Origines Tome 4, Le Crépuscule des Dieux – Stéphane Przybylski

Résumé : Mai 1942.
Reinhard Heydrich se meurt dans un hôpital de Prague. à moins que… Le monde est à feu et à sang, l’humanité se consume dans les affres d’une guerre comme elle n’en a jamais connu. Dans le chaos du conflit qui déchire le monde d’hier s’esquisse déjà celui de demain, mais les véritables enjeux de cette boucherie planétaire se dévoilent enfin — bien plus cruciaux que tout ce qu’il était possible d’imaginer. Un futur que l’ancien SS Friedrich Saxhäuser refuse, qu’il ne permettra pas. Désormais coule dans ses veines l’impensable puissance révélée au cœur du Kurdistan irakien. Un pouvoir tel qu’il pourrait bien provoquer ce que, dans les secrets méandres du complot, tous redoutent : le crépuscule des dieux…

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : Il y a un peu plus de deux ans, je me suis lancé dans le premier tome de cette tétralogie sans franchement savoir dans quoi je me lançais. Je m’étais, à l’époque, laissé par convaincre par les différents retours, un résumé intrigant et une couverture accrocheuse. Trois tomes plus tard je dois bien admettre que je suis bien content de m’être lancé dans ce cycle qui n’était pas sans rappeler certaines séries SF, mélange de phénomènes paranormaux et de conspirations, qui ont accompagné mon adolescence. C’est donc logique que je me sois rapidement laissé tenter par ce quatrième tome qui vient conclure ce cycle, en me demandant comment allait s’en sortir l’auteur. Concernant la couverture, toujours illustrée par Aurélien Police, je la trouve superbe.

La fin du troisième tome nous avait offert quelques révélations fracassantes, des factions aux buts différents s’étaient révélées dans la quête de la découverte qu’à faite Saxhäuser lors du premier tome. De l’autre côté la guerre touche à sa fin, avec son lot d’horreur et de violence. Mais quel avenir va se dessiner pour l’humanité ? Alors autant le dire tout de suite, j’ai été surpris de la façon dont l’auteur traite la conclusion de son cycle, à la fois dans le bon sens, car j’ai été un peu pris à contre-pied et j’ai bien accroché, mais aussi je l’avoue avec une légère frustrations. Déjà j’ai trouvé que ce quatrième tome se construisait sur un rythme plus lent que les précédents. Un peu comme si par le fait que la guerre touche à son but, l’intrigue de fond, qui est construite depuis le premier tome, cherche par conséquent moins ici le côté intense et plein d’action. On se retrouve ainsi plutôt à jouer avec le lecteur sur la vérité, mettre en avant les zones d’ombres et les faits. Il faut dire que la construction, qui repose énormément sur des flashbacks, y joue pour beaucoup. Cela n’empêche pas non plus pour autant ce roman d’avoir de nombreuses scènes plus incisives, que ce soit toujours avec le héros principal Saxhäuser, ou bien encore l’introduction du passage de 2016. Attention, de mon côté avoir un roman plus posé ne me dérange en rien permettant d’offrir, ici, plus de densité, mais cela pourra peut-être en déranger certains.

D’ailleurs il est à noter qu’ici la confrontation va se révéler plus psychologique, un duel entre deux personnages dont je ne dirai rien, et qui se déroule en 2016 et non pas sur ce que laissait présager obligatoirement le tome précédent. Finalement ce roman porte bien son nom, Le Crépuscule des Dieux, se révélant être finalement un chant du cygne où la guerre laisse la place au conflit entre différentes factions en toile de fond. On se retrouve à tracer des décennies de notre histoire, comme la chute d’Hitler, la Guerre Froide, ou encore la traque de différents criminels de guerres qui se sont enfuis, pour aboutir à cette rencontre en 2016. L’ensemble se laisse lire aussi très facilement je trouve. L’auteur a franchement réussi à rendre ce récit fluide, vivant et entraînant, jouant de façon plutôt réussi avec les rebondissements et le chapitrage, pour faire qu’on se retrouve à vouloir en apprendre plus. L’aspect historique est d’ailleurs l’un des gros points forts de ce roman, l’auteur continuant à nous présenter de façon précise et efficace certains moments clés de notre Histoire tout en y apportant cette petite touche de science-fiction. Il arrive ainsi clairement à nous offrir un travail pointu, détaillé et soigné, tout en nous faisant croire que ces variations fantastiques ont pu réellement exister, que ce complot alien ait pu avoir lieu. C’est cette capacité à rendre le tout cohérent et réaliste qui offre un plus à l’ensemble.

Comme les trois premiers, ce récit devrait plaire aux amoureux des séries et films du genre X-Files et autres. On y retrouve tout ce qui en a fait le succès avec des aliens, des sociétés secrètes, des personnages mystérieux ou encore des jeux de manipulation et de pouvoir, mais aussi des points importants comme par exemple cette proposition d’une explication concernant Roswell. On se retrouve à suivre un panel de personnage, historiques ou non, variés, entraînants et efficaces. Chacun d’entre eux va devoir se retrouver à faire des choix avec plus ou moins de chance. On y retrouve avec plaisir Saxhausër, même s’il se retrouve un peu, je trouve, en retrait dans ce tome, mais aussi M. Lee qui continue à prendre de l’ampleur. L’auteur n’oublie pas ainsi de soigner ces héros, malgré son envie d’offrir une toile de fond dense et soignée, les rendant assez complexe pour qu’ils ne tombent jamais dans un côté manichéen, même les plus pourris d’entre eux. Je regretterai peut-être que certains personnages restent un peu en surface et soient traités un peu rapidement, ainsi que certains aspects un chouïa caricaturaux cher certains d’entre-eux, mais franchement rien de trop gênant. Dans tous les cas chacun des personnages que l’on a croisé aura à un moment ou à un autre un rôle à jouer.

Ce tome ne manque pas non plus à chercher à nous faire réfléchir, comme par exemple sur la notion d’expérimentations durant la guerre et dans les années qui ont suivi, sur la notion de pouvoir, d’éthique ou bien encore la notion de justice et d’avenir. Alors parfois l’auteur en fait un peu trop dans sa façon de présenter les choses, manquant de finesse, mais franchement rien de dérangeant. Pourtant certains points m’ont en partie dérangé avec ce dernier tome. J’ai ainsi été un peu frustré que le duel entre Saxhäuser et le personnage de la fin du troisième tome passe finalement un peu au second plan, lui enlevant une partie de sa tension amené pourtant avec la conclusion du tome précédent. Ensuite j’ai trouvé que un ou deux passages n’apportaient pas obligatoirement grand-chose ainsi qu’une ou deux facilités ici ou là, même si de ce côté là rien de trop bloquant. Enfin j’ai trouvé une certaine linéarité dans l’intrigue, car même si l’auteur joue bien avec les flashback et maîtrise sa narration, l’avancée de l’intrigue s’avère en partie prévisible. Au final quelques défauts, mais qui n’enlève en rien au fait que cette tétralogie s’avère très sympathique à lire et à découvrir selon moi. La conclusion proposée, très ouverte, pourra peut-être en bloquer certains, mais de mon côté m’a plutôt bien plu apportant une certaine notion d’espoir, certes qu’on pourrait trouver légèrement naïve, mais qui m’a accroché, car on sent que rien n’est gagné et l’histoire continue. La plume de l’auteur s’avère simple, efficace et entraînante et je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très sympathique moment de lecture avec ce quatrième et dernier tome qui m’a, en partie, pris à contre-pied dans son traitement, même si certains points m’ont aussi légèrement frustré. Ce tome est ainsi porté par un rythme plus lent que les précédents, nous proposant une intrigue moins porté sur l’intense mais plus sur les jeux des pouvoirs des différentes factions apparues à la fin du quatrième même si cela n’empêche pas certaines scènes d’actions de se révéler percutantes. J’avoue je me suis laissé porté par ce récit en forme de chant du cygne annonçant la fin d’un cycle, mais cela pourra peut-être en bloquer certains. L’un des gros points forts de ce cycle vient clairement du travail historique proposé par l’auteur, le tout mâtine de touches fantastiques qui paraissent très cohérentes, réalistes et collent parfaitement au récit. La touche très X-Files et série du genre apportent un vrai plus à l’ensemble. Les personnages ne manquent pas non plus d’attraits ne tombant jamais dans le manichéisme et s’avérant convaincant, même si j’aurai aimé que certains secondaires soient un peu plus développés où tombent un peu dans la caricature. Un tome qui nous offre aussi quelques réflexions comme sur la notion d’expérimentation, d’avenir ou encore de pouvoir. Alors après je regretterai un certain manque de tension du fait du choix de narration dans le duel entre Saxhausër et un personnage dévoilé à la fin du tome précédent. Une ou deux passages m’ont paru ne pas apporter grand chose au récit et enfin une certaine linéarité se fait ressentir. Au final des défauts qui n’empêchent pas pour autant ce dernier tome de s’avérer très sympathique, offrant une conclusion qui pourra peut-être en déranger certains, mais qui m’a bien accroché. La plume de l’auteur s’avère simple, efficace et entraînante et je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur sans soucis.

 

Ma Note : 7/10

 

Autre avis : Dionysos (Bibliocosme), Apophis, Au Pays des Cave Trolls, …

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  1. Il est dans ma PàL, hâte de le lire !

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