Temeraire, Book 1 – Naomi Novik

temeraireRésumé : When HMS Reliant captures a French frigate and seizes the precious cargo, an unhatched dragon egg, fate sweeps Captain Will Laurence from his seafaring life into an uncertain future – and an unexpected kinship with a most extraordinary creature.
Thrust into the rarified world of the Aerial Corps as master of the dragon Temeraire, he will face a crash course in the daring tactics of airborne battle. For as France’s own dragon-borne forces rally to breach British soil in Bonaparte’s boldest gambit, Laurence and Temeraire must soar into their own baptism of fire.

Edition : Harper Voyager

 

Mon Avis : Je continue de lire en VO, tranquillement, à mon rythme, et cette fois j’ai décidé de me laisser tenter par le premier tome des aventures de Téméraire. Je dois avouer que ce livre traînait depuis un petit moment dans ma PAL, c’est simple depuis quasiment la venue de l’auteur aux Imaginales de 2013, j’ai donc décidé de l’en sortir il y a quelques semaines pour me faire un avis. Surtout qu’il faut bien avouer, l’idée de voir la présence de dragon en pleine guerre Napoléonienne a quelque chose d’intrigant et de fascinant je trouve. À noter aussi la très belle illustration de couverture, comme souvent avec ses éditions blanches.

Pourtant au final je dois bien avouer que je ne ressors pas complètement conquis par ce livre, loin de là, même si dans l’ensemble la lecture s’est révélé plutôt positive avec des idées vraiment intéressantes. La première partie du roman se révèle même plutôt efficace, nous présentant Laurence, capitaine Anglais d’un navire, suite à l’abordage d’un navire Français va se retrouver avec comme butin un œuf de dragon qui, le jour de son éclosion, va le choisir comme maitre. L’auteur évite clairement certains des aspects classiques de la lecture jeunesse avec un héros non pas adolescent, mais considéré comme mature et ayant de l’expérience. Normalement on évite donc le côté initiatique, mais voilà la suite va démontrer qu’on tombe dans d’autres poncifs du genre. En effet par la suite nos héros vont se retrouver envoyer dans une académie pour apprendre les manœuvres militaires et autre et vont par la force de leur amitié, et de celle qu’ils vont nouer au fil des pages, se retrouver à évoluer. Dans l’ensemble cela reste du déjà vu et revu, même si l’auteur s’en sort plutôt bien offrant quand même quelque chose d’attrayant et d’un minimum entrainant. Mais j’avoue j’attendais peut-être un peu plus.

Concernant l’univers, l’aspect historique se révèle assez riche et surtout très travaillé, on sent bien que Naomi Novik a effectué énormément de recherches et n’a rien laissé au hasard. Elle nous plonge directement en plein milieu de cette guerre d’envergure avec facilité. Il faut par contre savoir faire preuve de recul, le roman étant conté du point de vue Anglais il ne faut pas se sentir offusqué par de se faire traiter, en tant que français, de « frog » et autre joyeuseté. Le fait que les dragons soient utilisés dans des combats aériens apporte son lot de batailles et de stratégies, avec parfois même un équipage complet, qui se révèlent entrainantes et clairement efficaces. Concernant les dragons en eux-même l’auteur a développer son bestiaire de façon séduisante, chaque dragon ayant ses propres caractéristiques, ainsi que ses propres forces et faiblesses. De plus l’annexe à la fin du récit apporte un intérêt supplémentaire, développant mieux certains aspects. Mais voilà deux soucis m’ont sauté aux yeux dans ce qui est proposé dans ce roman. Le premier vient de leur régime alimentaire, l’auteur en parlant tellement régulièrement qu’au bout d’un moment je me suis quand même demandé si elle avait des notions d’agriculture, car vu ce que mange un dragon et vu l’époque je pense que l’Angleterre doit découvrir la famine tant il parait impossible qu’il reste un seul animal vu leurs appétits. Ensuite on nous les présente comme des êtres intelligents et extrêmement puissants, là me vient donc la grande question, pourquoi participer aux guerres intestines des humains quand on pourrait clairement les dominer ou vivre en paix dans son coin. L’auteur nous présente bien un lien émotionnel entre chaque dragon et son cavalier mais l’ensemble manque de cohérence.

Concernant les personnages par contre je dois bien avouer qu’il s’agit, selon moi, de l’un des points faible du roman, ils m’ont paru manquer d’intérêt et de consistance pour vraiment m’accrocher. J’ai par exemple trouvé le personnage principal, Laurence, froid, légèrement arrogant et antipathique. Excepté les passages avec Téméraire qui se révèlent intéressants, avec cette relation limite père-fils pleine de sentiments, il m’a donné l’impression de prendre régulièrement de haut tous les autres protagonistes, comme s’il se sentait supérieur. Alors certes l’époque ainsi que le fait qu’il soit Capitaine et vient de la Bourgeoisie influe sûrement, mais voilà pour un héros qui a gravi tous les échelons sur un  bateau ça me parait légèrement improbable ou en tout cas trop poussé. De plus il m’a paru s’enfoncer dans des principes de gentleman trop exacerbé justement par rapport au milieu militaire où il est. Concernant Téméraire il se révèle plutôt intéressant, extrêmement intelligent mais légèrement plombé par sa capacité d’analyse un peu trop simpliste. Concernant les autres personnages ils manquent de profondeurs pour qu’on s’intéresse à eux, servant plus à faire évoluer nos héros pour le moment. Je ne doute pas qu’ils devraient gagner en richesse par la suite.

Ce qui m’a le plus dérangé au niveau de ce premier tome c’est que finalement c’est un tome d’introduction et qu’il parait n’avoir aucun véritable but excepté poser des bases. Je m’explique. On sait que c’est la guerre, il va donc y avoir des batailles comme je l’ai dit, mais voilà pendant les 3/4 du livre il ne se passe rien, la guerre est vécue de loin. Il faut attendre les 70 dernières pages pour commencer à sentir qu’il se passe quelque chose et se retrouver captivé. L’auteur cherche bien à compenser ce manque d’action par quelques mésaventures, comme cette histoire de dragon maltraité, mais c’est traité de façon trop simpliste pour vraiment me faire frémir. Cela n’empêche pas l’ensemble de bien se lire, mais je n’ai jamais été complètement happé. Concernant justement la bataille finale, deux aspects m’ont contrarié. Le premier vient de l’arme secrète qu’ont découvert les Français pour envahir l’Angleterre, celle qui doit surprendre le lecteur, le problème c’est que je me demandais depuis le premier quart du livre pourquoi personne n’y avait pensé donc niveau surprise on repassera. Ensuite vient le Deus Ex Machina beaucoup trop facile qui permet à l’auteur de clôturer son livre comme elle l’entend. Surtout qu’en plus je le voyais venir gros comme une maison.

La plume de l’auteur se révèle assez fluide, efficace et surtout détaillée, que ce soit du point de vue historique comme son travail sur les dragons. Elle se révèle plaisante à lire et joue facilement sur le fait qu’on tourne les pages avec un minimum d’envie. Maintenant voilà j’avoue que je ressors finalement un peu mitigé de ma lecture, il y a de bonnes idées, des aspects intéressants, mais dans l’ensemble ce premier tome fait trop tome d’introduction et j’ai eu beaucoup de mal à pleinement accrocher à certains points. Je lirai peut-être la suite, me doutant qu’ils seront obligatoirement plus rythmés, mais ce n’est pas une priorité.

En Résumé : Je ressors donc de ma lecture avec un sentiment mitigé, le livrese lit pourtant assez bien, mais il n’a jamais réussi à vraiment ma happer non plus. L’histoire se consacre trop, je trouve, sur l’apprentissage ce qui donne l’impression qu’il n’y a pas de véritable but à ce premier tome mis à part poser l’univers. Il faut attendre les 70 dernières pages pour que cela bouge enfin. L’univers développé par l’auteur se révèle plutôt efficace, bien renseigné et surtout le travail sur les dragons se révèle dense même si certains points m’ont laissé plus que perplexe. Concernant les personnages ils n’ont jamais vraiment réussi à m’accrocher, entre Laurence qui m’a paru limite antipathique et Téméraire qui parait intéressant mais manque de finesse, l’ensemble m’a paru un peu bancal. Concernant la conclusion je l’ai trouvé clairement sans surprise et le Deus Ex Machina beaucoup trop simple, par contre j’ai trouvé vraiment intéressant les batailles aériennes et toutes les stratégies que cela implique. Concernant la plume de l’auteur elle se révèle fluide et efficace. Au final un premier tome qui ne m’a pas complètement convaincu, même s’il possède de bonnes idées. Je lirai peut-être la suite mais elle ne rentre pas dans mes priorités de lecture.

 

Ma Note : 6/10

 

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  1. Pour l’alimentation des dragons effectivement c’est peut-être pas trop cohérent, par contre pour le fait que les dragons sont trop intelligents pour être exploités par les hommes, c’est une question qui est soulevée dès le 2e tome et qui sert un peu de fil rouge au fur et à mesure ^^.

    Pour ma part je trouve cette série très sympathique à lire, l’aspect historique est plutôt bien documenté, les personnages évoluent au cours de l’intrigue (Laurence devient bien plus sympathique par la suite) et j’avoue trouver le point de vue anglais très rigolo, Napoléon en grand méchant c’est chouette :D.

    • Après elle n’est pas mauvaise mais au vu de ce que tu me dis, principalement sur l’intelligence des dragons, pour moi le Tome 2 aurait peut-être du être lié au Tome 1 tant il parait introductif.

      Concernant Napoléon c’est vrai que c’est intéressant de le voir autrement que comme on nous le présente en histoire, je le mettais en avant car on ne sait jamais ^^

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