L’Abomination d’Innswich – Edward Lee

l'abomination d'innswichRésumé : Riche dilettante et fan de Lovecraft, à titre posthume puisque le maître mourut quelques années plus tôt, Foster Morley entreprend une tournée en bus à travers le Massachusetts, cherchant à mieux connaître les lieux qui inspirèrent le Maître.
Jusqu’à ce qu’il tombe sur Innswich, une petite ville côtière qui pourrait bien avoir inspiré à Lovecraft Le Cauchemar d’Innsmouth ! S’attardant en ville, il découvre que l’hôtel dans lequel il réside est le même que celui où le Maître a séjourné. De plus, un douteux photographe l’appâte en prétendant détenir une photo de l’écrivain, preuve incontestable de son passage en ville.
Mais pourquoi toutes les femmes de ce petit port sont-elles enceintes ? Quels rituels sinistres se déroulent au premier étage inaccessible de l’hôtel ? Et si Lovecraft ne s’était pas juste inspiré des lieux ? Certaines de ses créatures les plus grotesques sont-elles uniquement le fruit d’une imagination fertile ?

Edition : Mythologica

 

Mon Avis : Ce livre n’a pas fini dans ma PAL par hasard, il faut dire que le titre m’a tout de suite attiré me rappelant fortement le titre d’un livre de Lovecraft ; Le Cauchemar d’Innsmouth. Une fois en main je me suis rapidement rendu compte que ce n’était pas anodin, que l’auteur est aussi un admirateur de Lovecraft et qu’à travers ce roman il a justement voulu lui rendre hommage. Donc quand Marmotte m’a vu contempler ce livre elle a décidé de me l’offrir pour que je puisse me faire mon avis. À noter la couverture, illustrée par Philippe Jozelon, que je trouve plutôt jolie.

J’avoue qu’au début j’ai eu un peu peur, d’un hommage l’auteur paraissait finalement faire un copier-coller général de l’intrigue en la déplaçant juste d’époque et je me demandais donc si je n’allais pas être déçu. Puis au fil des pages je me suis rapidement laissé immerger par le récit et l’ensemble à commencer à fonctionner et à me donner envie de continuer. L’auteur connait clairement bien ses classiques, il sait faire monter la tension lentement transformant une situation tout ce qu’il y a de plus normal vers quelque chose de beaucoup plus troublant, sombre et violent. Il reprend la recette qui fonctionnait à merveille avec Lovecraft pour faire monter la tension et l’étrange au fur et à mesure de la lecture, mais l’auteur va plus loin, il apporte aussi sa propre touche à l’ensemble car, contrairement à Lovecraft qui restait finalement très puritain dans ces textes, Edward Lee y apporte du sang et du sexe ce qui, je trouve apporte une dose de malaise supplémentaire, sans non plus trop en faire ou tomber dans le graveleux. Le rythme se révèle efficace et fluide, avec de plus en plus de révélations et de rebondissements au fil des pages qui m’ont accroché et se sont révélés percutants.

Le personnage de Foster Morley est un héros assez déplacer par son côté un peu niais, simple et très chrétien ce qui offre un certain décalage et une certaine légèreté entre ce que nous présente le narrateur à travers son regard et ce qu’il pense. C’est d’ailleurs un peu sur cet humour noir et cynique que repose le récit, la façon dont va réagir notre héros face aux différentes monstrueuses découvertes qu’il va rencontrer et cette lente plongée dans l’horreur de la ville qui va considérablement le changer. Les autres personnages qu’ils rencontrent au fur et à mesure ne manque pas d’intérêt, même si finalement ils se révèlent très balisés, pour peu qu’on lise ce genre de récit régulièrement, avec une mention particulière pour Marie qui accroche un minimum le lecteur par ses traumatismes tout en se révélant ambigüe. Concernant cette fameuse ville d’Innswich, l’auteur nous offre une ville en plein changement, abandonnant le petit village de pêcheur pour un complexe beaucoup plus récent où le béton prédomine. Un véritable cauchemar urbain. L’auteur la décrit juste assez pour offrir une ambiance dérangeante, mélange de ville accueillante et déroutante, qui m’a bien captivé.

Alors autant le dire tout de suite, oui cette histoire est plaisante, se lit facilement et offre un bon moment de lecture, mais elle est loin d’atteindre le niveau de Lovecraft. Déjà l’aspect hommage, reprenant les grandes lignes du cauchemar d’Innsmouth, fait que tout du long de ce récit ressort tout de même une impression de déjà-vu, ce qui limite fortement les surprises. Ensuite, certains aspects spécifiques que l’auteur apporte à son récit m’ont paru ne pas servir à grand-chose, certes ce sont des petits clin d’œil à l’œuvre de Lovecraft, mais franchement ici ils n’apportent rien selon moi ; je pense par exemple à cette possibilité de ramener les morts à la vie. Enfin le twist final m’a paru un peu trop gros, l’auteur cherchant alors à en faire de trop et surtout cela amène quelques Deus Ex Machina un peu facile à mon goût tout en offrant aussi une légère confusion.

La plume de l’auteur se révèle simple, efficace et entrainante on se laisse facilement porter par cette plongée au fil des pages dans cette ville qui est loin de se révéler le Paradis sur Terre. Au final on obtient un texte qui, certes, ne révolutionnera pas le genre, mais qui se révèle plaisant à lire, fluide et efficace et m’a donné envie de me pencher plus en avant sur d’autres écrits de l’auteur. Un hommage à Lovecraft qui se révèle sympathique et agréable.

En résumé : J’avoue avoir passé un agréable moment de lecture avec ce texte qui propose ici un hommage à Lovecraft et plus principalement au livre Le Cauchemar d’Innsmouth. L’intrigue, certes classique et déjà-vu, se révèle fluide, efficace et entrainante sachant faire monter lentement la tension au fil des pages malgré un début un peu trop copier-coller à l’œuvre référence. Les personnages se révèlent vraiment intéressants que ce soit à travers Foster Morley, héros niais et simple qui se retrouve en plein cauchemar, ou bien encore Marie qui arrive un minimum à toucher le lecteur. La ville d’Innswich offre un cadre clairement ambigu, qui se révèle trouble et efficace. Le style de l’auteur se révèle simple et entrainant, plongeant assez facilement le lecteur dans son univers. Alors certes on est loin du niveau de Lovecraft, l’ensemble possédant un petit air de déjà-vu ce qui le rend linéaire, certains aspects utilisés n’apportent rien à l’histoire et la conclusion possède un twist que je trouve inutile et qui offre des Deus Ex Machina frustrants, mais dans l’ensemble ça se lit facilement et se révèle vraiment sympathique. Je ne serai pas contre lire d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 7/10

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  1. je l’ai déjà repéré, j’ai été séduit par la couverture et le résumé et après la lecture de ta chronique, je suis d’autant plus emballé! 😀

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