Le Chant Mortel du Soleil – Franck Ferric

Résumé : Il s’appelle Araatan, il est le Grand Qsar. On le surnomme la Montagne car il est haut comme deux hommes, large comme un auroch. Le destin de ce géant est de mener son peuple de cavaliers sur la route de la Toute Fin : achever l’extermination totale des dieux. Une seule divinité a survécu à leur déicide : celle de la cité d’Ishroun. Pour abattre les murailles d’Ishroun et éteindre le culte de la Première Flamme, Araatan se donne un an. Elle s’appelle Kosum. Née esclave, elle était la meilleure dresseuse de chevaux des plaines. Pour avoir tenté de castrer le fils de son maître, elles a été enchaînée nue à une tour pleine de morts. Alors qu’elle attend résignée le baiser mortel du gel, quatre cavaliers la délivrent. Ces hommes durs retournent auprès du Grand Qsar. Kosum, qui croyait mettre un pied dans la guerre, va entamer un tout autre voyage.

 

Edition : Albin Michel Imaginaire

 

Mon Avis : J’ai découvert Franck Ferric, il y a un peu plus de 8 ans maintenant, avec ma lecture de son roman La Loi du Désert qui m’avait offert un très bon moment de lecture à travers le voyage proposé (ma chronique ). Je métais ensuite laissé tenter par sa Fantasy urbaine, Les Tangences Divines, qui m’avait aussi offert un bon moment dans sa lutte face à un monde qui change (ma chronique ici). Je m’étais ensuite laissé tenter par Trois Oboles pour Charon et sa revisite du mythe de Sisyphe, que j’avais trouvé sympathique, mais qui m’avait moins marqué que ce que j’espérais (ma chronique ). Aussi, quand Albin Michel Imaginaire a proposé de sortir le nouveau roman de l’auteur, je savais qu’il terminerait rapidement dans ma PAL, encore plus après les nombreux retours positifs que j’ai vu passer. Concernant la couverture, illustrée par Guillaume Sorel, je la trouve très sympathique.

Ce roman nous plonge ainsi dans un univers de Fantasy peuplé de Barbares et de steppes, qui tend vers ce qui paraît être un univers très typé des peuples Mongoles, à la découverte du grand Qsaar. Ce dernier n’est d’ailleurs pas sans rappeler, si on cherche une légère correspondance historique, Gengis Khan. Grâce à sa force et aussi son intelligence le grand Qsaar a réussi à rassembler  l’ensemble des peuples cavaliers sous sa bannière et il s’est donné pour mission de faire tomber l’ensemble des Dieux. En parallèle on découvre Kosum, une esclave, qui va se retrouver sauver de la mort et libérée par des hommes du Grand Qsaar. Elle se retrouve alors à rejoindre son armée. Alors autant être franc, une fois la dernière page tournée, je dois bien admettre que je ne suis jamais entré dans ce livre. Cela vient je pense plus du fait que j’avais des attentes autres que ce que propose le roman. Que ce soit la présentation par l’éditeur, ou le retour de nombreux blogueurs, j’espérais sûrement quelque-chose de différent. Je n’ai ainsi jamais ressenti cette Fantsy épique et intelligente que tout le monde mettait en avant. Pire, je me forçais à lire en espérant y trouver ce que beaucoup mettaient en avant sans jamais le trouver. Après je n’étais peut-être tout simplement pas dans le bon état d’esprit pour lire ce livre à ce moment-là. Dans tous les cas je n’étais pas le bon lecteur pour ce livre, même si tout n’a pas non plus été mauvais.

Pourtant, tout démarrait bien, j’ai rapidement accroché aux premiers chapitres de ce livre avec l’histoire de cette esclave qui se retrouve condamné et va se voir sauver par une délégation du grand Qsaar. La plume de l’auteur joue énormément à cette accroche, on sent que Franck Ferric aime les mots, il les soigne, les travaille et offre un style unique très médiévalisant et qui, dans ces premières pages, fonctionne très bien, offrant une ambiance toute particulière au récit. Il y a aussi une certaine tension qui s’installe rapidement, que ce soit dans les péripéties que rencontre Kosum, comme dans la gestion politique du grand Qsaar face à Ishroun. Comme toujours aussi avec l’auteur on sent que l’important ne sera pas la finalité du livre, mais bien le voyage emprunté et ce qu’il va nous faire découvrir. Le récit ne cherche ainsi pas simplement à offrir une première couche guerrière et sauvage, mais à offrir aussi un message plus intimiste et philosophique dans le fond qui va plus loin que les simples actes narrés. Pendant un temps, j’ai cru que le roman allait être le grand moment de lecture que j’espérais.

En effet à partir du passage où le Capitaine est blessé et qu’ils rejoignent le village pour le sauver, j’ai commencé à lentement mais sûrement, au fil des pages, décrocher complètement du récit. Le style, qui était envoûtant au début en devient rapidement lourd et ampoulé, paraissant parfois « surréaliste » dans certaines scènes qui voient par exemple deux « barbares » du « bas de l’échelle » entrer dans du dialogue de haut vol, hautement philosophiques, qui manque quand même de naturel. D’ailleurs cela est devenu rapidement un problème, les dialogues, à force de les travailler, de vouloir les rendre soignés et riches dans le langage que cherche à construire l’auteur, perdent toute sincérité, tout naturel et aussi toute spontanéité. Ainsi, chaque discussion donne plus l’impression d’être forcé par l’auteur pour soutenir son récit, ses réflexions et autres que quelque chose de fluide. Pareil, je l’avais déjà ressenti, mais de façon moindre dans les autres romans de l’auteur, à force de vouloir offrir un style qui s’en détache, certes cela peut amener d’un côté de très bonnes scènes visuelles, poétiques et percutantes, mais d’un autre côté j’ai eu le ressenti de scènes trop longues, cherchant trop le bon mot, la bonne phrase. Alors après, cela vient clairement de moi, au vu du nombre de lecteurs qui encensent le style, je sais que je suis un peu une exception, mais voilà d’une plume qui démarrait de façon poétique il est vite devenu, pour moi, trop grandiloquent et creux dans son apport à l’histoire.

Le récit est construit un peu comme une Grimdark fantasy, cherchant à montrer un univers qui ne manque pas de violence, sauf que voilà même de ce côté là j’ai trouvé que Franck Ferric avait du mal, tentant d’offrir un maelström de différentes scènes qui ont du mal à se lier les unes autres. Que ce soit dans la Quêt du Qsaar ou celle de Kosum j’ai régulièrement eu du mal à comprendre ce que cherchait à proposer l’autre, autre que ses idées philosophiques ; sauf que sans cohérence sur la forme, pour ma part j’ai du mal à accrocher au fond. De plus, même si je reste sur la forme dans le genre j’ai trouvé que l’auteur avait quand même des difficultés à se démarquer, la faute, je trouve, au style que j’ai trouvé lourd.  L’ensemble m’a paru aussi manquer de profondeur, sautent un peu trop d’une scène à l’autre sans jamais clairement développer. Ainsi la mission des Cavaliers-Flèches m’a donné l’impression d’être longue et frustrante, tant j’avais du mal à m’y intéresser. J’ai un peu plus accroché à la guerre avec le grand Qsaar, mais là encore ça manque de développement à mon goût. Certes, je rejoins certains, il y a des passages épiques, comme la prise de la ville d’Ishroun, sauf que ces passages deviennent rapidement frustrants, la faute à des Deus Ex Machina faciles.  Je pense par exemple au sorcier, qui ne paraissent être là que pour éviter de trop en faire et passer rapidement à la suite. Franchement, d’ailleurs si je reviens sur le sorcier, je comprends le côté mystérieux, mais là on est plus dans le rôle du personnage qui débloque toute situation de façon théâtrale et « magique » qu’autre chose, ce qui a le don de toujours me frustrer.

Après tout n’est pas non plus mauvais dans ce livre, certes je n’ai pas accroché, mais je comprends parfaitement qu’il puisse plaire. L’univers ne manque pas d’attrait, par exemple, offrant une toile de fond à la fois classique, mais avec quelques pointes d’originalités intéressantes. L’ambiance âpre, violente et sauvage colle aussi parfaitement bien au récit, offrant quelque-chose d’un minimum accrocheur. Les thématiques sur la religion, certes sont parfois un peu lourdes, mais restent intéressantes dans l’aspect désabusé, dans cette quête qui paraît grandiose et inutile au fil des révélations. Il y a ainsi quelques-chose qui se dégage au minimum. Alors, c’est vrai, parfois il en fait un peu trop dans les thématiques et cela aurait mérité peut-être un peu plus de finesse, mais cela fonctionne quand même un minimum surtout dans cette conclusion dont je ne dirai rien pour ne pas spoiler. Au final je pense que je n’étais tout simplement pas le bon public pour ce roman, je comprends qu’il puisse plaire, mais de nombreux points, pour ma part, ont fait que je suis resté tout du long de côté malgré quelques aspects intéressants.

En Résumé : Je dois bien admettre que je ne suis pas sorti conquis par ce roman, qui n’a finalement pas répondu aux attentes que je pouvais avoir suite à la présentation de l’éditeur et aux retours que j’ai vu passer sur le net. Pourtant le récit démarrait bien, avec un style riche, un rythme percutant, mais très vite j’ai trouvé que le style en faisait trop. Au fil des pages cela rendait l’ensemble à la fois étonnant, manquant de naturel dans les dialogues et devenait un peu trop ampoulé à mon goût. L’histoire suit à la fois le grand Qsaar et la quête de cavaliers, mais autant la première offre des choses intéressantes, autant la seconde m’a paru longue et frustrante tant il ne se passe rien. Concernant la guerre du grand Qsaar je regrette quand même certains Deus Ex Machina trop faciles et accommodant, lié au sorcier qui parait n’avoir d’autre utilité que de débloquer les choses de façon théâtrale et magique sans explication. Enfin j’ai trouvé que l’ensemble manquait de profondeur, sautant d’une scène à l’autre sans franchement bien développer les choses à mon goût. Après tout n’est pas mauvais, l’univers ne manque pas d’attrait et offre une atmosphère accrocheuse, de plus les thématiques soulevées, certes sont parfois un peu lourdes et manquent de finesse, mais globalement fonctionne, principalement dans un côté désabusé. Au final je n’étais peut-être pas le bon type de lecteur pour ce récit, ou bien j’avais trop d’attentes, maintenant je comprends parfaitement qu’il puisse plaire et accrocher.

 

Ma Note : 4/10

 

Autres avis : Just a Word, Ours Inculte, Celindanaé, Phooka, Bibliocosme, Lorhkan, Xapur, leschroniquesduchroniqueur, …

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  1. Si j’ai bien compris, Apophis l’a carrément abandonné en cours de route.

  2. Je n’avais déjà pas accroché au précédent. C’est sans regrets que je passe mon tour sur celui-là !

    • Je peux comprendre parfaitement, puis il y a tellement de livres à lire qu’il faut obligatoirement faire des choix.

  3. Un retour qui nuance de beaucoup ce que j’avais déjà pu lire sur ce roman ! Merci. Il n’était pas une priorité et l’est un peu moins maintenant, mais je pense que si je le trouve à un prix raisonnable un de ces quatre, je l’embarque pour me faire mon petit avis – en espérant que je trouve un peu de naturel dans les dialogues ^^’.

    • Après tout dépend des attentes de chacun, moi je suis passé à côté mais je comprends qu’il puisse plaire. Si jamais tu le lis n’hésite pas à venir me dire ce que tu en as pensé.

  4. je suis en pleine lecture de ce roman.

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