fait totalement libres, entrés en un jeu d’échos fou avec les mouvements du monde, ils tracent et suivent leurs lignes de fuite, tel le surfeur qui n’existe et ne consiste que dans la furtivité.

Edition : La Volte

 

Mon Avis : Pour tous les amoureux de l’Imaginaire je pense qu’il n’est plus besoin d’expliquer qui est Alain Damasio, l’auteur de l’excellent roman La Horde du Contrevent (chronique ici) mais aussi de La Zone du Dehors (qui est dans ma PAL et qui m’attend avec impatience). Alors, quand Libfly m’a proposé de pouvoir découvrir son dernier recueil de nouvelles ainsi que la possibilité de participer à un chat avec l’auteur j’ai sauté sur l’occasion. Je remercie donc Libfly et les éditions La Volte pour la découverte de ce livre. Ce recueil regroupe dix nouvelles, huit qui ont déjà été publiée et deux nouvelles inédites.

Les Haut Parleurs : Cette nouvelle nous dévoile un univers où le langage est devenu payant, seuls quelques mots sont encore libres de droits. De groupes altermondialistes essayent de rendre au langage sa liberté. Un texte empli de liberté qui nous offre une critique acerbe d’un monde qui tend de plus en plus vers la mondialisation et la gestion commerciale que ce soit le langage ou encore la météo. Ce texte se révèle vraiment prenant et efficace principalement grâce à la façon dont a l’auteur de jouer avec les mots, les expressions et les phrases mais aussi par son personnage principal, Spassky, un personnage humain rempli d’émotions et de sentiments qui fait que le lecteur s’attache directement à lui. La tirade finale de Spassky est d’ailleurs, pour moi, un véritable bijou. A méditer.

Annah à Travers la Harpe : L’histoire d’un père qui a perdu sa fille et qui doit partir à sa recherche dans un enfer très technologique. L’auteur critique à travers cette nouvelle, comme à son habitude, toute cette technologie qui finalement nous enferme et nous éloigne de tout le monde. A travers cette enfant surprotégé par la technologie qui devait l’empêcher de souffrir, de se perdre, ce technococon va l’enfermer. D’ailleurs malgré toutes les technologies possibles se père a quand même perdu sa fille et aujourd’hui doit partir à sa rechercher en enfer; un enfer technologique. On y retrouve des personnages pleins de souffrances, de pertes mais aussi d’amours, des personnages qui ne laissent pas indifférents. Un texte vraiment fort et soigné, mais dommage finalement que l’intrigue soit assez convenue et la fin sans surprise. Un texte tout de même très poétique et captivant du début à la fin.

Le Bruit des Bagues : Un homme vendeur marketing décide de changer de vie après avoir rencontré une fille dont il va tomber amoureux. Ce texte nous offre un critique vraiment intéressante de ce marketing profilé, ainsi que le profilage par une bague qui regroupe toutes les informations sur soi et permet un meilleur ciblage pour la vente. Mais il nous offre encore une fois une critique sur ce monde ou le pouvoir des marques et du commerce est devenu dominant. Mais c’est aussi un texte plein de liberté, d’espoir et d’amour à travers une résistance, certes classique, mais dont la puissance des mots utiliser par l’auteur touche. Un texte efficace et prenant qui force à réfléchir.

C@ptch@ : Cette nouvelle est l’une des deux nouvelles inédite de ce recueil et nous offre une histoire dans un univers où les enfants et les parents sont séparés. Régulièrement un enfant tente de traverser la ville sans se faire dématérialiser pour rejoindre ses parents. Un texte véritablement surprenant où l’auteur nous offre encore une fois une critique de la surtechnologisation ainsi que de ce besoin des réseaux sociaux et de pouvoir se démarquer, se faire reconnaitre. Un texte vraiment efficace, nerveux et plein de surprise mais qui au final, pour moi, manque quand même d’émotion et m’a paru un peu froid. Attention je l’ai apprécié, mais il ne m’a pas complètement transporté.

So Phare Away : Pour moi l’un des plus beaux textes de ce recueil avec un univers solide et passionnant où la communication se fait par la lumière Phare, l’auteur traite de la surcommunication, la communication inutile qui vient saturer le réseau et empêche de faire passer les messages vraiment importants. D’ailleurs l’utilisation de la surutilisation de la lumière pour montrer l’obscurité de la communication est vraiment intéressante et surprenante. L’auteur traite aussi de la société et des inégalités entre les personnes les plus riches et les plus pauvres. Au milieu de tout ça, deux personnes tentent de vivre leur amour, chacun dans leur phare, ne pouvant se retrouver qu’à chaque marée. Un amour poignant et sensible. Un texte véritablement poignant, prenant, pleine de sensualité, de magie et émouvant à la conclusion pleine de mélancolie et de surprise.

Les Hybres : Une histoire qui démarre de façon classique avec un artiste en perte d’inspiration qui va se retrouver à la limite de l’oubli, puis l’auteur glisse doucement dans le fantastique en nous dévoilant la source de l’inspiration de l’artiste. Un texte vraiment surprenant qui nous dévoile l’implication de l’art dans la vie de notre héros, sa « chasse » qui va se révéler traquer mais aussi être traqué. La métaphore de l’artiste qui va chasser son inspiration et va figer le tout est vraiment bien trouvé et efficace. Mais voilà, ce texte, comme C@ptch@ manque quand même de sentiment au point de vue des personnages, le texte est plaisant mais on s’accroche pas vraiment aux héros et on n’a pas pleinement l’impression d’être dans le texte.

El Levir et le Livre : El Levir est un scribe et il cherche à écrire Le livre. Alors j’ai eu un peu de mal à entrer dans le texte, j’avoue j’étais un peu perdu et je me demandais ou compter m’amener l’auteur, mais très vite je me suis retrouvé happé par ce texte où l’auteur cherche à montrer que parfois la forme est tout aussi, voir plus intéressante que le fond à travers Le livre que va écrire El Levir. El Levir ne se contente pas de l’écriture fixe et immuable, il nous offre une écriture tout en mouvement et en beauté, d’ailleurs c’est un peu ce qui ressort, pour moi, de cette nouvelle c’est la beauté de l’écriture du scribe. Et il faut toute la prouesse stylistique de l’auteur pour nous offrir et nous faire partager cette beauté. On ne peut que s’accrocher à la quête du scribe et au fait qu’il va donner sa vie de façon spectaculaire pour écrire les derniers mots au Livre.

Sam va Mieux : Un texte qui traite de la folie d’un homme qui se retrouve seul avec un enfant dans une métropole et qui, tous les jours, part à la recherche de possibles survivants. Un texte intrigant qui, j’avoue, m’a parfois un peu perdu l’auteur s’amusant avec différents systèmes de narrations. Très vite on se rend compte que ce système colle bien au personnage qui, devant sa solitude, perd la tête malgré son enfant. Puis très vite on se rend compte que tout n’est pas ce qu’on croit jusqu’à une fin assez efficace et surprenant. D’ailleurs une fin en forme de thérapie le personnage retrouvant certains souvenirs pour retrouver, un temps, la raison et repartir dans sa quête qui parait sans espoir. Mais voilà malgré la force de cette nouvelle encore une fois il y a ce manque d’émotion qui fait qu’on ne rentre jamais à 100% dans l’histoire.

Une Stupéfiante Salve d’Escarbilles de Houille Ecarlate : Second texte inédit de ce recueil qui nous raconte l’histoire de Ile qui a reçu le mu par le Barf une sorte de dieu enfant en forme de chat. Ce mu va le changer et mettre à mal son couple avec Aile une ange. Encore une fois on sent la passion de l’auteur pour le mouvement, le changement et cette fois il le traite de façon classique à travers un pourvoir qui permet à notre héros de changer, de s’adapter. L’auteur traite aussi, à travers le Barf, de l’enfance et de son insouciance et son insensibilité surtout quand on sait que le Barf est un dieu et que tout lui est permis. Un texte qui ne manque pas de philosophie, de magie mais qui reste tout de même assez linéaire dans son développement, je l’avoue.

Aucun Souvenir Assez Solide : Voilà une nouvelle courte qui ne fait que deux pages et qui nous compte la plongée d’un homme dans ses souvenirs pour retrouver un être aimée. J’avoue que j’ai du mal à critiquer ce texte, il y a quelque chose d’intéressant mais voilà il est tellement court qu’on n’a pas le temps de vraiment se l’approprier.

 

Un recueil de nouvelles qui ne manque pas de qualités mais aussi qui nous force à réfléchir que ce soit dans cette surconsommation de technologies qui nous prive de liberté ou ce réseau qui finalement ne nous rend pas plus humain ou intéressant, ou encore qui traite de sujet comme l’art, le livre, l’amour, la communication. L’auteur comme à son habitude nous offre une plume vraiment philosophique, prenante et captivante et surtout l’auteur sait jouer avec la langue nous offrant des textes vraiment surprenants et intéressants. Mais voilà parfois l’auteur cherche tellement à jouer avec l’esthétisme, les jeux de mots et la langue qu’il en oublie son histoire et surtout ses personnages, ce qui rend quelques fois les textes absents d’émotions et légèrement froids. Rien de bien dérangeant mais c’est dommage.

En Résumé : Je dois dire que j’ai passé un bon moment avec ce recueil de dix nouvelles. Alain Damasio sait nous offrir des textes avec des sujets de réflexions et de philosophie vraiment profonds, travaillés et captivants nous forçant à nous poser des questions. Des textes qui ne manquent pas de surprises, de sentiments de sensualités et de magies qui devraient ne pas laisser indifférents. Les personnages et les univers se révèlent vraiment efficaces et captivants. Mon seul regret est que l’auteur parfois se perd dans l’esthétisme de ses nouvelles au point de parfois rendre ses textes sans sentiments ce qui fait que, parfois, on a du mal à pleinement rentrer dans l’histoire.

 

Ma Note : 8/10

Reines et Dragons – Anthologie 2012 des Imaginales Dirigée par Sylvie Miller & Lionel Davoust

reines & dragonsRésumé : D’un univers à l’autre, de l’exaltation aventureuse à la retenue intimiste, tout l’éventail de la fantasy se déploie, porté par sa créature la plus légendaire et par sa figure la plus complexe, Drégonjon et son Elfrie, Chuchoteurs du dragon, Reines protectrices ou vengeresses, Sœur de la Tarasque, Eveilleuse entre deux mondes, Déesses aux deux visages : vivez les frissons de l’épopée et de l’émotion, assistez à la confrontation de ces Reines et Dragons.

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Comme l’année dernière, je suis reparti cette année avec l’anthologie des dernières Imaginales. Il faut dire que le sommaire des auteurs est vraiment intéressant et en plus, cette année, l’anthologie a été dirigée par Sylvie Miller et surtout Lionel Davoust. J’avais donc hâte de voir ce qu’allaient nous proposer les différents auteurs sur le thème de cette année : Reines & Dragons. Tout comme l’année dernière cette anthologie a été lue en mini LC avec Snow que je remercie et avec qui j’ai eu de bonnes discussions argumentées sur chacun des textes. Une LC vraiment agréable et vous pouvez d’ailleurs retrouver son avis ici.

Le Dit du Drégonjon et de son Elfrie de Chantal Robillard. Une nouvelle assez courte en forme de poème qui nous conte la souffrance de certaines Elfries maltraités par leurs peuples. Il m’a fallu quelques lignes pour rentrer dans ce texte, mais uns fois dedans il s’est révélé vraiment intéressant par sa profondeur et sa critique, mais aussi par son ton ironique et acerbe des plus captivants. Ajouter à cela un côté stylistique poussé avec un texte composé sans la lettre « a » et la répétition du refrain de façon mathématique selon la suite de Fibonacci et vous obtenez un texte, sous forme de poème, vraiment surprenant et agréable.

Chuchoteurs du Dragon de Thomas Geha. Une nouvelle qui nous raconte la vie d’une reine, choisie par le Dragon, mais qui va tomber amoureuse, ce qui va bouleverser sa vie et lui dévoiler certains secrets. Je dois bien avouer que j’ai trouvé ce texte un peu convenu, il traite de reine et de dragon de façon classique et donne l’impression d’avoir du mal de sortir des codes. Attention il n’est pas mauvais, il se lit bien, mais je ne sais pas, j’attendais peut être plus. Par contre, la fin est vraiment surprenante et mélancolique et l’idée des chuchoteurs et des demidames vraiment originale, de plus la plume de Thoma Geha est toujours aussi agréable à suivre. Le texte manque peut être un peu plus de surprises.

Ophéa de Adrien Tomas. Je ne connaissais pas cette auteur mais vu que je suis reparti du festival avec son roman j’ai pris cette nouvelle comme une découverte de son style et je dois dire que je ne suis pas déçu, un texte vraiment réussi, plein de surprises et de rebondissements. La trame reste aussi plutôt classique, avec la traque du dragon pour obtenir les faveurs de la reine, mais il est traité de façon décalé et pleine d’ironie et la fin se révèle vraiment surprenante et efficace. Les personnages ne manquent pas de prestance à leurs façons et se révèlent attachants. Un peu plus d’originalité aurait encore rendu le texte meilleur, mais bon je chipote.

Au Coeur du Dragon de Anne Fakhouri. Un texte ou les dragons sont des animaux sauvages comme les autres et ou les hommes et les femmes doivent nettoyer leurs déjections et y trouver aussi des pierres précieuses et y gagne leurs noms lors de l’épreuve finale. Un texte troublant qui pose des personnages vraiment soignés et humains, l’histoire est vraiment bien construite, originale et efficace. L’univers est vraiment bien amené et surprenant. La rencontre entre l’héroïne et le marchand permet pleinement de découvrir deux mondes différents entre ceux qui rêvent et les réalistes de la vie. L’histoire d’amour et le triangle amoureux qui se dessine est loin d’être mièvre et se révèle surprenant surtout que des questions restent sans réponse sur un personnage.

Achab Etait Amoureux (ou La Grande Déesse de Fer de la Miséricorde) de Justine Niogret. Alors là je me suis posé une question la nouvelle a deux titres, est-ce une erreur de l’éditeur ou est-ce fait exprès? En tout cas moi qui cherchait de l’originalité je dois dire que j’ai été gâté par ce texte vraiment surprenant avec une jeune fille s’appelant Reine, qui chasse la baleine au lance-tartine et qui philosophe sur la vie avec un personnage nommé dragon qui dirige un café. Des personnages soignés avec une héroïne bourrue et caractérielle et un dragon amical et compréhensif, mais surtout ce qui marque le lecteur c’est ce côté drôle, poignant et surprenant différent de ce que je connaissais de l’auteur. Après, j’ai fais mes propres hypothèses pour moi la chasse à la baleine c’est un peu comme chasser un rêve et surtout j’ai trouvé que l’histoire pouvait se lire en boucle. Une fois ce texte fini relisait le début et tenez-moi au courant. En tout cas un texte vraiment original et surprenant, mais voilà, je dois bien l’avouer je ne crois pas avoir tout compris.

Morflam de Pierre Bordage. Une reine est obligée de partir à la rencontre d’un dragon pour éviter la fin de son royaume. Je n’ai pas vraiment accroché à ce texte, déjà le personnage principal est antipathique au possible, fermée et égoïste, de plus j’ai trouvé que l’intrigue en elle-même offrait une impression de déjà vue et manquait clairement d’originalité et de souffle. L’écriture de l’auteur se révèle toujours aussi simple et efficace, mais voilà comme je l’ai dit une héroïne pas attachante et un univers qui manque de profondeur font que je suis resté de marbre devant cette nouvelle.

Azr’Khila de Charlotte Bousquet. Yaaza est la dernière survivante de son peuple, ce qui en donc la reine, et elle décide d’aller se venger. Un texte nerveux dès le départ et qui monte page après page en tension et souffrance avec un style efficace et très imagé, nous dévoilant ce que doit endurer notre héroïne pour arriver à mener à bien cette vengeance. Un univers sombre dominé par la violence et l’esclavage qui colle parfaitement à l’univers. Mais je trouve dommage la conclusion finale, qui vient chercher le rebondissement de trop, jouant sur l’onirisme, ce qui, selon moi, gâche un peu cette nouvelle.

Où Vont les Reines de Vincent Gessler. Ae est une princesse et elle vient de tomber enceinte et va devoir, comme punition, affronter les dragons. Un texte vraiment intéressant et intrigant qui se concentre sur le personnage et la découverte de sa vision des dragons qui ne sont pas obligatoirement ce que l’on croit. Une épreuve qui va faire évoluer l’héroïne et la faire devenir mère et reine, deux lourds fardeaux. Ce texte repose entièrement sur l’évolution de l’héroïne qui, au fil des pages, va découvrir la vérité et se l’approprier. La conclusion va se révéler vraiment surprenante et efficace qui nous fait réfléchir. D’ailleurs après la lecture de ce texte je me demande si toutes les mères ne sont pas des reines finalement. Un excellent texte poétique et prenant du début à la fin.

Le Monstre de Westerham de Erik Wietzel. Un texte qui va se révéler vraiment intéressant malgré un début, voulu selon moi, qui cherche à perdre le lecteur. L’auteur va jouer sur les faux semblants et les tromperies de façon bien amenés et efficaces pour nous amener à une conclusion mélancolique et qui nous dévoile le véritable visage du monstre. Les personnages sont vraiment efficaces entre une reine avide de pouvoir, le dragon Klarion curieux et sa soeur Akselle qui est une vraie peste. Mon seul regret avec cette nouvelle c’est qu’au final elle se révèle sans surprises.

Under a Lilac Tree de Mathieu Gaborit. Une jeune fille, une reine, part à la chasse au dragon qu’elle doit dompter pour sauver un homme. On se retrouve ici dans de la fantasy urbaine avec un mélange de monde tangible et un monde onirique. Je n’ai pas accroché à ce texte et je ne saurai dire pourquoi, il s’agit d’un texte poétique, mystérieux, vraiment original avec pleins d’idées intéressantes, mais voilà ça n’a pas marché sur moi. Je suis sorti de ce texte j’avais l’impression d’être complètement passé à côté de quelque chose.

Cet Oeil Brillant qui la Fixait de Nathalie Dau.  Nathalie Dau nous offre, comme à son habitude, un conte qui va se révéler vraiment intéressant. Les personnages sont vraiment charismatiques et l’univers guerrier entre deux peuples qui se battent depuis des années est vraiment intéressant et colle parfaitement à l’univers. Un conte qui oscille entre souffrance et amour ou va se mélanger magie, divinité et humanité. Un texte porté par la magnifique plume de l’auteur qui se révèle toujours aussi poétique et entrainante. Mon seul reproche une certaine facilité comme par exemple dans l’évasion de la princesse.

Les Soeurs de la Tarasque de Mélanie Fazi. Voilà l’un des textes, voir le texte, selon moi, le plus abouti de ce recueil. Une nouvelle très intimiste et pleine de sentiments se situant dans une sorte de couvent où se trouve une dizaine de jeunes filles et dont l’une d’elle sera choisie par le dragon pour devenir son épouse. Un texte fantastique ou l’Humain est vraiment mis en avant, on ressent pleinement les émotions à travers ce texte que ce soit la souffrance, les manipulations des jeunes filles par le dragon ou encore les premiers émois. Un texte qui a vraiment réussi à m’emporter et qui se révèle vraiment poétique et plein de mélancolie du début à la fin, rien n’est facile pour notre héroïne qui vit une sorte d’amour impossible, perdue, mais dont elle ne peut se passer. La plume de l’auteur est toujours aussi fluide, poétique et magique qui captive dès la première page et qui nous offre aussi pas mal de réflexions sur la religion, la sexualité, l’amour et l’amitié.

 

J’ai passé un agréable moment avec cette anthologie qui nous offre douze textes sur le thème de Reines et Dragons. Alors bien sûre toutes les nouvelles ne sont pas aux mêmes niveaux, certaines
m’ont complètement emporté tandis que d’autres n’ont pas réussi à m’accrocher, mais dans la globalité j’ai passé un bon moment et je trouve même cette anthologie plus soignée que celle de l’année
dernière.

Par contre, et j’ai déjà fais le reproche l’année dernière, les éditions Mnémos doivent vraiment faire attention certaines coquilles se sont glissés dans les textes, rien de dérangeant mais ça surprend toujours. Je me pose aussi la question de savoir quel est le véritable titre de la nouvelle de Justine Niogret.

En Résumé : Cette anthologie 2012 s’est révélée vraiment efficace et m’a offert un bon moment de lecture. On se laisse facilement emporter dans ces univers pleins de mystères, de surprises, de féerie et de magie le tout porté par des auteurs français vraiment talentueux. Alors bien sûr je ne le nie pas toutes les nouvelles ne m’ont pas autant touchés, certaines sortant vraiment du lot tandis que d’autres m’ont même laissé froid, mais dans son ensemble cette anthologie se révèle agréable et même un léger cran au-dessus de celle de l’année dernière.

 

Ma Note : 7,5/10

DMZ Tome 3, Travaux Publics – Brian Wood & Riccardo Burchielli

dmz travaux publicsRésumé : Matty Roth, aspirant photographe, continue ses reportages en solitaire sur la guerre derrière la guerre, la lutte des civils piégés dans ce no man’s land pendant la seconde guerre civile américaine.
Dans travaux publics, il se fait passer pour un ouvrier dans le but d’infiltrer les rangs de Trustwell Inc., grand vainqueur de l’appel d’offre fictif du gouvernement pour reconstruire Manhattan.
Evidemment, il se doute que tout cela cache quelque chose, mais est-il vraiment prêt à faire face à ce qu’il va trouver…et à ce qu’il devra faire pour y parvenir?

Edition : Panini Comics

 

Mon Avis : Après deux premiers tomes vraiment efficaces, nous offrant un point de vue plus humain sur les conflits armés (chronique du tome 1 ici, du tome 2 ), j’avais hâte de découvrir ce troisième tome et voir ce qu’allait bien pouvoir nous proposer les auteurs. J’avoue que je m’inquiétais un peu du manque de renouvellement dans l’histoire et aussi que les auteurs s’essoufflent devant la réussite de l’œuvre cherchant à trop prolonger leur histoire sans chercher à nous offrir une intrigue aussi intelligente que précédemment. Par contre je trouve la couverture de ce troisième tome plutôt moyenne, manquant de punch et d’accroche selon moi.

A la fin du second tome on apprenait que l’entreprise Trustwell a été mandatée pour effectuer des travaux dans la zone de Manhattan, la DMZ. Très vite Matty se rend compte que Trustwell n’est pas
tout rose, ce qui occasionne plusieurs accès de violence et de terrorisme. Finalement le scénario de ce troisième tome se révèle toujours aussi intelligent et bien travaillé nous offrant cette fois l’investigation de notre héros pour percer à jour le mystère de cette société. Et pour cela il va tout tenter même se retrouver dans une cellule active terroriste. Entre rebondissements maîtrisés et coups de théâtres soignés on ne s’ennuie pas vraiment dans ce tome.

Les auteurs se concentrent ici sur les à-côtés de la guerre en nous dévoilant les facettes cachées de cette entreprise de construction, qui possède aussi un service de sécurité des plus efficaces. Ils nous dévoilent à travers ce tome les magouilles et l’argent qui peut circuler entre un gouvernement et une telle entreprise, mais ils nous montrent aussi les dérives des services de sécurité privé qui n’ont aucun respect et ne cherchent que l’efficacité pour rendre une zone sûre, même si ça doit aller au détriment de certaines vies. En face les habitants s’organisent dans le terrorisme, ce qui provoque un cercle vicieux de violences, de morts et de souffrances où les grands gagnants ne sont pas toujours ceux que l’on croit. Un tome efficace et coup de poing qui force à réfléchir.

Ce tome se concentre en grande partie sur Matty, qui a bien changé depuis le premier tome, il se révèle plus mûre et plus mature que précédemment même s’il possède encore pas mal de faiblesses parfois faciles et un peu convenues. Mon seul reproche concernant Matty est son côté un peu indestructible dans ce tome, il va subir pas mal de souffrances mais toujours s’en relever sans véritables traumatismes. Les personnages secondaires sont vraiment efficaces avec, selon moi, une mention spéciale à Amina martyre sauvée par Matty qui n’a aucun goût à la vie. Des personnages vraiment prenants et soignés.

Concernant les graphismes je dois dire que du point de vue des traits et des mouvements ils se révèlent toujours aussi efficaces, nerveux et arrive à vraiment nous faire entrer rapidement dans l’histoire même si, sur quelques cases j’ai remarqué que le dessinateur se laissait un peu aller en nous offrant de cases un peu grossière. Rien de bien méchant mais à surveiller par la suite. Par contre là où ça me dérange, c’est dans la caricature de certains personnages comme par exemple les hommes en costard cravate et gros cigares pour présenter les riches de Trustwell. De plus la fin est, selon moi, un peu trop rapide Matty arrivant à tout réglé en quelques pages à peine. Mais voilà, un tome qui se révèle réussi et intelligent malgré ces quelques petits points noirs.

En Résumé : Ce troisième tome quitte un peu le monde de la guerre et des médias pour se concentrer sur les à-côtés de cette guerre avec les entreprises qui se font de l’argent sur les conflits, le terrorisme, ainsi que les sociétés de sécurité privé qui s’offrent souvent un maximum de libertés. Un tome à l’histoire vraiment intelligente et soignée, porté par des personnages construits et efficaces, malgré un Matty un peu indestructible. Les graphismes sont toujours aussi soignés malgré quelques ratés à sur certaines cases, par contre il n’évite pas certaines caricatures sur la représentation de certains personnages. Par contre il est légèrement dommage que la conclusion se révèle si rapide, en à peine deux pages Matty va réussir à tout changer, ce qui est surprenant. Au final un tome toujours aussi intelligent et captivant mais un léger ton en dessous que les deux premiers.

 

Ma Note : 8/10

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