Silo, Tome 1 – Hugh Howey

Résumé : Dans un futur post-apocalyptique indéterminé, une communauté d’hommes et de femmes a organisé sa survie dans un silo souterrain géant. Du monde extérieur, devenu hostile, personne ne sait rien, sinon que l’atmosphère y est désormais irrespirable. Les images de mauvaise qualité relayées par d’antiques caméras, montrant un paysage de ruines et de dévastation balayé de vents violents et de noirs nuages, ne semblent laisser aucune place à l’illusion.
Pourtant, certains continuent d’espérer. Ces individus, dont l’optimisme pourrait s’avérer contagieux, représentent un danger potentiel. Leur punition est simple. Ils se voient accorder cela même à quoi ils aspirent : sortir.

Edition : Audible

 

Mon Avis : Il y a quelques mois j’ai découvert les livres audio. J’avoue que je me lançais, un peu sceptique, à la découvert de ce nouveau média , mais je me suis rapidement rendu compte que j’y trouvais un véritable intérêt. Cela me permettait ainsi d’écouter des livres, tout en effectuant d’autres tâches à côté. Après avoir découvert Le Portrait de Dorian Gray, je me suis cette fois lancé dans la découverte du premier tome de Silo. J’ai longtemps hésité à découvrir ce roman, le résumé ne manquait pas obligatoirement d’attrait et les retours que j’avais lu était globalement positifs, pourtant j’ai eu du mal à franchir le pas. Il a donc fallu attendre cette année et ma découverte de la lecture audio pour que je lui laisse une chance.

Ce roman nous plonge dans un futur post-apocalyptique indéterminé, où survie un groupe d’hommes et de femmes dans un Silo enterré. On suit initialement le shérif Holston qui décide d’effectuer l’improbable et demande à sortir du Silo. Hors les écrans sont clairs, l’extérieur est hostile, pollué et meurtrier et aucune personne qui a été condamné à sortir n’a jamais survécu. Bon, que penser au final de ce Silo. Je ne sais pas si avec le temps mes attentes étaient trop élevées, ou bien si ce n’est tout simplement pas le genre de récit que je cherchais, mais je ressors de ma lecture avec un sentiment mitigé. Pour faire un résumé simple, il y a de bonnes choses, mais le récit est beaucoup, beaucoup, trop long à mon goût pour réussir à me captiver du début à la fin. Pourtant l’histoire démarrait bien, tout ce qui tournait autour d’Holston se révélait entraînant, offrant une ambiance tendue et captivante porté par une narration efficace et pleine de mystères, mais la suite m’a paru se disperser de trop. Il faut dire aussi que ce roman, à la base n’en était pas un. L’auteur a d’abord autopublié une nouvelle dans cet univers et, devant le succès grandissant a décidé de développer son univers en partant de sa nouvelle. Par conséquent la première partie du roman est la nouvelle que l’auteur a autopublié en 2011.

Autant le dire, cela se ressent clairement dans le rythme du récit, la nouvelle proposant tendue et prenant, mais la transition avec la suite provoque un véritable coup d’arrêt à cette tension présente. Limite on a l’impression de partir dans un nouveau récit qui est obligé à nouveau d’offrir une introduction et de faire monter à nouveau la tension. L’autre point qui joue aussi sur le rythme du récit, vient de la multiplication des points de vues qui n’apportent pas toujours grand-chose à l’histoire et m’ont paru n’être là que pour rallonger le roman. J’ai cru comprendre que l’histoire avait d’abord connu une publication épisodique sur internet. On le remarque principalement, selon moi, dans la construction des parties, principalement dans ses coupures franches avec cliffhanger qui doivent appeler à lire la partie qui suit, mais qui une fois lié en un bloc paraissent en faire de trop, être trop théâtraux. Tout cela fait que malgré un démarrage sur les chapeaux de roues, je me suis peu à peu déconnecté du récit. Cela m’a aussi permis de découvrir un aléas lié à la lecture audio ; le fait qu’on ne peut pas lire en diagonale. Ce que je veux dire par là c’est que dans un roman quand un passage me parait lourd ou donne l’impression de trop traîner, je le survole et raccroche au moment où ça redémarre. Avec un livre audio, certes on peut accélérer l’écoute, mais ça ne se gère pas de la même façon et ça me frustrait plus qu’autre chose.

Pour autant il y a des choses très intéressantes tout de même dans ce roman. Déjà, je l’ai dit, la première partie, qui était initialement une nouvelle, est franchement prenante et percutante. Ensuite, autre point intéressant c’est l’univers que propose l’auteur. Oui, il est plutôt classique dans les grandes lignes, proposant un futur post-apocalyptique ou seule une faible partie de la population parait avoir survécu. Sauf que contrairement à une société déchirée et qui s’entretue, elle s’est repliée sur elle-même et a fait front pour s’adapter et survivre. Cela ne l’empêche pas non plus de se révéler solide, efficace et entraînant bien porté par un travail sur les descriptions très visuel. L’aspect intéressant vient clairement de cette tension que l’auteur crée entre le besoin de survivre, de tout faire pour faire fonctionner le silo sous peine de voir tout le monde mourir et cette absence finalement de liberté. On y découvre aussi une nouvelle société qui a été obligé de se figer dans des règles, parfois très contraignantes et liberticides, pour survivre au fait que la planète soit devenue invivable. L’auteur maîtrise aussi plutôt bien ses mystères, comme ce qui est justement arrivé à notre planète et même si certaines révélations sont un peu trop prévisible, cela ne les empêche pas de s’avérer incisive. Pareil pour tout ce qui concerne la société mise en place, qui peut paraitre logique face au besoin de survivre, mais qui montre que l’humanité reste figé dans ses travers avec ces différences de classe où le pouvoir se trouve en haut du silo et le côté plus manuel en bas. Cela peut paraitre un peu caricatural dis comme cela, mais c’est plutôt bien amené et l’évolution est intéressante avec tout ce que cela entraine en réflexions et en conséquences.

D’ailleurs l’autre point intéressant du roman vient clairement des réflexions que cherche à soulever ce roman. Que ce soit justement sur la lutte des classes, la notion de pouvoir et de manipulation, la notion de vérité et indirectement liée celle du bonheur, ou bien encore la position de chacun, le droit d’avoir des enfants, mais aussi sur l’aspect de liberté. Le récit brasse de nombreuses questions, certes peut-être parfois de façon un peu simpliste, mais qui dans l’ensemble pousse le lecteur à se questionner sur notre société et sur son avenir ce qui ne devrait pas laisser indifférent même si, autant le dire, la conclusion en forme de Happy-End avec la mise en avant d’idéaux magnifique parait un peu trop téléphonée. Concernant les différents protagonistes que l’on croise, là aussi mon intérêt a connu des hauts et des bas, certains personnages s’avérant très intéressants, touchants et attachants, comme le shérif Holston ou bien encore la maire, mais d’autre m’ont paru ne pas apporter grand-chose. Pire, on sent clairement que l’auteur les met en avant simplement pour faire « gonfler » son récit. Je reprocherai aussi à certains, soit de s’avérer un peu caricaturaux, soit par moment un peu trop binaire. Attention, dans l’ensemble ils restent tout de même entrainants, sauf que voilà mis à part quelques exceptions, il n’y a pas eu ce petit truc qui auraient pu me les rendre encore percutants et captivants.

Maintenant malgré les différents points positifs que j’ai soulevé, cela n’a pas été suffisant pour permettre à ce roman de se démarquer et de m’offrir une lecture marquante. L’ensemble se laisse tout de même lire avec un minimum d’intérêt, offrant aussi quelques réflexions intéressantes, mais voilà l’ensemble reste plombé par les défauts que j’ai soulevé, mais aussi à une histoire d’amour sans intérêt et légèrement guimauves, quelques Deus Ex Machina et une conclusion sur la forme un peu trop expéditive et légèrement capillotracté. Après peut-être que j’attendais aussi trop de ce roman, depuis le temps que j’en entendais parler. Le style de l’auteur est simple et entraînant, mais voilà je ne pense pas lire les autres tomes de ce cycle, même si une ou deux questions, je l’avoue, me titille tout de même.

En Résumé : Je ressors de ma lecture de ce premier tome du cycle Silo pas complètement convaincu, le récit n’ayant pas complètement répondu à mes attentes. Pourtant il y a des choses intéressantes, comme l’univers qui, certes peut paraitre classique avec cette idée post-apo ou le reste de l’humanité survie dans un silo, mais s’avère solide et efficace. Que ce soit dans la représentation de la société dans ce futur incertain, ou bien encore la gestion du pouvoir, mais aussi cette ambiance plutôt sombre et bien porté par des descriptions très visuelles on a un minimum envie d’en apprendre plus. L’autre point intéressant vient des réflexions que l’auteur soulève au fil des pages que ce soit sur la notion de survie, de la lutte des classes, de la manipulation, du droit d’avoir des enfants ou bien encore par exemple de la notion de vérité et du bonheur qui en est liée, l’ensemble ne laisse pas indifférent. L’ensemble est porté par un style simple et efficace. Mais voilà le soucis c’est que ce roman, à la base, a été construit sous la forme d’épisodes ce qui se ressent principalement dans le rythme haché du récit. Malgré une introduction prenante, plus j’avançais, plus je me déconnectai petit à petit du récit. Concernant les personnages je suis là aussi mitigé, certains sortant du lot, là où d’autres ne servaient qu’à remplir des pages ou tombaient dans la caricature. Ajouter à cela une histoire d’amour que j’ai trouvé inutile, quelques Deus Ex Machina faciles et une conclusion trop rapide, capillotracté et un peu happy end dans ses idéaux, au final je ne ressors que moyennement convaincu de ma lecture. Je ne pense pas lire la suite.

 

Ma Note : 6/10

 

Autre avis : Phooka, Lelf, Zina, Xapur, Cornwall, Nathalie, Nelfe, …

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  1. J’ai Silo dans ma PAL mais c’est pas vraiment une priorité, un jour peut-être !

    Par contre le livre audio je m’y suis converti également. J’arrive pas a rester plongé dans une histoire si je fais autre chose, je suis très mono-tâche, mais pour les promenades quotidiennes c’est parfait.

    • Je viendrai lire ton retour si jamais tu le lis, pour savoir ce que tu en as pensé.

      Alors pour la lecture audio, tout dépend de la tâche. Je peux écouter en faisant la cuisine, du sport, ou conduire par exemple. Après des tâches trop complexes j’évite quand même sinon je me mélange les pinceaux.

  2. J’avais beaucoup aimé ce 1er tome, notamment pour sa construction en domino au début. Les suivants m’ont moins convaincue, le dernier surtout, qui m’a ennuyée.

    • Disons que le roman en soit n’est pas mauvais, mais qu’il est long tout ça pour avoir une fin précipitée à mon goût. Tes retours sur les seuivants me font dire que je fais bien d’arrêter là.

  3. Le début est vraiment percutant, ensuite il y a une légère baisse.
    J’ai trouvé le second tome bon également avec un changement de point de vue sympathique qui permet d’avoir une autre vision des Silos.
    Par contre le troisième et surtout sa partie finale ne sont pas top.

    • Il y a une légère baisse mais aussi la fin du premier tome est trop expéditive, faire attendre le lecteur aussi longtemps pour quelque-chose d’un peu bâclé m’a laissé perplexe.
      Je reste donc sur mon idée de ne pas continuer la suite.

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