Le Dernier Apprenti Sorcier Tome 6, L’Arbre des Pendus – Ben Aaronovitch

Résumé : A l’emplacement actuel de Marble Arch, à Londres, se dressait jadis la tristement célèbre potence de Tyburn, surnommée l’arbre des pendus, où l’on exécutait les criminels les plus notoires du royaume. William Wallace ou Olivier Cromwell y auraient connu une fin funeste. Mais aujourd’hui, les riches demeures d’Oxford Street et de Mayfair, situées là où les condamnés faisaient leurs derniers pas, sont le théâtre d’événements pour le moins étranges. Peter Grant, agent de la Police Métropolitaine de Londres et dernier apprenti sorcier du royaume, mène une nouvelle fois l’enquête…

Edition : Nouveaux Millénaires

 

Mon Avis : Bon, après avoir remonté l’historique de mon blog, je viens de me rendre compte que je me suis lancé dans le premier tome de cette série il y a plus de cinq ans maintenant. Le temps passe vite quand même. J’avoue que cette série fait partie des cycles dont j’attends les nouveaux tomes avec un minimum d’impatience et cela même si le précédent m’avait quand même laissé un sentiment mitigé. Les quatre premiers tome m’avaient ainsi offerts une Fantasy urbaine accrocheuse, avec une mythologie soignée et intéressante et même si les cinquième m’avait paru un peu trop déconnecté des autres, j’avais tout de même hâte de me plonger dans ce sixième tome pour savoir ce qu’allait proposer l’auteur. Je voudrais aussi faire un point concernant l’éditeur, déjà un aspect très positif sur le fait qu’au bout de 6 tomes le cycle soit toujours publié, c’est assez rare pour être souligné en Fantasy Urbaine je trouve. Maintenant j’avoue que je me pose la question de savoir qui a eu l’idée d’abandonner l’identité graphique du cycle en VF pour reprendre celle en VO. Certes celle en VF avait des bons et des mauvais côtés, mais voilà maintenant ma bibliothèque est toute dépareillée. Bon après, c’est vrai, je chipote un peu quand même, l’important reste quand même le contenant, mais quand même.

On retourne donc à Londres, et même si le changement d’air de Rushpool apportait tout de même un intérêt dans le renouvellement de la toile de fond, cela fait du bien, je trouve, de retrouver les rues Londoniennes qui collent si bien à l’univers étrange et féerique mis en place. Cette fois Peter Grant va se retrouver à bosser sur une enquête assez compliquée, la fille de Tyburn étant impliquée dans ce décès liée à une fête qui a mal tournée. Sauf qu’il a une dette auprès de Tyburn, ce qu’elle ne manque pas de lui rappeler. Mais surtout ce roman va se révéler important dans la quête du magicien sans visage et sans non plus spoiler je peux vous le dire ce tome ne va pas manquer d’offrir quelques révélations intéressantes. L’intrigue est ainsi construite plutôt sur un rythme lent, comme souvent avec l’auteur, montant en tension au fil des pages et des découvertes. Les différentes sous-intrigues viennent ainsi densifier le récit et ainsi offrir au lecteur surprises et rebondissements de façon efficace et entraînante, sans jamais non plus tombé dans la frénésie sans temps morts. L’auteur maîtrise ainsi plutôt bien son histoire, sachant prendre le temps de développer les différents aspects pour dévoiler une toile vaste et complexe, tout en n’oubliant une part plus rythmée. D’une simple enquête qui s’annonçait compliquée, le récit bascule ainsi à un moment vers le fil rouge, liant le tout de façon intrigante et prenante.

Concernant l’univers qui est développé, il est toujours aussi attrayant à découvrir. Alors certes, il n’a plus du tout, après 5 tomes, le même effet de surprise, mais je trouve que la façon dont l’auteur le gère, le développe et le présente reste entraînante et efficace. Déjà le travail sur la ville de Londres est toujours aussi captivant, limite la prochaine fois que je vais là-bas il faudrait que je me fasse une liste des lieux présenté par Ben Aaronovitch. On sent qu’il aime cette ville, que ce soit dans ces aspects les plus intéressants comme les plus sombres, et sa passion pour l’architecture et l’Histoire ajoute un vrai plus à ses descriptions. C’est vrai, parfois l’auteur en fait par moment un peu trop, mais franchement rien de bien dérangeant tant la ville de Londres, pour moi, prend d’une certaine façon vie dans ces récits et devient limite un personnage à part entière. On se retrouve ainsi plongé dans un cadre qui ne manque pas de fasciner et s’avère plus que captivant à découvrir. Concernant l’aspect magie, j’avoue, j’apprécie le fait que notre héros ne devienne pas un « gros Bill » en quelques pages, certes il a évolué depuis 6 tomes, il est devenu plus puissant, mais on sent qu’il y a encore un gouffre entre lui et les meilleurs. Alors cela pourrait déranger ceux qui aiment quand ça va vite, mais pour ma part je trouve cela plus intéressant, plus réaliste aussi, offrant plus d’évolutions et de changements, tout en proposant aussi un aspect scientifique intéressant dans la façon dont Peter travaille ses sorts, les développe et les mets en pratique. Plus globalement le côté magie gagne aussi en profondeur avec ce tome, principalement avec l’arrivée de nouveaux personnages et d’approches de la magie différentes, ce qui offre un peu de fraîcheur dans ce qu’on connaissait déjà. J’ai hâte de savoir comment Ben Aaronovitch va faire évoluer tout cela par la suite.

Pour les personnages, c’est avec plaisir que j’ai retrouvé Peter qui est toujours un protagoniste que je trouve attachant, que ce soit dans son petit côté gouailleur, comme dans la vision qu’il a de sa vie, de la magie et des changements face auxquels il doit faire face, mais aussi dans son histoire. J’ai trouvé aussi intéressante la nouvelle coéquipière du héros, Guleed, qui apporte quelque chose d’un peu différent, évitant de tomber dans la copie de Lesley, l’ancienne coéquipière de Peter. D’ailleurs on recroise aussi cette dernière dans ce tome et des choses vont être révélées, mais je n’en dirai pas plus. Concernant les personnages qui gravitent autour du héros, je suis par contre un chouïa frustré qu’ils n’évoluent pas plus. Nightingale a du mal, je trouve, à clairement gagner en profondeur au fil des tomes, soit le tome nous présente énormément de son histoire, soit, comme ici, il reste égal à lui-même et reste dans son rôle de mentor, même si pour une fois il va franchement devoir se retrousser les manches et intervenir. Molly, dont j’attends toujours d’en apprendre plus, continue à rester un peu en retrait. Concernant les protagonistes secondaires, il y a un certain intérêt dans l’apparition de certains, apportant quelque-chose de nouveau et de différent, mais il est encore un peu tôt pour se faire un avis concret. Je ne doute pas qu’ils devraient gagner en profondeur dans les prochains, même s’ils ne manquent quand même pas d’attrait dans ce tome.

Maintenant soyons clair, Ben Aaronovitch ne révolutionne pas non plus sa série, si vous n’avez pas apprécié les premiers volumes, il y a peu de chance que LA révélation se face ici.  J’ai aussi trouvé que la conclusion, même si elle ne manque pas d’énergie et de tension, m’a paru un chouïa rapide, avec peut-être aussi un Deus Ex Machina légèrement facile et frustrant. Maintenant cela n’a pas empêché ce nouveau tome de m’offrir un très bon moment de lecture, le tout porté par une plume que je trouve toujours aussi vive, entraînante et efficace, avec toujours cette pointe d’humour anglais qui, je trouve, apporte un vrai plus à l’ensemble. Surtout l’auteur offre, comme dans les précédents tomes, ces références un peu geek qui, moi qui suis pourtant plutôt réfractaire à ce genre d’aspect, fonctionne ici très bien et se colle parfaitement au récit. Alors peut-être que dans plusieurs années le lecteur aura oublié ces références, mais d’ici là de l’eau sera passé sous les ponts. En tout cas pour ma part j’attends maintenant avec impatience la publication du septième tome qui devrait déjà sortir en VO cette année.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce sixième qui nous ramène à Londres et va nous offrir une enquête qui va se révéler compliqué pour notre héros. Non pas parce que la fille de Tyburn est impliquée (quoi que), mais principalement parce-que le magicien sans-visage refait surface et quelques révélations vont apparaître. L’intrigue va monter lentement en tension au fil des pages, densifier par des sous-intrigues intéressantes et qui s’intègrent bien au récit. L’univers, même s’il n’y a plus ce côté découverte, ne manque pas de s’avérer solide et efficace, principalement dans le travail que propose l’auteur sur la ville de Londres, mais aussi dans la façon dont il apporte des nouveautés dans l’aspect magie. Surtout le récit évite, justement au bout de 6 tomes, de transformer notre héros en magicien extra-puissant, certes il a évolué mais il est toujours un apprenti ce qui est plus réaliste et propose ainsi un développement intéressant. Concernant les personnages dans l’ensemble ils ne manquent pas d’attraits et on s’attache, je trouve, toujours aussi facilement à Peter Grant, même si c’est vrai j’aimerais que certains protagonistes prennent un peu plus d’ampleur. Maintenant soyons clair, ce tome ne va pas révolutionner les choses, si vous n’aimiez pas la série avant, je doute que ce soit le cas avec ce roman. je regretterai aussi une conclusion légèrement précipité et un Deus Ex Machina un chouïa frustrant, mais rien de trop bloquant. Le récit est porté par une plume vive, entraînante, efficace et je lirai la suite sans soucis et avec plaisir.

 

Ma Note : 8/10

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Bilan sur l’année 2017 !

  1. Il faut vraiment que je trouve le temps de le lire ce tome, je l’ai en Vo depuis sa sortie (c’est à dire 1 an xD)
    Ça donne envie en tout cas =)

    • Oui il est top, j’avais un peu peur après le tome 5 que j’avais trouvé moins prenant, mais ce sixième relance l’intérêt du fil rouge et offres quelques surprises.

  2. J’avais bien aimé le tome 1 et j’étais assez motivé pour lire les autres. Si tu dis que le reste est du même acabit ça me va bien 🙂

    • Mis à part le Tome 5 qui a eu un peu plus de mal à m’accrocher, le reste offre de la bonne Fantasy Urbaine je trouve. A voir comment l’auteur va tenir sur la durée, mais pour le moment je continue à accrocher.

  3. Il faudrait que je prenne le temps de découvrir cette série un jour !

  4. Dimitri

    Bonjour,

    J’ai commencé cette série il y a 4 semaines et je viens de finir le tome 5. Comme vous, il m’a un peu déçu au regard des 4 tomes précédent. En faisant une recherche sur un éventuel tome 6, je suis tombé sur votre blogue.
    Votre résumé du 6 me rassure… Merci.

    J’en profite également pour vous demandez si vous auriez un conseil de lecture à me prodiguer qui serait dans le même style que cette série ?
    Merci d’avance.
    Nota: je vote pour la liste détaillée de votre bilan 2017.

    • Oui, normalement je pense que le 6 devrait vous accrocher, le 5 faisant un peu parenthèse dans la série.

      Cette série se classe dans le style de la Fantasy Urbaine qui, a part son sous-genre de la Bit-Lit que je connais très peu, est peu représenté en France finalement. On le remarque avec la série Dresden qui n’a pas rencontré le succès espéré est a été annulé au bout de 6 tome alors qu’en VO elle s’approche de 25 volumes.

      Je peux quand même vous conseiller Neverwhere de Neil Gaiman, pourquoi pas Les Chroniques de L’Etrange de Romain D’Huissier, The Rook de David O’Malley, Le Dernier Magicien de Megan Lindholm, Lombres de China Mieville ou bien encore pourquoi pas la série Testament de Jeanne-A Débats.

  5. J’en suis qu’au deux premiers! Faut que je comble encore ces 4 tomes. C’est vrai que c’est sympathqiue et j’aime aussi beaucoup Peter.

    • Franchement pour ma part dans l’ensemble je trouve que cette série se classe dans le haut du panier dans le genre Fantasy urbaine par rapport à ce que j’ai lu d’autres. Bon après je suis loin d’avoir tout lu.

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