Extinction Game – Gary Gibson

Résumé : Dans un univers de mondes parallèles à l’infini, la vie est une denrée fragile et l’humanité plus encore. Toutes les apocalypses sont possibles. Entre l’hiver volcanique, l’astéroïde dévastateur et l’épidémie ultime, qu’elle soit d’origine naturelle ou délibérément provoquée, le choix est sans limites.
Telle que racontée par lui-même, ce livre est l’aventure de Jerry Beche, le dernier homme d’une Terre ravagée où il sombrait dans la folie. Il est désormais un éclaireur des mondes éteints. Avec ses compagnons, tous survivants d’autres Terres agonisantes, il explore les ruines des civilisations disparues pour le compte d’une mystérieuse « Autorité » qui les tient sous son joug.
Par quels moyens ? Dans quel but ? Les éclaireurs l’ignorent. Mais ils cachent eux aussi à Jerry des vérités insupportables. Et des accidents inexplicables ne viennent-ils pas gangrener leurs missions ? Le voile devra se lever s’il faut continuer de vivre.

Edition : L’Atalante

 

Mon avis : Ce livre, j’avoue, au départ je suis passé complètement à côté sans être tenté plus que cela. Le résumé n’avait pas réussi franchement à m’accrocher, dévoilant une SF explosive et, je dirais, sans finesse qui avait du mal à me convaincre. Attention j’apprécie de temps en temps de la SF sans prise de tête, mais là il me manquait clairement un truc pour me convaincre. Puis j’ai vu passer quelques avis positifs sur des blogs que je suis régulièrement qui ont commencé à titiller ma curiosité. J’ai donc décidé de lui laisser une chance. A noter une couverture, illustrée par Raphaël Defossez, que je trouve plutôt sympathique même si, je ne sais pas trop pourquoi, elle me fait trop penser au film Le Jour d’Après ce qui a peut-être d’ailleurs jouer sur ma première impression.

On découvre ainsi au fil des pages Jerry Beche, qui pense être le seul survivant sur terre, jusqu’au jour où il va se retrouver « enrôlé » par une organisation, l’Autorité, qui a la possibilité de voyager dans des mondes parallèles et cherche des éclaireurs pour les visiter et découvrir leurs secrets. Au final, une fois la dernière page tournée, je suis bien content d’avoir découvert ce roman. Alors c’est clairement de la science-fiction nerveuse et explosive, mais l’auteur brosse une image de fond qui ne manque pas d’idées, ni d’un minimum d’intérêt ce qui permet à ce roman, je trouve, d’offrir un peu plus au lecteur. Certes dans l’ensemble cela reste tout de même un roman qu’on pourrait appeler « pop-corn », qui ne cherche pas non plus à trop nous retourner le cerveau et dont le gros point fort vient clairement du rythme tendu et sans temps morts qui est proposé. On se retrouve ainsi à tourner les pages avec envie d’en apprendre plus que ce soit sur notre héros, comme sur cette fameuse organisation. L’auteur alterne ainsi efficacement entre des scènes plus d’actions et des passages plus explicatifs et descriptifs sans jamais tomber dans l’ennui ou dans la longueur. Le récit oscille ainsi de façon efficace entre aventures, survie et SF et je me suis laissé facilement porté malgré, c’est vrai, un démarrage que j’ai trouvé peut-être un chouïa longuet. Les différentes lignes d’intrigues et de sous-intrigues s’avèrent efficaces et offrent aussi un minimum de densité et d’intérêt au récit.

Là où, selon moi, le récit gagne principalement en intérêt vient de ce que construit l’auteur autour de son univers et la façon dont il le lie à son intrigue. Pourtant, les premières pages laisse entrevoir quelque-chose de finalement assez classique avec l’idée de voyage dans le temps et la fin du monde. Mais voilà au fil des pages il vient construire quelque-chose qui, sans non plus se révéler révolutionnaire, apporte un plus à l’ensemble avec cette idée d’ensemble de mondes post-apo, d’organisation, principalement sur  leurs buts, mais surtout dans les problématiques qui sont dévoilées. En effet, comme on peut s’en douter, l’Autorité n’est pas obligatoirement ce que l’on peut croire. Autre point intéressant vient que, certes, les mondes visités sont très classiques, mais l’auteur arrive vraiment, dans l’ensemble, à les rendre solides, vivants et entraînants même si parfois il essaie de trop en faire. Mais bon rien de non plus trop bloquant. On découvre ainsi des mondes très visuels, nous proposant ainsi plusieurs fins du monde. La notion de voyage dans les mondes parallèles est aussi développé de façon intéressante et solide, avec une particularité que je vous laisse découvrir pour ne pas trop spoiler. Reste peut-être le côté plus organisationnel qui m’a paru un peu trop classique par moment, mais bon je chipote un peu. Au final c’est l’alchimie que crée l’auteur en associant ses idées qui offre son originalité au récit.

Concernant les personnages, là par contre, je suis peut-être un peu plus circonspect dans mon analyse. Sur le papier les héros sont des personnages plutôt intéressants, que ce soit dans leurs constructions, dans leurs passés comme dans leurs façons d’appréhender la vie. La côté soumission à l’Autorité, que chaque éclaireur montre, pour ne plus être le seul survivant de son monde est bien amené, travaillée et efficace. On ressent d’ailleurs plutôt bien leurs besoins profonds à chacun de pouvoir vivre, profiter et non plus survivre avec tous les soucis que cela peut entrainer après des années de solitude. Sauf que voilà d’un autre côté ils sont plombés parfois, dans un premier temps par un manque de finesse flagrant, mais aussi par le côté émotionnel. Que certains indices soient par moments révélés par les héros concernant tel ou tel secret, je peux le comprendre, quand ces indices manquent à tel point de subtilité, ça en devient légèrement frustrant. Alors après ce n’est pas non plus trop grave, cela ne concerne qu’une seule grosse révélation que je voyais venir quasiment dès le début, mais quand même. Par contre, ce que je trouve dommage concernant les héros c’est clairement leurs manques d’émotions, ce qui arrive même à transformer certaine scène qui auraient pu être prenante et touchante en quelque chose d’étrange et dérangeant. Concernant les personnages secondaires ils remplissent bien leurs rôles de faire avancer l’intrigue, même si je trouve qu’ils sont un peu trop binaires et on devine trop rapidement qui sont les « bons » des « méchants ».

Au final ce livre a parfaitement rempli les attentes que j’avais, c’est-à-dire de m’offrir un récit sans temps morts, nerveux et efficace sans non plus tomber dans le trop déjà-vu. Surtout l’auteur arrive à offrir une intrigue solide avec quelques idées intéressantes malgré cette impression de déjà-vu que l’intrigue laissait penser initialement. Certes comme je l’ai dit le roman n’est pas non plus exempt de quelques défauts, mais rien de vraiment rédhibitoire durant ma lecture. Le style de l’auteur n’a certes rien de très marquant, mais il remplit parfaitement son rôle se révélant simple, efficace, entraînante et nous happe plutôt facilement, pour peut qu’on se laisse porter par ce récit pop-corn. Parfois, c’est vrai, il en fait un peu trop, tirant un peu certaines scènes, mais rien de vraiment marquant. Après j’avoue, la fin ouverte sur l’un des personnages mystérieux et le deus ex machina qu’il apporte dans l’évolution de l’intrigue m’ont légèrement laissé perplexe, mais j’ai lu que ce livre faisait partie d’un diptyque, j’attends donc ma lecture de cette suite avant de juger en espérant qu’elle soit bientôt publiée en France. Si vous cherchez de la SF mélangeant post-apocalyptique et mondes parallèles ce roman pourrait vous intéresser proposant un récit un minimum soigné et intriguant.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui pourtant aux premiers abords avait eu du mal à me convaincre de me laisser tenter. L’histoire offre ainsi un mélange de récit post-apocalyptique, d’aventures et de mondes parallèles intéressant, solide et plutôt bien construit le tout mené à un rythme haletant et efficace alternant de façon réussie des phases plus d’action avec des phases plus explicatives sans jamais non plus tomber dans la lourdeur ou l’ennui. Les questionnements que soulève l’Autorité par son côté mystérieux s’avère, certes par certains aspects assez classiques, mais  qui ne manque pas non plus d’un minimum d’intérêt plus on avance dans le récit et que se dévoile la vérité. Alors après l’auteur en fait parfois un peu trop, tirant un peu trop sur quelques scènes ou développant mal, pour moi, certains aspects, mais rien de non plus bloquant. Concernant les personnages j’avoue je suis un peu circonspect, l’auteur offre bien des héros plutôt soignés et intéressants à découvrir dans leurs envies de vivre et leurs histoires, mais voilà d’un autre côté il manque parfois quand même de subtilité et surtout d’un aspect émotionnel. Cela rend ainsi certaines scènes parfois légèrement déroutantes. Les personnages secondaires malgré un côté assez binaire remplissent parfaitement leurs rôles je trouve. La plume de l’auteur n’a rien de révolutionnaire mais s’avère simple, efficace et un minimum entraînante. Je ne jugerai pas certains points car ils restent ouverts et pourraient être développés dans le second tome que j’espère voir publier en France.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Lune, Apophis, Maks, …

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3 Responses to Extinction Game – Gary Gibson

  1. Pingback: Extinction Game – Gary Gibson | Le culte d'Apophis

  2. Ce bouquin fait envie. Le côté « roman pop-corn » ne me dérange pas trop (et cela fait même du bien de temps en temps !). Cette mystérieuse Autorité intrigue. Ca donne l’impression que l’on peut y trouver quelques idées originales. Penses-tu possible de s’arrêter à la fin du premier tome si l’on n’a pas envie de poursuivre ?

    • Oui on peut s’arrêter à la fin du premier tome, des questions secondaires restent ouvertes mais la ligne d’intrigue principale, pour moi, trouve d’une certaine façon sa conclusion sans obligatoirement demander d’approfondir plus.

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