Le Roi des Fauves – Aurélie Wellenstein

le roi des fauvesRésumé : Accusés de tentative de meurtre, Ivar, Kaya et Oswald sont condamnés à un sort pire que la mort. Enfermés dans un royaume en ruines, coupés du monde, il leur reste sept jours d’humanité. Sept jours pendant lesquels le parasite qu’on leur a inoculé va grandir en eux, déformant leur corps et leur esprit pour les changer en monstre. Au terme du compte à rebours, ils seront devenus des berserkirs, des hommes-bêtes enragés destinés à tuer ou être tués sur les champs de bataille. À moins que le légendaire roi des fauves puisse enrayer leur terrible métamorphose ? Mais existe-t-il vraiment ailleurs que dans leur tête ? Commence alors une course contre le temps, où les amis d’hier devront rester forts et soudés, pour lutter contre les autres. et contre eux-mêmes.

Edition : Scrinéo

Mon Avis : La première chose qui m’a attiré vers ce livre, c’est bien simple, c’est sa couverture, illustrée par Aurélien Police, que je trouve superbe et qui accroche rapidement le regard. Ajouter à cela un résumé des plus efficace, mettant en avant la mythologie nordique avec le Berserk, je ne pouvais que rapidement être tenté par ce livre. Par conséquent, quand j’ai vu que Babelio proposait, lors de son dernier Masse Critique, de découvrir ce livre, j’ai décidé de tenter ma chance et j’ai eu la chance d’être sélectionné. Je remercie donc Babelio et Scrinéo pour m’avoir fait découvrir ce livre.

L’intrigue nous propose de découvrir trois amis, Ivar, Kaya et Oswald, qui, pour tenter de lutter contre la famine, se retrouvent à braconner sur les terres du Jarl. Rien ne va se passer comme prévu et ils vont se retrouver arrêtés, jugés pour tentative de meurtre et forcés à absorber un parasite qui va la transformer en Berserkirs. On se retrouve ainsi plonger dans un récit, certes un peu simpliste sur le fond avec cette simple quête de survie, mais qui va se révéler très sombre, avec son lot de souffrances, de violences, de trahisons et de morts, et qui happe dès les premières pages le lecteur. C’est tendu, palpitant, sans temps morts et percutant. Certes on retrouve aussi une construction classique, avec cet aspect initiatique de nos héros qui vont devoir traverser des épreuves pour avancer et évoluer, mais voilà l’ensemble se révèle efficace et haletant, que ce soit à travers les nombreux rebondissements et les surprises proposés, comme par l’ambiance mise en place tout du long ; barbare, angoissante, confinée, limite oppressante qui s’en dégage. C’est surtout dans les épreuves que vont rencontrer les personnages qu’elle nous happe, on se retrouve avec de simples protagonistes dont la priorité est simplement de survivre, de pouvoir rester humains, loin des héros habituels.

Concernant l’univers proposé au fil des pages il se révèle vraiment efficace et passionnant. Il faut dire que j’ai un petit faible pour les mondes à forte connotation Nordique. Celui que nous propose l’auteur s’avère cruel, où la famine règne, ou le froid est mordant, où les plus aisés vivent tranquillement sans se soucier des autres à l’extérieur, où la survie est un véritable combat ; un monde âpre et loin de se révéler idyllique. Alors bien sûr, on n’est pas complètement dans de la Dark fantasy la plus pure comme peuvent le proposer certains auteurs, mais on découvre ici un monde austère, à peut-être ne pas mettre entre toutes les mains, mais qui pourtant accroche le lecteur. Que ce soit par les différents lieux que nous font visiter les différents auteurs, comme dans la magie présentée qui se révèle intrigante, on a vraiment envie d’en apprendre plus. Mais voilà, selon moi, le gros point fort vient des berserkirs, certes les berserks sont connus et souvent utilisés dans la littérature de l’imaginaire, mais la façon dont l’auteur les présente, des humains contaminés par des parasites, qui vont lutter pendant quasiment sept jours pour tenter de conserver leur humanité se révèle vraiment originale et accrocheuse. On se pose ainsi de nombreuses questions au fil des pages sur ce parasite et aussi sur certaines révélations distillées.

Les personnages se révèlent vraiment attachants, soignés et terriblement efficaces, mais surtout ils sont profondément humains, loin des héros habituels, avec leurs failles, leurs haines et leurs faiblesses. En effet ce qui les caractérise ici c’est seulement leur besoin de survivre, de pouvoir continuer à avancer dans un monde où la souffrance règne et cela par tous les moyens. Entre Kaya la jeune fille charismatique au caractère bien trempé, Ivar le puissant forgeron au grand cœur qui croit encore profondément à certaines vertus, ou encore Oswald le craintif, soumis, finalement produit de cet univers impitoyable, ils accrochent tous le lecteur, même s’il faut l’avouer Oswald a un peu une fâcheuse tendance à s’éteindre devant ses compagnons et à devenir répétitif vers le milieu du livre, mais c’est pour mieux, d’une certaine façon, imposer son point de vue sur la fin. Concernant les personnages secondaires, ils se révèlent efficaces, entrainants, offrant de nombreuses péripéties à nos adversaires même si je suis un peu frustré que certains ne soient pas plus développés, comme par exemple le Roi des Fauves ou encore Hilde qui auraient pu apporter tellement plus à l’intrigue.

La plume de l’auteur se révèle percutante par une construction de phrases et de chapitres courts, mais aussi rapidement oppressante par l’ambiance qu’elle met en place et qui colle parfaitement au récit. Elle nous plonge facilement dans un roman dur, réaliste, sans concession et qui se révèle, d’une certaine façon, fascinant. Alors après on ne va pas non plus le cacher, l’histoire se révèle peut-être un peu trop linéaire dans sa construction, mais franchement rien de bien bloquant ou dérangeant. Par contre je regretterai peut-être un peu, certaines révélations qui m’ont paru un peu trop téléphonées et facile tant on sent leur importance pour la suite, ainsi qu’une conclusion un peu trop devinable par rapport à certaines réponse, mais franchement ce ne sont que des petits points de détails tant j’ai été happé et emporté dans cette lecture efficace. En tout cas je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur, surtout que ce roman a beau être un one-shot, il y reste de nombreuses possibilités.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce court roman qui nous offre une histoire, certes simple, mais qui se révèle âpre, réussie et entraînante, le tout dans une ambiance sombre, violente et cruelle. L’univers développé par l’auteur, qui se penche vers les univers Nordiques, se révèle solide et captivant, mais surtout vaut pour son originalité sur les Berserkirs qui m’a rapidement accroché et soulève de nombreuses questions. Concernant les personnages, nos héros principaux sont solides, attachants et surtout humains avec leurs failles et leurs faiblesses, je regretterai peut-être juste que le personnage d’Oswald s’efface un peu devant ses deux autres amis, mais rien de dérangeant. Concernant les personnages secondaires ils sont efficaces, mais je trouve dommage que certains ne soient pas un peu plus développés surtout devant le potentiel qu’ils ont. Je regrette par contre une construction un peu linéaire, certaines révélations un peu simples et téléphonées ainsi qu’une conclusion facilement devinable, mais franchement ce ne sont que des détails. La plume de l’auteur se révèle simple, efficace, percutante et plonge facilement dans l’ambiance si particulière de son récit. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

 

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8 Responses to Le Roi des Fauves – Aurélie Wellenstein

  1. J’ai entendu parler du « Roi des Fauves » sur la chaîne Nolife, dans l’émission Rêves et Cris, et il m’a beaucoup intrigué… Ta chronique m’a décidée, allez, je vais le lire aussi! Ils disaient que c’était un roman assez dur qu’il ne faut pas lire si l’on ne veut pas faire de cauchemar, confirmes-tu ce côté angoissant, cauchemardesque?

    • Alors pour le côté dur je confirme qu’il est bien présent, pour l’aspect angoissant et cauchemardesque je vais faire une belle réponse de normand en te disant oui et non :). Par là j’entends que oui il y a des aspects quand même angoissant que ce soit par les parasites ou encore le besoin de survie, il y a des côtés sombres avec ce que peut engendrer la nature humaine de souffrance, mais voilà c’est loin d’être vraiment cauchemardesque ou totalement dérangeant. Je dirai plus que l’auteur cherche à perturber le lecteur et à le faire réagir qu’à vraiment lui faire peur. Après il faut aussi mettre dans la balance que je suis un lecteur de livre d’horreur, donc ma perception ne sera pas obligatoirement la même que d’autres lecteurs.

      • Merci pour ta réponse! Je lis très peu d’horreur, mais je pense avoir l’estomac solide… C’est pas un paquet de feuilles imprimées qui vont me faire peur! ^^ Merci encore pour ton précieux avis, je te dirai ce que j’en aurai pensé! 🙂

  2. J’ai vu plusieurs fois passer sa couverture dans mon fil d’actualité fb et elle est vraiment magnifique 🙂
    Ta chronique confirme qu’il faut que je le lise !:)

  3. Ta chronique est la deuxième que je lis sur ce livre, et si la première m’avait laissée plutôt indifférente, la tienne me fait vraiment envie ! Merci 🙂

  4. Pingback: Le roi des fauves | Le Bibliocosme

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