The Tea Master and The Detective – Aliette de Bodard

Résumé : Once, the mindship known as The Shadow’s Child was a military transport. Once, she leapt effortlessly between stars and planets, carrying troops and crew for a war that tore the Empire apart. Until an ambush killed her crew and left her wounded and broken.
Now the war is over, and The Shadow’s Child, surviving against all odds, has run away. Discharged and struggling to make a living, she has no plans to go back into space. Until the abrasive and arrogant scholar Long Chau comes to see her. Long Chau wants to retrieve a corpse for her scientific studies: a simple enough, well-paid assignment.
But when the corpse they find turns out to have been murdered, the simple assignment becomes a vast and tangled investigation, inexorably leading back to the past–and, once again, to that unbearable void where The Shadow’s Child almost lost both sanity and life…

Edition : Subterranean Press

 

Mon Avis : Cette novella me fait de l’oeil depuis le jour de sa publication il y a quelques mois, n’arrétant pas de la voir passer dans mes différents suivis. Il faut dire que j’ai toujours bien accroché aux écrits d’Aliette de Bodard au point que j’essaie, petit à petit, de rattraper mon retard dans la publication de ses différents textes. D’ailleurs j’ai toujours sa trilogie Aztèque à terminer, dommaqge que la publication VF se soit arrêté. J’avoue que l’accroche, proposant une inspiration de Sherlock Holmes dans un univers galactique très inspiré de la culture asiatique m’avait donné envie de le découvrir. Concernant la couverture, illustrée par Maurizio Manzieri, je la trouve très réussie.

Cette novella nous plonge ainsi dans la même univers, l’univers Xuya, que les nouvelles Vaisseau Soeur publiée dans le magazine Galaxie(s) n°25 (ma chronique ici) et Immersion parue dans le recueil Réalité 5.0 (ma chronique ), mais peut être lu de façon totalement indépendante. On va ainsi se retrouver à suivre Shadow’s Child, un mindship militaire qui un jour va avoir la visite de Long Chau qui souhaite l’engager pour retrouver un corps dans l’espace et mener une étude scientifique sur la décomposition. Sauf que voilà, le corps qu’elles vont découvrir va se révéler être mort de façon étrange et va pousser Long Chau à enquêter. Déjà, pour essayer de mieux comprendre cet avenir, il faut savoir que l’unviers Xuya est, selon l’autrice, un univers futuriste uchronique qui a vu la découverte de l’Amérique non pas par les Européens mais par la Chine, cela a ainsi mené à un basculement du pouvoir en faveur de l’Asie et amener à ce futur.

Il n’est pas obligatoirement besoin de savoir tout cela avant de vous lancer dans la lecture de cette novella, mais je trouve que l’information apporte un vrai plus non négligeable à la toile de fond. Surtout que l’univers est l’un des gros points forts de ce récit se révélant assez fascinant à découvrir, complètement dépaysant et surtout construit de façon dense, soignée et maîtrisée en à peine 100 pages. Ainsi que ce soit dans son aspect culturel asiatique, ou bien dans la découverte des aspects politiques, religieux et même sociaux, je me suis retrouvé rapidement captivé par ce texte. Il y a aussi des idées très intéressantes à découvrir, comme le voyage dans l’espace et plus principalement dans les Deep Spaces qui, sans trop en dévoiler, offrent des aspects originaux et intéressants, mais aussi tout un travail technologique efficace, comme par exemple les mindships, même si là encore je ne vais pas trop en dire d’autres nouvelles expliquant assez bien les choses. Aliette de Bodard nous propose ainsi quelque-chose d’assez riche, vaste et qui donne clairement envie de lire les autres textes de son univers. Le récit ne manque pas non plus de nous faire réfléchir, comme par exemple l’importance de l’aspect social sur les rêves de chacun, ou bien encore sur la notion d’intelligence et d’humanité avec le vaisseau, et il le fait efficacement je trouve.

En ce qui concerne les personnages, c’est clairement annoncé, il s’agit finalement d’un hommage à Sherlock Holmes, mais avec ici une petite variation puisque la « détective » Long Chau est une femme et le rôle de « Watson » est représenté par le mindship The Shadow’s Child. Maintenant le soucis, selon moi, quand on rend hommage c’est de ne pas tomber dans une simple copie et, ici, ce n’est nullement le cas tant les personnages marquent et se détachent du récit.. Certes ils sont proches des originaux et on y retrouve certains archétypes, ce qui est logique. Long Chau possède ainsi ce côté un peu froid, direct et même parfois un peu trop, ayant du mal parfois avec l’aspect social, The Shadow’s Child est plus « humain » arrive plus facilement à avoir des contacts, à dialoguer, mais pour autant très vite chacun va arriver à s’éloigner progressivement de leurs modèles pour gagner leurs propres « identités ». Il faut dire que la caractérisation est vraiment réussie, on plonge ainsi peu à peu au fil des pages dans le passé et les blessures de chacun pour les découvrir plus en profondeur et mieux les connaitre. Ils en deviennent ainsi au fil des pages de plus en attachants et intéressants à découvrir et à suivre. Deux protagonistes qui, je trouve, oscillent entre forces et souffrances, devant avancer malgré un passé qui, d’une certaine façon, les enchaines, et qui nous touche.  Je serai partant sans soucis pour suivre d’autres de leurs aventures.

L’intrigue en soit s’avère plutôt simple, mais ne manque pas pour autant de s’avérer solide et efficace. Certes elle a un petit côté assez prévisible, une fois les indices dévoilés, qui fait que la conclusion est devinable, mais cela ne l’empêche de monter en tension au fil des pages et de s’avérer plutôt prenante et percutante. La conclusion est peut-être aussi un chouïa rapide, mais là je chipote un peu tant j’ai été facilement pris par le récit au point de n plus le lâcher. Au final j’ai passé un très bon moment avec la lecture de cette novella, bien porté par une plume que je trouve agréable, soignée et entraînante, et je pense que je vais rapidement essayer de rattraper mon retard dans les différents textes qui composent cet univers.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec cette novella qui nous offre un hommage à Sherlock Holmes et Watson dans l’univers de Xuya de l’autrice. Le premier gros points fort du récit vient clairement de l’univers qui est construit et développé au fil des pages, s’avérant riche, dépaysant et passionnant à découvrir. Que ce soit d’un point de vue politique, social, culturel on sent qu’il est maîtrisé et travaillé dans les moindres détails par l’autrice. Le second point fort vient des personnages qui, même si ce sont des hommages reprenant certains archétypes des personnages originaux, arrivent pourtant à construire leur propre identité et à se révéler très intéressant à suivre, captivant et touchant. Un autre point qui, je trouve, apporte une certaine originalité vient du fait qu’ici Shelrock est une femme Long Chau et Watson est un vaisseau mindship, The Shadow’s Child. Le récit ne manque pas non plus de réflexions amenée de façon intéressantes je trouve. Concernant l’intrigue, je ne vais pas le nier, elle s’avère finalement assez classique et un peu prévisible, mais pour autant cela ne l’empêche pas d’être solide et efficace. Elle monte ainsi en tension au fil des pages et ajoute à l’envie d’en apprendre plus. La plume d’Aliette de Bodard est simple, soignée et entraînante et je lirai avec plaisir les autres textes qui composent cet univers.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Apophis, L’épaule d’Orion, Lutin82, …

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  1. Je suis parfaitement d’accord avec toi! Un gros point fort avec cet univers dépaysant, et un duo de choc.
    Ceux qui comprennent l’anglais peuvent y jeter un oeil.

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