Wayfarers Book 1, The Long Way to a Small, Angry Planet – Becky Chambers

Résumé : Somewhere within our crowded sky, a crew of wormhole builders hops from planet to planet, on their way to the job of a lifetime. To the galaxy at large, humanity is a minor species, and one patched-up construction vessel is a mere speck on the starchart. This is an everyday sort of ship, just trying to get from here to there.
But all voyages leave their mark, and even the most ordinary of people have stories worth telling. A young Martian woman, hoping the vastness of space will put some distance between herself and the life she‘s left behind. An alien pilot, navigating life without her own kind. A pacifist captain, awaiting the return of a loved one at war.

Edition : Hodder & Stoughton

 

Mon Avis : Comme je l’ai annoncé il y a plusieurs mois maintenant, j’ai prévu d’aller à la WorldCon de cette année qui est prévue à Helsinki. La WorldCon, outre le fait que ce soit une grosse convention liée à l’imaginaire, est aussi l’endroit ou est désigné les gagnants des prix Hugo qui repose sur les votes. Pour résumé, si on prend un Pass pour aller à cette convention on a le droit de voter pour les différents. Sauf que pour bien voter pour un prix, il faut avoir lu tous les livres nominés. C’est mieux quand même. Voilà donc le défi que je me suis lancé, lire les 6 livres nominés au prix Hugo, mais aussi pour ne pas me sentir perdu, les tomes précédents quand il y en a. Ainsi The Long Way to a Small, Angry Planet n’est pas directement nominé, mais il fait parti de la série Wayfarers dont le tome 2, lui, est nominé.

Ce roman va ainsi nous plonger dans les aventures de l’équipage du Wayfarer qui vient d’intégrer un nouvel élément, Rosemary qui est Clerc, et qui se voit aussi offrir un nouveau contrat pour permettre de créer un trou de ver pour permettre de relier plus rapidement possible une nouvelle planète alliée. On va ainsi suivre leur voyage. Clairement concernant ce roman, il répond parfaitement à cette expression qui dit que le voyage est parfois plus important que la destination. En effet l’auteur construit son roman comme un patchwork de petites histoires qui nous permettent d’une, de découvrir l’univers qu’elle présente et de deux, de développer ses personnages. Pourtant, une fois la dernière page tournée, je dois bien avouer que je n’ai pas été complètement emballé par ce roman. Il n’est pas mauvais, loin de là, et se laisse lire facilement, mais voilà il n’a pas non plus réussi à m’emporter comme j’espérais en le démarrant, surtout pour un roman nominé au prix Hugo. Je ne pense pas non plus être le public cible. Après, pour clarifier un peu les choses, il s’agit d’une Science-Fiction qui se veut profondément rassurante, feel good, optimiste. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de mésaventures ou de problématiques, mais l’auteur les désamorce aussi vite qu’elle les crée et les personnages forment un noyau tellement imbriqué et cohérent qu’on sent qu’elle n’a pas envie d’amener de véritables frictions entre eux. En caricaturant tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, tout le monde s’aime. Je comprends que ça plaise, mais je dois être un peu trop cynique pour complètement accrocher.

Tout dépendra donc de vos attentes, si vous êtes plus un lecteur qui cherche un récit futuriste rassurant, pas obligatoirement révolutionnaire mais un minimum efficace, à la fois coloré et diversifié, qui, certes, a obligatoirement des conflits, mais où vous savez que dans l’ensemble un optimisme se dégage et tout ira bien, où les liens d’amitié sont les plus forts alors vous avez des chances d’accrocher. On sent nettement que l’auteur cherche à proposer une SF plus positive que ce qui est proposé depuis un certains temps, sauf que je pense que de mon côté j’ai un peu de mal à être aussi positif que l’auteur ce qui m’a un peu laissé perplexe, même si rien de non plus trop gênant. Ce qui est dommage par contre c’est que parfois l’auteur confond optimiste et candeur ce qui rend certaines résolutions d’intrigues un peu trop simplistes. Autre point, le récit est construit pour chercher à mettre plus en avant les personnages que l’intrigue, qui reste franchement au second plan, ce qui fait que l’ensemble m’a paru un peu trop mou. Tout du long on attend ainsi que le récit gagne un peu de pep’s et de rythme, mais même si la fin s’avère plus tendu, l’ensemble m’a paru manquer d’énergie. Il faut dire aussi que, comme je l’ai dit, on est dans un récit patchwork construit de telle façon que les tensions qui apparaissent sont désamorcées tout aussi rapidement, ce qui m’a légèrement frustré. C’est dommage je trouve, j’aurais aimé avoir des sous-intrigues qui me portent un peu plus que sur trois, quatre pages.

Concernant l’univers, oui, il n’a rien de révolutionnaire et se révèle très visuel dans ses descriptions, l’auteur ayant l’air d’avoir été bercé par les séries SF, mais cela ne l’empêche pas de se révéler solide et plutôt intéressant. Le gros point fort, je trouve, de ce monde futuriste vient clairement des différents peuples aliens que l’on découvre. En effet ils sont soignés, que ce soit au niveau social et comportemental, complexe, et de plus l’auteur a eu la bonne idée de ne pas tomber dans un futur trop binaire ou l’humanité domine tout, ou bien est en guerre contre des extraterrestres plus puissants. Chacun possède ainsi ses envies, ses peurs, ses ennemis et ses besoins. L’aspect technologique est plus classique avec la possibilité de voyager par trou de ver, des IA et autres améliorations que l’on peut imaginer, mais je regrette par moment le manque d’explication sur le fonctionnement, le lecteur devant accepter les choses. Au final, rien de franchement révolutionnaire, mais qui colle bien à ce qui est construit dans le récit. On découvre ainsi un univers coloré, qui nous fait voyager, qui n’a rien d’obligatoirement « novateur » c’est vrai, mais s’avère intéressant à découvrir. Le tout offre aussi des réflexions qui ne manquent pas d’attraits, que ce soit sur les genres, la sexualité, l’environnement, les intelligences artificielles, la différence qu’elle soit physique, culturelle, et d’autres sujets encore. Alors certes par moment ça manque tout de même de finesse et parfois c’est traité de façon un peu naïve, mais dans l’ensemble ça fonctionne pas trop et on sent une certaine passion chez l’auteur concernant les idées présentées, même si parfois on tombe dans le parti pris. Je trouve juste dommage que ses réflexions manquent quand même d’un peu plus de profondeur.

Le gros point fort du roman vient ainsi du travail que l’auteur réalise sur les différents personnages que compose l’équipage du vaisseau. On découvre ainsi différents héros qui sont complexes, soignés, et qui ne manquent pas d’attraits et d’intérêts avec leurs peurs, leurs faiblesses, leurs rêves, leurs forces et leurs envies. On sent que l’auteur cherche d’ailleurs à les rendre attachant pour pousser le lecteur à suivre leurs aventures et ça fonctionne plutôt bien surtout qu’ils sont de se révéler manichéens. Le récit propose aussi des passages très intéressants pour chacun d’entre eux comme Ohan le navigateur et sa contamination, ou bien encore la vérité que l’on apprend sur Corbin. Rosemary, la nouvelle clerc, se démarque nettement pour moi, s’avérant touchante et charismatique à travers ses doutes, sa motivation et ses choix. Ce qui est dommage, et désolé si j’y reviens, c’est que chaque personnage à son propre passage, mais comme il y a huit protagonistes qui sont présentés, on les découvre très rapidement, ce qui fait que certaines intrigues intéressantes et pleines de réflexions se retrouvent simplifiés au maximum et traités très rapidement. Je pense principalement à tout ce qui tourne autour de Ohan qui trouve sa résolution trop facilement, grâce à un choix que je vais qualifier de « douteux » et dont ça ne dérange personne, car ils sont tous « super copains ». Alors je caricature un peu, mais c’est ce mon ressenti sur ce passage.

Au final The Long Way to a Small, Angry Planet est un roman qui cherche à proposer autre chose que de la SF à la sauce sinistrose et démoralisante sur notre avenir lointain. Sauf que sa plongée optimiste va trop loin à mon goût pour m’accrocher, tant la candeur est parfois un peu trop facile, trop guimauve pour moi. De plus, j’ai aussi noté un manque de rythme dans l’intrigue qui fait que, même si je n’ai pas détesté ce roman, il ne m’appelait pas à revenir vers lui quand je le posais. Enfin la conclusion, même si on ne peut pas véritablement la considérer comme un happy-end, m’a paru trop facile et trop gentillette malgré, c’est vrai, une qualité d’écriture qui a fait que j’ai eu un léger pincement au coeur. Je ne doute pas que cela plaira à certains lecteurs, de mon côté même si l’ensemble reste sympathique, bien porté principalement par les personnages, je n’ai pas non plus été totalement transporté. La plume de l’auteur s’avère simple et efficace et je lirai le second tome qui, lui, est nominé aux prix Hugo et propose une histoire différente.

A noter que ce roman a été publié en VF en août 2016 chez l’Atalante sous le titre L’Espace d’un An.

En Résumé : Je dois bien admettre que ce premier tome, même s’il n’est pas mauvais et se laisse lire facilement, est loin de m’avoir complètement convaincu. L’auteur nous propose ici une Science-Fiction profondément optimiste, parfois jusqu’à tomber dans une certaine candeur, résolvant rapidement tout conflit démarré. J’avoue je ne suis pas obligatoirement le public cible de ce genre de récits, ayant une vision un peu plus cynique et sombre, mais je comprends que ce côté rassurant puisse plaire à d’autres lecteurs. Cela n’empêche pas pour autant ce récit d’avoir des qualités, nous par exemple proposant un univers qui, s’il n’a rien de révolutionnaire,  s’avère solide, s’avérant coloré avec un travail intéressant sur les différents peuples aliens. Le travail sur les personnages et le gros point fort du récit, proposant des héros complexes, denses, soignées et intéressants à suivre même si je regrette certaines facilités pour éviter toutes tensions entre eux. Je pense principalement à l’histoire qui tourne autour de Ohan. On découvre tout de même des personnages loin d’être manichéens, qui arrivent à nous happer un minimum. La plume de l’auteur s’avère fluide, simple et plutôt efficace et même si je ne suis jamais totalement entré dans ce roman, j’en reconnais ses qualités qui devraient plaire à ceux qui cherchent de l’optimisme.

 

Ma Note : 6/10

 

Autres avis : Apophis, Lorhkan, MiroirsSF, Lecture 42, Lianne, …

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8 Responses to Wayfarers Book 1, The Long Way to a Small, Angry Planet – Becky Chambers

  1. Un livre que j’ai trouvé très sympa pour ma part 🙂 !

  2. Super projet !! J’espère que tu nous fera un retour de ton voyage 🙂
    De la sf feel good, je crois que je savais même pas que ça existait ^^ Pas sûre d’être non plus le bon public, mais à voir.

    • Bah c’est mon ressenti, des conflits mais pas trop, de résolutions rapides, un groupe uni sans quasiment jamais aucune anicroche, c’est le sentiment que ça m’a laissé. J’avoue ne pas obligatoirement entrer dans cette case, mais c’est mon esprit cartésien et légèrement cynique qui veut ça.
      Pour la worldcon, oui c’est faisable, va falloir que je sorte l’appareil photo.

      • Je ne suis pas du tout cartésienne, par contre je suis très cynique ^^
        Et quand je vois ta liste, ça me fait penser « ah, de la jeunesse, quoi » mais je généralise, c’est pas bô

        • Je ne parlerai pas obligatoirement de jeunesse, il n’en a pas la construction ni obligatoirement la facilité. Maintenant je vois ce que tu veux dire.

  3. J’ai ADORE. Ce bouquin m’a énormément touchée, pour toutes les petites histoires de chacun. Et vive la candeur ! Moi ça m’a pas paru too much, enfin j’veux dire, c’est pas parce que l’équipage est une bande de bisounours que toute la galaxie l’est ^^
    Je me tâte souvent à lire la suite, malgré ma panne, je pense que ça pourrait bien passer. Alors que pour le coup, je ne suis même pas attirée une seconde par des titres plus classiques de SF ^^

    • Ah mais attention, même si je n’ai que moyennement accroché, je comprends parfaitement qu’on puisse accrocher. C’est un roman qui se veut humain et qui fonctionne plutôt bien dans les personnages qu’il crée. C’est vrai que la galaxie est loin d’être bisounours, mais voilà ça ne se ressent pas vraiment sauf à la toute fin, mais présenté de façon trop rapide à mon goût. Même la scène avec les pirates de l’espace est « gentillette » (pas obligatoirement le meilleur mot). Mais bon après je suis aussi quelqu’un qui a tendance à voir le pire plutôt que le meilleur, d’une certaine façon ça doit jouer sur mon ressenti.

      Concernant la suite, pour moi elle devrait te plaire avec toujours ce côté touchant et humain qui fait la force du premier.

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