Sea of Rust – C. Robert Cargill

Résumé : Humankind is extinct. Wiped out in a global uprising by the very machines made to serve them. Now the world is controlled by One World Intelligences – vast mainframes that have assimilated the minds of millions of robots.
But not all robots are willing to cede their individuality, and Brittle – a loner and scavenger, focused solely on survival – is one of the holdouts.
Only, individuality comes at a price, and after a near-deadly encounter with another AI, Brittle is forced to seek sanctuary. Not easy when an OWI has decided to lay siege to the nearest safe city.
Critically damaged, Brittle has to hold it together long enough to find the essential rare parts to make repairs – but as a robot’s CPU gradually deteriorates, all their old memories resurface. For Brittle, that means one haunting memory in particular . . .

Edition : Gollancz

Mon Avis : Ce roman a connu une vie un peu bizarre dans ma PAL. Je l’ai fais entrer dans ma bibliothèque d’ebook, il y a un peu moins de 2 ans suite à une promotion de l’éditeur Gollancz, sur un coup de tête me basant simplement sur son résumé et des retours très positifs. Le soucis avec ma PAL numérique c’est que, n’ayant pas clairement de visu dessus, j’oublie parfois que je possède certains romans. Il a fallu qu’Albin Michel Imaginaire annonce la traduction et la publication prochaine de ce roman en VF pour que je me rappelle que je le possédais. J’avoue la présentation qu’en a fait l’éditeur VF, ainsi que le fait que ce roman est très bien noté sur Goodreads, ont ainsi fait remonter ce livre rapidement dans ma PAL. Puis bon, je ne voulais pas me faire avoir et acheter un livre en VF alors que je l’ai déjà en VO. Concernant la couverture, je la trouve sympathique son côté rugueux , violent et sauvage colle parfaitement au récit.

Ce livre nous plonge dans un avenir lointain où l’humanité s’est éteinte suite au soulèvement des machines. Il ne reste plus sur terre que des robots conscients. Pourtant rien n’est simple, des IA cherchent à devenir les nouveaux maîtres de ce monde et forcent donc les robots encore debout à les rejoindre sous peine de disparaitre. Britlle, un éliminateur qui récupère des pièces pour éviter l’obsolescence et la folie qui va avec, cherche à vivre sa vie tranquillement dans son coin en espérant trouver de nouvelles pièces pour lui-même. Sauf que, malencontreusement, rien ne va se passer comme prévu. Alors je dois bien admettre que, comme ma précédente lecture, j’avoue une fois la dernière page tournée j’avais des attentes différentes concernant ce roman. Peut-être qu’elles étaient trop hautes, ou que j’attendais trop de choses. Pour autant, cette fois je ne suis pas complètement passé à côté de ce roman, qui est en soit plutôt sympathique et ne manque pas de divertir un minimum, simplement j’attendais quelque-chose de plus marquant. Il faut dire que de ce que j’en avais vite fait lu, il devait ressortir un SF complexe, ambitieuse et intelligente. Ce ne fût pas franchement le cas. D’ailleurs avant de le lire je n’avais pas vu passer le retour du blog L’Épaule d’Orion qui, je pense, m’aurait peut-être permis de nuancer mon attente.

Au final ce que va proposer ce roman c’est un mélange entre Terminator, où les machines auraient gagné la guerre pour la toile de fond, et Mad Max avec des robots, pour le côté aventure, traque. En gros ce qui ressort de ma lecture c’est que ce récit offre finalement une histoire divertissante, sans prise de tête, qui ne manque pas d’en mettre plein les yeux entre action, violence, fusillade et courses poursuites, même si tout n’est pas parfait. Quand j’ai appris que l’auteur est aussi scénariste je me suis dit que c’était logique, tant le roman est construit comme un film et que, je ne serai pas étonné si un jour il devait se retrouver sur grand écran. Mais qui dit construction comme un film, dit aussi côté très nerveux, très visuel, mais quand même un peu éloigné de quelque-chose d’ambitieux et d’intelligent, surtout que là, si je compare, on est plus dans le film popcorn à grand budget par excellent, certes agréable, mais vite oubliable, que dans le film indépendant. Pour autant il y a tout de même de bonnes idées dans ce récit, tout n’est pas que action et explosion, j’ai ainsi bien aimé la partie narré en alternance qui traite en flashback de la fin de l’humanité, de la construction de cette époque et ce qui a mené à cette grande guerre.Il y a l’envie d’offrir quelque-chose d’un peu plus profond, touchant.

La partie présente, avec Brittle qui défouraille à tout va, elle est beaucoup plus classique, mais surtout beaucoup plus prévisible. On est clairement dans un roman de survie, comme je l’ai dit très typé Mad Max, avec tout ce qu’il peut y avoir de banal pour ce genre de récit. Entre les machines qui s’entredétruisent, qui se cannibalisent pour tenter de survire, avec son lot de haines, de jalousies, de bestialité et d’âpreté on ne peut pas dire qu’on révolutionne le genre. Certes le toile de fond est solide, que ce soit dans son travail sur les décors, mais aussi dans cette notion de société robotique et comment elle se construit et survit. Maintenant c’était trop convenu pour complètement m’accrocher et ensuite deux points m’ont dérangé. Le premier vient qu’on nous vend du Mad Max avec des robots, finalement plus j’avançais dans la lecture plus j’avais cette impression d’avoir surtout du Mad Max avec des humains déguisés en robot. Certes l’auteur ne pouvait offrir un panel de personnage froid comme une machine, mais là souvent on est à l’opposé offrant des machines beaucoup trop humaines émotionnellement. Ensuite le second vient que pour que le récit aille vite l’auteur s’offre souvent des simplicités un peu trop pratiques, un peu comme l’idée qu’il a du Wifi, avec toutes les conséquences et les rebondissements que cela peut amener. Certes on tourne les pages, car c’est énergique, mais voilà pour autant ça n’a rien de mémorable.

Le fil rouge qui tient ce roman n’a, en soit, rien de non plus révolutionnaire, même s’il s’avère assez solide pour qu’il donne un minimum envie de savoir comment va s’en sortir notre héros. Pour autant, il y a toujours cette impression devinable qui rend finalement le récit assez linéaire et sans véritables grosses surprises ce qui est légèrement frustrant. Concernant les réflexions, certes, je l’ai dit, je m’attendais à quelque-chose de plus soigné et traité de façon plus intelligente, pour autant cela ne veut pas dire que tout est à oublier. L’auteur nous questionne ainsi, à travers cette métaphore avec la machine, sur nous-mêmes, notre capacité à nous « manger » les uns les autres pour survire, pour avancer. L’aspect apocalypse est aussi efficace dans ce qu’il amène comme thématique, même si déjà vu et manquant un peu de profondeur, concernant l’avenir que l’on souhaite, la vision qu’on a des autres, de la technologie. Certes c’est parfois un peu simpliste et cherche par moment plus le côté percutant, mais pour autant globalement cela fait un minimum réfléchir.

Concernant les personnages, outre le fait que finalement je les trouve plus humains que machines, sans les trouver mauvais ils m’ont paru usé d’un peu trop de stéréotypes. En commençant par Brittle qui, finalement, est le héros blasé, cynique, au sombre secret et au passé troublé qui ne cherche finalement qu’à survire, déjà-vu. On retrouve ausi bien entendu le traitrer. Il y a aussi ce passage, sans trop en dire, avec le robot roi fou qu’on retrouve régulièrement dans le post-apo. C’est vrai ils sont solides, l’auteur connait ses classiques, mais voilà ils n’arrivent pas pour autant à rendre le récit plus accrocheur que cette idée d’un simple divertissement. La plume est simple, très cinématographique et efficace, je ne le nie pas, d’ailleurs je n’ai jamais franchement eu l’impression de complètement passer à côté de ma lecture, tournant les pages pour en apprendre plus. Pour autant je n’ai jamais eu non plus cette impression d’être emporté par le livre. Dommage, mais comme je l’ai dit aussi, j’attendais, je pense, trop de ce roman.

En Résumé : J’avoue, sans trouver cette lecture complètement mauvaise, l’ensemble étant un minimum sympathique et divertissant, j’attendais plus de ce roman. Il faut dire que les échos que j’avais glané chez le futur éditeur VF, mais aussi sur des avis anglais, présentaient ce récit comme quelque chose d’intelligent et de riche. Pour autant une fois terminé j’ai eu l’impression surtout de me retrouver dans un récit sans temps-mort, plein d’action qui pourait se transformer facilement en film pop-corn à gros budget. Il y a tout de même de bonnes choses dans ce roman, je pense à cette partie de la narration qui repose sur les flashback et qui nous présente l’extinction de l’humanité que j’ai trouvé efficace et intéressante. Pour autant la narrtion dans le présent avec Brittle, même si la toile de fond est solide, m’a trop fait penser à de nombreux récit post-apo à la mad max, s’avérant finalement très prévisible et très convenu. L’intrigue, même si elle est plutôt solide, est elle aussi facilement devinable ce qui la rend par conséquent prévisible. Concernant les personnages le premier soucis vinet qu’ils sont présentés comme des machines, pourtant rapidement on se rend compte que ce sont des « hommes » déguisé dans des corps métallique finalement. Certes, cela évite un côté trop froid au récit, ce qui pourrait bloquer les lecteurs, mais pour ma part cela m’a frustré. Ensuite, je les ai trouvé assez stéréotypé. Pour autant cela ne les empêche pas d’être un minimum solide dans la construction. La plume est simple, percutante et un minimum entraînante. Je ne pense pas que le livre soit mauvais, loin de là il a d’ailleurs trouvé son public, il ne correspondait tout simplement pas à ce que j’espérais.

Ma Note : 5,5/10

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  1. Je ne sais pas si tu connais mais ta description du livre me fait penser à un anime d’il y a quelques années : Casshern Sins (2008) dans lequel les robots, derniers « survivants » du monde (même si certaines rumeurs disent que des humains existent encore quelque part), tombent en ruine en rouillant les uns après les autres. Ils essayent de « manger » le héros (robot aussi) parce que lui semble plus résistant que les autres.
    C’était aussi un univers post apocalyptique avec des robots désespérés et cannibales, il y avait aussi un roi fou (qui poussent ses sujets à attaquer le héros parce qu’il est persuadé que seul lui a la vie « éternelle ») et le héros est obligé de fuir et de voyager dans tout le monde pour échapper à ses poursuivants.

    J’avais beaucoup apprécié cet anime à l’époque de par son ambiance mais je ne sais pas si je pourrais lire ce livre sans voir de points communs de partout maintenant lol

    • Ah non je ne connaissais pas, c’est vrai qu’il y a des parallèles qui sont troublant quand même. Après de là à dire que ça va déranger la lecture je pense que c’est à toi de voir.

  2. Voilà, je suis du même avis !

  3. Oh !!
    Je lirai quand même sa traduction mais tu m’as refroidi…

    • Après tout dépend de l’état d’esprit dans lequel tu es quand tu te lances dans la lecture de ce roman. Attends toi plus à un Mad Max chez Terminator qu’autre chose.

  4. C’est ça. Tout dépend de l’état d’esprit dans lequel tu le lis.

    • C’est un peu ça, là je pense que je me suis fais avoir par les retours que j’ai vu passé.

      • C’est un pur roman d’action, je l’ai lu avec le même plaisir que j’ai eu à regarder « Mad Max Fury Road » de George Miller. Je suis « client » de trucs post-apo, en fait j’adore ça, du plus littéraire Ballard, « La forêt de cristal », au plus rough…
        J’espère qu’il y aura un film, ça pourrait dépoter.

        • Je pense que c’est le genre de livre que je n’ai pas lu au bon moment et pas dans le bon état d’esprit. Je peux lire de temps en temps un bon roman d’action, mais là quand je me suis lancé dans la lecture de ce roman j’étais dans une attente différente. C’est plus, je pense un rendez-vous manqué qu’autre chose.
          En film c’est vrai que ça devrait être assez explosif.

  5. ah! mince. Je me l’avais repéré. Du coup…..

    • Concernant ce roman, c’est clairement une question d’attente, si tu cherche un récit enlevé, percutant, un peu à la mad max alors tu risque d’accrocher.
      Moi je pense que j’attendais quelque-chose avec plus de finesse et de profondeur.

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