Auteur/autrice : BlackWolf Page 68 of 202

Origines Tome 2, Le Marteau de Thor – Stéphane Przybylski

le marteau de thorRésumé : Fin 1939.
La mission archéologique de l’Ahnenerbe est un échec : l’extraordinaire découverte faite dans la vallée du Nahr al-Zab-al-Saghir semble aux mains de l’ennemi anglais, et Friedrich Saxhäuser est porté disparu au large de Madère… Heinrich Himmler ne peut tolérer pareil camouflet, d’autant que ce qui a été mis au jour dans le Kurdistan irakien se révèle à ce point stupéfiant, impensable, que l’ensemble des forces en présence, à l’aube du plus grand conflit que l’humanité ait jamais connu, pourrait s’en trouver balayé… Aussi, alors que la Wehrmacht écrase la Pologne et que les Einsatzgruppen de Heydrich déchaînent l’enfer dans les rues de Varsovie, le regard des chefs nazis se tourne-t-il vers l’Ouest. Retrouver la cargaison du Siegfried est désormais crucial : l’Allemagne hitlérienne s’apprête à abattre le Marteau de Thor sur l’Angleterre…

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : En début d’année je me suis laissé tenter par le premier tome de ce cycle qui offrait un récit, mélange d’Histoire, d’aventure et de SF, qui se révélait efficace et surtout soigné au niveau des recherches et de la documentation, offrant ainsi une image de fond plus que solide. C’est donc sans surprise que je me suis rapidement laissé tenter par cette suite pour savoir comment l’auteur allait faire évoluer son intrigue. Vu que je suis dans une période ou je lis les suites des séries que j’ai entamé, il a donc rapidement fini entre mes mains. À noter de nouveau une couverture, illustrée par Aurélien Police, que je trouve magnifique.

Ce second tome nous plonge ainsi directement dans la suite des évènements du Château des Millions d’Années, où la fameuse arme secrète a été en partie perdue au profit des Anglais et où Saxhäuser est porté disparu. L’Allemagne décide donc de lancer une opération secrète pour retrouver l’élément manquant de cette arme qui pourrait changer le cours de la guerre, voir de l’Histoire. J’avoue avoir replongé très facilement dans cette suite. J’avais pourtant un peu peur de m’y perdre, car de nombreux personnages se télescopent dans le premier tome, mais l’auteur s’en sort franchement bien pour raviver nos souvenirs. Il y apporte ainsi les informations nécessaires pour qu’on se rappelle d’eux sans non plus se perdre dans trop de répétitions, le tout bien porté aussi par un glossaire qui possède toute son importance selon moi. L’attrait principal de cette suite, c’est aussi qu’on quitte le tome d’introduction pour se retrouver plonger dans un récit que j’ai trouvé encore plus nerveux, efficace et entrainant, alternant rebondissements et action de façon percutante. Le rythme se révèle tendu et prenant du début à la fin, j’ai même eu l’impression que l’auteur maîtrisait mieux son histoire, se perdant moins dans les détails que dans le tome précédent, même s’il continue parfois d’en faire un peu trop. La construction de l’histoire jouant avec la temporalité du récit entre flashback et bon en avant, permet ainsi aussi de développer de façon réussie et fluide les différentes intrigues qui se croisent et les personnages.

L’univers développé au fil du récit se révèle toujours aussi solide et soigné. On sent clairement que l’auteur a longuement travaillé cette période, ce qui se ressent dans le sens du détail et la profondeur de ce qu’il construit en image de fond sur l’aspect de la seconde guerre mondiale. Il évite ainsi, je trouve, de tomber dans la facilité, nous offrant une étude complexe de la situation que ce soit d’un point de vue politique ou encore social, et évite aussi le manichéisme, nous rappelant qu’en période de guerre beaucoup de choses sont permises. Un travail de fond captivant et surtout qui permet d’en apprendre plus sur cette époque, tout en se laissant entrainer dans des aventures pleines de rebondissements et de surprises. Mais surtout là où il arrive vraiment à s’en sortir c’est dans cette pointe de SF mise en place depuis le premier tome, et dont je ne révèlerai rien pour éviter de trop spoiler , mais qui se greffe de façon efficace à l’intrigue, sans non plus tomber dans le grand n’importe quoi. Un jeu d’équilibre réussi et dont il donne envie de voir ce qu’il va nous proposer par la suite et de savoir comment l’auteur va s’en sortir par la suite avec le mélange historique.

Concernant les personnages, je ne vais pas le cacher, le héros Saxhäuser est clairement en retrait dans ce tome qui met plus en avant la mission de récupération de l’arme et les personnages d’Erchingen, de Ziegler et de Maud. On découvre ainsi trois personnages qui ne manquent pas non plus d’intérêt, nous happent assez facilement permettant aussi de mettre en avant la complexité qu’il peut y avoir entre les différents services allemands, Erchingen représentant le service de renseignement militaire là où Ziegler lui fait parti des SS. Maud n’est pas non plus en reste, nous dévoilant une héroïne complexe, forte et qui ne manque pas de charisme, qui donne envie d’en apprendre plus sur elle tant elle garde de nombreux mystères par-devers elle. Cela ne veut pas dire pour autant que notre héros principal disparait, il reste présent de façon très ponctuel, nous proposant un protagoniste toujours en plein doute, qui doit faire face à des choix. Les personnages secondaires ne manquent pas non plus de se révéler efficaces, offrant de nombreuses surprises. Je reste toujours un peu en attente concernant le personnage d’Andrea, car même si ce tome offre quelques rebondissements, je pense qu’elle a encore des révélations à faire. À moins que je me trompe complètement.

Quelque points m’ont tout de même dérangé dans cette suite. Comme je l’ai dit, même si j’ai trouvé ce tome mieux maitrisé que le précédent, j’ai tout de même eu l’impression une ou deux fois que l’auteur se perdait dans son besoin du détail, là où certaines scènes auraient pu être épurées à mon goût, tirant un peu pour garder du suspens alors que ce n’est pas obligatoirement nécessaire. Ensuite, un point légèrement frustrant c’est qu’une fois la dernière page tournée, j’ai eu cette impression de ne pas avoir avancé. Comme je l’ai dit Saxhäuser reste en retrait, ce qui fait qu’on est plus dans ce qu’on pourrait considérer comme une intrigue « secondaire » mise en avant, alors que le fil rouge principal évolue que très peu. C’est un choix qui certes, j’avoue a tout de même plutôt bien marché, car je me suis retrouvé embarqué dans cette suite, je ne le nie pas, mais voilà j’attendais quand même un peu plus d’informations de ce second tome. Attention rien de non plus bloquant, j’ai largement apprécié ma lecture, mais voilà j’attendais plus sur certains aspects. En tout cas l’ensemble est toujours porté par une plume efficace, entrainante, précise qui nous plonge finalement assez facilement dans ce récit mélange d’aventure, d’action et de SF. Je lirai le troisième tome sans soucis et avec grand plaisir.

En Résumé : J’ai de nouveau passé un tr-s sympathique moment de lecture avec la suite de ce cycle qui nous offre une histoire mélange d’Histoire, d’aventures et de SF qui se révèle, selon moi, mieux maîtrisé dans son rythme que le premier tome, offrant une intrigue efficace, entrainante, pleine d’action et percutante. L’univers construit continue à se révéler solide, on sent bien toute la passion de l’auteur sur cette époque, nous offrant ainsi une image de fond nuancé et réussie. Concernant les personnages, le héros du premier tome est un peu en retrait, même si présent ponctuellement et toujours ainsi intéressant à découvrir. Cela permet de mettre en avant de nouveaux protagonistes qui ne manquent pas d’attraits, denses et nous entrainant assez facilement dans leurs aventures. Au final je regretterai tout de même deux choses, quelques longueurs l’auteur en faisant un peu trop quelque fois dans le détail, et surtout une intrigue qui, même si elle a des qualités, parait pour l’instant plus secondaire. Rien de non plus bloquant, car j’ai de nouveau été emporté par le récit, bien porté par une plume simple, efficace et entrainante. Je lirai la suite sans soucis.

 

Ma Note : 7,5/10

Blizzard Livre 2, Les Guerre Madrières – Pierre Gaulon

blizzard t2 les guerres des madrieresRésumé : Dans le premier tome de la saga de fantasy Blizzard, Le Secret des Esthètes, la révolte s’est propagée contre la tyrannie de l’Inquisiteur, des pentes montagneuses balayées par les vents glacés aux somptueuses galeries souterraines des Esthètes jusqu’à la capitale où se tient le Grand Tournoi. L’invasion des Erzats, le peuple mi-humain mi-animal irradié par la magie, menace de déclencher une nouvelle grande guerre. Au coeur des montagnes, Chasseur, le jeune leader des révoltés, embarque pour le plus dangereux des voyages : explorer la part sombre de sa mémoire. Qui est-il réellement ? Ravivera-t-il les récits des terribles premières grandes guerres ? Réussira-t-il à trouver l’enfer des mages où se terre l’ombre de son étrange maître, Blizzard ?

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Je m’étais laissé tenter en début d’année, par le premier tome de ce cycle par la faute à l’époque de la couverture et des premiers retours plus que positif que j’avais. J’avoue que je n’avais pas été totalement emballé pr le démarrage, mais l’ensemble possédait assez de potentiel pour me convaincre de laisser une chance à la suite (ma chronique ici). Et vu que j’ai décidé dans les prochains jours de me lancer dans une sorte de défi « lis des suites qui sont dans ta PAL », j’ai donc décidé de sortir ce tome 2. A noter la couverture que je trouve sympathique même si, pour moi, moins marquante que celle du premier tome.

Mais alors qu’en est-il de ce second tome. Bah !, je dois bien avouer que même si l’ensemble reste dans la même veine que le premier et se lit facilement, je ne suis toujours pas convaincu par l’ensemble et ressort même mitigé par ma lecture. On y retrouve clairement les défauts et les qualités du tome précédent, la nouveauté en moins. Au niveau de l’intrigue elle va se retrouver ainsi scinder en deux, une partie qui reprend la trame du premier tome concernant le tournoi, l’inquisiteur ses manipulations ainsi que la révolution qui gronde, et une seconde partie qui décide de nous offrir un flashback développant les guerres madrières contre les Erzats. Ce qu’on ne peut pas enlever au récit c’est que ça se lit vite et sans temps morts, surtout que là ou le premier tome, finalement, servait de base, cette suite permet d’offrir, principalement grâce à cette guerre, plus d’action et de rebondissements. Il faut aussi rappeler que l’auteur est aussi un écrivain de Thriller, ce qui se ressent dans le rythme et la tension qu’il cherche à mettre en place au fil des pages qui fait que le lecteur tourne les pages avec un minimum d’envie. Sauf que voilà, pour moi, le reste ne suit pas. J’en suis à la fin du second tome et j’ai l’impression d’avoir un récit qui, dans un premier temps, n’avance pas avec un flashback qui prend la moitié du roman ce qui me parait trop long pour ce qu’il apporte, et qui ensuite est trop banal, trop classique dans son développement alignant des scènes qui ont un air de déjà-vu et dont l’auteur a du mal à vraiment y insuffler son propre souffle.

Alors certains pourraient me dire que je suis un nostalgique de la Fantasy qui se perd dans de long développement offrant autant une aventure qu’un voyage, sauf que je ne serai qu’à moitié d’accord. Oui j’apprécie un roman qui prend son temps en travail de fond, mais je peux aussi savourer un roman qui va vite, du moment qu’il développe un minimum son récit ce qui ne m’a pas paru le cas. Attention je ne dis pas qu’il n’y a pas d’intrigue, mais déjà m’offrir ce qui parait tendre vers un combat face à un inquisiteur méchant car il est très, très méchant je trouve ça un peu trop caricatural et binaire pour vraiment m’emballer. Ensuite tout l’aspect météo et les conséquences sont occultées ou à peine esquisser et cette fameuse rébellion manque de finesse et de profondeur je trouve.  Au bout de deux tomes j’ai finalement le sentiment que rien n’est développé que ce soit dans l’univers construit, les personnages ou encore la complexité de l’intrigue, mais comment pourrait-il l’être devant la multiplication des personnages et des points de vues, ainsi qu’un chapitrage trop court qui ne tient parfois que sur une feuille recto-verso. Pourtant l’ensemble possède quand même quelques qualités, la capacité de l’auteur à maintenir une tension dans le récit y joue fortement, mais c’est trop peu pour me convaincre de continuer tant l’histoire parait convenue, déjà-vue et qu’elle manque de densité.

Concernant l’univers, je ne vais pas mentir, il est, on va dire, un minimum solide. Il ne possède pas de véritables incohérences qui pourrait le rendre ennuyeux ou mauvais, mais voilà le travail effectué dessus est minimaliste et se ressent encore plus dans ce second tome, une fois l’aspect nouveauté passé. J’espérais ainsi en apprendre plus que ce soit sur l’Inquisiteur, les chimères, la magie, le monde en lu-même, les Erzats, les Esthètes, ou encore les tenants et les aboutissants de la guerre qui se prépare et, même si on a quelques bouts de phrases explicatives, l’ensemble ma parait trop léger pour vraiment m’emporter. Alors après si la profondeur de l’univers n’est pas votre première attente, vous risquez de plus accrocher que moi, mais de mon côté c’est un peu pour ça que je lis de la Fantasy, pour découvrir de nouveaux univers, voir le travail d’imagination que peut proposer le récit, la cohérence et ici je me suis vraiment senti frustré, surtout qu’il y a un certain potentiel. Il faut aussi ajouter que, même si cette suite est plus nerveuse, on ressent quand même clairement le tome de transition où, à la fin de la lecture, on n’a pas vraiment eu l’impression de beaucoup avancer, voir même de stagner.

Concernant les personnages ils se retrouvent finalement à avoir les mêmes qualités et les mêmes défauts que l’oeuvre, certes ils se révèlent entrainant à travers leurs énergies et leurs aventures, mais ils manquent quand même grandement de profondeur. Certes le premier tome leur avait offert des bases plutôt solide, mais franchement cette suite aurait pu/dû amener quelques explications qui m’ont paru manquer. Alors on me dira bien que la fin offre la révélation sur Chasseur, sauf que franchement, on la voyait venir depuis la fin du premier tome, difficile donc dans ce cas de la considérer comme vraiment percutante ou intéressante surtout qu’elle tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. Ce qui est dommage c’est que le flashback apporte aussi son lot de nouveaux personnages qui ne sont que peu esquissés, donc difficiles à vraiment s’intéresser ou s’attacher à eux, mais surtout réduit considérablement la présence de personnages dont j’attendais plus de développement tel que Blizzard, Chasseur ou encore Iak. Je reste aussi toujours mitigé concernant les personnages qui apparaissent en tant que narrateur le temps d’à peine un ou deux chapitres, je n’en vois que rarement l’utilité. Dommage.

Au final je pense que ce roman plaira à ceux qui cherchent une histoire nerveuse, simple, efficace et qui ne se prend pas la tête, privilégiant l’aventure, pour ma part j’ai trouvé que l’ensemble ne faisait que survoler l’ensemble, ce qui fait que je suis ressorti frustré de ma lecture. C’est dommage, car on ne peut pas enlever au roman certaines qualités comme un sens du rythme maîtrisé par l’auteur et aussi une plume vive, nerveuse et entrainante. Je vais donc m’arrêter là avec ce cycle.

En Résumé : Je dois bien avouer que je ressors mitigé de ma lecture de ce second tome du cycle Blizzard qui, je trouve, ne reste finalement qu’en surface de ce qu’il construit là où j’attendais plus. L’auteur scinde ainsi son récit en deux avec une partie sur le présent et le tournoi et un flashback sur les guerres Madrières, sauf qu’une fois terminée je n’ai pas eu l’impression d’avancer et surtout l’ensemble offre une impression de déjà-vu sans que l’auteur arrive à y insuffler un souffle. C’est dommage, car l’ensemble possède tout de même des qualités se révélant nerveux, bien porté par une plume entrainante et on tourne les pages assez facilement. En ce qui concernant l’univers je dois bien avouer que j’en attendais plus, j’ai eu l’impression que l’auteur ne faisait que l’effleurer pour ne se concentrer que sur son intrigue. Même chose pour les personnages, surtout que le flashback vient apporter de nouveaux personnages ce qui limite encore plus les héros principaux. On sent que l’auteur vient du Thriller ou tout doit aller plus vite, mais j’aurai aimé une image de fond et des protagonistes un peu plus épais et travaillés. Au final un deuxième tome dont je ressors mitigé et dont je ne lirai pas la suite.

 

Ma Note : 5/10

Mémoires de Sable – Emmanuel Jouanne & Jacques Barbéri

Mémoire de sable-couverture.inddRésumé : Le stathouder Arec est chargé par la PSI (Protection Surveillance Intervention) du bunker d’éliminer Anjelina Séléné contaminée par les «autres». Il efface comme à chaque fois, en bon professionnel, sa cible, mais l’image de cette femme hante régulièrement ses pensées. Aurait-il exceptionnellement des remords? Une fois sa mission effectuée, il réintègre le bunker, bâtiment souterrain où travaillent et sont logés les membres de la PSI. Il emprunte des chemins détournés en évitant comme à son habitude les postes de contrôle, mais cette fois-ci un fonctionnaire zélé aperçoit son manège et le dénonce. Arec est convoqué par ses supérieurs, mais l’entrevue tourne plus autour de sa dernière «cible» — l’a-t-il réellement effacée — que des entorses au règlement. Qui est réellement cette jeune femme pour que les instances dirigeantes du bunker s’y intéressent à ce point? Kô, son ami et voisin, a qui il demande régulièrement conseil pense qu’il n’y a pas besoin de lire entre les lignes pour conclure que les dirigeants du bunker veulent sa peau d’une manière ou d’une autre. Mais qui sont réellement les gouvernants du bunker et, au delà, des différentes communautés qui peuplent la surface? La Tête, alias le président, alias le condottiere, qui ne montre jamais le même visage sur l’écran des Anes, et dont personne ne connaît la véritable apparence —humain, machine, extra-terrestre? Ou bien la Girouette chargée d’énoncer lois et règlements et qui n’hésite pas à faire intervenir les jeux de hasard pour attribuer certains fonctions ou certains titres?

Edition : La Volte

 

Mon Avis : J’avoue qu’avant de me lancer dans la lecture de ce roman je ne connaissais rien des auteurs. J’ai bien un livre de Jacques Barbéri qui traine dans ma PAL depuis quelques temps, mais dont je n’ai pas encore fait la découverte. Par conséquent quand j’ai vu le résumé de ce livre sur le masse critique de Babelio j’ai décidé de me laisser tenter à la découverte et j’ai eu la chance d’être sélectionné. Je remercie dons Babelio ainsi que les éditions de La Volte pour m’avoir permis de lire ce livre. il est à noter qu’il s’agit d’un roman écrit à quatre mains, suite à la disparition d’Emmanuel Jouanne dont le manuscrit a été repris et complété par Jacques Barbéri qui a bien connu l’auteur et avait déjà collaboré avec lui.

Dès les premières pages on plonge ainsi dans le quotidien d’Arec dont la mission est d’effacer Anjelina Séléné, mission qu’il va réussir à la perfection comme il le fait toujours. Sauf que voilà, à partir de là tout va déraper et pour des raisons nébuleuses il va devoir s’échapper, traquer par son employeur. Il va ainsi se lancer dans une course-poursuite avec comme compagnon de fuite un ange, une artiste de rue et une chicherie, une chimère croisement entre une chauve-souris et un porc. Barré? oui complètement et le roman l’assume pleinement ce qui est finalement l’un de ses grands avantages. On est ainsi assez facilement happé par ce roman d’aventure et de science-fiction surréaliste qui parait partir dans tous les sens, mais qui pourtant possède un rythme qui se révèle efficace et percutant. Alors certes il faut apprécier ce genre de récit, où la réalité et la logique dépendent un peu des envies des auteurs, mais si c’est le cas alors il pourrait plaire, surtout que l’ensemble arrive clairement à obtenir une cohérence porté par des explications efficaces et qui collent parfaitement à l’univers. Les auteurs jouent ainsi assez facilement et de façon convaincante avec les rebondissements et les révélations ce qui fait qu’on tourne les pages, même si, il est vrai, l’ensemble se révèle tout de même assez linéaire dans son évolution et son avancée. Une intrigue bien amenée aussi par une ambiance assez ambigüe et nébuleuse, jouant avec l’imagination du lecteur.

L’univers futuriste présenté dans ce roman ne manque pas non plus d’attrait et se révèle lui aussi assez coloré et barré, même si, je l’avoue, il m’a paru tout de même manquer un peu d’informations, de profondeur. On y trouve ainsi une critique que je trouve assez intéressante de notre combat inutile et perdu d’avance face à la nature, d’un monde qu’on a laissé sombrer et qui d’une certaine façon se rebelle devant ce qui parait être les Autres. On note aussi un parallèle efficace entre l’organisme qui emploie Arec qui tend vers le contrôle et la surveillance absolue et la soit disant contamination des autres plus « organique » et désorganisée. Arec va ainsi, de façon certes un peu convenu et déjà-vu, démontrer qu’au fil des pages qu’il est un peu le lien entre les deux ; c’est son évolution, ses questionnements et son acceptation qui vont démontrer que la guerre n’est peut-être pas toujours la solution. Sauf que voilà j’ai tout de même trouvé que l’univers en soit, manquait de complexité, que ce soit par exemple sur les autres dont on ne sait finalement que peu de choses voir même autant le dire quasiment rien, ou encore sur la Tête dont les actes restent finalement très nébuleux et un peu caricaturaux, ce qui est légèrement frustrant car ils sont quand même les deux grands axes de ce monde. On constatera par contre une réutilisation des contes, légendes, mythologies détournés de façon assez déroutant et surprenante à travers les aventures de nos héros, qui, je trouve, apporte un certain plus à l’ensemble.

Concernant les personnages je me suis finalement laissé assez facilement porté par les aventures du héros et de ses compagnons. Alors certes cela manque un peu de profondeur pour faire qu’on s’accroche complètement à lui ou aux autres personnages, mais là n’est pas le but recherché du récit, mais plus de nous offrir des aventures délirantes qui portent le lecteur. Ils sont ainsi plus là pour faire avancer l’histoire et apporter une dose de fun, d’humour et de punch par des dialogues qui se révèlent percutants, bien portés par jeux de mots, humour et calembours efficaces. Les personnages secondaires sont dans le même état d’esprit, permettant de faire avancer l’intrigue par leurs révélations et leurs actions. Sauf que voilà, j’ai trouvé que ce manque de profondeur se révélait aussi légèrement frustrant, cela empêche le personnage principal de vraiment gagner une dimension supplémentaire et fait que certaines interactions entre les protagonistes manquent d’explications et par conséquent d’attraits, même si rien de non plus vraiment bloquant. J’émettrai aussi quelques réserves sur le changement de narration au fil des chapitres entre Arec et Kô qui paraissent parfois un peu servir de remplissage.

Au final je dirai que pour se laisser porter par ce récit il faut deux choses. Premièrement, accepter le genre d’histoire bien barré, surréaliste qui reprend des thèmes et des contes déjà connus pour nous offre une histoire sorte de Dorothy qui remonte le chemin du monde d’Alice avec ces équipiers pour découvrir la menace (je caricature bien entendu et mes références sont un peu pourries, mais c’est un peu l’impression que j’avais) le tout de façon potache et amusante. Même si bon, parfois, j’ai trouvé que certaine blagues étaient un peu lourdes. L’autre point est qu’il faut aussi accepter que ce roman n’est rien de plus qu’un divertissement, il ne cherche pas à être plus que cela et, finalement, remplit plutôt bien ce rôle. Un roman sans prise de tête, qui se lit facilement, mais qui est loin d’être non plus le plus marquant qui soit. Le fait que le roman soit écrit à quatre mains ne se ressent même pas tant l’ensemble se révèle finalement fluide. Bon il ne me reste plus qu’à découvrir la plume de Barbéri seul qui m’attend dans ma PAL et pourquoi pas un jour trouver un roman de Jouanne.

En Résumé : J’ai passé un sympathique moment de lecture avec ce roman qui nous propose une histoire complètement barré avec de l’aventure, des rebondissements et des surprises le tout porté par une bonne dose d’humour, de jeux de mots et de calembours, certes parfois un peu lourd. Autant le dire tout de suite ce récit ne cherche que le divertissement et il remplit plutôt bien son rôle, on tourne ainsi les pages avec un minimum de plaisir, plongeant dans un monde ambigu où l’homme continue son combat inutile et limiter perdu d’avance face à la nature et où l’on croise des personnages hauts en couleurs et qui, certes, manquent un peu de profondeur, ce qui est parfois frustrant, mais se révèle entrainant et nous plongent dans leurs aventures avec facilité. Alors après si vous cherchez plus que le simple divertissement qui fait sourire ou si vous n’aimez pas les histoire un peu barré et surréalistes passez votre chemin, sinon pourquoi pas vous laisser tenter par cette histoire qui, certes est loin d’être marquant, mais offre un moment de détente sympathique, bien porté par une plume efficace et entrainante, malgré certains passages qui m’ont paru un peu de remplissages. Je me laisserai maintenant bien tenter par le livre de Jacques Barbéri qui traine dans ma PAL.

 

Ma Note : 7/10

Mes Achats du Mois de Novembre 2015

Le mois de Novembre étant maintenant terminé, il est temps de vous présenter mes achats effectués. J’avoue avoir eu un mois plutôt bien rempli, puisque pas moins de 10 livres viennent rejoindre ma PAL, ainsi que 3 ebooks et 2 beaux livres.

Novembre-15

Voilà donc mon butin de Novembre 2015 :

  • La Fenêtre de Diane de Dominique Douay aux éditions Les Moutons Électriques. Je me suis laissé convaincre pas le résumé qui se révélait accrocheur.
  • Cygne, L’Intégrale de Patricia A. McKillip aux éditions Mnémos. Après avoir été convaincu par Les Fantômes d’Ombria je me suis donc laissé tenter par cette intégrale.
  • Étoiles Mourantes de Jean-Claude Dunyach aux éditions Mnémos. C’est sans surprise que ce livre rejoint ma PAL.
  • La Voix de L’Empereur Tome 2, Le Poignard & La Hache de Nabil Ouali aux éditions Mnémos. Après un premier tome plutôt sympathique avec un potentiel intéressant je me suis laissé convaincre par cette suite.
  • Origines Tome 2, Le Marteau de Thor de Stéphane Przybylski aux éditions Le Bélial. J’avais hâte de voir ce qu’allait proposer l’auteur.
  • Moriarty, Le Chien des D’Urberville de Kim Newman aux éditions Bragelonne. Entre la magnifique couverture et le fait que le héros soit Moriarty je me suis laissé facilement tenter.
  • Utopiales, L’Anthologie 2015 aux éditions ActuSf. N’ayant pas pu aller aux Utopiales, c’est Mariejuliet qui a fait le tour des auteurs pour moi. Je la remercie encore.
  • L’Origine des Victoires d’Ugo Bellagamba aux éditions Hélios. Un livre qui me tentait depuis un bon moment déjà.
  • Journal de Nuit de Jack Womack aux éditions Folio SF. Un livre dont j’entends parler depuis un petit moment et qui a donc rejoint ma PAL.
  • Le Glaive de Justice de B.&F Darnaudet & Gildas Girodeau & Philippe Ward aux éditions Hélios. Je me suis laissé tenté par un résumé accrocheur.

Puis en ebooks :

  • Les Chroniques de Siwès Tome 1, La Guerrière Fantôme de Lise Syven
  • Troie, L’Intégrale de David Gemmell
  • Dévoreur: Les Sentiers des Astres de Stéfan Platteau

Et pour terminer deux beaux (magnifiques) livres :

beaux livres

  • Le Coffret Jadis de Charlotte Bousquet & Mathieu Gaborit &Régis Antoine Jaulin & Raphaël Granier de Cassagnac & Nicols Frustus & Frédérc Weil aux éditions Mnémos
  • Harry Potter and the Philosopher Stone de J.K. Rowling et illustré par Jim Kay.

Les Deux Mondes Tome 1, Le Réseau – Neal Stephenson

les deux mondes t1 le reseauRésumé : Richard Forthrast a fui l’Iowa dans les années 1970 pour échapper à la guerre du Vietnam. Réfugié dans les Rocheuses canadiennes, il a fait fortune en important illégalement de la marijuana sur le territoire américain. Passionné de jeux vidéo, il y a ensuite investi une partie de son argent dans la société Corporation 9592, qui exploite T’Rain, un jeu en ligne au succès international. Lorsqu’un mystérieux hacker commence à rançonner les joueurs de T’Rain, une poursuite s’engage pour le démasquer. Très vite, la piste mène en Chine, là où des milliers de gold farmers jouent en permanence afin d’acquérir des artefacts de jeux vidéo, qu’ils revendent ensuite aux joueurs occidentaux. Lorsque la mafia russe, que le même hacker vient de dépouiller de dossiers brûlants, s’en mêle, la partie devient très rapidement mortelle.

Edition : Sonatine

 

Mon Avis : Neal Stephenson fait partie des auteurs que je souhaite découvrir depuis un long moment déjà, mais au lieu de me laisser tenter par ces oeuvres les plus connues comme Snow Crash ou encore le Cryptonomicon j’ai décidé de plutôt faire entrer dans ma PAL le dernier roman publié de l’auteur en France. Surtout que bon, un résumé qui propose un mélange entre Thriller, technologie et MMORPG, j’avoue j’avais envie de savoir ce que ça pouvait donner, et surtout voir comment l’auteur allait s’en sortir. Il est à noter que ce roman est sorti en VO en un seul tome, mais au vu de la taille du roman après traduction la maison d’édition a décidé de le scinder en deux.

On plonge ainsi au milieu de la famille Forthrast, dont l’un des membre, Richard, est le créateur d’un des MMORPG les plus connus de la planète. Mais voilà tout va basculer le jour ou sa nièce, Zula, va disparaitre après l’apparition d’un mystérieux virus informatique dans le jeu. Je dois bien avouer que la première chose qui frappe quand on plonge dans un roman de l’auteur, c’est son sens du détail poussé. En effet le récit va se révéler extrêmement dense, que ce soit en explications, descriptions, travail sur les personnages et les lieux. Mais surtout la grande force, je trouve, est qu’il arrive par son talent de conteur a rendre l’ensemble fluide, entrainant et cohérent. Alors attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dis, certains trouveront l’ensemble trop long, surtout si vous appréciez les romans courts, nerveux et percutants, mais de mon côté je n’ai jamais considéré ic le sens du détail pointu comme des lourdeurs tant j’étais emporté par le récit. Après c’est vrai que quelque fois il en fait quand même un peu trop, comme par exemple la couleur des fleurs dans une scène de fuite qui n’apporte rien, et pourtant Neal Stephenson a quand même réussi à me happer du début à la fin. Je me suis ainsi retrouver à tourner les pages avec grand plaisir et l’envie d’en apprendre plus (pour information à tel point par moment que j’en ai loupé ma sortie de rer pour aller bosser).

Le roman se retrouve ainsi, pour moi, séparé en deux, avec une première partie qui tourne autour du virus informatique, de la liaison entre les fameux mondes virtuels et le monde réel et l’économie qui tourne autour, le tout sans d’ailleurs tomber dans le cliché ou l’absurde, qui vient ainsi poser l’histoire et se révèle vraiment intéressante, avec rebondissements et révélations. Puis, vers la moitié du livre, l’auteur va varier un peu son registre pour, on va dire, plonger dans le thriller Blockbuster avec son lot d’action, d’explosion, de fusillades et de manipulations, ce qui est franchement très sympathique, mais qui je trouve a légèrement desservi mon ressenti de lecture. Pas de quoi non plus bloquer mon intérêt pour l’histoire ou complètement me déconnecter du récit, mais voilà la première partie me laissait présager un thriller technologique un peu intimiste et me retrouver finalement devant un Blockbuster m’a légèrement perturbé, surtout que malgré tout le talent de l’auteur il ne peut éviter certains clichés un peu convenus. Un peu comme s’il cherchait à se lancer dans le cinéma Hollywoodien. Cela n’empêche pas pour autant l’intrigue de se révéler un minimum intelligente, principalement dans ses aspects liés à l’argent et aux nouvelles technologies. Je regrette par contre certaines simplicité, principalement dans la facilité dont certains personnages ont une approche de la situation parfois trop froide et cartésienne. Au final cela ne m’a pas non plus empêché de passer un assez bon moment de lecture avec cette histoire sui, finalement, m’a paru addictive, efficace et divertissante, le tout sans temps morts.

Concernant l’image de fond qui est développé tout du long, comme je l’ai dit l’auteur ne laisse rien au hasard poussant les descriptions dans les moindres détails, je ne reviendrai pas sur les qualités et les défauts que cela peut avoir pour chacun, mais on sent clairement que l’auteur ne laisse rien au hasard. Il parait s’être ainsi fortement documenté pour rendre le maximum des informations données palpables, cohérentes et surtout réalistes. On évite ainsi clairement de tomber dans certains écueils que pouvait présager un roman nous proposant terrorisme, hacker, MMORPG et geek. D’ailleurs le fait que l’auteur ai travaillé dans le milieu de l’informatique joue beaucoup dans sa capacité à présenter cet univers de façon audible et compréhensible. L’univers de T’Rain, le jeu multi-joueur, qui vient s’insérer dans l’intrigue apporte je trouve aussi quelque chose d’intéressant et de différent, permettant ainsi certaines libertés. L’auteur nous offre aussi un travail de fond sur l’économie numérique assez fascinante, avec ses forces et ses faiblesses, sans non plus la dénigrer. En tout cas de quoi me donner envie de voir comment l’auteur va continuer à mélanger les deux par la suite.

Les personnages ne sont pas non plus en reste, car tout comme le travail de fond concernant l’univers, ils se révèlent eux aussi denses, soignés et travaillés. Chaque protagoniste possède ainsi une profondeur, un passé, une histoire, des envies, des défauts ou encore des ambitions, ce qui permet de mieux les situer, les comprendre et suivre leurs aventures. On s’attache ainsi facilement à certains d’entre eux, on déteste ceux qui doivent l’être tout en les comprenant d’une certaine façon dans leurs actes et leurs conséquences ; à quelques exceptions près. Finalement le regret principal concernant les personnages vient de certains stéréotypes que l’auteur pousse parfois un peu trop, je pense principalement aux terroristes, même si j’espère plus de nuance dans le prochain tome et aussi une frontière parfois un peu trop visible entre le bien et le mal. Même s’il y a bien quelques tentatives de nuance, j’ai ainsi trouvé qu’ils étaient parfois un peu trop manichéens, mais au final si rien de non plus trop bloquant.

La plume de l’auteur se révèle dans tous les cas vraiment entrainante, fluide, efficace et vivante plongeant ainsi facilement le lecteur dans son histoire. Au final si vous cherchez un Thriller un minimum intelligent et complexe avec son lot d’action, de tension et de fusillades vous risquez d’accrocher, si vous cherchez plus que ce, là, vous risquez de ressortir déçu. Dans tous les cas de mon côté j’ai plutôt apprécié ma lecture, malgré un léger besoin d’adaptation face au basculement du récit vers le Blockbuster. Je lirai en tout la suite avec plaisir et envie de savoir comment l’auteur va gérer la suite, mais surtout je me laisserai bien tenter par d’autres de ses oeuvres.

En Résumé : J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce thriller qui nous offre une histoire où vient se mêler nouvelles technologies, terrorisme, action et tension. Ce qui marque dans ce roman c’est le sens du détail très poussé de l’auteur, cela pourra en bloquer certains, mais moi j’ai vraiment été happé par le travail de fond et les descriptions qui m’ont paru rendre l’ensemble plus vivant, surtout que l’auteur possède un talent de conteur qui fait que je n’ai que rarement ressenti des longueurs, même si, il ne faut pas le cacher, il y en a quelques unes. J’avoue par contre avoir été surpris par ce changement, vers le milieu du livre, passant d’un thriller plus intimiste à ce que je considère comme un Blockbuster, car même si l’ensemble ne reste pas mauvais, j’ai trouvé que l’auteur ne pouvait éviter certains clichés. L’image de fond développé tout du long se révèle soignée, complexe et surtout on sent que l’auteur s’est fortement documenté pour mettre en place son récit. Les personnages ne manquent pas non plus de densité, offrant ainsi des héros avec une profondeur qui fait qu’on les comprend, à quelques exceptions près. Je reprocherai par contre certains stéréotypes, principalement sur les personnages des terroristes, même si j’espère plus de nuance dans la suite. La plume de l’auteur se révèle fluide, vivante et entrainante et je lirai la suite sans problème. Au final un premier tome divertissant et efficace, qui ne se prend pas la tête avec son lot d’action et d’explosion et une histoire un minimum complexe et intelligente, si vous espérerez plus vous risquez d’être déçu.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Léa, …

Je Suis la Reine – Anna Starobinets

je suis la reineRésumé : Tous les enfants s’inventent des règles à respecter. Mais pour Sacha, transgresser les Règles pourrait avoir de terribles conséquences. Lorsque Dima monte dans le train, il est loin de se douter qu’il va retrouver sa famille – une famille qu’il n’a jamais vue. Oublier une soupe dans un réfrigérateur peut avoir des répercussions inattendues. Que s’est-il vraiment passé ce chaud dimanche d’août pour que Maxime, huit ans, change au point d’affirmer à sa mère : «Je suis la reine»? Il y a quelque chose d’étrange chez Yacha, ce matin, mais quoi? Est-ce vraiment son cœur qui s’est arrêté de battre?

Edition : Mirobole
Poche : Folio SF

 

Mon Avis : Ce livre, j’en entends parler depuis un petit moment déjà. Il faut bien avouer qu’un recueil de nouvelles fantastiques a aussi toujours le don de m’attirer, surtout qu’il s’agit d’un genre qui a, je trouve, de plus en plus de mal à se faire publier. Pourtant il a fallu attendre sa sortie en poche pour que je me laisse enfin tenter et fasse rentrer ce livre dans ma PAL. Manque de temps, d’espace et surtout j’attendais les premiers retours pour savoir à quoi m’en tenir. Une fois rassuré, même si je manque toujours de temps et d’espace, je me suis rapidement laissé tenter par ce livre. Concernant la couverture, illustrée par Bastien Lecouffe-Deharme, je la trouve réussie. Il est à noter que ce recueil contient six nouvelles de l’auteur.

Les Règles : Ce texte se base sur une idée toute simple, les règles qu’un enfant se fixe sans lesquelles le monde ne tournerait plus si bien pour lui. Qui ne s’est d’ailleurs jamais lancé dans ce genre de règle de marcher un carreau sur deux, d’avancer selon une contrainte bien précise ou encore par exemple considérer que tel élément doit être obligatoirement rangé de cette façon sous peine de voir des catastrophes? C’est sur cette idée que l’auteur nous fait découvrir un enfant dont les règles tendent vers les TOC. Un texte court, incisif, percutant et surtout lentement insidieux et dérangeant, offrant ainsi un fantastique léger, qui joue avec la folie et qui se révèle terriblement accrocheur. Vérité ou jeu de l’esprit, le lecteur se fait sa propre idée, mais surtout se retrouve emporté par ce récit à la conclusion glaçante.

La Famille : Cette nouvelle nous offre aussi ici un récit qui peut paraitre classique, avec un homme qui va voir sa vie se déconstruire et prendre une tournure qu’il ne pensait pas voir, se retrouvant marier, et surtout qu’il va finalement relativiser. Sauf que voilà l’auteur rend l’ensemble clairement fascinant à suivre avec cette ambiance déroutante, perturbante, parfois légèrement angoissante, jouant de nouveau entre folie et fantastique, réalité et imagination, où chacun se laisse emporter, se faisant sa propre idée. Elle y ajoute aussi une légère pointe d’humour, d’absurde et de cynisme qui apporte un plus à l’ensemble, déroutant un peu plus de façon positive le lecteur. De nouveau un texte réussi et efficace, même si je l’ai trouvé légèrement moins réussi que le premier par un sentiment légèrement « brouillon » dans sa construction.

J’Attends : Cette fois on quitte un peu le fantastique angoissant, pour quelque chose de plus léger, un fantastique où l’humour se retrouve bien présent, mélangé toujours à cet aspect de folie qui se développe lentement au fil des pages. On découvre ainsi un homme qui va laisser une soupe par inadvertance se transformer dans son frigo en quelque-chose qui va changer sa vie. Un très court texte poisseux, déroutant, surprenant, qui certes, j’ai trouvé qu’il possédait un avait de déjà-vu, mais qui se révèle au final solide et efficace.

Je Suis la Reine : On plonge ici dans le gros morceau de cette anthologie avec le texte qui a donné son nom au recueil. De nouveau l’auteur joue ainsi avec le lecteur, nous plongeant dans le quotidien d’une mère divorcée de jumeau, Maxime et sa soeur Vika, qui va voir son fils sombrer dans une sorte de folie douce, de rejet et de solitude. Je me suis rapidement retrouvé happé par ce texte qui, finalement, traite de problème clairement d’actualité, comme celle de famille décomposée ou encore l’adolescence, en y ajoutant une bonne couche de fantastique, étrange, surprenant, perturbante, offrant ainsi une ambiance assez sombre qui monte en tension au fil de l’avancée du récit. L’angoisse de cette mère ne laisse pas le lecteur indifférent tant elle se révèle palpable, incompréhensible et tellement réaliste. Le dernier tiers va ainsi proposer une réponse, une conclusion, que j’ai trouvé efficace et surprenante malgré les nombreux indices. L’ensemble est aussi porté par des personnages humains et soignés, des protagonistes comme vous et moi avec leurs forces, leurs faiblesses, leurs doutes et leurs questionnements qui cherchent à vivre une vie normale et offre un travail de fond travaillé. Une belle réussite tant j’ai tourné les pages avec envie d’en apprendre plus concernant cette nouvelle qui devient de plus en plus sombre, plongeant dans l’horreur de façon prenante et captivante plus on avance dans le récit.

L’Agent : Cette nouvelle nous plonge finalement dans la vie d’un agent, une personne tout ce qu’il y a de plus banale, qui mettent en place et font respecter des scénario de vie, de vengeance ou autre. Un texte qui va se révèle vraiment captivant, porté par une ambiance froide et le tout porté par une narration détachée qui fait qu’on se retrouve encore plus intrigué par cet agent, ce qu’il propose et sur tous les mystères qui entourent cette société et son but. Surtout on y retrouve cet aspect de jeu avec le lecteur, entre réalité et imaginaire. Un texte étrange, à la fois intriguant et déroutant par son personnage principal, la place qu’il prend et les révélations qui vont survenir. Une nouvelle de nouveau réussie, même si je reste légèrement frustré de la conclusion qui m’a paru manqué de complexité. Mais bon rien de dérangeant.

L’Eternité selon Yacha : La dernière nouvelle du recueil nous plonge ainsi à la découverte de Yasha qui un jour constate que son coeur ne bat plus et va, par conséquent, être déclaré mort alors qu’il continue à exister. On se retrouve ainsi embarquer dans une nouvelle qui prend le parti pris de l’absurde, offrant au lecteur de nombreuses scènes pleines d’humour noir et de cynisme, et qui au fil des pages va changer ; l’émotion et la pitié lié à ce personnage qui se retrouve complètement perdu prenant le pas sur l’absurdité de la situation, tout en restant cohérent et efficace. Le travail psychologique de son personnage joue beaucoup dans l’intérêt qu’on porte au récit, dans sa façon de sombrer lentement dans une folie devant une telle situation et ses conséquences. Autre point intéressant, la conclusion que j’ai trouvé réussie par son côté surprenant.

 

Au final ce qui transparait à travers ces six textes c’est la façon dont l’auteur travaille sur des situations souvent réels, des maux et des folies qui existent, du quotidien, et à y insuffler une légère dose de fantastique, de dérangeant, de sombre, d’horreur pour facilement happer le lecteur à travers des textes qui se révèle dans l’ensemble maîtrisé, percutant, déroutant et surprenant. Il faut dire aussi que la plume de l’auteur, possédant ce je ne sais quoi de poétique et de troublant joue énormément à la réussite de la construction de ces textes. Les personnages ne sont pas non plus en reste, chacune se révélant attachant, touchant à sa façon, que ce soit dans sa folie comme dans son incompréhension de ce qui arrive. Cela n’empêche pas non plus parfois de traiter de chaque sujet comme la famille, l’adolescence, le couple ou encore par exemple la vie et la mort, le tout avec justesse. Alors certes on pourrait reprocher un certain aspect « classique » aux récit que nous propose l’auteur, mais franchement rien de bien dérangeant tant Anna Starobinets s’en sort parfaitement bien, offrant des textes réussis et captivants. En tout cas de quoi me donner envie de lire d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce recueil de six nouvelles qui nous propose des récits, mélange à la fois complexe et réussi de fantastique, de psychologie,  d’émotion et de personnages denses. L’univers fantastique qui se développe à chaque texte, certes reste très classique, mais se révèle solide, efficace et parfaitement maîtrisé par l’auteur. Surtout chaque texte possède sa propre voix, son propre style, sa propre construction ce qui évite clairement les longueurs et permet au lecteur de se plonger avec un plaisir renouvelé dans chacune d’entre elle. Alors après, c’est vrai que un ou deux textes possèdent quelques légers défauts, mais franchement rien de non plus dérangeant tant j’ai été emporté par ce mélange d’aspect dérangeant, étrange et parfois très sombre, où l’humour noir et le cynisme ne sont pas non plus en reste. Il faut aussi bien dire que l’ensemble est très bien porté par une plume qui se révèle accrocheuse, dérangeante et d’une certaine façon poétique et humaine. En tout cas je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

Ma Note : 8/10

Autres avis : Lelf, Cornwall, Cachou, …

CRAAA

Challenge CRAAA 5ème lecture

Page 68 of 202

© 2010 - 2026 Blog-o-Livre