Strange The Dreamer Book 1, Strange The Dreamer – Laini Taylor

Résumé : The dream chooses the dreamer, not the other way around—and Lazlo Strange, war orphan and junior librarian, has always feared that his dream chose poorly. Since he was five years old he’s been obsessed with the mythic lost city of Weep, but it would take someone bolder than he to cross half the world in search of it. Then a stunning opportunity presents itself, in the person of a hero called the Godslayer and a band of legendary warriors, and he has to seize his chance or lose his dream forever.
What happened in Weep two hundred years ago to cut it off from the rest of the world? What exactly did the Godslayer slay that went by the name of god? And what is the mysterious problem he now seeks help in solving?
Welcome to Weep.

 

Edition : Hodder & Stoughton

 

Mon Avis : Concernant Strange The Dreamer c’est le genre de livre qui a clairement fini dans ma PAL sur un coup de tête. Je ne connaissais rien de Laini Taylor avant ce roman. J’avoue, j’ai été rapidement tenté par sa couverture, illustrée par Jantine Zandbergen, que je trouve franchement magnifique et qui donnait envie d’en découvrir plus. Si on ajoute à cela un résumé qui s’avérait intrigant, j’ai alors rapidement passé outre le fait qu’il s’agissait plus d’un récit Jeune Adulte et je l’ai rapidement fait entrer dans ma PAL. Bon, après, comme souvent, il m’a fallu du temps pour l’en faire sortir, mais il va rapidement falloir que je fasse quelque-chose concernant ma PAL qui devient de plus en plus incontrôlable.

Ce roman nous plonge à la découverte du jeune Lazlo Strange, orphelin fasciné par les contes et récits que lui raconte un moine, et qui un jour va voir effacer de sa mémoire le nom d’une célèbre cité mythique. Il va alors devenir hypnotisé par ce mystère, qui ne parait intéressé que lui, au point d’effectuer des années de recherches pour répondre à cette question. Alors, une fois la dernière page tournée je dois bien admettre que j’ai clairement passé un bon moment de lecture, même si certains points me font dire personnellement que ce récit aurait pu être encore meilleur. Concernant l’intrigue en elle-même on est finalement sur quelque-chose de plutôt classique dans les grandes lignes, avec le jeune héros plongé dans la quête qu’il a toujours rêvé, qu’il a toujours aussi cru impossible, qui en devient une quête initiatique et qui va le voir se retrouver obliger de grandir et évoluer. Mais voilà même si l’histoire a finalement un côté un peu déjà-vue, principalement en Fantasy, cela ne l’empêche pas de s’avérer solide et efficace, il faut dire aussi magnifié par la construction d’un univers plus que séduisant et la caractérisation de personnages globalement réussie. L’ensemble fait que je me suis globalement retrouvé à tourner les pages avec l’envie d’en apprendre plus, de suivre les aventures du héros et enfin de découvrir les fameux mystères de cette cité oubliée. Le récit a beau être construit sur un rythme lent, ce qui en dérangera peut-être certains, mais cela ne l’empêche pas pour autant d’être entraînant que ce soit par le côté un peu poétique et envoutant qu’il soulève, mais aussi par les énigmes présentes.

Déjà le gros point fort de ce récit vient, comme je l’ai dit, clairement de l’univers qui nous est présenté et qui est très bien porté par l’imagination débordante et passionnante de l’autrice. Elle construit ainsi au fil des pages un monde étrange, mélange de dieux, de magie, de mystères, de faune et de flore hétéroclite et qui peu à peu s’impose, je trouve, visuellement au lecteur et le dépayse tout en restant cohérent et en le faisant voyager. J’avoue, j’ai adoré me promener avec les héros dans ces lieux et villes à la fois colorés et entraînants, mais qui ne manque pas non plus d’offrir des passages légèrement plus sombres, plus sauvages, plus violents, ne faisant pas non plus tomber toute cette toile de fond dans un aspect trop bisounours. Un monde qui, finalement, porte bien son nom, à la fois étrange, fantasmé, et qui est très bien porté par des descriptions soignées, denses, imaginatives et d’une certaine façon ensorcelantes.

Concernant l’aspect magique et énigmatique qui se dégage de ce roman, il ne manque pas non plus d’attrait, collant parfaitement au récit et à tout ce qui est construit. Il y a une vraie cohérence, une vraie richesse dans cette idée de divinité, de fantômes, d’alchimie et autre, mais dont je ne vais pas trop ne dévoiler pour éviter de vous spoiler. Au final on a ainsi l’impression de plonger dans une sorte d’univers de « conte merveilleux » qui, c’est vrai, m’a captivé. J’y ai retrouvé ma fascination pour ces toiles de fond qui s’imposent durant la lecture, devenant limite un personnage à part entière, plein de questions, de rêves, de magies et de couleurs, tout en évitant aussi de tomber dans un aspect binaire et gardant une certaine complexité attrayante. Je regretterai peut-être que l’aspect politique et parfois aussi social, manque un peu de profondeur, mais rien de très dérangeant.

L’autre point très intéressant du roman vient clairement des personnages qui nous sont présentés au fil des pages. Alors, même si on est loin des personnages durs, qui ont vécu, souffert et que, une ou deux fois, ils paraissent par moment un peu « bisounours », cela ne les empêche pas de se révéler denses, soignés, humains et de rapidement avoir réussi à m’accrocher. Alors oui, c’est logique, celui qui se dégage franchement c’est Lazlo, le rêveur, qui a pour principale capacité de « rêver », d’espérer le meilleur de chacun pour obtenir un monde plus juste, d’offrir sans espérer recevoir. Il a aussi cette fascination pour les mystères, à vouloir les résoudre et surtout devenir un « héros » aux yeux des autres. Dit comme cela on pourrait trouver cela un peu simpliste, voir un peu niais, mais la façon dont l’autrice le construit le présente et le fait évoluer s’avère extrêmement touchante et le rend assez rapidement et facilement, je trouve, attachant. On se retrouve ainsi à le suivre dans ses aventures et a espérer qu’il va s’en sortir.

Concernant les personnages qui gravitent autour de lui, j’avoue, ils sont tous bien construit, et s’avèrent plus ou moins intéressants dans leurs évolutions. Je vais prendre deux exemples, le premier, Eril-Fane, est un personnage complexe, cachant de terribles secrets et qui évolue de façon intéressante au fil des pages pour nous présenter un héros percutant dans ses choix, dans ses doutes et dans ses questionnements. Au contraire Thyon, l’Alchimiste de génie, certes ne manque pas non plus de complexité, et démarre fort, même si de façon classique, mais il m’a paru perdre un peu en intérêt au fil des pages, comme si l’autrice le laissait de côté pour la suite. Finalement, même si ce n’est en rien bloquant, cela reste légèrement frustrant d’avoir des protagonistes intéressants tout du long et d’autres qui sont présents, travaillés, mais ne paraissent qu’attendre de jouer leurs rôles, voir de prendre de l’ampleur dans le second tome.

On pourrait croire, au vu de ce que je viens d’écrire, que le roman est excellent, pourtant quelques points m’ont quand même un peu dérangé. Le premier n’a rien à voir avec le roman, mais concerne plus l’éditeur, car je trouve que de plus en plus qu’ils ne font rien pour montrer qu’il s’agit d’un cycle. Là clairement, après recherche, on est dans un diptyque or je croyais me lancer dans un one-shot, et c’est frustrant de ne le savoir qu’en arrivant à la toute dernière page. Maintenant au niveau du roman, si on excepte les quelques facilités qui sont présentes à travers le côté YA pour faire avancer l’intrigue, pour moi le principal soucis c’est un gros coup de mou dans l’histoire. Il y a une sorte de gros ralentissement au deux-tiers qui permet à l’autrice de mettre en place une histoire d’amour qui, certes, a son importance et se doit d’être un minimum développée, mais donne l’impression de mettre un peu en pause le reste et surtout, pour ma part, offre aussi son lot de « guimauve » qu’on avait pourtant échappé jusque-là. Alors oui, la conclusion arrive en partie à faire oublier ce défaut, se révélant prenante et mettant enfin un coup d’accélérateur aux révélations, rebondissements et  autres surprises, mais voilà je pense que cette petite centaine de pages trop fleur bleue et un peu trop lente auraient pu être amenées de façon légèrement différente pour ne pas, en partie, me déconnecter du récit. Après on pourrait aussi souligner des révélations qui m’ont paru très prévisible, mais là rien de trop bloquant. Le tout est portée par une plume soignée, imaginative, subtile et visuellement somptueuse qui nous happe assez rapidement je trouve. Au final reste un bon roman, avec un côté envoutant et plein de mystères qui me donne envie d’en apprendre plus sur la suite.

A noter que je viens d’apprendre, en écrivant cette chronique, que ce premier tome sera publié en VF le 19 avril 2018 chez Lumen sous le titre Le Faiseur de Rêves.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui nous propose de suivre la quête initiatique de Lazlo Strange. Alors, déjà, il faut le savoir ce récit est un diptyque. Je ne sais pas comment sera la VF, mais en VO rien ne permet clairement de s’en rendre compte excepté le « to be continued » à la fin qui est finalement frustrant, mais pas toujours dans le bon sens du Cliffhanger. L’intrigue est certes plutôt classique dans les grandes lignes, mais ne manque pas de s’avérer solide et efficace, porté par un rythme lent, qui pourra en déranger certains, mais qui, selon moi, ne manque pas de proposer quelque-chose de dense et de captivant. L’univers est, je trouve, le gros point fort de ce récit offrant un monde débordant d’imagination, de magie, de fantômes, de faunes et de flores hétéroclites et captivante, tout en se révélant cohérent et collant parfaitement au récit. Un monde de conte, bien porté par la plume envoutante et poétique de Laini Taylor, mais qui n’oublie pas pour autant d’avoir un côté plus sombre, plus sanglant. Je regretterai juste par moment un aspect politique et social en retrait, mais rien de gênant. Concernant les personnages, on sent que l’autrice cherche à proposer des protagonistes construits, soignés et surtout humains. On s’attache ainsi assez rapidement à eux, même si je regrette que parfois, certains ne donnent l’impression que d’attendre de jouer leurs rôles, voir de s’imposer dans le tome suivant. Au final mon principal regret concernant ce livre vient du fait qu’après les deux-tiers du récit prenant, l’histoire connaisse un petit coup d’arrêt pour permettre au récit de construire une romance avec tout ce qu’il faut de guimauve. Certes elle est utile mais elle aurait pu, je pense, être amenée autrement sans donner l’impression sur une petite centaine de pages de ne pas avancer. Heureusement la conclusion pleine de surprises et de rebondissements fait un peu oublier ce point. J’ai aussi trouvé une ou deux révélations prévisibles. Au final Strange the Dreamer est un bon roman, plein de mystères et je lirai la suite pour voir ce qu’elle va proposer.

 

Ma Note : 7,5/10

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  1. J’avoue que moi et les YA en général on n’est pas trop copain, mais pourquoi pas après tout, si la médiathèque le prend je testerais peut etre !
    (ça fait bizarre de voir ce genre de livres ici, mais c’est cool de se diversifier un peu xD)

    • Je ne suis pas trop YA, mais parfois il m’arrive d’en lire quelques-uns. Là c’était vraiment un achat sur un coup de tête et ce fût une bonne pioche.

  2. Il vient de sortir en France et l’univers que tu décris m’intrigue beaucoup. Je pense me laisser tenter.

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