Dix Jours sans voir la Mer – Jean-Claude Dunyach

dix jours sans voir la merRésumé : « Deuxième opus, deuxième constellation en dix soleils de la galaxie Dunyach. Des astres chauds, des astres froids, et toujours ce grand combat entre l’entropie et l’anthropie où se confondent l’amour et la mort, le destin et l’imprévisible. Ici, on apprend ce qui s’est réellement passé à la fin du jurassique et on ne se contente pas d’entrevoir l’extinction de l’humanité, on comprend pourquoi elle est inéluctable.
Saviez-vous que les gens cliquettent ? À votre avis, quel est le plus mortel des péchés capitaux ? Peut-on vraiment domestiquer un AnimalVille avec une chenille qui pond des cabines de communication ?
Maître Dunyach manie l’absurde et le chaos dans la logique des mathématiques fractales et nous l’assène en esthète, avec une délicieuse cruauté. Ça fait du bien partout où ça fait mal. »
Ayerdhal

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Je continue ma plongée dans l’univers des nouvelles de l’auteur Jean-Claude Dunyach avec cette fois ma lecture d’un des nombreux recueil de ses textes publié chez l’Atalante. Il s’agit, pour être exact, du second recueil, publié en 2000 et qui regroupe 10 textes assez hétéroclites oscillant sur les nombreux genres de l’imaginaire. On notera la couverture, illustrée par Gilles Francescano, que je trouve vraiment réussie.

Dix jours sans voir la mer : On se retrouve à suivre à travers cette nouvelle un homme qui n’a pas vu la mer depuis un long moment. L’océan parait même avoir disparu complètement de la surface de la terre. Une nouvelle très intéressante qui vaut principalement par le monde que nous fait découvrir l’auteur. Un univers qui mélange, pour moi, efficacement un sentiment d’apocalypse tout en dévoilant une certaine beauté sauvage, une certaine étrangeté attirante et une certaine liberté. Le personnage ne manque pas non plus d’attrait possédant ainsi une certaine ambiguïté, oscillant entre folie face au vide qu’il côtoie et l’espoir, arrivant ainsi à accrocher le lecteur dans sa quête. Un texte puissant qui démarre de façon terriblement efficace ce recueil.

Sucre filé : Cette nouvelle nous fait découvrir un confiseur qui va faire découvrir sa fabrique a une classe d’enfants en vacances dans la région. Un texte qui se révèle construit un peu comme un conte noir pour grand enfant, qui monte lentement en tension, revisitant ainsi le thème de « l’Ogre », tout en offrant de nombreux niveaux de lecture. On tourne ainsi les pages avec plaisir pour aboutir à une chute que j’ai trouvé vraiment surprenante, pleine d’humour et de cynisme.

Des gens qui cliquettent : On découvre un homme un peu particulier, dans un bar, qui va rencontrer une femme et lui parler d’un phénomène un peu particulier ; des gens qui cliquettent. Un texte que je trouve complexe dans tous ce qu’il soulève, que ce soit principalement dans la relations entre les deux protagonistes comme dans tous les non-dits qu’ils soient liés à la folie comme à la solitude. Sauf que voilà le texte m’a paru trop court pour complètement me happer et me captiver, même si je ne peux pas nier que la chute se révèle percutante.

Paranamanco : On retrouve dans cette nouvelle les AnimauxVilles que j’ai déjà découvert dans Etoiles Mourantes, sauf qu’ici on parait être à une époque où on les découvre à peine, où on ne sait que peu de choses sur eux. J’avoue que ce texte vaut principalement par ce sentiment de gigantisme qui se dégage de ces AnimauxVilles et par cette ambiance que développe l’auteur qui se révèle à la fois émerveillante mais aussi oppressante et étouffante dans le traçage des rues. Reste que le texte m’a paru avoir mal vieilli sur certains aspects. Concernant l’intrigue et la quête des personnages, je l’ai trouvé plutôt sympathique, mais elle m’a paru tout de même manquer un peu d’énergie, d’originalité et se révèle légèrement linéaire.

Nos traces dans la neige : On découvre ici un groupe de personnes qui viennent une fois par an en montagne pour s’isoler. On apprend alors qu’il s’agit d’alien, qui ont été obligés de se fondre dans l’Humanité suite au crash de leur vaisseau. Un texte que j’ai trouvé mélange de sublime et de déroutant dans sa construction, à la fois transcendant et triste pour ces abandonnés. Quelque chose de poétique et de mélancolique se dégage ainsi du rituel que vont vire les personnages avec toujours cette réflexion sur la solitude, tout en laissant un léger sentiment d’effroi. Une excellente nouvelle pour moi.

Chaîne de commandement : Courte nouvelle qui nous présente un homme qui va recevoir un rapport et va devoir classer et décider de l’avenir d’une nouvelle race extraterrestre. Un texte plein d’humour noir et de cynisme, qui nous offre une critique acerbe du monde du travail, des normes et du capitalisme froid et sans émotion. Un texte qui se lit facilement, se révèle sympathique, mais qui voilà a du mal aussi à vraiment marquer j’ai trouvé.

Dialogue avec les Parques : Ce texte nous fait découvrir trois femmes qui se retrouvent pour une identification à la morgue. On va ainsi découvrir potins, mensonges et trahisons, le tout dévoilant une chute efficace. Un texte qui oscille entre contemporain et mythologie, mais dont j’avoue ne pas avoir réussi à complètement rentrer dedans. J’avais l’impression qu’il me manquait une clé pour vraiment bien la comprendre, même si la lecture reste plus que sympathique.

Tous les chemins du ciel : Cette nouvelle nous fait suivre deux chasseurs qui éliminent des cocons qui tombent du ciel et viennent s’écraser sur terre. Une très bonne nouvelle, complexe, déroutant le lecteur par quelque chose qui peut paraitre aux premiers abords classique, mais qui surprend par sa fin qui vient remettre en perspective l’ensemble du récit. L’ambiance à la fois violente et triste vient porter ce personnage principal dont on ne connait que peu de choses, mais qui va se dévoiler au fil des pages.

Mémo pour action : Tout comme Chaîne de commandement cette courte nouvelle décide de traiter avec humour de notre société actuelle et des travers de l’entreprise. Pour cela l’auteur a décidé d’imaginer un brainstorming par mail entre les différents dinosaures concernant une astéroïde qui s’approcherai de la terre tout en tentant de ménager les uns et les autres. Poilant, délirant, cynique et absurde j’avoue avoir plus accroché à ce texte, peut-être parce qu’il m’a paru mieux maîtrisé ou alors il me touche plus au vu du nombre de mail que je peux voir passer au boulot.

En attendant les porteurs d’enfants : Cette nouvelle nous fait découvrir un futur ou les femmes paraissent avoir disparu et ou certains hommes, sélectionnés par des tests, donnent naissance aux enfants. J’avoue un texte très intéressant sur les thématiques qu’il soulève, avec toujours en fond cet aspect de solitude qui se dégage du héros principal. Je l’ai peut-être trouvé un chouïa long, mais rien de non plus dérangeant et la chute vraiment percutante et réussie vient faire rapidement oublier ce ressenti.

 

Chaque nouvelle m’a ainsi paru maîtrisé, que ce soit dans les différents messages et les différentes ambiances qu’elles cherchent à transmettre, mais aussi dans le rythme. Chaque texte, surtout, n’est pas sans nous faire réfléchir sur nous-même, notre planète, notre société et même si tous ne m’ont pas autant happé, je dois bien avouer que l’ensemble m’a ainsi plus que convaincu, le tout bien porté par une plume de qualité qui se révèle efficace, entrainante et travaillée. Bon maintenant va falloir faire enter de nouveaux recueils dans ma PAL histoire de prolonger ma découverte.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce recueil de dix nouvelles qui offre des textes variés, intéressants, soignés et intelligents. Alors certes tous les textes ne m’ont obligatoirement tous autant happé, mais dans l’ensemble je dois bien avouer que j’ai trouvé l’ensemble vraiment maîtrisé, rythmé, réussit et entrainant. L’auteur manie l’humour, le cynisme, l’imagination et la réflexion avec efficace, le tout porté par une plume qui se révèle de qualité, captivante et soignée. Il ne me reste plus qu’à faire rentrer d’autres recueils de l’auteur dans ma PAL.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Julien le naufragé, …

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  1. Je ne connais Dunyach que de nom mais je commencerais bien par là.

  2. Je l’ai lu y’a longtemps celui-là… j’ai à peu près tout oublié mais j’avais bien aimé ses recueils de nouvelles de mémoire.

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