Fleurs au Creux des Ruines – Chloé Chevalier

fleurs-au-creux-des-ruinesRésumé : Près des forêts anciennes où chassent les premiers hommes, dans le roc des montagnes, on creuse les fondations des royaumes à venir. On y rêve de concorde, d’arts et d’amour, on y bâtit palais, ponts et destinées. Les siècles passent.
Ores vient la fin des temps, le sol tremble, la mer boue, et s’écroulent les cités qu’on croyait éternelles, en une pluie de poussière plus sombre que le jour. Mais des cendres renaît l’espoir, et s’amorce un nouveau cycle. Fleurs au creux des ruines nous conte l’histoire du Demi-Loup.

Edition : Hélios

 

Mon Avis : Chloé Chevalier m’avait agréablement surpris avec les deux premiers tomes de son cycle sur Le Demi-Loup qui m’offraient de très bons moments de lectures, proposant un Fantasy dense, poétique et franchement efficace (Chronique du Tome 1, Tome 2). Par conséquent je n’ai pas attendu longtemps avant de faire rentrer dans ma PAL et me lancer dans la lecture de ce petit recueil de nouvelles qui a pour but densifier l’univers proposé par l’auteur. Il permet aussi de patienter avant la sortie du troisième tome dont la publication est normalement prévue courant de l’année 2017 (j’ai lu un prévisionnel pour Automne 2017 pour être plus précis, mais rien de validé je crois). Concernant la couverture, toujours illustrée par Melchior Ascaride, je la trouve comme toujours très réussie. A noter que ce livre contient quatre nouvelles.

Notre Première Graine : Cette première nouvelle nous propose ainsi de découvrir la base du royaume de Demi-Loup où on y découvre, à travers le journal intime d’un souverain, un peuple qui est en guerre, envahi par le roi Aldemar. Un texte vraiment puissant et intéressant à découvrir, se révélant à la fois humain, que ce soit dans ce qu’on découvre à travers notre héros dans son rôle avec son peuple et sa fille, mais aussi dans son côté politique. Un récit qui nous rappelle finalement que c’est le vainqueur qui écrit l’histoire, faisant toujours la part belle à des « héros » qui ne le sont pas toujours et oubliant par moment ceux qui ont tout perdu. Un texte que j’ai trouvé percutant et assez poignant pour me happer. Le meilleur texte du recueil selon moi.

L’Art ou la Viande : Ce texte nous propose de suivre une correspondance croisée entre deux amoureux transis qui se retrouvent séparé par des choix de vies qui auraient dû, à la fin, aboutir à leur mariage. Sauf que ce sera loin d’être le cas. Avec cette nouvelle on rentre dans le principal soucis que j’ai rencontré avec ce recueil. Les nouvelles, décortiqués et dans les grandes lignes, sont intéressantes et à fort potentiel, mais voilà elles sont beaucoup trop courte et offrent beaucoup trop de détails en trop peu de pages à mon goût pour vraiment s’imposer. Cette nouvelle en est le parfait exemple car, entre les explications sur l’armée et les serves, l’aspect émotion qui doit apparaitre entre ses personnages qui vont s’éloigner ou encore le jeu politique que met en place l’auteur (et qui offre une résonance intéressante et cynique avec le cycle Véridienne), il y en a beaucoup trop en pas assez de pages. Cela a pour effet que l’histoire d’amour de nos héros et le drame qui se met en place n’accroche jamais vraiment, paraissant même convenu et qu’un certains nombres d’informations paraissent développés de façon trop succinctes et rapides pour vraiment marquer. Dommage, car l’aspect social du pays parait vraiment intéressant à développer dans cette nouvelle.

Lors Chantèrent les Bêtes : A travers cette nouvelle l’auteur tente de nous proposer un texte présenté un peu comme une archive qu’on viendrait de déterrer ; un journal intime dont des morceaux de textes se sont perdus et qui viennent nous conter une terrible apocalypse qu’a connu le royaume. En effet de forts tremblements de terre surviennent, lié à l’éruption d’un volcan, qui va complètement bouleverser la géographie et amener son lot de catastrophes et de morts. Un texte que j’ai trouvé très sympathique à découvrir, dont ce sentiment de fin du monde se fait clairement ressentir, ainsi que la détresse qui peut s’en dégager dans la quête du personnage principal. Sauf que voilà, de nouveau j’ai trouvé le récit trop court ce qui fait que l’ensemble manque de force et, de plus, je trouvais que l’ensemble manquait de développement dans l’Histoire. On a ainsi un peu de mal à vraiment intégrer ce récit dans le Demi-Loup et dans la chronologie que cherche à construire l’auteur dans ce recueil.

La Tour sous le Gris : Ce récit se situe chronologiquement des années après la grande catastrophe présentée par la nouvelle précédente. Plus classique dans sa construction, elle se révèle par contre intéressante dans ses personnages et les pierres qu’ils viennent mettre en place dans ce renouveau du Royaume. Une certaine tension se dégage et un sentiment de reconstruction apparaît de façon intéressante dans sa conclusion. Le côté survivant est ainsi bien amené, intéressant dans sa construction et apporte un vrai plus au récit. Une dernière nouvelle que j’ai trouvé plutôt efficace et qui vient clôturer de façon intéressante ce recueil.

 

En Résumé : Au final un recueil qui me laisse un léger sentiment mitigé, car même si l’ensemble reste tout de même assez sympathique je ne ressors pas entièrement captivé par ma lecture. Je ne remets pas en cause la capacité de conteuse de l’auteur qui est présente à travers ces quatre textes, sa capacité à trouver des idées intéressantes, le tout porté par une plume plus qu’efficace avec une certaine poésie qui s’en dégage. Mais voilà je pense que j’avais des attentes un peu trop grandes que ce qui est proposé dans ce (trop) court recueil qui parait ainsi ne faire que survoler les idées ce qui fait que j’ai trouvé que l’image de fond que cherchait à mettre en avant l’auteur manquait de densité. Attention, je n’attendais pas à ce que l’auteur se lance dans des annexes du genre de celle de Tolkien et son univers, mais voilà une fois la dernière page tournée de ce petit livre, j’ai eu l’impression d’une mise en bouche beaucoup trop rapide pour complètement me happer. Par contre il pourrait servir, pour ceux qui ne connaîtraient pas l’univers, à se faire un avis. Cela ne m’empêche pas pour autant d’attendre le troisième tome du cycle avec impatience.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autres avis : Just A World, Phooka, Boudicca, Cédric Jeanneret, Bouch’, …

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4 Responses to Fleurs au Creux des Ruines – Chloé Chevalier

  1. Pingback: Fleurs au creux des ruines | Le Bibliocosme

  2. C’est un recueil sympathique. J’ai eu un peu de mal à recoller les morceaux ensemble et à tout rattacher aux romans par contre (il faut envisager quelques annexes :D).

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