Auteur/autrice : BlackWolf Page 86 of 202

Yellowstone – L. Albar

yellowstoneRésumé : Dans une Europe gangrénée par des états-policiers, les fascismes ethniques, la déroute citoyenne, recruté par le Bureau des enquêtes fédérales, Frank Malissol devient un flic d’élite. Envoyé à Paris, il est chargé d’une mission à haut risque : enquêter sur les dérives du Département de contrôle des Zones, ces no man’s lands où s’entassent les « Feujs », les « Barbus », les « Niaks » et les « Slavos ». Mais traquer les origines de l’explosion sociale a un prix : accepter d’être le poing de l’État ou son cerveau malade.
Et si cette apocalypse était pour demain, vous, vous qui n’êtes pas des flics, que feriez-vous à leur place ?

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Ce livre a un peu terminé sa course dans ma PAL par hasard, un peu sur un coup de tête. Lors de mes nombreux passages dans la librairie lors des Utopiales, j’ai été rapidement intrigué et attiré par la couverture de ce livre qui se révèle pourtant sobre. Après la lecture du résumé, accrocheur, qui annonçait un thriller futuriste, sombre, ainsi qu’une discussion avec l’auteur pour essayer de mieux situer le livre, j’ai donc décidé de tenter ma chance en le faisant rentrer dans ma bibliothèque.

Ce livre va alors nous plonger sur une terre futuriste où l’humanité et les nations s’entredéchirent de plus en plus, que ce soit pour leurs différences, comme pour leur besoin de montrer qu’ils sont les meilleurs. On se retrouve ainsi à suivre Frank Malissol, flic manipulé par les hautes instances, qui est obligé, pour sauver sa carrière, d’infiltrer la police française. J’avoue avoir finalement eu un peu de mal au début à me laisser happer par ce roman. C’est pas mauvais, mais je me sentais un peu perdu. Il faut dire que les cent premières pages ne laissent rien présager de l’intrigue, je n’arrivais pas vraiment à situer l’importance des personnages, ni les fils d’intrigues que cherchait à mettre en avant l’auteur. Certes ça permet clairement de mettre en avant l’univers et les héros, mais voilà j’avais l’impression que l’auteur cherchait à m’asséner ses idées sur les possibilités futurs de nos choix actuels, me matraquant à chaque page un univers sombre, violent, haineux et en pleine déliquescence, ce qui fait que par moment c’était tellement oppressant que j’en étais dérangé. Surtout que je suis le genre de lecteur qui aime réfléchir un minimum seul, pas besoin de jouer la surenchère pour tenter de me faire réagir ou pour m’ouvrir les yeux, c’est plutôt le genre à me bloquer, hors parfois c’est clairement ce que proposait cette première partie. Je comprends que l’auteur cherchait à planter la base de son histoire, mais plus dilué aurait sûrement, je pense, évité ce démarrage en dent de scie.

La suite va par contre se révéler beaucoup plus réussie et efficace. Notre héros va enfin se lancer dans son enquête et doucement, au fil des pages, les pièces du puzzle vont commencer à se mettre en place pour nous dévoiler une intrigue sociale, environnementale et politique de grande ampleur, le tout mené sans temps morts. On se retrouve ainsi plongé dans une enquête tentaculaire, mélange de thriller, de science-fiction voir même par moment de métaphysique, qui ne va pas manquer de happer le lecteur, le plonger avec un certain plaisir au milieu de jeux de manipulations, de pouvoir et de survie. Le tout est porté par des personnages réussis, denses, ambigus, ce qui empêche peut-être de complètement s’attacher à eux, mais on les comprend et d’une certaine façon les voir tenter de nager à travers toutes les horreurs et les mensonges qu’ils rencontrent cela les rend, d’une certaine façon, fascinants à suivre. Des personnages humains, qui font par moments des choix discutables et ont des visions liés à leurs évolutions, mais qui se révèlent toujours cohérents. Mon seul regret et qu’au départ on suit trois personnages Vlad, Frank et MC, très vite Vlad et Mc vont peu à peu être moins présent, ce qui est dommage, car il y avait peut-être le potentiel pour faire plus.

L’univers qui est développé ici est, comme je l’ai déjà dit, sombre, oppressant, voir même pessimiste. L’auteur est parti des pires tournants possibles de l’histoire pour nous dévoiler un avenir où la planète s’est peu à peu déchirée, consumé par une haine sans raison, qu’elle soit raciale, politique ou encore religieuse. Les clivages n’ont jamais été aussi importants, au bord de la rupture vers ce qui parait une nouvelle guerre. À côté de cela la planète continue à mourir, consumée par l’Homme et seule la conquête de l’espace offre un espoir. Un mince espoir tant les attentats gangrènent ces chantiers spatiaux et la course poursuite entre la Chine et les USA pour terminer son vaisseau le premier amène de nombreux coups bas. Voilà la Terre qui nous est présentée, une Terre sous respirateur artificiel qu’on continue à détruire sans réfléchir, un avenir sans espoir. L’auteur a-t-il raison? Je ne sais pas et vu l’actualité je ne répondrai pas, d’ailleurs là n’est pas, je pense, le propos. Non le propos de l’auteur est de retourner le lecteur, de le pousser à réfléchir, à essayer de se poser des questions, d’imaginer quel avenir on recherche. Après comme je l’ai dit, parfois l’auteur parait chercher plus le conflit que le débat, certaines idées paraissent un peu trop exacerbés, et parfois on peut tout simplement ne pas être d’accord, mais ça n’empêche pas de trouver des échos de la réalité dans ce futur sans espoir. À chaque lecteur de voir s’il accroché ou pas à la réalité de cet univers, ce qui influencera obligatoirement la lecture. J’aurai juste peut-être souhaite des aspects géopolitiques plus complets, l’auteur ne s’attardant finalement qu’en grande partie sur l’UE et un peu sur les USA et la Chine. Par contre, l’aspect technologique se révèle solide, plein de bonnes idées, même si un peu trop dense aussi, comme par exemple cet IRIA ou ce Quan qui ne paraissent qu’esquisser.

Après malgré les qualités de cette seconde partie j’ai quand même ressenti quelques imperfections comme par exemple parfois la facilité dont les informations arrivent jusqu’à notre héros, à croire qu’il n’a pas besoin d’enquêter ça lui tombe directe dans la main. Certains passages que l’auteur développe pour ne quasiment plus en parler par la suite, comme par exemple ce reportage TV qui va couler la couverture du héros mais qu’on oublie. Certains passages un peu trop bavards par moments ce qui crée quelques petites longueurs. Enfin j’ai eu aussi l’impression que l’auteur cherchait un peu par moment à trop en faire que ce soit dans le familier, les idées ou dans les anecdotes, à croire qu’il avait énormément de choses à mettre, mais pas toujours le liant pour parfaitement l’intégrer dans le récit.

La plume de l’auteur se révèle vraiment percutante, incisive et entrainante, malgré parfois un langage parfois un peu trop familier, avec son lot d’insultes facile, mais qui nous plonge facilement dans son récit. J’avoue au final avoir bien accroché à ce livre qui, certes, est loin d’être parfait, mais a réussi au moins à me faire réfléchir sur notre avenir, même si la vision qui nous est dévoilée ici est peut-être un peu trop pessimiste à mon goût sur certains points. À chacun de se faire son avis. En tout cas ce roman m’a donné envie de me laisser tenter par la trilogie Quantex de l’auteur pour voir ce qu’elle propose.

En Résumé : J’ai passé un plutôt bon moment de lecture avec ce roman et cela malgré un démarrage un peu laborieux, la faute à une centaine de pages dont on ne comprend pas bien les tenants et les aboutissants, plongé dans un monde sombre et sans espoir, cherchant plus à nous secouer qu’à vraiment offrir le débat. Puis l’intrigue commence à se mettre en place avec son lot de manipulations et de mensonges et je me suis retrouvé alors happé par cette enquête policière sans temps morts, efficace et prenante. Les personnages se révèlent cohérents, humains, ambigus et même s’il est parfois difficile d’être d’accord avec eux, ils sont efficaces. Je trouve juste dommage que deux des héros soient moins présents au fil des pages malgré leurs potentiels. L’univers présenté par l’auteur se révèle très sombre, violent, rempli de haines et de clivages sur une planète à bout de souffle. Un monde pessimiste qui fait qu’on se pose énormément de questions sur l’avenir, ce qui parait être le but premier du livre. Après je regrette quand même certaines facilités, quelques sous-intrigue mal gérées ainsi qu’une impression que parfois l’auteur cherche à trop en faire. Rien de bien gênant tant le livre remplit son rôle de nous faire réfléchir le tout porté par une plume incisive et entrainante. Maintenant j’ai bien envie de me laisser tenter par Quantex.

 

Ma Note : 7/10

Petit Bilan pour 2014 !

bilan

2015 débutant, je me permets déjà à nouveaux de vous souhaiter une très bonne année, en espérant que cette nouvelle année qui commence se révèle bien remplie. Qui dit nouvelle année dit, par conséquent, bilan sur 2014, un point sur mes lectures et aussi parler des perspectives d’avenir du blog.

Le Blog en 2014

Après une année 2013 où le blog a connu de nombreux changements, amenant sa migration vers WordPress, 2014 fut une année calme vu que je n’ai effectué aucune modification de forme comme de fond, malgré les différentes idées que j’avais en tête. Manque de temps et procrastination.

Cette année 2014 fût aussi ma première année complète sur WordPress ce qui me permet ainsi d’obtenir des statistiques complètes sur une année civile. Voilà les statistiques de l’année écoulée :

  • 27 182 visiteurs sur l’année, soit environ 74,4 visites par jour
  • 83 459 pages visitées sur cette période, soit 228,6 par jour

Je ne ferai aucun comparatif avec 2013, pour la simple et bonne raison que 2013 étant une année de transition il me parait peu probant de faire des comparatifs. En tout cas  une année 2014 bien remplie et je vous remercie d’être aussi nombreux à venir visiter ce blog, que ce soit les habitués comme les visiteurs ponctuels.

Concernant la provenance visites, hors référencement google et visites directes, elles viennent principalement de Livraddict, Babelio, Facebook et du forum Le Bélial’.

Bilan Lecture

2014 fut aussi une année bien remplit en lecture avec pas moins de 128 livres lus, seulement 4 BD par contre et aussi 7 revues (Bifrost, Galaxies, Fiction, …). Si je ne pars que sur les livres j’ai lu en 2014 en moyenne environ 10,6 livres par mois. Je ne pensais pas maintenir un tel rythme en 2014, mais pour cause de décalage dans certaines perspectives personnelles j’ai pu maintenir mon niveau de lecture et ce fût avec grand plaisir, permettant de belles découvertes. L’année du changement sera par contre en 2015, mais j’en reparlerai après.

Mon seul regret est de ne pas avoir lu énormément de BD, je vais essayer de remédier à cela avec cette nouvelle année, déjà en modifiant ma présentation. Au lieu de faire une chronique par BD je vais plutôt me lancer dans des retours pourquoi pas mensuels. C’est encore à définir

Avant de me lancer dans mes livres marquant de l’année je vous propose de découvrir ma chronique de livre la plus visitée est la suivante :

le cycle des demons 3 la guerre du jourLe Cycle des Démons, Tome 3 La Guerre du Jour de Peter V. Brett

Il s’agit d’ailleurs d’une des lectures qui m’a le plus déçu cette année, mais il faut croire que ce livre intéresse beaucoup de monde.

Voici maintenant la liste des livres qui m’ont marqué et que je conseil cette année tous genres confondus :

la ferme des animauxLa Ferme des Animaux de George Orwell

les salauds gentilhommes 3 la republique des voleursLes Salauds Gentilshommes Tome 3, La république des Voleurs de Scott Lynch morwennaMorwenna de Jo Walton

pays rougePays Rouge de Joe Abercrombie

porcelainePorcelaine, Légende du Tigre et de la Tisseuse d’Estelle Faye

l'homme qui savait la langue des serpentsL’Homme qui Savait la Langue des Serpents d’Andrus Kivirähk

les sentiers des astres 1 maneshLe Sentier des Astres Tome 1, Manesh de Stefan Platteau

confessions d'un elfe fumeur de lotusLes Extraordinaires & Fantastiques Enquêtes de Sylvo Sylvain Détective Privé Tome 3, Confessions d’un Elfe Fumeur de Lotus de Raphaël Albert

driftDrift de Thierry Di Rollo

le cycle de lanmeur 2 les enfants du letheLe Cycle de Lanmeur Intégrale 2, Les Enfants du Léthé de Christian Léourier

l'heritiereTestament Tome 1, L’Héritière de Jeanne-A Debats

dernieres nouvelles d'oesthrenieDernières Nouvelles D’Œsthrénie d’Anne-Sylvie Salzman

etoiles mourantesÉtoiles Mourantes d’Ayerdhal & Jean-Claude Dunyach

l'opera de shayaL’Opéra de Shaya de Sylvie Lainé

american faysAmerican Fays d’Anne Fakhouri & Xavier Dollo

la route de la conqueteLa Route de la Conquête de Lionel Davoust

 J’ajoute à cette sélection deux beaux Livres que j’ai trouvé magnifique :

kadathKadath, Le Guide de la Cité Inconnue de David Camus & Mélanie Fazi & Raphaël Granier de Cassagnac & Laurent Poujois & Nicolas Fructus

un an dans les airsUn An dans les Airs – Raphaël Albert & Jeanne-A Debats & Raphaël Granier de Cassagnac & Johan Heliot & Nicolas Fructus

Comme vous pouvez le constater (si vous avez survécu au listing) pas mal de belles lectures cette année.

Challenge

En 2014 je me suis inscrit à un seul challenge, il s’agit du Zombies Challenge lancé par Cornwal qui nous propose de survivre à 28 semaines de lectures zombies. Chacun peut lire à son rythme, c’est d’ailleurs un des arguments qui a fait que je me suis laissé tenter par ce challenge.

zombies challenge

Pour le moment j’ai déjà chronique 5 lectures zombiesques et ça devrait continuer pour ce début d’année 2015.

Quoi de neuf en 2015 ?

Comme je l’ai dit, pour ce début d’année 2015, des bouleversements vont se faire ressentir d’un point de vue personnel, avec normalement un déménagement à la clé. Ces changements devraient, je pense, influencer aussi bien le blog que mes lectures. Normalement d’ici quelques mois la situation devrait se stabiliser et j’essaierai alors de plonger les mains dans le « cambouis » et travailler un peu sur le blog lui-même, que ce soit quelques modifications de présentation que j’ai en tête comme la création de page d’index que je cherche à mettre en place depuis un petit moment déjà.

Je n’ai pas de véritables résolutions pour 2015, je pourrai parler de faire baisser ma PAL, mais bon je n’aime pas trop me fixer des défis et si le livre m’intéresse pourquoi ne pas me laisser tenter. Je vais quand même essayer de la maintenir au niveau actuel. On verra bien.

En conclusion une belle année 2014 ponctué aussi de nombreux festivals. Je vous remercie d’être venu aussi nombreux encore cette année sur ce blog et j’espère vous revoir en 2015.

Le Demi-Monde Tome 1, Hiver – Rod Rees

le demi-monde 1 hiverRésumé : Le Demi-Monde est la simulation informatique la plus avancée jamais conçue. Créé pour entraîner les soldats à la guérilla urbaine, ce monde virtuel est volontairement bloqué dans une guerre civile permanente. Ses trente millions d’habitants numériques sont gouvernés par les avatars des plus cruels tyrans de l’Histoire : Heydrich, l’architecte de l’Holocauste ; Beria, le bourreau de Staline ; Torquemada, l’Inquisiteur sans pitié ; Robespierre, le visage de la Terreur…
Mais quelque chose s’est détraqué à l’intérieur même du Demi-Monde, et la fille du Président des États-Unis y est restée coincée. Il incombe à l’agent Ella Thomas d’aller la récupérer, mais, une fois sur place, la jeune femme se rend compte que les règles du jeu sont faussées…
Le monde réel pourrait bien courir un danger que nul n’a encore osé imaginer !

Edition : Nouveaux Millénaires (J’ai Lu)

 

Mon Avis : J’avoue m’être assez facilement laissé tenter par ce livre, plus précisément par sa couverture que je trouve vraiment superbes par ses effets de couleur et par sa carte qui ne manque pas d’intriguer. Ajouter à cela un quatrième de couverture accrocheur, avec ce mélange de simulation informatique et de monde réel, ainsi que plusieurs avis croisés sur internet qui se révélaient positif, il a donc très rapidement rejoint ma PAL. Puis comme souvent avec une PAL exponentielle, il a stagné. J’ai donc décidé il y a quelques jours de lui laisser une chance et de me lancer dans la découverte de ce Demi-Monde.

L’histoire se révèle finalement assez simple, la fille du président des États-Unis se retrouve coincé dans une simulation informatique crée par les militaires pour s’entrainer à la guerre urbaine. Impossible d’envoyer un détachement, seule Ella, une civile, a la possibilité de rentrer dans le Demi-Monde et d’accomplir cette mission. Le roman, en soit, ne va pas révolutionner grand-chose, le pitch ayant même une forte ressemblance avec les films de John Carpenter sur Snake Plissken, mais a le mérite de se révéler divertissant, possédant son lot de rebondissement, de tension et d’action. On se retrouve ainsi à tourner les pages facilement, histoire d’en apprendre plus sur ce Demi-Monde et ce qui a bien pu amener à une telle situation. La première partie est peut-être un peu lente, malgré une introduction soutenue, mais sert clairement à poser la simulation et ainsi d’éviter de nous envoyer dans un univers dont on ne comprendrait rien. La suite se révèle alors plus fluide, se lit plus facilement et sans trop de prise de tête, l’auteur alternant de façon assez maîtrisée les scènes plus nerveuses avec les scènes plus explicatives et surtout cherchant à jouer avec le lecteur tout du long, même si la manipulation reste un minimum prévisible. Mais voilà ce roman ne s’élèvera jamais au-dessus du divertissement. Grave? Non, je ne m’attendais pas vraiment à plus, mais il y avait sûrement du potentiel pour faire plus je pense.

Prenons déjà par exemple l’univers qui est construit tout au long du récit, ce Demi-Monde mélange de cyberpunk et de léger steampunk. On commence par découvrir une simulation informatique qui ne manque pas d’attrait, solide et complexe, avec ses règles, ses découpages, ses limites ainsi que ses différents aspects sociaux, géographiques et religieux qui maintiennent ainsi un étant de violence constante et de guerre, permettant ainsi aux soldats US de s’entraîner. C’est aussi un monde où vivent les « singularités » les plus sociopathes et les plus meurtrières de notre histoire, chaque quartier étant aux mains de plusieurs d’entre elles, chaque quartier devient donc ainsi limite une dictature. D’ailleurs chaque personnage virtuel qui habite à Demi-Monde est tiré d’une banque ADN ; il peut donc exister un double de chacun dans la simulation. Et pourtant une fois plongée dans ce monde virtuel on se rend rapidement compte qu’il se révèle parfois bancal, que l’auteur ne respecte pas toujours ses propres règles pour éviter de se retrouver coincer dans son intrigue, et surtout d’un lieu qui se révélait très cartésien on se retrouve à plonger dans des phénomènes inexpliqués, surtout dans la transition entre les deux mondes. Peut-être qu’on obtiendra plus d’explications par la suite, car l’auteur a l’air d’y laisser quelques indices, mais c’est parfois frustrant et parait improbable. On évitera aussi la facilité que s’offre l’auteur sur la fin, le Deus Ex Machina bien pratique qui permet de se décoincer une belle épine du pied.

Concernant les personnages il y a là aussi du bon et du moins bon. L’héroïne principale, Ella, n’est pas mauvaise, elle nous fait voyager à travers le récit assez facilement et son ignorance de l’univers nous permet ainsi de le découvrir à travers ses yeux, mais voilà elle manque quand même un peu de charisme, parait subir de trop les évènements, et surtout dans un univers aussi pourri tout parait un peu trop facile pour elle, le seul véritable soucis qui lui arrive étant de devoir plusieurs fois plonger dans les égouts. Trixie, aux premiers abords, ne manquait pas non plus d’intérêt, se révélant à la fois conditionnée en partie par ce monde raciste et misogyne et qui pourtant cherche à s’en libérer, mais voilà son évolution va rapidement plonger dans l’extrême et surtout paraitre assez inexplicable, ce qui est parfois frustrant. À côté de cela des personnages comme l’énigmatique Vanka ou encore le comte Dashwood se révèle plus réussis, plus nuancés, que ce soit dans leurs visions du monde comme dans leurs évolutions. La fille du président remplit, elle, parfaitement son rôle de peste ignorante et inconsciente, même si j’espère qu’elle va évoluer par la suite. Du côté des ennemis, les personnages se révèlent solides pour un premier tome, en espérant quand même un peu plus de nuances dans les suivants. Cependant,  j’avoue que j’ai eu du mal avec Aleister Crowley dont l’auteur a simplement décider d’en faire un sorcier maléfique, ne respectant pas vraiment le côté historique. Tous manquent par contre d’un peu de folie, leurs actions étant souvent logiques, tracées et sans surprises.

La plume de l’auteur se révèle simple, assez entrainante, vivante, efficace et, malgré parfois un besoin de trop en faire, il arrive finalement assez facilement à nous faire suivre son intrigue et à nous donner envie d’en apprendre plus. Comme je l’ai dit on a là un divertissement agréable et sympathique, si vous cherchez plus passez votre chemin, si vous cherchez à vous détendre sans trop vous prendre la tête pourquoi ne pas vous laisser tenter, surtout si ce genre d’histoires vous intéresse. Je lirai sûrement la suite, pour en apprendre plus, la fin offrant un cliffangher qui demande un minimum à être répondu, même si je ne pense pas obligatoirement en faire une priorité.

En Résumé : Une fois la dernière page tournée de ce premier tome, je dois bien avouer que j’ai passé un agréable moment de divertissement, proposant une histoire vivante, enlevée et sans véritable temps morts, malgré peut-être une première partie un peu lente le temps de poser l’univers. L’auteur maîtrise bien son histoire pour ne jamais nous ennuyer et faire qu’on tourne les pages avec un minimum d’envie. Sauf que voilà, à chacun de voir ce qu’il recherche, mais ce récit n’est jamais plus qu’un passe-temps sympathique. L’univers se révèle pourtant intéressant, solide et complexe mais très vite, une fois plongé dedans, il devient bancale et l’auteur s’offre des facilité voir un deux ex machina un peu trop facile. Concernant les personnages, ils ne sont, dans l’ensemble, pas mauvais, mais certains ont du mal à vraiment accrocher par manque de charisme, voir même subissent une évolution plutôt improbable et extrême. De plus j’ai trouvé qu’ils manquaient de folie, se révélant par moment trop linéaires. La plume de l’auteur se révèle simple, efficace et entrainante, même si parfois j’ai trouvé qu’il en faisait un peu trop. Le cliffangher de fin me donne un minimum envie de lire la suite, même si ce ne sera sûrement pas non plus une priorité.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autres avis : Zina, Phooka, Paikanne, karline05, nymeria, Lune, …

Mes Achats du Mois de Décembre 2014

Déjà je vous souhaite à tous et à toutes une bonne année 2015, qu’elle soit bien remplie et, si possible, pleine de bonnes lectures.

Maintenant lançons nous dans le vif du sujet, mes achats du mois de décembre, et là, il faut bien l’admettre, j’ai été sage. Oui, oui, cela arrive et je repars ainsi avec seulement trois nouveaux livres dans ma PAL.

Decembre-14

Voilà donc ce qui a rejoint ma bibliothèque pour ce mois de Décembre 2014 :

  • L’Accroissement Mathématique du Plaisir de Catherine Dufour aux éditions Le Bélial’. J’ai un peu craqué sur un coup de tête sur ce recueil de nouvelles en le croisant.
  • La Dernière Terre Tome 2, Des Certitudes de Magali Villeneuve aux éditions l’Homme Sans Nom. Après un premier tome que j’avais trouvé sympathique, je me suis donc laissé tenter par la suite.
  • Petites Morts de Laurent Kloetzer aux éditions Mnémos. Après avoir accroché au personnage de Jaël de Kherdan dans Mémoire Vagabondes, je me suis laissé tenter par ce livre où on le retrouve.

Comme vous pouvez le constater une fin d’année sage. Bon il fallait bien cela au vu des mois précédents. En tout cas j’espère de bonnes lectures en perspectives.

Celle qui a Tous les Dons – M.R. Carey

celle qui a tous les donsRésumé : Tous les dons ne sont pas une bénédiction.
Chaque matin, Melanie attend dans sa cellule qu’on l’emmène en cours. Quand on vient la chercher, le sergent Parks garde son arme braquée sur elle pendant que deux gardes la sanglent sur le fauteuil roulant. Elle dit en plaisantant qu’elle ne les mordra pas. Mais ça ne les fait pas rire.
Melanie est une petite fille très particulière…

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Ce livre me tente depuis la première fois que j’en ai entendu parler, lors de son annonce de sa publication chez l’Atalante. Il faut dire que les différentes informations glanées à droite à gauche, ainsi que la communication faite par l’éditeur donnait clairement envie de le découvrir. À force de m’en entendre parler, Marmotte a donc décidé de me l’offrir lors des dernières Utopiales. Depuis sa sortie les quelques chroniques que j’ai vu passer et que j’ai vite fait survolé confirmait l’attente que j’avais mis dans ce livre. Il y a quelques jours je me lançais donc, confiant, dans sa lecture.

On part donc ainsi à la découverte, dès les premières pages, de Mélanie jeune fille de 10 ans qui parait vivre une vie normale, allant même à l’école. Sauf que voilà elle est enfermée dans une geôle et ce sont des militaires armés qui l’emmènent, attachée à une chaise, en cours. Pourquoi? Comment? C’est ce qu’on découvre justement au fil de l’histoire je vais donc éviter de trop en dire pour ne pas spoiler. Mais voilà une fois la dernière page tournée je dois bien avouer qu’un léger sentiment de déception me reste. Pas que le livre soit mauvais, il se révèle plutôt agréable et sympathique, mais je pense qu’au vu de ce que j’en avais entendu, et des retours que j’en avais eu, je m’attendais à quelque chose de plus profond, plus dense qu’un simple page turner avec, certes, des axes de réflexions intéressants.

Pourtant l’histoire démarrait bien, avec cette ambiance de huis clos sombre et angoissante qui monte lentement, cette salle de classe où les élèves sont attachés et transporter sous surveillance. Notre moralité et obligatoirement touché et on se pose de nombreuses questions, il faut dire que l’utilisation d’enfants y joue beaucoup, mais ça marche, et même si on découvre assez vite la cause on continue à se retrouver happer par l’histoire ; le besoin de comprendre cette situation. On se retrouve aussi à réfléchir pas mal sur l’étique scientifique, sur notre humanisme, à se demander comment on réagirait face à cela. La première partie est d’ailleurs, pour moi, sûrement la meilleure du livre, offrant un vrai travail original, oppressant et une véritable envie d’en apprendre plus sur Mélanie et ce qui la rend si spéciale. On découvre aussi un monde post-apocalyptique où l’humanité s’est en grande partie effondrée face à l’apparition des affams, des zombies, qui ont obligé les populations à se retrancher dans des camps fortifiés. L’univers gagne ainsi en profondeur au fur et à mesure de la lecture et ajoute une touche à l’ensemble. On sent aussi que l’auteur s’est renseigné un minimum concernant l’aspect scientifique, même si parfois il tombe un peu dans l’aspect inventaire. Puis, comme tout bon soufflé qui démarre trop bien, l’ensemble retombe un peu dès l’attaque de la base pour tomber limite dans un cliché des romans de zombies avec cette échappée d’un point A vers un point B.

Après il faut faire attention, cliché ne veut pas dire pour autant mauvais, cette fuite en avant au milieu d’infestés se révèle solide, efficace avec son lot de scène remplies d’adrénaline, d’actions, de rebondissements et de surprises. On ne s’ennuie ainsi jamais vraiment dans cette seconde partie explosive, mais voilà tout le travail en huis-clos et les réflexions menées auparavant perdent de leurs intensités et l’histoire tombe même parfois un peu dans la facilité. Surtout c’est une légère impression de stagner que j’ai ressenti, mis à part fuir, le reste ne parait pas vraiment avancer et les axes philosophiques paraissent par conséquent figer dans des argumentations binaires. Il faut dire aussi que les personnages ne font pas grand-chose non plus pour aider. Franchement, mis à part la petite Mélanie, qui se révèle vraiment soignée, dense, humaine et qui nous touche par sa vision du monde, les découvertes qu’elle fait et surtout sa façon de les assimiler et de voir le monde, les autres se révèlent être des caricatures. On se retrouve donc ainsi avec Caldwell la scientifique, froide, folle de pouvoir et de reconnaissance qui ne pense qu’à son projet de vaccin et prête à tout pour obtenir des résultats, on a aussi le sergent Parks qui est l’archétype du militaire sa cervelle mais qui connait le manuel du petit soldat par cœur, on a aussi un militaire tendre qui a connu une vie dure, nous offrant d’ailleurs une des réflexions les moins aboutis sur l’alcoolisme, mais qui au lieu de s’appeler Gallagher aurait dû s’appeler Boulet tant il aligne les conneries et on a Justineau, la prof psychologue au grand cœur qui s’est attaché à ses élèves, mais qui cache un lourd secret.

On peut très bien avoir des personnages archétypaux et qui pourtant fonctionnent très bien et attache le lecteur, sauf qu’ici j’ai eu l’impression que l’auteur avait du mal avec les différentes relations, les différents échanges, nous offrant même parfois des scènes qui répondent plus à un cahier des charges cinématographiques que littéraire. Je prend pour exemple cette scène ou Justineau révèle son secret, franchement au ciné avec les violons et le clair de lune ça marchera du tonnerre, là dans le récit ça donne l’impression d’être balancé entre la soupe et la salade histoire de meubler quelques pages de plus, n’apportant pas grand-chose. On évitera aussi de parler de la romance, sauf si l’auteur cherchait à faire dans le glauque ou là, vu les transitions offertes, l’auteur a réussi son coup. Non parce que passer du mec qui nous sort son côté romantique, s’annonçant sous le charme d’une des héroïnes pour, deux lignes plus tard, nous annoncer qu’il l’a mater faire pipi et que là il est trop crevé pour se masturber ; comment dire là ce n’est plus du pragmatisme désolé. Pour les soldats on évitera de cherche leurs logiques et le côté tactique qui parfois déraille un peu.

Alors oui, tout n’est pas non plus mauvais, loin de là, certains passages nous happent vraiment, mais voilà régulièrement des scènes qui, soit donnent plus l’impression forcé de vouloir densifier un personnage, soit tombent dans la facilité font que j’ai levé les yeux au ciel, me déconnectant un peu à chaque fois du récit. Après il ne faut pas le nier, rien que pour la vision proposer par Mélanie, sa façon d’évoluer et d’avancer, cette capacité à nous faire voir le monde de façon différente et simple, élève clairement le niveau. La conclusion se révèle aussi réussi, même si elle n’a pas eu non plus l’effet surprenant qu’elle devait avoir vu que je m’y attendais, mais en tout cas clôture ce récit de façon percutante et réussie.

 La plume de l’auteur ne manque pas de se révéler efficace, entrainante, nous plongeant assez facilement dans son ambiance sombre et oppressante, dommage que parfois les dialogues tombent un peu trop dans le « parlé », principalement avec le sergent Parks. Certes c’est pour montrer qu’il n’a pas la même culture linguistique que les scientifiques, mais la façon dont il parle, désolé, m’a paru faire cliché. Au final Celle qui a tous les Dons se révèle, malgré un démarrage fort, un livre tout de même sympathique à lire, mais qui ne révolutionnera pas non plus le genre selon moi. Je pense aussi que mon ressenti vient aussi du fait que j’avais des attentes complètements différentes par rapport à ce livre.

En Résumé : J’ai passé un sympathique moment de lecture avec ce roman, même s’il est loin d’avoir pleinement remplis les attentes que j’avais en le commençant. Pourtant tout démarrait bien, avec un huis-clos qui nous faisait réfléchir et touchait à notre moral pour nous obliger à nous poser de nombreuses questions. Puis l’ensemble devient alors un simple récit classique de fuite en avant dans un monde post-apocalyptique rempli de zombies, n’apportant rien de nouveau excepté peut-être une petite touche d’humanité. Car oui ce qui selon moi porte l’ensemble du récit c’est la petite Mélanie personnage à la fois attachant et travaillée qui nous offre une vision du monde simple efficace. Dommage qu’elle soit finalement entourée de personnages par moments un peu trop clichés ; pas mauvais non plus, mais loin de marquer, surtout devant certains passages assez déroutants et mal amenés. L’univers se révèle solide, efficace et bien porté par un minimum de recherche sur les passages scientifiques, même si parfois il tombe dans l’inventaire. On sent bien par contre que l’ensemble est prêt pour le cinéma avec les scènes qu’il faut au bon moment, dommage que cela ait parfois du mal à prendre ici. La conclusion se révèle efficace et devrait en surprendre plus d’un, tout dépend de ce que vous avez déjà lu ou pas. La plume de l’auteur est simple entrainante et efficace. Je pense que j’avais trop d’attente avec ce livre, j’espérais autre chose qu’un page turner explosif.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autres avis : Lune, Cornwall, Dup, …

zombies challenge

Comment j’ai Cuisiné mon Père, ma Mère… et retrouvé l’amour – S.G. Browne

comment j'ai cuisine mon pere, ma mere et retrouve l'amourRésumé : Andy vit en paria depuis sa résurrection spontanée après un accident de voiture. Ce nouveau zombie n’a pour morne horizon que le cellier familial, où il cuve les grands crus de son père, et ses réunions mensuelles aux Morts-Vivants Anonymes.
Mais lorsqu’un zombie solitaire l’initie aux bienfaits régénérateurs de la chair humaine, Andy décide de lutter pour ses droits civiques. Débute alors un voyage improbable qui le mènera de la morgue au rôle très médiatisé de porte-parole de la cause zombie, en passant par des séjours à la SPA reconvertie dans l’accueil de zombies fugueurs et aux plateaux d’Oprah Winfrey.

Edition : Mirobole Editions
Poche : Folio SF

 

Mon Avis : Ce livre j’en entends parlé depuis un long moment déjà, c’est bien simple depuis sa sortie qui remonte a plus d’un an maintenant. Pourtant, je ne sais pas trop pourquoi, il n’a jamais réussi à terminer dans ma PAL, la faute peut-être à un titre à rallonge qui me laisse toujours songeur et la peur de trop tomber dans une romance. Il a fallu attendre de nombreux avis, plus que positifs, pour que je décide à le faire entrer dans ma bibliothèque. À noter aussi l’aspect esthétique du livre, qu’on retrouve sur tous les livres de chez Mirobole et qui, j’avoue, se révèle réussi, à travers une couverture souvent assez simple aux premiers abords et qui pourtant offre bien plus et plonge clairement dans le récit.

 On se retrouve ainsi à suivre Andy, héros rejeté et détesté par quasiment tout le monde pour la simple raison qu’il est un zombie. Il passe ainsi ses journées enfermé dans la cave de ses parents, qui ne le supportent plus vraiment dans son nouvel état, et a pour seul loisir une thérapie de groupe avec d’autres zombies. L’intérêt du roman vient ici principalement du fait que l’auteur a décidé de mettre comme narrateur principal un zombie : Andy. Un peu comme c’était le cas dans L’Education de Stony Mayhall cela permet ainsi d’être au plus proche du héros, de mieux le comprendre et ainsi de mieux imaginer ce qu’il traverse, ce qu’il ressent et ce qu’il vit. Sauf qu’ici les classiques du roman de zombies sont complètement bouleversés, loin du monstre mangeur d’homme, devenant presque humain. Alors certes on n’est pas du tout dans le roman d’action, bourré d’adrénaline et de morsure, mais plus dans un roman qui cherche à dévoiler et apporter un message, mais tout de même avec une bonne touche d’horreur et aussi d’humour. Car oui l’humour noir et le cynisme sont une des grandes réussites du récit, de nombreuses scènes m’ont fait sourire, voir réussi à me faire rire. Attention on est pas dans de l’humour potache, qui cherche à faire « mourir de rire » son lecteur, mais plus dans un humour plutôt discret, qui vient ici apaiser le côté sombre et parfois sanglant du récit ; qui vient apporter une touche de détente dans un roman intelligent.

Car oui, le second point fort du récit vient dans le message que cherche à faire passer l’auteur, un message de tolérance sur le rejet des autres. Les zombies étant devenu la nouvelle minorité qu’on peut haïr librement, vu qu’en plus ils sont morts qui s’en plaindra et qui s’en souciera, le quotidien de notre héros se révèle ainsi rempli de brimade, de haine et de violence, simplement parce qu’il est différent et que, d’une certaine façon, il effraie les vivants et devient ainsi un défouloir pour tous les maux qui existent. Mais c’est aussi plus que cela, il s’agit d’une véritable critique sociale sur ce qui pousse les gens à entrer dans des moules qui sont prédéfinies, même si cela les rend déprimés et qu’ils doivent suivre des thérapies pas toujours adéquates, ainsi qu’une critique acerbe des médias qui font et défont la vérité au bon vouloir des audiences. Un véritable travail est aussi fait sur le mal-être des personnages, qui ne se sentent ni compris, ni acceptés. Une philosophie diffuse, au fil des pages, qui se révèle vraiment soignée et réfléchie. Concernant l’univers que développe l’auteur autour des zombies il se révèle assez sympathique, démarrant de façon classique pour mieux arriver à nous surprendre au cours de la lecture et de l’évolution des héros. Après je regrette peut-être juste quelques libertés que l’auteur s’offre dans la représentation du zombie ainsi qu’un manque, parfois, de réponses, mais rien de non plus trop dérangeant ou bloquant.

 Concernant les personnages, le fait d’être au plus près d’Andy, qui est le narrateur du récit, fait qu’on s’attache assez facilement à lui dès le début, avec ses problèmes, son besoin d’être apprécié et aimé et sa recherche d’une vie normale ; il arrive vraiment à nous toucher. On découvre aussi avec lui de nombreux autres zombies, principalement ceux de son groupe de thérapie, qui vont ainsi lui offrir de nombreuses aventures, mais aussi des nombreuses situations des plus déroutantes et cocasses. Mais voilà la narration à la première personne a aussi son inconvénient, on s’accroche moins facilement aux autres personnages rencontrés, surtout quand il y en a plusieurs et c’est vraiment dommage, car j’ai ainsi eu du mal à vraiment m’émouvoir à ce qui peut arriver à certains des amis d’Andy, un peu comme si, consacré qu’à lui, j’avais un peu de mal à m’intéresser aux autres. De plus les personnages secondaires manquent aussi, parfois, d’un peu de consistance. Alors attention rien de non plus perturbant, ou qui peut freiner la lecture, tant ils arrivent par leur énergie à nous donner envie d’en lire plus.

Pourtant tout n’est pas non plus parfait dans ce roman, autant le premier tiers m’a passionné par son aspect original, plein d’humour et de mordant, le troisième tiers m’a lui happé par ses aventures, ses rebondissements et ses surprises, autant l’entre-deux m’a paru moins entrainant, perdant un peu de sa saveur, me donnant un peu l’impression que l’auteur tourne en rond autant dans ses réflexions que dans ses aventures. Cela n’empêche pas cette seconde partie de se laisser lire, mais j’ai trouvé qu’elle n’avait pas la même force que les autres, peut-être que quelques pages en moins aurait pu apporter un plus. Autre point qui s’est fait ressentir, l’auteur s’offre quelques répétitions qui, au bout d’un moment, perdent de leur intérêt, principalement dans l’humour comme par exemple cette phrase qui revient régulièrement « Si vous n’avez jamais … , alors vous ne pouvez pas comprendre » qui, à force de la lire, devient lassante je trouve.

La plume de l’auteur se révèle simple, efficace et entrainante ce qui fait qu’on tourne les pages avec envie d’en apprendre plus, nous plongeant ainsi dans un récit possédant une bonne dose d’humour et d’horreur et qui surtout fait réfléchir sur notre société. Au final j’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman, certes avec quelques défauts, mais qui m’a donné envie de lire les prochaines aventures d’Andy dans Le Jour où les zombies ont dévoré le Père Noël.

En Résumé : J’ai donc passé un bon moment de lecture avec ce roman qui nous plonge dans l’univers d’Andy, zombie de son état, qui doit faire face au rejet et à la haine des autres. L’auteur nous offre ainsi une véritable critique sociale soignée et réfléchie sur l’acceptation des autres et sur notre société, le tout sur fond d’horreur, et avec une dose d’humour qui évite ainsi de trop sombrer dans le noir et le déprimant, offrant ainsi une légèreté bienvenue. L’univers zombies se révèle assez efficace, même si je reproche certaines libertés que se prend parfois l’auteur, mais rien de bien gênant. Concernant les personnages on s’attache très rapidement à Andy, à son calvaire et sa mélancolie qu’il traine, mais j’ai eu un peu plus de mal à vraiment m’attacher aux autres protagonistes qui offrent, certes, de nombreuses aventures, mais dont la narration à la première personne tend parfois un voile sur leurs émotions selon moi. Mon seul regret concernant ce récit vient d’un essoufflement vers le milieu, l’auteur donnant l’impression de tourner un peu en rond avant de se relancer dans une troisième partie efficace. La plume de l’auteur se révèle simple, efficace et entrainante. Je lirai en tout cas la suite des aventures d’Andy avec plaisir.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Cornwall, Lelf, Mariejuliet, Jae-Lou, Dup, Zina, Joyeux-drille, …

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