The Broken Earth Book 1, The Fifth Season – N.K. Jemisin

Résumé : This is the way the world ends…for the last time.
A season of endings has begun.
It starts with the great red rift across the heart of the world’s sole continent, spewing ash that blots out the sun.
It starts with death, with a murdered son and a missing daughter.
It starts with betrayal, and long dormant wounds rising up to fester.
This is the Stillness, a land long familiar with catastrophe, where the power of the earth is wielded as a weapon. And where there is no mercy.

Edition : Orbit

 

Mon Avis : Je continue de me lancer dans les chroniques des lectures liées aux Hugo Awards, de cette année pour lesquels j’ai voté pour la catégorie meilleur roman. Cette fois je me lance dans la nouvelle trilogie de N.K Jemisin : The Broken Earth. L’auteur ne m’est pas inconnue (contrairement aux autres auteurs nominés dont je n’avais encore rien lu), puisque je m’était laissé emporté dans sa Trilogie de l’Héritage (chronique du Tome 1, Tome 2, Tome 3) qui m’avait offert un excellent moment de lecture. Concernant l’illustration de la couverture je la trouve très sympathique. À noter que ce roman à gagné par le prix Hugo 2016 du meilleur roman.

Ce roman nous plonge sur une terre instable, traversée régulièrement par des mouvement géologiques plus ou moins importants et mortels. Des villes entières peuvent ainsi disparaitre. Les Hommes tentent d’y survivre comme ils peuvent, dans l’attente d’une nouvelle grande catastrophe qui remettra tout en cause et ouvrira une nouvelle saison. On se retrouve ainsi à suivre trois fils de narration, à travers trois femmes : Essun, Damaya et Syenite qui sont toutes le trois des orogènes. Les orogènes sont des gens capables de manipuler les forces géologiques, mais voilà ils sont loin d’être appréciés. Je dois admettre qu’une fois la dernière page tournée j’ai passé un excellent moment de lecture avec ce premier tome. N.K. Jemisin nous offre une introduction captivante à son nouveau cycle, que ce soit dans l’univers qu’elle construit, dans les personnages que l’on découvre, mais aussi dans les nombreuses questions qu’elle soulève. Pour moi ce roman est à la fois percutant, sombre, fort, touchant et intelligent, tout en se révélant juste et maîtrisé. L’auteur nous offre aussi un travail sur la narration assez étrange, puisque celle qui concerne Essun est à la deuxième personne, qui pourra peut-être en déranger certains, mais que j’ai trouvé pourtant prenante. D’ailleurs je me demande comment va s’en sortir le traducteur avec le choix entre le tu et le vous.

Concernant l’univers qui est présenté, l’auteur, je trouve, nous propose quelque-chose d’original, où la magie est aussi liée aux « catastrophes » de ce monde et où tout repose sur la géologie et les mouvements tectoniques. Franchement je trouve l’idée de base intéressante et l’auteur la développe de façon clairement efficace, soignée et prenante. De plus cette magie repose sur des explications simples et très didactiques, sans jamais en faire de trop ou se révéler trop lourdes. Alors, mes cours de géologie remontent à trop loin pour que je propose une comparaison scientifique, mais en tout cas l’ensemble se fond parfaitement dans l’univers qui est construit et parait logique et cohérent. L’aspect politique et social s’avère aussi intéressants à découvrir, où l’on découvre un monde perpétuellement en survie, où l’on peut disparaitre à tout moment par une catastrophe inattendue. Cela donne l’impression d’être sur un monde en fin de vie où la terre, la nature est devenue le plus grand ennemi de tous. D’ailleurs le fait que Father Earth soit aussi au centre de leur culture n’est pas anodin.

Cela a ainsi fortement impacté l’aspect aussi bien sociologique et politique de ce monde, il a ainsi fallu s’adapter à la dangerosité de ce monde ce qui a obligatoirement amené une certaine disparité entre les zones sûres des zones à risques. Les villes sont ainsi autonomes les unes des autres, pour éviter tout danger de dépendance, tout en maintenant des liens commerciaux. Pourtant cela n’empêche pas un ordre plus grand d’exister comme cette loi en cas de saison qui montre clairement qu’au moindre danger on devient égoïste. Fermeture des villes avec interdiction de sortir, encore moins d’entrer sauf si vous apportez un plus à la communauté, obligation à tous d’œuvrer pour la communauté. On découvre ainsi un monde âpre, violent voir sauvage, qui ne laisse pas insensible et nous pousse à nous poser des questions sur la façon dont nous réagirions dans la même situation. Mais le plus fascinant vient des règles qui sont ancrées depuis la naissance, qui ne sont jamais remises en cause, acceptées comme des vérités alors que l’on découvre peu à peu au fil du récit qu’elles ont connu de nombreux changement et de nombreuses variations qui ont été oubliées et effacées. On se retrouve ainsi à réfléchir sur la notion d’histoire, l’importance des écrits et aussi de les remettre en cause si nécessaire pour se faire son propre avis. En effet pourquoi le faire quand tout est écrit et que, de toute façon, les chances de survivre ne sont pas très grandes.

Cela se ressent ainsi principalement sur tout ce qui concerne les orogènes qui sont clairement considérés comme des monstres par l’ensemble de la population alors qu’ils ont le pouvoir de tous les sauver, mais aussi d’un autre côté de les détruire. A partir de là ils deviennent des rejetés et sont soit tués dans la plus grande impunité, soit envoyés au Fulcrum qui se sert d’eux. On le voit ainsi à travers les trois portraits que nous développe et qu’entrecroise l’auteur. On rencontre ainsi la jeune Damaya qui a subi la haine de sa famille depuis qu’elle a découvert qu’elle était orogène et est envoyée au Fulcrum. Elle espère y trouver une vie plus saine, une famille, mais va se rendre compte que dans un tel monde la souffrance règne. On suit aussi Syenite qui est envoyée en mission avec l’un des plus puissant orogène, Alabaster, mais à qui on ordonne aussi de coucher avec lui pour permettre la naissance de nouveau orogènes puissants. Enfin on découvre Essun qui a découvert que son mari a assassiné son fils lorsqu’il a constaté que celui-ci était orogène et qui se lance à sa poursuite pour sauver sa fille et se venger. Trois portraits de femmes franchement charismatiques, denses, qui ne m’ont pas laissés indifférent se révélant humains, avec leurs forces et leurs faiblesses et devant composer avec un monde qui ne les accepte pas et qui ne manque pas de leur faire savoir. Des femmes qui doivent se défendre, se battre régulièrement pour avoir le droit d’exister. Mais aussi des orogènes qui n’ont d’autres choix que de se soumettre à des règles qui ne sont pas faites pour eux, mais pour le bien des autres. Et au milieu de tout cela, on trouve les Gardiens que je vous laisse découvrir.

Comme je l’ai dit ce roman nous offre aussi de nombreuses réflexions que ce soit sur la survie, l’amour, la sexualité, notre vision du monde ou bien encore sur l’endoctrinement et notre capacité à trouver la vérité, une vérité qui nous convient. C’est, je trouve, un roman qui ne laisse pas indifférent, et s’avère percutant et travaillé dans les questions qu’il soulève. Une certaine tension se met ainsi en place qui monte au fil des pages, nous happe pour aboutir à une conclusion qui s’avère percutante et pleines de surprises. Le rythme mis en place ne cherche ainsi pas le sensationnel et l’explosif à chaque page, mais ne manque pas d’offrir un récit maîtrisés entre construction d’univers, de personnages et ses rebondissements, ses révélations offrant ainsi de nombreux mystères à peine dévoilés qui nous poussent à vouloir lire la suite. Alors c’est vrai, parfois l’auteur tire peut-être un peu trop en longueur un ou deux passages, mais franchement rien de dérangeant. La plume de l’auteur est soignée, efficace et nous plonge facilement dans ce premier tome qui offre, je trouve, une introduction excellente et intelligente qui me donne franchement envie de lire la suite.

À noter que ce roman sera publié en VF le 6 septembre 2017 aux éditions J’ai Lu Nouveaux Millénaires sous le titre La Cinquième Saison.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui nous offre un premier tome intelligent, percutant efficace et qui ne manque pas d’originalité. Déjà l’univers nous plonge sur une terre instable où des mouvements géologiques occasionnent des catastrophes plus ou moins graves. L’humanité se retrouve ainsi continuellement à s’adapter, avec peu de chances de survies. Au milieu de tout cela se trouve les orogènes, magiciens qui peuvent influencer ces mouvements géologiques. Un univers original, qui ne manque pas d’attrait et que l’auteur développe de façon efficace, captivante et maîtrisée. Mais surtout cet univers ne laisse pas indifférent que ce soit dans la façon dont il a évolué, dans son aspect politique comme dans son aspect social. On se retrouve ainsi à réfléchir et à se poser des questions comme par exemple sur les règles, leurs survies ou encore sur les orogènes considérés comme des monstres pour mieux les maîtriser. Cela se ressent dans le destin des trois femmes que l’on suit tout du long, où l’on découvre des héroïnes fortes, charismatiques, humaines avec leurs forces et leurs faiblesses qui doivent faire face à un monde qui ne les comprendre, ne cherche pas à les comprendre et ne les accepte pas. Le récit nous fait aussi réfléchir sur de nombreux sujets comme la notion de choix, l’amour, la sexualité, le rejet de ce qui est différent et d’autres encore et surtout le fait de façon efficace et percutante. La plume de l’auteur est soignée, efficace et même si un ou deux passages m’ont paru un peu long elle nous happe très facilement dans son récit. Une excellente introduction qui donne envie de lire la suite.

 

Ma Note : 8,5/10

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  1. J’avais repéré la sortie vf, et ce que tu en dis est encore plus prometteur 🙂

  2. Celui ci c’est sur que je le lirais. Vu qu’il sors bientôt en VF je vais l’attendre mais sinon j’aurais bien profité de mon été pour le lire s:P
    J’en entend parler en bien quasiment de partout, et le thème parait vraiment sympa !

    • Franchement je l’ai trouvé original et différent des autres romans de fantasy que j’ai lu, je ne peux donc que le conseiller en espérant qu’il te plaise autant qu’à moi. Bonne lecture !

  3. ENtièrement d’accord avec toi. J’ai attendu la version VF, et le traducteur s’en est sorti haut la main avec le tu et le vous.
    Cette fantasy est vraiment particulière, originale même dans son ensemble, et pleine de sens. J’ai également adoré!

    • Ah, content qu’il t’ait plu. Il faut que j’écrive ma chronique sur le troisième tome, en espérant que la suite sorte aussi en VF.

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