Sous L’Ombre des Etoiles – Thomas Geha

sous l'ombre des etoilesRésumé : La guerre entre Salamandres et Humains a pris fin.
À la suite d’une dernière bataille épique, Kee Carson, tireur d’élite à bord du Templier, s’échoue sur une planète insignifiante, Seinbeck.
Resté deux siècles en hibernation, il s’y éveille et apprend qu’Humains et Salamandres, descendants des naufragés, ont fini par s’allier en tribus nomades pour faire face à une menace mutuelle : les indigènes de ce monde.
Dans le clan qui l’adopte, Carson fait la connaissance de Sirval, un salamandre qu’il déteste aussitôt. Difficile pour lui d’oublier ses années de guerre, celles qui l’ont séparé de sa famille et de Valtor, sa planète natale. Mais bientôt, contaminé par Mari-Ou, guide de la Tribu de l’Espace, et Poing de Verre, un géant rouquin devenu son meilleur ami, il commence à changer…
Kee le sait parfaitement, aucun retour en arrière n’est possible : il devra s’adapter à son nouveau monde, sous l’ombre des étoiles…

Edition : Rivière Blanche

 

Mon Avis : Si vous suivez mon blog régulièrement alors vous savez que j’apprécie beaucoup ce que propose Thomas Geha dans ces romans. On retrouve toujours une histoire divertissante, efficace, simple et haletante où le lecteur ne s’ennuie jamais vraiment. Ce n’est donc pas une surprise si ce livre a rejoint ma PAL lors du dernier festival de l’imaginaire de Sèvre, qui plus est dédicacé. Ce roman nous plonge de nouveau dans un univers, l’univers planète Pirate, que l’auteur développe depuis quelques temps et qu’on retrouve dans La Guerre des Chiffonneurs (chronique ici) ainsi que dans sa nouvelle Tiges (chronique ). Chaque histoire peut être lue indépendamment des autres. À noter que je trouve la couverture, illustrée par Juan, vraiment sympathique.

J’ai été très agréablement surpris par ce roman, je pensais repartir dans une histoire, un peu western de l’espace, au rythme haletant et effréné que connait si bien l’auteur, alors qu’au final on se retrouve dans une histoire un peu plus calme, plus réfléchie, mais pourtant qui se révèle toujours aussi divertissante et captivante. En effet il s’agit plus ici d’un roman sur l’homme, la naissance, ou plutôt la renaissance du héros qui se retrouve sur une planète totalement inconnue et aux repères complètement déboussolés. Il va donc devoir complètement se réadapter, évoluer et accepter qu’il n’existe pas toujours de méchants simplement, souvent, des incompréhensions. Le roman est ainsi séparé en deux parties avec une première phase nous faisant découvrir de façon prenante, efficace et passionnante notre héros, sa façon de s’adapter et le monde qui l’entoure puis une seconde partie plus tranchante, plus intense et plus percutante sur les différents combats que va devoir livrer notre héros contre lui-même et aussi contre l’hostilité de certaines espèces. Le lecteur se retrouve vraiment pris par ce récit, à la fois fort et intimiste, tournant les pages avec envie et beaucoup de plaisir pour en découvrir plus.

Mais voilà l’auteur nous offre aussi une histoire intelligente, avec des idées vraiment intéressantes et humaines, comme par exemple sur l’acceptation des autres et leurs différences, le racisme, l’amitié, la famille ou encore des aspects plus généraux tel que la gestion des peuples ou encore le besoin d’essayer de vivre en harmonie et non en lutte pour le pouvoir et la puissance. Alors certes, le tout se révèle amené de façon simple, mais est vraiment efficace, sans jamais s’imposer et surtout prenante pour le lecteur qui, finalement, se retrouve à réfléchir au message transmis. Alors bon, c’est vrai, une ou deux fois j’ai eu un peu de mal à complètement accrocher au message parfois trop optimisme à mon goût, mais c’est mon côté cynique qui ressort, rien à voir avec le lire.

Concernant l’univers il se révèle vraiment fascinant, complexe et il donne vraiment envie d’être découvert. L’auteur ne laisse rien au hasard, développant un monde complètement différent du nôtre, exotique et attachant à travers une faune et une flore des plus intéressante, faste et dépaysante. Une planète, certes qui se révèle dangereuse par bien des aspects, mais qui ne manque ni de charme ni de beauté. L’aspect vie nomade que découvre notre héros possède lui aussi pas mal d’attrait et permet ainsi de découvrir pleinement Seinbeck. L’auteur nous offre aussi un bakground solide sur les différents peuples qui composent cette planète, leurs évolutions et aussi leurs vies dans ces conditions même si j’aurai peut-être aimé plus de développement sur l’histoire de la planète. L’aspect politique ne manque pas d’attrait, mais vu que le roman est assez court fait que le tout ne reste pour le moment qu’esquissé. La technologie possède aussi son importance, même si une ou deux fois elle permet de se sortir peut-être un peu trop facilement de certaines situations, mais rien de dérangeant.

Les personnages présentés  se révèlent vraiment intéressants à découvrir tout au long de l’histoire. C’est surtout la vision que Kee a d’eux qui les rendent vraiment attachants et passionnant à suivre au fil des pages. On se retrouve avec des personnages clairement humains avec leurs émotions, leurs sentiments, leurs sensibilités et leurs envies de vivre de façon simple et normale. Les relations qu’ils partagent avec les différents protagonistes se révèlent vraiment efficaces et soignées et, même si on aimerai en savoir plus sur certains, ils nous happent clairement dans leurs nouvelles vies pleines de promesses, d’espoirs mais aussi de survie. Mon seul véritable regret est une certaine absence de nuances au niveau des personnalités qui fait qu’on repère sans trop de surprises les méchants des gentils et même si le roman essaye d’aller au-delà de cet aspect bien ou mal on n’est jamais vraiment surpris par certaines actions.

La plume de l’auteur a, je trouve à travers ce livre, gagné en poésie, en émotion et en complexité. Thomas Geha avait déjà fait preuve de ses qualités, mais plus à travers ses nouvelles que ses romans qui, eux, ont toujours plus mis en avant le côté divertissant et sans temps morts. Ici il garde toujours cet aspect divertissant et prenant, mais amène quelque chose aussi d’un peu plus profond et réfléchi que ce soit dans la présentation de son histoire ou encore à travers les rencontres et les descriptions.

Alors malgré toutes les qualités de ce roman je dois dire que quelques points m’ont quand même dérangé, déjà le côté court du livre, comme je l’ai dit, empêche clairement l’auteur de développer certains aspects que ce soit d’intrigue, comme par exemple ce mystérieux poing de verre, ou encore de développement et de rythme, les choses changeant ou se résolvant parfois un peu trop vite. De plus on ne peut enlever un aspect un peu linéaire à l’histoire. Mais malgré c’est quelques défauts ce roman m’a fait passer un bon moment de lecture et je lirai d’autres romans de l’auteur, qu’ils soient dans cet univers ou pas, sans soucis.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce livre qui nous offre une histoire, certes un peu moins rythmé que La Guerre des Chiffonneurs, mais toujours aussi divertissante et que j’ai trouvé réfléchie et soignée. L’univers est vraiment exotique et passionnant à découvrir malgré ses dangers. Les personnages se révèlent attachants et humains et on accroche facilement à eux à travers le regard de Kee malgré le fait que certains auraient peut-être mérité plus de profondeurs. Par contre je regrette que le format court du livre fasse que certains aspects ne restent qu’esquissés laissant des questions en suspend et certains changement m’ont paru trop rapides. Je trouve aussi que l’histoire est un peu trop linéaire. Rien de non plus trop dérangeant, tant le tout se révèle efficace. De plus je trouve que la plume se révèle vraiment entrainante et, selon moi, gagne en poésie et en complexité. Je lirai sans soucis d’autres romans de l’auteur.

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Dup, Lune, Lorhkan, Spocky, Sylphe, DarkHawk, Cornwall, etc..

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  1. Une de mes très bonnes lectures de 2013, avec un grand roman d’aventures, au rythme pourtant posé, même mélancolique par moment. Très vancéen aussi quelque part.

    • C’est vrai que du côté de l’univers et de sa construction il y avait un côté Vance assez intéressant. En tout cas je ne suis pas déçu de ma lecture.

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