The Devil You Know – K.J. Parker

Résumé : The greatest philosopher of all time is offering to sell his soul to the Devil. All he wants is twenty more years to complete his life’s work. After that, he really doesn’t care.
But the assistant demon assigned to the case has his suspicions, because the philosopher is Saloninus – the greatest philosopher, yes, but also the greatest liar, trickster and cheat the world has yet known; the sort of man even the Father of Lies can’t trust.
He’s almost certainly up to something; but what?

Edition : Tor

Mon Avis : J’ai découvert K.J. Parker il y a quelques années maintenant, avec son cycle Loredan publié en VF chez Bragelonne en 2005. Je l’avais trouvé très intéressant et captivant, offrant quelque-chose de complètement différent, avec un soucis du détail qui m’avait accroché, mais pouvait en bloquer certains. Je m’étais d’ailleurs rapidement lancé dans son nouveau cycle, toujours en VF, Le Charognard, mais dont, depuis, je me suis fais une raison de ne jamais voir le dernier tome publié en Français. J’avais un peu peur de lire l’auteur en VO, se révélant parfois assez précis sur certains aspects, j’ai donc décidé de me laisser tenter dans un premier temps par cette novella qui offrait un résumé assez intrigant. Concernant la couverture, illustrée par Jon Foster, je la trouve, pour ma part, superbe.

Cette novella va ainsi nous faire découvrir un démon, l’un des meilleurs dans sa catégorie, qui a l’habitude de signer des contrats avec les personnes qui veulent vendre leurs âmes au Diable. C’est finalement assez classique comme boulot, un contrat, des règles à respecter des deux parties et une âme de gagner. Pourtant, notre démon va être sorti de ses congés pour un client qui l’a demandé personnellement : Saloninus. Il s’agit de l’un des plus grand philosophe de ce monde, il est d’ailleurs un admirateur du travail de ce dernier. Notre narrateur doute, un être si intelligent ne peut avoir qu’un plan en tête tenter de rouler le démon, pour autant il signe le contrat, après tout il représente le Diable, personne ne peut franchement gagner. J’ai passé un bon moment de lecture avec cette novella qui va se révéler peut-être plus ironique, second degré et pleine d’humour que ce que j’ai lu jusque maintenant de l’auteur, mais qui ne l’a pas empêché de se révéler très efficace. Certes il y a un côté classique dans l’intrigue, le savant qui vend son âme et tente de rouler le diable est connu depuis Faust et le livre l’annonce d’ailleurs clairement, mais l’auteur arrive quand même à prendre en partie à contre-pied les attentes que je pouvais avoir, principalement dans le jeu de nos héros.

Je me suis retrouvé à tourner les pages facilement et avec l’envie d’en apprendre plus, de savoir comment ce jeu du chat et la souris entre nos deux héros va se terminer. Surtout on essaie de comprendre, en plus de se demander si Saloninus va pouvoir berner le démon, quel est son plan et son but. Le récit alterne ainsi entre les deux points de vues ce qui, en plus de la mise en scène entre nos héros, amène une sorte de jeu avec les lecteurs en fonction des indices et des révélations faites, un travail d’illusionniste pour nous dérouter. On a vraiment l’impression de plonger dans un jeu de poker, à essayer d’imaginer qui bluff qui, qui a du jeu, qui va tout perdre et même si dans les très grandes lignes on sait qui va gagner, cela n’empêche pas de très bonnes surprises. Il y a un léger air de Good Omens aussi dans l’humour et le côté énergique et alerte du récit ce qui fait que l’ensemble se lit rapidement, s’avérant efficace, percutant et entraînant. Le récit ne manque pas de rebondissements et offre même quelques bonnes surprises. Certes, ce n’est pas le récit le plus marquant que j’ai lu, même du point de vue de ce qu’à proposer l’auteur, mais pour autant cela ne l’empêche pas de faire plus que remplir son boulot, s’avérant extrêmement divertissant, le tout sur un ton léger et amusant, offrant même quelques réflexions intéressantes.

Car oui, outre une histoire pleine d’humour et de tension, il offre aussi quelques thématiques, certes parfois un peu simpliste tant l’œuvre est courte (moins de 130 pages), mais qui arrivent quand même à se dégager. Ainsi que ce soit la vision du monde parfait que construit Saloninus, la dualité entre science et divinité ou bien encore la notion de bien et de mal, il y a quelques bonnes idées. Il faut dire que le tout est porté par un duo de héros très intéressants à suivre. Ainsi que ce Saloninus ou bien le démon, on découvre ainsi des héros loin d’être manichéens malgré ce qu’on pourrait croire. Je ne vais pas trop en dire pour ne pas trop en dévoiler, mais le philosophe est loin d’être un enfant de chœur, tandis que notre représentant du diable s’avère plus complexe que prévu. C’est d’ailleurs cette profondeur, ce travail sur chacun d’entre eux qui joue aussi sur le fait qu’on se laisse porter par le récit. Ils s’avèrent charismatiques et intéressants à découvrir. Ce qui est un peu frustrant c’est qu’il n’y a pas d’autres personnages qui se dégagent du récit, même si c’est vrai avec un tel texte et dans un tel format c’est compliqué. Ajouter à cela un univers, qui certes possède un côté un peu bancal, j’y reviendrai, mais qui ne manque pas d’intérêt pour autant, comme par exemple la représentation de l’auteur que fait de l’enfer.

Maintenant il y a des points qui m’ont quand même légèrement frustré, je pense, pour revenir sur l’univers, sa capacité a aider un peu trop parfaitement le récit à avancer. Il y a aussi parfois un manque d’explication, de profondeur, dans certaines révélations qui, certes surprennent, mais sont un peu trop simplistes. Ensuite une impression que les démons qui paraissent avoir des pouvoirs assez conséquent, passent pour autant à côté de certains stratagèmes pourtant facilement devinables. Enfin, même si la fin n’est pas mauvaise, je l’ai trouvé quand même un chouïa trop convenue et légèrement sans surprises, une fois que toutes les révélations sont faites. Elle m’a même paru légèrement trop rapide. Pour autant cela ne m’a pas empêché de passer un bon moment de lecture avec ce récit, bien porté par une plume simple, efficace et percutante. Cette novella m’a aussi donné envie de découvrir à nouveau d’autres textes de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec cette novella qui ne manque pas d’être efficace, pleine d’humour et d’ironie avec un jeu de poker intéressant entre nos deux héros. Certes le côté court fait que certains aspects s’avèrent un peu frustrant, mais dans l’ensemble je ne me suis pas ennuyé avec ce texte. L’intrigue a beau être convenue dans les grandes lignes, cela ne m’a pas empêché de me laisser entraîner par les stratagèmes des personnages pour tenter d’avoir le dessus sur l’autre, tournant les pages facilement. Il y a une légère pointe, je trouve, de Good Omens dans ce texte, que ce soit dans son côté énergique, mais aussi son humour. Le récit nous offre aussi quelques thématiques intéressantes, mais si traités de façon un peu simpliste par moment. Que ce soit sur la notion de société, de bien et de mal ou la dualité entre science et magie il se dégage quelques points intéressant, bien porté par des protagonistes charismatiques, complexes et loin d’être manichéens. L’univers ne manque pas non plus d’attrait, même s’il reste, je trouve, un peu bancal, manquant de certaines explications sur certaines révélations et certains systèmes. J’ai aussi trouvé que devant le pouvoir des démons certains stratagèmes paraissent simplistes, enfin la conclusion m’a paru un chouïa trop convenue. Pour autant cela ne m’a pas empêché d’accrocher à ce court texte, bien porté par une plume efficace et entraînante. Cela m’a aussi donné envie de plonger dans d’autres écrits de l’auteur.

Ma Note : 7,5/10

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  1. J’ai cette novella dans ma PAL depuis des années maintenant (depuis qu’elle est sortie en fait xD) et ton avis me donne envie de la sortir enfin 🙂

    • Franchement, sans non plus dire que c’est le texte de l’année, je l’ai trouvé réussi. J’espère en tout cas que si tu lis cette novella elle te plaira autant qu’à moi

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