Seul sur Mars – Andy Weir

seul sur marsRésumé : Mark Watney est l’un des premiers humains à poser le pied sur Mars. Il pourrait bien être le premier à y mourir.
Lorsqu’une tempête de sable mortelle force ses coéquipiers à évacuer la planète, Mark se retrouve seul et sans ressources, irrémédiablement coupé de toute communication avec la Terre.
Pourtant Mark n’est pas prêt à baisser les bras. Ingénieux, habile de ses mains et terriblement têtu, il affronte un par un des problèmes en apparence insurmontables. Isolé et aux abois, parviendra-t-il à défier le sort ? Le compte à rebours a déjà commencé…

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Concernant ce livre cela faisait quelques mois qu’il traînait maintenant dans ma PAL. Je me souviens l’avoir fait entrer suite à ma lecture de nombreuses chroniques qui se révélaient plus que positives et à un résumé qui était clairement accrocheur. Puis voilà, je sais que je me répète, mais faute à une PAL exponentielle il a mis du temps à en sortir. Vu qu’on en parle de plus en plus, que ce soit toujours à travers de retours de lectures qu’on me fait ou que je lis à droite à gauche, mais aussi dû au fait que ce livre va bientôt voir son adaptation cinématographique sortir dans les salles j’ai décidé de le faire sortir de ma bibliothèque et de me faire mon avis, qui sait, avant d’aller pourquoi pas le voir au cinéma. A noter une couverture qui, on ne peut le cacher, a le chic pour mettre dans l’ambiance, contrairement à la nouvelle couverture qui reprend l’affiche du film et qui me plait moins.

L’idée de départ a franchement de quoi accrocher et se révéler intéressante, imaginer un homme en mission sur Mars qui, par la force des choses et des éléments, se retrouve seul et abandonner sur la planète rouge sans moyen de communication. Se lance alors une course contre la montre pour tenter de survivre et garder espoir. Surtout que l’auteur décide de prendre le contre-pied des attentes du lecteur, évitant une sorte de surenchère d’action, comme peut le faire tout bon film hollywoodien, pour se concentrer sur l’aspect beaucoup plus scientifique. En effet ce qui va sauver notre héros ce n’est pas tant ses muscles ou sa capacité à se défendre contre l’adversité, mais bien son ingéniosité, sa capacité à réfléchir. J’avoue que c’est ce qui m’a le plus fasciné dans ce roman, mon côté scientifique s’est trouvé captivé par toutes les explications données, c’est limite si je ne me lançais pas moi même dans des vérifications. On sent bien que l’auteur a fortement potassé son sujet, a effectué des calculs, et même si je me pose une ou deux questions sur certains points, l’ensemble se révèle très convaincant, surtout ne tombant jamais dans des lourdeurs ou ne venant pas ennuyer le lecteur. Surtout qu’il n’oublie pas pour autant de nous offrir de nombreux rebondissements qui font qu’on tourne les pages avec un minimum d’envie d’en apprendre plus et de savoir comment va s’en sortir notre héros ; de savoir par quel moyen et quelle méthode.

Sauf que voilà, une fois la dernière page tournée je dois bien avouer que je n’ai pas complètement été convaincu par ce roman. Oh attention, il se laisse lire et se révèle divertissant, mais voilà je suis loin d’avoir été fasciné comme j’ai vu de nombreux retours et je doute qu’il me laisse un souvenir impérissable. La première chose qui m’a dérangé c’est déjà que, pour une histoire SF construite comme un thriller, il n’y avait au final aucune tension. On n’est jamais vraiment inquiété pour notre héros, pour la simple et bonne raison que la construction du récit ne le permet pas. C’est bien simple mis à part le premier chapitre où on s’inquiète un peu, par la suite le héros trouve les solutions à ses problèmes tellement rapidement que j’ai trouvé que cela enlevait toute accroche sur cette survie, toute inquiétude. Ensuite la construction basée sur un soucis, une solution, la vie continue, un soucis, …. trouve très rapidement ses limites, et devient tout de même un peu répétitive plus on avance dans le récit. L’auteur cherche bien à varier, en quittant Mars pour nous offrir des passages sur la Terre, mais voilà ces scène ne m’ont pas paru apporter beaucoup d’intérêt au récit, reposant un peu trop sur les dialogues et se révélant un peu trop « bisounours » dans la façon dont c’est présenté, sans aucun contrepoids sur cet aspect, très film américain, de « le monde entier est soudé pour sauver cet homme ». Enfin dernier point qui m’a légèrement frustré, c’est l’aspect émotionnel du roman, j’ai trouvé qu’il n’y en avait pas. Andy Weir, comme je l’ai dis, est très bon quand il s’agit de technique, mais niveau relation humaine et sentiment, bah désolé, mais je n’ai pas ressenti grand-chose et c’est dommage pour ce type de roman.

Concernant les personnages là aussi je ne suis finalement que moyennement convaincu. Le héros, Mark Watney, est un héros comme on en voit au cinéma, vous savez, le genre qui a toujours la bonne réplique, qui est en permanence détendu, jamais stressé, bah c’est pareil ici sauf que voilà je rappelle quand même que le mec a de grandes chances de mourir. Je veux dire, on s’attend quand même à un léger traumatisme, une solitude, une angoisse, ce genre de retour, et non pas un gars qui fait des blagues à tout va et régulièrement  familières. Certes on pourrait se dire qu’il la cache dans son humour et son ironie, mais je ne l’ai jamais ressenti. Pourtant ça ne l’empêche pas, finalement de se révéler un personnage un minimum intéressant à suivre, que ce soit dans sa façon d’avancer ou sa façon de gérer les nombreux problèmes qui vont se dessiner devant lui. Il offre aussi un minimum de profondeur, principalement parce que le récit est présenté sous la forme d’un journal ce qui fait qu’on s’attache à lui. Concernant les autres protagonistes, là par contre, mis à part le fait qu’ils servent à un moment ou à un autre à faire avancer l’histoire, j’avoue qu’ils pourraient tous être interchangeables ce serait pareil, tant il n’y a aucun travail sur eux. Et qu’on ne me parle pas de ces dialogues entre l’équipage du vaisseau et leurs familles tant je les ai trouvés surjoués, plats et creux.

Pourtant c’est dommage, car il y a clairement un gros potentiel qui se dégage de ce récit. Rien que la planète Mars offre un territoire franchement hostile, sauvage, mortel qu’on ressent bien. La moindre petite erreur peut rapidement se révéler fatale. Sauf que voilà, je pense qu’il ne répondait pas aux attentes que j’avais en ouvrant ce livre, j’espérais un récit qui me prenne eu ventre et me fasse stresser et je me retrouve avec un livre un peu pop-corn US. Je comprends d’ailleurs parfaitement qu’un film puisse être adapté sur ce livre, car même si l’action reste sobre il y a de quoi offrir quelque chose de visuellement efficace et entrainant. La plume de l’auteur est au final ambigue tant elle a réussi à me happer quand elle se lançait dans les explications techniques ou dans les rebondissements, mais m’a parue avoir du mal  dans les passages plus humains de son récit.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture divertissant avec ce livre, mais qui est quand même loin des attentes que j’avais en le commençant. L’histoire ne manque pas d’attrait, offrant une intrigue efficace et intéressante et surtout, ce que je considère comme l’un des gros points forts, le fait que l’auteur mette plus en avant la résolution réfléchie et intelligente à l’action. Mon esprit scientifique s’est ainsi trouvé fasciné par cet aspect et on sent bien que l’auteur a fortement travaillé son sujet, ne laissant que peu d’aspects au hasard. La planète Mars se révèle ainsi un territoire terriblement hostile, où la moindre erreur peut rapidement se révéler fatale, offrant ainsi de nombreux rebondissements. Mais voilà plusieurs points m’ont laissé perplexes comme par exemple ce sentiment de ne ressentir aucune tension tant la résolution des problèmes se fait très rapidement, la construction qui se révèle tout de même assez linéaire, quelques passages qui m’ont paru inutiles et enfin, pour moi, une absence totale d’émotion qui ressort. C’est dommage. Concernant les personnages, je me suis accroché un minimum au héros principal, mais voilà il fait un peu trop héros de film et surtout ne parait jamais ni ressentir spleen ou autre. Concernant les personnages secondaires, ils ne servent qu’à faire avancer l’intrigue et paraissent tous interchangeables. La plume de l’auteur se révèle très simple et assez efficace dans sa capacité à parler d’aspect scientifique de façon fluide. Au final un livre qui se lit bien, mais qui risque de ne pas me laisser un souvenir impérissable tant j’attendais autre chose.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autres avis : Herbefol, joyeux-drille, Cajou, Lune, …

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Nous allons tous très bien, merci – Daryl Gregory

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  1. dommage que tu ne sois pas complètement convaincu :/ c’est un coup de coeur pour ma part!

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