Le Chant des Epines Tome 3, Le Royaume Brisé – Adrien Tomas

Résumé : Au lendemain de la victoire de l’empire de Seï sur le royaume du Nord, les Épines et Ithaen pansent leurs blessures. Toutefois, cette guerre implique bien plus d’acteurs qui œuvrent dans l’ombre.
À l’aube de grands bouleversements qui vont ébranler les fondations de l’Histoire même, les alliances se dénouent et les accords les plus inattendus se créent. Des sacrifices démesurés seront exigés alors que de sinistres vérités seront révélées, pour précipiter les Épines et Ithaen vers une fin magistrale et terrible qui scellera leurs destins, et avec eux celui du Sixième Royaume.

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : J’ai découvert Adrien Tomas avec son premier roman La Geste du Sixième Royaume, puis La Maison du Mage, qui se situait tous les deux dans le même univers. Ces deux livres m’avaient alors offerts de très bons moments de lectures à travers des histoires et des intrigues denses, entraînantes et efficaces (chronique ici et ). Ce fut donc sans surprise qu’il y a un peu moins de deux ans maintenant je me sois lancé dans la découverte du premier tome de cette trilogie présentée comme une préquelle à La Geste du Sixième Royaume. Pourtant, malgré un premier volume plutôt sympathique, le second n’avait pas réussi à complètement m’accrocher, partant un peu trop dans tous les sens sans vraiment réussir à densifier son récit, (Tome 1, Tome 2). J’ai un peu hésité avant de me lancer dans ce troisième et dernier tome, mais finalement j’ai décidé de découvrir comment terminait ce cycle et ainsi me faire un avis sur le cycle complet. Concernant la couverture, illustrée par Alain Brion, je la trouve très jolie.

Ce roman nous plonge quelques temps après la fin du second tome qui a vu le Royaume du Nord perdre la guerre contre les Séïdes. Les Epines se sont retrouvé complètement dispersés, une résistance a été mise en place, mais l’espoir est mince pour voir à nouveau le royaume du Nord unifié. Pourtant le combat continue. Alors, finalement, ce troisième tome a-t-il réussi à relever ma déception du second tome? Je dois admettre que non, je suis encore une fois passé en grande partie à côté de cette conclusion, n’arrivant pas à me retrouver captivé par les aventures de nos héros. J’ai toujours ce même ressenti, déjà présent dans le volume précédent, d’un récit qui se disperse dans l’envie de nous présenter de nombreux personnages, de nombreuses sous-intrigues et réflexions, mais qui a au final du mal à densifier son intrigue. Cela donne l’impression de chercher à offrir beaucoup trop d’information en finalement trop peu de pages. Alors oui, le rythme est toujours bien présent avec un récit énergique, qui ne manque pas d’intensité, bien aidé par un chapitrage court de quelques pages à peine. On passe ainsi d’un personnage à l’autre qui amènent leurs rebondissements, leurs révélations et leurs surprises. Sauf que, pour ma part, cela n’est pas suffisant pour me passionner. C’est dommage, car prendre un peu plus du temps aurait vraiment permis, je trouve, au récit de gagner en intérêt et en profondeur.

Concernant l’univers, oui l’auteur a réussi à goupiller le tout pour garder une certaine cohérence. Les évènements survenus dans cette trilogie collent ainsi parfaitement avec ce qui a été aperçu dans La Geste du Sixième Royaume, sauf que voilà cette trilogie m’a paru rester constamment qu’en surface. J’ai vraiment eu l’impression non pas d’un cycle préquel qui vient approfondir La Geste, mais plus d’une trilogie qui se basait trop sur les connaissances du lecteur vis-à-vis de la suite pour justement construire son récit. Un peu comme si l’auteur considérait son univers déjà posé et connu du lecteur et qu’il n’avait besoin d’offrir que quelques détails. C’est dommage, car je ne suis pas sûr qu’un lecteur novice puisse vraiment se rendre compte de la complexité de ce monde tant dans cette trilogie il a du mal à exister seul sans les autres romans. Concernant la guerre contre les séides, elle a quasiment perdu tout intérêt tant elle me parait être traité qu’au second, voir au troisième plan. C’est vrai, l’auteur traite plus du Royaume du Nord, de ce que font les Epines, des mouvements politiques qui sont menées, mais là encore tout me parait n’être traité sans jamais rien approfondir tout se faisant grâce à des ellipses ou des négociations trop faciles. Ce qui est aussi dommage c’est que l’auteur cherche aussi à travers son récit à proposer de nombreuses réflexions, sauf que là aussi cet aspect traité de façon trop simpliste et même caricatural à mon goût.

Je prends l’exemple de Vermine qui a la fin du second tome se retrouvait aux mains des Sorcières Grises, paraissait prisonnière et qui là, sans qu’on comprenne pourquoi elle est devenue une élève, vit sa vie tranquillement, a acceptée un pacte avec Isandre et peut donc se balader comme elle veut. Cela pourrait être intéressant d’un point de vue tractation politique, mais vu que ce n’est jamais développé je suis resté sur ma faim. Autre point qui m’a paru dérangeant voir même aberrant de mon point de vue c’est tout ce qui concerne l’interaction entre les Runiques et Ithaen et le fameux « robot ». Sans trop en dévoiler pour éviter de vous gâcher toute surprise, pour moi j’ai trouvé les actes et les conséquences que cela amène traité de façon tellement simpliste et surtout facile que c’en était frustrant. Franchement si les Runiques voulaient clairement se tirer une balle dans le pied ils n’auraient pas fait autrement. Même le dernier quart qui apporte son lot de révélations, de surprises et de trahisons m’a paru manquer d’intérêt. Les choix des uns et des autres paraissent capillotractés. Le récit tente bien une « grosse » surprise, mais qui, je trouve, tombe à plat devant un traitement beaucoup trop rapide et des réactions un peu trop louches à mon goût. Même le fameux sixième Royaume m’a paru perdre de son intérêt, de sa magie et de son côté enchanteur.

Concernant les personnages, j’ai eu beaucoup de mal à m’accrocher à eux dans ce troisième et dernier tome. Déjà, pour moi, je trouve que l’auteur cherche à offrir trop de personnages secondaires, sans que ce soit toujours vraiment utile ni que cela apporte toujours à l’intrigue. Mais ensuite, l’ensemble de la trilogie avait la capacité d’offrir des héros charismatiques et fort, Ithaen, Vermine, Mérisia et autres avaient du potentiel dans le premier tome. Sauf qu’à nouveau tout ce potentiel ne parait jamais pleinement exploité tant le récit préfère chercher à proposer un côté divertissant, sans temps morts et rapide. Mais même pour un page-turner j’ai trouvé que les transitions, les changements et les évolutions de chacun manquaient de consistances et de logique. J’ai deux héros qui me viennent en tête, la première Merisia et tout son traitement concernant son rôle dans cette guerre, ce qu’elle fait pour faire pencher la balance du côté  du royaume du Nord qui m’a paru tellement mal amené et surtout tellement peu développé. Ensuite dans ce troisième tome on découvre un changement chez Ysemir, changement qui plus est très important. L’ensemble est balayé en trois pages sans aucunes conséquences ni de véritables réflexions. L’auteur fait aussi évoluer certaines relations, sauf que j’ai eu du mal à être convaincu ne paraissant être là que pour l’intrigue plus que parce qu’il y avait un logique; voir que ce soit lié aux sentiments des personnages.

Je vais m’arrêter là, cette trilogie, même si elle entre dans un univers qui me plait, ne m’a pas accroché, tout simplement. Je n’étais peut-être tout simplement pas le bon public. Le potentiel est, je trouve, présent, mais l’ensemble est finalement traité beaucoup trop rapidement, de façon trop simple et pas toujours avec finesse. Je pense que ce récit trouvera son public, je sais que la Fantasy qui va vite, très vite et qui cherche surtout à offrir une intensité au lecteur, à le pousser à tourner les pages rapidement a son public. Les premiers retours que j’ai d’ailleurs vu passer sur ce troisième tome sont bons. Pour ma part j’ai besoin de plus que cela, j’ai besoin de « communier » un minimum avec les personnages, de ressentir une certaine densité et complexité dans l’univers. Dommage. La plume d’Adrien Tomas est simple, rien de bien révolutionnaire, mais qui est un minimum entraînante et visuelle. Je sais que l’auteur a annoncé qu’il reviendrait dans cet univers, pour ma part je vais en rester là.

En Résumé : Je ressors de ma lecture de ce troisième et dernier tome de ce cycle pas franchement convaincu. Autant, j’avais apprécié les deux premiers romans d’Adrien Tomas dans cet univers, autant cette trilogie m’a plutôt laissé de côté. J’ai ainsi eu l’impression que cette trilogie se dispersait trop, offrant trop de personnages, passant très rapidement de l’un à l’autre. Certes cela offre un certain sentiment de tension et propose une lecture rapide, mais a pour conséquence aussi, selon moi, de ne jamais vraiment densifier l’intrigue, l’univers ou les personnages. J’ai toujours eu cette impression de rester en surface du récit, d’avoir des révélations qui tombent car elle doivent tomber plus que parce-qu’il y a une logique derrière. Concernant l’univers j’ai aussi eu l’impression qu’il se reposait plus sur les deux tomes déjà existant, ce qui est quand même un peu dommage pour une trilogie préquelle je trouve. De plus tous les aspects politiques, jeux de pouvoir, trahisons m’ont paru trop sommaires pour vraiment me happer. Concernant les personnages, ils ont du potentiel, mais encore une fois ils ne m’ont paru traiter que superficiellement que ce soit dans leurs choix comme dans leurs évolutions. C’est dommage, car ils brassent dans leurs aventures de nombreuses réflexions qui pourraient être intéressantes, mais qui tombent finalement dans une certaine simplicité et même parfois une caricature. Le tout est porté par une plume simple, vive et un minimum entraînante. Au final un troisième tome qui ne m’a pas accroché, mais je n’étais peut-être pas non plus le lecteur cible. En effet des premiers retours que j’ai vu passé chez d’autres blogueurs ils sont positifs. Je sais que l’auteur conte revenir dans l’univers, mais pour ma part je vais en rester là.

 

Ma Note: 4/10

 

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  1. C’est marrant j’avais eu l’impression exacte de superficiel que tu décris, déjà dans le second tome. C’est pour ça que j’ai complètement décroché de la série et que j’ai pas envie de lire le 3 (que Mnémos m’a envoyé quand même sans me demander…)

    • Le second tome m’avait déjà laissé un sentiment mitigé. Je me suis quand même lancé dans le troisième tome pour finir le cycle, en me disant que le tome 2 était un tome de transition, que le troisième pouvait offrir quelque-chose de différent pour la conclusion. Finalement ce ne fut pas le cas.

  2. Aie. J’avais déjà pas été très convaincue par le précédent, j’espérais que le dernier relèverait le niveau. Pas sûre de le lire du coup, en tout cas il ne sera clairement pas dans mes priorités.

    • Franchement j’aurai du mal à te convaincre de te laisser tenter, pour ma part je suis en grande partie passé à côté et, j’avoue, dans l’ensemble la trilogie ne m’a pas convaincu. Maintenant je pense que tout dépend de ce que chacun cherche car il a trouvé son public.

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