Le Fossoyeur – Adam Sternbergh

le fossoyeurRésumé : Il se fait appeler Spademan, le Fossoyeur, presque un nom de super-héros. Vous ne saurez jamais son vrai nom. Il a été éboueur. Un jour, il a trouvé un bébé dans un sac-poubelle. Quelques années plus tard, sa femme est morte dans la série d’attentats radioactifs qui a vidé New York de ses habitants.
C’était il y a longtemps : une autre vie.
Maintenant, Spademan est tueur à gages. Il est resté dans les ordures, mais son salaire a considérablement augmenté. Il n’est pas sexiste : homme, femme, il s’en fout. Vos raisons, il s’en fout. D’ailleurs, le fric aussi il s’en fout.
Et quand on lui demande de tuer la fille du richissime prédicateur T.K. Harrow, une gamine qui vient tout juste d’avoir dix-huit ans, il n’y voit aucun problème. Mais dans la toile de Harrow, pour la première fois de sa sinistre carrière, Spademan n’est pas la plus grosse araignée.

Edition : Denoël Lunes d’Encre (paru le 13/05/2015)
Traduction : Florence Dolisi

 

Mon Avis : Je sens que je vais me répéter, mais la première fois que j’ai entendu parler de ce livre, la première chose qui m’a attiré c’est sa couverture, de nouveau illustrée par Aurélien Police, que je trouve magnifique. Alors bien entendu je ne m’arrête pas qu’à la couverture, le résumé annonçant un thriller noir et violent dans un univers futuriste intriguant a terminé de me convaincre. Par conséquent quand on m’a proposé de découvrir ce livre, je me suis rapidement laissé tenter.

On se retrouve donc à suivre, ici, Spademan tueur à gages dans un New-York futuriste, ville qui se meurt après de nombreux attentats et qui a vu les touristes fuirent. Il va ainsi accepter un contrat qui va lui faire voir les choses différemment. Une chose est sûre, dès la première page on se retrouve rapidement entraîné par cette histoire qui se révèle percutante, à travers des chapitres courts et des dialogues épurés au maximum pour n’en garder que le strict nécessaire. L’histoire est ainsi conçue pour se révéler intense et vive. L’intrigue se révèle ainsi sans temps mort et surtout bourré d’action et d’adrénaline qui font que, pour peu qu’on se laisse happer par ce genre de récit très page-turner, on se retrouve à plonger dans le récit pour en apprendre plus. C’est noir, c’est efficace, c’est incisif et la personnalité du héros fait qu’on va droit au but. Comme il le dit lui-même il est une balle, ne pose aucune question, et il emporte ainsi le lecteur dans son sillage offrant ainsi une course poursuite, une traque, avec de nombreux rebondissements.

Sauf que voilà malgré l’avantage que possède ce genre de récit, il en montre aussi très vite ses contraintes et ses faiblesses. C’est bien simple, l’auteur va tellement à l’essentiel que parfois ça manque un peu de développement autour sur certains points qui me paraissent importants. Le second problème vient, pour moi, que vers le milieu du livre l’auteur se perd un peu dans des scènes pas toujours intéressantes, mélange de flashbacks et de passages qui paraissent superflus, de plus j’ai aussi eu l’impression qu’il cherchait plus, pour une ou deux scènes, à nous secouer de façon gratuite. Un peu comme si l’auteur, voyant que son livre manquait de pages a décidé d’en rajouter pour rentrer dans les normes. Enfin le dernier soucis vient, pour moi qu’à peu près 90% des soucis rencontrés se résolvent limite par Deus Ex Machina ou coup de bol. J’ai entendu dire que les droits du livre avaient été vendus pour en faire un film, ça ne m’étonne pas tant l’ensemble parait clairement visuel et très cinématographique du début à la fin, mais voilà de mon côté j’attendais peut-être un peu plus. Est-ce mauvais pour autant ? non loin de là c’est sympathique à lire, de plus ça se lit vite et offre un divertissement agréable, mais rien de non plus très marquant.

Concernant l’univers, l’auteur s’en sort assez bien offrant ainsi quelque chose de plutôt solide, d’efficace et de sombre qui colle parfaitement au récit. On découvre ainsi un New-York en ruine et en pleine désolation, où les plus riches ont, soit fui la ville, soit se sont plongés dans un monde virtuel pour y vivre une vie meilleure. Seul les plus pauvres survivent encore dans une cité où le crime est devenu monnaie courante. L’ensemble se révèle limite palpable, dont on en ressent toute la décrépitude et la désolation, où chacun vit sa vie dans son coin. Le côté cyberpunk avec tout l’aspect simulation ne manque pas d’attrait mais reste un peu trop en surface, manquant d’explications à mon goût. Un univers qui soulève aussi de nombreuses questions, que ce soit sur les causes de cette catastrophe, sur les conséquences et le clivage que cela engendre, mais aussi d’une certaine façon sur l’importance de la technologie et de la vie virtuelle sur notre existence ; ce besoin de s’y enfermer à la recherche de quelque chose de meilleur. Après il ne faut pas non plus se poser trop de questions, car comme l’intrigue le monde manque sur certains points d’un peu de développement comme par exemple quand on apprend que seul New York a été finalement ciblé, le reste des USA se porte magnifiquement bien, on se demande donc pourquoi, quand on a le choix, rester dans une ville agonisante et contaminée.

Concernant les personnages, Spademan étant le narrateur, il sort clairement du lot se révélant être un héros sombre, torturé, percutant, mais voilà il est quand même difficile de complètement s’attacher à lui, tombant un peu trop dans l’archétype et l’auteur cherchant par moment à trop vouloir l’humaniser. Cela ne l’empêche pas d’arriver à nous entraîner dans ses aventures, mais voilà il lui manque un petit quelque-chose. Autre point qui me laisse perplexe, mais là c’est beaucoup plus personnel et ne se limite pas à ce livre, c’est la norme morale que se fixe le héros : il ne tue pas les enfants. Cela peut se comprendre parfaitement, mais il a décidé de fixer un âge qui est 18 ans, donc si tu as 17 ans et 364 jours il ne te fera rien, mais si tu as 18 ans et 1s, bah pas de chance pour toi. Après j’avoue là je chipote un peu. Concernant les personnages qui gravitent autour de lui, j’ai trouvé Perséphone intéressante, offrant une héroïne forte et charismatique qui sait clairement ce qu’elle veut, tandis que les autres protagonistes oscillent entre intérêt et manque de profondeur.

La plume de l’auteur se révèle terriblement efficace, se révélant incisive, simple, percutante et entrainante, c’est d’ailleurs un peu le point fort qui fait qu’on tourne les pages avec un minimum d’intérêt et de plaisir. A noter qu’il n’y a pas de différenciation du point de vue des dialogue ; ni tiret, ni guillemets, simplement des renvois à la ligne, le tout s’intégrant dans le récit. Cela peut surprendre, mais j’ai trouvé que marchait bien et collait de façon efficace à l’aspect un peu journal. Au final ce livre se révèle divertissant et pleine d’adrénaline, mais a du mal à se révéler plus que cela tant l’ensemble m’a paru manquer d’un peu de consistance. Ca reste une lecture sympathique entre deux romans plus consistants, mais pas sûr que je me laisse tenter non plus par al suite si un jour elle est publiée en VF, tout dépendra de ma PAL.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture assez sympathique avec ce livre, même s’il n’a pas complètement répondu à mes attentes initiales. L’histoire se révèle efficace et offre un page-turner preant, même si j’ai trouvé qu’il manquait de profondeur et que l’auteur se perdait vers le milieu dans des flashbacks et des répétitions. Je trouve dommage par contre que l’intrigue se repose un peu trop aussi sur les Deus Ex Machina ou la chance. L’univers se révèle solide, palpable, mélange de monde futuriste en ruine et de cyberpunk, offrant aussi quelques réflexions intéressantes sur l’importance de la technologie dans notre vie, même si certains aspects de cet univers paraissent bancals. Le personnage de Spademan est sombre, torturé, entraînant, percutant et plein de cynisme, celui de Perséphone est charismatique et fort, mais les autres protagonistes oscillent entre intérêt et manque de profondeur. La plume de l’auteur se révèle simple, incisive et percutante, offrant un condensé d’adrénaline, mais qui a du mal à se révéler au final plus que cela. Pas sûr que je me laisse tenter par la suite, ou en tout cas ce n’est pas une de mes priorités.

 

Ma Note : 6,5/10

 

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  1. En effet, j’ai plus accroché.
    Comme l’univers me plaît beaucoup et que j’aimerais en découvrir plus, je me laisserais tentée par un second opus.

  2. Ah ben on sera deux avec Mariejuliet à te taner ^^ car j’ai beaucoup aimé le style de l’auteur, donc je me laisserais tenter également par un second opus. Cela dit, c’est vrai que le style est particulier.

    • J’ai pas vraiment eu de soucis avec le style, plus avec le fond qui me parait manquer d’un peu plus de profondeur.
      Sinon éviter de trop m’abîmer, après je ne pourrai plus lire ^^

  3. En effet cette couverture est superbe *-*
    Si je tente ou pas, je verrais 🙂

  4. J’ai terminé le livre, en début de semaine, et je viens enfin lire ta chronique. Je suis sensiblement du même avis, j’aurais apprécié d’autres infos sur le reste du monde et le style de l’auteur, s’il est entraînant au départ, à fini par me lasser. Sans compter qu’il change de narrateur, tout d’un coup, pour une scène très gore, ce qui te fais dire (je pense que nous parlons de la même) « il cherchait plus, pour une ou deux scènes, à nous secouer de façon gratuite ».
    Bref, un livre lu aussi avec plaisir mais qui ne restera pas dans les anales. Pas de suite non plus pour ma part.
    Bises

    • Oui c’est clairement mon ressenti. Concernant la scène dont tu parles oui c’est un peu ce que je mettais en avant, j’ai trouvé que parfois l’auteur cherche plus à en rajouter dans l’extrême alors que ça ne sert pas forcément.
      Merci pour ton retour.

  5. J’ai beaucoup aimé ce livre ! 🙂

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