En Revenir aux Fées – Nathalie Dau

en revenir aux feesRésumé : La Terre, futur proche.
À force de mépris, l’humanité a provoqué l’Échec. La technologie a régressé. La Nature a grandement souffert. L’air et le sol sont si pollués que les gens vivent confinés, mal nourris.
De leur côté du monde, les fées s’interrogent. Faut-il agir pour sauver ce qui peut l’être, ou doit-on achever de purger la planète de ceux qui l’ont défigurée ?
Follette plaide en faveur des ingénieurs, des rêveurs et des artistes – surtout son cher Julian, dont les rimes et les récits lui ont permis de subsister.
Mais seule une très ancienne divinité, défigée après cinq mille ans, a vraiment le pouvoir de trancher la question.

Edition : Mythologica

 

Mon Avis : Nathalie Dau fait partie des auteurs dont je suis les publications avec plaisir, m’offrant ainsi régulièrement des textes que je trouve touchants, magiques et entrainants, mélange des genres de l’imaginaire, ne laissant pas non plus de côté l’aspect réflexion. Il était donc logique que ce recueil de textes finisse rapidement dans ma PAL. A noter aussi une couverture que je trouve sympathique, collant plutôt bien au récit. Ce livre est finalement, comme le dit l’éditeur, un roman mosaïque de plusieurs textes (nouvelles et poèmes) qui vont ainsi former une histoire globale, je vais donc construire ma chronique plus sur l’ensemble que sur chaque texte.

On plonge ainsi dans un futur où le monde a connu le grand Echec, a été obligé de s’enfermer tant l’air est devenu irrespirable et l’environnement a été détruit. Le monde féérique a quasiment disparu, seuls quelques membres continuent à visiter les Hommes. Sauf que voilà des évènements vont venir tout basculer, annonçant de grands changements. L’intrigue que construit Nathalie Dau au fil des récits nous présente ainsi un univers sombre, post-apocalyptique, où l’humanité a trop tiré sur la corde de la technologie, de la consommation sans se soucier de la planète et de ses limites au point de sombrer et de tout perdre. On découvre aussi un monde à deux vitesses, où les plus aisés s’en sortent ainsi beaucoup mieux que les autres, où le silence et l’apathie sont de mise. Un futur , certes classique, mais qui se révèle solide et efficace gardant assez de mystères pour que chacun se fasse son propre avis. Un monde qui finalement vient aussi nous poser des questions sur notre avenir et ce qu’on est en train d’accepter, de ce qu’on est prêt à laisser faire. L’auteur vient alors compenser cette noirceur par sa mythologie qui se révèle plus lumineuse, plus magique, mélange de faits qui vont changer ce monde en perdition et d’histoires qui vont émerveiller et réveiller le lecteur. On se retrouve ainsi emporté, enchanté par toute l’imagination que développé l’auteur au fil des pages, qui, sans non plus révolutionner l’aspect féérique et les légendes, offre un ensemble qui se révèle assurément réussi, entrainant, efficace et enchanteur. L’ensemble est aussi bien porté par des descriptions denses, poétiques et marquantes, que ce soit dans le côté sombre de notre terre en souffrance, comme dans l’aspect féérique superbe. Un univers foisonnant qui donne ainsi envie d’en apprendre plus, bien porté justement par cette dualité troublante.

Mais ce que construit l’auteur ici est un récit d’espoir, de magie, car malgré l’aspect post-apocalyptique, le message qui se diffuse au fil des pages essaie plutôt de réenchanter et de faire revivre ce monde. L’espoir qu’une autre voie est possible qui ne soit pas obligatoirement totalement destructrice mais qui repose sur une harmonie. Une voie de partage, de réflexion et de beauté. Un message qui se révèle aussi ambigu, qui va chercher à nous faire réfléchir, à nous faire réagir, notre avenir ne pouvant reposer sur un deus ex machina, mais plus finalement sur chacun d’entre nous, sur nos actes. On se laisse ainsi happer assez facilement par la mosaïque que construit l’auteur autour des personnages de Follette et de Julian, des artistes amoureux du mots, du plaisir et de la joie. Des personnages, avec leurs sentiments et leurs émotions, qui vont devoir ainsi faire des choix, pas toujours faciles pour aller au bout de leurs convictions, qui vont devoir se battre et se faire entendre pour offrir une nouvelle chance à la Terre. La narration par alternance entre nouvelles et poésie se révèle, selon moi, très intéressante, offrant ainsi un certain rythme à l’ensemble et une certaine élégance. Chaque légende contée, chaque mythe travaillé vient ainsi apporte une pierre supplémentaire à tout l’aspect mythologie qui est développé et vient dépayser le lecteur de façon captivante.

Alors après j’avoue tout de même que certains points m’ont tout de même dérangés dans ma lecture. Certaines nouvelles avaient déjà été publiées dans des précédents recueils, jusque là rien de gênant, mais j’ai trouvé qu’un ou deux ici avaient du mal à s’intégrer dans la mosaïque qui est construite comme par exemple la réécriture de Lancelot qui parait un peu à part dans le livre. Ensuite, certains textes, malgré la beauté et l’intérêt qui s’en dégage, m’ont paru jouer légèrement trop sur la simplicité des retournements de situations et une certaine notion binaire un peu facile entre la technologie et la nature, ce qui m’a légèrement frustré et aurait mérité un peu plus de complexité. Enfin un point sûrement plus personnel, j’ai trouvé que certains personnages auraient mérité d’être plus développé tant ils possèdent un fort potentiel, mais là rien de bloquant ou de dérangeant.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi soignée, poétique, captivante et entrainante, pleine de mystères et de magie qui viennent éblouir le lecteur et l’immerger dans ces histoires. Certains textes sortent ainsi clairement du lot, comme par exemple cette histoire d’amour impossible entre un être féérique de la nuit et un du jour qui a clairement réussi à me toucher. Au final un livre de toute beauté qui, malgré quelques légers défauts, nous propose des récits enchanteurs, mystérieux et sensibles où vient se mélanger de nombreuses émotions allant de l’espoir à la mélancolie et qui devraient en toucher plus d’un.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman mosaïque qui nous propose plusieurs récits et poèmes qui viennent former ainsi une intrigue plus complexe nous dévoilant un monde post-apocalyptique qui suite au grand Echec voit sa population cloitrée sous peine de mourir par la pollution. Un univers mélange de sombre et de lumière, entre ce monde en plein effondrement et cet univers féérique qui vient illuminer l’ensemble par bribes de magie, de mystère et de beauté. L’auteur vient aussi nous offrir une réflexion, classique, mais bien menée et intéressante, sur la façon dont nous gérons la Terre et nos ressources, et vient ainsi ici apporter une lueur d’espoir, une autre voie même si pour cela les personnages devront faire des choix. Alors après certains point m’ont dérangé, un certain aspect binaire qui se dégage, quelques simplicités, ou encore l’impression que certaines nouvelles, précédemment publiées, ont un peu de mal à s’intégrer à l’ensemble, mais rien de non plus bloquant. La plume de l’auteur se révèle toujours aussi soignée, poétique et entrainante, nous plongeant dans un univers féérique et superbe, offrant d’une certaine façon espoir et réenchantement.

 

Ma Note: 8/10

 

CRAAA

Challenge CRAAA 11ème lecture

Précédent

Le Nexus du Docteur Erdmann – Nancy Kress

Suivant

Nom d’un Chien – André Alexis

  1. Lanyla

    Très tentant !!

  2. ah bah voilà, j’ai encore plus envie de le lire ^^’ (et de me l’offrir )

Laisser un commentaire

© 2010 - 2018 Blog-o-Livre

%d blogueurs aiment cette page :